‹ L'histoire des idées théosophiques dans l'Inde (volume 2)Chapitre 18 sur 34 · V. Cinq forces qui portent les mêmes noms que les 5 indriya · texte numérisé non relu

V. Cinq forces qui portent les mêmes noms que les 5 indriya

VI. Sept « parties constitutives de l’Illumination », {sam) bodhyanga (p. bojjhanga) : attention, examen, énergie, joie, sérénité, concentration de pensée, équanimité (2).

VII. Les « huit branches de la noble Voie ». Nous les connaissons déjà.

Quelques brèves remarques éclaireront, j’espère, la composition de ces listes et les définitions que l’on donn de leurs éléments.

Les 37 « conditions favorables à la bodhi » ont un seul et même caractère : elles concourent toutes à !’« évasion ». En effet, elles embrassent la formation spirituelle de l’individu du moment où, grâce aux « acheminements », il est entré dans le courant, jusqu’à celui où il aura acquis, par la plénitude de la connaissance, les huit manifestations de la sainteté. Les bodhipâksikadharma s’en-thaînent et se conditionnent. Les samyakprahâna luttent contre les imperfections que laissent subsister les smrtyupasthâna ; les « forces » sont les « facultés » qui se

nous en avons la preuve dans l’explication donnée d’un des 8 anga du Chemin, le sammâvâyâma, explication semblable à celle qui concerne les sammappadhâna.

(1) Çraddhâ, vîrya, smvti, samâdhi, prajnâ. Ces facultés ont respectivement pour objets : l’Illumination, la carrière du bodhisattva, l’enseignement, l’apaisement, la clairvoyance (Asanga).

(2) SmTti, vicaya, virya, prili, praçrabdhi, samâdhi, upeksâ. Les 7 bodhyanga sont pour le bodhisattva ce que les sept gemmes sont pour le cakravartin (MSA. XVIII, 58 sqq.).

l’élaboration du salut

sont développées assez pour combattre avec succès tous les adversaires (1). Dans l’intérieur d’un même groupe aussi, les termes sont successivement la condition les uns des autres : la foi donne l’énergie ; sans énergie, pas d’attention ; l’attention est indispensable pour qu’il y ait concentration de la pensée, et celle-ci aboutit à la sagesse. De même, il faut avoir de bonnes vues pour qu’ou ait une bonne résolution, et ainsi de suite pour tous les termes du mârga.

Mais alors, pourquoi la répétition d’un même article dans plusieurs catégories différentes ? Pourquoi l’attention se trouvet-elle dans les groupes I, IV, V, YI et VII ; l’énergie dans II, IV, V et VI ; le samâdlii dans III, IV, V, VI et VII ? On s’assure aisément que, de groupe en groupe, la même qualité figure à des stades différents de son évolution. Dans I, il ne s’agit encore que d’une aide de l’attention ; faculté dans IV et foi ce dans V, elle se manifeste en VI et atteint son complet développement en VII. Il en est de même des autres dharma.

Une intéressante question se pose à propos du troisième groupe. En effet, rien n’cst plus conticire à l’esprit du vieux bouddhisme que de faire de la magie une condition de la délivrance. Est-il vraisemblable qu’une formule relativement ancienne ait reconnu l’action de forces surnaturelles ? Ne pouvant se résoudre à l’admettre, quelques savants ont adopté pour les rddhipâda une interprétation qui écarte cette mention gênante. Pour M. Rhys Davids, ce sont des « routes de la sainteté » et pour M. Neumann, des « domaines de puissance ». Il serait vraiment étrange que le mot iddhi ait eu dans cette liste un sens aussi atténué, alors que, dans la série des abhijnâ, il désigne certainement des facultés merveilleuses. D’ailleurs, une sorcellerie qui a pour « lieux » la volonté, l’énergie, la pensée et la réflexion, ne fait pas disparate dans une religion qui croit au « miracle » de l’enseignement. C’est une sorte de pouvoir surhumain que le bouddhisme pouvait légitimement attribuer à ses saints. En assignant à cette magie une source psychologique, il marquait sa place dans l’évolution de l’organisme spirituel. Remarquons aussi que les rddhipâda sont « pourvus des con-

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