CHAPITRE XIII
ERIK XIII DE COMEIlANIl..
Le véritable nom de ce prince était Henri ; mais Marguerite lui fit prendre celui d'Erik, pour le rendre plus cher aux peuples du nord. Mûri par l'âge , il voulut régner par lui-même, et souvent il lui arriva d'agir contre la volonté de sa tante. Son règne s'ou\rit sous d'heureux auspices. Mais le bien qu'il avait fait fut détruit par la malheureuse guerre de Holstein. II tenait opiniâtrement à son projet de soumettre eçs petits princes. Chaque printemps, il arrivait avec des forces supérieures, tirées des trois royaumes, et il remportait sur eux quelques avantages. Il s'empara même une fois de Schleswig. Une autre fois, il occupa l'île de Femern, dont il fit sans pitié égorger tous les hommes et enlever les femmes et les enfants. Mais la résistance vigoureuse des ducs finissait toujours par lui faire essuyer de grandes perles. Fatigué ainsi que ses chefs de cette guerre sans issue, il se relirait chaque automne, et perdait, pendant l'hiver, ce qu'il avait conquis dans la belle
saison. Les hostilités durèrent ainsi pendant (rente ans. Elles épuisèrent les trois royaumes, principalement la Suède et la Norvège, d'où sortait beaucoup d'argent. Les paysans et les bourgeois payaient d'énormes impôts, et les noble» s'appauvrissaient parl'équipementdes cavaliers qu'ils étaient obligés d'entretenir et parles rançons qu'on exigeait d'eux, lorsqu'ils étaient faits prisonniers. Le malheur accompagnait Erik dans toutes ses entreprises ; en outre la peste vint fondre sur ses étals, durant les premières années de son îègne. La foudre incendia Stockholm (lil9) , qui fut entièrement consumée.
Les flammes dévoraient si rapidement les maisons , qu'une foule d'habitants ne purent s'y soustraire. D'autres trouvèrent la mort au milieu des flots, qu'ils voulaient passer sur de frêles barques. Le roi lui-même , dans ses fréquents voyages sur mer , était sans cesse poursuivi de violentes tempêtes. Il essuya souvent des naufrages. Une fois, entre autres, que, déguisé en marchand , il accomplissait un pèlerinage à Jérusalem, il l'ut pris par les Turcs, qui ne le relâchèrent qu'après lui avoir fait payer une forte rançon.
11 était marié à une princesse anglaise, Philippa, remplie de bonté, d'esprit et décourage. Il profila souvent de ses conseils, dans les premiers temps de son administration. On était sûr d'être favorablement accueilli de cette princesse , quand on allait lui demander le
redressement de quelque injustice. Dans les voyages qu'elle fit dans les provinces, elle calma bien des mécontentements, et adoucit bien des esprits aigris. Erik, en entreprenant son pèlerinage à la Terre Sainte, lui remit les rênes du gouvernement, qu'elle sut tenir d'une main ferme et à l'entière satisfaction du pays.
Pendant la guerre avec le Holstein, ce fut elle qui défendit Copenhague contre toute la flotte et toutes les forces des villes anséatiques,. tandis que le roi s'était réfugié à Soro. Cette belle conduite éveilla la mesquine susceptibilité de son époux, que les peuples accusaient de lâcheté. Son amour pour elle s'éteignit, et il oublia dans les bras d'une dame attachée à la cour, nommée Cécile, ce qu'il se devait à luimême et ce qu'il devait aux éminentes qualités d'une princesse adorée de ses sujets. Elle avait entrepris contre Stralsund une expédition qui ne réussit pas. Il lui fit un crime de ce malheur, sans lui tenir compte de son intention. Les services qu'il en avaitreçus.sa faiblesse, sa qualité d'épouse, le gage de leur union qu'elle portait dans son sein , rien ne put arrêter sa puérile colère, qui s'emporta en mauvais traitements. Un accouchement prématuré mit en danger les jours de la reine. L'àme profondément blessée, elle résolut de renoncer à un. monde qui n'avait payé son dévouement que par l'ingratitude. Elle s'enferma dans le couvent de Wadstena, où la suivirent l'amour et le
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regret de tous ses sujets. Ce calme ne fui pas de longue durée. Le souvenir de ses malheurs et les suites de la brutalité d'Erik la firent bientôt descendre dans la tombe , et le roi put apprécier, mais trop tard, la perte qui l'avait frappé. Pour effacer son crime et honorer la mémoire de la reine, il fit des legs considérables aux couvents et aux, églises; mais la légèreté de son caractère effaçait promptement en lui la trace des bonnes intentions et des louables sentiments. Son amour pour Cécile l'aveugla sur les mérites de Philippa. Ses fautes, la haine de ses sujets , les malheurs accumulés sur sa tête lui prouvèrent que la fortune l'avait abandonne à la mort de la reine.
Marguerite, tant qu'elle vécut, fut l'ange tutélaire d'Erik; quand elle n'exista plus, Philippa prit sa place. Cependant ses conseils finirent aussi par être méprisés; les favoris avaient seuls l'oreille du maître, quise guidait principalement sur les inspirations de Henri Kœnigsmark. Le peuple commença à s'apercevoir que la dureté, la cruauté même remplaçaient la douceur et l'intelligence dans les actions de son roi. Il tenta, comme Magnus -l'Enjôleur , Albrekt, Marguerite et tous les souverains de cette époque en Europe , d'humilier l'orgueil de la noblesse et d'abattre une puissance qui méprisait les rois et opprimait les peuples ; mais Erik manquait, pour accomplir ce projet, del'énergie nécessaire et de l'autorité que donne la justice.
En attaquant les grands avec les armes de la perfidie et de la violence, il n'avait pas en vue de soulager le peuple ; il ne voulait que fonder son despotisme et l'étendre sur tous. Il mit dans cette tactique autant d'imprudence que de maladresse, et chaque coup qu'il portait réagissait sur son pou\oir. Il ne réussissait pas mieux avec le clergé. Persistant à vouloir nommer aux évêchés, il n'avait jamais gain de cause avec le pape, qui destituait des évêques , parce que son choix tombait toujours sur des sujets vicieux et indignes. La noblesse se plaignait de ce qu'au lieu de lui confier les châteaux , on les remettait aux mains des étrangers. Les préfets, généralement pris parmi ces derniers, devaient à leur défaut de nationalité le peu de cas qu'on faisait de leurs personnes, et à leurs exactions et à leur dureté la haine qu'on leur portait. Le plus cruel de tous était Josse Eriksson , noble danois, d'origine jutlandaise. Il commandait le château de Westeros, et son autorité s'étendait sur une partie du Westmanland et sur toute la Dalécarlie. Il pressurait les paysans sous une masse d'impôts. Après les avoir ruinés, il les faisait pendre, attelait leurs femmes enceintes à des charrettes de foin , et réservait les jeunes filles pour ses brutales passions. Il fit main basse sur la foraine d'une infinité de braves gens, accusés et condamnés à son instigation.
Dans les anciens temps, la Dalécarlie, entourée et coupée de montagnes, traversée par
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le grand et rapide fleuve de Dala, était peu visitée. Les habitants vivaient sans relations avec les autres pays voisins. Forcés de lutter contre une nature stérile et ingrate, ils étaient devenus vigoureux et braves. La pauvreté les avait rendus laborieux et sobres, et leurs mœurs, simples et pures, n'avaient point encore été corrompues par le contact des coutumes étrangères. Us portaient une haine profonde à une tyrannie étrangère, qu'ils étaient d'aulanlmoins disposés à soufl'iir, qu'ils n'avaient jamais, en leur qualité de francs-tenanciers , supporté même l'oppression des seigneurs indigènes.
Habitués à la fidélité et à l'obéissance, ils tolérèrent longtemps la cruauté de Jossc Eriksson , et se contentèrent de demander justice au roi. Leurs réclamations furent taxées de séditieuses par les protecteurs que le préfet avait à la cour de Copenhague. Leurs plaintes ayant été repoussées, un murmure général circula dans leurs vallées et leurs montagnes. Ils s'assemblèrent et tinrent conseil. La présence des serviteurs de ce préfet exécré augmenta leur indignation. Leur cœur saignait d'être obligés, nombreux et robustes qu'ils élaient, de souffrir les outrages et les violences d'une poignée de mercenaires. Tout était prêt pour la révolte ; il ne manquait plus qu'un chef; il fut bientôt trouvé.
Alors vivait en Dalécarlie, près du Kopparberget, un propriétaire de mines, appelé Enget- U1ST. de suède. 5.
brekt Engelbrektsson , homme qui, dans un corpschétif , cachait une âme forte et un courage invincible. Il avait, dans sa jeunesse, vécuà la cour des grands, et passait pour être aussi éloquent que brave. Il se chargea d'aller porter à Erik les plaintes des Dalécarliens. Le roi révoquant en doute la vérité des faits allégués, il consentit à perdre la vie s'ils étaient reconnus faux. Erik renvoya aux sénateurs l'examen de ces plaintes, ,et Engelbrekt, porteur de l'ordre qui le leur soumettait, se mit en route pour Stockholm.
Les faits se trouvèrent exacts et Engelbrekt porta lui-même au roi l'opinion du sénat.
Cette hardiesse mit Erik en fureur : « Vous ne savez que vous plaindre, lui dit-il, parte/, et ne reparaissez jamais devant moi. » Engelbrekt lui tourna le dos en murmurant : « Oui je reviendrai, mais ce sera à la tête de 100,000 hommes. » A sa voix, en effet, les Dalécarliens se lèvent en masse , jurant de secouer leur joug ou de périr les armes à la main. Engelbrekt marche à la tête, et, dans l'automne de 1433, ils s'avancent vers Westeros, château très-fort, où commandait Josse Eriksson. A la nouvelle de cette révolte, le sénat quitte Stockholm en toute hâte , et court à la rencontre des Dalécarliens , que ses prières et la promesse de leur faire obtenir justice, déterminent à regagner leurs foyers. Cependant le roi refuse de se rendre aux conseils des sénateurs. Le préfet danois est maintenu, et des soldats sont envoyés dans
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ïa Dalécàrlie pour y lever des impôts. Alors le peuple ne se contient plus ; il reprend les armes (printemps de ltôU) et se dirige de rechef sur Westeros. Nouvelle démarche des sénateurs, qui déposent Josse, et persuadent aux paysans de regagner leurs montagnes. Mais ils apprennent bientôt que non-seulement cet homme détesté n'a pas été puni à son arrivée à Copenhague, mais que le roi a manifesté encore l'intention de leur envoyer un administrateur plus intraitable. La mesure était comhlée; les Dalécarliens se réunissent sous les ordres d'Engelhrekt , mais celte fois , c'est pour chasser les préfets étrangers, détruire leurs châteaux et délivrer le pays d'un joug dont il est fatigué. Borganes, sur le fleuve de Dala , puis Kœping, sont les premières places sacrifiées à leur vengeance. Westeros est pris et les Westmanlandais y réunissent leurs forces à celles de leurs voisins. Engelbrekt écrit aux sénateurs pourr-éclamer leur appui; il les menace, en cas de refus, de leur ôter leurs propriétés, et même la vie. A Westeros, il se concilie plusieurs partisans, entre autres Nils Pake, qui reçoit le commandement du château de cette ville.- Toute la surface du royaume est bientôt métamorphosée en un vaste camp.
La Finlande se révolte; le Norrland suit son exemple ; presque tous les châteaux sont abandonnés ou incendiés par ceux mêmes qui les occupent.- Stockholm seul tient encore; là,-
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commande H ans Krœpdin, le seul" étranger qui ait su se faire aimer des Suédois. Il était brave, juste et modéré; on conclut avec lui un armistice. Cependant Engelbrekt, occupé au siège de Ringstaholm , château de Norrkœping , apprend que les évêques et les sénateurs se réunissent à Wadslena. Il s'y rend en toute hâte, à la tète de 1000 cavaliers, et se présente à l'assemblée, où il dit que, depuis Magnus Ladulos, aucun roi n'a travaillé au bien-être du peuple; que tous n'ont recherché que leur avantage , et qu'Erik les a tous surpassés en incapacité et en mauvais vouloir. Il déclare qu'il est résolu à délivrer le pays de l'oppression, et termine en demandant le concours des grands et des évêques. Ceux-ci répondirent qu'ils ne pouvaient manquer à la fidélité qu'ils avaient jurée au roi, et qu'ils ne prêteraient jamais la main à une révolte. 11 répliqua que leuf fidélité était subordonnée à celle du roi, et qu'en rompant ses serments, il les avait affranchis des leurs. Il employa encore d'autres raisonnements pour les convaincre; mais, les trouvant inébranlables , il changea de langage. « Si vous n'embrassez pas la cause du peuple, dit-il, vous êtes tous voués à la mort. » Il saisit au collet l'é\êque de Linkœping, et menaça de le livrer à la rage de ses soldats. Sénateurs et évêques demandèrent grâce, et promirent leur appui pour la délivrance de la Suède. Engelbrekt rédigea sur-le-champ une lettre signée de
tous les assistants, par laquelle ils déclaraient à Erik qu'ils se déliaient des engagements qu'il» avaient pris envers lui. Cet acte d'énergie consommé, il prit tous les châteaux l'un après l'autre. Son armée grossissait tellement, que, quand il arriva aux frontières de la Scanie, elle comptait déjà 100,000 hommes. La discipline y était si hien observée, que pas une plainte ne s'était élevée contre ses soldats quand, vers l'automne , ils furent renvoyés dans leurs foyers.
Cependant Erik s'armait pour venir au secours de Stockholm, avant l'expiration de l'armistice conclu entre Kreepelin et Engelhrekt. Il quitte les côtes de Seland avec une forte armée, composée de Danois et d'Allemands, mais à peine est-elle parvenue à la hauteur de Bornholm, qu'elle est assaillie par une affreuse tempête , qui disperse la flotte. Plusieurs vaisseaux périssent; le reste est obligé de relâcher à Kalrnar pour se procurer des vivres. Il a beaucoup de peine à arriver à Stockholm.
Engelbrekt n'a pas plus tôt appris l'entrée d'Erik dans la capitule, qu'il appelle tous les habitants aux armes , et forme le blccus de la ville. Les choses ne furent pas poussées plus loin. Erik redoulail la supériorité de ses ennemis. La plupart des nobles qui faisaient partie de l'armée d'Engelbiekt étaient jaloux de son autorité, et craignaient de favoriser la prépon-
dérancc des paysans. Ces raisons firent conclure un armistice d'un an. Le roi se rendit en Danemarck, et les Suédois le nommèrent de suite régent à Arboga. On était convenu d'une entrevue qui devait avoirlieu à Stockholm, le 8 septembre. Là, on énuméra toutes les fautes du gouvernement; une réconciliation plâtrée s'opéra , mais la décision à prendre sur les principaux griefs fut ajournée à une nouvelle entrevue. Il n'était question de rien moins que de ne laisser au choix du roi que les nominations des commandants de Stockholm et de Kalmar ; les autres gouverneurs et préfets devaient être exclusivement suédois. Engelbrekt commanderait le château d'OErebro} on devait pourvoir à la nomination d'un Drots (garde des sceaux) et d'un Marsk (connétable). Mais ces dignitaires désignés ne reçurent aucune instruction , au départ du roi, et lorsque Charles Knutsson Bonde, qui était appelé aux fonctions de marsk en demanda, on lui répondit : «N'étendez pas vos pieds au delà de la couverture. » Cependant les équipages de la flotte pillaient les côtes et vexaient les habitants. Ces malheureux coururent à OErebro, auprès d'Engelbrekt, de qui seul ils attendaient aide et protection. Une nouvelle assemblée fut convoquée à Arboga (20 janvier H36). Là le roi fut accusé d'avoir rompu le traité qu'il venait de signer. Stockholm fut assiégé, et Charles Knutsson nommé régent par l'influence de la noblesse
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et du clergé. Cette nomination souleva un tel mécontentement chez le peuple, que le nouveau titulaire fut obligé de partager le pouvoir avec Engelbrekt, qui devait commander l'armée, pendantquesoncollèguedirigeraitles opérations du siège. Engelbrekt enleva en peu de temps aux Danois les châteaux qu'ils occupaient encore. La prise de celui d'Axewalte , en Vestrogothie , fut le dernier exploit de ce grand homme. Il tomba malade , et l'on eut de la peine à le transporter à Œrebro. En même temps un message du sénat l'appelait à Stockholm, où des affaires importantes réclamaient sa présence. Ne pouvant supporter la fatigue d'un voyage par terre, il monta deux petites^ barques avec sa famille et sa suite , qui ne se composait que de quelques serviteurs. Ils arrivèrent, sur le soir, aune petite île, où ils résolurent de passer la nuit, et où ils allumèrent du feu , pour se garantir du froid qui se faisait vivement sentir. À peine avaient-ils mis pied à terre, qu'ils virent venir une petite nacelle, montée par des hommes armés. C'était le fils de Benoit Nilsson, de la famille Natt och Dag, ancien ennemi d'Engelbrekt, mais avec lequel il se croyait réconcilié. Comme il possédait une terre dans le voisinage, Engelbrekt crut qu'il venait l'inviter à y passer la nuit. Appuyé sur sa béquille , il va en chancelant à sa rencontre, et lui indique un bon mouillage.
Mais le jeune Mons Benglsson, s'élançant à.
terre, lui demande avec colère, s'il n'y a plus un seul lieu dans le royaume où l'on soit en sûreté contre Engeibrekt. Sur la réponse que lui fait celui-ci, qu'il ne soupçonnait pas qu'ils fussent ennemis, Mons Benglsson lui lance sa hache à la tète. Le malade, avec sa béquille, pare le coup en détournant l'arme qui le blesse à la main. De nouveaux coups portés à Engeibrekt à la tête etaucou, l'étendent sans vie sur le rivage. Alors l'assassin, comme une bête féroce, écrase la tête du vieillard, lui couvre le corps de flèches, et le laisse baigné dans son sang; puis il emmènelafemmeetlescompagnons de sa victime, et les retient prisonniers dans son château. Cet événement eut lieu le 27 avril ill'iô. Le peuple a gardé le souvenir national d'Engelbrekt , et l'a toujours considéré comme le martyr de la liberté suédoise. La superstition a attaché à son tombeau la vertu de faire des miracles. L'ile du lac Hjelmaren , où il fut assassiné, porte encore aujourd'hui le nom d'Engelbreklen.
Cependant les débauches d'Erik lui avaient fait perdre toute estime en Danemarck. Il quitta les riants rivages de l'île de Seland pour aller s'établir dans celle de Goltland , emportant tous les joyaux de la couronne, et toujours accompagné de sa concubine Cécile. Les Danois rompirent bientôt les derniers liens qui les unissaient à lui, et élurent à sa place son neveu, le prince Christophe de Bavière. Les Sué-
dois (1Ù39) ne tardèrent pas à suivre cet exemple. Erik ne fit aucune tentative pour recouvre» 1 le pouvoir, etvécut sans nul souci à Gottland, n'ayant d'autre occupation que de piller les vaisseaux de ses anciens sujets, qui naviguaient dans la Baltique. Il mena cette vie pendant dix ans, rentra plus tard dans sa patrie, et mourut à Rugenwald , en 1^50, à l'âge de soixantequatre ans.