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LES HORLOGES

Le cadran solaire et le sablier sont d'origine antique : mais le premier ne pouvait être d'un usage suffisant sous un climat brumeux ; pendant tout le moyen âge, on n'eut d'autres indications horaires que celles fournies par l'état du ciel, le chant du coq, le crieur public, la cloche des innombrables couvents ou églises qui appelait aux offices ; ainsi le clergé donnait l'heure, mais il l'obtenait lui-même par des moyens fort peu précis et qui variaient avec les saisons (lever et coucher du soleil, position des étoiles par rapport à un fil à plomb orienté

sur l'étoile polaire). Comme moyens mécaniques, nous disposions de chandelles graduées se consumant en un laps connu, et qui brûlaient nuit et jour; la nuit se divisait en trois chandelles ; nous retrouvons dans les actes et les récits cette locution fréquente : « Environ la deuxième chandelle de nuit. » La clepsydre, basée sur le même principe que le sablier, et d'origine également antique, est un réservoir d'eau qui se vide lentement et indique l'heure par l'abaissement du niveau : elle se perfectionna de flotteurs, de mécanismes et même de sonneries. En 807, Charlemagne reçut du kalife Haroun-al-Raschid une ingénieuse clepsydre qui fit l'admiration de la cour. Les clepsydres restèrent en usage jusqu'au milieu du xvne siècle; les sabliers durèrent davantage encore.

Cependant des « reloges mécaniques», à roues et contrepoids, instruments grossiers, avaient déjà apparu : Philippe le Bel, en 1314, en possédait une; Charles V, en 1370, installait dans Paris la première horloge publique et prescrivait aux églises de donner l'heure réglementaire; Louis XI, en 1481, commandait, pour son usage, une horloge portative. Mais ces instruments, grossiers et incertains, ne donnaient que des indications approximatives.

Vingt ans plus tard, les mécaniciens de Nuremberg, semblet-il, inventaient le ressort, qu'ils substituaient aux contrepoids, et la fusée, qui régularisait l'action du ressort. Les horloges devinrent moins encombrantes, aisément déplaçables ; ces petits édicules de cuivre, aux formes élégantes et variées, les montres, se posaient sur les meubles. Elles étaient encore fort rares sous François Ier, et, généralement, elles nous venaient d'Allemagne ; pourtant le roi, en 1529, avait son orlogeur (Jean Couldray), auquel il commandait deux montres; en 1544 il instaurait la corporation des orlogeurs parisiens et réglementait la fabrication. On s'engoua des montres, et surtout quand arrivèrent: ces bibelots surprenants que l'on pouvait porter sur soi, et qu'on appelait alors les œufs de Nuremberg; on allait bientôt en faire de toutes formes, hexagonales, ovales, rondes, en croix, en cœur, en livre, en étoile; on en rit même de minuscules qui se portaient en bagues et en pendants d'oreilles. Mais ces appareils étaient encore peu scientifiques, se remontaient toutes les six heures et variaient notablement.

En 1583, Galilée, alors âgé de dix-neuf ans, avait découvert les lois mathématiques du pendule; elles ne furent pourtant appliquées à l'horlogerie qu'en 1657 par Christian Huyghens,

savant hollandais, qui vint s'installer à Paris : alors, seulement, l'horlogerie eut un caractère scientifique (pendules). Notre fabrication naissante prospéra vite, et brusquement elle fut tuée par la révocation de l'édit de Nantes (1685) : presque tous nos horlogers, par leurs affinités ou leurs relations avec la Hollande, l'Allemagne, l'Angleterre, étaient protestants; ils s'enfuirent à Genève, à Londres. Ruinée pour plus d'un siècle, notre horlogerie resta tributaire de ces pays et ne se releva que sdus Louis XV, pour fabriquer d'admirables joyaux, mais sans jamais reconquérir la prospérité que Louis XIV avait proscrite.

Horloges de table, en cuivre doré. Art français, allemand, italien, fin du xvie et XVIIe siècle.

Montres et boîtes de montres, en cuivre gravé, ajouré et doré. Art français et allemand, xvie siècle.

Livres d'astrologie aux armes de Henri II. Art français, xvie siècle.

Réveil, ouvrage français, xvie siècle.

Collection de montres du xvne siècle, rondes, ovales, octogonales, en forme d'olive, de croix, de tête de mort, etc., en argent ou en cuivre gravé et doré, en cristal évidé, en buis, etc. Art français, anglais et allemand.

Collection de montres du xvme siècle, en or et en argent ciselé, gravé, en émail, porcelaine, pierres dures et pierres précieuses, décorées de miniatures, de perles, de roses, etc. Art français, anglais et allemand.

Collection d'astrolabes, cadrans solaires, boussoles, du xvie au xvme siècle.

Sur les murs :

Six tapisseries représentant des scènes de la vie seigneuriale. Art français, vers 1500.

Revenant à la salle de la Verrerie, le visiteur y trouve une porte à deux battants qui ouvre sur V escalier ; il monte au second étage.

SalJe XXVI 1 — Vêtements sacerdotaux et broderies

Contre le mur, côté est, en trois vitrines plates; première vitrine :

Restes de vêtements sacerdotaux, tissus de soie à décor polychrome tramé d'inscriptions koraniques. Art oriental, xne siècle. Trouvés dans le tombeau de Bernard Lacarre, évêque de Bayonne (1188-1213).

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