LES ORGAXES DE LA RELIGION
« Je prends mon refuge dans le Bouddha, dans la Doctrine, dans la Communauté », telle est la formule par laquelle tout nouveau bouddhiste affirme publiquement sa foi. Cette phrase réunit en ses quelques mots les trois organes de l’Eglise : le maître qui l’a instituée ; l’ordre qui réalise l’œuvre spirituelle prescrite par le maître ; la doctrine qui, fixée dans les Ecritures, empêche l’Eglise de se désagréger. Ce sont trois « gemmes » (1) mises à la disposition des néophytes. A eux de les utiliser pour le travail qui doit s’effectuer dans leur cœur et dans leur esprit.
Qu’est-ce que sont ces Joyaux et comment ont-ils été appropriés à la fonction qui leur était assignée ?
Considérés sous leur aspect de ferments de la vie religieuse, le Maître, l’Eglise et l’Ecriture ne sont point des valeurs fixes et constantes. Ils n’ont même pu garder leur puissance d’action sur les âmes que parce qu’ils se sont graduellement adaptés à des besoins qui se modifiaient avec le temps. Pour savoir ce qu’ils furent aux yeux de tant de générations de bouddhistes qui sont venues les unes après les autres chercher en eux un soutien et un aliment spirituels, il faudrait et les saisir dans leur manifestation initiale, et les suivre dans le cours de leur développement. C’est là une double tâche qu’on ne peut encore accomplir qu’imparfaitement.
(1) Triralna, pâli tiratna.
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