‹ L'histoire des idées théosophiques dans l'IndeChapitre 5 sur 41 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

noms d'auteurs mis en avant dans les anciennes Upaniiad et, si ceux que nous rencontrons dans les écrits philosophiques ont à un plus haut degré le caractère de l'authenticité, il n'en est pas moins vrai que, de la plupart de ces docteurs, quand ils sont anciens, nous ne connaissons que le nom. L'initiateur, en effet, s'eiïace derrière la pensée qu'il enseigne et qui seule importe ; c'est la pensée, et non pas le maître, qui met son empreinte sur les âmes. — Esotérique, la théosophie ne porte pas ombrage au brahmanisme traditionnel. Elle peut, sans se sentir gênée, faire acte d'obédience au Véda. Il suffit que cette condition soit remplie pour que la pensée puisse se mouvoir librement, affranchie de tout dogmatisme et de toute règle de foi. Aucune autorité ne pèse donc du dehors sur la conscience. Mais, comme la spéculation est encore incomplètement détachée de ses origines ritualistes, et qu'elle subit, sans le savoir, l'influence de son milieu et d'habitudes invétérées, un passage de la révélation sert trop souvent d'argument. Les philosophes, même les plus rationalistes, ne font aucune difficulté pour reconnaître que les cérémonies de la religion officielle procurent les félicités célestes et beaucoup d'autres avantages matériels ; bien plus, ils vont volontiers prendre leurs exemples dans les choses du culte et de la croyance. — La théosophie brahmanique n'a pas aspiré à être une règle de vie, ou du moins elle n'a prétendu agir sur la conduite que dans la mesure où l'intérêt du salut semblait en jeu.

Le bouddhisme a d'autres caractères. Ses tendances sont universalistes : « Ma loi est une loi de salut pour tous les hommes ». — Il fait profession de dédaigner la spéculation pure et de rejeter, comme oiseuses, les

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