‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 35 sur 61 · LIVRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME

SOMMAIRE

i frende salle du palais de la Haye est destinée à r Assemblée Extraorësmte, dont V ouverture se fait par un des Députés de la Province de Brise. Le Conseiller Pensionaire de Hollande remercie les autres Proiw», et leur dit, que V intention de ses Maistres est de faire régler k fait de la Religion, de F Union, et de la Guerre, et fait connoistre f* telles qui n'ont point de Gouverneur peuvent bien s'en passer, et fit* temps de paix l 'on n'a pas besoin de Capitaine Général, Il y a ils Provinces qui veulent interrompre l'Assemblée; mais les autres s'y VfOêenl, et sur tout la Hollande. La Gueldre dit son sentiment touchant h* trois points, et approuve ceux de la Hollande. La Zeelande dit les den, et ne parle point de faire un Capitaine Général. Les Députés M frise et de Groningue prétendent au contraire en faire une nécessité, Met sur P Union marne, et veulent que F on donne cette qualité au jeus Prince d'Orange, et qu'on Ivy donne un Lieutenant. Ceux de Bollinde s'y opposent, et répondent aux raisons des autres. Ceux de Ztdnde travaillent pour le jeune Prince, et la Princesse Doùarière parle po» lui. La Princesse Roiale tasche de faire revivre la qualité de Premier Noble en Zeelande, mais F une et r autre inutilement; la Hollande issipant les intrigues qui s'y font pour cela. La grande Assemblée n§k la Religion. Elle fait un Règlement contre les corruptions. Elle ngle aussy F expédition des Routes et Patentes pour la marche des gens « guerre, et les correspondances secrètes. Elle fait une nouvelle Indnetion pour le Conseil d'Eclat, et renvoyé les autres délibérations à » assemblée ordinaire. La Hollande fait examiner Fescrit, par lequel n bince défunt avoit voulu justifier ce qu'il avait fait à Fegard des bputé* qu'il avoit fait art ester, et du siège d'Amsterdam. Les Filles JHtifieitt leurs Députés, et celles d'Amsterdam les dei'x frères Bicker, f* le Prince avoit fait sortir du Magistrat. Les Estais de Hollande flutijienl les uns et les autres, répondent à F est rit du Prince et font procéder contre le Sr. de Sommelsdyck. Les Députés de Frise perlent pour luy, et le font comprendre dans FAmneslie, sans laquelle f Assemblée se serait séparée sans Résolution. Elle supprime les Résolutions du 5. et 6. Juin 1650, et abolit la mémoire de ce que h Prince noit fait en vertu de ces Résolutions. La closture de F Assemblée, et es affaires qui y furent réglées. Les Députés de Drente demandent IL 1

qu'on leur donne séance dans F Assemblée. Ceux de Brabani es fui \ autant ; mais les uns et les antres inutilement. Les Estai* de Hollsuk é, réunissent à leur Souveraineté les droits que les Princes avoient M* i bues aux Goucer/tcurs, et font changer la qualité des Gardes. Cens k Gueldre accordent aux villes le droit d'élire leurs Magistrats. Déuwèm I à Dordrecht. L 'Ambassadeur cP Espagne, et le Résident de Frmn j prennent audianre à la Grande Assemble. Leurs plaintes, et leurs tm* ] lestai ions. T*c Président Bellievre , Ambassadeur Extraordinaire è \ France, arrive à la Haye. Son audiance. La difficulté quil fait pm \ les cérémonies, et à cette occasion on fait une digression pourcelletfi ] se font icy pour les Ambassadeurs et autres Ministres. Bellittti part. TjC commerce des habitants de ces Provinces troublé par Us fc prédations des François et des Anglois. Offres considérables de itut marchands tP Amsterdam. Corsaires de Salé, avec qui on fait un tnWL St. John et Slricland, Ambassadeurs de la République dAmit* terre arrivent à la Haye, après que toutes les Provinces Pont reemu) pour telle. Leur première audiance, et leurs offres d'une plus etréÊt liaison et amitié, pendant que le Parlement défend le commères m Isles Caraïbes, qu'il iiuommode la navigation en Portugal, et qu'il frai ombrage mesme des actions les plus innocentes des Estais. Aussi êpà les premières conférences ils font connoistre qu'ils ne veulent pas Uêitkt, puisque cet Estât ne veut pas entrer dans tous les interests de lu nw*. relie Republique. Ils veulent se retirer, parce que les partisans âuhmf d'Angleterre leur font insulte, et en effet ils parlent assez brusâumuu\ sans rien conclurre, bien qu'on eust mis quelques articles par mriL A leur retour ils rendent de mauvais offices à cet Estât. L'on punit en Angleterre la Décoration touchant P augmentation du commerce, ifét préjudiciable à celuy de ces Pals. L'on résout ici d'envoyer uns Jbh bassade Extraordinaii e en Angleterre. Ventrée de P armée Escmumt en Angleterre; sa défaite, dont le Roi a peine à se sauter. !• guerre de l'Electeur de Brandebourg et du Duc de Neuboury, f* après quelques exploits de peu d'importance, s'accommodent entre uu\ à P exclusion de cet Estât. Demeslé de cet Estât avec le D*t & Neubourg pour la Seigneurie de Ravesiein. Propositions du dut ^ Curlande.

L'Estat se trouvant par le decés du Prince d'Orange (l) 9an9 Capitaine et Amiral General, et toutes les Province», à ^ reserve de la Frise, sans Gouverneur, il falloit voir qui Tflt feroit dépositaire de cette autorité vaste et presque souveni* que luy et ses prédécesseurs avoient possédée. Et c'est pour «i effet principalement que les Estats de Hollande avoient p" tous leurs Alliés d'envoyer un nombre extraordinaire de DcpaA

(1) Les obsèques du Prince d'Orange se firent à Delft le S)hB 1651, après avoir été remises un jour à cause d'uue violente temple

Owertwre de la Grande Assemblée. 3

Il Haye, bien instruits de leurs intentions, nfin de secourir la publique de leurs avis et conseils en cette importante conicture (l). Les Estats de Hollande n'avoient point trouvé

Jieu plus propre pour cette Assemblée solemnellc que la nde salle qui est à rentrée du Palais, où est le siège de la tiee et des Chambres des Comptes du Domaine et des Aides la Province; et les Estats Généraux a voient approuvé leur ix (2), parce qu'en effet il n'y en avoit point de plus corale à la Haye. L'on en avoit fait oster les boutiques des aires et des merciers qui en occupent les quatre murailles, par ce moyen on y avoit fait un vuide de cent vingt trois is de long, sur cinquante sept de large, dans lequel les Estats

Hollande avoient fait faire des bancs, revestus de drap d (S), et élevés, en forme de théâtre, le long des murailles droit et à gauche. Vis à vis de la cheminée, laquelle on detire dés Tentrée, et presqu'au milieu de la salle entre les deux igées de bancs, on avoit placé une table oblongue, accomgoée de dix sièges, dont l'un, qui est oit placé du costé de la «Binée estoit pour le Président, et un autre qu'on avoit mis i costé de la porte, estoit pour le Greffier. Les autres sièges iraient servir aux Ambassadeurs et Ministres est rangers; mais te cette différence, qu'aux audiances des Ambassadeurs le Prêtant se mettroit au milieu de la table, du costé droit, et l'Ain- Mttdeur vis à vis de l'autre costé de la table.

La pluspart des Députés estant arrivés, partie dés le mois de teembre 1650, et partie au commencement de l'année suivante, > demeura d'accord, que l'ouverture de l'Assemblée se feroit

18 Janvier; tellement que ce jour là ils se rendirent de bonne cure au Palais, les uns dans la salle de leur Assemblée Ordilire, et les autres dans la grande antichambre que l'on appelle >mmunemcnt la Chambre de Trêve, parce que ce fut là où les «pûtes s'asscinbloient tous les jours, pour traitter celle de douze w au commencement de ce siècle. Ces deux appartements ont »acun une porte dans un passage, ou corridor, qui conduit

(2) Résolution des Etats de Hollande du 24 Décembre et des Etals uéraux du 2S Décembre 1650.

(3) m De drap verd": pour montrer que la Hollande n'était pas en lil à cause de la mort du Fiince d'Orange. Aitzcma, Stiken

Staet III. 31. p. 498 (édition in-fol.V

4 Discours du Conseiller Pensiottaire de Hollande.

droit à la grande salle, et où se rangèrent les Députés pour *!' 1er, comme en procession, au lieu de l'Assemblée.

Les Députés ayant pris leurs places dans le rang des Profit* ces, celle de Frise qui presidoit à son tour de semaine, fit To* verture par la bouche de Pibo de Doma (1), un de sei De pûtes extraordinaires. Il remercia ceux des autres Provinces i s'estre rendus sur le lieu en si grand nombre (2), et après «roi touché succinctement le sujet de cette célèbre convocation, i prié l'Assemblée de travailler avec application au bien del'Esti il se tourna vers le banc des Députés de Hollande, et leur dit Que puisque c'estoit à l'instance des Estats de leur Prorim principalement que cette Assemblée avoit esté convoquée, d seroit bien aise d'apprendre d'eux les particulières raisons qi les avoient obligés à y convier les Alliés.

Apres ce petit Discours Jacob Catz, Conseiller Pension» de Hollande et West frise, estant sorti de sa place ordinaire, q> estoit au bout du banc des Députés de cette Province, et est» allé s'asseoir à la table auprès du Greffier (3), fit à son a dinaire, un discours assés long, et plus poli que fort ou toi chant (4). Il commença sa harangue par les actions de gn

(1) Et non van Donia, comme on lit très souvent Mes v. d. Capellen qui fut membre de la Grande Assemblée, s'y trouj (Gedcnkschrijten. 11. p. 342). V. aussi les lettres du Bourguemtfo de Doetichem, van H a e g h e n. N ij h o f f , Bijdrage* voor VaderUuèd OescAiedcuis, 2e Scric. 11. 4. p. 309. Le peu de différence entre les de» noms sera sans doute cause de l'erreur, taudis que van Donia,! premier en rang des Députés de la province de Frise, aurait dû pri sider, s'il n'eut été empêché à cause de maladie. Aitzcma, S. w Slael. 11J. 31. p. 49$, 552. 11 paraît que les partisans de la miisa d'Orange avaient espeié que le comte de Nassau eût lait parti de la députation Frisonne, et dans ce cas là c'aurait été lui, quipro bablemeut eût présidé la séance d'ouverture. V. Archives de la mi* d'Orange Nassau, publiées par M. Grocn van Prinsterci 2« série. V, p. 4, 7.

(2) Quant à la manière dont les différentes provinces se firent re présenter, voir : van d e r Capellen, Gcdcnkschriften. IL 340 — 342.

(3) Nie. ltuysch.

(4) Aitzcma', S. van Staet. 111. 3L 49S— 500. Ce discour* été revu et corrigé à plusieurs reprises par les Etats de Hollanà V. les Résolutions des dits Etats c. a. du 1 S Janvier. Wicqucfo: n'a pas toujours observé une stricte fidélité dans les résumés qi donne des avis que les Provinces firent présenter par leurs Dépu' à la Grande Assemblée. 11 espérait sans doute que les Pièces Ju

Discours du Conseiller Peubiottairê de Hollande. 5 *

ces que l'Ëstat deroit à Dieu, de ce que cette grande et solennelle Assemblée se trouvoit présentement au lieu où leurs prédécesseurs avoient autrefois abjuré le Roy d'Espagne, et dediré publiquement, qu'il estoit déchu des droits qu'il pourrit avoir sur ces Provinces. Il ajousta que Dieu en avoit béni le succès, et que les drapeaux et les estandarts, dont la rente et les murailles de la salle estoient tapissées, en estoient des marques et des trophées immortelles. Que par le decés do Prince d'Orange qui n'a voit laissé qu'un fils posthume, l'Ëstat se trouvoit dans une conjoncture où il ne s'estoit pas encore vu depuis sa fondation, et depuis qu'il s'estoit formé pu l'Union des Provinces, puis qu'il n'y avoit plus de Prince de la Maison d'Orange qui fust capable de commander les «mees. Que les Estais de Hollande après y avoir fait une eerieuse reflexion, et après avoir donné une infinité de preuves de leur zelc et de leur affection au bien de l'Ëstat en gênerai depuis le commencement de l'Union, avoient bien voulu en donner une plus expresse dans la conjoncture présente, en confiant leurs Alliés de s'assembler extraordinaircment pour délibérer ensemble de Testât présent des affaires. Que cette Assemblée fréquente et nombreuse marquoit le zèle qui les fcisoit accourir aux nécessités do l'Ëstat, et faisoit espérer que k mesme esprit qui l'a voit excité en eux, presideroit aussy à bars délibérations. Que la concorde estant le seul fondement de cet Estât, ils jugeoient qu'il falloit, avant toutes choses, que les Provinces fussent d'accord entre elles, et réglassent les points qui regardent la llcligion, l'Union des Provinces, et la Guerre. Que depuis l'Alliance perpétuelle et indissoluble, qui iToit esté faite en l'an 1579, on n'avoit point remarqué d'altention ny en la Religion, ny en l'Union. Que les Décrets du Sinode National de Dordrecht subsistoient dans toute leur figueur, et qu'il n'y avoit rien qui eust aftoibly l'Union; mais qu'il se trouvoit trois changements fort remarquables au fait

fiestivw, qu'on trouve encore à la suite de ee Livre-ci, seraient consultées. D'ailleurs ces avis sont assez remarquables, purée qu'ils nous font connaître les théories politiques qui à cette époque mémorable (fe l'histoire des Provinces Unies, étaient eu vogue parmi leurs hommes d'état. On les trouve dans le Registre des Résolutions de la Grande Assemblée, et aussi dans les deux ouvrages d'Aitzcma, Suketi ta m Staël m Oorlogh et HentrMe Lceu.

6 Discours du Conseiller Pensionaire de Hollande.

de la Guerre; I. que PEstat n'en avoit plus depuis la ooacluaion de la paix avec le Roy d'Espagne ; II. que dam 11 Maison d'Orange il n'y avoit personne qui pust aspirer M commandement des armes; et III. que depuis quelques aînées on avoit fait un Mareschal de Camp, qui pouvoit, et fe voit commander les armées en l'absence du Capitaine General Que les Estats de Hollande estoient d'avis, que puisque d tout temps le Conseil d'Estat avoit eu la direction des aflaiit de guerre, il falloit la luy laisser, et au Mareschal de Cm et aux autres Officiers les fonctions de leurs emplois. Pw ce qui est des Compagnies que Ton voudra faire changer ( garnison, ou faire marcher d'un lieu à un autre, que le Ow seil d'Estat en fit expédier les Ordres et les Routes, que ft appelle ici Patentes; mais du consentement exprés des Esta Généraux, et des Collèges des Conseillers Députés des Profil ces, tant de celles d'où on voudroit les faire sortir, que i celles où elles cutreroient, logeroient, ou passeraient. Quel Estats des Provinces disposassent des charges des Hauts 01 ciers qu'ils payent, et les Estats Généraux des Gouvernemei et Commandements des places situées dans les Païs Associ et Conquis. Que les Officiers et soldats fissent le serment \ fidélité, non seulement aux Estats Généraux, mais aussy l cet des Provinces qui les payent. Qu'ils ne croy oient pas qri Testât où estoient les affaires, on pust procéder à la nom* tion d'un Capitaine General ou d'un Gouverneur de Provint sans faire un tort et un dernier préjudice à l'Estat; mais qo seroit plus à propos de suivre l'exemple d'Israël, et de se fo mer sur leur République telle qu'elle estoit devant qu'il eu pris du mépris pour le Gouvernement que Dieu mesme y aie estably, laquelle ne faisoit point de General d'armée que to qu'elle en avoit besoin et pour une expédition seulement ûi les Romains, à l'imitation de ce peuple, en avoient usé de mesme manière dans l'Estat populaire. Que les Athéniens i les Lacedemoniens, sages Républicains, n'avoient point eu i Capitaine perpétuel; et que les Republiques de Venise, è Suisses, et de Gennes n'en avoient pas encore aujourdlio] Au reste, qu'ils ne croyoient pas qu'il y eust de l'avantage faire un Capitaine General présentement, ny pour celuy sur k quel on pourroit jetter les yeux, ny pour son Lieutenant, & pour l'Estat mesme.

Les Députés de Frise qui n'estoient arrivés que depuis peu d

Jvii des Député* de Fri*e. 7

jours, qui a voient apportés des intentions et des instructions tontes contraires à celles que le Conseiller Pensionaire venoit d'exprimer, et qui tiischoient de faire disposer des charges vacuités par le decés du Prince, en faveor de son fils, voyant que k Hollande ne pourroit pas y estre disposée, firent connoistre des le lendemain de l'ouverture (1): Qu'ils juge oient à propos d'interrompre l'Assemblée pour quelques jours, afin que lesprindpiux points de la Proposition de la Hollande pussent estre mis en délibération dans les Provinces. Mais les Députés de Gneldre, de Zeelande, et d'Utrccht, qui en avoient conféré avec ceux de Hollande, et qui avoient digéré la matière avec eux, la ireat continuer. Ce qui n'cinpescha pas pourtant que les Proriioes de Frise et de Groninguc ne continuassent de parler de li surseance de l'Assemblée. De sorte que la Hollande craignant ijtt'oa ne la dissipast à son ouverture, et ainsy que Ton n'éludtst ses bonnes intentions, si on ne la pouvoit pus faire changer de sentiment, déclara: Qu'elle entendoit, que l'Assemblée qui irait esté si solemnellement convoquée, continuast jusques à ce que tous les points que l'on y pretendoit faire mettre en délibération, fussent résolus. Qu'elle n 'abandonnèrent point l'Estat en la conjoncture présente, mais qu'elle se joindroit aux Provinces (ai en ai m oient la prospérité et la conservation, et qu'elle prendrait pour cela les mesures qu'elle jugeroit nécessaires (2).

Et de fait Eysing présidant à l'Assemblée au nom de la Province de Grouingue ayant conclu contre l'avis de la pluspart des Provinces: Que l'Assemblée seroil discontinuée dés que toutes les Provinces auroient dit leurs sentiments sur la première Proposition, la Hollande fit reformer la conclusion, et ordonner que l'Assemblée seroit continuée: sans préjudice de la liberté qu'on laissoit aux Députés des Provinces d'envoyer quelques uns d'entre eux consulter les intentions de leurs Committcnts, pourrai que leur banc ne fit point de vuide dans l'Assemblée (3).

Cependant les Députés de Gucldrc (4), à qui ceux de Hollan-

(1) Le 19 Janvier.

(2) Résol. des Etats de Hollande du 1 Février 1051.

(3) Ré»ol. des Etats de Hollande du 3 Février 1051.

(4) Les Mémoires de van der Capcllcn (11. 333 svv.) donnent fa détails très-intéressauts sur les différents partis qui divisaient la Mputation de la Oueldre. — L'opinion qui prévalut fut celle des IWiers de Nimègue et de la Yeluwe. Dans celui de Zutphen la

8 Avis des Députés de Guêldre.

de avoient communiqué leurs pensées devant l'ouverture l'Assemblée, en opinant sur les trois points que le Conte Pensionaire avoit touchés en sa Proposition, dircut (l): Qi estoient d avis qu'il falloit laisser la direction des affaira la Guerre à l'Assemblée Ordinaire des Estats Généraux, ; la faculté d'en disposer souverainement, après aveir priai du Conseil d 'Estât. Que lors qu'une guerre, ou autre nece pressante obligeroit F Estât à donner un Capitaine, ou lit nant General à ses Armes, les Estats Généraux fissent une struction pour ecluy qui y seroit employé, et que les Prori présentassent ecluy qu'elles jugeroient le plus capable ( plus propre pour le bieu de l'Estat pour estre ensuitte no du consentement unanime de tous les Alliés, et non autra Que les mesmes Provinces dispossassent par le moyen des pûtes qu'elles envoyent à l'Assemblée Générale, de toute Hautes Charges Militaires, jusques à celle de Collonels exe vement, tant de celles dont les Estats Généraux avoia disposition, que de celles que l'on avoit laissées à la nomia du Prince d'Orange. Que les Provinces Unies disposa des charges de Collonels, et des autres charges subalterne que les Compagnies, Ut ut de Cavallerie que d'Infanterie ra données par les Estats des Provinces qui les payent. QLq Commandeurs et les Majors des places et forts situés dam des Provinces Unies fussent nommés par les Estats de la me Province, et que leur commission fust expédiée pa Estats Généraux, ou bien par le Conseil d'Estat; mais qu clefs des portes fussent gardées par les Magistrats des qui ont voix et séance aux Estats de la Province. Qi conseil de guerre n'etendist sa jurisdiction que sur les cj et délits purement militaires, ou commis de soldat à se Que les Estats Généraux eussent la disposition des Gouvt ments des places situées dans les Fais Associés ou Conqu immediata nient sujets à l'Estat en General. Que les me Estats Généraux eussent seuls l'autorité de tirer les garn d'une Province ou d'une place, pour l'envoyer dans une i après en avoir pris l'avis du Conseil d'Estat, en àver tissai

majorité était contraire aux desseins de la Hollande. Van de pelle u se plaint vivement des menées que cette province o oeuvre aûn de disposer la Gueldre en faveur de ses vues. (1) Aitzema, S. van Staet. III. 31. p. 500—502.

Aviê des Depntés de GueUIre. 9

JEititt des Provinces d'où ils tireraient les gens de guerre, lots? bien que les Estats de celles où ils envoyeroient, et par lesquelles ils les feroient passer. Que les Estats de chacune des Provinces Unies, eussent la mes me autorité chez eux de eàinger les garnisons d'une place à l'autre; dont ils donneraient en mesine temps avis au Conseil d'Estat (1). Que les Magistrats des villes qui ons séance aux Estais de leur Prorioce, se fissent faire le serment de fidélité par les gens de fuerre que Ton y mettra en garnison, suivant le VII. Article le Y Union. Que les correspondances secrètes fussent entreenoes à l'ordinaire par les Estats (2) et par le Conseil d'Esit, de la manière qu'ils jugeroient la plus avantageuse pour 'Estât Que les différends qui pourroient survenir entre les ilks d'une roesme Province fussent décidés par les Cours de fastice, conjointement avec des^ Députés de la Province, en is qu'elles en pussent prendre connoissance; ou bien par les netmes Députés et par des Commissaires d'autres Cours de Jtstice non intéressées. Que ceux qui naistroient entre les Provinces fussent réglés par les Députés des autres Provinces ion intéressées, qui scroient nommés par les Estats Généraux. (ta si elles s'y trouvoient toutes intéressées, l'on nommast des Jiges délégués pour accommoder les différends à l'amiable, ou fao pour les décider dans les formes, et ce dans un mois, et a laissant aux parties la liberté de récuser les suspects. Que fct Jugea ou Commissaires jurassent, qu'ils n'auront point de considération pour Pinterest d'aucune Province. Que leurs «atences fussent exécutées, nonobstant opposition, ou appellation; et que les Estats Généraux y tinssent la main, sans qu'il fait permis neantmoins à une Province d'user de représailles, de voyes de fait, ou d'autres moyens violents contre l'autre. Four ce qui est de la Religion, que suivant la Resolution du J6 Novembre 1646, on ne permist que l'exercice de la seule leformée de la manière qu'elle estoit preschée dans les temples de ces païs, et qu'elle avoit esté csclaircie par les décrets du Snode de Dordrccht. Que les Estats de chaque Province la Tglassent chez eux, et la maintinssent de toute leur autorité; le permettant point qu'il s'y fist aucune infraction ou altern-

ai) Lisez: à l'Assemblée des Etats Généraux. (2) C'est à dire: les Etats Généraux.

prenant la parole, après que Ton eut achevé de lire le rations des Députés de Gueldre, dit (2): Que Ion v sister l'Union faite à Utrccht sans altération; me avoit lieu de craindre qu'un Estât composé de sept souveraines et indépendantes chaque Province de Membres et Villes, et chaque Ville d'un grand nom! sonnes, dont les humeurs sont souvent aussy incomp leurs interests sont différents, ne pust pas longtemp sans que cette harmonie ne fust deconcertée. Qu'il c que impossible que de cette différence d'humeurs et et de la différente nature des affaires qui font l'ohjt délibérations, l'on ne passast à des sentiments differei traires, et ensuitte à des divisions entre les Villes c vinces mesmes. Que l' Union y avoit en quelque ù vu, en ordonnant: Que si quelque différend partageoi vinces, et qu'elles y fussent toutes intéressées, les G de ce temps là pourroient les régler, ou décider; o n'y estoient pas toutes meslces, celles qui ne seroienl ressées le feroient régler ou accommoder par ieura Que la pluspart des Provinces se trouvant présente] Gouverneur, par le decés du Prince d'Orange, il ces&airement avoir recours à un autre moyen capabli rcr ce défaut, qui feroit sans doute une grande bn l' Union, si on souffroit que l'on en retranchast de principaux Articles. Qu'il prioit donc l'Assemblée d<

(\\ 11 n'était alors nue Pensionnaire de Middelbounr.

Avis des Députés de Zeelande. 11

S'il ne serait pas à propos que pour rcgler les différends pourraient naistre entre les Provinces, Ton employast quel- Conseillers des Cours de Justice, accoustumés à manier ecider des affaires très importantes, et qui n'ayant point art an gouvernement de celles de l'Estat, n'y sont point asés; ou bien quelques personages graves et habiles, dedans les affaires de l'Estat, et accoustumés de faire râper les esprits par la douceur, et avec addresse, en les aclodant aux affaires, plustost qu'en décidant les différends a rigueur des loix, ou selon leur caprice; si on n'ai m oit t s'en remettre à des amis et Alliés communs et estran-

Quant à la Beligion, que ses Committents estoient d'avis les Estats de Gueldre et de Hollande que chaque Province ;inst la Beligion Beformée chez elle, et que les Estats raux en eussent soin dans le Bessort de la Généralité. Ton refrenast la licence des sectaires; que l'on obligeast imbasaadeurs et Ministres des Princes estrangers de ne prescher chez eux qu'en leur langue; et que l'on acheta Beforraation Ecclésiastique et Politique dans la Mairie ois- le- Due, et dans les autres Quartiers Associés et Con-

II ne parla point du tout de la Charge de Capitaine rai, ny de celle de Gouverneur de Province, et en ne ant point aux affaires de la Guerre il temoignoit que les oeuts de la Zeelande estoient conformes à ceux des deux s Provinces.

e s'en expliqua le dernier jour de Janvier en faisant ene (1): Qu'elle estoit d'avis, que le Conseil d'Estat eust rection des affaires de la Guerre; mais qu'il ne pourrait irer des Compagnies d'une Province, ou y en faire entrer la permission de la mesme Province. Que l'on affectast ertain nombre de Compagnies aux garnisons des places ieres, et que l'on n'employast les autres qu'en campagne. les Estats Généraux continuassent de disposer des Gouiments et des Commandements des Places de la Généralité, laque Province des places de son ressort, ou bien assis et affectées à leur Province. Ce qu'elle y fit âjouster, î que les Estats de Zeelande prétendent pouvoir disposer Gouvernements des Forts de Lillo, Licfqucnshouc, Axel,

) Àitzema, S. van Staet. III. 31. p. 524, 525.

12 Avis des Députes de Zeelande., de Frise et de Gronitgue.

Terucuse et Bicrvliet, quoy que situés en Brabant ou en dre; et ce en vertu d'un ordre que le Conseil d'Estat doi 30 Aoust 15 8 S, que ceux de Zeelande appellent Lelh Cotnmittimus, en vertu desquelles ils se sont maintenus j icy en la possession de ce prétendu droit que les autre vinces leur contestent de temps en temps.

Les Députés do Frise estant cependant entré en coni avec ceux de Hollande (1) au sujet de la Proposition qu cy avoient fuite à l'ouverture de l'Assemblée, taschoient d des Articles IX. et XVI. de V Union une nécessité indispe pour les Provinces de se donner un Gouverneur et Ca General. Ils disoient (2): Que cela estoit absolument saire puisque Y Union, qui est la base et le fondemi l'Estat, en parle comme d'une chose dont les Provinces peuvent ny passer ny dispenser; que les Estats de H< soutènement, qu'en temps de paix un Capitaine General inutile, et que dans la Maison d'Orange il n'y avoit enfant, qui en estoit incapable. Mais qu'en temps de J ne falloit pas laisser de se préparer à la guerre. Que 1 d'Espagne estoit encore armé, et que ses troupes estoi nos portes. Et qu'encore que dans la Maison d'Or an ne se trouvnst présentement personne qui en fust capa s 'en trouveroit en celle de Nassau. Que l'Estat recevre gloire immortelle en faisant le jeune Prince d'Orange taine General, pour entrer dans l'exercice de cet eraplo que l'aagc luy permettroit de joindre sa propre capacité mérite personnel aux services de ses prédécesseurs, ave autorité que sa Commission limiteroit, ainsy que l'Estat geroit à propos.

Et dautant qu'ils s'en expliquèrent dans la Grande Asse et qu'ils y furent secondes par ceux de la Province de G gue (3), les Estats de Hollande y firent représenter, pou claircissement de ce qu'ils avoient fait proposer à l'ouvertui Que la direction et la disposition des affaires de la j ayant esté confiées au Conseil d'Estat depuis V Union, il à propos de la luy laisser; les Alliés se reservant la f

(1) Résol. des Etats de Hollande du 23 et du 24 Janvier lft

(2) Aitzcma, S. van Staet. 111. 31. p. 510, 511.

(3) Aitzema, 1. 1. 31. p. 511—513.

(4) Ait ze m a, 1. 1. III. 31. p. 516—524, 534—536.

Réfxmse des Estât s de Hollande. 13

de changer son Instruction ainsy qu'ils le jugeroient nécessaire pour le bien de l'Estat. Qu'il falloit laisser aux Provinces particulières la liberté de disposer des Compagnies qui y sont a garnison pour les tirer d'une place et les envoyer à une tntre dans la mesme Province. Que pour les envoyer d'une Profince à une autre, il faudroit que le Conseil d'Estat enfuyait ses Patentes ou Routes en blanc aux Estats de la Prorinee, ou bien à ses Conseillers Députés, pour estre par eux remplis, et accompagnées d'autres Ordres par forme d'attache. Qu'en cas que les Estats de la Province fissent difficulté de faire marcher les Compagnies, et que le Conseil d'Estat n 'approuvât pas les raisons de leur refus, ils fussent obligés de b faire marcher sur un second Ordre du mesme Conseil, l'estoit qu'elles fussent payées par les Estats de la Province où elles seroient en garnison. Que l'on ne pust pas obliger les rrovinces à recevoir garnison dans leurs Places, si ce n'est de bar consentement exprés, ou de celuy de leurs Conseillers Dépotes. Qu'il faudroit loger les Compagnies dans les Provinces |ni les payent, ou bien dans les places voisines; et que ce ne fut que de leur consentement que le Conseil d'Estat les en nat tirer pour les envoyer ailleurs. Que les Estats des Provinces particulières eussent la disposition des Gouvernements i des Commandements des places de leur Province, et les Esats Généraux celle des places du ressort de la Généralité, ira tous les gens de guerre fissent le serment de fidélité non «dément aux Estats Généraux et à ceux des Provinces qui ici payent, mais aussy à ceux des Provinces, et aux Magistrats les villes où ils seroient en garnison; et qu'en la conjoncture preiente des affaires il n'estoit pas nécessaire de nommer un Capitaine General. Qu'ils jugeoient que pour fortifier cet avis de raisons pertinentes, il suffisoit d'alléguer l'Instruction que Ton avoit faite pour le Conseil d'Estat, en l'an 1588, qui luy tonne la disposition des affaires de In Guerre. Qu'on ne pouroit pas nier que les Gouverneurs des Provinces n'aient eu la ^position du changement des Garnisons dans Tcstenduc de enrs Gouvernements, dés le temps de l'Empereur Charles luint, et depuis la fondation de cet Estât, mesmes sans iris du Capitaine General. Que le Prince Maurice d'Ornne l'a voit eue sous le Comte de Licestre. Que les Gouverïuts de Frise et de Groningue en usoient encore présentement la mesme manière; et que sur ces deux principes on pou-

14 Réponse des Estais de Hollande.

voit facilement justifier tous les autres points. Qu'ils ic troavoient obligés de dire au sujet de la charge de Capitaine Ge* neral, que depuis l'abdication du Boy d'Espagne cet Estai n'avoit eu qu'un seul Gouverneur General; mais que les Provinces qui avoient donné cette charge au Comte de Licestre, avec le commandement absolu des gens de guerre, non seulement quand ils estoient en campagne en corps d'armée, ma» aussy sur les garnisons, et, qui plus est, sur les villes, et ht les Provinces mesines, furent tellement dégoûtées de ce Gouvernement qu'elles la supprimèrent après sa retraiite. Que k mesme Prince Maurice, comme Gouverneur General à Gueldre, de Hollande, de Zeelande, d'Utrecht, d'Overyssel, et de la Ville et du Pais de Groningue, c'est à dire de chacun de ces Provinces en particulier, avoit bien commandé les geu de guerre dans les mesines Provinces de la part des Estais à chaque Province; mais qu'en qualité de Capitaine General à tout l'Estat en gênerai il n 'avoit commandé les armées qat lors qu'elles estoient en campagne dans les Provinces Associai ou Conquises, ou bien en pais ennemy; de sorte que ce n'estoï pas à tous les Alliés en corps, mais à chaque Province en particulier, à juger, si Testât de ses affaires l'obi igeoit à se donner un Gouverneur et un Capitaine General, ou non. Au reste, que les Estats de Frise et de Groningue donnoient une expfi» cation bien forcée au texte de l'Union, en voulant tirer i» IX. et XVI. Articles, une nécessité indispensable de se donner un Gouverneur et Capitaine General; veu qu'en ce temps là Ici j Provinces estant encore sujettes au Roy d'Espagne, c'estoit à luy à leur en donner un; comme présentement qu'elles sont libres et indépendantes on ne les y peut pas contraindre, à moins de leur ravir la Souveraineté qu'elles se sont réserve» par V Union. Qu'elle porto: Que les Provinces soumirent k décision de leurs différends aux Gouverneurs non absolument! mais par provision; non à In qualité, mais aux personnes nti vi voient alors, dont on connoissoit le mérite, le zelc, et l'aise* tion, et non à leurs successeurs, dont on ne pouvoit pas cet* noistre les inclinations, ny les qualités personnelles. Qu'il ei* toit bien vray que le XXIV. Article de la mesme Union porte: Que les Gouverneurs à venir seront tenus de jurer solemneuV , ment, qu'ils ne feront rien au préjudice de V Union: paroi» ' qui n'imposoient pas aux Provinces une nécessité absolue de et donner un Gouverneur, mais bien aux Gouverneurs celle de ta*

Réponse des Estai* de Hollande. 15

sent» qtiand quelqu'une des Provinces auroit jugé à propos i nommer un. Et ainsy que pour rajustement des différends

ponrroient naistre entre les Provinces, elles se pourroient ir de quelqu'un des moyens que les Députés de Gucldre, de ande, et d'Utrecht avoient proposés, due l'Estat jouissant le profonde paix, et n'ayant point d'armée en campagne, ce it une grande incongruité de former un Chef qui n'eust it de corps. Que quand mesmes les Ëstats auroient une ée sur pied, et juger oient nécessaire de luy donner un Caine General, ils ne s'aviseroient jamais de l'aller chercher i le berceau. Qu'il n'y auroit point de raison à donner important employ à un enfant, des qualités duquel personne poovoit encore juger, non plus que de celles qu'il pourroit lerir dans un ange plus avance, et qui de quinze ou sei?e

ne seroit pas capable de rendre le moindre service. Que ' la mesme raison les Ëstats de Hollande, et à leur exeinceux de plusieurs autres Provinces avoient, par des Reso- >ns formelles, supprimé les survivances, et particulièrement : de Capitaine General. Que ce seroit une injustice de oser présentement d'une chose qui ne pouvoit pas avoir

effet de plusieurs années, au préjudice de la liberté de i qui seront en droit d'en disposer lors que l'Estat jugera Maire de faire un Capitaine General; parce que la poste-

auroit raison de reprocher à la mémoire de ses predeces- » le tort qu'ils luy feroient, en luy ravissant la liberté de voir disposer en son temps d'une affaire dont la connoisœ et la disposition ne peuvent pas luy estre ostées. Qu'il ortoit de faire connoistre à ceux que l'Estat appelle à cette oente charge, qu'ils ne la possèdent pas en vertu d'un droit editaire; mais qu'ils en ont toute l'obligation à ceux qui la r donnent gratuitement, afin qu'ils ayent pour eux, et pour itat l'affection et le respect que Ton ne pourroit pas se propre du jeune Prince, s'il s'en trouvoit revestu avec les prets caractères du Christianisme, avant qu'il cust l'usage de raison. Que bien loin de restablir par là la première forme

gouvernement que nos pères avoient jugé la plus propre i l'humeur de ces peuples dans la première enfance de cet fit, ce seroit introduire une nouveauté qui n'a point d'exem-

ny icy, ny ailleurs, personne n'ayant jamais ouy dire, que s une République libre on ait donné la charge de Capitaine eral à un enfant qui estoit encore au maillot. Que la qua-

16 Réponse des Estais de Hollande.

lité de Lieutenant General estoit aussy incompatible arec k constitution de cet Estât. Que c'estoit une autre nouveau^ qui ne seroit pa9 moins dangereuse que la première (1). Qu'a ne la pouvoit pas donner à Guillaume, Comte de Naaaai, Gouverneur de Frise, sans faire un outrage irréparable ta Seigneur de Brederode, et sans le dégrader en quelque faç», après l'autorité que les Provinces luy avoient donnée de coa> mander, comme Marescbal de Camp, les armes de l'Eatat ne> mediatement apres le Capitaine General, et en Chef en l'ahee* ce, ou apres le decés du mesme General, et qu'en traittait le Marescbal de Camp d'une 'manière si sanglante, l'Estat ai chargeoit du reproche d'une ingratitude inexcusable, aprèa lat services que la Maison de Brederode luy a rendus, une la mesme raison parloit pour Martin Herperts Tromp, Lieutcnamt Amiral, ou Lieutenant General de l'Estat par mer. Qu'il exercoit cette charge avec applaudissement ; qu'il ne pwvoit point reconnoistre d'autre supérieur qu'un Amiral, et qu'a ne luy en pouvoit point donner sans faire tort à son mérita et au service de l'Estat, lequel on jetteroit par ce moyen ea des desordres et confusions inévitables.

La Hollande n'estoit pas encore revenue du ressentiment; qu'elle avoit du procédé du Comte Guillaume de Nasiai, qui avoit eu bonne part aux conseils qui avoient produit de al funestes effets, l'année passée, et qui avoit aidé n former kl desseins et à les exécuter en partie. C'est pourquoy elle représenta: que le choix que l'on feroit de sa personne ne seroit p»

(1) Ce qui suit appartient h une pièce ultérieure; probablement à la Déduction des Etats de Hollande du 7 Août 1653. Les Etat» de Hollande favorisaient autant que possible M. de Brederode, qui occupait un rang élevé dans le corps de la noblesse de le* Province et qui par sa femme était parent du Prince d'Orange. On aimoit à se servir de lui contre le jeune Prince et ses partisan! Les Etats de Hollande voulurent lui donner entrée au Conseil d'Etat ! en sa qualité de Maréchal de camp, pour y prendre part aux déB- ' Itérations concernant les affaires militaires; mais les autres Provineei ne goûtèrent pas un pareil projet. Le Sr. de Sommelsdyck daaa , ses lettres au comte de Nassau ne manque pas de s'en plaindre, i d'autant plus que d'autres membres du corps de la noblesse de b j Hollande se montraient assez disposés à imiter la conduite de M. de Brederode. Voir: Archives de la Maison rF Or ange. 2c série. T. 21, 28, 29.

Jvis des Députés de Zeelande. 11

rer: S'il ne serait pas à propos que pour régler les différends gui poorroient naistre entre les Provinces, Ton employast quelques Conseillers des Cours de Justice, accoustumés à manier et décider des affaires très importantes, et qui n'ayant point de part au gouvernement de celles de l'Estat, n'y sont point intéressés; ou bien quelques personages graves et habiles, elerfts dans les affaires de l'Estat, et accoustumés de faire raprocher les esprits par la douceur, et avec nd dresse, en les acommodant aux affaires, plustost qu'en décidant les différends ir la rigueur des loix, ou selon leur caprice; si on n'aimoit lieux s'en remettre à des amis et Alliés communs et estran- ». Quant à la Beligion, que ses Committents estoient d'avis rec les Estats de Gueldre et de Hollande que chaque Province tintinst la Beligion Beformée chez elle, et que les Estats cneraux en eussent soin dans le Bessort de la Généralité. *K Ton refrenast la licence des sectaires; que l'on obligeast i Ambassadeurs et Ministres des Princes estrangers de ne ira prescher chez eux qu'en leur langue; et que Ton acheitt la Befo ri nation Ecclcsiastique et Politique dans lu Mairie s Bois-le-Due, et dans les autres Quartiers Associés et Co liait. Il ne parla point du tout de la Charge de Capitaine leaeral, ny de celle de Gouverneur de Province, et en ne menant point aux affaires de la Guerre il teinoignoit que les utimeuts de la Zeelande estoient conformes à ceux des deux lires Provinces.

Elle s'en expliqua le dernier jour de Janvier en faisant euadre (1): Qu'elle estoit d'avis, que le Conseil d'Estut eust i direction des affaires de la Guerre; mais qu'il ne pourrait is tirer des Compagnies d'une Province, ou y en faire en t relias la permission de la raesine Province. Que l'on affectast n certain nombre de Compagnies aux garnisons des places entières, et que l'on n'cmployast les autres qu'en campagne. ta les Estats Généraux continuassent de disposer des Gouaneraents et des Commandements des Places de la Généralité, chaque Province des places de son ressort, ou bien assilées et affectées à leur Province. Ce qu'elle y fit âjouster, irce que les Estats de Zeelande prétendent pouvoir disposer s Gouvernements des Ports de Lillo, Licfquenshouc, Axel,

1) Aitzema, S. van Staet. 111. 31. p. 524, 525.

18 Mémoire de la Brmeeue Donatien.

d'Orange, c'estoit de promettre que lors qu'il seroit ptnaft à l*ége de majorité, Ton considérerait le mérite de ses inerte* et les bonnes qualités de sa personne, autant que le servies éi l'Estat le pourroit permettre. Et sur ce que ceux de Zediaè les vouloient obliger à les asseurer, qu'ils ne souffriroient |H que pendant la minorité du Prince Ton nommast un antre Oi pitaine, qu'estant parvenu à l'âge de majorité on le préférerai à tous les autres sujets, et qu'il seroit jugé de sa capacité a I pluralité des voix, ils témoignèrent qu'ils ne pouvoient f* changer de sentiment; et qu'avant toutes choses il falloit ar rester: qu'il ne seroit point procédé à la nomination d'un Oqi taine General, sinon du consentement unanime de toutes h Provinces (1).

Pendant les délibérations de la Grande Assemblée, la FrilMH Doûariere y présenta un Mémoire, au mois de Février, où di disoit (2): Qu'ayant appris que les Estats délibéreraient, mÊÊ autres choses, touchant les charges tant politiques que nrilitMi vacantes par la mort du feu Prince d'Orange, elle tt/mi qu'ils se souviendraient du jeune Prince son petit fila. Qi c'estoit le seul héritier des vertus de ces illustres penoasf qui non contents d'avoir jette les premiers fondements de ■ puissant Estât, l'avoient encore élevé à cette grandeur en II quelle on le voyoit aujourd'huy. Que les habitants de ces htf vinces leur estoient obligés de la paix dont ils goustoient présentement les fruits, à l'ombre des lauriers que ces grands Û* pitaines avoient plantés et cueillis aux dépens de leurs Mm si de leurs vies. Qu'elle ne doutoit point que l'Assemblée ne m» siderast le jeune Prince, mesines sans qu'il fust besoin qn*dh leur rafraischist la mémoire; mais qu'elle ne pouvoit pas Wf quer à ce qu'elle croyoit devoir à l'âge et à l'innocence di Prince, son petit fils; en protestant pourtant, qu'elle scavoit si* que les eminentes charges que les Princes ses predecesasti avoient possédées en ce Pais, n 'estoient pas hereditaùti * la famille, mais que le Prince ne les pouvoit recevoir ai

(1) Résol. des Etats de Hollande du 20 Janvier 1661; il y eat* fréquentes conférences entre la Hollande et les députés de ZAsdl, qui parfois furent assez orageuses. Voir: Archivée de Ut mntm If range. V. 16 et ailleurs.

(2) Aitzema, S. van Staet III. 31. p. 538, 539.

Mémoire de la Princesse Roiale. 19

iu des Estats que comme une pure grâce et faveur, et comme i marques de l'affection et de la tendresse qu'ils a voient en- « pour la mémoire des Princes défunts et pour toute la Mai-

d'Orange; comme le jeune Prince le reconnoistroit par un t, et par une fidélité inviolable pour le service de l'Ëstat dant tout le cours de sa vie. Ce Mémoire ne fit point d'effet tout, dautant que la pluspart des Provinces n'ayant point dination à disposer de ces charges, elles se contentèrent de Sure donner une copie de ce Mémoire pour le communiquer à t Committents; ce qu'elles font ordinairement quand elles ne lent pas ouvertement rejetter une affaire qu'elles n'ont pas ie de faire.

a Princesse Roiale ne réussit pas mieux en Zeelande. Elle B remontrer (1): Que la qualité de Premier Noble, qui resente tout le Corps de la Noblesse en cette Province, laquelle it esté fort longtemps possédée par les prédécesseurs du née, son fils, et estoit comme héréditaire en sa famille, tant à ise des importants services que les Princes d'Orange ont dus à l'Estat en gênerai et à la Zeelande en particulier, qu'à ise des belles terres et grandes seigneuries qu'ils y possèdent, ist esté comme supprimée par le decés du Prince, son mari, estoit nécessaire de reparer la bresche que l'on avoit faite u le gouvernement des affaires de la Province. Qu'il ne se avoit plus personne de la part de la Noblesse à l'Assemblée i Estats, ny dans les autres Collèges de la Province, et qu'en nplissant cette place ils rendroient aux Résolutions des Estats de dande la forme essentielle qui leur manquent présentement (2). s Princes d'Orange n'a voient pas tousjours fait un choix fort lie des personnes qui les representoient en cette qualité dans Province, et ceux qui s'y en trouvoient revestus se tiroient

pair d'avec les autres personnes de qualité, et abusoient de utorité que le Prince leur donnoit; tellement que ceux qui en aient jaloux, et qui estoient bien aises de voir cette qualité

1) Aitzema, S. van Staet. III. 31. p. 553, 554. %) Voir T. I. p. 345, 355—358. — Quelques nobles de Zélande ouvellèrent leurs démarches afin d'obtenir séance à l'Assemblée des ,ts de leur province; mais en vain. Leur requête et les pièces rêves sont reproduites par Aitzema, 1. c. III. 31. p. 615 — 636 r aussi Résol. des Etats de Zélande du 8 Juin 1651.

20 La Hollande envoie des Députés 0* Zetlande.

éteinte avec la personne du Prince défunt, n 'avoient garde et la faire revivre.

Toutefois comme dans les Estats populaires ions les seaSments de ceux qui ont part aux affaires ne sont pas egsloMÉk généreux, quelques esprits intéresses travailloient à faire rcnsjr l'intention de la Princesse Koiale, nonobstant la déclaration ott les Députés de la Province a voient faite quelque temps aupaitvant à ceux de Hollande]: Qu'ils jugeoieut que Ton pouvoit faisa différer d'élire un Capitaine General sans que l'interest de M%Éà en souffrist du préjudice. Les Ëstats de Hollande qui < bien avertis, jugeant qu'il estoit nécessaire de s'opposer de heure à ces intrigues capables de diviser les Provinces et à faire rompre la Grande Assemblée, envoyèrent en Zeelandc Jacob de Wassenacr, Seigneur d'Opdam, du Corps de k Noblesse, Jean de Witt, Conseiller Pensionaire de la ville à Dordrecht; Guillaume Nicuport, Conseiller et Beceveeî General de Nort Hollande, et Frédéric Kicceu (1), Coassfr 1er Pensionaire de Purmerent. Ils avoient ordre:- de prier kl Estats de Zeelande de ne plus lever les droits de passage, aoi plus que ceux que l'on avoit establis sur les rivières pendant « guerre, par forme de représailles, et de consentir à i'erectioe d'une Chambre my partie, à laquelle l'Estat s 'estoit soLeameOs* ment obligé par le traitté de Munster (2). Ce f nt là le fJ*V texte; mais ce fut en effet pour tascher de dissiper les intriga» qui s'y faisoient pour le Prince d'Orange.

Et de fait dans le discours que ces Députés firent dans l'Ai* semblée des Estats de la Province, ils ne parlèrent que de » charge de Capitaine General. Ils représentèrent (3): Que ks autres Princes d'Orange avoient sous cette qualité exercé'» pouvoir et l'autorité de Gouverneur General: qualité que ks Estats avoient trouvé bon de supprimer après la mauvaise cor duite et la retraitte du Comte de Licestre. Que l'Estat al pouvoit pas s'obliger à ne point faire de Capitaine General pet0 dant la minorité du Prince, non plus qu'à le revestir de cette qualité après sa majorité; parce qu'il pourroit arriver que la Bepublique se trouvant engagée dans une guerre, ne pourroit pas se

(1) Franco Riccen.

(2) Résol. des Etats de Hollande du 8 Avril 1651.

(3) Hésol. des Etats de Zélande du 20, 21 et 25 Avril 1651.

Dêêemn det Députés de la Hollande. 21

lûpeuer de mettre un Capitaine General à la teste de ses aryk* pendant sa minorité; comme pendant sa majorité on pourrit jouir d'un si profond repos, qu'un Capitaine General luy rat aussy inutile alors qu'il l'estoit présentement. En tout mènent, que les deux Provinces estaient liées entre elles d'une ion si estroite et si particulière que Tune ne pouvoit pas délirer d'une affaire de cette nature sans la participation de l'autre, moins que de manquer aux traittés faits entre les deux Proices en 1575 et 1576.

Les Estats de Zeelande déclarèrent en des termes assés gênent: Qu'ils loûoient le zèle et l'affection que la Hollande téignoit pour le bien de l'Ëstat, et que de leur costé ils y reîdroient parfaitement, due comme depuis que la Grande Àsîblée avoit esté convoquée ils avoient agy de concert avec elle» sy ne permettraient ils pas que sans sa participation on altet rien dans cette importante affaire; et qu'ils envoyeroient rs Députés à la Haye pour y faire régler les affaires generaeonjointement avec les Estats de Hollande (1). jes Députés Hollandois y répliquèrent, en représentant les nvaises suittes que l'élection d'un Capitaine General entraisoit après elle, et l'opposition qu'elle rencontreroit en Hollan-

Mais ils ne remportèrent point d'autre satisfaction; et qucl- % jours après il survint à Middelbourg des révolutions qui nt chasser de la ville ceux qui s'estoient le plus hautement lares pour les interests du Prince (2).

Jes interests estoient l'objet des plus grandes contestations de ssemblée, qui demeura bientost d'accord des autres points de

délibérations. Car pour ce qui est de la Religion, elle fut ntost réglée sans aucune difficulté. Les Sinodes qui avoient i convoqués en plusieurs Provinces au commencement de l'an il, députèrent cinq Pasteurs, à qui l'Assemblée donna audiandeux jours après l'ouverture (3). Ils y remonstrerent: Que ir affermir la Religion, l'unique moyen de conserver l'union reles Provinces, et la seule source des bénédictions que l'Es-

1) Résol. des Etats de Zélande du 24 et du 25 Avril, et Rcsol. Etats de Hollande du 28 Avril 1651.

>) Voir T. I. p. 355, 35C.

1) Le 20 Janvier 1651. Aitzema, S. van Staet. 111. 31. p. 506 )8.

14 Réponse des Estais de Hollande.

voit facilement justifier tou9 lc9 autres points. Qu'ils se trouvoient obligés de dire au sujet de la charge de Capitaine General, que depuis l'abdication du Roy d'Espagne cet Estai n'avoit eu qu'un seul Gouverneur General; mais que les Pro* vinecs qui avoient donné cette charge au Comte de Li oestre, avec le commandement absolu des gens de guerre, non seulement quand ils estoient en campagne en corps d'armée, mail aussy sur les garnisons, et, qui plus est, sur les villes, et aw les Provinces mesincs, furent tellement dégoûtées de ce Gouvernement qu'elles la supprimèrent après sa retraitte. Que k m es me Prince Maurice, comme Gouverneur General de Gueldrc, de Hollande, de Zeclande, d'Utrecht, d'Overyssel, et de la Ville et du Païs de Groningue, c'est à dire de cbacuM de ces Provinces en particulier, avoit bien commandé les gens de guerre dans les mesmes Provinces de la part des EstaU de chaque Province; mais qu'en qualité de Capitaine General de tout l'Estat en général il n'avoit commandé les armées qui lors qu'elles estoient en campagne dans les Provinces Associé* ou Conquises, ou bien en païs ennemy; de sorte que ce n'estoà pas à tous les Alliés en corps, mais à chaque Province en particulier, à juger, si Testât de ses affaires l'obi igeoit à se donner un Gouverneur et un Capitaine General, ou non. Au «aie, que les Estats de Frise et de Groningue donnoient une expfr cation bien forcée au texte de l'Union, en voulant tirer des IX. et XVI. Articles, une nécessité indispensable de se donner un Gouverneur et Capitaine General; veu qu'en ce temps la kf Provinces estant encore sujettes au Roy d'Espagne, c'estoit 1 luy à leur en donner un; comme présentement qu'elles août libres et indépendantes on ne les y peut pas contraindre, i moins de leur ravir la Souveraineté qu'elles se sont reserrèa par Y Union. Qu'elle porto: Que les Provinces sou mirent il décision de leurs différends aux Gouverneurs non absolument* mais par provision; non à la qualité, mais aux personnes QB vivaient alors, dont on connoissoit le mérite, le zèle, et l'afee* tion, et non à leurs successeurs, dont on ne pouvoit pas counoistre les inclinations, nv les qualités personnelles. Qu'il estait bien vray que le XXIV. Article de la mesme Union portes Que les Gouverneurs à venir seront tenus de jurer solemneUe* ment, qu'ils ne feront rien au préjudice de V Union: parob qui n'imposoient pas aux Provinces une nécessité absolue de et donner un Gouverneur, mais bien aux Gouverneurs celle défaire

Réponse des Estât* de Hollande. 15

it, quand quelqu'une ries Provinces auroit jugé à propos oramer un. Et ainsy que pour rajustement des différends mrroient naistre entre les Provinces, elles se pourroient de quelqu'un des moyens que les Députés de Gueldre, de le, et d'Utrecht avoient proposés, duc l'Estat jouissant profonde paix, et n'ayant point d'armée en campagne, ce une grande incongruité de former un Chef qui n'eust de corps. Que quand mesmes les Estats auroient une sur pied, et juger oient nécessaire de luy donner un Ca- General, ils ne s'âviseroient jamais de l'aller chercher e berceau Qu'il n'y auroit point de raison à donner portant employ à un enfant, des qualités duquel personne iFoit encore juger, non plus que de celles qu'il pourroit r dans un aage plus avancé, et qui de quinze ou seize t seroit pas capable de rendre le moindre service. Que a mesme raison les Estats de Hollande, et à leur exemix de plusieurs autres Provinces avoient, par des Resoformelles, supprimé les survivances, et particulièrement de Capitaine General. Que ce seroit une injustice de ;r présentement d'une chose qui ne pouvoit pas avoir fet de plusieurs années, au préjudice de la liberté de }ui seront en droit d'en disposer lors que l'Estat jugera rire de faire un Capitaine General; parce que la posterait raison de reprocher à la mémoire de ses predecesle tort qu'ils luy feroient, en luy ravissant la liberté de r disposer en son temps d'une affaire dont la connoiset la disposition ne peuvent pas luy estre ostées. Qu'il oit de faire connoistre à ceux que l'Estat appelle à cette ite charge, qu'ils ne la possèdent pas en vertu d'un droit taire; mais qu'ils en ont toute l'obligation à ceux qui la onnent gratuitement, afin qu'ils ayent pour eux, et pour l'affection et le respect que l'on ne pourroit pas se produ jeune Prince, s'il s'en trouvoit revestu avec les precaracteres du Christianisme, avant qu'il eust l'usage de son. Que bien loin de restablir par là la première forme turernement que nos pères avoient jugé la plus propre l'humeur de ces peuples dans la première enfance de cet ce seroit introduire une nouveauté qui n'a point d'exemr icy, ny ailleurs, personne n'ayant jamais ouy dire, que me République libre on ait donné la charge de Capitaine 1 à un enfant qui estoit encore au maillot. Que la qun-

24 Uh pasteur Je la Uaye ne veut pas prier pour les Estât* êe Eoilnk

de, et les Estats de cette Province se sentant importun es de cette Deputation des Sinodes, la vouloient renvoyer. Ils ont pow l'ardre de ceux que Ton appelle Ecclésiastiques la contidentÎN qu'ils croyent leur estrc deue. Mais comme il est composé dînâmes, c'est à dire de personnes qui n'agissent pas tousjonn far un principe de charité et de désintéressement, ils les souffrait et les honnorent mesnics, tant qu'ils demeurent dans les tenues di leur profession, eu preschant le pardon des péchés pour lepuft^ et l'amendement de vie pour l'avenir. Mais aussy quand Us mlent s'élever au dessus de leur sphère, et s'ériger en juges des actions politiques des Magistrats et de la conduite de leurs 8ot* verains, on scait bien les ramener à leur devoir, et les faire obéir.

Un des Pasteurs de la Haye, qui en ce temps là estoit anèj extravagant pour s'estendre dans les prières publiques jusqiBI à donner dans la profanation, sur les éloges des personnel à la conservation desquelles l'Estat ne s'interessoit pas beaucots» refusoit cependant avec opiniastreté, et au grand scandale de l'Eglise, de prier Dieu pour le Souverain qui le protégeait, et qui le faisoit subsister. Tellement que les Estats de Hollaadi luy en firent faire une réprimande par leurs Conseillers Dépotes en des termes capables de faire revenir tout autre esprit phi modéré que celuy cy, qui ne cessa point de déclamer contre l'Estat, jusques à ce qu'on luy eust interdit la chaire, et qu'ai luy eust imposé silence, en luy retranchant les moyens de vivre (l).

On avoit remarqué au discours que ces Députés firent ea h première audiance qu'on leur donna, qu'ils vouloient faire croire que la dépravation et le dérèglement des moeurs, et l'indulgent que Ton avoit tant pour les Catholiques Romains que pour kl autres Sectaires, avoit attiré Tire de Dieu sur cet Estât, et qu l'on en sentoit l'effet en la perte que l'on venoit de faire de b personne du Prince d'Orange (2). Toutefois ce sentiment ne

(1) Ce pasteur se nommait Jacob us Stermont. Déjà précédemment il avait eu des démêlés avec les Etats de Hollande. Voir T. I. p. 241, 242. La dispute recommença Tannée suivante. Àitsenii S. van Staet. III. 32. p. 741, 742, et ci-après Livre VL

(2) Les députés des synodes n'avaient pas nommé le prince <T0» range; ils avaient seulement dit: que la colère de Dieu se manûV tait aussi par la mort de personnages justes et considérables, en basant deviner quel personnage ils avaient en vue.

Les Députés de Zeelande parlent contre les corruptions. 25

moit pu seulement pour paradoxe, mais aussy dans l'esprit de pour téméraire, et mesmes pour impie. Et de fait, les en publiant un jour de jeusne en ce temps là, bien loin i parler dans leurs lettres circulaires de fléaux ou de misères mt le Fais se trouvast affligé, disoient bien expressément: Que ar intention estoit de rendre grâces à Dieu de la paix et des itrea bénédictions qu'il luy avoit plû verser sur les Provinces nies pendant l'année précédente (1).

Le point de la Heligion ayant esté ajusté, et les Députés de utee lea Provinces ayant dit leur sentiment sur les deux au- » (3), ceux de Zeelande en prirent un jour occasion de déclasr contre ceux qui se laissoient corrompre par des pensions, l par des présents. On ne pouvoit pas nier que ces corrupma n'eussent gagné les plus nobles parties de l'Estat, puisque riques Députés de l'Assemblée des Estais Généraux, du Conseil Estât, et mesmes des Conseillers des Cours de Justice n'en toîent pas exemts. J'épargne ceux qui vivent encore, aussy an que les enfants des decedés, quoy qu'ils meriteroient bien le la postérité les connoisse, et qu'elle marque les uns et les très. Ce qui avoit passé à de tels excès, que les Estats de ollande avoient ordonné à la Cour de Justice de faire informer tntre plusieurs personnes de qualité qui en avoient esté accuee ou soupçonnées (3), et firent mesmes emprisonner quelques sis de moindre étoffe, qui avoient esté les entremetteurs et les •quignons de cet infâme commerce (4). Aussy agréèrent ils Es le lendemain la proposition des Députés de Zeelande ; et comte ceux là mesmes qui favorisent le plus le crime sous main, icetent le plus à le détester devant le monde, on demeura bien- *t d'accord de faire un bon règlement contre les corruptions,

(1) Le Mercredi 25 Janvier 1651 fut destiné par les Etats Géné- *ux pour être un jour de jeûne. — Les lettres circulaires dont parle Wicquefort sont celles des Etats de Hollande du 4 Janvier 1651.

(S) La Zélande fixa l'attention de l'Assemblée sur les corruptions pour la première fois le 1 Février 1651. Voir Aitzema, S, van fat. 111. 31. p. 525—529.

(3) E. a. le Seigneur d'Asperen. V. Archives de la Maison (TO- *qe, 2* série. V. p. 62, 64.

(4) V. le pamphlet: Den lïollandtsckcn Ecclipsus roort-gekomen uyl fli Knyl en Burgh verschenen ooer de protincie van Hollandt. Une ste des personnes qu'on accusait de recevoir des présents se trouve ins la fiibl. Duncaniana.

26 Ordonnance de la Grande Assemblée contre les comptait.

portant défenses à ceux qui seroient députés de la part des fa» vin ces à l'Assemblée des Estats Généraux, au Conseil d'Estel 1 la Chambre des Comptes, et aux Collèges de l'Amirauté, « ine aussy aux Officiers de Justice des Cours de Brabant et à Flandre, de prendre des présents, de quelque nature qu'us posent estre, à peine d'infamie, et d'estre déclarés inhabiles et capables de tenir office ou bénéfice; dont ils seroient tenus k prester serment lors de leur réception (1). Ce serment se tt en effet; mais comme les meschants qui en .corrompant o dont ils espèrent de l'avancement, ne font point de difficulté à violer les loix, ainsy ne font ils point conscience non plus à faire un faux serment. J'ose dire qu'en cet Estât il ne se doui presque point de charges sans argent, ou sans l'intervention dfe iuterest, qui est sans comparaison plus dangereux que l'argot Les loix n'ont jamais pu empescher ces intrigues, ny prew ces desordres, et il y a toute apparence que celles que l'on Un à l'avenir n'auront pas plus de force que celles qui ont esté frites depuis tant de siècles.

Après les premières ouvertures que les Députés de Zedinè firent de leur avis touchant les corruptions, il fut résolu: Qm les Députés qui negotieroient de la part des Estats Genentf avec les Ambassadeurs et Ministres estrangers, seroient tenus dl faire le mesinc serment, et de so justifier de toutes les conrç» tions, de ne point avoir receu de présents de la part de esn avec qui ils ulloient negotier, et qu'ils ne souffriraient pont qu'on leur en fist à 1 avenir, directemeut ny indirectement (fy Il y avoit en ce temps là à la Haye des Ambassadeurs Extraordinaires de France et d'Angleterre, et les réputés qui font nommés pour traitter avec eux, tirent le serment; mais cela « s'est plus pratiqué depuis ce temps là, les Députés des Estiti Généraux ne faisant point d'autre serment après celuy qu'ils oM fait à la Province qui les députe, sinon pour l'expédition des Boutes et Patentes, ou bien dans quelques occasions important* où l'Estat a interest que le secret des délibérations soit ménagé. Ils font aussy un serment particulier sur ce sujet lors qu'on 1*J

(1) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 1 JuBst

(2) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 23 Férri* 1651; Aitzcma, S. van Staet. III. 31. p. 544.

Les principaux points que V Assemblée règle. 27

envoyé en Ambassade, ou bien à quelque autre employ hors du hb (1). Ce qui s'observoit encore si exactement avant la Rerelstion de Tan 1672, que ceux qui vouloient bien s'acquiter puncde leur devoir (2), ne craignoient pas de passer par les premières règles de la civilité que les Ambassadeurs détruisent, quand ils refusent non seulement les présents que les lois et autres Souverains leur font, pas tant en leur considération, pe oomme des marques de l'estime qu'ils font de leurs Maistres, Bail aussy les vivres et les rafraischissements de peu d'imporance, que Ton ue peut refuser sans renoncer au commerce de a société civile. Il est vray que l'intention Me ceux qui ont oulu abolir une coustume dont le temps et le consentement des lenplea ont fait un point du Droit des Gens, ne peut pas avoir sté de faire passer pour corruptibles tous ceux que l1 Estât eni- Joye, encore que Ton connoisse des familles qui doivent toute bot fortune aux Ambassades qu'elles ont eues dans les Pais esrangers, mais seulement d'éloigner de cette sorte d'emplois les ersonnes qui non obstant leur incapacité, ne s'y jettent qu'à iessein d'y faire leurs affaires.

Il avoit esté résolu à l'ouverture de la Grande Assemblée, u'elle ne délibérerait que des points sur lesquels elle avoit esté articulierement convoquée, et que l'Assemblée Ordinaire contiloeroit de résoudre les affaires ordinaires. Mais d'autant que su les Ambassadeurs s'adressoient à l'Extraordinaire, dont ils nterrompoient de temps en temps les délibérations, et que l'on r parloit de toutes sortes d'affaires indistinctement, les Députés le Hollande proposèrent (3): Qu'il faudroit que les Provinces irrestassent entre elles, avant toutes choses, si la direction des iffaires de la Guerre demeureroit au Conseil d'£stat, suivant les premières intentions des Alliés (4), ou si on y feroit quelque changement; qui seroit ecluy qui feroit expédier les Or-

(1) RésoL des Etats Généraux du 10 Août 1651.

(2) Voir e. a. les scrupules de van 13 e un lu g en. Brievea, van J. de Witt. V. p. 10, 15; ainsi que les observations de van der Capellen, GedeHkschrifte*. 11. p. 35G. De Witt lui-même refusa constamment les cadeaux qu'on lui fit. V. ses lettres Mss. (Archives h Royaume).

(3) Voir Aitzema, S. van Staet. III. 31. p. 537, 535. (4i Cad depuis le commencement de la République.

28 Les principaux peints que F Assemblée règle.

(1res ou Boutes pour les comapgnies que Ton ferait hors de l'es tendue des Provinces Unies, et de quelle façon ib seroient expédiés; comment les garnisons seraient receûes dm les Provinces, et comment les Estats des Provinces permettroîoA aux gens de guerre d'y passer; comment on les ferait sortir d'une Province pour passer dans une autre ; qui disposeroit <b gouvernements et des charges de Majors dans les Païs Conqti et Associés; aussy bien que de celles des hauts Officiers, juaqn» à celles des Colonels exclusivement, dont le Prince d'Orange a voit autrefois In disposition; si on pourrait donner ces cbargei à des gens qui ne font pas profession de la Religion Reforma; si on procéderait à l'élection d'un Capitaine General ; quand, et en quelle manière elle se ferait; qui serait le juge, l'arbitre 01 le médiateur des différends qui pourraient naistre entre les Provinces; et comment les correspondances secrètes seraient entre* tenues.

Après quelques contestations les Provinces demeurèrent eifi d'accord (1): Que ce serait l'Assemblée Ordinaire des Estais Généraux qui feroit expédier les Ordres ou Routes pour la mar* che des troupes, après en avoir pris l'avis du Conseil d'Estst. Que le mesme Conseil seroit tenu d'Avertir de temps en teflfe l'Assemblée de Testât des fortifications des places frontières, ail que sur cet avis elle pust régler et changer les garnisons, en* formement à la nouvelle Instruction que les Provinces arresterest en mesme temps. Que les Députés qui seroient commis à Itapedition des Routes, jureraient de l'observer punctuellement; mesmes sans ancunc considération du serment qu'ils auraient au Provinces qui les auraient députés au Conseil; et qu'ils donneraient ordre aussy à ce que les villes et places ne manquasses! point de vivres ny de munitions. Que lors qu'il seroit neceasiiie de faire sortir une ou plusieurs compagnies d'une des Prorineei Unies, on le feroit trouver bon aux Estats de cette Province,» qui les Ordres seroient envoyés en blanc, afin qu'eux

(1) Le 16 Juin. 11 faut observer que la Hollande eût désiré Wnser la disposition des affaires de la guerre au Conseil d'Etat, où tf* influence était plus grande, parce qu'elle y avait 3 voix. V. Aitzenia, S. van Start. 111. 31. p. 545; Wageuaar, Ysdet* landsche Historié. XII. p. 163; Bilderdijk, Gesckiedems des Tek* fonds. IX. p. 42; v. Slingelandt, Staatkundige Gcsckriflen. T. UL p. 18, IV. p. 72.

Les principaux points que V Assemblée règle. 29

. remplissent des noms des Capitaines qu'ils voudroient faire iroher. Bien entendu que, de l'avis de toutes les Provinces,

fixeroit un nombre certain de compagnies qu'il seroit neces- Ire de laisser dans chaque Province, tant pour la garde des icet, que pour l'exécution des ordres politiques des Magistrats,

sorte qu'après ce Règlement on ne les pust diminuer ny anger, sinon en cas de nécessité indispensable, et du consentesot des Estats de la Province; comme aussy on n'en pourroit i augmenter le nombre, si ce n'est de leur consentement, u Ton seroit tenu d'avertir les Estats de la Province, et mes- * les Magistrats des villes, quand il seroit nécessaire d'y faire iser des troupes. Qu'il dépendrait des Estats de chaque Proies de changer les garnisons de leurs places, ainsy qu'ils le mveroient à propos, pourveu qu'ils en donnassent avis au oseil d'Estat (1). Qu'il leur seroit aussy permis, lors qu'ils ' trouveraient obligés par une nécessité pressante, d'envoyer r leurs ordres particuliers, quelques unes de leurs compagnies as les places du ressort de la Généralité qu'ils verraient meeees d'un péril eminent; pourveu qu'en mesme temps ils en nnassent Avis aux Estats Généraux et au Conseil d'Estat. Que i gens de guerre seraient tenus de -faire le serment de fidélité, n seulement aux Estats Généraux, mais aussy à ceux de la ovince qui les paye, aux Estats de celle où ils seroieut logés, au Magistrat de la ville où ils seroient en garnison. Que les raisons seroient changées de temps en temps, et que l'on en mit un bordereau generul, dont on donnerait copie aux Proaces qui la demanderaient. Les Députés des trois Provinces ; Frise, d'Overyssel et de Groningue approuvèrent cette Résotion, quoy qu'avec quelque reserve; ce qui n'einpescha point Hirtant qu'elle ne fust enregistrée, et qu'on ne passast outre

l'exécution. Car deux jours après plusieurs Officiers firent i serment touchant les Routes ou Patentes; et vers la fin de uin tous les autres Officiers qui estoient à la Haye, renouvellent le serment de fidélité (2). Le Comte Guillaume de Tassa u le fit aussy, et on luy fit l'honneur dans l'Assemblée e luy présenter un siège, à cause de sa qualité de Gouverneur

(1) Ainsi qu'a l'Assemblée des Etats Généraux.

(2) Résol. des Etais Généraux (Grande Assemblée) du 26 et du Juin 3651.

30 Correspondances serrâtes.

de Province; mais en près tant le serment comme Grand

de l'Artillerie et comme Colonel, il se tint debout et découvert.

Pour ce qui est des correspondances secrètes, il rot snes» té: due l'Estat cntretiendroit un Ministre à la Cour de l'Es* pereur, un autre à Madrid, un à Stocolm et un à Bruxdh* et il fut jugé qu'il estoit absolument nécessaire d'envoyer u Orateur ou' autre Ministre à Constantinople, tant parceque Corneille H a g a , en sortant de cet employ, oïl il s'estoit reafc assés agréable aux Ministres de la Cour Ottomane, y avoit fut espérer que les Estats luy don neroien t bientost un successeur, qai parce que Ton y estoit persuadé que les Princes et les qui n'entretiennent point de Ministres à la Porte, ont du pour son amitié, et se soucient peu de vivre en bonne intdE* genoe avec elle. On considèrent aussy que les autres Nations tt manquent pas de profiter de l'interruption de cette correspondu* ce, en obligeant celles qui n'y ont point de Ministres, d'y talquer sous la bannière de ceux qui y ont leurs Ambassadeurs os Résidents, et de rechercher une protection est ran gère, H fut n* so lu encore: Que les Ministres de cet Estât résidant en d'tot» Cours adresseraient leurs lettres ordinaires à l'Assemblée des Ettats Généraux, en reservant les choses secrètes pour une depesek particulière qu'ils feroient au Greffier, qui l'ouvriroit en la pisse n ce de quelques Députés que l'Assemblée nom mer oit pour esk Que les Gouverneurs des places frontières continueroient d'entretenir leurs correspondances, et pour l'adresse de leurs lettres qu'ils en useroient de la mcsrae manière que les Ministres. Mail l'on n'envoya point d'Orateur à Constantinople, par ménage, os par négligence; et le Règlement qui fut fait pour les correspondances et pour les depesches n'a jamais esté bien exactement observé.

La nouvelle Instruction que l'Assemblée fit pour le Conseil d'Estat (1) luy attribuent bien quelque chose de plus que ce ose les Provinces luy avoient donné par leur Instruction de l'a 1588, mais il ne laissa pas de faire difficulté de la recevoir, et refusa de prester serment pour l'exécution. Il s'excusa d'abord sur l'absence de la pluspart des Députés dont il estoit composé,

(1) Le 18 Juillet. Voir Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 6 Juillet 1C51; Aitzema, S. van Staël. III. 31. p. 576—581.

NomweUâ Induction pont le Conseil éFBëiat. 31

il déclara enfin: Qu'il ne pouvoit pas souffrir que Ton y changeât* et ajoutait plusieurs articles sans son avis. Qu'il y en avoit dont la pratique estoit absolument impossible, et d'autres qoi estoient couchés en des termes qui avoicnt besoin d'eobiicisaement, sans lequel la pluspart des Députés ne pourraient pu se résoudre à faire le serment que les Estats Généraux désiraient d'eux. Comme en effet pas un ne Ta voulu faire jusqu'

Il y restoit plusieurs autres points à régler, et entre autres oduy de l'expédition des congés et des passeports des gens de guerre, dont l'Assemblée des Estats Généraux et le Conseil d'Estat festoient pas d'accord entre eux, comme les Provinces de leur costé ne Festoient pas de la manière d'accommoder les difhrends qui pourraient naistre entre elles, et dont Y Union avoit réservé la connoissance aux Gouverneurs des Provinces qui viraient en ce temps là. On avoit fait plusieurs ouvertures pour cela sans succès; tellement que la pluspart des Députés de la Grande Assemblée ennuyés de la longueur de ses délibérations, qui bien souvent estoient interrompues par des affaires qui n'avoient rien de commun avec celles qui l'avoient fait convoquer, Irait résoudre (2) : Que la closture s'en feroit le 22 Juillet. Ceux de Frise voyant qu'on alloit la séparer représentèrent (3): Qn^Q estoit nécessaire de faire régler auparavant les correspondances secrètes, et les moyens d'ajuster les différends qui pourraient naistre entre les Provinces, et que cette illustre Assemblée lyant esté convoquée par les Estats de Hollande principalement pour renouveller et raffermir l'union, la concorde, l'amitié et la tonne correspondance, comme le seul fondement de la conservation de l'Estat, ils jugeoient qu'elle ne produirait pas l'effet qu'on s'en estoit promis, si on n'ensevelissoit dans un profond ci perpétuel oubly tout ce qui s'estoit passé entre elles l'année dernière, et si par une Amnistie générale on n'abolissoit la mémoire de tout ce qui avoit esté fait, soit de Province à Province, on par des personnes particulières. Qu'après la closture de l'As- •emblée on pourrait s'aviser de rechercher les actions du Prince d'Orange défunt, ou bien celles des autres personnes qui pour-

(1) Y. van 81ingelandt, Staatkundige geschriften. III. p. 18 svv.

(2) Le 15 Juillet 1651.

(3) Le 20 Juillet. Voir Aitzema, 1. c. 111. 31. p. 582.

32 La Frite propose mue Annuité générale.

roient avoir agy sous ses ordres, ce qui rouvriroit une pltyeqn deviendroil sans doute incurable, et jetteroit les Provinces m des divisions, qui détruiraient l'amitié qu'elles se doivent, d'ut manière qu'il seroit impossible de la resta blir. Ils partaient lia*/ à cause des poursuittes que les Estats de Hollande faisofcntfni contre ceux que Ton croyoit avoir eu part aux conseils qui avaient produit les troubles de Tannée passée: l'emprisonnement des à Députés, et le siège de la ville d'Amsterdam. Il importe doit de scavoir l'occasion et les particularités de la recherche qui m fut faite, et qui empescha alors pour quelque temps la elostare è la Grande Assemblée.

Jacob Catz, Conseiller Fensionaire et Garde des Sceaux è Hollande et Westfrise, se trouvant dans un âge fort avancé^ * ' ayant amassé de grands biens, en vouloit jouir en repos et poar cet effet se retirer du monde, quoy qu'il n'y eust jamais fut I* gure. Il avoit de temps en temps demandé son congé, et tonal on le luy faisoit espérer de jour à autre, avec quelque asseuram de l'obtenir, il déclara dans l'Assemblée des Estats de sa ht» vince: Qu'il se trouvoit saisy d'un acte que le feu Prince d'Orange luy avoit mis entre les mains, le 9 A oust de l'annA passée, avec ordre de le cachetter et garder, contenait la joit lication de ce que Son Altesse avoit fait à l'égard des six De» pûtes qu'il avoit fait arrester. Que le mesme jour luy Pensifnaire l'avoit communiqué à l'Assemblée, mais qu'elle n 'avoit psi jugé à propos de le faire lire. Qu'il avoit encore sous sa ehf un autre escrit touchant l'affaire d'Amsterdam, duquel il estât nussy demeuré chargé depuis l'année passée (1). Or daottnt que l'un n'estoit qu'une feuille volante, escrite d'une main inconnue et sans souscription, en sorte qu'il pouvoit estre desavoté, les Estats de Hollande désirèrent que Catz declarast sur le stf» ment qu'il avoit à l' Estât, qu'il n'avoit pas esté changé ny altent depuis qu'il estoit entre ses mains. 11 ne fut pas fort difficile k le vérifier, puisque les premières informations découvrirent kl noms de ceux qui y avoient travaillé, et Pou apprit que Cor* neille Musch, Greffier des Estats Généraux, en avoit dressé ou dicté la minute. Ceux de Hollande les firent examiner ftr des Députés, qui rapportèrent (2) : Qu'ils estoient d'avis, que kl

(1) Résol. des Etats de Hollande du 15 Juin 1651. Voir Aitiema, S. van Staël. 111. 31. p. 583, 584.

(2) Aitzema, 1. 1. 111. 31. p. 584.

Le CoMsalkr Pe*tio*mre de Hollande produit deux esrrits du Prince. 33

Estais de la Province dévoient justifier l'intention et le procédé de ceux qui, en Tan 1650, avoient pressé le licentiement des ronpes, et qui n'a voient pas voulu consentir à la levée du fonds sUaordinaire que le Conseil d'Estat avoit demandé. Et qu'il •toit nécessaire que cette Justification fust envoyée aux Estats foneraux, poux estre leûe dans leur Assemblée. Qu'il importoit le faire voir] au public, que cette grande deputation que les Vorinces avoient faite aux villes de Hollande, renversoit les six fondamentales de l'Estant, et estoit un attentat manifeste ontre la souveraineté des Estats de cette Province, en ce qu'elle ■toit à leurs Assemblées la liberté de leurs suffrages. Qu'il falrit faire des défenses aux villes de Hollande, d'admettre à Pave* ir cette sorte de Deputations, et faire instance auprès des nires Provinces, à ce que les Résolutions prises par les Estats leoeraux le 5 et 6 Juin 1650, fussent tirées des Registres du lieffe; et particulièrement la première, sur laquelle le Prince rpit fondé l'autorité qu'il disoit luy avoir esté donnée de faire rrester les six Députés, et d'envoyer les armes de l' Estât devant i ville d'Amsterdam, Que l'on avoit remarqué, que lors que *ic Resolution fut prise, l'Assemblée des Estats Généraux n'esât composée que d'un fort petit nombre de Députés. Que le msentement exprés des Estats des Provinces, sans lequel elle t pouvoit pas prendre une Resolution de cette nature, y manwit, et qu'il n'y avoit personne qui ne sceust qu'elle leur avoit (té comme extorquée par l'autorité presque absolue du Prince. Ail estoit nécessaire de faire condamner, et de supprimer les tires d'approbation qui avoient esté mendiées de quelques unes ss Provinces. Qu'il falloit que les Estats de Hollande declarasnt: Que le Prince en faisant arrester leurs Députés, leur avoit it une violence outrageante, et qu'en attaquant la ville d'Amerdam, il avoit entrepris sur la liberté et sur la souveraineté s la Province. Qu'il estoit encore nécessaire, que les villes ont les Députés avoient esté emprisonnés, les justifiassent par terit, et déclarassent: Qu'ils n'a voient rien fait qui ne fust contrôle aux intentions de leurs Committents, et aux ordres qu'on nr avoit donnés.

Mais les Estats de Hollande craignant d'effaroucher les autres 'ovinces à la veille de la closture de la Grande Assemblée, si les vouloit obliger à reparer le passé, jugèrent: Qu'il suitiit de faire une réponse formelle aux raisons du Prince, et II. 3

84 Les villes justifient leurs Député*.

d'exhorter les villes de justifier le procédé de leurs Députés (l), La ville de Dordrecht l'avoit fait incontinent après l'emprisonnsment de Jacob de Witt (2), et celles de Harlem, de Dell* de Horn et de Mcdemblic, et mesmes celles de Ooude et é$ Gornigbem le firent si hautement, et en des termes si forts 4 si avantageux pour leurs Députés, que Ton ne peut nier que h gloire dont leur persécution fut couronnée, ne la condemosik absolument, et ne verifiast l'innocence des persécutés.

Le Magistrat * d'Amsterdam déclara particulièrement: Qn'ajot veu réécrit par lequel on accusoit plusieurs Membres de la Prt? vince, d'avoir manqué à leur devoir, parce qu'ils avoient preaal la cassation de quelques troupes, et parce qu'ils s'estoient opp* ses à la grande deputation que les Estats Généraux avoient Mil aux villes de Hollande, il se trouvoit obligé de déclarer: Qtt André et Corneille Bickcr, Bourgueraaistres de leur vifl* estoient gens d'honneur, et très affectionnés au bien et au ssf+ vice de l'Estat. Que bien loin d'avoir travaillé à la dissolution de Y Unions et à la ruine de la Religion Beformée, ils avoiari employé tous leurs soins et tous leurs conseils à la conservation et à raffermissement de l'une et de l'autre. Qu'il ne se pouvol que la ville ne fust très satisfaite de leurs intentions et de ta» conduite, et particulièrement à l'égard de ce qu'ils avoient U pour le licenciement des troupes et l'Estat de la guerre, portf qu'ils n'a voient rien avisé qui ne fust conforme aux Résolution formelles du Conseil de la ville. Il y ajousta: Que la ville protegeroit et dédommageait ceux qui à cette occasion avenant souffert, ou pourroient souffrir encore; comme de son costé sfll pretendoit aussy qu'on luy fist réparation, et qu'on luy donnai satisfaction de la violence qui luy avoit esté faite. Elle l'obtint en effet quelque temps après, ainsy qu'il sera dit en son lieu.

Le Magistrat de Delft en justifiant ses Députés,, et particofif rement les actions de Jean Duyst van Voorhout, dedans Que ce que le Prince disoit en son Escrit à leur sujet, estoi contraire à la vérité; qu'en arrestant et détenant sa personnt)

(1) Résol. des Etats de Hollande du 29 Juin 1651.

(;2) Les pirces sont reproduites par Aitzcma, S. tan Staet.Vfc 31. p. 589 — 595. Pour celles des villes de Gouda et de Gonfr chem voir ; Résol. des Etats de Hollande du 20 Juillet et du M Août 1651.

Jutfaation générale, 85

an trait fait violence aux loix et à la liberté du Pais. Qu'on oit dissimulé, et qu'on avoil esté contraint de souffrir Vm dépoûillast Voorhout de ses dignités et de ses emplois, m que les temps estaient mauvais; mais que Ton n'en avoit i esté sitost délivré par le decés du Prince defunçt, qu'on ne rastablit et qu'on ne le deputast à l'Assemblée des Estats de Province.

Iprés ces justifications particulières les | Estats de Hollande larerent le 22 et 23 Aoust (1): Que l'emprisonnement de dques uns des Députés de leur Assemblée et le siège de la b d'Amsterdam, qui avoit esté entrepris presque en mesme ips, pouvant faire de mauvaises impressions dans l'esprit de x qui n'en connoissoient que l'extérieur, au préjudice irrepara- : de l'honneur et de la réputation de ces Messieurs, et mesme

la conduite du Magistrat d'Amsterdam, ils est oient obligés

détromper ceux qui pourroient estre prévenus de quelque uvaise opinion contre eux, et de faire voir que ces Messieurs

Wittf de Wael, Buyl, Duyst vau Voorhout, Keyr et Stellingwerf, et les deux frères André et Corille Bicker n'avoient rien fait qui ne fust entièrement conçue aux ordres de leurs Coinmittcnts, et au zelc et à la fidélité ils dévoient à leur patrie. Il n'y eut que les Députés de la le de Leide, qui estant en ce temps là fort passionnés pour la moire du Prince d'Orange (2) et pour les interests de sa lison, au lieu d'acquiescer à une Résolution que toutes les ires villes approu voient,' déclarèrent: Qu'elle avoit esté prise litre les formes et contre l'intention du Magistrat de leur ville, ainsy qu'ils n'y pouvoient pas consentir (3). Cependant les Estats de Hollande continuèrent de faire infor- ;r contre les auteurs de ces escrits, aussy bien que contre îx qui les avoient copiés. Ils firent interroger par des Comssaires un nommé lie y 1er si g, qui ayant esté précepteur, et

suitte secrétaire du Prince d'Orange, en avoit eu la confinée, comme aussy quelques Clercs du Greffe des Estats Gencîx, qui en avoient assés dit en leurs dépositions pour faire

1) Résol. des Etats de Hollande du 22 et du 23 Août 1051. ;te déclaration est accompagnée d'une très-longue défense de leurs cédés contre le Prince.

2) V. Archivée de la Maison d'Orange. 2: Série. V. p. 7. *) Résol. des Etats de Hollande du 23 Août 1051.

36 On informe contre le Seigneur de SommeUdick.

croire que c'estoit le Greffier qui en nvoit dressé la minute, sasy que nous venons de dire, et qui avoit esté un des prmeipett auteurs en la pièce, qui avoit esté représentée Tannée passée (i\ Il estoit decedé quelque temps après le Prince, et fort à pros«i tant pour sa personne, que pour l'honneur de sa famille, laqoell a trouvé le moyen de faire cesser les recherches, que la Jutis) avoit ordre de faire de sa vie et de ses actions.

On découvrit aussy par les mesmes dépositions que G ail les* me, Comte de Nassau, Gouverneur de Frise, et Corneillt Aerssens, Seigneur de Somelsdick (2), avoient eu bonne ptjl aux conseils du Prince aussy bien qu'à l'exécution de l1 d'Amsterdam. Aerssens estoit Colonel de cavallerie, et mandoit la garnison de Nimegue, et en cette qualité il avoit es** obligé d'obéir aux ordres du Prince d'Orange, qui estoit Capitaine General, et Gouverneur des deux Provinces de Gneknt et de Hollande. Mais d'autant qu'avec cela il avoit un particulier aux Estats de Hollande, tant parce qu'il estoit leur né et leur vassal, et que c'estoient eux qui le payoient, que pn* cipalement qu'estant du Corps de la Noblesse de la Province,! s'estoit trouvé à toutes les délibérations, et avoit acquiescé à tes les Résolutions des P^stats, on parla de faire informer luy. C'estoit un homme d'esprit et de coeur, et aussy cspftlej de répondre de son poste dans l'Assemblée, qu'à la teste son régiment de cavallerie, et à la garde de sa place. Il sftl esté appelle aux Estats en qualité de gentilhomme de la Fit» vinec de Hollande après le decés de François Aerssenit son père (3), qu'un mérite extraordinaire et la faveur du Priai) Henry y avoient fait entrer (4). Corneille estoit né à PiA pendant que son père y estoit Ambassadeur, et ayant pris si première éducation dans une Cour où le père estoit extrémemst considéré, il y avoit succé avec le lait des sentiments fort

(1) Résol. des Etats de Hollande du 15 Juin 1651.

(2) Déjà au mois de Février M. de Sommelsdyck préwj* qu'on lui en voudrait tôt ou tard. Ar<hives de la maison «P0r*»f* 2* Série. V. p. 32, 33.

(3) En 1641.

(4) Ce fut le Prince Maurice d'Orange qui, afin de disposer 11 majorité du corps de la Noblesse de Hollande en faveur de ses Ti y avait fait eutrer M. M. de Sommelsdyck et de Marquette

// ojfre de te juttifier. 37

ifei pour le gouvernement monarchique, et s'y estoit accoustu- ' à fine d'un air bien différent de celuy des habitants de ces ifiaces. U estoit aussy particulièrement attaché à la personne aux interests du Prince d'Orange, qui luy avoit fait confiée de l'affaire d'Amsterdam, et l'y avoit employé. Il scavoit

le Marquis de la Vie u vil le, qui estoit en ce temps là utenant Colonel, et fut depuis Evesque de Rennes, dont le nce s'estoit servy aussy, avoit esté interrogé, et que deux tonnes du Magistrat de Harlem (1) avoient rapporté quelque ae qui le regardoit.

"est pourquoy estant un jour entré dans l'Assemblée des lU de Hollande, il y dit (2): Qu'ayant appris que l'on fai-

informer de ce qu'il avoit fait l'année passée dans l'affaire msterdam, il estoit venu à la Haye exprés pour en rendre iple à ses Souverains, et afin que sa présence n'incommodast it la liberté de leurs suffrages, qu'il se retircroit et attendroit \ luy ce qu'il leur plairoit en ordonner. Il se leva en effet, ortit en raesrae temps de l'Assemblée, donnant par ce moyen grand avantage à ses ennemis, qui sans cela n'auroient pas leurs sentiments aussy librement qu'ils firent en son absence, loroient eu de la peine à y faire passer la Résolution qui y prise: Qu'il seroit interrogé par des Commissaires, et qu'il it oûy en ses défenses, pour en estre ordonné en suitte ce

seroit jugé à propos. Il ne se contenta pas de dire aux imissaires plus qu'ils ne luy demandoient; mais il confirma mes par un escrit de sa main, que le Prince defunct luy t confié le secret de l'affaire d'Amsterdam longtemps devant scution; en quoy les Estats jugeoient, qu'il avoit violé le sent qu'il avoit, et à la fidélité qu'il devoit à l'Assemblée et i Profince, par préférence à celuy qu'il avoit fait à la Geneé. H confessa entre autres choses (3), qu'estant dans son rtier an siège d'Amsterdam, il avoit dit à quelques Députés

le Magistrat de Harlem y avoit envoyés, parce que l'on y aplendoit qu'après l'emprisonnement de deux de ses Députés

démarches ne menaçassent leur ville, que ce n'estoit pas à

que le Prince en vouloit, et qu'il souhaitteroit que la ville

I M. M. van de Camcr et Guldcwagcn.

Résol. des Etats de Hollande du 6 et du 7 Juillet 105 1. Résol. dea Etats de Hollande du 15 Juillet 1651.

On découvrit aussy par les mesmes dépositions que me, Comte de Nassau, Gouverneur de Frise, et Aerssens, Seigneur de Somelsdick (S), avoient en aux conseils du Prince aussy bien qu'à l'exécution d'Amsterdam. Aerssens estoit Colonel de cavtile mandoit la garnison de Nimegue, et en cette qualité obligé d'obéir aux ordres du Prince d'Orange, qi Capitaine General, et Gouverneur des deux Provinces et de Hollande. Mais d'autant qu'avec cela il avoit particulier aux Estais de Hollande, tant parce qu'il est né et leur vassal, et que c'estoient eux qui le payoien cipalement qu'estant du Corps de la Noblesse de la s'estuit trouvé à toutes les délibérations, et avoit aeqi tes les Kesolutions des Estats, on parla de faire info luy. Cestoit un homme d'esprit et de coeur, et ai de répondre de son poste dans l'Assemblée, qu'à son régiment de cavallerie, et à la garde de sa pla< esté appelle aux Estats en qualité de gentilhomme vinec de Hollande après le decés de François i son père (S), qu'un mérite extraordinaire et la faveu Henry y avoient fait entrer (4). Corneille estoit pendant que son père y estoit Ambassadeur, et ay première éducation dans une Cour où le père estoit < considéré, il y avoit succé avec le lait des sentiment

(1) Résol. des Etats de Hollande du 15 Juin 1651.

(2) Déjà au mois de Février M. de Sommelsdyi qu'on lui en voudrait tôt ou tard. Aithites de la ataùot 2* N rie. V. p. 32, 33.

xror le gouTerneni«rK iMTarr'.B-. ï ~ s^" *-n:« rifre d'an air bien iiffrar Le =trr ùs moctz^ - «s. 11 estoit aussy rir^n2î=-ns=ii xuesi: . w*o

interests du Prince cûrni* :p zr j-z ls: rr le l'affaire d' Amsterdam, r. 7y i-ût =3l'^. - -et-

Marquis de la Vieufili*. :tl «=^ - e =slîant Colonel, et fut depas Insœ -± i=3* 534

s'estoit ser?T aussy, afoh «te' iea du Magistrat de Harkm (1) aTT* jui le regardoit.

; pourquoy estant on jour entré dii*

de Hollande, il y dit (2): Ou ayant çra r& m -7. a*.iformer de ce qu'il a*oit fait Tannée pasee lee* - scfcr» terdara, il estoit Tenu à la Haye exprès :c^r a as e à ses SouTerains, et afin que a préas-s *izsiwa-vu* la liberté de leurs suffrages, qu'il se icûaa-ji: « îtya-tr^i hy ce qu'il leur plairoit en ordonner. H se 1er* n *fa. rttt en mesme temps de 1" Assemblée, donnant par ce aoy*a rend avantage à ses ennemis, qsrï sais cela n'aarcieaï aa* ors sentiments aussy librement qu Os firent en son a'çse&ce. roient eu de la peine à y faire passer la Beaohrân \u y rise: Qu'il seroit interrogé par des Commissaire!, ex qu"i

oûy en ses défenses, pour en estre ordonné en sûte « eroit jugé à propos. Il ne se tentent* pas 4e dire rix lissaires plus qu'ils ne hy deminicioit: suis il rc-.irLa es par un escrit de sa main, q-* * Prabtt iefinn: 'UT

confié le secret de l'affaire a Amsterdam Varup 1^\ ution; en quoy les Estata jagoÛK, çil ~«âs »>£ fe ut qu'il avoit, et à la fidélité q*" il derr^ i rAssem^ ~ ProTince, par préférence à celuy qu'il aTsô te i u G-^l . H confessa entre autres choses (S). &&&. ^lt " J^ icr au siège d'Amsterdam, il aToh cît i q^Jq^ ^, "^ e Magistrat de Harlem y aToit ««ffc, pu* ^ rw^ Vndoit qu'après l'emprisonnement de deu et «s I*-r- *^ jemarebcs ne menaçassent leur Tille, qœ ee 1»-:- ^^ que le Prince en vouloit, et quïl soûlas^ ^ */^

de Camer et (iulde**ttfc-

)MM. van de Camer et ('ulde**ttfc-

) Résol. des Etats de Hollande dt 6 et fe 7 J«rlW

I Saol. des Etate de Hollande d, H J^ Jjf1 "»'

36 On informe contre le Seigneur de SommeUdick.

croire que c'estoit le Greffier qui en avoit dressé la minute, ai* sy que nous venons de dire, et qui avoit esté un des prmapMB auteurs en la pièce, qui avoit esté représentée Tannée passée (1)1 11 estoit decedé quelque temps après le Prince, et fort à tant pour sa personne, que pour l'honneur de sa famille, laquafc a trouvé le moyen de faire cesser les recherches* que la JtstMl avoit ordre de faire de sa vie et de ses actions.

On découvrit aussy par les mesmes dépositions que G u Ultime, Comte de Nassau, Gouverneur de Frise, et Corneilk Aersscns, Seigneur de Somelsdick (2), avoient eu bonne ptjt aux conseils du Prince aussy bien qu'à l'exécution de l'afNft d'Amsterdam. Aerssens estoit Colonel de cavallerie, et mandoit la garnison de Nimegue, et en cette qualité îl avoit est; obligé d'obéir aux ordres du Prince d'Orange, qui estoit Capitaine General, et Gouverneur des deux Provinces de GadÉt et de Hollande. Mais d'autant qu'avec cela il avoit un particulier aux Estats de Hollande, tant parce qu'il estoit leur né et leur vassal, et que c'estoient eux qui le payoient, que pris* cipalement qu'estant du Corps de la Noblesse de la Provinoa, 1 s'estoit trouvé à toutes les délibérations, et avoit acquiescé à to» tes les Hesolutions des Estats, on parla de faire informer luy. C'estoit un homme d'esprit et de coeur, et aussy ctpilfc de répondre de son poste dans l'Assemblée, qu'à la teste A son régiment de cavallerie, et à la garde de sa place. H a*4 esté appelle aux Estats en qualité de gentilhomme de la ft* vince de Hollande après le decés de François Aerssesii son père (3), qu'un mérite extraordinaire et la faveur du Prn* Henry y avoient fait entrer (4). Corneille estoit né àPirî pendant que son père y estoit Ambassadeur, et ayant pris * première éducation dans une Cour où le père estoit extrémentfsj considéré, il y avoit succé avec le lait des sentiments fort

(1) Résol. des Etats de Hollande du 15 Juin 1651.

(2) Déjà au mois de Février M. de Sommelsdyck préTOjsl qu'on lui en voudrait tôt ou tard. Atthives de la maison <F Ora*§* 2« Série. V. p. 32, 33.

(3) Eu 1641.

(4) Ce fut le Prince Maurice d'Orange qui, afin de disposer 11 majorité du corps de la Noblesse de Hollande en faveur de ses vas\ y avait fait entrer AI.M. de Sommelsdyck et de Marquette a

Le Comte de Natta* compris dans ? accusation. 39

tant parce qu'il avoit fait partie de l'Assemblée qui ïs des Besolutions si formelles contre les intentions du 3|ue parce qu'estant sujet d'une Province, il avoit aidé à r dans ses entrailles; tellement que quand il n'auroit pas e Prince de ses conseils, ny aidé à l'exécution, son siauroit pas laissé d'estre criminel, et qu'il meritoic pour

la mesme peine, dont on menaçoit celuy qui avoit bien LJier l'action du defunct. Que le bruit qu'il avoit fait ti prétendu traitté de la ville d'Amsterdam et du Parle- » Londres estoit d'autant plus dangereux qu'il estoit ca- * ruiner la ville, et d'exposer le Magistrat, avec tout ce avoit de personnes accommodées, au pillage et à l'insoft petit peuple, qui estoit extrêmement animé contre les 1 cause de leurs déprédations.

'oit parlé dans sa déposition du Comte de Nassau, leur de Frise, et bien que celuy cy ne fust pas sujet des de Hollande, ny obligé de reconnoistre leur justice, si que les Députés de Frise croy oient devoir faire son aclement. Le Sr. de Somelsdick de son costé avoit orne dans une des plus considérables familles de Frise (l), me d'ailleurs il estoit serviteur de la Maison d'Orange, r de leur Gouverneur, ils firent de grands efforts pour Thonneur de l'un et la vie de l'autre. Dans cette veûe resenterent à la Grande Assemblée: Que pour la faire m contentement de tous les Alliés, il ne suffisent pas de ier les Provinces entre elles, mais qu'il estoit nécessaire 'ensevelir dans un profond et éternel oubly toutes les ac- » particuliers, sans aucune reserve. Les Estats de Holigeoient que pour faire perdre le souvenir de ce qui s'esssé l'année dernière, il suffisoit d'oster du Registre les ions du 5 et du 6 Juin, et d'abolir la mémoire des comi que quelques Provinces avoient faits au 'Prince, sur onnement des Députés, et sur le siège d'Amsterdam ; et Alliés dévoient se contenter de la sincérité de leur in-

Ils disoient (2): Qu'ils avoient protesté incontinent i mort du Prince d'Orange, qu'ils oublieroient volonit ce qui s'estoit passé pendant sa vie, et qu'ils protestoient

m Waltha.

ésol. des Etats de Hollande du 27 Juillet 1651.

38 II est renvoyé à h justice.

d'Amsterdam ne fust pas plus criminelle qne celle de ! Que sur l'empressement avec lequel ces Députés avoient detf scavoir, ce qui fa i soit le crime d'Amsterdam, il leur avoit repudû: Que le Prince avoit esté âverty de très bonne part,qiftb Magistrat d'Amsterdam avoit fait un traitté particulier aveeb Parlement de Londres pour un secours de 10,000 hommes, commandés par des Colonels et par d'autres Officiers, dont kl km que l'on avoit donnés au Prince marquoient les noms et ta qualités. Acrssens voulut s'en justifier, en disant, qu'il ib avoit parlé aux Députés de Harlem que par manière dediteo*!, en s'entretenant avec eux des nouvelles et des bruits qui enroient. Il dit aussy, qu'estant officier de guerre, il ne point sans crime refuser d'obeïr à son Capitaine General, et qu'il sV voit pu divulguer un secret dont il n'avoit point de preuve, è peur d'estre désavoué, et de passer pour calomniateur (1). M» les Estats de Hollande trouvèrent cette défense et sa justifiât» d'autant plus foible, que comme officier il estoit aussy à fa* serment, et n'estoit pas obligé de marcher sans un ordre ftf escrit, et en ayant un il ne pouvoit pas appréhender d'est» soupçonné de vanité ou de calomnie; de sorte que jugeant fofr faire de la dernière importance, ils en renvoyèrent la conno*" sanec à In Cour de Justice (2), à dessein de luy faire faire M procès, bien que contre l'avis des Députés de Leide.

Ceux qui avoient encore quelque considération pour la ae* moire du Prince defunct disoient, qu'il estoit entré dans l'employ estant encore fort jeune. Que pendant la vie de son pcK il ne s'estoit pas fort appliqué aux affaires, et n'avoit chercs^ de l'occupation que dans le divertissement. Que personne nVsft pris le soin de luy enseigner ce qu'il devoit à l'Estat, quil s* connoissoit pas bien, non plus que la souveraineté de la Pro* vince de Hollande, dont il estoit sujet, officier et ministre. Mû» que ceux qui avoient eu part à ses conseils si opposés au repof de l'Estat, ne pou voient pas se couvrir du prétexte de «tto ignorance. On croyoit pouvoir rendre le Sr. de Somelsdick

(1) M. de Sommclsdyck rappelle aux Etats qu'eux-mêmes apb avoir eu connaissance de ce que le Prince d'Orange avoit lait, se sont tenus très-tranquilles. En outre il se défend contre u chef d'accusation dont notre auteur ne parle pas, c'est qu'il aanft été à Amsterdam afin d'épier les moyens de défense de cette ville.

(2) Résol. des Etats de Hollande du 21 Juillet 1651.

Le Comte de Nassau compris dans f accusation. 30

criminel, tant parce qu'il avoit fait partie de l'Assemblée qui irait pris des Résolutions si formelles contre les intentions du Prisée, que parce qu'estant sujet d'une Province, il avoit aidd à l'attaquer dans ses entrailles; tellement que quand il n'auroit pas fortifié le Prince de ses conseils, ny aidé à l'exécution, son silence n'auroit pas laissé d'estre criminel, et qu'il meritoit pour k moins la mesme peine, dont on menaçoit celuy qui avoit bien osé justifier l'action du defunct. Que le bruit qu'il avoit fait courir du prétendu traitté de la ville d'Amsterdam et du Parle* ■eut de Londres estoit d'autant plus dangereux qu'il estoit capable de ruiner la ville, et d'exposer le Magistrat, avec tout ce qu'il y avoit de personnes accommodées, au pillage et à l'insolence du petit peuple, qui estoit extrêmement animé contre les Ànglois à cause de leurs déprédations.

Il avoit parlé dans sa déposition du Comte de Nassau, Gouverneur de Prise, et bien que celuy cy ne fust pas sujet des Iitats de Hollande, ny obligé de reconnoistre leur justice, si est ee que les Députés de Frise croyoient devoir faire son accommodement. Le Sr. de Somclsdick de son costé avoit jris femme dans une des plus considérables familles de Frise (1), et comme d'ailleurs il estoit serviteur de la Maison d'Orange, et amy de leur Gouverneur, ils firent de grands efforts pour «Hiver l'honneur de l'un et la vie de l'autre. Dans cette vcûc ib représentèrent à la Grande Assemblée: Que pour la faire dorre au contentement de tous les Alliés, il ne suffisoit pas de reconcilier les Provinces entre elles, mais qu'il estoit nécessaire tusey d'ensevelir dans un profond et éternel oubly toutes les actions des particuliers, sans aucune reserve. Les Estats de Hollande jugeoient que pour faire perdre le souvenir de ce qui s'estoit passé l'année dernière, il suffisoit (Poster du Registre les Besolutions du 5 et du 6 Juin, et d'abolir la mémoire des compliments que quelques Provinces avoient faits au 'Prince, sur l'emprisonnement des Députés, et sur le siège d'Amsterdam; et que les Alliés dévoient se contenter de la sincérité de leur intention. Ils disoient (2): Qu'ils avoient protesté incontinent après la mort du Prince d'Orange, qu'ils oublieroient volontiers tout ce qui s'estoit passé pendant sa vie, et qu'ils protestoient

(1) van Waltha.

(2) Résol. des Etats de Hollande du 27 Juillet 1651.

40 La Noblesse de Hollande intercède pour le Seigneur ie Somds&ck.

encore qu'ils ne s'en souvenoient plus ; mais que ce n'estât pu à leurs Alliés à se raesler des affaires domestiques de leur h* vince, ny à les empescbcr de faire agir la justice ordinaire eo* \ tre un de leurs sujets, à qui on conserver oit son bon droit dart toute son estenduc. La pluspart des Provinces avoient approuvé l'action du Prince, et eu craignoient les suittea, aussy bien qie le juste reproche que la Hollande leur pourroit faire: c'est pov quoy elles vouloient que l'Amnistie fust générale, et qu'elle s'» tendist à toutes sortes de personnes sans exception, et que pov cet effet on fit oster des Registres du Greffe tout ce qui m pourroit faire revivre le souvenir, et particulièrement les Resohk» tions du 5 et 6 Juin, sans lesquelles le Prince d'Orange n'ttroit pas osé entreprendre d'arrester les Députés de Hollande, ij se servir des armes de l'Estat contre la ville d'Amsterdam, awe les lettres et les actes que les Provinces avoient employés pou approuver l'un et l'autre.

Les Estât s de Hollande se trouvant pressés par la forte intercession de la Noblesse de la Province, qui parloit avec ebatar pour un gentilhomme de son corps, y donnèrent enfin les mains, tant par complaisance pour leurs Alliés, que pour d'autres puîa* santés raisons, qui les y convioyent. Ce leur estoit une grandi gloire et un avantage incomparable d'un costé, de se voir prier d'agréer un acte, qui dcsavoiioit et condemnoit non seulement tout ce que le Prince defunct avoit fait, mais aussy l'autorité* a* quelques uns des Députés de l'Assemblée Ordinaire luy avoient donnée en effet ou pretendoient luy avoir donnée, de violer k liberté de la Province en arrestant ses Députés et en entreprenant le siège d'Amsterdam. Comme de l'autre costé ce leur estoit une grande satisfaction de voir les inesmes Estats Généraux presser le désaveu et la suppression des rcmerciments offensants et scandaleux dont quelques unes des Provinces avoient flatté k Prince d'Orange. Aussy ne vouloient ils point se charger da reproche que la postérité leur auroit pu faire, d'avoir permis q* cette illustre Assemblée se separast, sans rien résoudre ou couclurre parce qu'elle entrainoit indubitablement après elle la ruiis de l'Estat et la dissipation de V Union. Ce fut là la principale raison pourquoy ils permirent enfin que le Sr. de Someltdick fust compris dans l'Amnistie (1), à condition toutefois qu'il

(1) Voir sur les dispositions des Etats de Hollande à regard de

F Amnistié. La ctoslare- de la Grande Assemblée est attestée. 41

'aurait point d'entrée dans l'Assemblée des Estats de la Pronce, que le temps n'eust effacé la mémoire du passé, eusorte .Ils pussent trouver bon de l'y admettre un jour, à la prière t l'Ordre de la Noblesse leur en feroit (1). Ce fut sur cette déclaration que la Grande Assemblée arresta janistie (2), par laquelle les Alliés se promettaient, qu'ils ne souviendroient ny ne témoigoeroient point de ressentiment ce qui s'estoit passé en Tannée 1650, ny contre les Provinces gênerai, ny contre aucune famille, ou personne en particulier; ta au contraire qu'ils en banniroient le souvenir de leur esprit urne si cela ne fust jamais arrivé. Et pour cet effet que les solutions du 5 et du 6 Juin seroient tirées des Registres du sffis, biffées et annulées comme si elles n'avoient jamais esté les, avec tout ce qui avoit esté fait en suitte des mesmes Boitions comme des choses odieuses, dont il importait d'abolir la noire à perpétuité (3).

kprés cela il n'y avoit plus rien qui pust justifier le Prince ) range sur l'emprisonnement des Députés et le siège d'Am-

de Sommelsdyck, les détails que celui-ci en donne lui-même 1 sa correspondance avec le S tad bouder de la Prise. Archives de maison d'Orange. 2« Série. Y. p. 41 svv.

L) M. de Sommelsdyck lui-même croyait qu'on avait poussé e amure de la sorte, afin d'obtenir ce résultat. Archives. 2* Série, p. 43, 44. — 11 paraît pourtant que le parti anti-Orangiste aurait ré de plus fortes mesures, vu que Wicquefort, qui pouvait i bien informé des intentions de ce parti, dit qu'il s'agissait de rer sa vie. Voyez ci-dessus. — Ce n'est qu'avec beaucoup de peine les amis de M. de Sommelsdyck ont pu le persuader de se mettre à cette condition. Archives. 2« Série. V. p. 47, 50. Résol. Etats de Hollande du 7 Août 1651.

I) Le 19 Août 1651. Voir: Aitzema, S. van S lue t. 111. 31.

S) Dans le texte de la Résolution on lit: ,Mais qu'au contraire Haut le tout, comme si cela n'estait jamais arrivé, ils tiendront r cet effet la dite Résolution des 5 et 6 Juin, comme non prise, ta et de nulle valeur, comme aussi tout ce qui a esté fait en vertu en suite d'icelle et ce qui s'en est suivi en quelque manière que puisse estre. (Traduction de Wicquefort dans les Pièces Jusatives). — La Frise poussa l'amnistie d'une manière assez forte, fit comprendre par le discours de ses Députés qu'elle n'avait pas fention de se laisser tout-à- fait subjuguer par la Hollande: elle fut îyée par les députés de Groningue. Aitzema, 1. c. 111. 31. p.

42 Les plu* importante* Résolution* i$ I* Ortmdê Ammtik.

sterdam, dont quelques unes des raesmes Prorinces, qui i de condamner sou action, Taf oient autrefois remercié, et doit è les l'auroicnt remercié encore s'il eust esté en vie. Ce fit & k plus grande et la plus considérable Resolution qui fuit prisJ dans cette Assemblée; tellement que donnant la dernière perfection à tout ce qui s'y estoit fait, il n'y avoit plus rien <pri M pust empescher la closture.

Mois devant que de parler des affaires estrangrres qui pemtf avoir quelque rapport à celles cy, nous dirons que les plus nv portantes Kcsolutions qui furent prises dans la Grande < à Tcgard de l'Estat en gênerai, peuvent estre à peu presi aux points suivants (l). Que Y Union subsisterait à revenir ai» qu'elle avoit subsisté jusqu'alors, dans les termes qu'elle a eé conclue à Utrccht en Tan 1579. Que chaque Province muatiei droit dans l 'este n due de sa souveraineté la Religion Reforafc en la mesmu manière qu'elle a esté expliquée par le Sinode i Dordrecht. Que chaque Province en particulier, et l'Estat « général, à l'égard des pinces qui sont de son ressort immenirtB ment, einpeschcroicnt de tout leur pouvoir que l'on n'y fist poil de changement ny d'altération. Que les religions et les secte qui avoient esté tolérées jusqu'alors, et qui n'estoient point a la protection particulière de l'Estat, continueraient de jouir é la liberté qu'où leur avoit accordée, pourveu qu'elles ne ! rien qui pust troubler le repos public, et que l'on ne troit point qu'elles s'estnhlisscut ailleurs, où elles n'avoieat pis encore esté souffertes. Que les Ordonnances et les Decluatioti publiées contre les Catholiques Romains scroient exécutées idoi leur forme et teneur, et que Ton s'opposeroit, autant que «■ se pourroit faire sans contrevenir au traitté de Munster, à ■ licence que les gens d'Eglise se donnoient, d'entrer dans le pé sans la permission des Estais. Que les Résolutions qui ontfltf prises touchant le service que les Ambassadeurs font faire cte eux, et touchant la reformation de la Mairie de Bois le D* et des autres Quartiers immédiatement sujets à la Généralité' » roient punctuellement exécutées, en remplissant toutes les àaxffl des Baillis, des Secrétaires, et des autres officiers de persou» qui feroient profession de la Beligion Kcformée. Pour les tittW

(l) C'est eu partie uuu récapitulation de ce qu'on a lu ci-dcT» p. 28 svv.

Touchanl ? Union, la Religion, 43

k h guerre: Que les Estats Généraux eu disposeroient de l'avis 4ê Conseil d'Estat et ce par provision, jusqu'à ce qu'il en auroit Mai autrement ordonné. Que les Estats Généraux feroient aussy ftpdier les Boutes ou Patentes, de l'avis du mesme Conseil. Qrtpres que le Président et deux Députés, c'est à dire un de statue des deux Provinces qui se suivent, les auroient signées, Ikqve le Greffier les auroit contresignées, on les envoyer oit au Conseil d'Estat, scellées du Grand Sceau, pour les y faire signer fu la Président, contresigner par le Secrétaire, et sceller, afin qm le Conseil les envoyé en cet estât au lieu où elles doivent ■In exécutées, due le Conseil d'Estat auroit le soin d averti de temps en temps les Estats Généraux de la constitution des tjluts frontières, de leurs garnisons et fortifications, afin qu'ils hmiiil les ordres nécessaires pour les unes et pour les autres. file les Provinces feroient un Beglement par lequel elles obliceux qu'elles députeront à l'Assemblée des Estats aux, de faire serment; qu'ils feront expédier les Routes Il latentes ainsy qu'ils jugeront en conscience devoir faire pour b bien de l'Estat, sans aucune considération de l'intcrest de la farinée qui les employé, et du serment qu'ils luy ont. Que la ■esse Assemblée auroit le soin, de l'avis du Conseil d'Estat, Il pourvoir les places frontières de garnisons suffisantes de dits»* nations; que les autres compagnies soyent logées dans kl villes voisines, afin de pouvoir estre employées aux lieux là Ton en auroit besoin, et que les magasins soyent remplis de ■mitions nécessaires. Que lorsqu'on voudroit faire sortir des taipes d'une Province, il faudroit en donner avis aux Estats de ■ mesme Province, ou bien à leurs Conseillers Députés, leur •arquer les raisons qui y obligent l'Estat, et leur envoyer les tontes, en laissant les noms des Capitaines en blanc, pour estre *r eux remplis, ainsy qu'ils le jugeront à propos, et qu'ils y signent leur Lettres d'attache. Que pour faciliter l'exécution h ee point, les Alliés demeureroient d'accord: Que l'on affecte - Bit un certain nombre de compagnies à chaque Province, tant ptnj la garde des villes, que pour appuyer l'autorité des Mapstrata, et que ce nombre ne pourroit pas estre diminué, sinon il consentement exprés des Estats de la Province, à laquelle iDes seront affectées, et avec cette condition expresse, d'estre «nvoyées dans la mesme Province dés que le péril ou la necesité qui les en auroit fait sortir, viendroit à cesser. De mesme que

44 les mjaire* de la fwerre.

1*011 no fcroit pas entrer des troupes, dans une des Profitai Unies, sinon du consentement, par l'autorité, et sur les Pstei des Estats de la mesine Province. Que cela aurait lies ssm) à l'égard du passage des gens de guerre par une des Protim Unies, ou par une de leurs villes closes, où le consentement dsi Estats ou des Magistrats seroit aussy d'une nécessité ahsalii; comme de l'autre costé les Magistrats estant de bonne hem avertis de la inarche des g3ns de guerre, donneroient ordre à leur passage, en leur faisant ouvrir les portes, et en soufrait qu'on establist des estappes. Que les Estats de chaque Provinai jHHirroicnt changer les garnisons des places de leur ressort aiasy qu'ils le jugeroient à propos, en avertissant le Conseil d'Estat (1) de leur intention, et mesmes envoyer quelques compagnies do leur Province dans une des places frontières immédiatement sajettes à la Généralité, s'ils jugeoient qu'elles pourraient estre attaquées ou surprises; comme aussy les faire revenir dans k Province sur leurs ordres particuliers après que le danger seroit passe, en donnant avis de l'un et de l'autre au Conseil diktat (2), si ce n'est que ces compagnies fussent affectées à di certaines garnisons, ou que les Estats Généraux eussent envoyé ordre au Capitaines d'y demeurer, devant que les Estats de k Province qui les paye, les. cust révoqués. Que les gens de gnon feraient le serment de fidélité non seulement aux Estats Geaeraux, qui représentent V Union, mais aussy k ceux de la Provisoi qui les paye, ii ceux de la Province où ils sont logés, et iony au Magistrat de la ville où ils sont en garnison, et mesmes ni Officiers des bourgs et des villages, lors qu'on sera oblige de les loger ii In campagne. Que les garnisons scroient changées sdos les occasions et selon la conjoncture des affaires, et que Ton es feroit un bordereau fort exact, dont on donnerait copie aux rYovinees qui la deinandcroient. Que les gouvernements et commun déments des places do la Généralité dépendraient de toos ht Alliés, qui en pourraient disposer par leurs Députés que Tos appelle communément les Estats Généraux, comme le Conseil d'Est ut disposeroit des charges de Majors des mesmes places. Une les mesmes Alliés continueraient de disposer des hutttrt

si } *• - *

raccommodement des différends entre les Provinces. 45

i, tant de œlles dont ils ont disposé de tout temps, que tstres dont ils avoient laissé la disposition au Prince d'Onflige comme à leur Capitaine General, et qu'elles ne seraient Ijimmétn k l'avenir qu'à des personnes qui feroient profession de M-ldigion Bétonnée (1). Qu'en cas de différend ou de mesinijtffeeoce entre les Provinces, pour des affaires qui ne peuvent ïp$ «tre résolues par la pluralité des voix, suivant le texte de LfMftt, on nommeroit sept personnes, c'est à dire une de cha- |Hm des sept Provinces Unies, y compris les Gouverneurs de '^9mm qui en ont, qui proposeraient des moyens d'accommojçlmit entre les Provinces intéressées; et s'ils n'y pouvoient Jfm réussir, les parties nommeraient des arbitres, qui avec les r*pt Députés feroient un nombre égal. Comme si, par exemple, ^b démeslé estoit entre une seule Province d'un costé, et les six Mires Provinces de l'autre, la Province qui serait seule nomme- ÉtMÎt encore unze arbitres, et les six Provinces six autres arbitres, (• sorte qu'il y en aurait douze d'un costé aussy bien que douze yjb l'autre. Que si deux Provinces avoient quelque différend avec jb cinq autres, les deux nommeroient encore huit arbitres, et les Aq Provinces cinq autres arbitres, en sorte que de chaque costé ■ y en eust dix. Et enfin, si le différend estoit de trois Proffeeet k quatre, les trois nommeroient neuf nouveaux arbitres, et lu quatre* en nommeroient huit, tellement qu'il y en eust enlevé douze de part et d'autre. Que les mesmes arbitres pourticat nommer un surarbitre à la pluralité des voix, et si elles •talent partagées que le sort déciderait le partage. Qu'ils p renvoient le rang des Provinces qui les employeroient, et feroient m serment particulier, de juger sans passion et sans interest; lût qu'ils tascheroient tousjours de porter l'affaire à un accommodement, devant que de la décider, et reserveroient aux uns et Mx autres les moyens de récusation. Que les Provinces tieniroient la main à ce que les sentences fussent exécutées, nonobstant oppositions ou appellations quelconques (2). Que l'on

(1) Voir néanmoins Aitzema, S. van Staet. III. 31. p. 598.

(1) Ce que Wicquefort dit pourrait faire penser que les Provinces finirent par s'accorder sur la manière dont par la suite onter- Auierait les différends. Un peu plus loin il se repreud, et dit que Ftflaire ne fut pas décidée. Voyons ce qui en est. Après que les Kpt Provinces eurent présenté chacune un avis différent (Voir S. M.

46 Ut

continueroit d'entretenir les correspondances secrètes, ainijot'eV les avoient esté entretenues auparavant; les Ministres qui sans* T Estât dans les Cours est rangeres, adressant leurs lettres oraV naires à l'Assemblée des Estats Généraux directement, et In sfr fuircs dont le secret devrait estre ménagé, au Greffier, quiownroit les lettres en présence des Députés que l'Assemblée nosat» roit pour cela, afin d'en faire rapport à l'Assemblée des Kstasi Généraux, et que ces mesmes Députés communiqueroieat su Ambassadeurs et aux Ministres qui résident de la part deFEstt dans les Cours estrangeres, les Résolutions, les lettres et les M» moires qu'ils jugeraient leur devoir estre communiquées (1),

L'uutorité que les Princes d'Orange avoient eue de fat marcher les troupes sur leur ordre particulier, et ce qui en esta» arrivé, il y avoit un an. au sujet de la ville d'Amsterdam, obligèrent les Estats de Hollande à apporter cette grande

S. de Ranitx, Academiifk proefochrift oter artikel 68 ier Ôfwhà, eue, p. 71 st.) il se fit le 21 Juillet une proposition relative à si sujet que les Députés de Frise et de Groniugue désirèrent nxxfiie} afin de préserver les droits des Stadhouders dans les Provinces oi il y en aurait. La Hollande à son tour déclara que pour ce q« ennemie les contributions (confenteii) elle ne se soumettrait pat Si jugement des arbitres. On sait que pendant quelque temps essoM l'Assemblée traîna à cause de l'opposition des Etats de Hollande! l'amnistie proposée, mais lorsqu'aussi ectte affaire fut vidée, et qu'a désira sérieusement dissoudre l'Assemblée, la décision des différend! revint en< ore une fois sur le tapis, et quatre Provinces (la Gueldrç la Zélande, l*t redit et l'Ovcrisseli acceptèrent la proposition du Jl Juillet avec les modifications qu'on y avoit introduites. La Hollttfc qui insistait toujours sur l'exception qu'elle jugeait convenable, fat iuvitéc de piéseuter son uvis si tôt que faire se pourrait, dans l'Attablée ordinaire des Etals (Généraux; tandis que les Députés de Fri* et de lirouiuguc de leur côté soulevèrent de nouvelles difficultés. Aini rien ne fut décidé. Douze ans plus tard la Hollande a tâché de to agréer cette proposition; mais ce furent alors les autres Provinces s* firent les dillieiles. V. Késol. des Etats de Hollande du 2 Mai 1661 van "VVijn, XalrtzittgeH. 11. p. 126 — 130.

(1) Les Etats de Hollande s'opposèrent à ce que les Résolutioai définitives de la Grande Assamblée fussent ajoutées au texte di l'Union d'TJtrceht. Résol. des Etats de Hollande du 20 Juillet 165L Ils prirent des mesures rigoureuses contre la publication de l'ouvnp d'Aitzcma, le Hcrstclde lsemc> par ce que cet auteur avait divuW les avis et les propositions des l'rovinces.

La cloëture de la Grande Jtsemblée. 47

au Règlement que Ton fit pour l'expédition de9 Patentes i lottes, afin de n 'estre point surpris, comme ils l'av oient esté, ir nue armée qui s'estoit trouvée au coeur de la Province, délai qu'ils sceussent qu'elle marchast. Ils n'acquiescèrent point ■ pins à ce que les autres Provinces pretendoient faire arresrt touchant raccommodement des différends qui pourraient naisi entre elles, parce qu'ils ne vouloient point que leurs Alliés

donnassent l'autorité de les contraindre de consentir à des itributions extraordinaires, contre leur sentiment. Les Pro- *ee de Frise et de Groningue insistoient de leur costé à ce l les différends qui ne pourroient pas estre ajustés par les Al* i à l'amiable, fussent réglés par les Gouverneurs et Lieutenants ■oraux des Provinces ; bien que les Députés demeurassent près r tons d'accord, que Y Union n'avoit rien disposé pour cet égard, on par provision, et qu'elle avoit considéré les personnes et le rite, et non les charges de ceux à qui elle avoit voulu laisser Mineur de la décision de cette sorte de différends. Tellement I ce point ne pouvant pas estre absolument arresté et résolu,

le renvoya à l'Assemblée ordinaire, laquelle ne l'ayant pas fi encore, il faudra nécessairement, si à l'avenir il arrive alqne mauvaise intelligence entre les Provinces, que l'on en este les suittes par les moyens ordinaires dont les Souverains i sont estroitement alliés entre eux, ont accoustumé de se scr-

en de semblables rencontres ; c'est à dire par des conférences sables, ou par l'entremise de leurs amis communs, et non par le d'un Ministre, qui peut bien servir ses Maistres et ses Soudains de ses avis et de ses conseils, mais à qui on ne doit pas amer la puissance de régler et de décider leurs différends. Ce fat le Samedy 19 A oust, que l'on demeura d'accord des mes de l'Amnistie, et qu'il fut résolu: Que la Grande Assem- (a se separeroit le Lundy suivant. Ce jour là le Conseiller Pentjaire de Hollande qui en avoit fait l'ouverture, en fit aussy la «tare par un discours fort poly, en rendant grâces à Dieu d'avoir ai les délibérations de l'Assemblée par la parfaite union des îurs et des esprits d'un si grand nombre de Députés, qui s'estoient *rés disposés à former de si importantes et de si salutaires solutions, d'un consentement unanime de toute l'Assemblée (1).

1) Le discours du Conseiller-Pensionnaire se trouve dans Aitzc- , S. va* Siaet. III. 31. p. 602, 603. Le pasteur Strcso pro-

13 Catz, PcitiioMaire de Hollande, te retire.

Un des Pasteurs de l'Eglise de lu Haye fil après cela un et des prières solcmnelles pour la prospérité de l'Estat; et apA cctlc action les Députés prirent congé les uns des autres, et v retirèrent en leurs Provinces.

Les Estât s de Hollande a voient permis, quelque temps aupsnvaut, à, Jacob Catz, Conseiller Pensionaire de leur Prorinoe, k résigner sa charge entre leurs mains; mais ils a voient désiré oïl continuast d'en faire les fonctions jusqu'à la fin de rAssemUfcfj et jusqu'à ce qu'ils eussent fait choix d'un successeur. TeUeBMft que ce fut la, la dernière action publique qu'il fit en cette qoiM Ils luy laisseront la garde des Sceaux, avec la charge de Liai* tenant des Fiefs, qui est proprement celle de Président de la GoÉ- Féodale de la Province, avec laquelle il fit une retraitte linunorable, et fort propre à son génie, qui est si naturelleoNÉ représente dans les oeuvres et principalement dans les poésies qs! a publiées, qu'il est impossible de rien ajouster au caractère qvl en fait luy inesme (1). Adrian Pauw de Hcemstede, à (ïatz avoit succédé en cet einplny, luy succéda à son tour, avoir résisté longtemps aux désirs des Estais de Hollande, et prières de ses amis, qui eurent de la peine à le tirer de la Chtt* bre des Comptes des Domaines de la Province, pour le faire ente dans une fonction bonnorable en apparence, mais très pesait et très fascheuse en effet, dans un âge où le repos luy atoè aussy nécessaire que le travail luy estoit dangereux et in comnodfc 11 entra dans l'exercice de sa charge le 27 Septembre 1651 (i)

imuc;t son sermon dan* la grande salle (voir: lirjrorgsels op Wagfr naar. XJI. p. yOj, et l'Assemblée se sépara après a\oir donné la somne de mille «rus à la diamuic de l'éirlisc réformée de la Haye, et apW av«»ir drstiné le V\ Septembre pour un jour d'actions de grâett. — Jics drputés auraient aimé rcecvnii mie médaille eu souvenir de&dâibérations; mais on n'en lit rien pour raison d'économie. Aitzeuaf llvi'Mde hruic. p. 1 15.

(1) Voir pour la démission du Conseiller-Pensionnaire les Résolutioi.s des Ktats de Hollande du 20 Mai, 15 Juin, 25 Juillet, 23 Août et 27 Septembre lO.'il. — A près avoir définitivement obtenu » démission, Cats tomba à ireuuux et rendit, en pleine Assemblée, gricB à Dieu pour l'appui qu'il lui avait accordé pendant les longues MU** qu'il avoit rempli la c barge si dillicile, qu'il était heureux de pouvoir à présent remettre en d'autres mains. Il axait atteint l'Age de 74 M*

(û) Sur la nomination étaient portés: M. M. A. Huyl, Pensionnaire de Haerlem, Adrien Pauw et Nanniusr van Foreest, ces deux derniers Membres de la Chain bre des comptes des domaine*.

Ceux de Drente xmi conviée à la Grande Assemblée. 49

■s aurons occasion de dire quelque chose de plus au sujet la charge de Conseiller Pcnsionaire, quand il sera nécessaire du Ministère de 6a s par Faguel, le plus pernicieux

que la Province de Hollande ait jamais eu (l). Lors que l'Assemblée Ordinaire des Estats Généraux trouva lt immédiatement après le decés du Prince d'Orange, d'en Mer Mb aux Estats des Provinces, et de les prier de s'assoler pour délibérer des moyens de conserver le repos de tttf après un accident qui changeoit toute la forme du goubornent, leur Greffier, qui est celuy qui expédie les Lettres en ces rencontres, en avoit aussy envoyé une à la

et aux Officiers (2) du petit païs de Drente, et les avoit comme les Estats des Sept Provinces Unies, d'envoyer fê Députes à la Haye, afin d'aviser avec ceux des autres Princes, ce qu'ils jugeroient à propos de faire en cette fas- ÉK conjoncture. Ces Députés (S) estant arrivés à la Haye I la fin du mois de Février, eurent audiance dans la Grande emblée le 2 Mars, et demandèrent qu'on leur assignast leur g et leur place, où ils pussent opiner à leur tour sur les aftae présentes, et qu'à l'exemple des autres Provinces Unies il r faut permis d'envoyer leurs Députés à l'Assemblée des Estats Mnnx, au Conseil d'Estat, à la Chambre des Comptes, à ■tirante, et dans les autres Collèges de In Généralité. L'ÀstUée qui ne fut pas fort surprise de leur discours parce qu'ils ient sollicité les Députés des Provinces, devant que de seproire (4), ordonna: Qu'on verroit dans les Registres ce qui ait esté résolu sur les prétentions que ceux de Drente avoient toées de temps en temps depuis le commencement de Y Union. t SToient dés l'an 1618, et ensuitte en Tan 1643, fait reprefcter: due de tout temps ils avoient formé un corps de Proies séparé de celle d'Overyssel, et que comme tel ils avoient hojè leurs Députés aux Assemblées de toutes les Provinces, Pt sous les Ducs de Bourgogne et sous les Evcsques d'Utrecht,

Le plue pernicieux .... jamais eu. Cette tirade contre Fagel ne

Stnwve pas dans l'édit. impr. Toute la phrase : Nous aurons occasion * manque ici dans le MS. Delft, mais on la retrouve dans ce MS. fsm plus loin après ainsy qu'il sera plus amplement remarqué cy après, sosmencer par: quand il sera nécessaire etc.: p. 68. (2) Lisez: Propriétaires (Eigeuerfden).

(t) Scliickart et Struyck.

(4) Voir e. a. Résol. des Etats de Hollande du 28 Février 1651. IL 4

50 Erreur dm Greffier.

que sous les Princes de la Maison <T Autriche, Que l'Espern Charles V voulant resigner solemnellement ces Provûes! Philippe, son fils, y confia particulièrement les Estais é Drcnte, qui y furent nommément dispensés du serment fil nvoient fait à Charles, et admis à en faire nn nom* 1 Philippe. Que comme Estats d'une Province partienlien % avoient signé l'Union d'Utrecht, et que comme les autres Aft| ils avoient envoyé leurs Députés à l'Assemblée des Estats Qmà raux, et aux autres Collèges, jusques à ce que les Espagnols s\^ tant, sous le commandement du Comte de Benneberg, maistres de la ville de Oroningue, et ensuitte de Coeveràn du Steenwyck, cette Province qui n'a point de villes ny ds fi ces fortes, fut arrachée avec violence du corps de 1*1 Qu'elle estoit assés glorieuse pour participer au bonheur dm très Provinces voisines, qui se trouvoient délivrées de l'i sion estrangere par les armes de l'Estat; de sorte qu'elle sujet d'espérer qu'on la remettrait dans 1* possession de la fil et des mesracs avantages et prérogatives dont jouissent ksi Provinces Unies, et dont elle a cy devant joûy, pois qt1 bien elle avoit encore sa Souveraineté, ses maximes, ses d ses juristli étions, ses Magistrats, ses sceaux, ses armes, ses ses finances, et son épargne, séparés de ceux des autres ces, et que dans l'occasion présente, ils avoient encore esté • vies de venir aviser sur Testât des affaires générales (1). comme ces raisons n'a voient point fait d'impression en ce là, ainsy n'en firent elles point eu celuy cy. Il fut aussy d ailleurs, que c'estoit une bevcùc que le Greffier avoit foi!* écrivant a ceux de Drente comme à une des Provinces Ui quoy que ses prédécesseurs ne l'eussent jamais fait auparavant Toute la satisfaction qu'ils remportèrent fut qu'on leur dit les Estats feroient examiner leurs raisons, et qu'ils y la réflexion qu'ils jugeroient y devoir faire (3).

On lit la mesme réponse aux Barons,' Gentilshommes et

(1) Leur pétition est reproduite par Aitzeina, S. ta* Sied. 31. p. 5J5 — fiKS, ri plus au loup: Henieldc Lrrtnc, p. 95—111.

(2) M. va ii (J eut qui avait sipué la lettre d'invitation, en vertu débitai les Députés de Prenthe .s'étaient rendus à la Haye, avoua sanqril Voir Késol. (1rs Ktats Généraux (Grande Assemblée) dul6Manîtf

(H) Ils renouvrllî-rent leurs installées vers la fin de Juillet smi» tenir un résultat plus favorable: leur requête fut renvoyée à l'As** bléc ordinaire des Etats Généraux.

Om refuie une audience aux Députés de Brabant, 51

des villas de Brabant. Nous avons dit ailleurs au deuxième ta de cette Histoire (1), qu'eu Tan 1548, incontinent après aanduaion de la paix de Munster, ils avoient fait instance, à %ae cette partie du Brabant, qui fait partie de l'estendue de

■état, fust recette au nombre des Provinces Unies, et qu'es - I aonaiderée en cette qualité, elle pust avoir part au gouvernât, et envoyer ses Députés à l'Assemblée des Estats Gene- É« comme aussy aux autres Collèges de la Généralité; et 0Mmt qu'il* n'obtinrent rien en ce temps là ils crurent devoir bailler leurs instances à l'occasion de la Grande Assemblée, tti Députés y demandèrent audinnee au mois de Mars; mais l'ieor fit dire qu'ils pôuvoient faire leurs remonstrances par ■il, et y âj ouater les raisons dont ils croyoient pouvoir apper leurs pretensions (2). On en usa ainsy à leur égard parce |en n'a pas laissé une seule marque de Souveraineté à ceux ? Brabant. Ce sont les Estats Généraux, ou le Conseil d'Estat i-leor nom, qui y dispose des finances, c'est la Généralité qui Ait Jee loix, qut y crée les Magistrats, et qui y fait rendre la Idaee; au Heu que la Drente est demeurée en la possession de m ses droits, et s'est conservée tout ce que l'on a osté aux léi de Brabant. Elles firent leurs remonstrances le 22 du tape mois, et elles y représentèrent (3): Qu'en l'an 1648, imjjjatrment après la conclusion du traitté de Munster, ils liant demandé à jouir des effets de la paix, et à estre receus > sombre des Provinces Unies. Que Philippe le Bon, MB de Bourgogne, ayant formé un seul Estât de plusieurs Proàoat, l'Empereur Charles V, qui a voit succédé à toutes, orfcto* par sa Pragmatique Sanction de Tan 1549, qu'elles de* eamoient toutes unies comme dans un mesme corps, et comme ha nne mesme masse, sans qu'elles pussent estre séparées pour Nqac cause que ce fust. Que c'estoit la chose du monde que

Prince avoit le plus désirée, et qu'il avoit le plus fortement ftommandée à Philippe, son fils, lors qu'il luy resigna ces fetinces. Qu'au commencement des troubles de ces puis, ceux I Brabant avoient esté les premiers qui avoient signé la Keque quelques Seigneurs présentèrent a la Duchesse de

(1) Voir: T. I, p. 125 — 128 et les auteurs qu'on y trouve cités. (J) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 22 Mars 1651. (3) Aitzema, Heretelde Leeuto, p. 119 — 121.

53 Leurs remonstranees.

Pnrme, Gouvernante des Païs Bas. Que la ville de Br

estoit le lieu où Ton a voit jette les premiers fondemeit

liberté, par l'opposition que les habitants formèrent eontn

vée du dixième denier, en la présence du Duc d'Àlbe,

manière de dire, à sa moustache. Que si la Province de!

ne suivit point l'exemple de la Hollande, qui prit les a

se déclara contre les Espagnols après la surprise de la I

ne fut pas qu'elle manquast de courage, d'affection pour

party, ou d'aversion pour ecluy d'Espagne, mais parce qn

fut empeschée par les ci tt a délies, et par les fortes garnii

transfères dont elle estoit contrainte de souffrir la tirannk

la mesme Province, et entre ses autres villes, celle de Boii

a esté une des premières à signer la Pacification di

en l'an 1576, et qui a le plus aidé à chasser les gi

Espagnoles, Italiennes, et Allemandes de plusieurs vil

font aujourdhuy partie des Provinces Unies. Que les Se

et les villes de Brabant assemblés en Corps d'Estat, i

joints à V Union; et depuis que la publication s'en e

dans la ville de Bois le Duc, ils ont envoyé leurs Dq

l'Assemblée des Estats Généraux. Que Y Union n'avoit c

objet que Peloigncment des Espagnols et de leurs partisai

costé, et raffermissement de l' Estât de l'autre, pour reme

villes et les Provinces en la possession de leurs anciens

libertés, franchises et privilèges, et n'avoit eu d'autre but

1rs délivrer du joug et de l'oppression estrangere. Qoe 1

pou voit pas refuser aux villes de Brabant, qui ont esté i

des mains des ennemis communs, la jouissance entière d

libertés, puis qu'on laccordoit bien aux villes du pais de

qui ne sont proprement que des conquestes. Que les vi

Zutphcn, de Dcventcr et de Campen avoient esté prises i

Espagnols, et qu'il y en a mesmes qu'il a fallu forcer de

le party auquel elles s'cstoiciit attachées avec opiniastreté, <

Nimcgue, Amsterdam, Schoonhovc, Middclbourg et autn

qui pour cela ne laissent pas de jouir présentement de

mes avantages qu'elles possedoient auparavant, et qui let

communs avec les premières de l'Kstat. Que le Prince d'Or

Seigneur de Breda, avoit .signé Y Union comme l'un des '.

de Brabant, et qu'il ne l'avoit jamais quittée. Que les vi

(1) Gocs, Tholen, Utrecht , (àroningue.

Leurt rmomtrance*. 53

op Zoom et de Willemstadt n'ont jamais changé de priy; ci que si celles de Bois le Duc, de Breda, de Grave et

• Bteeabergue en ont esté arrachées par la violence des armes Imbum, leur malheur ne leur en doit pas attirer un autre, Ib que ce n 'estoit qu'avec un dernier déplaisir qu'elles ont

qu'on les ait contraint de se charger d'une garnison espendant que leur affection les te n oit inséparablement à Y Union, et pendant que quelques autres villes de la Province, qui ont la gloire de s'estre défendues avec va- ■r contre les Espagnols, et d'avoir courageusement sousteuu I auges et les persécutions, n'y pouvoient pas estre admises, ■è lors qu'en l'an 1581 on abjura le Boy d'Espagne, les Este de Brabant le firent aussy bien que les autres Provinces qui ■notent aujourdhuy V Union. Que lors qu'en l'an 1584 on ■Ha avec le Boy de France, pour luy offrir la Souveraineté de blet où le Brabant estoit compris, il fut dit: Que les Provinl ne pourraient jamais estre séparées les unes des autres, pour inique cause que ce fust. Qu'il estoit bien vray que lors que ■née suivante, après la réduction d'Anvers, les Députés de la Mme Province prirent congé de l'Assemblée des Estats Gene- ■x, ils luy recommandèrent la conservation des libertés et des fcrilegee des habitants des villes, et de cette partie de la Province i demeurait annexée à l'Estat; mais que cette action, qui n'esk en effet qu'une civilité et un compliment que leurs Coinittents ne leur a voient pas ordonné de faire, et qu'une action |ette à desaveu, ne pouvoit pas faire préjudice à la liberté de Province. Que quelques Seigneurs de Brabant ayant insisté Pan 1586, et les deux années suivantes, à ce qu'on leur perint de bailler à ferme le Domaine de la Province, et qu'on leur nanti l'administration de ses finances, les Estats Généraux délièrent bien: Qu'ils ne pouvoient pas considérer ces Messieurs aune Députés des Estats de la Province, mais seulement comme Ipuiés de leurs Associés, et voulurent que le Conseil d'Estat se ntgeast de la direction des affaires, et de l'administration des lances de la Province. Mais ils y ajousterent: Que ce ne seit que par provision, et déclarèrent: Que si jamais on entrait Inegotiation pour traitter de la paix, ou qu'on mist en delibetion d'offrir la Souveraineté de l'Estat à un Prince estranger, l ne le ferait qu'avec la participation des Barons et des Nobles

• Brabant, et particulièrement avec la communication des Dettes de la ville de Bergues op Zoom, et mesmes qu'on les ap-

54 Leur* remo$utramret.

pd 1er oit à toutes les délibérations que Ton f croit pour cekQti cette déclaration devoit ovoir lieu, et produire son effet pmtement que les frontières de l'Estnt se trou t oient merveillenement est en dues, et fortifiées d'un bon nombre de grandes iîBa qui y ont e<té jointes. Que les raesraes Estnts Généraux en f« 1501, en érigeant à la Hnye une Cour de Justice pour les Aires de Bra liant, nu lieu de l'ancienne Cour des Fiefs, ifoient déclare bien expressément: Que ce seroît sans préjudice C* droits et des privilèges de la Province, des Barons, des Nobki et des villes de Brabnnt; quoy qu'on les violast ouvertement a (^tal)lissant une Cour fixe et sédentaire hors de la Profil* Qu'au préjudice du droit tfludigenat% dont la Province de lu* buiit jouit par un privilège particulier, l'on donnoit les offices ■ pais à des cstnmgers; ce que les Espagnols n'a voient jamais t repris de faire nu plus fort de la violence de leur gouvernement Que Ton y iinjosoit des tailles, et des autres droits sans le* communication, et sans les ouir, dîrectcuieut contre leurs as privilèges, et contre ce qu'on leur nvoit expressément promu ■ Tau 1600 ; en quoy on usurpoit mesmes quelque chose de pal que ce que la puissance légitime donne au Souverain du paîs,) qui il n'est pas permis d'y lever des droits sans le consentement des Estât* de la Province, et qui n'en a jamais use autrement Qu'on leur donnoit la qualité d'Associés; maïs que cette ft* ciélé est oit bien misérable et fort peu différente d'un veritsal esclavage, (lue non seulement les grandes villes de BrabaA mais a u s s y 1rs petites, estoient en possession de tout temps k députer aux Estât s de la Province, et que celles pour qui a» Députés partaient, avoieut tousjours joiiy de ce droit, et aroierf eu part au gouvernement. Que ce qui se trouvoit joint à lTIaisi consistait en six villes, y non compris Mastricht, et que ce fl« cet Estât possède en Brabant avoit en son est end iïc plus de très» lieues de long, sur dix de large, et faisoit plus de la moitié fc toute lu Province. Mais qu'il falloit considérer sur tout, a» quand un pais n'a plus de Prince, la Souveraineté qui resdut en sa personne, retourne aux Estats, c'est à dire à la Nobles* et aux villes de la Province. Ils représentèrent encore: due tout ainsy que l'Estat des Suisses est composé de Cantons, d'Ain* et de Conquestes, mi pourrait nussy faire une distinction en» les uns et le* autres, et considérer les Associés comme Allies* Souverains, et les autres comme des conquestes que les armes* l'Estat ont faites. Us employèrent encore plusieurs autres Ai"

t de Holl. /ont des Réglemente pour leur Prov. en particulier, 55

ait ils ne furent pas plus heureux que ceux de Drente. nt pas plus de satisfaction.

it que les Estats Généraux est oient occupés à faire des îts pour le fait de la guerre à l'égard de tout l'Eslat «1, ceux de Hollande s'appliquoient à en faire d'autres * Province en particulier, et se mettoient petit à petit en n de ce qui faisoit, il n'y avoit pas longtemps, toute la

et toute la puissance de leur Gouverneur. Ils avoient ix villes, incontinent après le decés du Prince d'Orange, nder des Octrois pour la création de leurs Magistrats (1), MMitenoement de cette année la pluspart des villes en rent, et se mirent en possession du droit qu'elles ve- 'aoquerir. Ils ordonnèrent qu'à la teste des Règlements déclarations qui se font pour la levée des deniers^ publics, ployeroit plus le nom du Prince d'Orange, que Ton rousturaé d'y mettre à cause de sa qualité de Gouver-

la Province (2). Ils changèrent la Commission du Ca- [ui avoit commandé les gardes qu'ils entretenoient pour » et pour la dignité du Prince en la mesme qualité (3). t faire un nouveau serment d'obeïssance et de fidélité lato, et en firent enfin des gardes pour la Province,

formèrent quelque temps après un régiment de dix ies (4). Ils osterent aussy aux Majors des villes, lcsont séance dans l'Assemblée des Estats, les clefs des >nt ils avoient eu la garde jusqu'alors, et les firent don- Magistrats.

foputés de Gueldre en avoient fait In première ouverture Grande Assemblée. La ville de Nimegue se souvenojft iolence qui luy avoit esté faite en l'an 1649; de sorte 'rovince se trouvant sans Gouverneur, au commencement

année 1651, la ville fit l'élection de son Magistrat sans îtion. Celle de Tiel qui n'a voit pas le mesme privilège, obtenu des Estats de la Province depuis le decés du et fit aussy son Magistrat, nonobstant l'opposition de la

Justice d'Arnhem, qui vouloit se maintenir en la pos-

ir: T. I. p. 333, 339.

solution des Etats de Hollande du 14 Mars 1651. solution des Etats de Hollande du 14 Février 1651. solutions des Etats de Hollande du 7 Avril, 16 et 17 Mai 1651: L. VIII.

56 Soulèvement à Dordreeki.

session où elle estoit d'élire le Magistrat en l'absence du Gotverneur. Mais on luy fist connoistre, que pendant la rie k Prince d'Orange clic avoit usé de ce droit par uaeeipèttéi subdelegation, et en représentant le Gouverneur de la Proiiiœ; mais que présentement où il n'y en avoit point, elle ne poamt plu* représenter personne, et ainsy qu'on ue pouvoit pas adnftV tre ses Commissaires, qui ayant trouvé les portes fermées, l'a retournèrent sur leurs pas (1).

r roque au uirsme temps que les Estats de Hollande trinS? loient avec ceux des autres Provinces à établir le repos de l'Ei» tat et la bonne correspondance entre les Alliés, quelques Us* ta nts de lu ville de Dordrecht se soulevèrent contre leur aV gistrut (2), à qui ils demandèrent la restitution d'un prétest livre, qu'ils appelaient le Livre de Bois, parce que, à ce qi% disoient, au lieu de velin ou de cuir, il estoit relié de deux pia> cites, et contenoit les privilèges de la ville et des Mestiers. Di avoient fait du bruit sur le mesme sujet en l'an 1647; mail h Cour de Justice fit eu ce temps là entre le Magistrat et la Mestiers un accord qui fit cesser le tumulte. Il y avoit h» dix ou douze uns que le peuple avoit demandé de terapi ■ temps ce livre, et le Magistrat avoit fait de grandes diligenea pour tnscher de le recouvrer, mais leurs peines avoient esté ilutiles, tant purée que personne n 'avoit jamais veu ce livre, q» ne se trou voit en effet que duns la fausse imagination du pflh plc, que parce que les originaux de tous les privilèges de lavOb se gardant duns un eotfre à douze serrures, dont chaque Mestiff u une clef, l'on n 'avoit que faire de les chercher ailleurs. L» Mestiers s Vu estaient contentés en ce temps là; mais en Tai 1051 ils ne se voulurent pas tenir à l'accord de 1647. Au coitraire ils voulurent obliger le Magistrat à leur permettre des*»sembler toutes les lois qu'ils le jugeroient à propos, mesmessiM le consentement du Hourgucmaistre ; à leur laisser l'élection di (•onseil de Huit, dont ils n'avoient que la présentation; à soaf* frir que le mesme Conseil de Huit creast le Bourguemaistre di la ville; et à ne donner point entrée dans le Sénat à deux ptf*

(1) Van diT t a pelle n, G«le*t*cArifleM9 11. p. 340, 3 S9— 398.- Pour K> ville* des autres provinces voir: Aitzcma, S. va* Stëttt 111. 31. p. «3fi.

.2; Voir: 7/(7/. Mrrcurinf. 16. "il. p. 76.

1? Ambassadeur d'Espagne prend auâianct. 57

d'un mesme nom et d'une mesme famille. Ils y ajousterent antres demandes de la mesme force, et si contraires au de la ville, et à l'autorité du Magistrat, que les Estats de de voulant empeseber que ce mal qui pou voit devenir con- &es suittes, n'infectust tout le reste de la Province, y tovoyerent Monsieur de Brederode, accompagné de quelques Hyitét des villes voisines, qui ramenèrent le peuple à son der«ir, et l'obligèrent à obeîr au Magistrat (1). . La Grande Assemblée n'avoit esté convoquée que pour régler aa trois points qui doivent servir de fondement au repos de 'latat : la religion, l'union et la guerre. Mais quelques unes des {Wfinces considérant, qu'elle ne pourroit pas tousjours estre oc- Hjée aux délibérations de cette nature, et craignant que les aum ne ee servissent de ce prétexte pour en demander la sépara la*, on la surseance, comme elles avoient desja fait, ou bien Dv ne se point trouver à l'Assemblée, furent d'à vis qu'on y •onast audiance aux Ambassadeurs, quand ils la demanderoient. Nous avons commencé à dire au Livre précèdent, que celuy ïepagne la demanda le premier; pas tant pour le service du !oy, son Maistre, dont l'interest ne se trouvent meslé qu'indiletement, que parce qu'il y estoit en quelque façon obligé pour I justification particulière (2). Il y fit un grand discours, rentrée duquel, après avoir fait des voeux pour l' Assemblée et air le succès de ses délibérations, il s'estendit fort sur la sinsrité des bonnes intentions du Boy d'Espagne, et sur son in- Eaation à exécuter le traitté de paix avec la dernière punctualité, fc à vivre en très bonne intelligence avec ces Provinces. Il parla t anitte des mauvaises intentions et du meschant raisonnement qui jugeoient la continuation de la guerre avantageuse

Ç) Résolution des Etats de Hollande du 28 Juillet 1651. — Les ajutéa de Dordrecht ne consentirent à donner quelques ouvertures ar lt soulèvement, qu'après avoir été , sérieusement requis de la •rt de leurs 111. et Gr. P. de donner l'information et ouverture reafin que sur cela Ton puisse délibérer de nouveau, et agir que l'on trouvera convenir pour le bien de l'Etat et pour le de la ville de Dordrecht." La députation fut composée du tir de Brederode et de M. M. de Delft, Gouda et Rotterdam, Este quelques uns des Membres de la Cour de Justice de la Province. Tsir: AiUeina, S. van Staet. III. 31. p. 651.

(i) Wicquefort, Tom. I. p. 375. Aitzema, S. t?. Staet. III. S. p. 641, 642.

58 Ilêejmdijk.

et plus nécessaire au repos de cet Estât que la paii; et à cetfti occasion il déclama fort contre la lettre que Guillaume Boréel, Ambassadeur de l'Estat à Paris, a voit eserite au sujet de la mort du Prince d'Orange, et qui avoit estéiav primée en ces païs. Borcel eu faisant parler le CanU Mazarin, y disoit: Uue l'Ambassadeur avoit pubtiqi déclaré à Bruxelles, que les succès des deux dernières pagnes ne donnoient pas tant d avantage aux affaires da 1*}, son Maistre, qu'il en tiroit de la mort du Prince dX)rii> ge, et que les Espagnols en témoignoient une jove extnm, parce qu'ils esperoient que cet accident jetteroit l'Estat dama confusion d'une guerre civile. Ceux qui avoient publié lettre ne vouloient pas seulement décrier la conduite des ', gnols, mais leur intention estoit principalement de détruira ■ bonne opinion que Ton commençoit à avoir de l'honnesteté éi. l'Ambassadeur d'Espagne, et c'est ce qui Pohligeoit à y reps* drc. Il se contenta de dire, que le discours dont on le auteur ne luy estoit jamais eschnppé. Qu'il avoit tousjoars» specté le mérite du Prince défunt, et que le Roy, son Mtàb| qui n 'avoit plus sujet de le haïr, ou de le craindre depuis la paix estoit fuite, l'a voit considéré depuis ce temps là le ne'veu de la Keinc, sa femme, et l'a voit aimé proche parent. Apres avoir ainsy donné un dementy tacite • ceux qui l'avoient accusé, il passa sur toutes les périodes dek mes me lettre, qui vouloient faire croire que les Espagnols •: promet toient une révolution inévitable de la mort du Pris* Gouverneur. Il pria l'Assemblée de faire comparaison du pn> eedé de Tune et de l'autre Couronne, et de mettre en psrakh le bon traittement que les navires Hollundois recevoient en KV pagne avec les déprédations continuelles dont les François vt festoient la navigation, et incommodoient le commerce des habitants de ces Provinces, avec plus de licence que les ennemis * se donueroient dans une guerre déclarée. Il parla ensuite 4 ce qui est dit dans la mestne lettre, des desseins et de la «■* duite des Espagnols, aussy bien que de celle que l'Estat awl tenue à l'égard du traitté de Munster, aussy bien que de cefll qu'il devoit tenir encore à l'avenir, pour porter les deux Cor ronnes à un accommodement, en se déclarant contre celle ou rejetteroit les conditions que les Estats jugeroient raisonnable* Il dit sur ce sujet: Que les desseins de l'Espagne ne poavotflt pas estre suspects, et que ses conquestes ne pouvoient pas dor

// te plaint de ^inexécution du traiiié de Munster. 60

M de l'ombrage, puis que ses armes n'avoient pour objet que tendoction des places que la France avoit prises sur elle, et M)i de nouvelles conquestes, ny les visions d'une monarchie jtifanelle. Que Ton ne pouvoit pas blâmer la conduite que cet

avoit tenue à Munster, puis qu'elle avoit produit de si adeffeU. Qu'elle luy avoit donné le repos, et qu'elle luy

fait acquérir à juste tiltre la Souveraineté qu'il ne posse- Mt auparavant que par la force des armes, et comme une usurfttÎQit. Qu'il n'y avoit personne qui ne sceust que l'Kstat avoit fcs de sujet d'appréhender le voisinage de la France que celuy k l'Espagne. Que le Roy, son Maistre, n'a voit jamais rejette | Médiation de cet Estât; mais que la France vouloit que la

ion fiut armée, menaçante et intéressée, à dessein de rel'Estat dans la guerre d'où il ne faisoit que de sortir. i y ijousta: Que le Prince d'Orange qui estoit fort bien in- Wmé des intentions de la France, luy avoit dit, peu de jours flhmt ton dernier voyage de Gueldrc, que son opinion estoit m cet Estât ne pourroit pas se dispenser de secourir la France, PBepagne refusoit de faire la paix aux conditions qu'il luy pqit proposer, et mesmes qu'il le pouvoit faire sans contrevenir I traitté de Munster; mais que le Prince avoit esté enfin hUgé d'acquiescer aux raisons qu'il luy avoit opposées, et qu'il f/ «voit fait avouer, qu'en Testât présent des affaires, il estoit d'éviter la rupture, laquelle estoit inévitable si cet

resolvoit de secourir la France. Devant que d'achever son il fit des plaintes de ce qu'on ne faisoit point de réteao aux Mémoires qu'il avoit présentés de temps en temps au §nt de l'inexécution de plusieurs articles du traitté, et fit de f— des instances pour l'établissement de la Chambre My partie, tet il parloit comme du seul remède capable de guérir les déteeee, et d'ajuster les demeslés, qui ne permettoient pas que te pust dire encore qu'il y avoit une parfaite amitié et intelliiMe entre l'Espagne et cette Republique. Tonte la lettre de Boreel estoit de sa façon et de son invente (1). Le Cardinal Mazarin n'estoit point du tout satisfait * fie qui s'estoit passé à Munster; mais il n'avoit pas pour cela

ÇL) Et de son invention. Ces mots-ci supprimés dans le MS. Delft trouvent partout ailleurs. V. la lettre de Boreel. T. I. p. 358 — D, 506—509.

60 Répons de M. Mulert.

meilleure opinion du Prince d'Orange, et bien loin de cran que son decés pust faire tort à la liberté du paît, il ne disn* loit point que si on ne s'estoit point défait d'an Minutie, qri dans l'affaire d'Amsterdam avoit bien fait voir que la liberté è la Hollande n'estoit pas plus en seureté entre les main é Prince d'Orange, que celle de Milan sous le commanderait 4 François Sforse, il Fauroit entièrement détruite et menai et il s'en estoit assés publiquement expliqué. Mais Boreell faisoit parler, parce qu'il n'osoit exprimer ses propres sentîmes*

M u 1 e r t qui président l'Assemblée à son tour de la part i la Province d'Overyssel, repassant sur les principaux points d discours de Monsieur le Brun, se servit dans sa réponse de ta mes si brusques et si choquants, que eeluy cy ne pouvant ff dissimuler le ressentiment qu'il en avoit, en témoigna qadfi chose aux Députés qui le conduisirent jusque* au carotte, l sortir de l'audiauce. Mulcrt estoit dans le sentiment de en qui préféraient la guerre à la paix, et qui ne craignoient pà d'offenser l'Espagne pour complaire à la France. L'Ambasssjfa s'en plaignit aussy au Conseiller Pensionaire de Hollande, i cette Province qui avoit de l'aversion pour tout ce qui pows troubler ou altcrer son repos, vouloit que Ton désavouait, t mesmes que Ton censurast le Président. Mulert n'eut pas bal coup de peine à le prévenir dans une Assemblée peu affeetieui à l'Espagne, et où la France avoit ses partisans. Mais il ne p empescher que la Hollande ne tist résoudre dans la mesme Ai semblée: Qu'à l'avenir le Président, qui n'a pas tousjours khi sir ny la commodité de faire opiner les Députés des Protntt en la présence des Ambassadeurs, ne leur feroit qu'une lépotl générale qui n'engngeroit pns l'Estat, et qui n'entameroit pu I matière (l).

L'Ambassadeur d'Espagne avoit présenté un Mémoire aux & tiils Généraux peu de jours devant l'ouverture de la Grande Al semblée, où il s'estoit plaint (2) de l'inexécution de pluriel

il) Résol. des Etats de Hollande du 28 Janvier 1651. — Ai zema (S. van Start, III. 31. p. 042) nous apprend que M. M' lert, lorqu'on lui lit officieusement la demande, de ne donner discours de Iirassct qu'une réponse vague, répondit qu'il savait qu'il avait ii faire {traerop hy xfyde le teete* wat de ordre emie s tan de regrrimjh m'*).

(2) Voir Résol. des Etats de Hollande du 12 Janvier 1651.

Plaintes de P Ambassadeur d'Espagne. 61

itides da traitté, et particulièrement de ce qu'au prejudiee du Oïl article (1) les Estats de Zeelande negligeoient de payer les ^cti do Boy, son Maistre, propriétaires des rentes constituées mat Tan 1572, sur les droits que cette Province là levé sur Emut Qu'en contrevenant aux II, IV et XI articles du «ne traitté, ou persecutoit et on mettoit en prison les relien et les autres ecclésiastiques, à qui le traitté permettoit d'env en ces païs. Qu'en ceux d'Outremeuse on ne voyoit que i attentats au préjudice de la possession, en laquelle le Roy Ispagne s'estoit trouvé lors que la paix fut conclue à Munster, qu'il estoit impossible de prévenir le desordre et la confusion i menacoient ce païs là, sans l'ouverture de la Chambre Myrtie, dont les Plénipotentiaires de cet Estât a voient parlé les ■rien à Munster, comme du moyen le plus capable de régler

différents que le traitté ne pouvoit pas ajuster. Qu'en y ttreven&nt manifestement l'on depossedoit, sans forme de proi» et comme par force, l'Evesque de Burmonde du Doyenné todeorode, en la Mairie de Bois le Duc, qui est annexé à tcacbé depuis sa fondation.

Lprés la closture de la Grande Assemblée, il redoubla ses intes, et y àjousta (2): Que l'on ne se contentoit pas de itrevenir au traitté de Munster, mais qu'on faisoit la mesme Imoe au traitté de la Marine (3), qui avoit esté conclu et raf avec une satisfaction réciproque et publié le 15 May dans pais de deçà, et en Espagne et en Italie le 17 Juillet. Que

maistres de navires de ces Provinces portoient continuelle- ■t dans les ports d'Espagne, et dans les havres des autres ■ta du Boy Catholique, des marchandises de contrebande ea des païs de ses ennemis. Que pour s'en justifier ils doient de déclarations de personnes particulières, passées par ant de prétendus nottaires, dont la qualité ne se trouvoit lée par aucune preuve authentique. Que les Espagnols qui ■oient plaisir à secourir et à protéger les navires Hollandois tare les corsaires et les pirates, n'en rece voient pas le mesme mrs, mais en estoient abandonnés dans les rencontres. Que Boy d'Espagne permettoit à tous les vaisseaux de guerre des

l) Lises: article XII.

f) Voir: Bésol. des Etats de Hollande du 2 Novembre 1651.

I) Signé à la Haye le 17 Décembre 1650.

69 Le* Espagnol* veulent ieètrpur dm lotibti em 2/eêwk*

Provinces Unies indistinctement, d'entrer dans tes ports, ss> dant qu'on s'oppotoit icy au débarquement des gens de gsm Espagnols, qui se trouvoient par hasard sur ces castes, te la Compagnie des Indes Occidentales avoit pris un vaisseta Espagnol mal à propos, et que les Estats de Gueldre avoient pasfft* des défenses particulières contre les gens d'Eglise qui eatnsi dans le païs sans permission, quoy que le traitté* de Munsters) leur donne.

On luy répondit: Que les VIII et XI articles du traitteè Marine qui parlent des marchandises de contrebande, serskst punctucllcment exécutés. Que Ton ordonnerait aux CapîtaiMi et aux autres officiers de guerre que l'Estat employé daas k Mer Méditerranée, de secourir et protéger les navires anii 4 neutres contre les corsaires et pirates, et pour cet effet <hs> tretenir bonne correspondance avec ceux d'Espagne, confers» meut au LXXV Article du traitté de Munster. Que les vss> seaux de guerre de cet Estât qui entrent dans les ports du Isj d'Espagne pour se radouber, ou pour s'y rafraîchir, ne montés que d'un équipage raisonnable, et de l'artillerie qsi a* est nécessaire pour se défendre contre les corsaires, en sorti qu'ils ne peuvent pas donner ombrage, et ne contrevisn— I point au XXIII Article du mesme traitté. Mais que les ta»» seaux Espagnols à qui on avoit refusé l'entrée des ports de *! païs, avoient servy au transport des gens de guerre, que ht ne peut faire entrer dans le pnïs d'un autre souverain si»*) permission; et que ces Provinces en sont si jalouses qu'elles si permettent pas mestnes que les gens de guerre de leurs Allifc et qui ne font qu'un mesme Estât avec elles, y entrent os J passent, si on ne les en a averties, et si on ne les y a disposés! auparavant.

On y voulut bien marquer particulièrement cette circonstaiOV parce qu'au Mois de Juillet de cette année 1651 (1), on avoit arriver à la rude de Kamequcus, en Zcclunde, quatre grandi « seaux chargés de treize ou quatorze cens soldats Napolitm que les officiers qui les commandoient, pretendoieut faire pust eu de petits bnstimens en Brabant et en Flandre. L'AminsJf de Zeelunde à qui les officiers s adressèrent pour cela, ne lant pus s'en mcslcr, ils furent contraints de gagner la costedi Flandre, et d'y débarquer leurs soldats (2).

(1) Août 1051.

(2) Voir: Késol. des Etats de Hollande du 12 Août 1G 51.

Plaints* du Rendent de France. 63

• le Zeelande eut une seconde allarme au commencement de huée suivante, que plusieurs officiers et soldats (1) s'àvoûant ÉDne de Lorraine, y estoient arrivés avec quantité d'armes t de munitions de guerre, à dessein, à ce qu'ils disoient, de Mer en Irlande, pour y faire une diversion en faveur du tioy Angleterre. Le peuple qui s'en apperceut, et qui en prit emtfe, parce qu'il voyoit qu'on s'en vouloit cacher, fut sur le ût de se jetter sur eux ; mais le Magistrat prévint le desordre, obligeant les estrangers à se retirer, et à chercher passage

Les Provinces, en empeschant le débarquement des soldats Na- Ktains, ne consideroient pas seulement leurs propres interests, h aussy ceux de la France, qui recevoit avec un déplaisir ■ sensible tout ce que l'on faisoit icy pour l'Espagne; quoy S Ton y demeurast dans les termes d'une civilité, que Ton

peut pas refuser à des personnes indifférentes. Brasset, ■dent de France, faisoit des plaintes continuelles de la combinée qu'il disoit que l'on avoit icy pour les Espagnols, en ofrmnt qu'ils y frettassent et armassent des vaisseaux, et qu'ils latent des levées de gens de guerre ; et marquoit rnesmes qu'en » pais on faisoit des préparatifs pour le siège que le Roy Espagne pretendoit mettre devant Dunquerque. 11 avoit dit w an Mémoire, qu'il avoit présenté au commencement de ■née, qu'il y avoit cinq mois que l'on avoit pressé l'Ambasleor d'Espagne de dire comment le Roy, son Maistre, avoit ne les offres que les Estats luy avoient faites de leur niedian pour la paix entre les deux Couronnes. Que son silence soit bien connoistre que la Cour de Madrid n'y avoit point ■«filiation, et que son intention estoit de continuer la guerre ■r satisfaire son ambition. Que la puissance de la France oit si considérable et le Conseil du Roy si sage, qu'il ne deil pas appréhender celle de ses voisins; mais qu'il luy import neantraoins de scavoir leur intention, et de prendre ses sures sur celles du Roy d'Espagne. Le dessein de Brasset Mt d'engager cet Estât à une nouvelle rupture, et à joindre

armes et ses conseils à ceux du Roy de France, pour conindre les Espagnols de faire la paix à sa mode. Il en vou-

) Au nombre de 200. Aitzema, S. van S tact. 111. 32. p. 756,

64 Bellievre

loit particulièrement à la personne de l'Ambassadeur d*Espspe, qui l'avoit traitté assés mal dans sa harangue, où il n'afoftpsi fort mesnagé la réputation de la France, non pins que du Besidenl, qui y répondit, mais faiblement, contre i parce que quelque inclination que Ton témoignast avoir en Fracs de faire la paix, en Testât où estoient les affaires, ee faisoit bien connoistre, qu'elle ne la feroit qu'à des eondmosr fort avantageuses. Il dit en raudiance qu'il prit dans la GrutY Assemblée, qu'il n'entreroit pas en matière, parce que le Rflj, son Maistrc, alloit faire partir un Ministre, qui avec nn caractère, et avec des qualités personnelles infinement élevées M dessus des siennes, apporterait aussy d'autres ordres et instructions.

C'estoit Pomponne de Bellievre que l'on vit arriver Hollande au commencement du mois de Mars, avec le d'Ambassadeur Extraordinaire de France. Il y apporta un nom et un grand mérite. Ses deux ayeuls, paternel et avoient esté Chanceliers de France. II avoit succédé à son f en la charge de Président à Mortier au Parlement de Paris, avoit fait réussir les intentions de la Cour de France en Angle* terre, où il avoit esté Ambassadeur pendant les troubles de Roinume là. Mais ce qui le faisoit considérer le plus, c'( l'étroite amitié qui l'attachoit aux interests du Sieur de Chai tenu neuf l'Aubépine, son fort proche parent, à qw sV Heine avoit donné, avec les sceaux, l'apparence de la premklt autorité dans le Conseil, en l'absence du Cardinal M axant Il avoit d'ailleurs de quoy soustenir la dépense et la dignité dc^ l'Ambassade du revenu de son bien, et une manière de vivre * agréable et si magnifique, que le Cardinal scachant les amii 4 le crédit qu'il avoit dans le Parlement, n'a pu s'empescher <k> puis de le mettre à la teste de cet auguste Sénat, contre Kt propres intentions et contre ses interests.

Le soulèvement presque universel de ce Roiaurae, dont fl ■ esté parlé cy devant, et les déprédations continuelles que b François fni soient partout, mais particulièrement dans la Mer Méditerranée, cnmmcnçoicnt à effacer de l'esprit des peuplée di ces Provinces l'estime et le respect qu'ils avoient autrefois posf la France, aussy bien que l'affection qu'ils avoient pour cette Couronne là; pendant que l'Espagne, en favorisant leur commères, se mettoit petit à petit en possession de la place que les Frst* çois y occupoient autrefois. Ceux cy au contraire taschoient de

Comment on reçoit le* Ambassadeurs en Hollande. 65

l'amitié des Espagnols suspecte, et vouloient faire croire, l'on devoit encore appréhender leur prétendue monarchie e, et qu'ils en pourroient jetter les fondements sur les de la France, et sur ceux que la mort du Prince d'O- ■)nge pourroit produire en ces pais.

-JLb demeslé que Ton eut avec Bel lièvre au sujet du rang, AbHge à faire icy une digression, pour faire voir de quelle fa- ■I «t Estât en use à l'égard des cérémonies avec lesquelles Fieçoit et traitte les Ambassadeurs et les Ministres des Princes jjjbnngers à leur arrivée et aux audiances; afin de ne pas Anrompre la suitte des affaires, pour entretenir le lecteur de pfcaa ces particularités qu'il doit nécessairement scavoir, mais WH suffît de marquer une fois, pour ne le point ennuyer de re-

pfloand un Ambassadeur, Ordinaire ou Extraordinaire, est ar- ÉC dans une des villes voisines de la Haye, et il choisit ordiat celle de Botter dam (2), il en donne Avis aux Estats ■nx, qui l'envoyent aussytost visiter par un de leurs offiqui a la qualité de Maistre d'Hostel. Cet officier en arà Rotterdam, fait traitter l'Ambassadeur aux dépens de ce jour là, et le lendemain à son disner. Au sortir )h dianer on fait partir l'Ambassadeur avec son train, et le d'Hostel qui est à sa suitte le fait arriver à l'heure qui concertée entre les Estats et l'Ambassadeur, à un pont lt Ton appelle le Eornbrug% qui n'est éloigné de la Haye que mwt petite demy lieue, et là il trouve deux Députés des Estats, fee nn cortège de plus de trente carosses, qui le font entrer m* le second ca rosse de l'Estat, pour le conduire à l'hostel )* Ambassadeurs Extraordinaires à la Haye, où ils prennent ftjgé* de luy. Les Princes d'Orange faisoient autrefois cet Bee, jusqu'à ce que le Prince Henry, qui le jugeoit incompa- ■le avec l'Altesse, ne voulant plus faire ces corvées, s'en dissous prétexte des goûtes dont il estoit souvent travaillé;

jfT) Wicquefort, L'Ambassadeur et ses fonctions, I. p. 220, 221, "Vreede, Inleiding toi eene geschiedenis der Nederlandsche Diplofeflfir. Tome I. passim.

i|f) Delfty pour les ambassadeurs qui venaient de la part des cours t Nord ; Rotterdam, pour ceux de l'Empereur et des rois de France, Angleterre et d'Espagne. Wicquefort, 1. c.

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