‹ L'histoire de TèviéChapitre 12 sur 15 · VOS ET Ÿ · texte numérisé non relu

VOS ET Ÿ

TÉVIÉ S'EN VA AU PAYS D'ISROËL 241

‘il oublie qu'il ne doit pas vivre tout le temps et qu'un temps il doit mourir. » Avec ces pensées, j'arrive à Yéhoupetz, chez mon

Pedohtsour. Si je dois vous raconter de sa grandeur

ét de sa richesse, et de sa maison et de ses arrangements, je ne sais, ma foi, pas où je commence. Je n’ai pas encore eu la s’Aïè d'entrer chez Brodsky : mais, si je mesure selon le possible et l'impossible, ça ne peut pas chez Brodsky être plus beau. Vous pouvez juger déjà qu'est-ce que c’est pour un palais chez mon Pedohisour, quand vous entendez qu'il y a devant la porte un schamess, un laquais qu'ils appellent, qui est boutonné tout en argent, et qui ne voulait pas seulement me laisser entrer ( son nom et son souvenir, que Dieu les efface !)... La porte est une porte en vitre, et je vois en dedans, à travers, ce tout cousu d'argent qui brosse des habits. Je lui cligne avec mon œil, et je lui dis, en muet, avec mes

mains, que la femme du patron est ma fille corpo-

relle. Sur mon clin d’æil, le goï ne comprend rien, et il me dit, en muet aussi, que j'aille au diable, Qu'est-ce que vous pensez de ce schlemmasel, Reb Scholem Aleïhem, qu’un père, parce qu'il veut entrer chez sa fille, devrait supplier le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob ? « Ach ! malheur à

S’hiè, honneur.

<TSchamess, bedeau.

Schlemmasel, malchanceux.

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UE AT te LR a

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toi, Tèvié, que tu as dû vivre si longtemps, pour - voir des choses pareilles, avec ta tête grise ! »

Et, juste, voilà, en dedans, à travers la vitre, une fille qui était là. « Ça m’a l’air que c’est la servante, que je me dis; elle a des yeux comme une voleuse, toutes les servantes ont des yeux comme une voleuse; je sais bien, moi, j'ai assez fréquenté dans les grandes maisons! » A elle aussi, je cligne : « Ouvre, mon petit chat! » Elle ouvre! et elle me fait, pas en muet, en yiddisch, cette fois : « Qui est-ce que vous avez besoin ? » Je dis : « Pedohtsour, est-ce qu'il reste ici? » De nouveau, elle fait : « Qui est-ce que vous avez besoin ? » De nouveau, je dis :

« Pedohtsour, est-ce qu’il reste ici ? J’ai demandé

d'abord; répondez d'abord! » Elle fait : « Il reste ici! » — « Si c’est comme ça, que je dis, tu es juste qu’est-cequej’aibesoin. VaetdisàtaMadame Pedohtsour qu’elle a une visite, que son papa est arrivé, et qu'il est là depuis une heure, comme un schnorrer devant la porte, parce qu’il n’a pas trouvé la faveur dans les yeux de cet Esaü, avec ses boutons en argent! »

Tout de suite qu’elle a ces parolés entendu, la

fille me fait un sourire comme une vraie geschmat-

tenè, qui a juste baptisé ; elle ferme la porte sur mon nez, elle court en haut l'escalier, elle court

Geschmattenè, baptisée.

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en bas l'escalier, et elle me laisse entrer dans une espèce de palais, que les pères et les pères de nos pères n’ont pas vu, même en rêve : soie et velours, et or et cristal ; et, quand vous marchez, vous n’entendez seulement pas que vous marchez, parce que vous entrez vos pieds dans des tapis qui sont plus mous que la neigel... Et des pendules! des pendules! qu’on ne peut pas les compter! « Qu’estce qu'un homme a besoin de toutes les pendules du monde? » que je me pense. Et, avec mes mains derrière mon dos, j’avance et j'avance.. Et je regarde : et voilà je ne sais pas combien de Tèviés qui me viennent à la fois! un Tèvié par ici, un . Tèvié par là, un qui se rapproche, un qui se recule... « Où est-ce que je vais aller, moi, avec toutes ces pendules, et avec toutes ces glaces, et avec tous ces Tèviés? »

Bref, pour vous raccourcir, voilà mon Pédohtsour et voilà ma Beilkè! Vous pouvez vous figurer la cérémonie : « Salut sur vous! Sur vous salut... Comment est-ce que ça va ?... Qu'est-ce que vous faites? Mettez-vous assis! Je peux, ma foi rester debout! » Et tout ce qu’on dit toujours.

Que moi, je demande en premier : « Ma yom miyomaim ?.. « qu'est-ce que c'est la différence entre le jour d'aujourd'hui et les autres jours, et! pourquoi est-ce que vous m'avez appelé? », ça, ça ne me convient juste pas! Tèvié n’est pas une

femme, Tèvié n’est pas une Yidenè; Tèvié peut ‘À attendre! Et, en attendant, voilà qu’un goi arrive, … avec des gants glacés blancs après ses mains, et il dit que le manger est sur la table. On se lève, les trois, et on vient dans une salle, un ’heider, où tout ce qui est est du chêne : la table est du chêne, et les banquettes sont du chêne, et les murs sont du chêne, et le plancher est du chêne, et le plafond est du chêne — et partout du sculpté, du dessiné, du peinturluré et du fignolé! je ne vous dis que çal!... Et, sur la table, « bigdei mal’houss », du linge pour un roi; et du thé, et du café, et du chocolat, avec du butterkuch, et du cognac extra et des délicatesses extra et des fruits extra, tout ce qui est le plus bon à manger ! J'ai peur que ma Beilkè n’a jamais seu- À lement vu des choses pareilles sur la table de son papa! Et on me remplit un verre, et je bois le- ’haïm à la santé! Et je regarde sur elle, sur ma Beiïlkè, et je me pense : « Ça t'arrive, ma fille, cômme dans le Hallel : « Mekimi méofor dol... »,. quand Dieu tire du fumier le pauvre, nébisch, qui est-ce qui reconnaît le pauvre? Est-ce que c’est ma Beilkè, ou bien est-ce que ce n’est pas ma Beilkè?»

Et je me rappelle de l’autre Beïlkè, comme elle était à l’époque; et je la mesure avec celle de main-«

Butterkuch, gäteau au beurre.

Hallel, psaumes que l’on chante à certaines fêtes et à da % Nouvelle Lune, i L:

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ES

tenant, et ça me donne un serrement dans le cœur, comme si j'aurais fait une mauvaise affaire et que je ne peux plus la défaire : « Ach! Beilkè! Beilkè! que je me pense, qu'est-ce qui est arrivé avec toi? Est-ce que tu te rappelles comme tu te mettais assise, le soir, près d’une fumeuse petite lampe, à coudre et à chanter une petite chanson? Et quand tu allais traire les deux vaches, le temps de cligner un œil? Et quand tu troussais tes manches, pour me cuire le 6orscht, et que tu me disais : « Allons, papa, va et lave tes mains, et viens manger... » C'était la plus belle chanson!

Maintenant, elle est là, assise, avec son Pedohtsour, ‘comme une princesse. Deux goyem servent le manger et tapent les assiettes. Et ma Beilkè? Vous croyez qu'elle dit seulement une parole ? Le Pedohtsour parle déjà pour les deux! Sa bouche ne ferme pas! Depuis tous les jours que je vis, je n’ai,

ma foi, jamais entendu quelqu'un qui schmuss et

qui jacasse comme ça, le diable sait sur quoi : de livraisons et de combinaisons, et de rations, et d'opérations! Et tout le temps, il fait un petit rire, tout en haut, comme ça, quand il croit qu’il a dit une ’ho’hmè!

En dehors de nous trois, il y en a encore un,

Borscht, soupe.

Goyem, non-juifs, chrétiens.

Schmuss, bavarde,

’Ho’hmè, sagesse, ici : trait d'esprit.

d’assis à la table, un avec les joues rouges : qu'estce qu'il est, je ne sais pas; et qui est-ce qu’il est, je ne sais pas; mais qu’il mange, ça je sais! Tout le temps que le Pedohtsour parlait et riait, celui-là empaquetait dans ses joues tout ce qui pouvait entrer, comme dans le péreq : « Schloscho schéo- ’hlou », trois hommes qui mangeaient.… Seulement, lui, il mangeait pour les trois!

Bref, pour vous raccourcir, quand on s’est levé de la table, mon Pedohtsour me conduit dans un cabinet à part, avec des fusils et des lances sur les murs, et avec des armures sur la table; et il se met assis sur une sorte de divan, mou comme du beurre : et il sort, d’une boîte. en or, deux grandes cigares qui sentent, qui sentent! Et il en offre une d'abord à lui, et une ensuite à moi, et il étend ses pieds, et il me fait : « Est-ce que vous savez pourquoi j'ai appelé après vous? » .

« Ah! ah! que je me pense, maintenant, on veut parler du dix-huit et du treize! » Seulement, je me fais innocent, vous comprenez, ét je réponds :

« D'où est-ce que je dois savoir ? » 11 me fait : « J'ai.

voulu vous parler, rapport à vous. » — « C'est

quand même pour une place! » que je me pense;

et je dis : « Si c’est quelque chose de bon, je n’ai,

ma foi, rien contre.» Alors il sort sa cigare de

ses dents, et il me commence avec une droschè : Droschè, homélie,

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« Vous êtes, qu'il me dit, un Yid qui n’est pas un imbécile, et vous ne voulez pas prendre en mal ce que je vais vous causer franchement. Vous devez savoir que je conduis des grands commerces, et quand on conduit des grands commerces comme je conduis... » — « Oui, que je me pense toujours, c’est, sûr, pour une place! » Et je lui coupe au milieu, et je lui dis : « C’est comme dans la Guemorè : « Marbè ne’hossim marbè daïguè.…. », si tu augmentes la richesse, tu augmentes... Mais est-ce que vous savez exact qu'est-ce qu’elle signifie, cette Guemorè ? » Alors il me répond tout droit : « Voulez-vous que je vous dise la vérité? Eh! bien, une Guemorè, je n'en ai jamais étudié seulement une dans ma vie, et je ne sais seulement pas quelle figure elle a, votre Guemorè !... » Et il éclate de nouveau, avec son petit rire tout en haut! Est-ce que vous comprenez une chose pareille, Reb Scho-

lem Aleï’hem ? Si Dieu te punit, et qu’il te laisse

être un amorets; un ignorant, au moins tu devrais

le cacher, et pas te vanterencore et rire, par-dessusle

marché! Franchement! Voilà qu’est- ce que je me

pense, et je lui fais : « Oui, oui, Reb Pedohtsour, je

vous avais tout de suite estimé comme un qui ne doit

pasestimer beaucoup des choses comme la Guemo-

rè... Mais laissez-moi plutôtentendre votre Guemorè

à vous... » — « Oui, qu’il me fait. Eh! bien, la voilà, Guemorè, Guemara.

ma Guemorè : Je voulais vous dire qu'avec mes commerces, avec ma situation, avec mon nom,ça ne me convient pas qu’on vous appelle Tèvié le Laitier! Vous devez savoir que je suis en connaissance directe avec le Gouverneur; et chez moi, à la maison, un Brodsky peut venir! et un Poliakoff peut venir! et peut-être aussi une fois — pourquoi pas? — un Rothschild peut venir! » Voilà comme il dit, le Pedohtsour; et moi. j'installe un regard sur son crâne qui brille, et je me pense : « Oui, oui! Que tu es en connaissance directe avec le Gouverneur, et qu'un Rothschild doit venir une fois et dix fois et cent fois chez toi, c’est peut-être vrai; maïs ce qui est, sûr, vrai, c’est que tu parles comme un kelev schébeklovim, oui, comme un chien entre Îles chiens !... » Et je lui fais : « Si Rothschild veut venir chez vous, eh! bien, qu'est-ce que moi, Tèvié, je peux contre? » Vous croyez qu’il comprend la pique? Pas un mot seulement qu'il comprend!

« Ce que je voudrais, qu’il répond, c’est que vous

laisseriez votre lait, et votre beurre, et votre fromage, et que vous commenceriez avec autre chose! » — « C’est à dire? que je fais. Avec quelle chose ? »

— « Avec qu'est-ce que vous voulez, qu'il fait. Est-

ce qu’il y a seulement un commerce sur le monde? Je vous aide avec de l'argent, autant comme vous

avez besoin, si seulement c'est une fois fini avec.

Tèvié le Laitier!... Ou bien... Savez-vous quoi? Si

js

dans le samovar, et ça me brûle surtout à cause de 4

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peut-être vous partiriez? Oui, en Amérique! Une, deux, trois! Hein?... » Et il enfonce sa cigare dans ses dents, et il regarde direct dans mes yeux, et, avec son crâne, il brille.

Qu'est-ce que vous vous pensez, Reb Scholem Aleïhem ? Est-ce qu'on répond une parole à un pareil amorets ?.. D'abord primo, je me suis dit : « Qu'est-ce que tu restes assis là, Teivié, comme une motte de beurre? Lève-toil Un baiser à la mezouzè ! un coup de poing dans la porte, et au revoir, adieu ! » Tant la bile me tournait dans le er. foie !.. Est-ce que vous vous figurez ça, Reb Scholem Aleï’hem ? cette houtsbè de cet amorets ? « Parce que Rothschild vient chez toi, Pedohtsour, — moi, Tèvié, je dois tout de suite sauver sur l’autre bout du monde ?.. » Et ça bout dans mon cœur, comme

ma Beilkè : « Qu'est-ce que tu restes là-bas, comme

une fille de reine, au milieu des pendules et des & s.

glaces, dans le temps qu’on met ton papa sur les brûlants charbons ?.. Je voudrais avoir dans ma vie autant de bénédictions comme ta sœur Hodel en a mérité plus que toi! Ce qui est vrai est vrai! Elle n'a pas une maison comme toi! Elle n’a pas des

Amorets, rustre, ignorant.

Mezousé, petit étui contenant une prière, et fixé au wontant de la porte.

‘Houtsbè, audace, toupet.

glaces et des pendules comme toi! Mais elle a un mari, un Pfefferl, qui ne soigne pas pour lui, et qui soigne pour le monde! Et ce Pfefferl, il a sur les épaules une tête, et pas une glace en rond comme ton mari! Et ce Pfefferl, il a une bouche, et quand moi, je lui viens avec un possug, avec trois psuguem ce Pfefferl me vient! Mais attends seulement, mon Pedohtsour, je vais quand même t'en lancer, un possuq ! Et si je te casse ta glace en rond avec, eh ! bien, tant pire pour elle! »

Voilà qu'est-ce que je me pense; et je lui dis : « Que la Guemorè est pour vous un secret, ça je veux vous pardonner : quand un Yid comme vous reste à Yéhoupetz, et qu'il fait des commerces et qu'il fait des maisons, la Guemorè peut, ma foi, rester au grenier! Mais un tout petit possug, un tout petit verset, même un goï peut comprendre ! Alors vous comprenez peut-être aussi. Vous ne savez pas qu'est-ce que c’est le Targoum Ounkeless, n'est-ce pas? Eh! bien, dans le Targoun Ounkeless, Lovon Hoaromi, Laban l’Araméen, dit : « Miznavwtè de’hazirtè.…. », avec la queue d’un cochon, on ne fait pas un bonnet! » Il regarde sur moi, comme un fils du coq sur un fils de l'homme, et il me demande : « Qu'est-ce que ça veut dire ? » — « Qu'est-ce que

Possug, pluriel psuguem, verset.

Targoum Ounkeless, pour Onkélos, traduction babylonienne du Pentateuque.

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ça veut dire ? que je réponds. Ça veut dire qu'avec la queue d’un cochon, on ne fait pas un bonnet! » — « Mais rapport à quoi est-ce que vous dites ça? » qu'il demande. « Rapport à quoi que je dis ça ? que je réponds ; rapport à parce que vous voulez que je pars en Amérique !.… » Voilà qu’il éclate de nouveau avec son petit rire tout en haut, et il fait : « Pas en Amérique ? Alors peut-être en Palestine, en Érets Isroël ? Tous les vieux Yids y partent, en Érets Isroël! »

Tout de suite qu'il a eu ça prononcé, ça s’est enfoncé comme un clou en fer dans mon cerveau. « Ca n’est peut-être pas autant de travers comme tu te penses, Tèvié, que je me pense. Plutôt que des satisfactions comme tu en as avec tes enfants, oui c’est peut-être mieux que tu pars en Érets Isroël, Tèvié ! Qu'est-ce que tu risques, animal beheimè ? Et ici, qu'est-ce que tu as ? Ta Goldè, paix sur elle! elle est déjà dans la terre. Et toi, est-ce que tu n’es pas aussi déjà, neuf coudées profond, dans la terre? Alors jusque quand est-ce que tu veux te traîner encore sur le monde? »

Et puis, vous devez savoir aussi, Reb Scholem Aleï’hem, que. déjà longtemps, quelque chose me tire là-bas, en Érets Isroël. J'aurais bien voulu voir le Kessel maarovi, le Mur des Pleurs, comme vous appelez, et la caverne de Mah’pela, et la tombe de notre mère Rachel, et le Yarden et le Yam Souf, le

Jourdain et la Mer Rouge, et la montagne Sinaï, et les villes Ramsess et Pissom, quelles figures elles font, et toutes les autres choses pareilles. Et mes pensées me portent déjà parti là-bas, dans le béni pays de Canaan, « érets zovass ’holov oudvosch »,. qui coule de lait et de miel! Et voilà que mon Pedohtsour interrompt mes pensées justeau milieu, et qu’il m'interpelle : « Eh ! bien, qu'est-ce que vous avez besoin d'aussi longtemps réfléchir ? Voyons! une! deux! trois!... » — « Chez vous, Dieu soit loué, que je réponds, tout va une! deux! trois! C’est comme dans la Guemorè : « Ho guavrè veha traskè.… »! voilà l’homme, voilà le porte-monnaie! Mais chez moi, c’est une plus difficile Guemorè; parce que, pour se lever et pour partir en Érets Isroël, il faut avoir de quoi ! »… Il éclate de nouveau. avec son petit rire tout en haut, il se lève, il approche la table, il sort du tiroir un porte-monnaie, et il me compte, « a’has vea’hass », un après un, des billets et des billets, ma foi, un joli compte! Moi, je ne laisse pas pourrir le papier (voilà encore bien Ia puissance de l’argent!); je le glisse, tout au fond, dans ma poche, et je veux dire au moins un mèdresch 7 et deux ou trois psuguem, qui donnent réponse à tout. Mais lui, il écoute autant comme le chat! et il”

« me fait : « Voilà assez pour voyager jusque là-bas, =

Médresch, parabole talmudique.

Psuquem, versets.

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