L'EMPEREUR
[Napoléon est le maître de V Europe. A Dresde^ il a offert à Talma « un parterre de rois ». Tous les souverains d'Europe — ou presque — sont ses alliés ou ses créatures. Et cependant l'heure est proche où de ce puissant Empire, rien ne subsistera qu^un souvenir de gloire. La funeste campagne de Russie va commencer.]
« Le soir, les souverains se retrouvaient pour le dîner qui avait lieu de fondation chez l'Empereur des Français. On se réunissait à l'avance dans ses appartements. Là, s'il faut en croire une tradition, dans sa manière d'opérer et de se faire annoncer, Napoléon affectait une simplicité grandiose qui l'isolait de toutes les puissances accourues à sa voix et l'élevait au-dessus d'elles. Ses invités étaient annoncés par leurs titres et qualités. C'étaient d'abord des Excellences et des Altesses sans nombre, Altesses de tout parage et de toute provenance, anciennes ou récentes, royales ou sérénissimes, puis les Majestés : Leurs Majestés le Roi et la Reine de Saxe, Leurs Majestés Impériales et Royales Apostoliques, Sa Majesté l'Impératrice des Français, Reine d'Italie. Lors ïjuo toutes ces appellations sonores avaient retenti à travers les salons, l'auguste assemblée se trouvait au complet et le Maître pouvait venir. Alors, après un léger intervalle do tomps, la porte s'ouvrait de nouveau à di!ux battants et l'huissier disait simplement ; L'Empereur ! A. Vandai,. Napoléon el Alexandre.
Plon,:ddil.