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CHAPITRE XIV

CHARLES VIII KNUTSSO.V.

A la mort d'Engelbrekt, Charles Knutsson était l'homme le plus puissant de la Suède.

Agé de vingt-huit ans, riche, éloquent, d'une stature imposante, il comptait parmi ses ancêtres Jedward Bonde , et descendait ainsi d'Erikle-Saint. Tous ces mérites étaient obscurcis par son penchant pour les plaisirs , par son luxe effréné , par son ambition sans bornes. Il était peu scrupuleux sur le choix des moyens qui pouvaient le conduire au trône où il aspirait. Une autre ambition rnarchait à côté de la sienne, c'était celle d'Erik Puke, qui visait aussi au pouvoir. Il était devenu l'ennemi de Charles Knutsson depuis la nomination de celui-ci à la régence. Rude et emporté, il exerçait une grande influence sur les paysans , et s'en servait pour les pousser à l'insurrection contre le régent, qu'il fatiguait de menaces et d'attaques sourdes ou directes. Charles Knutsson endura d'abord tout avec assez de patience. Mais à la fin ,. avant attiré Erik à Westeros sous prétexte

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d'entrer en négociation avec lui, il s'empara de sa personne, et le livra au bourreau (1437). Ce ne fut pas le seul noble contre lequel le régent eut à lutter. Son propre beau-frère , oncle de l'assassin d'Engelbrekt, se révolta contre lui et embrassa le parti d^Erik.

Les paysans, soupçonnant Cbarles Je n'être pas étranger au meurtre d'Engelbrekt, étaient mal disposés pour lui. Les prêtres ne pouvaient supporter l'idée qu'il serait un jour leur roi, parce qu'ils le regardaient, lui et ses nobles, comme le seul obstacle au renouvellement de l'union de Kalmar. Toutes, les tentatives de Charles échouèrent d'abord contre celte opposition. Il parvint cependant à éloigner Christophe pour deux ans et à administrer le royaume , en qualité de régent. Mais enfin , il se vit contraint de céder à la volonté des sénateurs, et à la ruse de Christophe, qui promettait de grands avantages aux Suédois et à Charles. Il fil don à ce dernier, comme fief, de l'île d'Oland et de la Finlande , et le déchargea de toute responsabilité pour son administration. A ces conditions-là, Christophe fut proclamé roi. C'était pour Charles un simple ajournement de ses prétentions à la couronne. Le bruit courut qu'une pieuse nonne lui avait révélé ses hautes destinées. Une jeune fille avait même vu une couronne rayonner sur sa têle , dans l'église deWadstena , et, quand Christophe fit son entrée solennelle dans la capitale, la taille ma-

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jostueuse do Charles effaçait tellement colle du roi, qui était court et replet, et donnait le bras, en marchant à son rival, que le peuple disait: « Le marsk est plus beau et plus digne de porter le diadème; malheur à ceux qui ont arrangé les choses- de cette façon ! » Charles Rnutsson se renditen Finlande. Le roi, dans ses tournées, recevait avec bienveillance tous ceux qui avaient à se plaindre de son rival. La froideur glaçait tous les rapports qui existaient entre Christophe et son puissant sujet. Le monarque parvint insensiblement à affaiblir l'influence de Charles; mais il ne put réussir à gagner l'amour de son peuple , car, quoique spirituel et enjoué, il manquait de sagesse et d'équité. La ruse ne peut rien contre la haine. L'irritation des esprits fut accrue par sa réponse aux Suédois qui se plaignaientdespirateries d'Erik : «Il faut bien , dit-il , que mon oncle vive. » Mais ce qui contribua le plus à porter celte irritation à son comble, ce furent les mauvaises récoltes qui suivirent et la disette qui en fut la conséquence. Au moins, sous ce rapport, l'administration de Charles Knutssonavailété supportable. Lespaysans, réduits h se nourrir d'écorces d'arbres, gratifièrent Christophe de l'épithète de Roi des écorces; et la croyance populaire attribua les mauvaises années aux débauches du roi. Use jetait, en effet, à corps perdu dans tous les plaisirs, et négligeait la reine, qui était cependant la plus belle femme du nord.

Au reste, Christophe était gracieux, aimable, et il déploya une haute intelligence dans le maniement des affaires, quoiqu'il y mêlât de la ruse et de la perfidie. Ses efforts tendaient surtout à dégager les royaumes du nord des liens que leur avaient imposés les villes anséaliques. Mais, au milieu de ses préparatifs, il mourut subitement (6 janvier 14/|8) à Helsingborg, sans laisser de postérité.

La loi de Magnus-l'Enjoleur avait été adoptée dans tout le royaume dés 1442.

Après la mort de Christophe, les deux frères, Ihnoit et NUs Oxcnstjerna , furent pn. clamés régents. Celte famille n'était pas assez puissante pour s'emparer de la couronne, aussi voulutelle le maintien de l'union de Kalmar. Elle était soutenue dans ce projet par le IV usa. En revanche , les puissantes famille de bonde et de Bjelke prirent parti pour Charles Knulsson , qui se hâta de revenir de la Finlande, à la tête de 800 cavaliers. Avantson arrivée, des bruits et des présages, annonçant qu'il serait roi, avaient déjà couru dans le royaume. Durant tout le printemps, il avait régné une telle sécheresse , qu'on redoutait encore une mauvaise récolte.

Mais à peine Charles a-t- il touche le sol de la Suède (23 mai), qu'une pluie abondante \ient ranimer la nature. Le peuple voit dans cet accident le signe de la volonté de Dieu, qui désigne ce prince comme celui qui doit porter la couronne. Charles est proclamé et couronné

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avec pompe à Upsala. A peine a-l-il ceint la couronne qu'il songe à réprimer les pirateries d'Erik. Il s'empare de l'île; il est nommé roi de Norvège et couronné à Trondheim ('l/i49). Son règne s'ouvrit donc sous d'heureux auspices; mais la fortune lui retira bientôt ses faveurs. La jalousie de la noblesse , la prépondérance du clergé , l'ignorance du peuple , les intrigues du Danemarck, tout contribua à jeter le royaume dans de nouveaux troubles. Le commandant, Mons Gren , laissa l'armée inactive dans l'île de Gottland, jusqu'à ce que Erik, enfermé dans la citadelle de Wisborg, eût reçu des renforts du Danemarck , qui avait choisi pour roi , Christian d'Oklembourg. Les Suédois furent obligés de quitter l'île , et leur général fit à ce prince des protestations secrètes de dévouement, lui promettant de l'établir sur le trône.

On convint d'un€ entrevue à Halmstad (5 février 1450) , avec les Danois. Parmi les douze seigneurs suédois qui y assistaient, figuraient Nilé Jonsson Oxensljerna, ennemi secret de Charles, et Mons Gren, dont le roi ne soupçonnait pas la fidélité. Le maintien de l'union de Kalmar y fut résolu; les trois couronnes devaient appartenir au survivant des rois ; Charles devait renoncer à la couronne de Norvège. La question de savoir à qui reviendrait l'île de Gottland fut remise à une autre réunion, 'foutes ces conditions étaient contraires aux

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instructions de Charles. Redoutant les effets de sa colère et ne songeaut qu'à leurs propres intérêts, les plénipotentiaires se liguèrent pour le contraindre à abdiquer. L'archevêque Jons Bengtsson Oxenstjerna prenait la part la plus active à cette trahison. Magnus, évêque d'Aho , révéla au roi tout ce qui se tramait. Charles céda la couronne de Norvège , conformément aux stipulations de Halmstad.

Sur ces entrefaites, la peste éclatait avec tant de violence, qu'à Stockholm seulement, elle moissonna 9000 hommes. La reine Catherine lut au nombre des victimes; ce fut une grande douleur pour Charles; car elle réunissait à une rare beauté un esprit doux et conciliant, qui avait souvent dissipé les sombres soucis du monarque. Elle laissait neuf enfants, dont aucun ne fut connu dans l'histoire.

Christian, ne pouvant arriver à rien par ses intrigues , commença à agir ouvertement. De temps à autre, il faisait quelques invasions en Suède, et s'y livrait au pillage. Charles Knutsson, pour se venger de cette violation des traités, rassembla des troupes, et se jeta en Scanie, où il usa de représailles. Lund, qui avait été jusqu'alors florissante , fut livrée aux flammes, qui n'épargnèrent que la belle cathédrale et quelques couvents. Le tableau de cette campagne n'offre que crimes etravages, sans aucun fait d'armes honorable qui en atténue la pénible impression. L'année suivante, le roi se pré-

tarait à mettre à la voile, lorsqu'il reçut la nouvelle que Christian avait envahi la Vestrogothie et le Smoland. Il inarche à la rencontre de l'ennemi, qui, à son approche, rentre clans ses lignes. Stockholm, attaqué par la (lotie danoise, fut sauvé. Mais partout on apercevait les signes de la trahison que l'entrevue d'IIalmstad avait fait germer parmi les grands. Charles reçut pour réponse à une Ordonnance de comocation des seigneurs et des évèques, qu'ils ne voulaient plus avoir de rapports avec lui. Us se fortifièrent dans leurs château» et engagèrent Christian à entrer dans l'Lpland, promettant de soutenir sa cause. Les Visigohls rendirent hommage au roi de Danemarck: Charles, se voyant trahi de tous côtés, ne savait plus à qui se fier. Cependant un désastre que les Danois éprouvèrent dans les montagnes de Holweden , qui séparent le Smoland de rOstrogolhie, et des maladies pestilentielles qui moissonnèrent les mercenaires de Christian, jetèrent parmi eux un tel découragement , qu'ils ne surent pas même tirer parti des avantages de cette campagne. Mais Lœdœse était encore au pouvoir 'les Danois, et la fidélité des Visigolhs chancelait. Pour soumettre ces provinces, Charles envoya son neveu, Thord Bonde, jeune encore , mais le plus intrépide des guerriers du rovaume. Il prit la ville par surprise. Ce tut sans doute à cette circonstance qu'il dut la decouverte d'une cassette renfermant des lettres

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qui prouvaient la trahison des seigneurs. Ces pièces furent communiquées au sénat; mais l'influence des grands était si puissante et leur jalousie contre Charles si unanime, qu'il n'osa les punir, et fut contraint d'accepter une réconciliation.

Le succès couronnait toutes les entreprises de Thord Bonde. Il ne défendait pas seulement par son courage la Vestrogothie, qu'il avait réduite à l'obéissance, il chassait encore les Danois du Smoland, envahissait la Norvège, et élevait des forteresses sur les frontières de ce royaume. Il était le bouclier de Charles contre ses ennemis à l'extérieur, et la terreur de ses envieux au dedans. Malheureusement, ce brave guerrier périt sous les coups d'un traître, appelé Josse Boson, qui avait su gagner sa confiance. Cette perte était irréparable pour Charles. Dès ce moment, ses affaires allèrent de mal en pis.

Le clergé lui-même se tourna contre lui, lorsqu'il lui eut demandé (1453) la restitution des biens et des terres acquis par l'église contrairement à la loi de Suède. Bien que Charles eût renoncé à cette mesure, par suite de la résistance des prêtres, il n'était pas moins l'objet de leur inimitié. Quant à l'hostilité de la noblesse, elle avait pour cause non-seulement l'envie, mais l'intérêt. Elle se plaignait de ce que tous les grands fiefs étaient réservés aux plus proches parents du prince. Le luxe de sa cour blessait également la vanité des grands;

on avait compté, dans un banquet, jusqu'à 1,Ù00 plats en argent. Les cœurs s'étaient donc éloignés de lui, et son implacable ennemi , l'archevêque Jons Bengtsson (Oxenstjerna), n'attendait que l'occasion de donner cai-rière à son ressentiment. Charles se reposait sur son immense fortune, sur les serviteurs dévoués qu'il conservait et sur les forteresses dont il était maître. Cependant il ne tarda pas à éprouver combien un gouvernement est faible quand il ne s'appuie pas sur la fidélité et l'affection des citoyens. Les Danois n'eurent pas plus tôt reçu la nouvelle de la mort du vaillant Thord Bonde, qu'ils s'emparèrent de l'île d'Oland, et assiégèrent le château de Kalmar. Charles marcha à leur rencontre, et chargea l'archevêque de réunir des troupes en Upland. Ce prélat crut le moment favorable pour écraser son ennemi.

Il rassembla tous ses parents et ses serviteurs, et annonça, par une affiche placardée dans la cathédrale d'Lîpsala, qu'il ne reconnaissait plus l'autorité du souverain. En face des reliques de saint Erik, il se dépouilla de ses ornements pontificaux , déposa sur l'autel la crosse et la mître, et, s'armant de l'épée etdu casque, jura de ne reparaître dans le temple qu'après avoir rétabli la loi dans le royaume. A la tète d'un corps formidable , il s'empara de tous les domaines de Charles. Celui-ci, à cette nouvelle inattendue , rebrousse chemin pour tomber à l'improviste sur l'archevêque ; mais il est lui-

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même attaqué et blessé, et ne rentre qu'avec peine dans Stockholm. Ne s'y croyant pas en sûreté, il s'embarque, avec tout ce qu'il a de précieux , pour Dantzig, où il est bien accueilli. Abandonné de ses sujets , il apprend bientôt que sa capitale même est tombée au pouvoir du vainqueur.

L'archevêque avait le projet d'appeler Christian au trône; mais on était si peu disposé à supporter une domination étrangère, qu'il fut obligé de promettre solennellement aux paysans et aux bourgeois de n'introduire en Suède aucun prince d'un autre pays. Mais Jons Bengtsson n'était pas homme à reculer devant un parjure. Il fit avertir secrètement Christian qu'il pouvait se présenter avec une flotte, et celui-ci eut bientôt pris son parti. Reçu à Stockholm par l'archevêque, il fut couronné à Upsalale 29 juillet 1A57. Son fils Jean (Hans) fut déclaré héritier du trône. On instruisit le procès de Charles Knutsson , que ses ennemis firent déclarer traître à la patrie et condamner à la perte de tous ses biens en Suède.

Christian régna quelque temps en paix. Il avait quelques-unes des qualités de l'homme privé et de l'homme d'état ; mais il manquait d 'énergie, et sa main était trop débile pour tenir le gouvernail dans des temps orageux. Il commit de nombreuses fautes, qui préparèrent sa chute. On le vit ainsi violer sans pudeur les promesses qu'il avait faites à son couronnement,

ce qui du reste n'était pas rare dans ces siècle» d'immoralité. Puis, s'imaginant qu'une conspiration s'était formée en faveur de Charles, il fit subir la question à plusieurs personnes innocentes; son avarice lui fit perdre aussi beaucoup dans l'opinion des Suédois. Redoutant la puissance de l'archevêque, homme entreprenant, comme on l'a vu, il le fit arrêter et emmener prisonnier en Danemarck, en 1463. Cet acte lyrannique fut le signal d'une insurrection sérieuse, à la tête de laquelle se mil l'évêque de Linkœping, Kcttil Carlsson Wasa, qui, avec ses nombreux partisans, s'empara de plusieurs châteaux , et mit le siège devant Stockholm.

Christian, à cette nouvelle, vole au secours de cette ville, et poursuit l'épée dans les reins l'évêque etSten Sture, chefs des insurgés, qui se retirent en Dalécarlie. Mais le roi , s'étant avancé imprudemment, tomba dans une embuscade, perdit beaucoup de monde, et se sauva à Stockholm, d'où il mit à la voile pour Copenhague. Charles Rnutsson fut rappelé et monta sur le trône pour la seconde fois (1Zj64). Son pouvoir fut de courte durée. S'étant brouillé avec l'évêque Kettil, il eut à se défendre contre son ancien ennemi, l'archevêque, que Christian avait mis en liberté. Trahi et abandonné de tout le monde, il abdiqua, et se contenta du château de Raseborg, en Finlande, réduit, dit l'histoire, aune telle misère, qu'il ne put acquitter 50 marcs qu'il devait.

tli:

L'archevêque Jons Bengtsson et l'évêque Rctlil exerçaient alors la plus grande influence. Ils se donnaient le titre de régents du royaume. Le premier crut pouvoir gouverner à son gré, mais il rencontra des obstacles qu'il ne prévoyait pas. Les nobles, dans une assemblée, choisirent pour régent, en dépit de la volonté de l'archevêque, Erik Axelsson Tott. Les paysans n'étaient pas disposés à favoriser les prétentions de ce prélat. Ils disaient que, de temps immémorial , la Suède était un royaume et non un diocèse. Le chapitre d'Upsala lui avait même écrit qu'il ne devait s'occuper que de ses devoirs de pasteur, et laisser de côlé les affaires temporelles. Mais sa nature turbulente et guerrière ne pouvait s'accommoder d'un pareil repos.

Cependant le peuple se montrait irrité contre lui, et il était question de rappeler Charles. Nils Sture, peu puissant, mais audacieux et actif, fut le premier qui se déclara pour Charles contre l'archevêque. Le parti de celui-là acquit d'autant plus de force, que l'opulent Ivar Tott devint l'ennemi de Christian , et épousa la fdle de Charles Knutsson. Ainsi les frères Tott, naguère partisans du roi danois, étaient maintenant les plus fermes appuis du roi détrôné. Le royaume était dans un état déplorable : de nombreuses troupes sillonnaient les provinces, exerçant d'horribles déprédations. Il n'y avait plus de sûreté, plus d'ordre, plus d'autorité qui pût rendre justice. La discorde et un achar-

il;

nement réciproque avaient remplacé le règne de la loi. Les Uplandais tenaient pour l'archevêque; les populations de la Gestricie et de la Dalécarlic pour les Sture, et les autres provinces pour les ïott. Cet état de choses dura deux ans. Enfin on se rapprocha, et l'on convint de rappeler Charles. Cet arrangement souriait aux paysans; leur parti triompha. La mort ayant enlevé le brave évêque Ketlil, en H66, l'archevêque se relira en Oland, pour être plus près du Danemarck. En même temps, Charles arriva de la Finlande, s'empara de la capitale, et fut proclamé roi pour la troisième fois. L'archevêque ne put supporter le chagrin que lui causait le succès de son rival; il mourut quelques semaines après, dans l'exil et la misère, chargé de malédictions, et sans emporter un seul regret. Les Danois perdirent en lui leur plus solide appui. Cependant il restait encore à Charles un adversaire redoutable dans la personne d'Erik Carlsson ^asa, frère de l'évêque Ketlil. Mais cet orgueilleux seigneur, ayant été battu par les Dalécarliens, commandéspar les Sture , s'enfuit en Danemarck. L'ne attaque dirigée contre la Vestrogothie, par Christian, fut également repoussée par Sien Slure.

Charles se voyait affermi sur son trône. Ses ennemis, à l'intérieur, étaient morts ou soumis; à l'extérieur, tout avait cédé à ses armes.

Les Tott et les Sture mirent , les uns leur courage, les autres leur influence au service de

son gouvernement. Le peuple harassé ne demandait que la paix et la tranquillité. Mais le malheureux monarque ne jouit pas longtemps d'un repos qu'il avait acheté si cher : il expira au mois de mai 1470. Sentant approcher sa fin, il appela Sten Sture à la régence, et lui donna le château de Stockholm, en lui conseillant de n'aspirer jamais à la couronne ni au titre de roi. « C'est cette ambition, ajouta-t-il, qui a ruait ma fortune et qui me coûte la vie. »

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