‹ L'histoire des idées théosophiques dans l'IndeChapitre 15 sur 41 · LIVRE DEUXIÈME LA DOCTRIXE DE L.\ SOUFFRANCE ET DU SALUT · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME LA DOCTRIXE DE L.\ SOUFFRANCE ET DU SALUT

Comment les trois organes essentiels de la religion opèrent-ils dans l'âme du croyant, le Bouddha par les souvenirs qu'il a laissés ou par l'action qu'on lui suppose encore ; l'Eglise par la règle de vie qu'elle prescrit et par les exemples que donnent ses membres ; la doctrine par les vérités qu'elle est censée révéler ? Comment, sous l'influence des forces contenues dans le bouddhisme, l'homme naturel se transforme-t-il en un homme religieux ? Comment, grâce à ce travail intérieur, est-il à même d'atteindre le but lointain proposé à ses efforts ? Répondre à ces questions, c'est faire la théorie dynamique de la religion.

D'une religion, mais non pas d'une science philosophique de la vie et du monde !

On a trop souvent proposé aux lecteurs européens l'œuvre de Gautama le Bouddha comme un système qui, philosophique et religieux, est propre à satisfaire à la fois les besoins rationnels et les besoins émotifs de beaucoup d'âmes contemporaines (1). C'était imputer à son enseignement une homogénéité qu'il n'a jamais eue, et surtout c'était le mutiler en voulant le simplifier.

Ouvrière de vie, ou tout au moins prétendant agir sur la vie, une religion n'est pas un système. Elle n'a d'un système ni la coordination, ni la simplicité logique. Elle est multiple, comme la vie ; imprécise, comme les problèmes aux nombreuses inconnues pour lesquels elle offre une solution ; d'autant plus complexe même que la vie dans laquelle elle prend sa source et sur laquelle elle se répand, pour la féconder ou pour la stériliser, est celle, non pas d'individus, mais d'une collectivité. Si cette collectivité a déjà atteint un certain degré de civilisation, infiniment variées

(1) Je cite un seul témoignage, choisi à cause de l'autorité que lui confère son origine : « Le bouddhisme, dit le seigneur abbé des grands coiivents de Kamakoura, Soyen Shaku, est la religion la plus rationnelle et la plus intellectuelle du monde » (Sermons of a buddhisl Abbot, p. 28).

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