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60 Comment on reçoit le» Ambanfatieun e* Hollande.
et son successeur qui n suivy son exemple, n'a pas voulu l'a ! donner la peine. '
Les Ambassadeurs font ordinairement leur entrée sur kt qn» tre ou cinq heures après midy, ou de meilleure heure en hwerj et quelque temps après sept Députés des Esta ta, c'est à dire unfc chaque Province, leur vont faire le premier compliment, et à Hum du souper deux ou trois autres Députés leur font compagnie I table. Les deux jours suivants Ton y envoyé deux ou trois De*' pûtes des Estats Généraux ou du Conseil d'Estat, ou bien dck Chambre des Comptes. Le quatrième jour l'Ambassadeur pmi sa première audianec publique, à laquelle il est conduit par dev Députes, qui le vont prendre à son logis dans le premier de l'Estat, suivy de trente ou de trente cinq autres. Il sort carosse au pied de l'escalier de la grand' salle, laquelle il trannft pour aller a celle de l'Assemblée Ordinaire. Dés qu'il y tous les Députés se lèvent et se découvrent, et se tiennent de W jusqu'à ee que l'Ambassadeur se soit rangé à sa place, et qiH s'assce. Il se met dans un fnutiieil, ou chaise à bras, de v< verd, garny d'un carreau de la mesme étoffe, et cette chaise placée au milieu de la table, vis à vis du Président de r Assembla qui garde tousjours sa place, et ne Ta jamais cédée que je scai sinon au Koy de la G ni mie Bretagne, lors qu'il y prit audiufl en l'an 1660. Après que l'Ambassadeur a fait son complii et que le Président y a répondu, les mesmes Députés le finissent au logis avec le mesme cortège, et luy font corn] au dernier repas qu'il fait aux dépens de l'Estat. Après «U« ne le loge plus, quoy qu'on souffre bien quelquefois qu'il d* meure encore quelque temps dans l'hostel des Extraordinaire s'il n'y arrive point d'autre Ambassadeur qu'il faille recevoir é loger.
Ces cérémonies du cortège, des carosscs se font toutes les W que l'Ambassadeur Extraordinaire demande audianec. Mais' l'égard des Ambassadeurs Ordinaires elles ne se font quai première et à la dernière, et aux autres audianecs ils vont leur eani«>e ju-ques au bas de l'escalier par lequel on monte iK salle «le l'Assemblée, et au sortir «lu en rosse deux Députés !• reçoivent à la portière, it les conduisent et reconduisent d*> mesme manière (pie l*.s Kxtraordinaircs sont conduits; niais A n'est que jusques au earo-.se. Ny les uns, ny les autres ne piti" lient pas souvent audianec, mais ils font la pluspnrt de leurs ■ faires ou par des Mémoires qu'ils présentent à l'Assemblée, ou a
Comment on reçoit le» Ambassadeurs en Hollande. 67
l eonferences qu'ils ont avec des Députés des Estats. Ils les uadeut aux Estats, ou bien ils y sont conviés pur eux; et
hne, et en l'autre rencontre elles se tiennent presque tousn ches les Ambassadeurs, qui sont obligés en ce cas là de V les honneurs de la maison, de recevoir les Députés à la tiere, et de leur céder le main et le pas par tout. A ces Années se trouvent ordinairement huit Députés, scavoir un
chacune des six Provinces, et deux de Hollande, avec le
\mm Ministres du second ordre, c'est à dire les Résidents, ne É ny receus, ny logés, parce qu'ils n'ont pas le caractère qui mente proprement le Maistre. Je comprens sous la qualité 'Betident celle d'Envoyé, parce qu'il n'y a pas plus de diftepb entre ces deux qualités qu'il y en a entre l'Ambassadeur itnaire et Extraordinaire; comme en effet la Cour de France vm fait point du tout. Et néant inoins puisque l'Allemagne a U foula produire des Ministres qui ne sont ny Ambassadeurs,
Besidents et que la pluspart des autres Cours de l'Europe ont i voulu suivre son exemple, les Estats des Provinces Unies i esté obligés d'avoir de la complaisance pour ceux qui ont Ai qu'on rendist à leurs Ministres les honneurs qu'ils ne Ivoient pas prétendre avec justice. Nous aurons l'occasion K parler cy après; c'est pourquoy nous y ajusterons scule- 0t« que depuis que l'on fait icy quelque distinction entre les lElés d'Envoyé et de Résident, on a fuit aussy distinction entre
réceptions des uns et des autres. Mais comme ces cérémonies
•ont pas fort bien réglées a la Haye, on les change si soui, que l'on n'en peut rien dire de certain. Pour ce qui est i Besidents, l'Agent des Estats les va prendre chez eux dans earosse à deux chevaux, et les conduit A. leur première Kence jusques au haut du grand escalier, où deux Députés des fete les reçoivent, et les conduisent à leur place, qui est vis à
da Président, dans une chaise à bras de drap verd. Les connees que l'on a avec les Ministres du second ordre se tien- £ le plus souvent dans une des a nti salles des Estats Généraux, leurs Députés y prenoient autrefois la place d'honneur; mais miB fort peu d'années ils la cèdent, non seulement aux Ennée des Testes Couronnées, et des Electeurs, mais aussy aux ■dents des Princes à qui on donne la qualité de Séréni»*ime% ai on a encore communiqué cet avantage, aussy bien qu'aux bassadears et aux Résidents des Couronnes, qu'ils jouissent
6S Bellâtre réfute d'admettre Ut Depmtê* de* SttdU.
de l'cxcmtion dos droits que la Province de Hollande 1ère les denrées qui se consument dans leurs maisons, tins} \ sera plus amplement remarqué cy après. Ces ceremoniei I aujourdhuy une des plus essentielles parties des Ambassria furent un des premiers obstacles qui s'opposèrent an sueeé la negotiation de Monsieur de Bel lierre.
Une heure après qu'il fust arrivé les Députés des Edita voyerent scavoir s'il avoit la commodité de recevoir les près compliments de la part de l'Estat; mais il refusa de les mettre, et les renvoya jusques à l'heure dn souper. Cens qsi avoient fuit compagnie à ces repas, rapportèrent le lendemaia que bien qu'ils eussent fait avertir 1* Ambassadeur qu'As le noient voir, il les avoit fait attendre longtemps dans ane i basse devant que de se produire, et qu'en les conduisant il i tousjours affecté de prendre la main et le pas sur eux. l'avoicnt bien remarqué, mais ils l'a voient dissimulé, parce q avoient bien voulu luy faire la civilité entière pendant estoit logé, et défrayé dans la maison de l'Estat; mais qi on vit qu'il pretendoit en user comme d'un droit acquis, et* croyoit qu'on ne luy en pouvoit pas disputer la possession, i celle dont ses prédécesseurs avoient joui sans contradiction Estats jugèrent qu'ils luy en dévoient témoigner leur ressentis Ils luy firent représenter: Que les affaires n'estoient plu Testât où elles estoient autrefois. Que le Boy d'Espagne i reconnu ces Provinces pour un Estât libre, indépendant et S verain, et que ses Ambassadeurs, et à leur exemple, les P potentiaircs de France avoient rendu à ceux de cet Estât, 1 mes avant la conclusion du traitté de Munster, les me honneurs, et les mes m es civilités qu'ils avoient faits aux nistres de la llepuhliquc de Venise. Que la Cour de Fi en estoit demeurée d'accord, et que ce n 'estoit qu'à cette ditinn expresse, que les Estats avoient envoyé leurs Ambi deurs ïi Munster; parce qu'ils ne vouloient pas souffrir que Alliés fissent rien au préjudice de la liberté de l'Estat sans l'asseurance que les Ministres de France donnèrent cela, ils ne seroient jamais entrés en negotintion. Ils luy ! dire encore: Que l'Ambassadeur d'Espagne pro test oit, qu' permettre ât pas que celuv de France eust cet avantage sui
(1) Résol. des Etats Généraux (G 1, unie Assemblée) du 7 Mars
18 X/CUUbGS 11 dVUlUllb ^Utlll» liLlb UC UlUll/UlbO v»u mj
i main et le pas pendant qu'il avoit esté défrayé et ; dépens de l'Estat, parce qu'ils considéraient l'Ambassanme leur hoste, et qu'ils croyoient devoir faire les honj la maison ; quoy que celuy d'Espagne en eust usé autreesmes pendant que l'Estat le faisoit traitter. Que depuis lance il s'estoit accommodé avec le concierge de l'hostel n logement, de sorte qu'estant logé chez luy, ils preten- |u*il rendist à leurs Députés les honneurs qui sont deus indeur et à la dignité de l'Estat, et que s'il ne s'y poui résoudre, il falloit qu'il souffrist que les conférences Hit dans une de leurs antichambres, où ils ne feroient : difficulté de faire les honneurs de la maison (3). Bel* s'en défendit par l'exemple de ceux qui l'avoient precet employ, et puis que les Estats v oui oient changer chose dans ce qui avoit esté pratiqué jusques alors, ils l'en avoir fait avertir devant qu'il parti s t de la Cour de afin que le différent y fust réglé avec leur Ambassadeur; i*il ne vouloit pas servir de planche, et qu'il ne seroit it, que Pomponne de Bellievre eust fait ce tort à leur de la Couronne de France.
; vray que Gaspar Cognct de la Tuillerie, qui •ecedé Bellievre dans cette Ambassade, estoit demeuré ►ossession où les Ambassadeurs de France estoient, de chez eux tous les avantages que l'on refusoit de laisser cy. Mais les amures avoient bien changé depuis l'Asde Munster, où les Ambassadeurs, de France avoient reî cette prérogative, et depuis ce temps là elle n'avoit
70 Isa negotiatiù* de BeUievre.
point eu d'Ambassadeur à la Hnye; tellement que les Erfitm pouvoient pas se persuader que celuy qui y devoit venir, bar voulust contester un droit que les Ambassadeurs de France ksi avoient cede, de l'ordre exprés de leur Cour.
Pour ce qui est do In negotiation du Président de Bellierri, l'on n'en avoit veu autre chose, sinon un compliment sur la du Prince d'Orange, et sur la naissance de son fils postant comme aussy quelques ouvertures pour la médiation de Y entre les deux Couronnes, aux conditions que la France la roit (1).
Les déprédations continuelles et insupportables dont les cois iiicommodoient le commerce des habitants de ces Profil et dont on luy représenta l'importance et les mauvaises w faisoient haïr la nation; et les desordres dont la Cour estait af* téc, et la foi blesse du Premier Ministre faisoient perdre 1 le respect que Ton avoit eu pour elle. On faisoit tou jours de nouvelles plaintes à r Ambassadeur, qui de son o formoit tous les jours de nouvelles difficultés et se incapable de negotier; de sorte que voyant qu'il n'y avoit! à faire pour luy icy, les Députés des Estats refusant d'esi en conférence avec luy, jusqu'à ce que le différent que l'on v pour le rang fust réglé, il se fit révoquer, et résolut de pal II y avoit encore une autre raison particulière qui luy fit cette resolution. C'est que lors qu'il accepta cette Arabisas^ il se trouva appuyé à la Cour de l'autorité de Monsieur Chasteauncuf, à qui la Heine Kegcnte avoit donné les Séant pendant la prison du Prince de Condé; mais au commea» ment du mois d'Avril de cette année, elle les luy osta pour»* donner à Mathieu Mole, Premier Président au Parlementa Paris, qui les remit entre les mains de la Heine au bout de & jours, et après cela ils furent rendu à Pierre Seguier, Canrelier de France. Ainsy Mr. de Bel lièvre n'ayant plusperaoD* à la Cour qui le pust protéger, et voyant que la Heine en divisai les deux cabales du Prince et de la Fronde, alloit perdre Pal et l'autre, il voulut s'en retourner pour aider à soustenir la daV nicre, dont il estoit un des principaux appuis, avec le Coadjuteat
(1) Kcsol. des Kl at s Généraux (Grande Assemblée) du 9 et du 21 Mars 1651.
Il part. 71
FÀrcbevesque de Paris, et avec Chasteauneuf l'Aubé-
H prit son audiance de congé au commencement du mois de iay, après n avoir demeuré à la Haye qu environ deux mois; pis trop longtemps pour n'avoir pas seulement commencé à prier d'affaires. Il en faut attribuer la cause en partie au muup estât de celles de France, qui estoit si déplorable en ce m* là, que son Ambassadeur, qui n'a voit presque rien à neptier, ne pouvoit pas se faire considérer icy, quand mesmes Ton n'auroit pas eu sujet d'en estre extrêmement me-
i Quelques jours après la première audiance de Mr. de Bellie- !• on eut avis, que le Parlement de la Kepublique d1 Angle pe, c'est ainsy que Ton noramoit le party dominant, alloit en- )jw à la Haye une Ambassade solemnelle, pour rechercher initié de cet Estât. La Hollande qui avoit son Ministre à lidres, et un grand penchant de ce costé là, comme de l'autre ftté elle ne pouvoit pas aimer la France qui l'incommodoit fremement en son commerce, vouloit que l'Ambassadeur sortist il'hoetel des Extraordinaires, pour faire place à ces nouveaux «tes (S), et fit des instances d'autant plus grandes pour cela, lUle avoit fait résoudre quelque temps auparavant: Que les ■bassadeurs Estrangers ne seroient plus logés aux dépens de jetât (S). Mais d'autant qu'en l'an 1647 on n'avoit pas fait loger les Ambassadeurs de Moscovie pour loger le Comte irrien, et que l'Ambassadeur d'Espagne, quoy qu'Ordinaire, itoit pas laissé de l'occuper longtemps après son audiance, sllievre refusa de déloger, et s'y opiniastra si bien qu'il lt esté impossible de l'y forcer sans faire quelque sorte de fonce et d'outrage au Eoy, son Maistre, aussy bien qu'au actere et à la personne de l'Ambassadeur (4). Ccluy qui
1) , Ceste petite humeur fière, écrit M. de Sommelsdyck, et taisir, avec ce que dans ces changements de sa Cour il craiguoit quelque chose s'y pourrait passer à son préjudice ou celuy de amis, a esté cause qu'on ne Ta peu retenir." Archives de la maiaTO range. 2- Série. V. p. 38.
!) Résol. des Etats de Hollande du 14 Mars 1651. i) En 1649: Aitzema, S. van Staet. III. 29. p. 363. ) Bésol. des Etats de Hollande du 17 Mars 1651.
72 Les E$taU retolce/tt un armement extraoréi**ire.
estoit de la part de l'Eslat à Paris y faisoit des plaintes et des instances continuelles, et il y obtenait de temps en temp s* arrests du Conseil, des lettres de cachet et de jussion, et fa ordres assés forts pour la main levée des navires dépredés; Mb les Gouverneurs des villes maritimes qui participoient an bita, et qui en faisoient part aux Ministres mesmes, recevoient « ordres avec mépris. Personne n'obeïssoit, et toute la manquoit universellement au respect qu'elle devoit au Boy et à ses commandements (1).
La Cour de son costé n'estoit pas faschée de voir le « merec des Provinces Unies troublé et incommodé, parce qri leur vouloit bien faire sentir les mauvais effets de la paix m* parée que Ton uvoit fuite à Munster, laquelle elle considérai comme la cause de toutes les disgrâces, et de toutes les tions du Koiaume. Tellement que les Estats se trouvant ol de chercher en eux mesmes le remède qu'ils ne trouvoient dans la faiblesse, ou dans la malice de quelques uns des Mis* très de France, résolurent de faire un armement extraordiniâl de trente six vaisseaux de guerre, et d'en employer doue, « trois fre^attes, à nettoyer la Mer Méditerranée, sous la condi du Lieutenant Amiral Tromp, et de George Cats, Àmirul (S). On ordonna aux Chefs de se pourvoir de virrtl pour quinze mois, et de se trouver au plustost au rendesdevant Cadix, et on commanda à l'Amiral, de se présenter son escadre devant Toulon, et d'y demander la restitution navires, qui a voient esté pris sur les habitants de ces Province; d'aborder et de prendre tous les vaisseaux François et Savovufe montés de plus de quarente hommes et armés en guerre, et fc s'en prendre à eux des déprédations fuites par des vaissem equippés dans les ports de France; d'attaquer aussy tous lB vaisseaux qui n voient esté armés en la coste de Barbarie «si la commission du Grand Seigneur, à la réserve de ceux de Sdfc avec lesquels on avoit fuit un traittu d'amitié et de liberté commerce au commencement de lu mesme année 1651. Ml»* comme cette Kesolution ne put pas estre exécutée au
(1) Voir T. I. p. 370 — 37S. Une liste des navires marchands esp* turés se trouve dans le Ilollandsche Mercuriu* de 1651. p. 51.
(2) Késol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 26 Mai 165L
Deux marchands offrent de nettoyer la mer. 73
Bps, parce qu'elle ne fut prise que vers la fin de Testé, il surrt depuis des affaires qui obligèrent l'Estat à prendre d'autres noies, à armer par mer contre de plus puissants voisins, et |f employer toutes leurs forces maritimes. Cependant le commerce dépéris soit de jour en jour; de sorte ■ les marchands voyant que la ruine de la navigation seroit ■vitible, si Ton n'y donnoit ordre, il s'en trouva deux à Arasrdam, qui offrirent de mettre une puissante armée en mer et I h nettoyer des pirates, à leurs risques et dépens. Ils méritent ka que l'histoire fasse connoistre leurs noms à la postérité, et m les estrangers scachent que ce pais ne manque pas de gens lés zélés et assés résolus, pour entreprendre la conservation de but sous les auspices de leurs Souverains. A ris ou Adrian Ibertson Snouck et. Jaques Thierry, après avoir confié leurs pensées avec d'autres intéressés, osèrent le 12 May t* une offre aux Estats Généraux que Ton n'attendoit pas de IX particuliers, scavoir (1): Que dans le premier jour de Juin * mettroient en estât et prests de faire voile, vingt bons et nds vaisseaux de guerre, montés de trente à cinquante pièces de ion, et de soldats et de matelots à proportion. Qu'au premier v de Juillet ils mettroient en mer pareil nombre, et vingt chaque ■nier jour des mois suivants, jusques au nombre de cent, s'ilestoit paaaire (2). Qu'ils en feroient toutes les avances, pour en estre abonnés par l'Estat, dans le temps dont on deraeureroit d'accord, argent comptant, en obligations ou en constitutions de rente à kds perdu, ou bien rachettables au denier vingt; les vaisseaux •tés de trente pièces de canon à raison de quatre mille quatre m livres, ceux de quarente à raison de cinq mille deux cens m, et les vaisseaux montés de cinquante pièces de canon à raii de six mille huit cens livres par mois. Ces offres de deux rehands particuliers réveillèrent les soins des Estats de Hollande, en prirent occasion de presser les autres Provinces de trader avec eux à la conservation et à la scureté de la navigai et du commerce. Mais comme toutes les délibérations qui font dans les Provinces, sont sujettes à de grandes longueurs, j employa une bonne partie de Testé, de sorte que la saison
) Hésol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 12 Mai, et
gtata de Hollande du 20 Mai 1651.
i #Et ce pour le temps de douze mois."
On n'avoit pas seulement à se garder dans la M
ranée des déprédations des François; mais l'on y ai
combattre les corsaires d'Alger, de Tunis et de Trij
de Salé incommodoient la navigation auprès du detl
braltar. La ville de Salé est située sur la coste d
Mer, en la Province de Temcsne, qui fait partie du
Fez, sur le bord et presqu'à rembouchure de la ri?
rugrag. C'estoit autrefois la capitale de tout le Roi
aujourdhuy elle a son Gouverneur particulier, et i
la Souveraineté du Roy que d'un tribut fort med
est divisée par la uiesme rivière de Buragrag en vie
velle ville, dont la dernière connue sous le nom de fl
bastie par A 1 in a n s o r , Roy de Marocco, qui l'a einb
sieurs palais et bastitnents publics. Les Moriaques
d'Espagne chassa en Tau 1610, font la meilleure p
habitants, et ne subsistent pour la pluspart que de
qu'ils n'exerçoient d'abord que contre les Espagnols,
mis, et en suitte coutre tous les Chrestiens indistincte
licence se trouvoit un peu bridée, depuis que les El
Provinces employoient en ces quartiers là une escadr
vaisseaux, qui après avoir fait quelques prises sur eux
en fin à conclurre un traitté avec Gedeon de V
commandoit cette escadre (1), et le fit aux condition!
Que tous les esclaves qui seroient pris en des vais*
pais, seroient mis en liberté, en payant leur rançon
du prix de leur première acquisition, due tous le
devant que de sortir du port donneroient caution i
offenser les navires des habitants des Provinces* U
ceux qui sont sujets ou habitants des mesines Provii
U Espagne reconnaît la République <T Angleterre. 75
rouvés en des navires d'autres pais, seraient mis en lise les corsaires des autres havres de la coste de Bar* pourraient vendre à Salé les marchandises dépredées lollandois. Que les marchands de ces païs qui vouestablir à Salé, ou bien y aller seulement pour le fait ommerce, y seraient receus et bien traittés. Que leurs ses ne seraient pas sujettes à payer de plus grands s celles des habitants du lieu payent. Que ceux de ourroient pas enlever des navires Hollandois les pas* i s'y trouveraient, de quelque nation qu'ils pussent tout sans préjudice du traitté que cet Estât avoit le Boy de Marocco, le 24 Décembre 1610; quoy que ; proprement qu'un traitté d'amitié et de bonne corres-
o vin ces qui avoient peu d'interest au commerce, et de déférence pour la Cour, avoient empesché, mesquelque violence, qu'on donnast audiance au Mi- Parlement d'Angleterre pendant la vie du défunt Orange. Mais incontinent après son decés il n'y as une qui ne témoignast de l'incliuation à recontte nouvelle Bepublique. Le Boy d'Espagne qui pouvoit îx se passer de l'amitié des Anglois que cet Estât, neantmoins le premier à reconnoistre pour Souverains venoient de faire mourir le Boy, son beaufrere. Don de Cardenas ayant pris audiance en plein Parlement, sucement de l'an 1651, y dit, que le Boy, son Maistre, ien reconnoistre le premier l' Estât de la Bepublique re, dont l'autorité et la Souveraineté résident au , et luy faire offre de son amitié. Il y âjousta, que le Dlique avoit fait informer fort rigoureusement du meurts en la personne d'Antoine Asham, Besident du d'Angleterre, qui avoit esté assassiné à Madrid comme s l'a voit esté à la Haye, et qu'il n'avoit pas tenu à es complices n'eussent esté sévèrement punis. Que les du Parlement seraient tousjours fort bien receus dans d'Espagne, et des autres Boiaumes de son obeïssance; contraire l'on n'y recevrait point ceux du Prince Palart, qui estoient en mer sous le pavillon des ennemis lent.
>vinces Unies à qui les ports et les rades d'Angleterre ssaires, pouvoient bien suivre ce grand exemple. Il y
76 Let Proviwes Uni** reeùHnoistcat la République fAa§kkm*
avoit longtemps que In Hollande aroit jugé qu'il fallût noiatre la République, et avoit eu sur ce sujet de grands déW lès arec les autres Provinces. Macdowel, Résident du Bsj d'Angleterre, fit de puissants devoirs pour tascher de l'cap» cher, et mesines que Ton ne reconnust point le Parlemetta cette qualité; mois il ne se trouvoit plus appuyé de la Coor.d celle du Prince défunt estant morte avec luy, il n'y eut phi moyen d'empeseber les Provinces de se déclarer. Toute», pour ne passer point d'une extrémité à une autre, la Zeduà et quelques autres Provinces furent d'avis: Qu'il suffisoit de f* connoistre la Republique, de luy donner les tiltres et lesquWi qu'elle se vouloit faire donner, et de rendre à ses Ministre ls mesines honneurs que l'on est accoustutné de rendre aui Mu» tres des autres Princes et Estât s Souverains; mais qu'il n'estai pas nécessaire de la rechercher d'abord par une Ambassade, api avoir si opininst reine nt refusé d'udmettre ses Ministres. La Hollande y avoit envoyé un Commissaire (1) dés Tannée passée,* vouloit provenir la rupture dont le Parlement se m b loi t memet cet Estât, qui se disposa enfin, du consentement unanime è toutes les Provinces, à reconnoistre la nouvelle République, 4 la reconnut en effet à l'instance particulièrement des Depd4 de Zeelandc, qui en sommèrent ceux des autres Provinces (S). Le Parlement témoignoit une grande fierté en toute sa a duite, et un grand ressentiment de l'assassinat commis ea ■ personne d'Isa ne Do restas, dont la recherche, quoy que tm exacte, ne le eontentoit pas. Il se souvenoit du mépris que kl Estats Généraux av oient fait de ses Ministres, pendant qu'a préjudice de la neutralité, ils avoient admis ceux du Roy et s) plaignoit de ce que durant les guerres civiles, le Roy avoit tflt des secours très considérables de ces pais; quoy qu'il sceust (■" c'a voit esté le Prince d'Orange qui avoit secouru le Roy défunt d'armes, de munitions et d'argent, et non l'Estat. Il M plaiguoit aussy connue d'une action criminelle, de rAmhasnfe Extraordinaire que l'on avoit envoyée en Angleterre pour tr scher de sauver la vie au Roy, et parloit mal de la prinr
(1) S eh ii op. Voir T. I. p. 200.
\i) Ki'&ul. des Etats de Hollande du 7 et 12 Janvier 1651, et dft Etats Généraux (Gian.le Assemblée) du 7, 26 et 23 Janvier lttli Aitzenia, S. van Staet. 111. 31. p. 637.
Déprédation* du Gouverneur des Sorlingue*. 77
pt les Estats se donnoient de vouloir nettoyer la mer de au qui rescuraoient avec commission des ennemis du Parle- Le Gouverneur des Isles de Scilly, que Ton appelle les Sorfagues, qui s'estoit déclaré pour le Roy d'Angleterre, avoit fait pner quelque bastiments, qui prenoient tout ce qu'ils rencontrent de vaisseaux en la mer. Le Roy estoit à Breda lors qu'il |L expédier des commissions pour cela, et il y en a qui ont (lent, que ce fut de concert avec le Prince d'Orange, qui en ffdoit particulièrement à la Hollande, tant parce qu'elle s'oppo- Mit à ses sentiments ainsy qu'il a esté dit au Livre précèdent, |K parce qu'elle avoit reconnu la Republique en envoyant un Sbmmissaire à Londres (1). Pour s'opposer à ces pirateries les Krtats faisoient tenir Tromp, leur Lieutenant Amiral, auprès de in isles, avec ordre d'eu occuper toutes les avenues, et de prendre ps vaisseaux des corsaires (2). Le Parlement en prit ombrage, t en fit faire des plaintes, comme si l'intention de l'Estat eust ■Je* de se saisir de ce poste dépendant de l'Angleterre, et qui la «uvoit incommoder, estant en des mains estrangeres (3). Le Parlement de son costé incommodoit le commerce par les ébnses qu'il avoit faites de trafiquer aux Caraïbes (4). Wil- Pttgby, que le défunt Roy d'Angleterre y avoit estably en «alité de Gouverneur, n'osant se déclarer ouvertement pour le ■ceesseur, qui n'estoit pas en estât de le soustenir, et ne voulut pas prendre le party du Parlement qu'il haïssoit, avoit perla à tous les estrangers indistinctement, de trafiquer en tous M lieux de son gouvernement, espérant pouvoir trouver dans le Dumerce de quoy se fortifier contre ses ennemis. Les habitants es Provinces Unies, qui ne manquent pas de profiter de ces «casions, et qui y avoient envoyé quantité de navires furent iea estonnés de se voir privés de cette commodité par ce nou-
(1) V. Wagenaar, Vad. Hitt. XII. p. 207, qui juge cette accuttion être sans fondement.
(S) Résol. des Etats de Hollande du 20 Avril 1651.
(3) M. Ranke parait ajouter foi aux plaintes des Anglais: ,Die tollinder hatten den Gedanken, den Schaden den sie an den Scillybods erlitten, durch eine Eroberung derselben zu rëchcn." Engli&che mekichte. III. p. 390. — Rien n'eût été plus contraire à la pc-litiie qu'on observait à regard de l'Angleterre. (4) Résol. des Etats de Hollande du 22 Avril 1051.
78 Le* Ambastadeun du Parlement arrivent à la Baye.
venu Règlement du Parlement, qui leur défendoit d'y trafiquer, ù peine de confiscation des navires. Ce procédé fut trouvé dutant plus violent, que mesmes les navires, qui estoient partis devant In publication des défenses, et qui n'en pouvoient pas avoir esté avertis, n'en estoient pas exemts.
Les Anglois troubloient nussy le commerce sous prétexte «h déaieslé qu'ils avaient avec les Portugois, qui donnoient retnitte dans leurs ports aux vaisseaux du Prince Palatin Robert, q» coimnandoit une escadre pour le Roy d'Angleterre, et arrêtât et visitoit les navires qu'il rencontrait dans la route de ce paît A. Les Anglois prenoient nussy les navires Hollandois, sous prétexte des représailles accordées à des particuliers contre le Koj de France et ses sujets, et visitoient mesmes les vaisseaux de gnon de l'Estat, qui transportaient, à ce qu'ils disoient, l'or et l'argeat hors d'Angleterre (1).
C'est en cette disposition où se trouvoient les esprits et tarifaires, lors que Olivier St. John et Walter -Stricltnt, le premier Chef Justicier ou Président de la Cour de Justice, et l'autre Membre ou Député du Parlement, arrivèrent à Botterdam vers la fin du mois de Mars. Ils y furent complimente! et traittés, et en suitte receus à leur entrée à la Haye avec kl mesmes cérémonies et civilités que l'on n accoustuiné de (airt aux Ambassadeurs des Testes Couronnées. Le Président de Bellie vre, Ambassadeur de France, occupoit l'hostcl des Extnordinaires, et refusoit i\\i\ sortir; tellement qu'on fut contniit de les loger dans une maison particulière (2), où leurs gcntDahomines ne pouvant pas trouver le couvert, on avoit esté oblijrf tic les loger dans le voisinage, où ils estoient exposés à Tin»" lenee du petit peuple de la Haye, tousjours emporté, mais alori extraordinaimnent animé contre les ennemis du Roy d'Angleterre, parent du Prince d'Orange.
St. John parlant en la langue de son pais (3) dit, dm
(1) Résol. des Etats Grm'niux (irnndc Assemblée) du 26 Avril et des Etats de Hollande du 25 Novembre 1051.
(2) Késol. des Etats Généraux (Grande Assemblée^ du 24 Mil»
(3) La réponse du Président de la Grande Assemblée, le Seienetf de Wi mm eu uni, fut en Hollandais. Voir van Wijn, Affama/A II. p. 130, 137.
Leur audience. 79
fafiriee que la Grande Assemblée leur donna (1): Que le Parle* faisant reflexion sur les traittés qui ont de tout temps joint ttble 1* Angleterre et les Provinces des Pais Bas, et considérant i la mesme nécessité de la seureté de la navigation et du com-
qui les avoit unis autrefois, se trouvoit aujourdbuy plus pftmnte que jamais, à cause de l'interest commun de la religion M de la liberté des deux Républiques, il jugeoit, qu'il importoit à fmt et à l'autre de faire entre elles une liaison éternelle et indis- Itbhfe. Que la situation des deux Estats comme en veûe l'un de PWfare, rendoit presque palpable la nécessité qui les obligeoit à vivre hl bonne amitié et correspondance, quand mes mes l'expérience ne auroit pas fait connoistre, que la mauvaise intelligence est nt ruineuse à l'Angleterre et à cet Estât. Que la Hol-
qui en envoyant un Député en Angleterre, en avoit fait Ife premières avances pour rechercher son amitié, faisoit espérer (Mb les deux nations en feraient une que le temps ne pourroit Mb altérer. Que pour cela, quoy qu'on luy eust donné sujet d'en ta* autrement, et pour faire une alliance très étroite entre les kmn Républiques, celle d'Angleterre avoit résolu d'envoyer icy ttfte Ambassade Extraordinaire à l'occasion de la Grande As- IMUée, qui avoit, sans doute, esté convoquée pour les plus imfcrtantes affaires de l'Estat, et à cause d'un accident extraordifeire, (ce qui se devoit entendre de la mort du Prince d'Oranf%0 dans un temps où Testât présent de l'Angleterre se trouvoit i bien establ y, et où les deux Estats n'avoient point d'ennemy étranger. Que les révolutions qui arrivent dans les Estats, JMque justes et légitimes qu'elles soyent, ne laissoient pas d'es- ^ accompagnées ou suivies de plusieurs rencontres fascheuses (2); Mis qu'il ne croyoit pas en devoir entretenir l'Assemblée, puis ffe'eDe estoit composée de personnes qui ne pouvoient pas ignoer ce qui s'estoit passé à Utrecht en l'an 1579, et au mesme ifcl où ils parloit, en l'an 158 1. Que les changements qui ttoient arrivés icy n'avoient point altéré l'affection que les Anfois ont tousjours eiie pour ces peuples; de sorte que l'on *oh sujet de croire que les révolutions de l'Angleterre n'altere-
Q) L'audience des ambassadeurs eut lieu le 30 Mars 1651. Le hoours de St. John se trouve dans Aitzema, S. van Staet. III. I. p. 639, 640.
(9) Rencontres faucheuses. C. k d. de jugements injustes et de appréciations.
80 Première proposition det Ambouadean Angloi*.
roient point non plus la bonne volonté des habitants de omît* vinccs envers les Anglois, et que les Ambassadeurs en jogrâd par les preuves qu'on leur en donneroit en la promtitade iw laquelle les Estats ngréeroient et accepteraient ces offret B acheva son discours en protestant de leur affection partial» au bien de l'Estat, et demanda qu'on leur donnast des Qomm saires, avec qui ils pussent entrer en conférence (1).
L'Espagne considérant que l'union de ces deux Bepubfij» scroit de la dernière importance pour tout le reste de l'Euroas, l'Ambassadeur du Boy Catholique vouloit faire comprendre a» Maistre au trait té, ou du moins luy faire reserrer une place p* l'occuper lors qu'il le jugeroit à propos. C'est pourquoy le Bru envoya complimenter les Ambassadeurs Anglois, dés qu'Os tam\ arrivés à Rotterdam. Il leur faisoit continuellement tenta b civilités imaginables, et faisoit scrupuleusement observer testa leurs démarches; les voyant fort souvent, aussy bien que leiOr* pûtes des Estats qui travnilloicnt avec eux, pour asseorer la a* et les autres de la sincérité des intentions et de la bonne volosaf du Roy, son Maistre.
Mais ces soins furent d'autant plus inutiles qu'ineontM après les premières conférences les Ambassadeurs Anglob ■ purent plus dissimuler les véritables intentions de la nom Republique (2). Ils demandèrent d'abord que toute la negooV tion se fist par escrit, et protestèrent que les articles dostai demeureroit d'accord ne les obligeroient pas, jusqu'à ce queWi le tniitté fust conclu. Ils dirent: (lue leur Republique deM de renouvcller l'amitié avec cet Estât, par une alliance Aronai et indissoluble, et qu'elle y estoit conviée par la considération à Pinte rest commun de la religion, de la liberté et de la jetfft* de commerce, qui dévoient animer l'un et l'autre à leur cowfr vation commune. Qu'en Angleterre (3) les Protestants cstoîai exposés à la discrétion du Pape, et en France à celle du Jtojî tellement qu'il n'y avoit point d'autre azile pour eux, sinon dm une très étroite alliance des deux Républiques.
(1) St. .lolni releva à ectte occasion d'une manière hautaine W faire de Dores la s.
(2) Les négociations avec les ambassadeurs Anglais se dans Aitzcma, S. van Staet. III. 31. p. 65? — 6G4.
(3) Lisez: en Allemagne. Voir Aitzcma, S. ta* Staet. 1IL 8» p. 657.
Oh outrage leur» gens. 81
ju Estats firent une réponse générale à ces offres générales, anployant à peu prés les roesmes termes dont les Ainbassairt Nettoient servis en leur proposition, des asseurances d'une itié réciproque et inviolable, et de leur inclination à la culti-
et à raffermir par une alliance étroite et perpétuelle entre deux nations (1).
Hais les Anglois qui croyoient que Ton enchéri roi t sur leurs «s, se faseboient de ce que Ton ne devinoit, ou que Ton ne doit pas pénétrer leurs pensées, qui n'alloient qu'à ne faire in Estât des deux Républiques; ainsy que Croinwell i expliqua depuis en Tan 1653. Ils trouvoient le pouvoir que
Sstats avoient donné à leurs Députés, .trop gênerai, et vouant qu'on leur donnast ordre de traitter une plus étroite et il intime alliance et union qu'il n'y en a voit eu jusques alors tre les deux nations, pour l'interest commun de Tune et de rire. Hais voyant que les Estats ne faisoient point d'autres laces, ils déclarèrent: Qu'ils ne pouvoient pas se contenter de i expressions générales, et que si dans peu de jours les Estats
•'en expliquoient autrement, ils seroient obligés d'en aller idre compte au Parlement, qui n'entendoit pas qu'on l'amusast
oette manière (2). Ils ne vouloient traitter qu'à cette condii, et n'y trouvant pas les esprits disposés, ils se servirent du texte des insultes que le peuple de la Haye faisoit à leurs ■étriqués, pour en prendre occasion de se retirer. IMs qu'ils furent arrivés à la Haye, les domestiques de la iûcesse Royale et de la Reine de Bohême, comme aussy queles officiers de guerre, Anglois et Escosfois, affectionnés au par-
du Roy d'Angleterre, mais sur tout le Duc de Yorc et le face Palatin E d ii a r d , qui s'imaginoient que leur qualité les itoit à couvert des recherches de la justice, lascherent tellelit la bride à leurs gens, que ceux des Ambassadeurs n'estant » en seureté, ny leur maison mesme excrate d'outrage, les Esi de Hollande, Souverains du lieu, se virent obligés d'y faire ttre un corps de garde, pendant que la Cour Provinciale probit coutre le Prince Edùard, contre le Colonel Ashley,
l) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 6 Avril 1651. I) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 8 et du Irril 1651. Thurloe, State Papers. 1. p. 179. t. 6
82 Ils se plaignent de V expédition de Tronp.
et contre quelques autres, par des décrets de prise de corp m par des ajournements personnels (1).
Ils rcnouvellereut aussy les plaintes que le Parlement «ci faites au Commissaire de Hollande, de l'escadre que eet Estt employoit contre les pirateries du Gouverneur des Sor Hnguei (1), comme si les Estats eussent porté leurs armes jusques dssf k territoire de la République, sans sa permission et participât»^ dessein peutestre de se rendre maistres de ces isles, qui fost j)artie du Ko ia unie d'Angleterre. Ils firent entendre, qu'il y itloit de l'honneur et de Fin ter est de leurs Cominittents, et mloient qu'on les asscurust, que Ton n'entreprendroit rien aa pnjudice de l'un et de l'autre. On les asseura (3): Que liâteslion de l' Estât estoit de forcer le Gouverneur, ennemy du Pariement, de restituer les navires dépredés sur les habitants de en Provinces, et de l'empcscber de continuer ses pirateries.
Mais toutes ces diligences et toutes ces justifications ne atit firent point les Ambassadeurs Anglois. Us n'a voient pas esté phi d'un mois à la Haye, où les affaires de cette nature ne se peivent pas résoudre sans la participation et sans le consentemest des Provinces, qu'ils commencèrent à s'y ennuyer; et neantnoisi ils demeuraient tousjours dans les termes de leurs offres gesenles, et vouloient qu'on leur fist des propositions capables de ta réussir cette negotiation d'alliance, au contentement des deuitf* tious (4). On n'eutendoit pas ce langage mystérieux, on on si le vouloit pas enteudrj, et l'on demeuroit tousjours dans In mesmes termes de leur proposition générale, d'une étroite anittf et union. De sorte que le Purlcment pour faire comprendre» nécessite' de son amitié, donna ordre à ceux qui commaodoieat ses armées navales, de troubler la navigation et le commerce des habitants de ces Provinces.
(1) Hume, Jlistory of En gland y Chap. LX. prétend que les s» baladeurs furent impunément insultés par les partisans des faaiifles d'Orange et de Stuart, ainsi que par lu populace de la ilaje. A* contraire, les Ktats de Hollande tirent tout leur possible aliu deto* cesser ers afl'ronts, qui ne pouvaient qu'irriter l'humeur déjà peu tnûtablc des ambassadeurs. Voir leur» Résolutions du 28 Mars, du i 13, 15, \\ lii, 2U Avril, du 1, 2, 4, 15, 16, 17 Mai 1651.
(2) Résol. des Ktats (iénéraux (Grande Assemblée) du 20 Avril 1651. (.'J) Résol. des Ktats Généiaux (Grande Assemblée) du 21 Avril 1631. (4) Késol. des Ktats Généraux (Grande Assemblée) du 20 Avril 1WL
Les Awkbauadetn disent q**ils sont révoquée. 83
b n'y manquèrent pas; car ils arresterent en pleine mer neuf ires marchands qui alloient en Portugal. L'avis qu'on en eut que au mesme temps que les Ambassadeurs faisoient ces belles m d'amitié, allarma tellement la Hollande, qu'elle fit prier Ittata Généraux, d'ordonner à tous les Collèges de l' Amité, de faire partir leurs Députés à lettre veùe, pour délibérer s ceux de l'Estat, des moyens d'asseurer la navigation et le mené, ce qu'elle disoit luy estre de si grande importance,
si les autres Provinces n'appuyoient ses interests, et si elles pssoient en cette conjoncture avec la mesme vigueur, elle pliqueroit seule à régler ses affaires et les interçsts de sa fine» (1).
Se tut en effet une chose bien surprenante de voir les Amsadeors Anglois, que la Bepublique avoit envoyés à la Haye son mouvement, sans en avoir esté recherchée, avec les spe~ Mes offres d'une alliance très étroite, demander que cet Es-
fist des ouvertures et des avances que l'on attendoit d'elle. m on fut bien plus estonné lors qu'au bout de trois jours 6a wa belles protestations, ils firent dire aux Estats de Holle: due. puis que l'on ne répondoit pas à leurs propositions des termes qui les pussent contenter, ils alloient partir d'un v oft leurs personnes n'estoient pas en seureté, et ou on ne assoit point les violences qu'on leur faisoit tous les jours, marquoient particulièrement l'impunité du Prince Edûard, le quelques officiers Anglois ; quoy que Ton eust fait informer tre eux, et que l'on leur fist leur procès par contumace. itefois pour n'effaroucher pas trop les esprits, ils protestèrent mesme temps: Que ce n'estoit pas leur dessein de rompre la ptiation, ny de faire des rapports lors qu'ils seroient de rer en Angleterre, capables d'achever d'aigrir les humeurs, qui )ient desja fort emeûes; mais qu'il estoit raisonnable que cet ai qui veooit de recevoir l'honneur de cette première visite, readist à son tour, à la Bepublique d'Angleterre. Pour les Jger à demeurer encore, on leur représenta, que les Estats de Uande avoient fait tout ce qu'on pou voit légitimement désirer SX pour la satisfaction des Ambassadeurs; et que selon la iititution de cet Estât, où il ne se fait pas un seul traitté qui it esté auparavant communiqué à toutes les Provinces, il
l) BeaoL des Etats de Hollande du 26 Avril 1651.
■voit esté absolument imposable de fora peu* de
Ton avoit fait. -fil
On les asseura aussy que l'Estat répondrait l'inclination que la Bepubliqoe témoâgnoit poc* nm fhu^ainty alliance; et qne pour en donner des preuve* 9 cu**u*A*fef| dès à présent on entrast en conférence pour ▼aillast au traitté (1). On jugée qu'on ne luy un plus ferme fondement que le traitté qu'on ment VEntrocowrê, que Philippe* d'A«*trieh* 9ue4*ln*}j gogue, et Seigneur de la pluspart de ess Provinces, il mjfit 1496 arec Henry YIIt Boy d'Angleterre, et bjne pour HM*Jfc moder à la constitution présente des affaires de run.ttètMÉ Estât, on le pourrait changer en quelques endroits, et T**m ou en retrancher ce que Ton jugerait à propos» , ta An^amnj deurs demeurèrent fermes, en protestant pnnsl— I, qn* sMa| arec regret qu'ils alloient partir; mais qu'ils avenant Jss-asjBji exprès de prendre congé, si bien que leur eoni finie, il n'estoit plus en leur pouvoir d'entrer, em continuer leur negotiation, puis qu'anaey faim le geoit, que e'estoit luy mesme qui reoevoit tons le* fronts en leurs personnes. . • ..u^fj
Les prétendus outrages n'estoient pas si grands que las 4pj£ bassadeurs roulaient faire croire, et des personnes fins namvnJt; blés qu'eux se seroient contentées des devoir* qu* le* letato^ Hollande aroient faits, pour tascher de les empeeeber, et bk satisfaction qu'ils leur avoient donnée. *<
Quelques jours après ils déclarèrent: âne le Parlemsntl** avoit permis de demeurer encore, et de renouer 1* negotiatiai(% mais ce ne fut que pour la rompre arec plus de vioknoitffc qu'on l'auroit recommencée, et pour se séparer arec plus de aff contentement de part et d'autre.
Des le mesme jour que les Ambassadeurs déclarèrent e»* demeurèrent encore, l'on entra en conférence avec eux, oeil firent quelques propositions, qu'ils disoient avoir esté* tnaV la pluspart du traitté d1 Entrecour ê de Tan 149* (!); *»
(1) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 28 ÀTiiU du 2 Mai 1051.
(2) Késol. des Etats Généraux (Grande Assemblée; du 20 Mai lM* V. Tburloe, State Papers. I. p. 18L
(3) BésoL des Etats Généraux du 21 Mai 1651.
Maedowel traverse la negotiation. 85
aandant que l'Eatnt s'en expliquai dans peu de jours, et que la son costé il fiât faire des propositions qu'il jugeroit pouvoir wrrir à l'avancement de la negotiation. Ils y avoient fait couler fMkpes articles, qui obligeoient les Estât s, non seulement à rehm retraitte aux ennemis et aux rebelles de la Republique (Angleterre, et sous ee nom au Hoy et à la Maison Royale, ■ai aussy à la secourir, et à se déclarer contre les mesmea en- Mttk et rebelles, et mesmes à défendre au Prince d'Orange et lia Princesse Royale de rendre à leurs parents les secours que k nature les obligeoit à leur donner en leur persécution. Ces fttpftitions dévoient servir de fondement à ce bastiment imagiiin de leur très étroite alliance, à laquelle les Anglois don- Jtftat depuis le nom de coalition des deux Republiques. —fm conférences continuelles que Ton eut sur ce sujet, l'empres- OTtfti des Ambassadeurs, et les dispositions que Ton avoit icy à Asoouimoder, allarmoient vivement les partisans du Roy d'Angletaftfc; tellement que Maedowel ou Macdonnel, son Résident, Menant que Ton n'allast conclurre, représenta aux Estats: flh'ea s'appliquant avee tant de chaleur à cette negotiation, ils dé- Wtoieiit leurs propres interests. Que ceux qui se donnoient la faffité d'Ambassadeurs du Parlement d'Angleterre, parloient bien éê renouveller les anciens traittés, qui ont esté faits autrefois Mb* les deux nations, pour la conservation et pour la propaga- Kta du commerce, et que la conformité de leur Religion et la imparité de l'un et de l'autre Estât, avec leur avantage corn- Ma d'avoir secoué le joug de la tirannie, donnoient fort dans la Mb; mais qu'il falloit considérer, que ces anciens traittés avoient ■Hé faits avec les Rois d'Angleterre, et non avec un Estât an- ■ehique, tel qu'estoit aujourdhuy celuy de ce pais là. Que c'es- Weat les Rois d'Angleterre qui ont autrefois secouru cet Estât, ■t qui y ont fait fleurir le commerce. Qu'il n'y avoit plus de Btfgkm en Angleterre, mais bien une cobûe et une confusion de taies sortes de sectes et d' hérésies. Que la prospérité des armes Il Parlement n'estoit que passagère et accompagnée de plusieurs pttages infallibles de leur malheur. Que les peuples de ces ph cy avoient tousjours esté libres, et que le Roy d'Espagne b avoit reconnus pour tels; mais que les Anglois avoient tous- Ours eu leurs Rois, et en avoient encore un présentement. Que M trente six articles, dont on pretendoit former un commencèrent de traitté, achevoient de ruiner les espérances que le Roy, <n Maistre, pouvoit encore avoir de son retour à lu Couronne,
86 Df/ffites de* Jmbmtmdem*.
jettoient cet Estât dans un précipice, et le conduisoîeat dm a labyrinthe de déint slés avec de nouveaux ennemis qu*û se fnk de tous costés. Une ces mesmes articles donnaient de nendhi forces aux ennemi» du Roy, et estoient directement opposés Ml Resolutions du 1 jour de Novembre 1642, et 80 Septembre 1M6, pour la neutralité des deux partis, à la Déclaration des Est* de Hollande du 6 Novembre 1649, et à tons tes anciens tntm faits avec les Rois d'Angleterre, et particulièrement à eeaj à* Entrecour a, qui oblige cet Estât à secourir les héritiers et m successeurs du Roy Henry VII.
Mais toutes ces raisons n'auroient pas empesebé la umumim du traitté, si les dispositions eussent esté également boonei è costé et d'autre. On demandoit icy la paix; mais les vouloient quelque chose de plus, et les Ambassadeurs doient rendre tous les interests des deux Estate communs, m qu'ils ne pou voient plus espérer depuis que les Estats aveimt résolu, du consentement unanime de toutes les Provinces: te quelque traitté que l'on fi st avee la nouvelle République; oa m prend roit point de part au démeslé qu'elle avoit avee rEscosse(ll» C'est pour quoy ils firent naîstre tant de difficultés lors que Psi commença à discuter les trente six articles, que Ton perdit tosl à fait l'espérance de conduire le traitté. Tellement que les Ambassadeurs, voyant qu'ils ne pourroient pas faire réussir les intentions de leurs Maistres, c'est à dire de former des deux 11* tats une seule République, au lieu d'entrer en matière, direat: Qu'ils estoient venus jusques à la Haye offrir aux Estats l'amitié du Parlement, et qu'ils a voient fait mettre sur le papier quekpd propositions, qui avoient esté tirées presque toutes du traUtf tViïNtrccoHrë, afin qu'après que les Estats les eussent agréa» l'on eust pu passer à des choses de plus grande et de plus otite conséquence, pour le bien des deux Republiques. Mais puis q* l'on avoit négligé de ménager le temps que le Parlement ktf avoit donné pour cela, ils estoient obligés de déclarer, qala avoient reccu de nouveaux ordres, et que les vaisseaux destiiA pour leur transport estant arrivés, ils ne pou voient pas se dispenser de partir et de prendre pour cela leur audiance decoagi Et de fait ils la prirent le dernier jour de Juin, nonobstant kl prières instantes qu'on leur fît, de différer encore leur voyage &
(1) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du *3 Juin 165L
Ils. pressent et prennent leur auàiance de congé. 87
idques jours, jusque» à ce que Ton eust achevé d'ajuster le rtitté, qui seroit uu ouvrage de fort peu d'heures (1).
Les points les plus difficiles a voient esté réglés, en sorte qu'il mbloit qu'il n'y avoit plus rien qui pust empescher la conduite du traitté, si les Anglois n'eussent pas entrepris de prescrire lu Estais le temps dans lequel ils vouloient que la negotiation fart achevée, en prenant un empire sur un Estât Souverain, dont n a'avoit pas encore veu d'exemple. On le fit représenter aux ambassadeurs, mais ils y firent si peu de reflexion, qu'encore (tUs eussent déclaré eux mesmes, que les commencements de la ngotiation estoient bons, et que l'on avoit desja beaucoup avanie ne pouvant nier qu'on ne leur eust donné satisfaction sur mies leurs propositions, ils ne laissèrent pas de redoubler leurs istances, et de faire dire que si l'Estat refusoit de leur envoyer » carosses, pour les conduire à l'audiance, ils se serviraient de mx de leur suitte et se présenteraient à la porte de l'Assemblée, mit y demander et pour prendre congé. Ils offrirent bien de faire ae espèce de traitté préliminaire, qui seroit composé des articles Mil on estoit demeuré d'accord, et qui pourrait donner occasion
une alliance plus particulière; mais ce n'estoit pas l'intention l l'Estat, qui ne vouloit rien faire à demy et insistoit à ce ae Ton reglast le commerce, et que l'on fit une alliance en Mme temps. Et d'autant que l'on n'y trouva point de disposiez du tout, ny à leur faire différer leur voyage, on leur donna nr audience de congé (2).
On commença dés lors à avoir très mauvaise opinion de l'ination des Anglois, et la suitte de tout leur procédé a bien it eonnoistre, que leur dessein estoit ou de rendre les interests » deux Estats inséparables, ou de rompre. Il n'y avoit rien se les Estats ne fissent pour s'asseurer de l'amitié du Parmeot, et pour acquérir celle des Ambassadeurs. On leur fit ire» que pour donner une marque de l'estime que l'on avoit rar leurs personnes, et de Testât que l'on faisoit de celle de ors Maistres, on leur ferait à chacun un présent de la valeur i quatre mille escus. Mais il n'y avoit point de civilité, ny de ace qui les pust gagner. On sceut depuis que St.
(1) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 26, 28 et 30 in 1651.
[2) RésoL des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 30 Juin 1651.
88 V Estât vent enrofer JoëcAîmi à Londrêt.
John estant arrivé en Angleterre, y avoit fait de très Bâchants rapports, et qu'il y avoit rendu de fort mauvais offices à cet Estât, ayant esté en partie cause de l'Ordonnance ou de k Déclaration que Ton publia en Angleterre, au mois d'Odobsj de la mesme année, et que Ton jugea en Hollande estre si oottruirc à la liberté du commerce, que l'on peut dire que c'est elle qui a achevé de fomenter les semences de la mauvaise intelligence que Ton verra bientost dégénérer en des hostilités ta» durées entre les deux nations (1).
Cette Déclaration, à laquelle les Anglois donnèrent le nos d'Acte d augmentation de la navigation des vai***a*x H emo&mvr gênent à la navigation, faisoit des défenses générales à tou kl est ranger s d'apporter en Angleterre des marchandises oa dsi denrées, n'estant point du cru ou de la façon de leur peb, et mesmes toutes sortes de poisson frais, sec ou salé. Ce M aussy à peu prés en ce temps là que les conservateurs de la iberté de la Republique d'Angleterre, donnèrent des lettres de représailles aux héritiers de Robert et Guillaume Paulet, qui pretendoient de la Compagnie des Indes Orientales de es pais une somme de vingt neuf mille neuf cent soixante dix livrai sterling; et sous ce prétexte plusieurs armateurs Anglois se sa* rent en mer pour faire leurs affaires aux dépens des habitats de ces Provinces.
Cet Estât qui ne pouvoit pas ignorer que la retraitte des Ambassadeurs estoit un très mauvais présage, résolut dés le mois de Juillet, de conjurer la tempeste dont il se voyoit menacé, ea envoyant un Ministre à Londres; et on jetta d'abord les yen sur Albert Joachimi, qui y avoit résidé pendant phuison années en qualité d'Ambassadeur Ordinaire. Mais comme 3 y avoit negotié du temps du Koy défunt, et qu'à l'exemple an autres Ministres, qui estoient obligés de s'accommoder à l'inclination du Prince d'O range, il avoit eu des attachements assis particuliers et assi's forts à la Cour, il remonstra luy mestne (1% qu'il n'y scroit pas fort agréable, tant pour cette considération que parce que les Anglois ne trouveraient pas bon qu'api^ avoir envoyé icy une Ambassade solemnclle et Extraordinaire,
(1) V. Wagcnaar, J'ad. Ihd. XII. p. 210, 211: Guitot,Ftitnire de la Rcpuhlique d'Angleterre et de Cromwell. 1. p. 251.
(2) liébol. des Etats Gcnér. Grande Assemblée) du 12 Juillet 1651.
On résout une Ambassade Extraordinaire. 89
r m leur renvoyast qu'un Ambassadeur Ordinaire. Qu'ils fetet un très mauvais jugement de l'intention de ceux qui rendraient si mal aux avances que le Parlement avoit faites, et ifls serment capables de s'imaginer, que Ton avoit icy dessein attendre le succès des affaires d'Escosse. Ces raisons obligèrent t Estais à se résoudre à une Ambassade Extraordinaire (l). I» lut composée de Jacob Catz, qui après avoir resigné la tige de Conseiller Pensionaire de Hollande, estoit demeuré ■de des Seaux et Lieutenant de la Cour des Fiefs de la ■sse Province, de Girard Schaap Piterson, Conseiller de
jfilla d'Amsterdam et Député au Collège de l'Amirauté de dsnrir, qui avoit esté à Londres en qualité de Commissaire l Estât* de Hollande, et de Paul van de Perre, Conseiller
Ifansionaire de la ville de Middeibourg, tous trois députés ir est effet à l'Assemblée des Estats Généraux, de la part des bsts de Hollande et de Zeeiande. On y avoit joint le mesme èehimi, à qui on voulut bien faire cet honneur, tant à M des importants services qu'il avoit rendus dans son emy, qu'à cause de la grande connoissance qu'il avoit des affai- . d'Angleterre, et il fit mesmes le serment ordinaire des Am - ■MBsnrs; mais il s'en fit dispenser depuis par la considération
non âge, qui passoit celuy de quatre vingts ans, et parce H scavoit que sa personne ne seroit pas fort respectée de sx dn Gouvernement présent. Il eut pourtant la satisfaction «ai son décès de voir conduire la paix entre les deux naît; car il ne mourut qu'au mois d'Avril 1654 (2), peu de jours es In conclusion du traitté que l'on fit cette année là avec ivier Gromwell.
tour oe qui est de la guerre d'Escosse, elle fust aussytost m que commencée, et ce de la manière que nous allons dire.
traitté ayant esté achevé à Breda entre le Roy et les Com- Escossois, nonobstant les intentions opposées des deux des Ecclésiastiques et des Cavaliers, qui partageoient ce là, le Roy d'Angleterre alla à la Haye, et s'esta nt emgné à Scbeveningue (3), il passa et arriva heureusement en Es- Jtjff quoy que l'armée navale du Parlement l'attendist au passage.
) An mois d'Octobre: Aitzema, 1. c. III. 31. p. 669.
) he 17 Mai. V. Aitzema, S. van StaeL 111. 34. p. 927.
\ A ter Veere. Guizot, 1. c. I. p. 119.
90 jymrmfl
Devant ton couronnement, dont les mèneraient de Tan 1650, on l'obligea à aolemnel, d'observer le 0*v*n*ni% de Religion du pals, qui estoit la privilèges da Parlement et du peuple. La Boy ne fit point de difficulté* de donner eetto dominant, et voulut bien aohetter à ee pris là an* < redhaire qui loy appartonoit, en oondasanant la son père, qui avoit considéré et détesté* le source de tons les maux, dont sa Msiaoa et le* < se tronvoient affligea. L'intention de Charlne II. essai servir de l'afirction des Escossois potur ssénagar aajlad qu'il avoit en Angleterre, où, il pretendoit . santé armée. Les Angloia qui s'y avoîent appris son passage, le prévinrent, ea . d'année» dont ils donnèrent le oommajrisnnanY à ;*fl Cromwell, qui sneosda à cet.employ, apode avoir .H affaires d'Irlande, parce que Thomas J?airfa* h* m dessein de s'aller retirer dama an maison à la <aa*je| entra en Keeosse, quoy qu'avec des forées bien, inégaleai des Etoossois. Leur armée estoit offnprtoéa. de passai mille hommes, et estoit fort avantageusement pootéVan f oelle de Gromwell n'estoit que de donna mille eoejsjj les maladies et Usa autres incommodités de k aaiaQavsVaj) tous les jours le nombre. Les Etoossois s'estaient si Us pés, qu'il ne leur estoit pas difficile de subsister penJen faisoient périr les Anglois; tellement que Cromwell aa point d'apparence de pouvoir faire sortir les ennemis i poste, et craignant que son armée n'achevant de se rai mine de se vouloir retirer, et attira par ce moyen les II au combat, qui se donna auprès de Dunbar, le 18 âentan de la mesme année 1650. L'armée Eeooesoiee y int as faite; toute l'infanterie fut taillé en pieees on riamsais niere, et tout le canon avec le bagage y fut perdsvi que les Anglois n'y perdirent que quarante hommes, snl quels ne se trouvèrent que deux officiers seulement. Geo prit ensuitte la ville et le chasteau d'Edimbourg, Leitk, é ques autres places fortes en Escosse.
(1) Le 3/13 Septembre 1650.
Le Boy entre en Angleterre, 91
<4n pertes ayant contraint les deux factions d'Escosse de se fcw pour la conserration de 1 un et de l'autre, elles mirent W pied une armée de seize mille fantassins, et de six mille inwx, commandée par Les le y) et Midleton, Lieutenants làeraux tous le Boy, qui y estoit en personne. Plusieurs partis Itfoient formée et déclarés pour luy en Angleterre, et pour les Un il fit, vers la my Aoust 1651, avancer son armée, et marital à grandes journées, il arriva jusques dans la Province de letfauuiand, où il se ' fit proclamer lloy d'Angleterre et d'Es- IM. Cromwell ayant laissé* George Monck avec sept ■i kommes en Esoosse, le suivit sur les talons, et l'incomfcsk ai fort en sa marche, qu'il fut contraint de s'arrester à jbmeter. La partie estoit inégale; l'armée Escossoise n 'estoit itf d'environ douxe mille combattants, parce qu'Argyle, chef * Oousistoriaux ou Ecclésiastiques, se servant du prétexte de FMCessité de garder le Boiaume contre Monck que Croraèll y avoit laissé, avoit refusé de s'y joindre et estoit demeuré fctlecosse arec une partie des troupes. Cromwell de son ■té, avoit tout ce qui le devoit apparemment asseurer de la Maire: une armée de quarente mille soldats, qui a voient près- Ir toujours esté heureux en toutes les rencontres, où ils s'es- |nt trouvés et qui estoient commandés par des chefs de repu* Nn; de aorte que Ton peut dire qu'il ne luy manquoit autre Use, sinon l'avantage de la bonne cause, qui bien souvent n'en ■M pas beaucoup à son party.
3m\ bataille se donna auprès de la rivière de Saverne. Celuy qui y M le plus ce fut le Boy, qui ne se retira qu'après qu'on eust ■ deux chevaux sous luy, et après avoir donné les dernières preuaj d*un courage déterminé et tout à fait intrépide. Il y perdit de ton armée, tout ce qu'il avoit, excepté l'honneur, la vie et ppmuoe d'une meilleure fortune à l'avenir, et il eut toutes les fais du monde à se sauver des mains de ses ennemis, dont il ne Mil que par une espèce de miracle. Les Anglois avoient occupé il les passages de la rivière, et avoient tellement estendu leurs Mien qu'il estoit presque impossible que le Boy les évitast tous. ifc cela le Parlement promit des sommes considérables à ceux I le découvriraient, et menaça des peines de haute trahison m qui luy donneraient retraitte; de sorte que ne scachaut à [ te fier, il se travestit et s'abandonna à la conduite d'une Boieelle, qui luy servit de guide et le conduisit avec une hartae et un bonheur admirable jusques à Bristol, où il s'embarqua
$llU*wU«k*4HL
pour passer en France vers 1* in du aune dYtaenme, < laf tieularités de oe voyage qui tiennent eiertivamannl : dm —M sont fort extraordinaires, feront an jour partie .de 11 gleterre; c'est pour quoy nous dirons sèment de la nostre, que cette horrible» iMMio > l'autorité* de Cromwell et celle de la seize mille hommes dont l'armée Eseoasoiac «voit esmi mmm|t Lambert, Sergent de Bataille de osUa d'AneJetene, eM défait quatre mille, que John Browa ooanaaadoiftçi aidai rencontre de Woreester il y ont quatre nulle do tmmrett mille prisonniers, lm déroute de la eevaDoria ht mmatf al grande que la défaite de l'infanterie, et efiav eetfl m marna" rien à la victoire, Monok ayant pria, presque: amJi dans la petite ville d'EUet(l), un grand membre do i gentilshommes Escocsois, qui s'y pasteurs pour les affaires du Roiaame» il les It < un navire et les envoya en Angleterre, r*
C'estoit là la constitution des amures do ces quartjsmafr qu'on résolut à la Haye d'y envoyer VA dont noua venons de toucher un mot, et succès au Livre suivant, afin de pouvoir ] la petite guerre que l'Electeur de Brandebourg; ai leoBmi Neubonrg se firent en ce temps là, c'est à dm* eu 11 a* année 1661. Cet Estât y fut en quelque façon meahVM cause du voisinage, que pour d'autres interesta (S).
(1) #11 n^ a point de ville de oe nom en aucun endroit dame L'auteur veut dire que pendant que Cromwell étoit ea mf pour suivre le Roi, Monck, suivant l'ordre qu'il avoit reçs h General, fit le siège de Sterling, qui ne se défendit que fd jours .... Apres la prise de Sterling, Monek assiégea Duném\Jl babitans d'Edinbourg avoient transporté leurs meilloars émets mm) bataille de Dumbar .... Le Gouverneur capitula le 1 8eptem*m«i cette réduction fut suifie de celle d'Aberdeen, de St. Andr&JJ dont ce qui êtoit encor en état de tenir contre le Parlemeatf gleterre, à qui l'Ecosse fut entièrement soumise sous le mnrmisàir de Monck." Ettai de Critique, p. 302. ,Monk .... laid dm? Stirling castle .... He there became master of ail the records ef kingdom .... The Earl of Leaven and the Earl of Cravfomi 1 Ogilvy and other noblemen, having met near Pertb ....watesâjl set upon by Colonel Alured, and most of them taken Hume, History of England. Ch. LX.
(9) Aitsema, S. van SUteL III. p. 670—679, 681— 699.
Guerre de Brandebourg et de Neubourg. 93
tan Guillaume, Duc de Juillers, de Cleves et de Berg, tft de la Marc et Kavensperg, Seigneur de Bavestein, est daeedé sans enfants le 29 Mars 1609 (1), près que toute ■ope se déclara pour les Princes qui aspiroient à cette opu- B succession (2). L'Empereur Rudolf II, qui regnoit alors, eudoit qu'elle estoit devollûe à l'empire, faute d'hoirs mâles, proya l'Archiduc Leopold, son cousin germain, dans la t de Juillers, pour en prendre possession comme son Comme. Les Princes de la Maison de Saxe la pretendoient, en i d'une ancienne investiture qu'ils a voient obtenue de l'Emur Charles V, en faveur du mariage de Si bille, tante de n Guillaume, qui épousa en l'an 1527 Jean Frideric, fteor de Saxe, souche des Ducs d'Alten bourg, de "Weimar et lotiw. Mais Jean Sigismond, Electeur de Brandebourg, Mûlippe Louis de Bavière, Duc de Neubourg, avoient yrateosions mieux fondées, et trouvèrent de meilleurs amis, premier avoit épousé Anne, fille d'Albert de Brandejrg, Duc de Prusse, et de Marie Eleonore, soeur ainée dernier Duc de Juillers, et l'autre estoit mary d'Anne, t puisnée du mesme Duc. La France, l'Angleterre et les faeea. Unies qui ne pouvoient pas souffrir que la Maison Mtriche, dont la puissance n'estoit que trop redoutable, fist m otite importante acquisition sur les frontières des Pais ; appuyèrent les prétendons des deux Princes, et les aidèrent ire sortir la garnison impériale de la ville et citta délie de en. L'Electeur et le Duc, qui faisoient tous deux profession l Beligion Protestante, n'eurent pas de peine à convenir entas on trait té qu'ils firent ensemble de l'exercice de la Béai mais Wolfgang Guillaume, s'estant fait Catholique MB, au mois de May 1614, pour se rendre l'Espagne et la m d'Austriche favorables, et Philippe Louis, son père, ft decedé, on commença à craindre qu'il ne changeast aussy saisis dont on estoit convenu touchant la Beligion. Pour ir les Princes intéressés de cette appréhension, et pour asv l'Electeur de Brandebourg, il déclara en la mesme année,
f5 Mars 1609.
Voir T. I. p. 192 svy.; Droysen. Qetchichte d. Preusz. t II. 2. p. 663 svv. Puffendorf, de reb. g est. Frid. Wilhel. Btmmdenburg etc. L. IV.
wrf U$ proitgênt.
commanda aux Baillis de son païs
U de pasteurs Protestants, tant
\t déclarer, que si dans trois
^rté tous les curés et gens
* de Bhinberg, d'Orsoy,
'droit à eux, comme
ujets Protestunts.
1651, que les
*s le mesme
A. « cuvassent pas
vuts Généraux prenoit
«r toutes les occasions qui
uvelle guerre (1). La mesme
a jjoser à la Resolution que les Estats
esque en mesme temps, d'envoyer des
Cleves contre les Lorraius, qui y vou-
fttiers: à quoy l'Estat se trouva insensi-
arce qu'il luy importoit de n'avoir point
roisinage, que parce qu'il y estoit obligé
» du 18 Décembre 1614. Cette persecu-
une des causes, ou des prétextes qui ar-
taandebourg contre le Duc de Neubourg,
stte année. S p a r commandoit son armée ;
ît composée que de quatre mille hommes,
de fort grandes exécutions. Le chasteau
tu païs de Berg, auprès de Keysersweert,
ste de cette campagne, qui fut de deux
•urg qui estoit désarmé au commencei se vit bientost appuyé de l'autorité de ivoit pas bon qu'on troublast le repos de t que de sortir d'une guerre de trente le l'Archiduc Lcopold Guillaume, mes du Boy d'Espagne aux Païs Bas, et
le Hollande du 14 Mars, du 20 Avril et du énéraux (Grande Assemblée) du 10 Mars et tzema, S. van StaeL 111. 31. p. 673,
04 Les Prote$ta*ii de JmiUert mmUrmUéê è*emplwjfiÊeat*ujlhUUQt*rwt
qu'il n'akereroit rien ou fait de la Religion, mais que son istetion estoit de la laisser dans Testât où elle avoàt este mi» je le truitté de Dortmont. Celuy qui se fit à 3nnten, le 11 1* vembre 1614, par l'entremise de la France, de l'Angleterre st il cet Estât, qui en demeura garand, confirma ce qui atoit rit promis par l'autre. \
Le rele du Duc de Neubourg, ou la passion àe* gens t\ qui gouvernoient sa conscience, ne luy permit pas as Ht incurer longtemps dans la mesme modem tion; mais il fit tost connoistre ses véritables sentiments par la chaleur laquelle il persecutoit ceux qu'on appelle hérétiques, para l'iuterest y faisoit trouver du mérite. Il supposait au votions des Protestants, il traittoit mal leurs pasteurs, éloiguoit de ses bonnes grâces et de l'espérance de sortes d'emplois et d'avancements ceux qui n'estoient pas ds Religion. Les Estats, garands du traitté, en recevoie&t dos plaintes, et les portoient de temps en tempe au Dm Neubourg, qui au lieu d'y donner ordre, en prenait de les persécuter avec plus d'animosité qu'auparavant. V Article de la paix de Westfalie règle les affaires de Is gion, et ordonnoit qu'elles scroient remises an mesme estât qi' estoient le 1 jour de Janvier 1624; et le Duc faisant son de ce Règlement, pretendoit s'en servir pour se dispensi l'exécution de tous les traittés particuliers, qu'il avoh laits l'Electeur de Brandebourg, pour le fuit de la Religion, bien toute la succession fust encore litigieuse, et qu'il ne fust en session d'une partie que pur provision, et jusqu'à ce que différents eussent esté réglés par la justice. Les habitants testants des Duchés de Juillers et de Berg, qui estoient du tage du Duc, en demandèrent réparation aux Estats en suitte de la garantie des traittés qui assuraient la lil l'exercice de leur Religion; et les Estats n'en pouvant pu raison, avoient ordonné aux Gouverneurs de Rhin berg et soy, de faire prendre quelques curés et autres gens d'église les deux Duchés, et de les garder jusqu'à ce que le Doc révoqué les déclarations qu'il avoit fait publier contre Protestants. La protection que l1 Estât, leur donna acheva riter le Duc, qui fît faire des défenses bien rigoureuses à ses sujets, de réclamer le secours des Estats des Provinces fli contre ses ordonnances, et uu préjudice des constitutions de pire, qui n'admettent point l'entremise des Souverains esti
qui Us protègent. 95
Il cotte sorte d'affaires. Il commanda aux Baillis de son pais
hèttmbler tout ce qu'il y avoit de pasteurs Protestants, tant
EMaeriens, que Reformés, et de leur déclarer, que si dans trois
Us ne faisoient mettre en liberté tous les curés et gens
que Ton détenoit dans les prisons de Rhinberg, d'Orsoy,
î/des autres places des Estats, il s'en prendront à eux, comme
mj aux personnes et aux biens de tous ses sujets Protestants.
Vth fut au commencement de la mesme année 1651, que les
Rate entrèrent en contestation pour cette affaire avec le mesme
bien que les Députés de Hollande n'approuvassent pas
les Résolutions que l'Assemblée des Estats Généraux prenoit
sujet, parce qu'ils vouloient cviler toutes les occasions qui
poavoient engager à une nouvelle guerre (1). La mesme
ion les porta à s'opposer à la Resolution que les Estats
ux prirent (2) presque en mesme temps, d'envoyer des
rdes au pais de Cleves contre les Lorrains, qui y vou-
prendre leurs quartiers: à quoy l'Estat se trouva insensi-
it engagé, tant parce qu'il luy importoit de n'avoir point
•es hostes dans le voisinage, que parce qu'il y estoit obligé
«n acte de garantie du 13 Décembre 1614. Cette persecu-
s Protestants fut une des causes, ou des prétextes qui ar-
l'Electeur de Brandebourg contre le Duc de Ncubourg,
imencement de cette année. Spar commandoit son armée;
if comme elle n 'estoit composée que de quatre mille hommes,
pouvoit pas faire de fort grandes exécutions. Le ebasteau
fcgnermonde, situé au pais de Berg, auprès de Keysersweert,
(•) la seule conqueste de cette campagne, qui fut de deux
on environ.
Duc de Neubourg qui estoit desarmé au commence-
de cette invasion, se vit bientost appuyé de l'autorité de
qui ne trouvoit pas bon qu'on troublast le repos de
qui ne faisoit que de sortir d'une guerre de trente
£ de la faveur de l'Archiduc Lcopold Guillaume,
mandoit les armes du Roy d'Espagne aux Païs Bas, et
BeaoL des Etats de Hollande du 14 Mars, du 20 Avril et du
Besol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du 10 Mars et liai 1651.
A peu près: V. Aitzcma, S. van StaeL 111. 31. p. 673,
M Ln B*tmU Qawmm tfhmi fa
du secours du Duc de Lorraine, qui iuy cnriqffc ibfeJlMÉ luy preste de .l'argent D'an antre cûAf les faftsfe4|i vinoea Unies qui prenoient 'ombrage de fetts -tp jriRj de leurs voisins, estoient jaloux de odny qne flleaietir'lp sans leur participation. H y en avoit mesanee q/& tÊftt croire, que clés Tannée passée ce dessein «voit otté «attB le Prince d'Orange, et que l'intention d« Prisée erisÉ servir de ces levées contre la Province de Heilande, - BéÉI ocrent les garnisons qu'ils avoient sv k BMb, snr JfcjËÉi sur l'Yssel; il refusèrent à l'Electeur les eenft tàwfÊmàtik qu'il leur demanda pour la garde dé sa penusnfc^ étl^ connoistre qu'ils trou voient mauvais que le demie IfÊli de Nassau eust, sans leur permission envoyé qnawnleiB data de la garnison de Wesel à Clcves(l). Tellement fnd teur estant seul de son party, et n'ayant pas «sais dtf*| ny le fonds nécessaire pour continuer la guerre, Jt M 4 contraint de retirer celles qui estoient postées à ensuitte de rechercher le Due, pour le convier à uae i
Cependant les fistats de Juillars, et des la succession, s'estent assemblés à Wesel, ae pbfgnoknfc V commodités que les gens de guerre, qui estaient enfett^l pais au préjudice des traittés, et partionliercniant dé Hty les Princes avoient fait avec eux en 164A, leur flnaoianràl Ils demandèrent aussy la protection des Bstnfts OeneanlMt voisins, comme conservateurs de leurs privilèges, et odûa rands du troitté de Santcn. Les Estats qui estoient inttm repos du voisinage, qui alloit estre troublé par des trcàp trangeres, envoyèrent des Députés aux Princes, avec ks o leur médiation pour raccommodement de leurs différent Jean de Guent, Seigneur d'Osterwede, Jacob de 1 senar d'Opdam, Antoine Parmentier de Haesnyd van der Beeckc, Députés à l'Assemblée des Sstata Gsn de la part des Estats de Gueldre, de Hollande, dfJtnal d'Overyssel, firent cet office; mais ils furent reeeus avee an froideur du Duc, qui depuis quelques années vivoit asséi as! cet Estât. L'Electeur mesme ne leur fit pas grand*
(1) Aitsema, S. van Staet, III. 31. p. 671.
(2) Résol. des Etats Généraux (Grande Assemblée) du I J
Les deux Primées se voyait et s'accordent. 97
qu'il avoit esté refusé de tout ce qu'il avoit demandé depuis
aenoement de cette guerre, que parce qu'il avoit reconnu que
le decés du Prince d'Orange, sa personne et ses interests
nt pas considérés comme ils l'avoient esté auparavant.
pourquoy croyant pouvoir faire régler les différents sans
de l'Estat, il escrivit au Duc, que nonobstant l'avan-
I que ses armes luy avoient donné, il offroit d'aller s'aboucher
luy auprès de Dusseldorp et qu'il s'en remettoit à luy du
i et de la manière de l'entreveûe.
Duc répondit: Qu'il avoit esté bien facile à l'Electeur de quelque avantage sur luy, en entrant avec une armée dans paît sans déclaration précédente; mais qu'il y avoit appaqu'à l'Avenir il n 'auroit pas beaucoup de sujet de s'en Toutefois puis qu'il changeoit de conduite, et qu'il luy ton amitié, il ne refuseroit pas de se trouver avec luy au de Cleves, en pleine campagne, après que l'Electeur auroit les affaires en Testât où elles estoient devant cette invasion, qu'il auroit retiré ses troupes du pais de Berg, quoy que il auroit bien pu se dispenser de cette entreveùe après Manifestes et les déclarations qui avoient esté publiés de la de l'Electeur, à son préjudice, atmoins nonobstant toutes ces difficultés, et après quelques ations, les deux Princes se rendirent auprès d'Angueroort, Àoust, où l'on avoit dressé trois tentes, Tune pour les aces, et les deux autres pour la commodité des deux Les Députés des Estats Généraux s'y trouvèrent, non quelque répugnance de la part du Duc de Neubourg, et firesoudre une suspension d'armes, au commencement de laies places prises scroient restituées de part et d'autre, et retireroit ses troupes, pour les faire subsister en son pais. porge Frédéric, Comte de Waldec, y faisoit les allées et et se rendit par là si agréable à l'Electeur qui vouloit d'affaires, que ce Prince le mit bientost à la teste de ses et faisant d'un Capitaine de chevaux légers son Premier il luy confia un employ, qu'il a occupé pendant pluannées, avec la réputation que Ton acquiert ordinairement un poste où l'on est exposé à la veûe et au jugement de £tf le monde. On demeura d'accord durant la trêve, que les
rtres des Princes intéressés s'assembleroient à Essen, petite dn Duché de Berg, dont l'Abbesse qui est de l'Ordre de b Benoist, mais séculière, est Princesse de l'Empire, pour y ire régler les différents par l'entremise des Commissaires de Jï. 7
98 Le Cardinal Mazari* levé un regimenL
l'Empereur. Il» les régler eut en effet par va traitté qn H conclu le 11 Octobre (1). L'Electeur qui «voit pris kl «M pour Tinterest de la Religion, à ce que Ton disoit, eoasatitl ce que le différent que les deux Princes avoient sor cah,W décidé par les Commissaires que l'Empereur avoit pobisA,! qui l'on joindroit deux Princes (2) de la part de chacun da m teressés. Le Duc insista bien à ce que l'Electeur repsnstl dommage que cette invasion avoit faite à ses sujets, et qa*Q donnast asseurance qu'à l'avenir il ne serait plus inquiété*; i il se rclascha enfin à l'égard de ces deux derniers poiati st contenta du premier. Les Estats n'eurent point de part à traitté, quoy qu'ils fussent garants de eduy de Santés* et q les deux Princes leur fussent obligés de ce qu'ils possedoîest la succession de Juillcrs.
Ce fut là la fin de cette petite guerre, et les deux Prise» centierent leurs troupes vers la fin de l'an 1651. Le Ma sa ri n, qui estoit à Brueil, au Diocèse de Cologne qui se disposent à s'en retourner en France, où il preteadoft faire accompagner d'un corps d'armée, tant pour la sa personne, que pour fortifier le party du Boy contre In Fronde, accorda avec un officier qui avoit longtemps les Estats, pour la levée d'un régiment de mille homme). ( officier, qui s'appclloit Pierre van Zeil, ayant fait ses soldats sur le Khin, au dessus de Wesd, les fit par eau, à dessein de les faire passer par mer à DunqBflf Le Magistrat de Rotterdam voyant un jour ee regimeit I la Meuse, aux portes de la ville, fut bien estonne* di négligence de ceux qui comuinndoicnt les garnisons qui I sur le Khin et sur la Meuse, qui avoient laissé passer des g de guerre jusques dans le coeur de la Hollande, contre n tention de l'Estat. La Province de Hollande qui crojat avoir suffisamment pourveu par les Hcsolutions qu'elle fait prendre dans la Grande Assemblée sur ce sujet, U rester le Colonel, qui fut envoyé prisonnier à la Haye, et i sipa par ce moyen en un moment toute cette nouvelle levé* demeura longtemps prisonnier et eut bien de la peine i à les effets du ressentiment des Estats de cette Province, qsi i le souvenir de ce qui s'e&toit fait auprès d'Amsterdam l'H précédente, estoient en ce temps là extrêmement sensibki cette sorte d'affaires. Ils censurèrent bien sévèrement le 0
(1) a Cleves. (2) Edit, impr.: deux autRL
DémteU avec le Due de Neubowrg pour Ravestei*. 99
et le Major de Wesel, qui avoient négligé de s'opposer de ces troupes (1). Bat Estât avoit aussy un démeslé particulier avec le Duc de pour la Seigneurie de Bavestein, qui fait partie de
don de Juillers. Elle est située en Brabant, et les Es- I pretendoient que c'estoit une dépendance de la Mairie de b le duc, dont la Souveraineté leur avoit esté cédée par Boy d'Espagne à Munster. Ils avoient fait sommer le Due É tenir faire hommage au Conseil de Brabant, qui réside h Haye, comme d'un fief de la mesme Province, et il avoit ondu, que la Cour Féodale de Bruxelles Payant fait èjour- ' pour le mesme effet, il n'estoit pas obligé d'obeïr à l'un 1 deux Seigneurs qui pretendoient la Seigneurie directe d'une ne, que le] différent ne fust réglé entre eux, parce que le ■si ne peut reconnoistre l'un des prétendants au preju- • de l'autre. C'estoit luy mesme qui s'estoit fait donner fgnation à Bruxelles, à dessein d'embarasser les Estats, qui sjft pat encore pu faire régler le différent. Mais comme ils lient garnison dans la place, et que l'Electeur de Brandcfcfg, aussy bien que le Duc de Neubourg, prétend, que c'est I Seigneurie libre qui n'a pas reconnu le Duc de Brabant, paie que les Princes de la Maison de Juillers l'ont acquise, Ml comme Seigneurs du fief, et non comme son Souverain, ce h «ne affaire que l'on aura de la peine à Ajuster ; comme les ax Princes, de leur costé, en auront à vérifier leur indépendance. l'estime devoir àjouster icy, à l'occasion de la petite guerre M je viens de parler, qu'au mesme temps que l'accommode- M entre les deux Princes fut fait, il arriva à la Haye un Iftstre de la part du Duc de Couriande, beaufrere de l'Elec- ■r de Brandebourg, avec ordre d'y proposer une alliance pour ^atnservation des droits de la Duchesse, sa femme. Elle estoit mr ainée de l'Electeur, et en cette considération, faute d'enfants, ÉUere presomtive de cette partie de la succession de Juillers dont a frère estoit en possession. Ce procédé fut trouvé d'autant plus Image, qu'outre que toutes les stipulations qui se font pour la suc- |non d'une personne vivante sont odieuses et en quelque façon blaelles, le Duc n'osoit espérer de pouvoir survivre à un Prince F estoit plus jeune que [luy, qui estoit marié, et qui pouvoit I ce temps là se promettre cette illustre postérité qui éloigne ■ fort le Duc de Couriande de l'espérance de cette succession.
) RéaoL des Etats de Hollande du mois de Janvier 1652.
100 Envoyé du Due de Courtaude à la Jluje.
Il ne sera pas hors de propos de se servir de cette pour faire connoistre la Maison et la personne de Jacob, DM de Courlande, parce que ce Prince n'ayant rien en à avec cet Estât, et ne s'estent fait connoistre que par les pnsfc qu'il a avec des particuliers pour des interests de marchuÀ,| ne pourra faire figure dans une Histoire qui ne parle des s estrangeres qu'en tant qu'elles ont quelque connexité srefi du païs, et Ton n'aura pas l'occasion d'en parler ailleurs. H a environ cinq cens ans que quelques Seigneurs et Geai mes d'Allemagne se croisèrent, par une espèce de dévotion sua dinairc en ce temps là, pour aller à la conqueste de la et de la Livonie, qui estoit alors encore toute payenne. I* part des chefs de ces expéditions estaient des Chevaliers de dre Teutonique, et d'un autre Ordre qui avoît esté institua quc'cn mesrne temps, sous le nom de l'Espadon (l); quoyqne souvent ces deux Ordres n'ayent eu qu'un seul et mesme Maistre, jusques à ce que Gaultier de Plettenberg, Provincial de l'Ordre Teutonique en Livonie, se délivrait cette sujettion, moyennant une bonne somme d'argent qall d na a. Albert de Brandebourg, Grand Maistre de M)r* en ce temps là. En l'an 1561 Godard de Ketler, qui succédé à Guillaume de Furstemberg en la de Livonie, ne la pouvant pas défendre seul contre le Mosoori et contre les Bois de Sucde et de Pologne, qui l'attaquoieat d nicsmc temps, comme une province qui leur estoit fort et frontière de leurs Estuts, s'en accommoda avec le Boy de h lognc. Ce fut Sigismond Auguste, fils de SigiemoHi qui avoit chasse l'Ordre Teutonique de la Prusse et avoit s» nexé cette province à la Couronne de Pologne, qui en posa avec Godard, en luy laissant les deux petites prori* w ces de ( ' ourla n de et de Scmgalles, dont il demeura SeigsftJ héréditaire, sous la Souveraineté de la Couronne de Polog* Godard, qui estoit un gentilhomme originaire de ^< lie, épousa Anne, fille d'Albert, Duc de Mecklenboorg, d'Elisabeth de Sucde, et en eut entre autres enfants, Yy d e r i c , qui luy succéda en Courlande en l'an 1587, et G*1' i a u m e. Celuy cy succéda à son frere, qui n'eut point d'i mais le Koy et la République de Pologne luy osterent son par une Résolution formelle de la République, et il ne, fat
(1) Ordre des Frères Porte-Glaives, ou Chevaliers de Livonie (B*| du M S. G rot Le).
Qualité* du Duc. 101
f qu'à l'intercession de plusieurs Princes voisins, et après un & de dixhuit ans. Jacob, fils de Guillaume, vit aujourtty, et est un Prince d'esprit et de coeur; mais on peut dire fil en a trop pour la petite estendûe de ses Estats. Il a esté pahlc de se persuader qu'il pou voit attirer une bonne partie k commerce de l'Europe dans un coin de la Livonie; et c'est fes cette veûe qu'il a voulu faire des establissements sur la rive de Gambia, en la coste d'Afrique, et dans l'isle deTabago, OC Indes Occidentales. Il a fait venir des tapissiers, de Paris M le dessein d'establir les Gobelins à Mittau. Il a marchandé terre du Cussac, sur la Dordogne en Guyenne, où il pretendoit In des magasins de vin et de sel, pour en trafiquer en la er Baltique, et a fait bastir des vaisseaux, dont il pretendoit Btter avec la France, pour les vendre ou pour profiter du tm Pour dire en un mot, il a voulu entreprendre de faire ttsir dans le Nort ce que des siècles entiers ont eu de la [ne à donner à la ville d'Amsterdam. Mais de toutes ces traprises pas une ne luy a reussy, parce qu'il se méloit d'un ■lier qu'il n'entendoit pas, et que voulant faire le marchand pnyoit en banqueroutier. De cette inclination qu'il avoit au ■imerce procedoient les plaintes qu'il faisoit de temps en temps , traitté, que cet Estât avoit conclu en l'an 1649 avec le Roy
Dannemarc, pour la redemtiou ou le forfait du péage du ad. Celles qu'il fit faire dans le temps dont nous parlons, rvnt accompagnées d'un Mémoire, qui marquoit le dessein qu'il oit d'envoyer des vaisseaux aux Indes Orientales. Il vouloit m les Estats permissent aux habitants de ces Provinces de lier servir, et d'aider aux establissements qu'il pretendoit faire . ces quartiers là. Il disoit qu'il ne les possédèrent que sous
protection de cet Estât, et qu'il permettroit que les habitants l cet Provinces y trafiquassent, moyennant une reconnoissance, M on conviendrait. Les Estats luy répondirent: Que les Hâtions que l'on faisoit aux navires de ces pais dans le Sond •oient obligé l'Estat à les en délivrer par le traitté de Dannelarc, et que le Duc n'avoit pas sujet de s'en plaindre, puis que i condition de ses sujets n'estoit pas plus mauvaise que celle kl marchands et des navires de ces Provinces. Pour ce qui Ml do commerce des Indes, que cet Estât ne pouvoit pas favober celuy que le Duc y vouloit establir, au préjudice du privige que Ton avoit donné à la Compagnie, en laquelle un très mad nombre d'habitants se trouvoit intéressé; mais aussy l'on ne l'empescberoit pas de faire de son chef tout ce qu'il
102 Le Comte <T Oldenbourg levé des droits $vr if Weser.
jugeroit à propos pour l'avancement de son commerce du» b Indes Orientales (1).
Ccluy des Provinces Unies estoit incommodé des droits que s) Comte d'Oldcmbourg fnisoit lever sur le Weser, du consenteMrt de l'Empereur, et du collège Electoral. La ville de Breswa a voit empesché l'exécution depuis Tan 1623 (£); mais ne pavant pas s'opposer seule à tant de Princes, qui s'estoient dftclarés pour le Comte, elle taschoit de tirer quelque secouidi cet Estât, qui y estoit fort intéressé. La Hollande avott d'abri esté d avis que Ton envoyoit deux vaissaeauz de guerre m h rivière, afin d'empeseber le Comte d'y lever le péage, et o/oi luy fist dire en mesme temps: due l'Estat seroit bien aise qiï renonçast à sa pretension, ou bien qu'il s'en accommodast im la ville. Les Provinces de Gueldre, d'Utrecht, et de Frise doanoient dans les mesmes sentiments; mais la Zeelande, éloigné! du commerce du Weser, estoit d'avis, que devant que d'en veav à cette extrémité, on fist exhorter le Comte de faire cesser M vexations, et que l'on taschast de porter l'affaire à un aceoft> modement. La Hollande mesme jugeoit: Que cette affaire ne » pou voit pas résoudre à la pluralité, parce qu'elle pouvoit metbl l'Estat aux mains avec l'Empire. De sorte qu'il fallut qieb ville de Brème se contentast des bons offices que les Estât! offrirent de faire pour elle par des Députés. Ils employèrent à cela Keyser et Osinga, Députés à l'Assemblée des Est* Généraux de la part de la Hollande et de la Frise, qai apnfc avoir travaillé inutilement à rajustement de quelques différents, en passant par l'Ostfrisc, negotierent avec le Comte d'Oldemboanj avec le mesme succès, pnree qu'ils rencontrèrent une resisUn» si obstinée à toutes leurs raisons, qu'ils furent contraints de revenir les mains vailles. Il est vniy que quelque temps âpres k Comte envoya à la Haye Otton d'Omtcda et Bernard Hcilersig, ses Conseillers, qui taseberent de justifier le procède de leur Maistre à l'égard des Députés que l'Estat luy MO* envoyés ; mais comme au fond de l'affaire ils ne disoient autos chose, que ce qui avuit esté dit vingt fois, on les renvoya ai* cette réponse: Que les Estats auroient esté bien aises de voir, que le différent que le Comte d'Oldembourg et la ville da Brème avoient pour le péage du Weser, eust esté accommodé a
(1) .Yitxcma, S. van Stact. III. 31. p. 679--631.
(2) Aitzcma, S. van Staet. III. 31. p. 6S9— 691; 32. p. 769-Jft Voir T. I. p. 201 svv.
// taseke de Justifier son procédé: les Estât* y répondent. 103
I conditions que ceux qui y ont interest eussent pu agréer dans i temps, dont on seroit demeuré d'accord, due Ton ne pouvoit ■ comprendre comment les droits qui se leveroient sur le Wed serviraient à la conservation du commerce et à celle de son
C, comme le Comte vouloit faire croire, veu qu'ils rincomau contraire, et que le Comte avoit tellement enrichy m pais depuis qu'il le possedoit, qu'il se passeroit bien de vexer m voisins par de nouvelles impositions, pendant qu'aux dépens de fll mjets il s'exemtoit de toutes les incommodités de la guerre, bÉfc tonte l'Allemagne estoit affligée. Que l'Empereur et les
Ene luy pou voient pas donner l'investiture d'une chose t litigieuse, au préjudice de la partie intéressée, et que alleguoit bien plusieurs choses, mais qu'il n'en prou voit Toutefois s'il vouloit s'employer à faire consentir ceux à oe qu'il disoit, estoient intéressés dans la mesme affaire, l'on fist un bon accommodement, il obligerait l'Estat, qui ses mesures sur la réplique que ses Ministres feraient ^mtte réponse* Us ne dirent rien et se retirèrent. fc L'on ne peut parler des affaires de ce temps, que l'on ne ■parque le prodigieux débordement de presque toutes les rivie- PP de l'Europe, et particulièrement de celles qui se déchargent Ém la Mer Oceane aux environs de ces pois, pendant que j| Vistule inonda la Prusse; la Seine, la Loire, la Saône et | Kbéne la France; le Po et le Tibre l'Italie; le Danube Autriche et l'Hongrie. Le Rhin sortant de son lict en- ■6 Bhene et Wagueninguc, et à son exemple la Lecque et | Waal, forçant les digues qui régnent le long de leurs licts, finirent de leurs eaux une bonne partie de la Gueldre, PUtrecht et d'Overyssel. Mais ces desordres ne furent rien au Mil de ceux que la mer fit la nuit du 4 au 5 Mars. La lune qtft pleine et le vent qui soufflast du Nort West, chassant contre * sotte de Hollande, menaçoit cette Province d'un déluge qui inévitable, sans les peines continuelles, et le travail iufade ceux, qui s'opposèrent avec courage à la fureur de la fc*. Elle avoit commencé à ébranler les digues qui couvrent kpals, et en quelques endroits elle avoit passé par dessus celles ||i «voient osé luy résister. La ville d'Amsterdam en fut extré- ■nent incommodée, la mer remplissant non seulement la plusut des caves, mais aussy les maisons et les magasins, et gasftt une si grande quantité de marchandises, que la perte en fut g£e inestimable.
II me semble qu'on peut aussy mettre au nombre des
101 Vu ierntrier se taille de la pierre.
prodiges, la resolution déterminée et comme désespérée qtfu serrurier d' Amsterdam prit de se tailler luy mesme de k pierre, et de s'en guérir ou de mourir dans l'opération. II m communiqua son dessein à personne; mais se serrant de IVm» sion de l'absence de sa femme, qu'il a voit envoyée au marcM,! se fit une incision avec un coustcau ordinaire, k l'endroit oi i rencontra heureusement la pierre, et faisant un effort des mm, il la fit sortir par l'ouverture qu'il s'estoit faite, et après eek il envoya quérir les chirurgiens, qui estonnés d'une exécutai qu'ils n'auroient pas voulu entreprendre, appliquèrent les remeda propres à la pluye, laquelle s'estant fermée dans peu de joui, b serrurier fut miraculeusement délivre de ses douleurs aigles d insupportables.
Nous l'avons déjà dit (p. 4. n. 4), Wic que fort n'a pas toujow observé une stricte exactitude en résumant ses documents; mais cous sou intention était de les publier, le mal n'était pas très-grand. U a est de ni ému encore à présent. On peut les consulter, soit dîna H Registres des Etats- Généraux ou de ceux de Hollande, soit dîna l'esvrage volumineux de L. van Aitzema. Mais comme il se peut « chacun n'en ait pas le loisir, nous reproduisons ici le discoun ■ Conseiller- Pension nuire Cats selon la traduction de Wicquefort Ce discours est la buse de toutes les délibérations ultérieures de k (irande Assemblée, et notre auteur le résume d'une façon un pa embrouillée (p. 4 — fi). 11 n'est pas sans intérêt de connaître aujtdt le svstème que les Etats de Hollande tâchereut de faire prévaloir; M eu même temps uu spécimen du style oratoire de Cats.
Hauts et Puissants Seigneurs.
Louanges et grâces éternelles soient rendues au Dieu Toutpuissat, de ce que cette Assemblée solemnelle se tient dans un lieu, oùToii autrefois abjuré le Hoy d'Espagne, où l'on a secoué son jous, et oî l'on a jette les premiers fondements de la liberté de ces ProTinca; où Ton voit les trophées et les marques illustres des victoires, flW Dieu, pur sa grâce, a de temps eu temps données à cet Estât, pesos au dessus de la teste, et exposés aux yeux de chacun de nous. Sa* prions le mesme Dieu, de tout nostre coeur, de vouloir continuer» (Traces envers cet Estât de siècle en siècle, et d'augmenter sur lij ses bénédictions de plus en plus.
Après que Monsieur le Prince Guillaume d'Orange, d'imnoi* telle mémoire, est venu à décéder, par le jugement imperscrutahle fc Dieu, d'une mort subite et surprenante, sans laisser (les héritiers de son corps, bien que depuis il luy soit né, par la grâce de Dieu, U jeune Prince posthume, il se trouve que 1* Estât de ces ProTistCS Unies se voit dans une conjoncture, ou il n'a jamais esté depuis ■ première fondation; savoir qu'il ne se trouve personne dans la SUison d'Orange, qui mm! capable de succéder aux charges des Prineo d'Orange, ses prédécesseurs.
les Estais de Hollande et West-Prise, qui se sont si magniévertués depuis le commencement de l'Union, qui ont si aiment ouvert leur épargne, qui ont si amplement disposés de a finances, et pour dire en un mot, oui ont employé tout ce qu'ils mut de forces, tant à la défense de l'Estat, que pour y joindre de Telles conquestes; ainsy que tout l'Univers le scait, et qu'ils en tant encore les effets jusques au fonds du coeur, trouvent que la Imr de leur zèle ordinaire ne s'est point morfondue en cette conetnre de temps ; mais au contraire ils ont donné tous leurs soins à liai» et puis qu'il faut présentement mettre la main à l'oeuvre, ils
* après meure délibération, jugé à propos, et mesmes nécessaire de m assembler les Puissances Souveraines des Provinces Unies en pa ô?£stats, afin que, moyennant la grâce de Dieu, elles puissent iberer et aviser ensemble de ce qui pourra le plus servir à la noté et à l'affermissement de l'Estat.
Léon Illustres et Grandes Puissances voyant présentement, que cette aire Assemblée s'est rendue en ce lieu a leur réquisition, y trouvent s grande et singulière satisfaction. Et ainsy qu'autrefois le peuple Ineu jugea, que c'estoit une particulière bénédiction, lors qu'il s'assola depuis Barzeba jusques a Dan comme un seul homme, pour Eberer ae leur interest commun, comme estant une marque évidente infiallible de leur union et bonne correspondance; ainsy leurs 111. et ; P. se réjouissent, et félicitent tant eux mesmes, que toute cette Min Assemblée de leurs H. P., de ce qu'elle s'est rendue si heureu- ■ent en ce lieu, et qu'elle y a esté amenée, sans doute, par une rtienliere direction et grâce du Dieu Toutpuissant, à qui leurs 111. Gr. P. en rendent très humbles grâces, comme de l'autre costé elles nereient tres-affectueusement, et de tout leur coeur, Vos H. P. de qu'il leur a plu, à leur réquisition, se rendre en ce lieu. tit leurs 111. et Gr. P. partant par ma bouche, déclarent à l'entrée en illustres et importantes actions, qu'elles jugent, que l'Union et bonne correspondance entre les Provinces est le seul fondement, sur |nel tout le nastiment de cet Estât peut estre fermement cimenté, inséparablement joint ensemble. Ce qui a esté bien considéré par
• sages aucestres, et fondateurs de cet Estât, quand ils ont laissé à postérité la devise perpétuelle du faisceau de flesches, avec le mot :
meordia ret parvae crescunt. C'est pourquoy elles déclarent encore à 01 H. P. d'une affection tendre et sincère, que leur véritable et derbre intention est, nonobstant quelques bruits, faux et malicieux, que ■a ait (ait courir au contraire, de restablir, de maintenir, de cultiver \ ^observer inviolablement l'amour, l'amitié, l'union, la bonne correct confidence entre les Provinces, sans s'en éloigner tant
|k peu» et de le témoigner non seulement par des paroles, mais aussy H* le» effets.
ït afin de donner une preuve effective de ce qui vient d'estre dit, MBS 11L et Gr. P. déclarent, qu'elles jugent, qu'il est nécessaire d'es- ■Kr et de maintenir inébranslablement trois points principaux: scapir l'Union, la Religion et le fait de la guerre; qui sont les trois fpfets préliminaires, qui ont esté jugés, devant que l'on commençast
Eter de la paix, estre nécessaires pour la subsistance de l'Estat. 111. et Gr. P. ont cydevant jugé, qu'ils dévoient estre inviolat observés, et elles posent encore, que ce doivent estre des cho- B inviolables, que l'Union, ainsy qu'elle a esté conclue à Utrecht en H 1579: la Religion, ainsy qu'à présent elle est publiquement prèset dons les Eglises des Provinces Unies, et qu'elle a esté esclaircie
cucuic tcuca eu cci csiai, ucpuio ic cuiuiucmciuciii. et ia
cette Republique; seavoir premièrement la paix, que cet rirusemeut obtenue de la bénédiction de Dieu.
Secondement l'accident surprenant de ce que présentera trouve personne dans la Maison d'Orange, qui soit empa liantes charges de cet Estât.
Troisièmement que vers la tin de la guerre l'on a trou? et d'establir un Marcschal de Camp, dont la fonction est «1er k*s gens de truerre, en cas d'absence ou d'empeschement Suiquoy leurs 111. et ùr. P. considèrent, que de tout tem le commencement de la guerre, la conduite des affaires i a esté déférée au Conseil d'Estat, suivant son Instruction lîercinenl conformé m eut aux articles 1G et 18 d'icellc. Et 111. et Gr. P. estiment qu'il importe au service de l'Esta Conseil d'Estat, ledit Marescliaf de Camp, comme aussy Heurs, Commandeurs et les autres hauts officiers militaires ses en l'entière et effective fonction de leurs charges.
I) ivautage que ltirs que l'on voudra changer les garnisc dépischer les routes ou patentes, l'on ait égard à la seu satisfaction des Provinces; et qu'on le fasse sur le pied su sur les maximes fondamentales de l'Est at, et sur la pratiq et particulièrement sur celle de la Province de Frise. Qui îles Proviuccs particulières, ou leurs Conseillers Députés, j voyer les compagnies qui sont en garnison dans leur Pro< place à une autre, et expédier les K ou tes pour cela. Que lo nécessaire de tirer quelques compagnies d'une des Provinc Conseil d'Estat requerra les Estats de la mesme Province, o Conseillers Députes de permettre, que les compagnies qu' sortent de la Province, eu y njoustant les raisons qui 1 y eu leur envoyant les Routes ou Patentes en blanc, pour es par les Estats de la Province, ou leurs Conseillers Deput< des Capitaines qu'ils trouveront bon d'y mettre. Et qu'eu su lesdites compagnies marcheront; n'estoit que les Estats de 1 ou leurs Conseillers Députés, eussent des raisons au contra avertiront aussytost le Conseil d'Estat, afin que ledit Cous et lctditcs raisons ne se trouvant poiut suffisantes l'on ser souffrir, que sur la deuxième réquisition du Conseil d'Esti pagnics sortent. Bien entendu, que les compagnies qui sonl la Province, eu laquelle elles sont eu garnison, n'en pourro tirées, sinon du consentement de la Province. Que l'on ne
& dans les Provinces qui les payent, ou bien en des places voisines, et m pour cet effet Ton assignera, de l'avis de tous les membres de fBaion, de certaines places frontières à chaque Province. Que le ConjA d'Estat pourra changer les garnisons des compagnies qui sont dans
& frontières, comme aussv elles pourront estre changées par de la Province à laquelle lesdites frontières sont, assignées, lien par leurs Conseillers Députés, lors que la nécessité, ou bien de PEstat le requerra, pourveu qu'elles demeurent dans les qui leur ont este assignées, ou dans le ressort de leur Pro* ., dont ils donneront aussytost avis au Conseil d'Estat. 'Loo que le Conseil d'Estat voudra tirer quelques compagnies des fron- Èkm assignées, il en requerra les Estats, ou les Conseillers Députés de ■ Province à qui elles sont assignées, leur envoyant pour cet effet les Partes en blanc, afin que lesdits Estats, ou leurs Conseillers Députés m remplissent, ou bien envovent au Conseil d'Estat les raisons, qu'ils tdta faire difficulté, que le Conseil en juge et que les raisons ne tionvant point suffisantes, sur la seconde réquisition de l'Estat, les plies ouïssent sortir. Que la disposition des hautes charges milides Gouvernements et Commandements, avec leurs suittes et delors qu'elles viendront à vaquer, appartiendra à la Province 'las paye, et du ressort de laquelle elles sont ; et celle des charges ih Généralité paye, ou qui sont de son ressort, appartiendra aux at P. Seigneurs Estats Généraux. Comme aussy que les gens de feront serment, tant à la Généralité, qu'en particulier à la Pro- Leurs 111. et Gr. P. jugent, que c'est une chose fort chatoùilm de passer présentement à l'élection d'un autre Gouverneur et Ca- GeneraL Mais elles seroient d'avis, qu'il vaudroit mieux forle gouvernement, pour ce (jui est de la guerre, sur l'exemple de la — — — ie Republique qui ait esté conneûe dans l'Univers: scavoir
edny des Hébreux, c'est à dire du peuple de Dieu mesme, qui del le temps qu'ils sortirent du pais d'Egipte, jusques à celuy des c'est a dire pendant environ quatre cens cinquante ans, n'ont estably un Gouverneur ou Capitaine General perpétuel, (juoy fassent dans une guerre continuelle; mais à chaque expédition "Os avoient à faire ils elisoient un Chef et Capitaine General. Et les avants auteurs jugent, pour plusieurs raisons, que cette Recula a beaucoup de rapport avec cet Estât; comme aussv les plus Nations se sont cydevant formées sur cet exemple, et le suivent ' anjourdhuy; comme autrefois ceux de Rome, d'Athènes et de one, et de nostre temps les Ycnetiens, les Suisses et les Gen-
t et quelques autres modernes. Outre que leurs 111. et Gr. P. ju-
[ue pour plusieurs raisons l'élection d'un tel General scroit pre-
**. Premièrement pour la personne mesme, que l'on pourrait
designer à cela présentement. Secondement pour le Lieutenant,
perort par provision la place du General. Et en troisième lieu
1 mesme, ainsy que cela se peut aisément juger par Testât de
> mesme, et par tes raisons dont elle se trouve revestuc. aidant s'il est nécessaire de changer quelque Instruction, soit le Conseil d'Estat, pour le Mareschal de Camp, ou bien pour
> antre collège ou personne, ou d'en faire une nouvelle, cela se faire aisément avec l'approbation des Provinces.
DES