‹ L'histoire des idées théosophiques dans l'IndeChapitre 4 sur 41 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

ne s'avisera de le considérer comme un dérivé direct de la pensée grecque. Est-il nécessaire d'admettre, entre le bouddhisme et l'une ou l'autre des écoles qui se sont développées au sein du brahmanisme, une autre relation qu'entre le christianisme et la philosophie platonicienne ou le stoïcisme ?

Les pages qui suivent donneront la réponse que cette question me semble comporter. Tandis que, dans le christianisme, il n'y a eu que des résidus et des emprunts, des résidus qui sont sporadiques et inféconds, et des emprunts qui n'ont pas gravement altéré le principe même de la religion et son caractère spécifique, nous verrons que les idées génératrices du bouddhisme sont précisément du nombre de celles dont on peut suivre l'histoire dans les Upanisad. Il y a, de la théosophie brahmanique à l'institution bouddhique, une telle continuité de fond et de forme qu'il serait dilïicile de distinguer entre l'une et l'autre, si la communauté fondée par le bouddhisme avait été, non pas une église, mais un de ces groupements plus ou moins fermés, plus ou moins étendus, qui se sont formés en si grand nombre sur le terrain du brahmanisme.

Le bouddhisme est une théosophie qui s*est faite reli'^ion. Cela veut dire que, dans le bouddhisme, la théosophie s'est adaptée à de tout autres conditions, et que sa puissance d'action s'est accrue énormément.

La théosophie était exclusive ; elle n'agissait et ne voulait agir que sur un cercle restreint. — Tout en étant une méthode de salut, elle était spéculative ; elle a multiplié les théories sur Dieu, sur le monde, sur l'âme, sur l'existence. — Elle était abstraite, anonyme et pseudonyme. II est impossible de faire fond sur les

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