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LA CHAISE PERCÉE ET L'HYGIÈNE

Les premiers sièges de ce genre dont il soit fait mention remontent au xive siècle; ils étaient en bois, fort décorés et garnis de velours ; leur luxe s'expliquait par la richesse des hauts personnages qui seuls les possédaient alors. A cette même époque, on trouve dans quelques demeures seigneuriales des chambres basses ou chambres courtoises, et des fosses gigantesques que l'imagination populaire désigne aujourd'hui sous le nom d'oubliettes ; mais ce luxe de l'immeuble, comme celui du meuble, resta très rare jusqu'à la fin du xve siècle. Généralement, et même dans les habitations princières ou royales, on se contentait de jeter les ordures par les fenêtres, ou même de les verser devant la porte ; plus généralement, chacun prenait dehors toutes précautions utiles avant de rentrer chez soi : divers proverbes donnent ce conseil de prudence.

Aussi les immondices rendaient la circulation impraticable dans les rues, et surtout dans les ruelles, dans les impasses, aux abords des églises. A cette malpropreté des villes (notamment de Paris), on doit attribuer la fréquence des épidémies qui décimèrent les populations du xive au xvie siècle. Les ordonnances de voirie, lancées par Philippe VI et par Jean le Bon, en 1348 et en 1350, renouvelées par François Ier en 1522, prouvent la persistance du mal. Cette dernière ordonnance créait un service de tombereaux pour l'enlèvement des ordures et prescrivait l'installation de « retraits » dans toutes les maisons. Elle fut peu observée, même chez le roi ; dans les galeries du Louvre, grâce à leurs rangées de statues, dans les escaliers magnifiques, grâce à leurs paliers, dans les chambres, grâce à leurs amples cheminées, les seigneurs et les grandes dames de la Renaissance trouvaient leur retrait ordinaire. De telles habitudes duraient encore à la cour de Versailles, sous Louis XIV, et elles avaient persisté sous Louis XV, dont le palais fut une infection. Elles légitimèrent, du xve au xvin8 siècle, le perpétuel emploi des flacons de senteur que nous retrouvons en si grand nombre.

Cependant les chaises percées étaient devenues d'un usage plus courant; on ne les dissimulait point, au contraire : Henri III, assis sur la sienne, accueillait ses amis, et Louis XIV recevait les grands. Le privilège de ces entrées était, pour les

gentilshommes et les dames de la cour, un honneur envié ; en revanche, le roi mangeait seul.

Côté est, vitrine murale entièrement affectée aux :

Faïences de Nevers. (Première manifestation constatée en 1608.)

Pièces à décor bleu sur fond blanc.

Décor blanc et jaune sur fond bleu.

Décor polychrome ; grandes aiguières, vases, bassins, jardinières imitant les faïences italiennes d'Urbino.

A gauche et à droite de cette vitrine : Grandes pièces de Nevers.

Côté est, seconde vitrine murale :

Faïences de Delft. (Première manifestation, fin du xvic siècle, extension vers 1650.)

Delft à décor bleu ; Delft à décor polychrome ; imitation des porcelaines de Chine; Delft doré; Delft noir.

Au bas de la même vitrine :

Faïence de Hcechst (Allemagne). Faïences polychromes en forme d'animaux ou de végétaux.

Côté sud, entre les baies, première vitrine murale :

Faïences étrangères, des xvne et xvme siècles.

Plat de Winthertur (Suisse) ; soupière d'Anspach (Bavière) ; plats à étoiles et canette, de Nuremberg" ; assiettes de Marieberg (Suède) ; vase réticulé de Mùnden (Hanovre) ; carreaux de poêles, de Hambourg.

Sur la même paroi, seconde vitrine murale :

Grès français du xvie au xvme siècle; fabriques de Beauvais, Orléans, Avignon, Thuirs (Pyrénées-Orientales).

PREMIER ÉTAGE - i

Côté ouest, vitrine murale de gauche : Grès allemands et limbourgeois, xvie et XVIIe siècle : Ateliers de Horh et de Grenzhausen, de Raeren, de

Sieburg, de Creussen, de Nuremberg1; pots à bière,

cruches, vases, etc.

Grès de Bouffioulx (Belgique), xvne siècle.

A proximité, au pan coupé du balcon (S.-O.), en une vitrine haute :

Figurines en porcelaine, du xvme siècle.

Fabriques allemandes de Saxe, Hoëchst, Berlin, Frankental.

Fabrique de Vienne (Autriche).

Fabrique française : Mennecy, personnages en pâte tendre.

Au pan coupé du balcon (N.-O.), à proximité des faïences lorraines, en une vitrine haute :

Figurines en faïence de Lorraine, ateliers de Lunéville et de Niderwiller ; groupes et personnages par Cyfflé.

Terres cuites.

A proximité, contre la rampe, côté nord, en une vitrine plate :

Porcelaines françaises en pâte tendre, services de table. Fabriques de Sèvres, Saint-Gloud, Mennecy, Chantilly.

Au pan coupé du balcon (N.-E.), à proximité des faïences de Rouen, en une vitrine haute :

Faïences françaises du xvme siècle :

Sinceny (fondation en 1735), assiettes à décor polychrome.

Rouen, xvme siècle, râpes à tabac.

no - MUSÉE DE CLUNY

Au pan coupé du balcon (S.-E.), vers la sortie, en une vitrine haute :

Faïences françaises, seconde moitié du xvme siècle :

Ateliers d'Aprey (fondation 1750), de Lille (f. 169Ê), de Saint-Amand (Nord, f. 1740), de Valenciennes (f. 1735), de Sinceny, de Bailleul (?).

Sur les murs :

Carreaux de dallage polychromes, en grès émaillé, de l'atelier de Brémontier. Art français, commencement du xvie siècle.

Carreaux de dallage en faïence polychrome, des ateliers de Rouen, de Lisieux, xvie et xvne siècle. (Proviennent du château d'Ecouen, du château de la Bâtie, etc.)

Par une large baie cintrée, ouverte dans le mur romain, côté ouest, on aperçoit la Salle des Thermes.

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