LA SAINTE VIERGE
Nous connaissons (voir Pèlerinages) le rôle tutélaire que la détresse du moyen âge attribue à la sainte Vierge, Ses images sont innombrables, et naturellement elles subissent, au cours des siècles, une transformation analogue à celle que nous constatons dans les figures du Christ. De même que le Rédempteur, jusqu'à la fin du xic siècle, garde une attitude royale et porte les insignes royaux (voir Crucifix), de même la Vierge, jusqu'à cette même époque, se présente assise sur un trône, tenant l'Enfant dans Taxe de son buste, visage sous visage. Seulement» au milieu du xne, la figure commence à perdre en partie ce caractère hiératique que la symétrie accentuait; l'Enfant passe sur le genou gauche. Au début du xiue, la Vierge se lève ; debout, mais rigide encore, elle porte le petit Jésus sur le bras. Puis, l'humanisation s'accentue, et voici, au milieu du siècle, l'invention du sourire (voir xme siècle). Au xive, le personnage se déhanche sous le poids de son divin fardeau. Dès lors, le réalisme se précisera de plus en plus, et aussi Tapi-
toiement de la Mère, qui daignera bientôt se pencher vers les hommes, leur tendre son Jésus, et qui, définitivement humanisée par la Renaissance, se manifestera dans les tendres attitudes du rôle maternel.
A droite et à gauche de l autel :
La Vierge et l'Enfant. (Vierge assise, statue mutilée, pierre). Art français, commencement du xive siècle.
La Vierge et l'Enfant. (Vierge debout, pierre). Art français, fin du XVe siècle.
Une sainte (pierre). Art français, premier tiers du xve siècle.
Près de la porte :
La Vierge et l'Enfant. (Vierge debout, pierre.) Art bourguignon, première moitié du XVe siècle. Provient du château de Sainte-Apollinaire (près Dijon), où elle était placée au-dessus de la porte du pont-levis.
Au-dessus de la porte :
Trois compartiments d'un retable en terre cuite, peinte et dorée. Art français, milieu du xvie siècle. Le mariage de la Vierge, l'Adoration des Anges, l'Adoration des Mages. Provient de l'église de Saint-Éloi, près de Bernay (Eure).
Salle XXIV — Ivoires
l'ivoire
Les Orientaux, les Hébreux, l'Egypte, la Grèce et Rome eurent pour les décorations d'ivoire un goût passionné dont héritèrent les premiers temps du moyen âge ; des ivoires profanes sont ainsi arrivés jusqu'à nous, conservés et utilisés par l'Église. Dès le xne siècle, l'ivoire est en grand honneur pour les usages du culte : il fournit des revêtements de châsse, des coffrets, des images saintes, des plaques de reliure, des crosses, des pyxides et des calices. Généralement alors, et depuis lors, il est peint, au moins par places, et probablement doré ; au mi-
Crosse abbatiale. Art français, xne siècle.
Crosse épiscopale. Art français, XIVe siècle, monture en cuivre doré du XVe siècle.
Coffrets et fragments de coffrets. Art italien et art français, xve siècle.
La Justice et le Crime. Groupe en ivoire. Art italien (?). Fin du xvie siècle.
En deux vitrines plaies, faisant pendant aux précédentes; dans l'une, côté est :
Diptyques et volets de diptyques. Art français, XIVe s. Boîtes à miroirs. Art français, XIVe siècle.
David et Bethsabée. Boîte à miroir. Art allemand, xvie siècle.
Mémento mori et nœuds de chapelets. France et Espagne, xvie et xvne siècle.
Dans la vitrine plate, tangente, côté ouest : Mise au sépulcre. Art français, xvne siècle. Baisers de paix en ivoire. Art français, du XVe au
xviie siècle.
Bracelets d'archer, en ivoire. Art flamand, xvi* et xviie siècle.
Poires à poudre et chausse-pied, en corne, xvi9 et xvue siècle.
Devant les fenêtres, côté sud; en une vitrine plate :
Triptyque en haut-relief et ronde bosse. Art français, xive siècle. Provient de l'église de Saint-Sulpice (Tarn). Œuvre d'une rare beauté; remarquer, notamment, au registre inférieur du panneau central, la Vierge et les deux anges.
Boîtes à miroir. Art français, XIVe siècle.
Petits triptyques, diptyques, tablettes et volets de diptyques. Art français, xive siècle.
LBS TABLETTES
Les tablettes enduites de cire, employées par les Grecs et les Romains et servant à inscrire des notes, restèrent d'un usage courant au moyen âge. Au xnie siècle, vingt et un patrons, à Paris seulement, fabriquaient cet article. Ces tablettes, en forme de volet double, ou diptyque, étaient souvent en ivoire, décorées de bas-reliefs sur leurs faces externes.
Devant Vautre fenêtre, côté sud :
Fragments de retable. Art français, xiv* siècle. (Parties restaurées.)
Plaques de coffrets. Art français, xve siècle.
Devant la fenêtre, côté nord, en une vitrine plate :
Cuillers, manches de couteaux, sifflets, jonchets. Art français et italien, xvie et xvir9 siècle.
Râpes à tabac. Art flamand, xvne siècle.
Au mur, entre les deux fenêtres, côté sud : Grand retable en ivoire. Italie du Nord, xiy* siècle.
Contre la cloison occidentale, en trois vitrines murales, à droite :
Pions de jeu, pièces d'échiquier et dés à jouer en
ivoire et en os, du IXe au xvne siècle.
A gauche :
Enfants nus. Figures et groupes en ronde bosse et basreliefs par François Duquesnoy (?), Van Opstal, etc. Art flamand, xvne siècle.
Tabatières flamandes des xvne et xvme siècles, décor de scènes familières ou grivoises, personnages comiques, villageois, danseurs, truands, etc.