‹ L'histoire de Napoléon racontée par les grands écrivainsChapitre 14 sur 101 · TAINE · texte numérisé non relu

TAINE

[Le pouvoir est confié aux trois Consuls : Bonaparte^ Camhacérès, Lebrun ; niais les deux autres ne sont que des comparses. Bonaparte seul gouverne. Il est le maître, par la volonté du peuple et de Varmée, par Vauréole de ses victoires, par la puissance de son génie.

La deuxième campagne d' Italie lui donne l'occasion de s'affirmer encore. Les batailles de Montebello et de Marengo {1799) sont d'éclatantes victoires.]

Regardez maintenant dans le portrait de Guérin, ce corps maigre, ces épaules étroites dans l'uniforme plissé par les mouvements brusques, ce cou enveloppé par la haute cravate tortillée, ces tempes dissimulées par les longs cheveux plats et retombants, rien en vue que le masque, ces traits durs, heurtés par de forts contrastes d'ombre et de lumière, ces joues creusées jusqu'à l'angle interne de l'œil, ces pommettes saillantes, ce menton massif et proéminent, ces ièvres sinueuses, mobiles, serrées par Tattention, ces grands yeux profondément enchâssés dans de larges arcades sourcilières, ce regard fixe, oblique, perçant 3omme une épée, ces deux plis droits qui depuis la base du nez, montent sur le front comme un fronce-

ment de colère contenue et de volonté raidie. Ajoutez-y ce que voyaient ou entendaient les contemporains, l'accent bref, les gestes courts et cassants, It ton interrogateur, impérieux, absolu, et vous comprendrez comment, sitôt qu'ils l'abordent, ils senteni la main dominatrice qui s'abat sur eux, les courbe les serre et ne les lâche plus.

Taine. Origines de la France contemporaine.

Hachette, édit.

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