‹ L'histoire de Suède racontée à la jeunesse chrétienneChapitre 8 sur 36 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

Guerre civile.

Depuis les temps les plus reculés, les habitants de la Suède avaient le droit de choisir leurs monarques, et le nouvel élu, aussitôt son avènement, était obligé de faire une tournée dans son royaume (Eriksgata). Il laissait des otages aux frontières de chaque province, et jurait au milieu du ting d'observer la loi. Les autres provinces étaient jalouses de ce privilège dont jouissaient les Suédois du haut pays (Uppsvearne). Les Visigoths surtout ne pouvaient contenir leur mécontentement. Comme les rois de la race de Stenkil étaient Visigoths, ceux-ci crurent avoir le droit de participer à l'élection. Ils s'assemblèrent dans le but de.se donner un prince, et leur choix tomba sur Magnus Nilsson de Danemarck , fils de Marguerite Fridkulla et de Nils Svensson , qu'elle avait épousé après la mort de Magnus Barfor t. Les Suédois duhaut pays, ne voulant rien perdre de leur privilège , élurent, de leur côté, Iiageivald. C'était un prince de haute stature et d'une grande force , mais fougueux, emporté; ce qui lui fit donner le sur-

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nom de Knaphœfde. Dans sa tournée, il négligea de donner des otages, en pénétrant dans la Vestrogothie ; les habitants se réunirent et le tuèrent, dans un lieu -voisin de Falkœping (1131), où l'on voit encore son turnulus.

Magnus N'dsson souilla son règne par un autre crime , qui le rendit odieux au peuple danois lui-même. Ayant invité son cousin CamU Laward, canonisé plus tard, à se rendre auprès de lui, il l'assassina traîtreusement afin de n'avoir aucun compétiteur au trône. Après Ragewald , les Suédois choisirent le fils d'Erik , Orsœl Sverkcr qui avait embrassé la foi chrétienne, et qui régna sur l'Ostrogothie. Les Visigoths restèrent fidèles à Magnus. Mais, comme Canut Laward était chéri de tout le Danemarck, une violente révolte éclata contre le roi Nils et son fils Magnus Nilsson. Erik Emund, frère de Canut Laward , combattit les rebelles , mais sans avantage. Enfin Magnus Nilsson résolut d'écraser la puissance d'Erik. Il rassembla secrètement 20,000 hommes du Jutland et des îles, marcha contre Erik, qui n'avait sous son obéissance que le IlallandetlaScanie, et, pour qu'il ne fût pas informé de son approche, établit une croisière de vaisseaux en vue des côtes de la Scanie. Mais le fidèle Magnus Saxeson , un des guerriers d'Erik, se fit descendre, durant une nuit sombre, dans le précipice de Stewen, passa le Sund , et avertit son maître du danger qui le menaçait. La flotte danoise arriva bientôt, et

jeta l'ancre à Fotewig, près de Skanor. Magnus fit débarquer toutes ses troupes; mais , certain île la faiblesse de son ennemi, il négligea de les ranger en bon ordre. Cinq évêques et beaucoup de prêtres l'accompagnaient; ils lui conseillèrent de ne pas combattre ce jour-là, qui était la Pentecôte. Magnus dédaigna ce conseil, et, quand il vit ses soldats découragés, il leur adressa ces mots : « Qui peut vous faire peur, mes braves gens? Nous sommes 20,000, et nous serions capables d'enlever Rome même , si cette ville était devant nous. » Mais les troupes avaient peu de confiance dans l'issue du combat.

Asker, archevêque de Lund , accompagnait Erik. Dans une allocution aux soldats, il leur dit que les hommes lâches ne sont pas agréables à Dieu , et que celui qui succombe les armes à la main est bien accueilli dans le ciel . Il engagea ses prêtres à parcourir les rangs. Erik fit aussi un discours à l'armée ; il rappela la lâcheté avec laquelle Canut avait été assassiné, et excita les troupes à venger, non-seulement ce meurtre, mais aussi toutes les cruautés commises par son adversaire. Ce ne fut qu'un cri d'acclamation dans toute l'armée ; elle jurait de vivre et de mourir avec son roi Erik, et s'avançait hardiment contre les masses d'hommes de Magnus. La cavalerie marclnit la première.

L'armée danoise était placée au-dessus de Folwiken, près de labourgade de Hammar. A peine eut-elle aperçu la poussière soulevée par la ca-

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valerie d'Erik, que la peur lui fit chercher un refuge sur ses vaisseaux. Son désordre était déjà complet lorsqu'elle se vit atteinte par les Scaniens. Nils fut légèrement blessé; à l'aide d'un cheval que lui offrit un paysan, il regagna le le rivage. Magnus, couvert de sa cuirasse, ne voulait pas reculer. Il excitait ses soldats à combattre , et une lutte à mort s'engagea. Le porteétendard de Magnus, Sigurd-le-Fort, couvrait vaillamment son maître, dont il avait été le camarade d'enfance. Magnus et l'évêque Roskild tenaient ferme ; Sigurd , voyant que tout espoir était perdu, et que Magnus cherchait à se faire tuer, jeta son étendard, enleva le prince dans ses bras , et prit sa course du côté de la flotte. Mais les soldats d'Erik leur coupèrent la retraite, et tous deux furent pris ( 1134). Le carnage fut horrible. Une multitude de combattants trouva la mort dans les flots. Cinq évêques, cinquante prêtres, et Magnus lui-même succombèrent dans la lutte. Le roi Nils revenait en Danemarck,.lorsque, sur sa route, il fut assassiné par les bourgeois de la ville de Sehleswig. Erik lui succéda, et, après k mort de Magnus, Siverker fut proclamé roi de toute la Suède. Il fut la souche d'une nouvelle dynastie, celle des Swerker.

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