‹ L'histoire de TèviéChapitre 2 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

fidèle el dérisoire des incessantes périgrinations d'Israël. Des mots slaves corrompus s’y mêlent à des mots hébreux défigures et à des

mots germaniques, de forme ou incorrecte ou

désuête. Cet idiome, j'arrivais bien à le déchiffrer, grâce à l’aide patiente et précieuse de M. Léon Berman, que je ne saurais trop remercier ici; mais, pour en rendre la saveur incomparable, il fallait chercher, plus près de nous, un jargon analogue.

Ce jargon existe : c’est le français émaillé d’hébraïismes, de germanismes et de sole- cismes, que parlent encore certains Juifs dans les milieux populaires d'Alsace.

J'ai voulu puiser abondamment aux sources de ce langage, que je retrouvais dans mes souvenirs d'enfance, minspirer même de son esprit, pour créer, quand il fallait, des tours inconnus, où l'accent du yiddisch demeurât reconnaissable.

Jugera-t-on mon essai trop hardi? Si j'ai échoué, que le lecteur ne me le prenne pas en mal, comme dirait Tèvié, et qu’il ne garde point rancune à Scholem Alerhem.

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