XIV PREFACE
OÙ la personnalité du maître et l'organisation de l'église sont pour quelque chose dans la direction prise par le travail des âmes religieuses. Quant aux doctrines, je laisserai de côté celles qui n'intéressent pas du tout l'élaboration du salut, et passerai rapidement sur celles qui peuvent être considérées comme la simple application des principes essentiels. Si je ne craignais d'exposer mon livre à de redoutables comparaisons, je dirais que j'ai tenté de mettre en lumière !'« esprit » du bouddhisme, un esprit remarquable à la fois par sa continuité et par ses variations.
Malgré les restrictions que je viens d'indiquer, ce programme, je le crains, paraîtra trop ambitieux. Peutêtre même le trouvera-t-on irréalisable dans les conditions actuelles de la science. Que d'incertitudes, en effet, et que de lacunes dans l'histoire de la pensée bouddhique ! Pouvons-nous seulement dater avec quelque approximation les écrits dits canoniques ? N'est-il pas puéril de vouloir expliquer les aspects successifs du bouddhisme sans tenir le plus grand compte de facteurs qui ne sont ni théosophiques, ni même hindous ? On a cherché du côté de la gnose et du manichéisme l'origine de quelques-unes des nouveautés par lesquelles se distinguent les écoles du Grand Véhicule. Si l'on a eu raison^ l'évolution de la doctrine cesse d'être exclusivement autochtone. Comme, d'ailleurs, l'influence des religions sectaires s'est fait sentir très vite, qu'elle s'est accentuée avec le temps, qu'elle a fini par devenir presque prépondérante, on trouvera l'explication des dernières déviations, non pas sans doute hors de l'Inde, mais hors du bouddhisme, et dans des formations religieuses dont nous savons fort mal l'histoire ancienne. Ces écueils,.