PRÉFACE
Il y aura bientôt deux siècles (1), que les Conleillers Députés de Hollande invitèrent Abraham de Wicquefort à écrire une Histoire des Provinces- Jnie8 depuis la paix de Munster. Wicquefort accepta jette tâche, et y voua un travail assidu de quelques innées. H en avait commencé l'impression, lorsque le noces, qui lui a donné une sorte de renommée dans 'Histoire, mais qui à son âge avancé fut pour lui une grande épreuve, vint brusquement interrompre a publication, qui sans cela aurait eu lieu dans un erme rapproché. ^
Ce ne fut qu'après un délai d'un î-deifii siècle eniron, que la publication recommença pour être nterrompue un instant après. Reprise vers Tannée 743, elle finit tout de bon en 1745. Nous aussi royons, que ce sont les événements politiques du emps qui ont été la cause principale qu'elle ne fut as continuée (2).
Toutefois on ne saurait considérer cette interrupîon comme un malheur. La publication entrait dans me fausse route. Ce n'était plus Y Histoire à& Wicque-
(1) Ce fut en 1667.
(2) Voir Y Introduction de M. Lenting, p. XXIX.
fort, comme on la trouvait clans les manuscrits, qu'on voulait publier. On croyait au contraire en devoir polir le style, moderniser l'orthographe qui avait alon vieilli, et sans y introduire des changements considé» râbles, émousscr les pointes, et adoucir ce qui pour- . rait être trop choquant. En comparant le texte da Livres V — X, comme il a été imprimé il y aunflè» cle , avec celui de notre édition on verra la différence (1), Ainsi, bien loin d'être un malheur, l'interruption que la publication a subie alors, fournit à présent Poe* sion de publier AtY Histoire àe Wicquefort uneéditkft plus fidèle. Mais ce fut au contraire pour Fouvngi un vrai malheur, lorsque M. L. Ed. Lentingj setant chargé il y a quelques années de la publie* tion, s'est vu par des raisons particulières force d 'abandonner une tâche qui lui était si bien confiée. Le ■ premier volume qui porte son nom, lui donne & nouveaux droits à l'estime et à la reconnaissance A ceux qui s'occupent d'études historiques. Aussi ce; n'est pas sans hésiter, que nous continuons b; travail qu'il a abandonné, et c'est surtout à soi égard que nous tenons à exprimer nos regrets et retards que la publication du premier Tome a subit En voici la cause. M. Frédéric Muller eût préferé commencer la publication par la partie inédite; mal des raisons majeures s'y opposèrent. Désirant toutetbb
(1) Nous avons indiqué les variantes de l'édition imprimée, k» qu'elles modifient le sens de la phrase.
omme Éditeur qu'une première partie de l'ouvrage Dr vît le jour, sans quelle contînt au moins un ou deux des Livres inédits, l'accomplissement de ce désir fit, que le premier Tome ne put paraître que simultanément avec le second; tandis que des circonstances o& grande partie en dehors de nous, ont retarde ion de celui-ci.
Le Tome deuxième contient les Livres V — XII, dont les Livres XI et XII jusqu'ici inédits, et embrase une période de dix années, commençant avec Ioaverture de la Grande Assemblée (1651) et finislut avec le rétablissement de Charles II sur le trône d'Angleterre (1660), événement qui exerça une grande influence sur les affaires des Provinces-Unies. Le îbme troisième, qui contiendra les Livres XIII — XVI (depuis 1660 jusqua la paix d'Aix-la-Chapelle en 1668), paraîtra, nous l'espérons, vers Tété de Tannée prochaine. Le quatrième et dernier, contenant les livres XVII— XXIV et finissant avec l'année 1675, •ttivra dans un terme aussi bref que possible. Nous di- 1008 le dernier, à moins que les Livres XXV — XXXII lont on a perdu la trace (1), ne se retrouvent. Nous iritons avec instance, quiconque serait en état de oiis fournir quelques renseignements à leur sujet, * bien vouloir nous en faire part.
Pour ce qui regarde la personne et les ouvrages
1) Voir les détails dans \* Introduction de M. Lenting.
vin
d'Abraham de Wicquefort, nous n'avons qu a renvoyer à Y Introduction de M. Lenting, travail acheré qu'on lira sans doute avec intérêt. Nous mêmes mm eussions aimé à présenter ici quelques observations m les différents Manuscrits que nous avons eu loccaaoB de consulter et sur leur orthographe; en particulier touchant les vues de notre Auteur sur les personnel et les affaires de son temps. Mais le Tome présent est déjà assez fort, pour qu'une Introduction de quAque étendue ne vienne le grossir sans nécessité. D'ailleurs l'occasion s'en présentera peut-être vers la fin da l'ouvrage. Néanmoins nous devons dès à présent ta mot d'explication sur le mode de publication qu nous avons cru devoir suivre.
Une question préliminaire se présente. L'Histok* inédite de Wicquefort mérite-t-elle, encore aujourd'hui, l'honneur d'être imprimée?
A cette question nous croyons pouvoir donner m* réponse affirmative. Il est vrai, car nous ne voulons aucunement exagérer la valeur de l'ouvrage, les retards que la publication a subis, lui ont frit du tort. H Histoire des Provinces Unies publia dans le temps qu elle était destinée à paraître, c'est à dire la dernière partie du dix-septième siècle, aurait fait du bruit, et aurait eu un grand succès. Les pièces justificatives, qui. étaient destiné» à mettre au jour des documents, même les pta | secrets, y auraient sans doute beaucoup contribué. Mais qu'est-il arrivé? Tantôt en parlant des retards
te la publication, nous n'avons pas dit toutes les suites fâcheuses qui en résultèrent. Mais sans doute ce n'est pas la faute de Wicquefort, que In Etats de Hollande donnèrent à Jacques Basnige la permission de/se servir du travail de son derancier pour la rédaction de ses propres Annah. Ce n'est pas sa faute que le savant Àrchirâte van Wijn, possédant un exemplaire manuscrit de X Histoire f en a publié des extraits intéressants (l). C'est encore moins sa faute que peu après la publication du premier Tome, le Recueil des Lettres de Jean de Witt fut publié , suivi du Rapport de ÎAmhmade de Beverningh et de ses Collègues à Londres en 1653, et qu'ainsi les documents les plus intéressants que notre Auteur avait eu l'occasion de consulter, virent le jour indépendamment de Y Histoire (2). Que les lettres publiées dans ce Recueil ont été lues par Wicquefort, on peut l'affirmer non seulement par ce qu'il dit lui-même (8) ; mais les citations fréquentes de notre édition ne laissent aucun doute à cet égard. Il y • plus encore. On a été loin d'épuiser la riche collection des lettres deJeandeWitt. Nous devons à l'obligeance deM. Bakhuizen van den Brink, Archiviste du Royaume, pour laquelle il nous est un agréable de-
(1) Dana les deux ouvrages: Bijvœgsels et Naleezingcn op Wagenaar, (9) Les Recueils: Resolutien van Consideratie et Secrète Resolutien
ontienDent aussi eu grande partie les documents que Wicquefort
irait publiés dans ses Pièces Justificatives.
(3) Voir: Tome 1, p. 2; Tome II, p. 239.
voir de lui témoigner toute notre gratitude, d'avoir pi consulter plusieurs volumes de lettres encore inétitilm du Conseiller Pensionnaire, et voici, plusieurs pu* ges de Wicquefort, dont on ne retrouvait pas de trace dans le Recueil imprimé, n'ont pu avoir d'autre source que Tune ou l'autre des lettres de la Collection encore inédite. On voit ainsi quel intérêt de Witt • pris à l'ouvrage. Il a fourni à l'Auteur les documente les plus secrets; il fit plus encore, il prit lui-même connaissance de son travail (1). De Witt a vooli laisser à la postérité un récit détaillé des événement! auxquels il avait eu une si grande part. C'est psr Y Histoire de Wicquefort, on peut le dire, qull» voulu en appeler à la postérité.
Le choix qu'il fit de l'Historien auquel il confie cette tâche, ne fut pas malheureux. Il est vni, Wicquefort n'est pas de ces auteurs, qui votait les événements du monde de leur grand côté: me* aussi, lorsque Wicquefort se mit à l'œuvre, k temps des grands historiens n'était plus. L'admiration pour ce qui est grand et beau, avait en &ft d'histoire passé avec la paix de Munster (2), et si IV»
(1) Voir V Introduction de M. Le nt in g, p. XXXIX.
(2; Ya\ parlant de Y Histoire de Davila, M. Lcopold Rin*e fait une observation générale pour les historiens de l'époque, quiftP" plique très-bien a Aitzema et à Wicquefort: #Fûr die lùrton* scheu Ansichten liât das Buch noch einc anderc Wirkung gdW& Lin Gedanke, der schon auf dem rein politischen Gebiet herrorgtto' ben worden war, dasz der Egoismus die menschlichen Bestrebunga bchcrschc, dram? nun auch auf das Religiôsc cin. Eben deu Bcta
compare la morale de Wicquefort avec l'égoisme étante, dont Àitzema fait à chaque instant parade, et par lequel il voulait sans doute se donner les airs ffun profond philosophe, Wicquefort n'est certainement pas pire que lui. Mais, la part faite du peu d clévation de ses idées, on ne doit pas perdre de vue ses mérites très-réels. Les diplomates et les hommes d'état de son temps, sa voient se servir de lui à merveille: il était pour eux une véritable utilité. Profondément tereé dans l'histoire et les usages diplomatiques, et ce n'était pas peu de chose alors, il était l'homme qull fallait consulter. Son livre sur TAmbassadeur et ses fonctions (1) fait honneur à sa mémoire, et est une preuve combien grandes étaient «es connaissances à cet égard. Aussi dans son Histoire setend-il avec un plaisir visible sur ces cérémonies. Il savait bien ce qu'il valait; et il traite les hommes d'état des Provinces-Unies sans
nern des Protestantismus, welche am meistcn davon frei zu sein mein-
ta, ward es Schuld gegeben und scheinbar nachgewiesen. Die An-
uckt hat seitdem in der historiscken Darstellung und hauptsachlich dem
fcagmatismus des achtzehnten Jahrhunderts vorgewaltet, wodorch
<knn die spâteren Auffassungen etwas Trockenes, Matérielles bekom-
men kaben, wovon sie sich nur schwer losmachen. Das Gôttliche
oder Gottverwandte in der menschlichen Natur war ans der geschicht-
lichen Darstellung entschwunden : ohne Enthusiasmus und Willkûf,
/brschend und der Wahrheit die Elire gebend, suchen wir es wieder
m finden," Franz. Gesch. V. p. 35.
(1) Voir V Introduction de M. Lcnting, p. XXIII.
façon d'ignorants parce qu'ils ne paraissaient pas CD savoir autant que lui (1). Mais encore sous d'autni rapports il se rendait utile. Ce que le Résident Suédois Appelbom disait* en 1650 de son frère Joachim, Envoyé de la Landgrave de Hesse, qu'il état «courant, odorant et pénétrant les affaires" (2), <B pouvait dire la même chose de notre Auteur. Cornu* sant bien les hommes et les affaires, il était un dfl nouvellistes les plus recherchés du temps. Il écrivait da nouvelles pour le Roi de France, pour de Witt,ponr les Etats Généraux, n'importe qui, si on les lui payait ronvenablement. Il faut ajouter qu'elles étaient redochées. Mais ce métier finit à plusieurs reprises par lui porter malheur. On attribue son enprisonnemot à la Bastille à quelque indiscrétion de sa correspondance (3); la même chose fut cause de son procès en 1675, quoiqu'il soit possible que d'autres griefs J aient beaucoup contribué.
Mais Wicquefort ne possédait pas seulement l'histoire et les nouvelles de son temps: il était au» habile écrivain. Son long séjour à Paris avait ea une heureuse influence sur son style Français, eff c'est de cet idiome qu'il se servait de préférence. Ceci fut cause que si l'on désirait une brochure, cotait de nouveau à lui qu'il fallait s'adresser.
(1) E. a. Tome IL p. 627.
(2) Vrcede, Inleiding tôt eene Geschiedenis der Ncderlandxke H* plomatiâ, IL Bijlagcn, p. 138.
(3) Voir r Introduction de M. Lenting, p. XII.
Si Ion demande quels étaient ses principes politiques: ils étaient un peu ceux des personnes avec lesquelles il avait affaire. Il se gardait bien cependant lie toute exagération. De cette manière la plume qui irait rendu des services à de Witt, que celui ci avait èoisie pour écrire l'histoire de son ministère, cette nême plume put rendre des services pareils à Guilaume III et à Fagel. Le fameux pamphlet Advis UWfe aux véritables Hollandais exalte les mérites de iuillaume III. Les traits satiriques comme on les a tommes, mais qu'il faudrait plutôt qualifier du nom de [roesiers, qui défigurent Y Histoire que nous publions, ne raturent rien contre ce que nous venons de dire. C'est »n procès qui Ta exaspère contre le Prince, contre ?agel, contre les Membres de la Cour Provinciale, o un mot, contre quiconque avait été mêlé à ses mal- «urs. Il est vrai, lors de son arrestation on trouva iez lui des écrits très-injurieux pour le Conseiller-Penionnaire Fagel (1); mais s'il en fut l'auteur ou non, * que nous ne décidons pas, Wicquefort connaissait ïop son monde pour savoir que le style d un pamphlétaire ne convient pas à un historien. Il se serait mai bien gardé d'écrire de pareilles choses dans une histoire, publiée sous les auspices des Etats de Holande. Entre la partie de l'ouvrage qui a été imprimée ivant son arrestation et celle qui est restée manu-
(1) Publiés par M. Evcrwijn, dans sa dissertation académique hrahatn tan Wicquefort en zîjn procès, p. 75 et 278.
scrite, la différence est grande à cet égard. En lisant attentivement V Histoire on voit clairement que Wioquefort Ta revue à diverses reprises (1). Quoid'éto nant alors, qu'il ait voulu se venger de ceuxauxqodi il attribuait ses malheurs, surtout lorsqu'on sait a qu'il fit avec ses Mémoires de F année 1672. Ecrit vers le commencement de 1673, ils ont été nra plus tard. La rédaction première, arrangée de manièfl à ce qu elle pût être approuvée par le parti dominant, subit de telles modifications, que les Mémoires dm* rent un amer pamphlet contre ce même parti (2).
Mais ces injures, peu dignes d un historien , ne doivent pas faire méconnaître la valeur très-réelle d'à livre écrit par une plume aussi exercée que celle de l'Auteur. Il y a plus encore. Wicquefort est le contemporain, et depuis 1660 spectateur, quelquefois mâw mêlé aux événements qu'il raconte. Il sait très-b» quelle responsabilité pèse sur lui. «Jescris," dit-il (3), »dans un temps, où ceux qui peuvent avoir esté té-
(1) V. e. a. II. p. 147, 187, 192, 326, 387, 460, 474. Delà» ne peut dire avec certitude si les passages ou Wicquefort critif* les mesures et la politique de de Witt sont antérieurs ou postérieffl aux événements de 1672. La dernière supposition est sans doute h plus problable.
(2) Voir les observations de M. Fruin sur ce sujet, faites à foc» sion d'un manuscrit des Mémoires corrigé par Wicquefort lui-nta dans les Oeuvres de la Société d? Histoire à Utrechl, Kronijk, 1863. ! 167 — 174. Les Mémoires, d'après une copie faite sur la dernière rfdtf tiou, avaient été publiés par la dite Société, Berù/ten, VI. 1.
(3) Tome I, p. 2.
8 des actions dont je parle, seront aussi juges des 5s que j'escris." S'il avoit toujours eu en vue ces es, il nous aurait épargné les passages soit-disant ques qui gâtent son ouvrage. Mais quoi qu'il en il est évident qu'en histoire un contemporain a d'être écouté. L'Histoire de Wicquefort va ainsi iravec celle de L. van Aitzema. La manière dont Auteur s'efforce à chaque instant de décliner son icier (Aitzema mourut en 1G69), fait voir comils se font concurrence. Or quiconque ainsi s'ocde l'histoire des Provinces-Unies, doit consulter taire de Wicquefort. Comme la lecture en est , ceux qui n'ont pas le loisir de lire les in-folio itzema, ou les lettres de de Witt, trouveront aints détails intéressants sur lesquels les Histoires : Patrie qu'on consulte ordinairement, à commen- >ar Wagenaar, n'ont pu s'étendre aussi longue- . Mais pour quiconque ne possède pas la langue mdaise, et qui désire pourtant s'occuper de l'Hisdes Provinces-Unies, Y Histoire de Wicquefort n livre bien plus indispensable encore. Basnage nposé ses Annales en partie sur les manuscrits de levancier; mais quelques puissent être ses mérites, ions ne voulons diminuer en rien , pour la période îinistère de Jean de Witt, dont nous parlons, ste une source de seconde main. Il en est de e pour les Histoires y publiées clans le courant du luitième siècle : celle de le Clerc, de Wagenaar, érisicr, sans parler du mérite plus ou moins grand
de ces ouvrages. Les lettres de de Witt n'ont été traduites en Français qu'en partie, et quant à ceto de l'Ambassadeur d'Estrades, qui ont causé dans le courant du XVIIIe siècle un véritable scandale, dki sont intéressantes sans doute, mais elles restent toujours le témoignage d'un diplomate étranger, qu'il at dangereux de consulter exclusivement.
Nous pouvons citer un exemple récent qui proore l'opportunité et l'utilité de la publication de YHisbm inédite de Wicquefort. Nous avons en vuelebem livre de M. Droysen sur l'histoire de la politique Prussienne. Dans le volume publié Tannée passée(l), il est question de la politique du Grand Electeur p» dant les guerres du Nord, du temps de Charbs Gustave, Roi de Suède. On conçoit que sa politique ne pouvait être la même que celle que les hommes d'état des Provinces-Unies tâchaient de mettre en pratique. L'Electeur avait à maintenir son e» tence politique dans des situations parfois très-critiques. Les Provinces-Unies au contraire, comme éUt commerçant, devaient à tout prix maintenir la balance entre les puissances belligérantes. Ajoutez-y le p» de sympathie que l'Electeur, esprit autocrate, deuit avoir pour des républicains, qui étaient d'ailleurs contraires à l'avancement du Prince d'Orange, sonneveUi et avec lesquels il n'avait pas des relations très-agréables. Il est naturel que lui-même ainsi que ses agenb
(1) Qachichte der preumschft Politik, III. 2. Leipzig. 1863.
iploma tiques, se trouvant dans de pareils sentiments, igeaient très-défavorablement une politique, qui les ntrariait souvent extrêmement. Mais tout en apéciant ce point de vue, une Histoire écrite d'un int de vue contraire par un contemporain qui avait cession d'être si bien informé que l'était Wicquert, mérite qu'on en prenne connaissance. Hais non seulement pour ce cas spécial, en génél nous croyons rendre quelque service en vouant s soins à la publication de Y Histoire manuscrite de icquefort. Le Conseiller-Pensionnaire de Witt est 1 de ces hommes, dont la réputation dépasse les nites restreintes de notre patrie. Il a été mêlé aux rénements de la grande politique de son temps, et jra joué un rôle prédominant. Une Histoire écrite, )ur ainsi dire, sous ses yeux, mérite déjà pour stte seule raison, l'attention de ceux qui s'occupent a événements de son siècle.
De ces considérations découle, nous le croyons, le prinîpe fondamental que nous avons toujours eu en vue, ivoir que la publication de Y Histoire deWicquefort oit se justifier par la valeur intrinsèque de l'ouvrage, t non pas par les documents qu'on pourrait y ajouter, fous avons cru devoir nous borner dans les notes à idiquer les sources et à rectifier les erreurs de fait, tuant à ses vues politiques et ses observations morales religieuses, on doit prendre notre Auteur comme il se >nne. Nous avons aussi cru devoir restreindre nos dations. Rien n'eût été plus facile que d'en augmen-
ter le nombre; mais l'ouvrage est déjà sans cela i volumineux. De même nous nous abstenons de do dans les notes, à quelques exceptions près où il raissait désirable, des extraits soit des Résolution, Etats-Généraux ou de ceux de Hollande, soi Y Histoire de Aitzema, que nous avons citée près chaque page. On peut considérer cet ouvrage co une des principales sources que notre Auteur a sultées.
Nous prions aussi le Lecteur qui chercherait en quelque chose dans cette Histoire, qu'il désirerait y I ver, de bien vouloir considérer, que ce n'est pas Histoire complète du ministère de Jean de Witt nous publions, mais seulement un document pour s à une telle Histoire qui , même après les travail! pec tables qui ont été publiés sur cette époque, à faire Cl). Nous ne faisons en aucune manière currence, ni à M. le Professeur Brill, ni à & Professeur Vrecde, qui bientôt auront à s'en c per, lun dans le laborieux et savant travail publie sur l'histoire de notre patrie (2), l'autre son bel ouvrage sur la Diplomatie Néerlandaise
(1) La dernière publication est le livre de M. le Pasteur ' Knottenbclt, couronné par la Société Hollandaise des Beau et des Sciences: Geschiedenis der Stautkunde van Johan de \ Amsterdam. 1862.
(2) Algemeene Geschiedenis des Vaderlands van de vrœgste tiji op heden, door Dr. J. P. Àrend; achtcreenvolgens voorigezet dû 0. van Rees en Dr. W. G. Brill.
(3) Voir ci-devant p. XII, note 2.
Quant aux pièces justificatives nous avons cm, tout en nous permettant de faire deux fois une exeption à cette règle (1), ne pas en devoir publier. & le Cinquième Livre, les Pièces préparées pour mpression par Wicquefort lui-même, font défaut. nous en avions fait nous-mêmes un choix, il eut ur le moins fallu doubler le nombre des volumes. Il r avait pas à y penser. D'ailleurs à quoi bon de reproire des documents qui se trouvent soit dans Y Histoire i Àitzema, dans le Corps Universel Diplomatique de amont, soit dans le Recueil des Lettres de de ritt, et dans les volumes des Résolutions des Etats de httande. D'ailleurs les Pièces Justificatives resteraient Kore incomplètes. Et quant aux Résolutions qui 6 l'y trouvent pas, on peut les consulter, celles des fate-Généraux comme celles des Etats de Hollande, ta temps de Wicquefort elles n'étaient pas à la ortée de tout le monde; à présent elles sont acces- Mes pour quiconque désire les consulter. Restent a lettres inédites de Jean de Witt. Sans doute lies auraient de beaucoup rehaussé la valeur de Foulage; mais en passant sous silence, quelles seules éjà auraient grossi l'ouvrage outre mesure, il y a eux raisons qui, nous l'espérons, justifieront la rédation que nous avons prise de ne pas les publier, a premier lieu ces lettres sont dune trop grande tportance pour être imprimées à la suite d'un autre
l) P. 104 et 700.
livre. La position que de Witt a occupée, son influence prépondérante sur les affaires de son temps, l'intérêt des lettres elles-mêmes, tout fait qu'elles méritent, en grande partie du moins, d'être publiés séparément.
Un second obstacle c'est, qu'à moins de traduire cet lettres, ce qui leur ferait perdre leur originalité, « aurait un livre moitié Français, moitié Hollandais. Nous croyons que YHistoire de Wicquefort doit rester un livre essentiellement Français (1). Cette circonstance qui ressort de ce que nous venons de dire, nous permet aussi d'espérer qu'on ne mm refusera pas l'indulgence que nous réclamons virement. Bien écrire sa propre langue, voilà ce qn n'est déjà pas facile: il est sans doute téméraire <fa se hasarder à se servir d'un idiome étranger, à moins que des raisons urgentes ne nous y forcent
Que tous ceux qui ont témoigné quelque intérêt à notre travail, daignent agréer nos sincères remeraments ; qu'ils veuillent bien nous conserver leur bienveillance aussi pour la suite. En particulier notf nommons M. le Professeur Brill, qui pendant linpression de ce Tome, a bien voulu nous assisteras ses conseils précieux, que nous estimons à si haut prix.
Amsterdam, Octobre 1864. C. v. B.
(1) Voir l'Introduction de M. Lenting, p. XVI, note 2.
DES