‹ L'histoire de TèviéChapitre 14 sur 15 · ER 2 74 Ÿ · texte numérisé non relu

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était un fabricant de toutes sortes ! Et voilà aussi

pourquoi, il dit à tout le monde que le papa de sa Dulcinée aussi est le plus grand millionnaire !

« Et c’est obligé qu'on écoute ça jusqu'au bout,

qu’elle dit, et qu’on ne répond pas seulement un mot, parce que là-dessus il est très entêté. » — « Tu appelles ça un entêté ? que je dis. Moi j'appelle ça un pileptique! » — « Non, papa, qu’elle me fait ; tu ne le connais pas; il n’est pas du tout mauvais comme tu te penses. Îl est seulement un homme qui, une minute, est comme ça, et, une minute après, autrement. Il a un bon cœur, qu’elle dit, et une large main. Si on lui fait une figure triste, et qu’il est juste dans la bonne disposition, il vous donne même son âme !... Si tu saurais tout ce qu’il fait pour moi : il m’assied dans le ciel! J'ai déjà

influé sur lui, pour qu’il sauve Hodel et son mari, -

des lointaines régions. Il m'a juré qu’il va se laisser coûter une quantité de milles pour eux, avec une condition seulement : qu'ils doivent partir de làbas, direct au Japon. « Pourquoi au Japon ? que je

dis. Pourquoi pas aussi dans les Indes, ou chez la -

reine de Saba ? » — « Parce qu’au Japon, il a des commerces, qu'elle répond. Sur le monde entier, il a des commerces ! Ce que ça lui coûte, pour les dépêches, un jour seulement, nous aurions tous

pu manger la moitié d’une année... Maïs qu'est-ce »

. Que ça me sert, si je ne suis plus moi! »

TÈVIÉ S’EN VA AU PAYS D’ISROËL 229

Je sens mon cœur qui se déchire en morceaux, quand je vois ma pauvre Beilkè, nèbisch, si misérable dans sa richesse et tout son koved! « Ta sœur Hodel, que je dis, n'aurait pas fait comme toil » Alors elle me coupe le mot, et elle répond : « Je t'ai pourtant déjà dit, papa, qu'avec Hodel tu ne dois pas me mesurer. Dans les temps de Hodel, Hodel a vécu; et Beilkè vit dans les temps de Beilke; depuis les temps de Hodel jusqu'aux temps de Beilkè, c'est aussi loin comme depuis l'Amérique jusqu'au Japon! » Est-ce que vous comprenez, Reb Scholem Aleï’hem ? Moi pas.

Bref, pour vous raccourcir : encore deux minutes, Reb Scholem Aleïhem, et ça sera une fin des fins à toutes les histoires de Tèvié... Quand j'ai eu été assez rassasié des misères de ma riche benjamine, nèbisch, j'ai quitté de sa maison, tout brisé et tout en miettes | Et tout de suite que j'étais sorti, j'ai lancé par terre la cigare, qui m'avait tant fumé dans la tête, en lui criant : « Que le souffle du diable entre dans ton père! » — « À qui est-ce que vous dites ça, Reb l'èvié? » que j'entends derrière mes épaules. Je me tourne, et je fais un regard; et qui est-ce que je vois? Éfroïm, le schad’hen (que le diable l'emporte aussi!). « Borou’h habo, béni celui qui vient, que je dis. Qu'est-ce que vous faites là? »

Koved, honneur, gloire.

Schad'hen, agent matrimonial.

— « Et vous, qu’il répond, qu'est-ce que vous faites. là? » — « Je suis été faire visite à mes enfants »,-

que je dis. « Et qu'est-ce qu'ils font ? qu'il dit.

« Qu'est-ce qu’ils doivent faire? que je dis. Si seu-

lement ils ne nous font pas qu'est-ce que nous leur

avons fait! » — « Comme je vois, qu’il répond, vous je , »

êtes très content avec ma marchandise ! » — « Et comment! que je dis. « Békéfel kiflaïm », le double du double, que Dieu vous le rende! » — « Et moi qui vous croyais un riche homme devenu! qu'il dit. Allons, prenez tout de même une prise! » qu’il dit. - J'ai pris la prise, et j’ai laissé le schad’hen, et je me suis retourné chez moi, dans ma maison, et j'ai

commencé de vendre tout mon ménage de tant

* d'années! Ach! voyez-vous, Reb Scholem Aleï’hem,

ça ne se fait pas aussi facile comme ça se dit!

Chaque pot et chaque plat qui partait emportaitun

morceau de ma santé! Ceci me rappelait de ma”

Goldè (paix sur elle!) et cela me rappelait de mes

enfants (longtemps qu’elles vivent!). Mais rien ne

m'a fait de la peine autant comme mon petit che-

val; parce qu’à mon petit cheval, voyez-vous, je me

sentais ’haiev : oui débiteur et coupable, je me sen-.

tais!.… Ach! mon Dieu, du lieber Gott! Tant d’an-

nées ensemble nous avons trimé, et gratté la terre, et boité et souffert! Et maintenant, le prendre et.

le vendre! gs

Je l'ai d'abord mené à des charretiers. « Est-ce.

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