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LE VERRE

L'invention du verre remonte vraisemblablement aux âges préhistoriques ; quant à son utilisation industrielle, on l'attribue à la Phénicie. En Egypte, les tombes de Béni-Hassan (xvuie dynastie, 1500 ans avant J.-C.) nous montrent des ver-

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riers soufflant des flacons selon la méthode encore employée aujourd'hui; au temps de Strabon, les ateliers d'Alexandrie jouissaient d'une grande célébrité. Ces premières verreries étaient opaques, quelques-unes à peine diaphanes. Le verre transparent serait, au dire de Pline, une création italique ; le même auteur affirme que les procédés de la vitrification du sable nitré passèrent de l'Italie dans les Gaules et les Espagnes. On peut supposer cependant que les régions volcaniques des Gaules procurèrent à leurs habitants les possibilités d'une invention locale; il se peut aussi que les Gaulois, dont les incursions vers l'Orient furent innombrables, aient directement rapporté d'Asie ou d'Afrique la notion de cet art, qui les passionna de bonne heure. Ils l'employèrent d'abord moins pour les usages domestiques que pour la parure (bracelets, colliers, agrafes, etc.) et, en raison de son inaltérabilité, pour les usages funéraires : les fioles abondent dans les tombes mérovingiennes comme dans les tombes romaines. Au xme siècle, le travail du verre se généralise chez nous ; au xive siècle, il constituait déjà une véritable industrie ; son emploi pour les ustensiles de table était assez commun, au temps de saint Louis, pour qu'on désignât sous le nom de verre les vases à boire, de quelque matière qu'ils fussent ; sous Louis XI, afin de cacher l'argenterie pourchassée par le roi, les aiguières et gobelets en verre tendirent encore à se généraliser, si bien que, cinquante ans après, les colporteurs promenaient dans les villes et les villages des produits devenus grossiers.

L'industrie verrière était cependant la seule à laquelle les nobles , pour qui tout travail manuel constituait une déchéance, pussent s'adonner sans déroger : les verriers étaient gentilshommes.

La Renaissance produisit des verres admirables, à Venise d'abord, puis en France, en Allemagne. Au xvne siècle, une décadence notable commence à se manifester. Au xvine, la préférence va au cristal. Mais, à la fin du xixe, quelques grands artistes français, Cros, Lalique, Galle, ressuscitent le bel art du verre.

En quatre vitrines cubiques, vers les quatre coins de la salle : dans l'une, angle S.-O., Us pièces les plus anciennes et les plus rares :

Grande vasque en verre émaillé. Art arabe, xme siècle.

Lampe de mosquée. Verre émaillé. Art arabe, xiv8 siècle.

Plaques de verre gravé sur dorure. Art français, xive

siècle.

Plateau sur pied. Verre émaillé, de style arabe. Art vénitien, xv« siècle.

Coupe en verre bleu, émaillé et doré. Art vénitien, XVe siècle. (Le pied restauré.)

Gourde à décor de style arabe. Verre émaillé et doré. Art vénitien, XVe siècle.

Grand verre, émaillé de perles polychromes. Art vénitien, xvie siècle.

Coupe à pied, en verre émaillé, avec figures et inscription dédicatoire. Art français (Poitou), XVIe siècle. Jattes en verre émaillé et doré. Art vénitien, xvie s.

Dans la vitrine de V angle N.-O. :

Verrerie de Venise, du XVIe au xvine siècle.

Dans la vitrine de l'angle N.-E :

Verrerie française des xviie et xvme siècles :

Gobelet en verre émaillé, à décor de figures polychromes. Art français (Poitou ?), XVIe siècle.

Figurines en verre opaque. Ateliers de Nevers, xvne et xvme siècle.

Flacons. Ateliers d'Orléans, xvne et xvme siècle.

Verres de Venise, opaques et translucides, des xvne et xvme siècles.

Dans la vitrine de l'angle S.-E. :

Verrerie d'Allemagne, des Pays-Bas et de Bohême; verres gravés, émaillés, craquelés, opaques, etc., du xvie au xvme siècle.

Devant les fenêtres, côté sud, en deux vitrines :

Plats, coupes et plateaux, en verre émaillé, gravé, peint, doré. Art vénitien, xvie et xvne siècle.

Devant hs fenêtres, côté nord, en une vitrine plate :

Plats avec peinture sous verre. Art vénitien, xvic et xvir* siècle.

Devant la fenêtre du milieu, côté nord :

Médaillons en cire. Portraits de personnages illustres. Art français, XVIe siècle.

Médaillons en cire. Portraits, figures et groupes, en basreHef et haut- relief. Art français, XVIe et XVIIe siècle.

Contre la chison ouest de la salle :

Cheminée monumentale, provenant d'une maison de Troyes. Art français, seconde moitié du XVIe siècle.

Joignant la cheminée, en un meuble à volets :

Collection d'enluminures et de manuscrits français, depuis le haut moyen âge jusqu'au xvne siècle.

Devant la cheminée, en une vitrine hexagonale :

Un pleurant. Albâtre, par Claus de Werve. Provient du tombeau de Philippe le Hardi. Art bourguignon, vers 1410.

Un pleurant. Albâtre, par Jean de laHuerta. Provient du tombeau de Jean sans Peur. Art bourguignon, milieu du XVe siècle. (Ces deux tombeaux, érigés dans la Chartreuse de Champmol, près Dijon, et mutilés pendant la Révolution, sont actuellement au musée de Dijon.)

Réplique d'un autre pleurant du tombeau de Jean sans Peur, par Jean de la Huerta. (Une figure identique décore le monument de Dijon.)

Un pleurant. Albâtre. Art bourguignon, xve siècle. La Vierge et l'Enfant. Albâtre. Art bourguignon, xve siècle.

Au milieu de la salle, sur un meuble de présentation :

La Vierge et l'Enfant. (Vierge debout. Albâtre.) Art français, xive siècle. Provient de l'Hospice de Sens.

Jeanne de Laval (épouse du roi René), en donatrice. Marbre. Art français, fin du XVe siècle. Provient d'une église d' Aix-en-Provence .

Pleureuse. Albâtre. Art français, fin du XIVe siècle.

Bâton du cardinal Montelparo. Art italien, fin du xvie siècle.

Jésus au Jardin des oliviers. Groupe en bois sculpté. Art flamand, xvne siècle.

La Vierge et l'Enfant (une des premières peintures sur toile). Art français, xve siècle.

L'Adoration des Mages. Peinture sur bois, attribuée à Luca d'Olanda (1523) ; ou de l'école d'Anvers.

Musiciens. Deux panneaux peints, attribués à Michel Wolgemuth. Ecole de Nuremberg, vers 1480.

Corne de Licorne (en réalité dent de narval), offerte à Charlemagne par le sultan Haroun-al-Raschid, en 807, déposée par l'empereur au Trésor impérial d'Aix-la-Chapelle, et, par son petit-fils Charles le Chauve.au Trésor de l'église abbatiale de Saint-Denis, où elle fut précieusement conservée pendant 950 ans, pour garantir les rois de France contre les tentatives d'empoisonnement. On y découvre des traces de grattage. Brisée lors de la Révolution, recueillie au Cabinet des Médailles, elle est entrée récemment au Musée de Cluny.

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