PRÉFACE IX
exposant de leur foi. Cet accord, disait M. Olcott, démontre l'unité foncière des églises bouddhiques du monde entier. Puisque ce credo est l'œuvre d'un homme qui fut pendant de longues années le président de la Société théosophique, on pensera qu'il prouve surtout une réelle afTmité entre la doctrine révélée par Mme Blavatsky et les tendances qui se manifestent aujourd'hui dans quelques parties de l'Asie bouddhique.
Pour nous, qui faisons œuvre d'historien, nous n'avons à nous occuper ni de la théosophie telle que la conçoivent ses adeptes occidentaux, mais des idées théosophiques de l'Inde ; ni d'un bouddhisme qui se rajeunit et se modernise au contact de la pensée européenne, mais de doctrines s'ofîrant à notre étude dans des documents, sanscrits ou palis, qui jouissent d'une autorité reconnue. Nous n'avons donc pas le droit d'éluder cette question ; le bouddhisme continue-t-il vraiment les écoles brahmaniques ?
II ne nous sufTirait même pas de reconnaître, de part et d'autre, un nombre plus ou moins grand d'éléments communs. Quelques survivances, quelques emprunts ne nous permettraient pas de dire que le bouddhisme est la théosophie traditionnelle muée en religion. Les survivances sont l'héritage d'un passé que les créations les plus révolutionnaires ne sauraient jamais abolir tout à fait, et les religions les plus originales dans leur principe ont très vite accueilli des doctrines philosophiques qui leur sont venues du dehors. Parce qu'il a retenu quelques-uns des traits de la religion juive, on ne pourrait dire que le christianisme résulte de l'évolution naturelle et normale du judaïsme ; et parce qu'il fut incontestablement le débiteur de Thellénisme, personne