‹ L'histoire de Suède racontée à la jeunesse chrétienneChapitre 17 sur 36 · ERIK XIV · texte numérisé non relu

ERIK XIV

Erik était né le 13 décembre 1533. Les plus jeunes années de ce prince firent concevoir de lui les plus brillantes espérances. Comme les autres fils de Gustave, il était d'une taille plus gracieuse qu'élevée. Il excellait dans les exercices du corps, et l'on augurait avantageusement de ses qualités guerrières. Son esprit était très-orné , et il s'exprimait élégamment en latin. Il avait bérité du goût de son père pour la musique. Ses précepteurs furent George Normauii et un Français nommé Dionysius Beurreus. Le fameux Goran Pehrsson devint plus tard son ami. A ces rares qualités se joignaient de grands défauts. Il était emporté et soupçonneux comme son père, capricieux, inconstant et souvent farouche comme sa mère ; il aimait les plaisirs et se montrait d'ordinaire fort libéral. Son père lui avait confié la préfecture de

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Kalinar el celle d'QEIand ; mais sur la fin de ses jours, son fils était devenu de sa part l'objet d'une telle méfiance, qu'il fit venir d'Allemagne des mercenaires pour former sa garde. Il le menaçait même de le deshériter ; mais les prières de Jean , un de ses autres fils, lui firent abandonner cetle résolution. L'Angleterre obéissait, dans ce temps-là, à la fameuse Elisabeth. Le prince Erik rechercha sa main, malgré toutes les marques de dédain qu'il en reçut et malgré les sages conseils de son père. Il était même près de partir pour ce pays lorsque la nouvelle de la mort du roi le rappela clans sa capitale.

La monarchie, dont le sceptre passait dans ses mains, fleurissait au milieu de la paix et de l'abondance; il héritait d'un riche trésor, et était l'objet de cette bienveillance populaire qui entoure presque toujours les nouveaux gouvernements et lesjeunes princes. Maisles provinces que Gustave avait données en fiefs à ses fils, et qui diminuaient l'autorité royale, devinrent une cause de discorde entre les frères. Leprince Jean avait reçu la Finlande, le duc Magnus, rOstrogolhie et le Dalsland, et le jeune prince Charles, la Néricie, le Wermanland et la Sudermanie. Ce fut donc, pour ainsi dire, sur la tombe du père, que les fils se jurèrent cette inimitié, qui devait faire couler tant de sang et naître tant de crimes.

Le couronnement du nouveau monarque

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