Voici le che
min (de la cessation).
Le premier cycle dans lequel on pose l’existence des quatre termes de la formule est le darçana-mârga, le chemin-de-vue ; le deuxième est le chemin-de-pratique, hhâvanâ-mârga ; le troisième est le chemin des « licenciés », açaiksa-mârga (2). Trois entraves sont détruites par la « vue » ; les sept autres par la « pratique » {Nettip. p. 14).
Le Bouddha, discutant un jour avec un jeune brahmane, lui montra comment un digne disciple marche à la conquête de la vérité : « Quand, après un mûr examen, un élève a reconnu qu’un homme est complètement purgé de toutes les causes d’égarement, il prend foi en cet homme. Comme il s’approche de lui avec confiance, il devient son disciple. Devenu son disciple, il prête l’oreille. Prêtant l’oreille, il entend la doctrine. L’ayant entendue, il la retient dans so i esprit ; il examine le sens des vérités qu’il a retenues ; il y applique sa pensée. De là naît la résolution. Ce qu’il a décidé, il l’entreprend. De ce qu’il a entrepris, il apprécie la valeur. Quand il en a apprécié la valeur, il y met tout son effort ; par l’effort qu’il y consacre, il réalise en personne la vérité. Et la pénétrant à fond, il la « voit ».
(1) L’ensemble porte le nom d’ « Intuition de connaissance à 3 tours et 12 formes », liparii>aUam dwadasâkârara. nâuadassanam (M. Vagga. I, 6, 27).
(2) Voir Dhamma-Sangani, § 1002 sqq. ; M. Vy., § 64 ; MSA. XIV, 28, 42 ; Madhyam, w., p. 479 sq.
l’élaboration du salut
Mais tout cela n’est encore que la « reconnaissance », anubodha, de la vérité ; ce n’en est pas l’acquisition, anupatti. Pour arriver à la posséder pleinement, il faut pratiquer, cultiver, répéter sans cesse ce processus psychologique {Majjh. N. II, p. 173), Cet appareil d’opérations intellectuelles, plus compliqué en apparence qu’en réalité, présente au moins ce trait remarquable ; le disciple est tenu de peser l’enseignement de son maître, de le critiquer et de se l’approprier par un travail personnel.
Dans le cours de l’éducation graduelle à laquelle il doit se soumettre, le çaiksa acquiert successivement des forces et des aptitudes qui l’aident ensuite pour de nouvelles conquêtes, jusqu’à ce que la sambodhi couronne l’histoire de son « évasion », niryâna. Ces facteurs du progrès religieux portent le nom de « conditions favorables à l’Illumination », hodhipâksikadharma. La liste traditionnelle en compte trente-sept répartis en sept catégories. Elle remonte probablement aux premiers siècles du bouddhisme, car, jusqu’en ses détails, elle est la même dans les écrits palis et sanscrits. Et pourtant il n’est guère douteux qu’elle n’ait été faite de la juxtaposition artificielle de groupes déjà existants. En tout cas, comme toutes les doctrines qui ne sont pas nées d’une pensée se mouvant librement, elle présente des incohérences et des bizarreries. Elle n’en exprime pas moins une intéressante conception du travail spirituel.
Voici, tout d’abord, de quels termes elle se compose (1) :
I. Quatre smvtyupasthâna (p. satipatthâna), « assistances de l’attention » : l’attention doit se fixer sur le corps, son impureté et son impermanence, — sur la sensation, sa nature décevante et les dangers auxquels elle expose l’homme, — sur la pensée et son caractère naturellement lumineux, — sur les phénomènes (dharma) et ce qu’ils ont d’adventice {MSA. XVIII, 43 sq.).