LA NEF
Au moyen âge, on envoûtait les gens dont on souhaitait la mort, et cette superstition qui remonte à l'humanité primitive n'avait pas disparu au temps de la Renaissance ; vers la fin du XIVe siècle, quand la foi diminuait déjà, on recourut volontiers au simple assassinat, plus pratique et plus sûr, et qui devint fréquent dans les hautes sphères ; dès la fin du xve, les modes italiennes firent prévaloir le poison, très redouté déjà auparavant, mais dont l'emploi se fit dès lors, et pour un siècle et
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demi, tellement coutumier qu'il nécessita des mesures de précaution : on ne se contenta plus de faire essayer par un serviteur les boissons et les mets, il fallut surveiller aussi les ustensiles de table dont se servaient les princes ou les grands : à cet effet le seigneur avait devant lui une pièce d'orfèvrerie où on enfermait tout (origine du surtout). Ce meuble affectait la forme d'une nef ou vaisseau, et en portait le nom ; il était d'or, d'argent ou de cuivre doré, émaillé ; il se fermait à clef et, de ce fait, il prit par la suite le nom de cadenas {catena, chaîne) qu'il portait encore au xvme siècle, car cet usage n'avait pu 'lisparaître vite, après la grande terreur de 1:70-1680, où « la plupart de ceux qui se confessaient s'accusaient d'avoir empoisonné quelqu'un. »
A droite et à gauche, en deux vitrines plates :
Étuis, flacons, trousses, lorgnettes, vergettes, châtelaines, etc., xviie et xvme siècle.
Ciseaux à ouvrage de la reine Marie- Antoinette.
Bonbonnières, tabatières, boîtes, flacons et coupes. Camées et intailles, cachets, petites croix, pierres rares et nacre gravée, du XVIe au xvme siècle.
Près de la forte :
Orfèvrerie de table, en argent et vermeil. Art français, allemand, anglais, xvir9 et xvine siècle.
Partie nord de la salle, en quatre vitrines : Horlogerie et instruments de précision.