‹ L'histoire de Suède racontée à la jeunesse chrétienneChapitre 22 sur 36 · GUSTAVE II ADOLPHE · texte numérisé non relu

GUSTAVE II ADOLPHE

En 159i, le 9 décembre (vieux style) à huit heures du matin , Gustave- Adolpkc-lc-Grand , fils de Charles, était né au château de Stockholm. D'autres que Tvcho Brahelui avaient prédit sa grandeur future. Charles avait célébré la naissance de son fils en rétablissant l'université d'Upsala. Il suivit son père et sa mère en Livonie, en 1600. Jean Skytte fut nommé précepteur du prince, et Olhon de Mœrner, son gouverneur. Gustave reçut une éducation digne d'un prince appelé à la couronne. Charles était éclairé, brave, sévère; Christine joignait à une rare beauté une âme fière et courageuse.

Aussi l'éducation du prince fut-elle exempte de mollesse. On l'habitua au travail, en lui mettant sans cesse devant les yeux les vertus de ses parents. Son père lui permit, à mesure qu'il faisait des progrès, d'assister aux conseils. Son esprit se forma ainsi de bonne heure aux affaires

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sérieuses. Il acquit aussi dans sa jeunesse une connaissance approfondie de plusieurs langues étrangères: il parlait le latin, l'allemand, le niederlandais , le français, aussi purement que sa langue maternelle.

Lorsqu'il eut 16 ans révolus, son père le créa Grand Duc de Finlande et Duc d'Estonie et de Weslmanland. Le roi Charles avait de bonnes raisons pour appliquer de bonne heure son fils aux affaires. Sur un trône encore chancelant, il lui importait que la nation commençât de bonne heure à connaître l'héritier de la couronne, et Ton peut dire que Gustave-Adolphe grandit sous les yeux du peuple. Dans toutes ses actions perce son humeur guerrière. Lorsqu'en 1611 , Christian IV, roi de Danemarck, eut rompu la paix et déclaré la guerre , il fut jugé par son père digne de porter l'épéc.

Avant la mort du roi , il prit part, dans celte guerre, à toutes les rencontres, à toutes les marches, qu'il dirigea même souvent. Christianopel détruit, et OEland repris par Gustave-Adolphe, prouvent à la fois sa valeur et son activité.

A la diète de Norrkœping, le 26 décembre 1611, il reçut, en présence des états, les rênes du gouvernement. Il était dans le premier mois de sa dix-huitième année; son chancelier, le célébrera*/ Oxenstjerna, était âgé de 28 ans.

Jamais prince n'a pris la conduite d'un royaume dans une situation plus critique; il avait trois formidables ennemis à combattre :

les Danois, les Russes elles Polonais. Le héros, qui finit par dicter des lois à l'Europe , commença par se défendre corps à corps contre un puissant ennemi, au centre de ses étals.

En 1612, les Danois avaient exécuté une invasion dans le Smoland; Gustave-Adolphe , qui était à Kalmar, accourut au secours de cette province. Il suivait en Scanie l'ennemi qui s'y retirait, n'éprouvant aucune résistance sérieuse ; mais le pays était impitoyablement ravagé. La ville de Wc fut livrée aux flammes, et vingtquatre paroisses abandonnées à la fureur des soldats. Attaqué à l'improviste à "W illsiœ , dans sa marche le long des montagnes qui joignent ces contrées au Halland, il courut le plus grand péril, et plusieurs de ses généraux furent faits prisonniers. Sur les frontières de la Norvège, les Danois assiégèrent et prirent Elfshorg, citadelle qu'onregardaiteomme la clé du royaume de ce côté. Peu de temps après, Gullberg, qui défendait Golhenbourg, capitula aussi, et, au mois d'août, Christian IV se présenta avec sa flotte dans les étroits parages de Stockholm. Bientôt il bloqua la citadelle de Yaxholmen.

Gustave était malade à Jonkœping. A peine rétabli , il vole au secours de sa capitale, et arrive à temps pour forcer Christian à se relirer de devant Vaxholmen et à gagner la haute mer. A la même époque, Ranlzov, après s'être emparé d'Oland, ravageait l'Oslrogothie, et brûlait les villes de Weslerwik et de Sœderkœping. Mais

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ces avantages partiels n'amenaient aucun résultat , et le besoin de la paix se faisait sentir également des deux côtés.

Une entrevue pour l'échange des prisonniers amena des négociations, par l'entremise des Anglais. Axel Oxensljerna était le plénipotentiaire de la Suède. Le 19 janvier 1613, la paix fut conclue avec le Danemarck, dansla bourgade de Knered, sur la rivière de Laga, dans le Halland. La Suède renonça à ses prétentions sur la citadelle de Sonnenburg, dans l'Ile d'Œsel et à sa domination sur les Lapons des côtes, et elle restitua le Jemtland et le Herjedal. Le Danemarck rendit à Gustave- Adolphe Kalmar et l'île d'OEland, et six ans après, la citadelle d'Elfsborg contre une somme d'un million de thalers.

Gustave-Adolphe tourna alors son attention vers la guerre de Russie , que dirigeait Jacques de la Gardie, et où son frère venait d'être élu grand duc. Il parait que les succès du héros suédois inquiétaient le monarque , qui eût voulu en partager la gloire. L'élection de son frère contrariait aussi sa politique. Il se rendit luimême sur le théâtre des hostilités, et mit inutilement le siège devant Pleskow ; cependant, il exerçait une telle influence sur les succès qu'on obtenait, que la Russie consentit à la paix de Stolbowa (27 février 1617), par laquelle elle céda à la Suède le gouvernement de Kexholm,etles quatre forteresses d'Ivanogorod, de Jamburg, de Coporie etde Notheborg, avecleurs

dépendances. De son côté, la Suède restitua Nowogorod et toutes les possessions que ses armes avaient conquises en Russie. Ce fut la plus glorieuse paix que la Suède eût jamais signée avec cet empire.

Il ne restait donc plus que la Pologne à combattre; il est vrai que cet ennemi était le plus opiniâtre. La Livonie fut le premier théâtre de cette guerre. Gustave-Adolphe prit Riga après un long siège (1(321) ; puis il se dirigea vers la Prusse , où plusieurs campagnes le mirent en possession du littoral de la Baltique et de tous ses ports, à l'exception de Dantzig. Ce fut dans ces expéditions que se formèrent les soldats et les généraux qui devaientplus tard vaincre Tilly et Wallenslein. En 1629 (16 septembre) , à Stumsdorf, un armistice fut conclu pour six ans avec la Pologne, par la médiation de la France. Ce traité maintenait la Suède en possession d'Elbing, de Pillaw, de Braunsberg et de Memcl.

Avant de suivre ce grand roi dans sa dernière guerre, qui l'a immortalisé, arrêtons un instant nos regards sur l'administration intérieure de son royaume.

Charles IX avait laissé dans le cœur de la noblesse des rancunes profondes. Le sang le plus précieux avait été répandu; et les châteaux étaient peuplés de veuves et d'orphelins. Mais ces femmes, ces enfants , à qui l'on avait ravi un mari , un père , trouvèrent un protecteur

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