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LA CHAMBRE

Au moyen âge, la chambre unique servait à tout, dormir, manger, recevoir. Un pavement, recouvert par endroits de jonchées ou de tapis, des murs souvent boisés, toujours peints, et parfois rehaussés de dorures ; au fond, le lit, enveloppé de courtines ; en avant de la cheminée, un banc mobile que l'on retournait suivant les besoins de l'heure, devant lequel on apportait la table pour les repas, et où étaient les places d'honneur, « le dos au feu, le ventre à table » ; contre les murs, le coffre, la chaire, la crédence. De-ci de-là, des escabeaux et des carreaux ; souvent les personnages modestes s'asseyaient sur le sol même. Toutes les affaires se traitaient dans la Chambre du seigneur ou du roi, si bien que son nom sert encore aujourd'hui à désigner les divers locaux dans lesquels se discutent les questions d'État ou autres : la Chambre du Conseil, les Chambres, la Chambre criminelle, etc.

Au principe, le suzerain siégeait là sur son lit (d'où le mot <( Lit de justice »). Dès le xive siècle, l'invasion de la chambre fut telle qu'il y fallut une annexe, sorte d'alcôve où l'on pût

t gésir » en repos, et ce fut le t retraict » ; alors la chambre officielle, où trônait le grand lit, fut dite « Chambre de parement ». On se couchait là pour mourir, pour recevoir les visiteurs, car la coutume royale avait gagné non seulement la petite noblesse, mais la bourg oisie (voir l'article Lit). Il faut noter cependant que, dans la plupart des maisons françaises, la cuisine, tout enluminée de dinanderies, et joyeuse, resta longtemps la salle où on se réunissait le plus volontiers ; elle conserva ce privilège du xive au xvp siècle, et ne fut guère délaissée qu'après le règne d'Henri IV. Les rois et les puissants seigneurs avaient coutume de « faire marcher les chambres », c'est-àdire d'emporter en voyage, dans d'énormes coffres, non seulement leur lit, mais les autres pièces de leur mobilier personnel, y compris les tentures, les pièces d'orfèvrerie, etc. : mode coûteuse, surtout au xve siècle où le luxe des princes était grand; mode périlleuse en temps de guerre, où le pillage des camps procurait au vainqueur un somptueux butin ; après la bataille de Granson (1476), la Suisse s'enrichit des dépouilles de Charles le Téméraire. Cette mode de ne voyager qu'avec son lit était d'ailleurs nécessitée par la fréquente malpropreté des gîtes, et elle durait encore au xvme siècle.

Ameublement du xvie siècle :

Tables et sièges en bois sculpté, coffres, meubles à deux corps ; époques de Henri II, Charles IX, Henri III. Le lit qui est abusivement désigné comme ayant appartenu à François Ier n'est qu'une pièce décorative composée d'éléments divers.

A droite de la cheminée :

Meuble à deux corps provenant de l'abbaye de Clairvaux. Pièce remarquable du dernier quart du xvie siècle.

Sur une table :

La Présentation au temple. Groupe en marbre de l'école André Beauneveu. Art français, fin du xive siècle.

Sur les murs :

Cuirs de Cordoue, du xvie siècle.

Tenture brodée de laines et de soies. Art français,

vers 1600. La série de ces tentures se compose de quatre pièces qui ont décoré, à l'Arsenal, l'appartement de Sully, ministre de Henri IV; sur chacune d'elles se dresse une figure mythologique : Apollon, sous les traits du roi Henri; Saturne, Antoine de Bourbon, père du roi; Vénus, Jeanne d'Albret, mère du roi ; Junon, la reine Marie de Médicis. (Deux de ces tentures sont exposées dans la salle XXII; la dernière dans la vitrine du Saint-Esprit.)

Cheminée provenant d'une maison du Mans (maison dite de la cour Poté). Art français, commencement du xve siècle.

Vitraux provenant de l'église de Betton (Bretagne). Art français, première moitié du xv« siècle.

Salle XXU, dite chambre de la Reine blanche

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