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dévoué dans Gustave, et devinrent les plus fermes appuis de son trône. Jean Baner était de ce nombre. Charles contint la noblesse à force de faveurs. Ce fut lui qui institua la chambre des nobles en 1625.Gustave-Adolphe, prince religieux, mit tout en œuvre pour implanter ses sentiments dans le peuple. Il défendit l'autorité des prêtres, qui étaient, disait-il, les véritables tribuns du peuple, dont ils connaissaient les besoins et auquel ils devaient de bons exemples. Il fut, pour ainsi dire, le créateur de l'université d'Upsala. Toutes les grandes dotations qui lui ont été faites datent de son règne. Il encouragea le commerce; les compagnies de cuivre, de fer, et des Indes occidentales lui sont dues ; il perfectionna la fabrication du fer, en appelant à ce travail les meilleurs ouvriers étrangers. Louis de Geer quitta la Hollande pour venir s'établir en Suède, et ses capitaux donnèrent l'essor à celle industrie. A cette époque remonte aussi rétablissement des premières papeteries.
Gustave-Adolphe voulait épouser la belle Ebba Brahe; maisl'opposition de la reine mère, et surtout les conseils de son ami Axel Oxenstjerna le firent renoncer à ce projet. Il s'unit plus tard (1620) à Marie Eléonore de Brandenbourg, une des plus belles femmes de son époque , mais aussi une des moins spirituelles et des moins éclairées.
Avant la fin de la guerre de Pologne, Gustave- Adolphe avait déjà résolu de prendre part à
celle quela religion avait allumée en Allemagne. Il était appelé parles voeux des protestants, par les intrigues de Richelieu et par les instances des princes persécutés. Slralsund avait déjà reçu une garnison suédoise. Outre le prétexte de soutenir ses coreligionnaires , il en alléguait d'autres, tels que le renvoi des ministres de Suède du congrès de Lubeck (1629) , le secours que l'empereur avait envoyé auxPolonais, et les menaces deWallenstein. Après avoir pris congé des étals, de la reine et de sa fille , il monta sur sa flotte, qui débarqua, le 2/j juin 1630, sur les côtes de la Poméranie.
Bientôt il est maître des embouchures de l'Oder ; il s'empare de Stellin , la véritable clé de ce fleuve, et la résidence du duc Bogislaw. Torquato Conli, lieutenant de l'empereur dans la Poméranie, fit peu de résistance, quoique ses forces fussent supérieures à celles du roi. Pendant que Gustave débarquait, Wallenstein perdit son commandement ; c'était briser le seul lien qui retint 100,000 hommes sous les armes, serrés et compacts, prêts à affronter les mêmes dangers. Un grand nombre passèrent dans les rangs des Suédois.
La prise de Steltin fut suivie de celle de Damm et de Stargard. La discipline de l'armée suédoise n'excita pas moins d'admiration que les vertus personnelles du roi. Gustave Horn lui avait amené de grands renforts de la Finlande et de la Livonie; il soumit une partie II1ST. de suède. 10.
du Mecklembourg , et s'empara de Gartz et de Greiftenhagen.
L'alliance conclue avec la France le 16 janvier 1631 à Berwald, lui donna plus de confiance encore , et de plus grands moyens pour entretenir une forte armée. La campagne de 1631 s'ouvrit par la prise d'assaut de Francfort-surl'Oder (2 avril). A celte époque, Tilly assiégeait Magdebourg, une des plus florissantes villes de l'Allemagne, la plus connue alors par son zèle protestant. Le devoir de Gustave-Adolphe était de secourir la ville menacée; mais il fallait être sûr de l'appui des électeurs de Brandenbourg et de Saxe. Avant que ce dernier se fût décidé, la ville était emportée d'assaut, et détruite de fond en comble. Gustave s'avança du côté de l'Elbe, et vers la mi-juillet il prit la position la plus avantageuse dans le célèbre camp de Werben , là où l'Elbe et le Hawel réunissent leurs eaux. Un mois après, ayant rallié les troupes que Horn lui amenait de l'Oder , il quitta ce camp et s'approcha de la Saxe. A son arrivée au pont jeté sur l'Elbe à Wittenberg , son armée se composait de 13,000 hommes d'infanterie, et 8,850 de cavalerie. Tilly, se joignant aux troupes qui lui arrivaient d'Italie, menaçait la Saxe avec ^0,000 hommes. Deux cents villages en flammes indiquèrent aux paysans la route qu'il avait suivie dans ce malheureux pays.
Leipzig capitulasans résistance. L'électeur.épouvanté, se jeta dans les bras de Gustave-Adolphe.
« Non-seulement Wittenberg, lui fit dire Jean George, mais tous le pays sera remis aux Suédois. » La jonction des deux armées, saxone et suédoise, cutlieu le 5 septembre à Duben : deux jours après, la victoire de Leipzig mit un terme aux succès de Tilly et ù la prépondérance de l'empereur en Allemagne.
Gustave-Adolphe, aprèsee succès, fitaltaquer, par l'électeur de Saxe, les domaines héréditaires de l'empereur, et marcha lui-môme contre la ligue ennemie. Les ailes de la victoire le portèrent rapidement en avant. Les habitants d'Erfurt redoutaient un siège; Gustave enleva cette place par un coup de main , traversa le Thuringerwald (forêt de Thuringe) pendant la nuit, à la lueur des flambeaux, et se présenta dans la haute Allemagne. Konigshofen, regardé comme une place très-forte, capitula; Wurzburg, jusqu'alors réputé imprenable , fut emporté d'assaut. 11 s'empara d'Hanau par surprise ; Francfor t-sur-le-Meinlui ouvrit ses portes; et sa marche par la Franconie ne fut plus qu'une suite de triomphes.
Ainsi finit la seconde campagne de Gustave- Adolphe. Il séjourna à Mayencc durant les premiers mois de 1632. Sa femme était près de lui. Le chancelier du royaume Oxenstjerna lui avait amené des renforts de Prusse, et il était entouré des princes et des ministres étrangers. La ligue catholique était dissoute; ses membres ou s'étaient jetés dans les bras de la France, ou se voyaient
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obligés de se lier plus étroitement à l'empereur, comme la Bavière, ou avaient été dépossédés par Gustave-Adolphe, qui apparaissait sur les bords du Rhin, comme le chef reconnu de l'Allemagne protestante.
Mais, pendant ces conquêtes dans le cœur de l'empire , l'Autriche , dont le meilleur allié est le temps , avait réussi, au prix de douloureux sacrifices , à réunir ses dernières ressources. Le sort de la monarchie fut encore une fois livré aux mains de l'homme redoutable que Ferdinand II, peu de mois auparavant, avait sacrifié aux plaintes de toute l'Allemagne. Wallenstein, après avoir dicté de rudes conditions à son maître, consentit à créer pour la maison d'Autriche une nouvelle armée.
Le roi retourna en Franconie pour protéger Horn contre Tilly ; il rappela Baner, et le duc Guillaume de Weimar acheva la conquête de la Franconie, s'assura de Nuremberg, passa le Danube et le Lech , battit Tilly, qui périt dans cette rencontre , rendit à Augsbourg la liberté de religion, et y fit son entrée solennelle. Dans la Bavière, où l'on n'avait presque pas éprouvé les malheurs de la guerre, il n'y eut qu'Ingolstadt , dont le siège faillit coûter la vie au roi , et les habitants des campagnes qui opposèrent quelque résistance. Toute la Souabe protestante embrassa le parti de Gustave-Adolphe. Bernard de Saxe -Weimar porta les armes de la Suède jusqu'aux bords
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du lac cle Constance, et au pied des montagnes du Tyrol.
Alors apparaît tout à coup Wallenstein. Il chasse de la Bohème les Saxons endormis par de longs pourparlers , se réunit à l'électeur cle Bavière, et se présente devant Eger. Gustave- Adolphe avait tenté vainement de s'opposer à cette jonction par une marche rapide ; il lui fallut pensera protéger Nuremberg menacé : il n'avait quelS, 000 combattants à opposer à 60,000; il enferma la ville dans un camp retranché, garni de 300 pièces de canon. Wallenstein occupait l'ancien château, en face de l'armée suédoise. Là, les plus grands capitaines de l'époque furent en présence, l'arme au bras, depuis le mois de juillet. Le monde attendait des événements : «Mon armée est toute fraîche, disait Wallenstein; si elle perd une bataille, l'Allemagne et l'Italie courent de grands dangers.
Je veux apprendre au roi de Suède une nouvelle manière de faire la guerre. «L'armée de Gustave-Adolphe , portée à /i6,000 hommes par les renforts que lui avaient amenés Oxensterna, Baner, les ducs de Weimar et d'autres, attaqua en vain le camp; le combat dura dix heures. La disette et les maladies avaient fait plus de ravages que les combats. Le roi laissa Oxenstjerna et le général Kniphausen pour défendre la ville , et en sortit le 8 septembre , avec son armée, réduite à moitié. Sa retraite ne fut pas inquiétée par Wallenstein, mais peu de jours
après , celui-ci incendia son camp et effectua sa retraite.
Le duc de Friedland ("Wallenstein) et le roi avaient séparé leurs armées. Gustave laissa Bernard de Saxe en Franconie, à la garde du Rhin; lui-même passa le Danube et le Lech, et entra en Bavière, où l'ennemi, grossi des troupes arrivées d'Italie, obtint quelques succès. "Wallenstein envoya un corps pour étouffer la révolte des paysans en Autriche; Gallas eut mission d'aller soutenir Holk, qui, avec ses brigands, avait envahi le Meissen, et le duc de Friedland s'approchait lui-même de la Thuringe. Mais tout d'un coup il se dirige vers la Saxe , mettant tout à feu et à sang et suivant les traces de Holk et de Gallas. Son plan était de se rendre maître de l'Elbe et de couper la retraite au roi de Suède. L'électeur de Saxe , dans sa détresse , réclame pour la seconde fois l'appui de Gustave- Adolphe. Ce grand homme était au point d'envahir l'Autriche , lorsqu'il reçoit la nouvelle que Wallenstein s'est mis en marche pour la Saxe. Il prend aussitôt son parti, et marche sur Erfurt, où il passe en revue toute son armée dans une magnifique plaine , voisine de la ville. On y comptait 12,000 hommes d'infanlerie et (5,500 cavaliers. Ce fut avec ces forces que Gustave-Adolphe livra la bataille de Lulzen, le 6 novembre. Il y périt en héros, mais son armée , conduite par le duc Bernard, remporta une éclatante victoire.
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Peu de princes ont laissé un nom aussi brillant que Gustave-Adolphe. Ce nom rappelle, non-seulement le souvenir de toutes les vertus de l'homme privé, mais toutes les qualités réunies de l'homme d'état et du grand capitaine.
Il avait une taille majestueuse, que défigurait cependant, sur la fin de sa carrière, une trop grande obésité. Robuste, actif, vigilant, il avait la vue courte , et c'était le seul reproche qu'il pût adresser à la nature. Il portait les cheveux courts et relevés sur le front. Sa barbe et ses moustaches étaient blondes, aussi l'appelait-on souvent le roi d'or. Son front était proéminent, son nez aquilin , ses yeux grands et remplis d'expression et de vivacité. Son visage conserva toujours la teinte et la fraîcheur de la jeunesse. Dans ses regards, dans l'ensemble de ses traits, se mariaientune douceur pleine d'affabilité et la majesté d'un grand roi. Son regard rapide et pénétrant jugeait, au premier aspect, la pensée d'un homme , la situation d'un état. Son éloquence lui faisait dire qu'il devait autant de triomphes à sa parole qu'à son épée. Sa mémoire était vaste. Comme capitaine, il doit être placé sur la même ligne que César, Frédéricle-Grand et Napoléon. Lui aussi eut la gloire de créer un système stratégique. Il nourrissait dans le fond de son cœur une piété solide, qui se révélait dans toutes ses paroles et dans toutes ses actions. Un de ses contemporains disait de lui: « C'est un prince qui commence toutes ses en-
Ireprises par la prière et les termine par la victoire. » Ses ennemis eux-mêmes ne purent lui refuser leur admiration. « C'est le plus grand roi du monde » , disait le pape, et les catholiques parlaient avec enthousiasme de ses vertus, de la discipline de ses troupes, de sa justice, de sa moralité, de sa piété même, quoiqu'il fût hérétique. Le bruit de sa renommée s'étendait jusqu'aux contrées les plus éloignées. Un tel homme devait attirer à lui d'autres grands hommes ou en créer. Axel Oxenstjerna, Jean Baner, Lennart Torstensson, Charles Carlson Gyllenhjelm, Gustave Ilorn, Jean Skytte prouvent, par les qualités qu'ils déployèrent, quelle impulsion il avait su donner
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