LIVRE SIXI EME
SOMMAIRE
Pressentiment et prédiction de la guerre £ Angleterre. VinkdSm è Parlement qui veut en rompant, contraindre les Estais de se Actif contre le Roy. Pour éviter la rupture ils envoient des Ambéuuukmh Londres; mais dés le commencement de leur negotiation, le Mmut leur fait connoistre quel en seroit le succès , en publiant une DedsrmM très préjudiciable au commerce des habitants de ces Profitiez é • accordant des représailles aux Anglois. Us les exécutent etfrtmui mêmes un vaisseau de guerre des Estais. On imprime à Louiruk libelles contre eux. On fait revivre l'affaire éTAmMne, H fum* autres pretensinns. Les Art g lois prétendent la Seigneurie deUmvti forment tant de nouvelles difficultés sur le commerce des Cenikti* la pesche, sur le salut du pavillon, sur r armement, et touchant lié* des vaisseaux Hollandois, mesmes ceux de guerre ', que le suera éi ■ negolialion des Ambassadeurs en devient comme désespéré. LttSéÈ de leur costé, défendent aux matelots de servir d'autres Priucet,ktm> part des armes et des munitions de guerre, et mesmes lu jmti) jusques au premier jour d'Avril. Ils résolvent d'abord (Fumer ** quant e vaisseaux; et ensuit le encore cent. Faute de bastinnh 4 s' accommodent avec des particuliers, font bastir trente vaisseau tnf\ et font pour cela un Jonds de deux millions. Ils s'opposent es p* tend a empire de la mer de* Anglais. Ils ordonnent a leur Jmirdk ne point souffrir que les A tiglon visitent les vaisseaux Hollamku. ft font seacoir aux Princes voisins et alliés la nécessité de leur urur ment, mesmes au Parlement d'Angleterre, qui s'en offense. La Emt et particulièrement ceux de Hollande fortifient leurs frontières ; iauud rendezvous à leur armée naval* , et les ordres pour le salut es f*** Ion et pour la route. Leur Amiral s'approche des costes (FAwgkiun Son combat avee. V Amiral Jnglois; ses particularités dont les en Amiraux ne sont pas d'accord. Les Estais en sont surpris, et U h lement en est irrité. Il envoyé des gardes aux Ambassadeurs Bout dois sous prétexte de les couvrir contre r outrage, dont le peuple h I naçoit. I^es Ambassadeurs taschent de justifier r intention et k Maistres ; mais les Anglois s'en moquent. Les Estais enrouent U de Heemstede à Londres, ordonnent à leur Amiral de snlïtr k viilon d'Angleterre, et lug défendent de laite tes premières hostis
le de ayant oublié 4F emporter un pouvoir, n'est admis à la ne- •, que sou» la caution des autres Ambassadeurs. Ses proposila réponse des Commissaires Anglais, leurs demandes hautes et Les Estais révoquent leurs Ambassadeurs, Les raisons qui les y . Ils reviennent. Le Manifeste des Estais et la justification de nduile. Manifeste des Anglois, qui accusent les Estais d*infe, (F avoir fomenté les troubles <F Angleterre; leur reprochant
éPAmboine; qu'ils ont recherché ? amitié des HoUandois par ibassade solemneUe; qu'eux au contraire envoyent en Angleterre ibassadeurs qui n'ont point de pouvoir; qu'ils arment cent cinvaisseaux; qu'ils refusent de saluer le pavillon & Angleterre; révoquent le Parlement, et attaquent son armée natale. Ils de- ( satisfaction du passé, asseurance pour V avenir, et le chastii ceux qui sont auteurs de la rupture. La véritable cause de voue intelligence entre les deux Républiques. L'affaire <PAmti examinée. Tromp forme un dessein contre As eue, qui ne pas; et Blake dissipe cependant les pescheurs de haran. (ion de cette pesche et l'avantage que la Hollande en retire. ' dissipe la flotte Hollandoise. Les Estais s'en prennent à Tromp, peuple décrie la conduite. Ou luy oste le commandement, pour ter à Huiler. La naissance et les qualités de celuy cy. Il A s eue avec succès. Illustre action (F un Capitaine HoUandois. mee des matelots punie; action forte du Magistrat <FAmi. Combat entre les deux armées navales, desavantageux aux lois. On rend le commandement à Tromp, qui après avoir une flotte marchande par la Manche, rencontre et combat les f trois jours de suitte, et les oblige à se retirer. Le Parlement ierre n'est pas satisfait de Blake, et les Estais ne le sont
la conduite de Catz, Chef $ une escadre en la mer Méditer*
Le Oranduc de Toscane s'en plaint aux Estais, qui luy font r Jean van Oalen, qui combat huit vaisseaux Anglais, et se
de la supercherie qu'ils avoient faite au jeune Tromp, à la e Ligourne; mais il est blessé dans celte occasion et en meurt, duite que la France lient pendant celle guerre. Les déprédations mçois, dont les Estais Généraux se plaignent en des termes forts. f de France s'en offense; leur fait demander r argent, qu'il pre* ty estre deu, en vertu du traitté de Compiegne. Les Estais di» te ces prelensions n'ont point de fondement. L'estat des affaires nce. Division et desordres de la Cour. Le Cardinal Mazarin gé de sortir du Roiaume. Le Prince de Condé déclaré crimitr avoir fait entrer les Espagnols en France. Le Roy se saisit itûes de Paris. Combat du Faubourg St. Antoine, où le Prince » miracles; mais il n'en sort pas avec avantage, et se retire °aris, où il sauve les débris de son armée. Il se venge de ceux neni fait fermer les portes de la ville; attaque FHostel de ville Ut mettre le feu. Desordres de Paris, dont les habitants se las»
se rendent au Roy. Le Duc d'Orléans se retire dans son 7e à Blois, et le Prince de Condé à Bruxelles. La Cour offre
Dunquerque aux Estais; mais les Espagnol* taesiegent et la prmmt avec Gravelines et Barcelonne. V Espagne rend de ire» mauvais nfm à f Estai. Le Roy d'Angleterre, roulant profiter dm démette mi k Parlement avait avec les Estais, tascke de le» engager. DisposUtmm deux Couronnes du Nort. Celle de Suéde n'est pas trop bonne à mm des trait tés que ron avait faits en 1649 avec Dannemare. la mm de Suéde mécontente. Son penchant vers le Parlement; refim à secourir P Estai, et offre sa médiation qui n'est pas receûe à h Sm\ est et rejettée à Londres. La disposition de la Cour de Capmumjm Les Estais y encoyent un Ministre Extraordinaire, qui trouvant U Cmseil fort mal intentionné entreprend de faire déclarer le Roy eu km m le presser de secourir t Estai. Les raisons qui fy doivent obliger; né il ne tes considère pas tant que son interest, qui te fait décimer mm le Parlement. Les Estais promettent de le garantir. Le pemm è ces Provinces est mécontent ; parle de faire un Capitaine et Ami General. La Zcelande en fait la proposition. La Hollande iy mpn\ et envoyé des Députés en Zeelande, qui y sont en péril de levé. Jjcs Estais de Zeelande tascke ni de gagner les autres Provinces; tm de Hollande justifient leur procédé (1). Prédicateurs séditieux, J»t*k S ter mont. Ias Pasteurs prétendent faire corps. Affaires de M* gui. Offres du Duc de lorraine. Plaintes des Espagnols. Ils en dent la Corn mander ie de Guemert. Assemblée à Matines. Les mkÉ de Hollande font lastir une salle pour tenir leur Assemblée. L'Eus* de Munster obtient la restitution du chasteau de Beterguern.
L'Estat nvoit este en paix, ou pour parler plus proprement,! ovoit este sans guerre déclarée depuis le trnitté de Minute Ceux qui ont quelque connoissance des affaires de ces ptïiiOi qui en ont leu l'histoire avec attention, doivent y avoir reminpl que depuis plusieurs siècles les guerres, dont leur repos a té interrompu de temps en temps, en font la meilleure partie, coi* me elles le feront encore de la nostre, et de ce qui se lira dm les Livres suivants.
Je commenceray celuy cy par la guerre d'Angleterre, qutaw esté si bien preveiie après le mauvais succès de la negotiatioo fc St. John et de Striclant, et qui avoit esté si bien prognwfr quée par une vision qui parut dans Pair vers la lin de TannéelKl que Ton n'en pouvoit presque point douter. Je ferois difficulté dfc parler, parce que je scais qu'on la jugera dautant plus ineroj* ble, que ne pouvant estre rapportée à aucune cause naturelle (A
(1) Le sommaire finit ici; suivent les apostilles marginales q*i * j trouvent dans les MSS.
Preiêettimext de la guette (PAngleterte. 111
■prit puisse acquiescer, il semblera peutestre que je veux detar un de ces faux miracles ou prodiges, dont quelques uns • meillieurs historiens, tant anciens que modernes, ont pris rinr de remplir leurs ouvrages; n'est oit que je crois en devoir in le récit, après la déposition formelle qui en a esté faite par ftraet le Magistrat de Maslantsluys, par trois hommes de bons M que Ton ne peut dire avoir esté prévenus de préjugés ou ht superstitions. Ce bourg, qui est situé sur la Meuse, vis à Il de la Brile, est peuplé d'un grand nombre de gens qui ne Inot que de la pesche. Trois habitants de ce bourg estant I M Décembre allé pescher en pleine mer, et se trouvant le ftfcdemain à environ douze lieues de l'embouchure de la rivière, I patron qui, à son tour, estoit le matin au gouvernail, vit raque au mesme temps que le soleil parut sur l'horison, quel- Ile chose de ressemblant à une vaste campagne, couverte de plutôt» troupes de cavallerie et d'infanterie, qui venoient du costé h Nort, et du Nort Est. Le maistre, fort estonné de ce spectacle, tpella ses gens, qui s'estoient allé reposer; mais devant qu'ils lèsent bien éveillés cette première vision disparut, et au mesme tattpa ils virent tous trois fort distinctement venir du costé du fort une armée navale, et comme le ciel estoit fort serein, ils retentirent parfaitement bien qu'elle estoit composée d'un grand osehre de toutes sortes de vaisseaux, dont les uns voguoient à hiaee voiles, et les autres les avoient ferlées ou deférlées. Ils ■marquèrent, entre autres choses, qu'un de ces vaisseaux perdit leontinent son mast de hune, mais qu'il fut remis aussytost, et ■e le mesme vaisseau s'approcha de la barque des pescheurs de i prés, que l'enseigne du chasteau de derrière sembloit les touher presque au visage. Apres cela il parut vers le Sud Est une être armée navale, composée de toutes sortes de vaisseaux; et se deux flottes estant en présence, on vit la mer se couvrir Ame vapeur fort epoisse, semblable à la fumée que produit la kttàarge d'une grande quantité d'artillerie, qui leur osta presque Me la veûe des deux armées navales. Cette fumée ayant esté hsiuli, la première armée parut encore si distinctement et de si prés que l'on en pouvoit distinguer et compter les cordages, st elle demeura en cet estât plus d'une heure. Après cela tous m vaisseaux disparurent; mais ce ne fut que pour revenir un •ornent après, et pour paroistre encore plus distinctement et plus ■rfaitement qu'ils n'avoient fait, en sorte qu'il sembloit qu'ils Dotassent aborder la barque des pescheurs. Farmy ces vaisseaux
119 MécvHUnlewKkt des JagloU.
ils en appcrccurent un d'une grandeur extraordinaire, dont Je chasteau de devant estoit enfoncé dans la mer, et la poupe éb» véc dans l'air ; et encore un autre vaisseau qui passa à plein voiles auprès de leur barque. Ils virent encore vers l'Est Noet Est un grand lion, accompagné de plusieurs autres animaux, qi se métamorphosèrent, les uns après les autres, en vaisseaux. Cette vision, qui dura plus de trois heures, c'est à dire depuis les ad heures et demie du matin jusques à midy, estonna tellement on bonnes gens, qu'ils curent de la peine à se remettre de le* frayeur. Le Lecteur en fera le jugement qu'il luy plaira; mb il ne pourra pas trouver mauvais que Ton en ait parlé jaBfM icy, à cause des suittes que l'on en vit en Tan 1653, après kl preuves publiques et authentiques que l'on en trouve dinilei archives de Maslantsluis (1).
On avoit remarqué dans la première harangue des Ambtaav deurs Anglois des termes, qui détruisoient tout ce qu'ils vouloieat faire croire des bonnes intentions de leurs Maistres. Ils y dirent: Que bien que la République d'Angleterre eust des sujets de bbV contentement qui luy eussent pu faire perdre la pensée d'enTOjet icy (2) une Ambassade si solemnelle, elle avoit bien voulu neut* moins passer par dessus ces considérations, non par nécessité ij par contrainte, mais par un mouvement d'affection pour le faiflloommun, et en considération des interests importants de l'un et à l'autre Estât. Ils y avoient meslé quelques paroles de ressenuneë; du meurtre commis en la personne du Docteur Doreslis, 4 insinuoipiit, eu leurs discours et en leurs Mémoires, que ales offres d'atnitic qu'ils estoient venu faire, n'estoient pas agre*' blemcnt receùes, la République d'Angleterre auroit tousjoa» cette satisfaction, qu'elle auroit fait ce qu'elle avoit jugé dettf faire pour la conservation de la Religion Reformée, et pour fi* terest des deux Nations. Ils avoient bien fait connoistre que le«B Commit tents ne mauqueroient pas de se ressentir du refus q* les Estât s en feroient. Les Anglois vouloient que les PronM» Unies n'eussent point d'interest particulier, mais qu'elles épous» sent tous ceux de la nouvelle Republique, et entrassent aveutji*
(1) Leur déclaration se lit dans Aitzema, S. tan Statt, IIL8p. 710. Voir aussi llullatuhrhe Mercurius. 1G52. p. 4. Un fait «si* iruc, HuUawhche Memtrius. 1053. p. G7.
(2) C. à d. à la Haye.
Départ des Ambassadeurs des Estais pour Londres, 113
. dans leurs sentiments. Le Parlement avoit trouvé mauvais i 1644 cet Estât eust envoyé en Angleterre Guillaume eel, et Jean de Beeden, Seigneur de Benswoude, et a lieu de prendre party contre S. M. ils eussent travaillé oommoder le Boy avec la faction contraire. Ils ne craignoient A de dire que de tous les estrangers cet Estât estoit celuy •voit fait le plus de mal au Parlement pendant les guerres Im d'Angleterre. Tellement que leurs Ambassadeurs voyant BsUta résolus de ne rien faire au préjudice des alliances b avoient avec les autres Bois et Estats voisins, et à ne se it déclarer contre le Boy d'Angleterre, et contre les Escossois, r ne point violer la neutralité qu'ils avoient promise aux deux il, ils commencèrent à s'en expliquer, et à ne plus dissimuler 1 ne falloit pas espérer que le traitté se fist à la Haye, epeadant les vaisseaux Anglois continûoient leurs dépredas. Le Parlement permettoit qu'on saisist les navires Hollandans ses ports, et faisoit faire des actes d'hostilité qui ne se que dans le temps des guerres déclarées. Il n'apprehendoit rien, parce qu'il n'y avoit point d'apparence que le Boy pust rer son party en Escosse, ny en Angleterre, après la perte de «Caille de Worcester, où l'armée Escossoise avoit esté enticreifc défaite.
te l'autre costé on considèrent la rupture entre l'Angleterre et btats comme la ruine du commerce des habitants de ces Protêt. C'est pourquoy on jugea qu'il ne falloit plus différer de l partir les trois Ambassadeurs, qui avoient esté nommés dés née précédente 1651. Ils partirent au mois de Décembre, et at arrivés à Gravcsend le 25, le Maistre des Cérémonies les y prendre, et les conduisit à Londres dans les barques de la oblique. Ils y furent receus à leur entrée avec civilité, et ttjés jusques au jour de leur première audience (1), où ils furent Qupagnés par le Comte de Salisbury, et deux autres De- |(l du Parlement, avec le Maistre des Cérémonies, passant au faa d'une double haye, que le régiment des Gardes avoit faite pris l'hostel des Ambassadeurs jusques à la porte de Westminster. intention de l'Estat estoit de faire conelurre à Londres un tié sur le pied des trente six Articles dont on estoit comme venu à la Haye avec les Ambassadeurs du Parlement: de
) Le 29 Décembre.
114 Instruction des Ambassadeurs.
stipuler par le mesme traitte* les mesmes avantages quel'oatisl obtenus pour les habitants de ces Provinces par celuy qu'on mk fait pour la Marine, en 1650, avec le Roy d'Espagne, et <Ty ajouster ceux que Ton pretendoit se faire accorder par la Fiais* afin de le faire servir de Règlement pour la navigation et a commerce des deux nations: de restablir rancienne amitié*, et h bonne corrcspondcncc entre les deux Estats; et de prendre gMÉ exactement à ce que la France, l'Espagne, et le Portugal tt soient négocier à Londres. Mais ce qu'on avoit le plus liercment recommande aux Ambassadeurs c'estoit de tasdurè faire révoquer la déclaration que le Parlement avoit fait pibfia} au mois d'Octobre 1651, touchant l'augmentation du c et de la navigation des Ànglois ; ou du moins d'en faim »r seoir l 'exécution jusques à ce qu'on vist le succès de leur ciation: parce que les Estats jugeoient que cette déclaration incompatible avec la bonne intelligence que l'on pretendoit W nouer entre les deux Republiques (1).
Gatz, qui estoit le premier des Ambassadeurs, et quidsassl emplois avoit acquis une grande facilité de parler en public, fit al discours Latin (2), dans lequel il s'estendit d'abord en teramp. ncraux sur les lieux communs de la nécessité des alliances, et si les Avantages que les Estats et les Republiques tirent de h corrcspondcncc qui fait le repos de deux voisins. U parla en de plusieurs choses qu'il croyoit devoir estre agréables an Erik
(l) Les instructions des ambassadeurs se lisent dans Aitxema, £ tv/// Shiet. 111. 32. p. 09r>— G99.
("2) On peut lire ce discours, ,trop flatteur pour être habile" (G i* /ot) dans Aitzcma, 1. c. HT. 32. p. 099—701. Le jugement^ W ieq u rfort en porte est modéré en comparaison de celui de lcCle» H Le bonhomme Cat z y récita une harangue ou plutost une dcc\sswni ^ où il inséra des vers de sa façon. On la trouvera daus Ai tiens* elle n'est pas de nature, à pouvoir être rapportée." (Hist. d. iVw. Véh II. 311.) L'auteur de V Entai de Critique en est indigné au pin» W degré: , Je mécontenterai de dire que Catz, qui n'avoit aucun vu* des Etats de parler sur ec ton, et encor moins d'entrer dans ce (HA pnistituoit leur souveraineté et la dignité de leurs ambassadeurs fis» manirre la plus lmhe et la plus ridicule. 11 est bon que ces sort» d'endroits soient concerus à la postérité dans toutes les lingues d toutes les nations, pour servir d'instruction et de préservatif. Tdrtci qu'on peut dire pour excuser un peu Catz, c'est qu'il comniençoiU radoter a l'âge do pris de ?■"> ans et n'avoit pas perdu l'habitude & vouloir briller par des pensées nouvelles, aux dépens du bous sa» H «le la bienséance, îmiladic qui n'est que trop ordù^ai^e.,, p. 307
Harangue de Catz. 115
t: des commencements, de la forme du gouvernement, de la gion, de la liberté, et de l'interest du commerce des deux ta. Hais comme de tout temps ses harangues avoient esté animées, dont les fleurettes et quelques passages des poètes «est la meilleure partie, et que le peu de feu qu'il avoit en ranetse, avoit esté consumé et esteint par l'âge, son discours si froid et si languissant, que bien loin de faire impression l'esprit de l'Assemblée, plusieurs Députés du Parlement trouât h plnspart de ses expressions foibles, et mesmes ridicules* n y remarqua particulièrement, que pour flatter les Anglois, H: due Ton voyoit dans les deux Républiques les mesmes ripes, et la mesme forme de gouvernement, parce que l'une tatre avoient abjuré leur Monarque, et que l'une et l'autre ient leur liberté de la main de Dieu, par des moyens admise et comme miraculeux. Flatterie qui fut trouvée dautant scandaleuse, que l'abjuration que l'on avoit faite icy, du d'Espagne, Duc, Comte, ou Seigneur de ces Provinces, n'avoit de commun avec le meurtre commis en la personne du Boy igfeterre; comme d'ailleurs on n'approuvoit pas la comparaison I fit de i'estat des églises de ces païs, avec la confusion des es et des hérésies d'Angleterre.
'Orateur répondit: Que le Parlement examineroit la prodes Ambassadeurs et leur lettre de créance, pour en Et au bout de quelques jours on les renvoya au sefl d'Estat, qui leur donna des Commissaires, s redoublèrent, en la première conférence, les instances qu'ils eut desja faites, pour la revocation du Eeglement que l'on t fiât en Angleterre pour V augmentation du commerce, et Iront de nouvelles pour la restitution des navires que les (lois avoient pris, et continùoient de prendre, quand ils en Mmtroient l'occasion.
«s lettres de représailles que le Parlement avoit fait expédier ftre les François, et contre les habitants de ces Provinces, sériât de prétexte à leurs pirateries (l), et le Parlement les avoit ordées avant qu'il eust fait faire des plaintes en Hollande du t que les Anglois pretendoient leur avoir esté fait, et devant que Estats eussent refusé, ou différé de rendre justice, et mesmes les faisoit exécuter devant que les Jcttres de marque eussent
,) lia.: aux pirateries des Anglois.
116 S:. Jean fi Siriclemt re/mttmt le* prmt*
Cb\é s'.j:::iLvi& i-i\ i.r.-r-isrJs. L.s i.ru2..i«.urs -.cicùi pris pi» de trente vaisseaux, 1ers que 1» Ambassadeurs arrivèrent à Ladres. Et bien que selon la coustume, que Ton doit amàdov comme une es^cce de Droit des Gens, parti culieremea: depè qu'elle est confirmée par des ioix et par le consentement de pbsieurs peuples, l'Amirauté doive juger: Si les navires, me la marchandises dont il? sont chargés, ont esté bien, on nal prit les armateurs eu avoient disposé sans connoîssanoe de «use, a" les marchandises avoient esté dîstraittes et dissipées, sans né oui les parties, et sans aucune procédure précédente, Dés le M d'Aoust 1C51 ils avoient pris un navire Zeelandois à la rade k Cadix fort richement chargé de plusieurs marchandises pretieMt et entre autres de cent cinquante mille escus en argent il noyé. Au mois de Septembre de la mesrae année, le Parkaot avoit permis qu'on saisist dans un des ports d'Angleterre un nr seau de guerre de cet Estât, à l'instance particulière d'un wt chand, qui prête ndoit qu'en Tan 1639, lors que l'armée nivà d'Espagne, commandée par Don Antonio d'Oquendo, tt battue et défaite aux costes d'Angleterre, les vaisseaux deeri Estât l'avoient empesché de porter au bord d'un vaisseau Espsf nol des munitions de guerre, dont les Anglois affectoient de * courir les Espagnols dans la chaleur du combat. Ils ne den* doient qu'un prétexte, quelque mauvais qu'il fust, pourioeonl* dur le commerce, et pour prendre sur les marchands de ces psfc tous les navires qu'ils rencontroient indistinctement
Los Ambassadeurs n'eurent pas sitost commencé leur n«*> tiation, qu'ils reconnurent bien quelle en seroit la fin. L'Est»" les avoit chargea de deux bassins et aiguières d'or massif, de ■ valeur de dix mille livres chacun, pour en faire présent à* John et S t r i c 1 a n t , comme une reconnoissance que les B* Estats et Princes ont acconstumé de faire aux Ambassadeurs, po* leur témoigner la satisfaction que Ton a de leur conduite; B* ils refusèrent de les recevoir, et témoignèrent par leur refus « peu d'inclination et d'envie qu'ils avoient d'obliger cet &** puis qu'ils ne luy vouloient pas estre obligés.
On retrancha du nombre de leurs Commissaires «* en qui ou avoit reconnu quelque disposition à Tacco» modeineut, et on ne vouloit pas que les Ambassadeurs (*■ tretinsseut les autres Députés du Parlement du sujet k leur negotiatinu. La ville de Londres estoit remplie de fibd les, et les temples ne resonnoient que d'invectives contre «*
Reproches du Parlement aux Ambassadeurs. 117
itat et ses habitants. Il n'y avoit plus de justice pour les llol- ■dois, et il suffisoit qu'un navire le fust pour estre confisqué et ttdu. Le Parlement fit revivre l'affaire d'Amboïne, où le Gcnc- 1(1) Hollandois avoit fait exécuter quelques Anglois. Il disoit M cette prétention avoit esté négligée sous le dernier Règne parce IB les artifices de quelques intéressés et flatteurs, avoient emtfefcé le Boy d'en prendre connoissance, ou d'en témoigner du •Kntiment. On parloit encore de plusieurs autres prétentions M la Compagnie des Indes Orientales d'Angleterre disoit avoir aire celle de Hollande, et que Ton faisoit monter à plus de vingt Qlions de florins, sans les interests, qui passoient la somme prinpak, et sans la valeur de l'isle que les Indiens nomment Bulan, et nous Pouleron. Les Anglois disoient aussy que la Comtgnie des Indes Occidentales leur devoit plus de qua rente mille ries Sterlings. Ils en pretendoient vingt mille des marchands ollandois qui trafiquoient en Moscovic, et environ autant de la NDpagnie de Groenland, qui avoit esté érigée pour la pesche do baleine: le tout avec les interests depuis Tan 1618. Ils deudoient encore avec cela le dédommagement de plusieurs insuli qu'ils pretendoient leur avoit esté faites, et dont ils disoient oir porté leurs plaintes dés l'an 1645.
Ha reprochèrent par escrit aux Ambassadeurs ce qu'ils publient depuis dans leur Manifeste, la conduite de Boreel et de enswoude, qui, à ce qu'ils disoient, au lieu de travailler à «commodément entre le Roy et le Parlement, avoient achevé dgrir les esprits, et de porter les parties à la dernière extretté; que les Estats avoient refusé de donner audience à trickland, pendant qu'ils la donnoient à Macdowcl, Miatre de l'ennemy déclaré de la Republique; que de tous les aasaius de Doreslas pas un n'avoit esté pris, ny puny ; et le l'on avoit laissé évader le Prince Edouard, fils de la Reine I Bohême, et le Colonel Ashley, auteurs et complices de plu - Bars outrages et affronts que l'on avoit faits aux Ambassadeurs du Wement à la Haye. Ils disoient encore: * Qu'ils pouvoicntdcraan- «r avec justice le dixième baran de ceux que les Hollandois avoient aché le long de leurs costes depuis 40 ans; qu'on ne pouvoit M leur refuser le remboursement de l'argent qui estoit deu à la JDnronne d'Angleterre depuis le prest que la Reine Elisabeth
(1) Lisez: le Gouverneur.
118 Le Conseil (F Estât refuse de révoquer Im deeiarmtkm, jutiif*
en avoit fait aux Estats, et dont ils n'avoient remboiiné qu'ai partie au lloy Jaques, qui en retirant ses garnisons detTÏsi de Brile, de Flessingue, et du fort de Bammekens, leur avoit tel quitté le surplus, mais qu'il n 'avoit pu. leur remettre, suuTaitorite du Parlement, une somme qui estoit deûe à -la Court»* Ou se plaignoit aussy de ce qu'en Hollande les pasteurs déokîgroient en leurs sermons les actions du Parlement, et y parlant contre sa réputation. Enfin on demandoit réparation d'une m> suite qu'un capitaine Hollandois avoit faite à nn capitaine Àngtoa, en remmenant prisonnier avec son vaisseau.
Tout cela fuisoit juger, ou que St. John et StrickUid n'avoient point eu d'ordre de conclurre à la Haye, on que k difficulté que l'on avoit faite icy d'entrer indistinctement dans tout les interests du Parlement avoit extrêmement irrité les ÀagW* et les avoit rendus irréconciliables. Mais les Ambassadeur! M furent que trop tost persuadés qu'il ne leur serait pas facile ai faire un traitté d'alliance et de commerce, après la réponse qv le Conseil d'Estat leur fist donner le 19 Janvier 1652. Il y fr soit : * Que la Republique ne pouvoit pas faire reflexion nr k
* négociation que ses Ambassadeurs avoient commencée à k
* Haye, puis que de tous les Articles qui avoient esté mis s*
* le tapis pas un n'avoit esté arresté, ny conclu. Que k Pute- *mcnt avoit crû estre obligé de chercher l'Avantage de k *- 0 tion Angloise, et de favoriser son commerce, en faisant publier
* la déclaration touchant l'augmentation du commerce et de k "navigation; et que jusques icy les Ambassadeurs n'avoient pu
* allégué une seule raison qui le pust obliger à la révoquer, (ko "la veuve Pawlet n'ayant pu obtenir en Hollande la restitutioi » du navire qui avoit esté dépredé sur son mary, avec les mit-
* chandiscs dont il estoit chargé, la République n'avoit pu luy a-
* fuser des lettres de représailles. Que tout ce que le Parlcmat
* avoit pu faire, depuis que les Ambassadeurs estoient armés « "Angleterre, avoit esté d'ordonner que l'on n'executost plus ce» "lettres; quoy que l'on cust plustost sujet d'en faire expédier de " nouvelles à cause des nouvelles violences que les Holkadou " continuaient de faire." Il est vray que le conseil d'Estit ordonna que l'on feroit surseoir pendant quelque temps les procédures, commencées par devant l'Admirauté, pour quelques Davin* que les armateurs vouloicut faire confisquer. Mais les intéressé ne purent pas jouir de ce bénéfice, tant à cause de l'imprudeite chaleur de quelque* patron? Hollandois, qui poursuivaient la scb-
les représailles: et forme plusieurs autres difficultés 119
iee, que parce que l'Admirauté mesmc refusoit de respecter les km du Conseil d'Estat.
Cependant on ne parloit plus du traitté, et les mesmes Anglois qui oient souffert avec tant d'impatience le séjour d'un mois que » Ambassadeurs avoient fait à la Haye, c'est à dire dans un fat où il est impossible de résoudre les affaires de cette nature M le consentement non seulement de toutes les Provinces, mais ssy de toutes les villes des mesmes Provinces, traisnerent les nbassadears Hollandois plus de quatre mois devant que d'ensr en matière; quoy que le Parlement cust la disposition absolue
toutes les affaires, et que la pluspart eussent desja esté dé bâtes, et presque réglées en Hollande. Ce ne fut que le 13 Mai que m commença à parler des trente six Articles qui avoient esté opoeés à la Haye, pour voir si on pourroit les convertir en i traitté d'alliance et de commerce, capable de réunir les deux tions. Mais les Commissaires Anglois formèrent tant de ditHkés sur chaque Article, que les Ambassadeurs ne pou voient os douter que celles qu'ils rencontreroient dans la suitte de leur gocation ne fussent tout à fait invincibles ; puis qu'à la reserve i quelques Articles qui ne partaient que de la bonne intelliace entre les deux Estats, ils ne purent pas tomber d'accord an seul des autres. L'intention des Anglois estoit de se donv la liberté d'imposer et de lever des droits sur toutes sortes ft marchandises à l'entrée, et à la sortie de leurs ports et havres, uy qu'ils le jugeroient à propos; et pour cet effet de faire obérer et exécuter les loix et les ordonnances qu'ils avoient faites U oe sujet. Les Ambassadeurs disoient au contraire: que les tentions de leurs Maistres estoitent de stipuler, que leurs sujets tiraient des mesmes droits, libertés et franchises en Angleterre la Ton accordoit aux Anglois en Hollande, et de faire en sorte le cet avantage fust réciproque.
Les Anglois en réglant la qualité des marchandises pretendoient în comprendre parmy celles de contrebande le blé, les légumes
autres vivres. Les Hollandois s'y opposoient, et disoient, que estoit des marchandises dont le transport devoit estre permis distinctement à tout le monde, pourveu qu'on ne les voulust » faire entrer dans des places investies, ou formellement assieds. Les Anglois vouloient qu'il leur fust permis de visiter les 'vires de ces pais: les Ambassadeurs ne le vouloient pas soufirf et avoient ordre de s'y opposer fortement. Les Ambassatirs vouloient conserver aux habitants de ces Provinces la li-
120 touchant les marchandise* de contrebande, te emmené de* Cenâa de.
berté du commerce des Caraïbes, et les Commissaires les es vnloient exelurre, aussy bien que toutes les antres nations de Fhrope. Les uns soustenoient, que la mer hors la portée du cusi estoit libre et commune à tout le monde, et vouloient te whr tenir dans la possession où ils estoient depuis plus de 150 a*» en vertu du XVIII (1) Article du traitté fTEntrecoure, de peseta aux costes de l'un et de l'autre païs, sans trouble et sans ca> peschement. Les autres protestoient an contraire, que c'estst un droit acquis de tout temps à l'Angleterre: que le Boy Heiri VII avoit fait le traitté <T Entrecours pendant les troubla* les desordres du Roiaume: qu'il n 'avoit pd obliger à- l'execat» d'un traitté, qui nlicnoit les droits de la Couronne, les Bon M successeurs, qui avoient souvent protesté qu'ils n'en pooroiesJ pas estre dépossédés par qui que ce soit et mesme que le Bay Jaques avoit autrefois sonstenu que ces droits lny appartenons n. cause de son Koiaumc d'Escossc, dont Henri VII n'sfoHpsi pu disposer: que le traitté à* Entrecours avoit esté fait if»» ]{oy d'Espagne, aux droits duquel les Estats ne pouvoient pat pntendre d'avoir succédé. Ils ne purent pas non plus convenir à salut du pavillon, que les Anglois vouloient faire rendre à U Sep blique par devoir et comme une soumission; et les Hollandois sow tenoient que ce n'estoit qu'une civilité, qui ne peut estre exigée, si que l'on ne rend que de bonne volonté et de gré à gré, de sorti que celuy qui la reçoit est obligé d'y répondra nécessairement.
Les Ambassadeurs fisrent ouverture de quelques moyens dos ils croyoient qu'on pourroit se servir pour asseurer la narigttwi et le commerce, par In jonction des forces maritimes des den Estats. Mais les Anglois répondirent: qu'ils se chargeront bien seuls de ce soin et de cette dépense, et qu'ils vouloient qsi les Estats leur eussent cette obligation particulière. Mais lest véritable intention estoit d'empescher les Estats d'armer par mer, et en faisant accroire qu'ils asscurcroient la liberté du commerce des Hollandois, ils pretendoient en demeurer les maistres absous» puis qu'ils le seroient de la mer, où on ne verroit plus que kv pavillon. Ils vouloient encore se donner la liberté d'arresterci
(1) Lisez : XIV Article. Item conventum, coneordatum et couds* mi ni est quod Piscatorcs utriusque Paitis Partium praedictamm (cujasnniquc conditionis existant) poterunt ubique ire, navigarc per mi"^ so< urc piscari nbsque aliquo impedimenta lieentia scu salvo eondtfts* etc. Du m ont: (vr/H wHiccrtcl dt pluma t. 111. 2. p. 33 S.
Nieupoort envoyé en Angleterre. 121
[ne mer, et de visiter, non seulement les navires marchands, is mesme les vaisseaux de guerre de l'Ëstat; et les Hollani bien loin d'y acquiescer, vouloient au contraire que non seucnt leurs vaisseaux ne fussent point visités, mais mesme que rt navires, comme estant francs, rendissent aussy franches toulet marchandises dont ils se trouveroient chargés. Les Comsaires s'opiniastroient d'un costé, et les Ambassadeurs protesat de l'autre qu'ils avoient des ordres si exprés sur tous ces ris qu'ils ne pouvoient se relascher sur aucun. Leur instruci estoit en effet claire et précise sur ce texte, et Guilime Nieupoort leur avoit apporté de nouveaux ordres la ne pouvoient pas excéder (1).
1 estoit Beceveur du Domaine en Northollande, et avoit de ides habitudes en Angleterre, particulièrement parmy ceux du lement. Les Ambassadeurs n'y en avoient aucune, et s'accormt si mal entr'eux, qu'ils estoient devenu l'objet de la raill du peuple, qui ne parloit que des trois Ambassadeurs desunis
Provinces Unies. Ils avoient d'ailleurs des contestations con tilles et inévitables avec les Commissaires du Parlement; de sorte
devant qu'ils eussent réglé un seul Article du traitté, il arriva accident qui acheva de faire tomber toute leur négociation. lonte la conduite des Anglois faisoit juger qu'il seroit imposo de s'empescher d'en venir à de plus grandes extrémités avec . (Test pourquoy dés le commencement de l'année 1652 les its avoient fait faire défenses aux matelots, et à tous ceux de e profession, de préférer le service des Princes estrangers à ty de l'Estat, et ordonné à l'Admirauté de ne point permettre
Ton transportast hors du pais de l'artillerie, de quelque cae qu'elle pust estre, du salpêtre, de la poudre à canon, des les, ancres, cordages, et autres matériaux servant à la contetion des navires, et à la navigation, comme aussy toutes sord'armes offensives et défensives, et de révoquer tous les paswrta qui pouvoient avoir esté accordés ou expédiés pour cela. ies Estats de Hollande qui consideroient que le commerce, qui
comme l'ame et la subsistance, non seulement de leur Prose, mais aussy de tout l'Ëstat, y estoit extrêmement intéressé,
l) Les nouvelles instructions qui furent remises aux Ambassadeurs l'intermédiaire de Nieupoort, dans Aitzema, S. v. Staet. 111. p. 707—709.
123 Armement de 150 tableaux.
firent faire des défenses aux navires de sortir des ports dû pi» devant le 1 Avril, auquel temps ils esperoient estre en estât <kl» faire escorter par un bon nombre de vaisseaux de guerre. Ik lirent aussy résoudre dans rassemblée des Estata Généraux: 'Qat
* par provision on armeroit 50 vaisseaux de guerre; et que pou
# cette fois seulement, et sans préjudice de l'eqoippage que ekinfj
* Collège de l'Admirauté est obligé de faire ordinairement, la HoW
# lande en armeroit 33, la Zeelande 9, la Prise 2, et GroningoeL"
Ce furent eux aussy qui firent proposer aux Députés de Zeelande, et en suitte résoudre dans rassemblée des Estât* Geseraux, l'armement de 100 vaisseaux de guerre, outre les 50 pniniers, et sans les autres qui estaient desja en estât; que le phi petit de ces 150 vaisseaux auroit 120, ou 125 pieds de quille, sst 27 à 28 de largeur, et scroit monté de 28 ou 30 pièces de canot de fer, de 12 à 18 livres de balle, et de 4 de fonte de 24 lima; qu'on les prendroit dans les arsenaux de l'Estat, on bien dm les magasins des deux Compagnies des Indes; et que lequipntp scroit compose de 85 matelots et de 25 soldats, qui ne seroient point pris dans les compagnies ordinaires, mais expressément enrôles pour cela. Ce que j'ay crû devoir remarquer pour Un voir la différence de l'cquippage de ce temps-là avec celuy qi'fli a fait pendant la dernière guerre d'Angleterre, où la plus cseu'fi monture de la flotte pouvoit estre mise en parallèle avec le nk> seau Admirai que Tromp commandoit dans la première.
On parloit de mettre en mer 150 vaisseaux, et cependant Ht* tat n'eu avoit presque point, parce que la paix avoit jette l'Adnirauto dans une si profonde sécurité, que croyant que l'on n'ai* rait jamais de guerres, elle avoit vendu une partie de ses meilleurs bastiments. Tellement que l'on fut contraint de luy ordonner d'eu prendre à fret de quelques particuliers pour 4 mois, oi pour plus longtemps, si l'Estat en avoit besoin. On fit un règlement pour les conditions du fret des vaisseaux, pour les ip* pointemens et gages des ofticiers, soldats, et matelots, cornai aussy pour les vivres. On ordonna que le frestement se feront par quelques-uns des plus notables bourgeois des villes où 1* armements se feroieut, ù la nomination des bourgueniaistres, q* leur en confieraient la direction; et que ces directeurs rendroient ce service au public par un mouvement de zèle, et sans espérance de gages, ou de récompense.
Il fut aussy résolu : Que Ton feroit bastir 30 vaisseaux neufs, et que pour cet cJlet les Provinces feroient un fouds de dett
Fond* de la Hollande. 123
ons, qui fut après cela augmenté do pareille somme. Mais Estais de Hollande ne consentirent à la levée de ce dernier s qu'à condition, qu'on preleveroit huit cens mille florins sur i somme, pour estre employés sur Testât de la guerre, au t de l'Admirauté; que toutes les marchandises et denrées roient deux pour cent à la sortie, et un pour cent à l'en- (1); et que les navires, à la reserve de ceux qui iroient au i, ou qui seroient employés à la grande pesche, payeroient 5
par tonneau à Tentrée, et 10 à la sortie, dont la recette se t par des Directeurs, en la mesme manière qu'il avoit esté ifois pratiqué, particulièrement en 1643. On pretendoit afr le revenu de ces droits au remboursement des sommes conables que Ton estoit obligé de prendre à interest; et dau-
que les villes employèrent leur crédit pour trouver de l'ar- , l'Estat en gênerai, et. toutes les Provinces en particulier irent de les garantir et dédommager.
i Hollande pour trouver un fonds proportionné à cette grande ose» dont elle estoit obligée de supporter la plus grande pardbligea la Chambre des Comptes du Domaine à fournir une ae de six cens mille livres ; et pour achever celle de onze cens nte six mille cent quatre vingts huit livres dix sols (2), faisant art des deux millions, elle obligea ses villes à avancer le
sur leur crédit. Elle ordonna que l'Abbaye de Berne (3), que iix de Munster avoit reunie à la Souveraineté de cette Pros, aeroit vendue; et fit lever le deux-centième denier de la ur du bien que ses habitants possedoient, et que les villes oerent aussy. Les non valeurs des années passées, et particunent des années 1645 et 1646, furent exactement rechori. On obligea les hospitaux à payer tous les ans les mesmes a dont les maisons et autres immeubles sont chargés, et l'on lenta ces droits d'un tiers. Le Prince d'Orange, Ercde-
Henri, et le Seigneur de Brcderodc, son bcaufrere, snt fait jusques alors exemter les habitants d'Ysclstein, de dam, et de Yiane, leurs vassaux, du payement du deux- ce ne denier,, que ceux des autres villes payoient. On abolit cette ition à leur égard, aussy bien qu'à ecluy des villages du païs
i Deux pour cent à l'entrée et un pour cent à la sortie. Résol. Etats Généraux du 3 Mars 1652.
Reaol. des Etats de Holl. du 19 Juin et du 3 Juillet 1652. i Dana le pays de Heusdeu.
121 Les Anglois prétendent tempête de la mer.
d'Altcna, du ressort de la ville de Heusdcn, des six villages de II Sudhollandc et de Scvcnbergues, que Ton avoit cy-devant éçupk ii cause des contributions qu'ils avoient esté contraints de ptj* aux ennemis pendant la guerre.
Nous avons veu que les Ambassadeurs Hollandais negock»tà Londres sans apparence de succès. Les Commissaires leoriToiat dit dans les conférences, que leur Republique aurait soin deasV toyer la mer, qu'elle se chargerait seule de cette dépense, et frt n'estoit pas nécessaire que cet Estât en fist en armant u bsi nombre de vaisseaux de guerre. Mais ils ne demeurèrent pu kaf temps dans ces termes de civilité. Dés qu'ils virent que finis* tion de cet Estât estoit d'armer quand ses voisins seroienta* mes, ils déclarèrent : # Que leur République ne le sonffriroil fsf; *quc c'estoit un droit qui luy estoit acquis, à l'exclusion de te*
* tes les autres nations ; que l'empire de la mer luy appartenei, *ct que les Anglois ne souffriraient pas qu'aucun autre ptvilai
* y parust que celuy de leur République." lia vouloient sa«f obliger les navires des habitants de ces Provinces, et roesmehl vaisseaux de l'Estat, à souffrir la visite, pour voir s'ils n'ettriai1 pas chargés de marchandises de contrebande, on qui appui» noient à leurs ennemis.
Nieupoort, en passant en Angleterre, y avoit porté au As* bassadeurs les prétentions de la Compagnie des Indes Orientas); de ce pais, dont on vouloit faire une compensation avec ceDei è, la Compagnie Angloisc, et nussy les dernières intentions de l*BstA avec un ordre positif de s'opposer à cet empire que les Angle) ontreprenoient d'estendre sur toutes les mers, et à l'autorité qit vouloient se donner de visiter les navires et les marchandiez I* France en faisant un règlement pour le commerce, cnl646tavei permis aux habitants de ces Provinces, de charger leurs navinl de marchandises ennemies, nonobstant la disposition des anciens»1 ordonnances du Roiaumc, pourveu que ces marchandises ne fvmÉ pas de contrebande; et le traitté de marine que l'on avoit fait» 1650 avec l'Espagne disoit la mesme chose en termes exprès. (M pourquoy les Estats ne vouloient, et ne pouvoient pas pensetti que les Anglois fissent en pleine mer une visite qui leur seqaflt* roit un droit de supériorité insupportable, et qui incommoderait* fort la navigation, qu'il ne se pouvoit qu'il ne fust entierenflsi ruine en très peu de temps. Aussy avoient-ils ordonné bien et pressement à, leur Admirai, d'employer les armes qu'il commandai au secours des navires de ces païs que les Anglois entrepita"
w&UUfont travoir au Parlement qu'il* aiment: let Anglois s9 en offensent. 125
raient dlrrester et de visiter; et c'est pour cet effet priucipalci^t qu'ils résolurent d'armer cent cinquante vaisseaux de guerre. lm Estais le firent scavoir au Parlement d'Angleterre, et le raat asseorcr en mesme temps: Que ce n'estoit pas leur in- Vtion d'offenser personne qui que ce soit; mais seulement s protéger lenrs sujets contre les violences qu'on leur voudroit are. Ils firent donner les mesmes asseurances aux autres Puis* iras voisines, afin de lever l'ombrage qu'elles eussent peu prends d'un armement si extraordinaire.
Cette civilité fut bien receùe par tout; il n'y eut que l'Anglem, où cette déclaration acheva d'aigrir tellement les esprits, 16 quand mesmes il y auroit eu quelque disposition à l'accomodement, elle auroit esté capable de la détruire. Les Anglois . prenoient pour une menace, et se persuadoient que cet arment ne se faisoit que contre eux, et pour leur contester l'Empire \ la mer, qu'ils pretendoient leur appartenir. Les sentiments ■ deux Nations estoient si éloignés, et il y avoit encore tant I différents à ajuster, que l'on n'esperoit plus de pouvoir convie le traitté, quand une rencontre inopinée les jetta dans une pture formelle.
Les Anglois avoient fait partir leur armée navale dés qu'ils ocrent le puissant armement qui se faisoit en Hollande: quoy rtl ne fust considérable en effet qu'à l'égard du grand nombre I vaisseaux dont il estoit composé. J'estime y devoir âjouster, le dantant que Ton ne pouvoit pas douter en Hollande des amvaises intentions des Anglois, on y résolut avec tant de feâpitation l'armement des cent vaisseaux, outre celuy des cinlante qui avoit esté arresté auparavant, que les Députés de selques unes des villes de la Province dont les Estats estoient isemblés, estant allés chez eux vers la fin de la semaine, Marne ceux des villes voisines ont accoustumé de faire, ceux pi estoient demeurés à la Haye, ne laissèrent pas de résoudre armement, avec le fonds de deux millions, et d'ordonner au isjiseiller Pensionaire, de former la Résolution en l'absence des Mrss Députés: quoy que pour des affaires de cette nature le tasentement exprés et unanime de tous les membres de la Prônes soit absolument et indispensablement nécessaire. Les Dettes absents estant revenus, ceux qui avoient pris cette Besoluion contre les formes et contre les maximes fondamentales de Estât, ne laissèrent pas de la faire agréer par l'Assemblée, en y présentant: Que la difficulté que les Députés des «autres Provin-
196 On fortifie les froniieret.
ces nvoicnt faite de consentir à un seul des points que la Hol» lande a voit jugé nécessaires pour la conservation de l'Jbtit, ■ elle ne resolvoit promptement l'armement des cent vaisseau, * leur a voit pas permis d'attendre le retour des absents. Coma* en effet ceux de Hollande estoient obligés de ménager le mono* favorable du consentement unanime de toutes les autres Profi* ces, tant pour le mesme equippage, que pour le fonds, et por les défenses que Ton fit aux navires de sortir des ports, qrt moins de manquer aux interests de leur Province, ils n'anfat pu perdre l'occasion de prendre cette importante Résolution. B neantmoins, comme dans ce procédé il y avoit quelque etae d'irregulier à leur égard, il ne fut approuvé par une Besofatki formelle, si non en y âjoustant cette clause expresse: Que fti n'en pourroit pas tirer conséquence à l'avenir (1).
Cependant les Estats Généraux, et particulièrement ceux de M* lande, pour se mettre à couvert des surprises dont on meued leurs ports et leurs villes maritimes, firent reparer les fortifie* tions de la Brile, en firent faire de nouvelles a l'entrée du Tari et du Ylie, et à Helvoet. Ils renforcèrent les garnisons des A les de Hollande et de Zeclande, auxquelles les Anglois, qui fit soient aussy avancer des troupes vers leurs places maritimes, ett* sent pu faire insulte.
L'armée navale des Estats avoit son rendez vous à travers k village de Scheveningue, qui n'est presque qu'un hameau, «tué* i une demy lieiie de la Haye, entre Texei et la Meuse, Ellen'edi d'abord composée que de quarente deux vaisseaux de guerre, et de quelques brûlots et galiotcs, sous le commandement de Martil Harpertson Tromp, Lieutenant Amiral de Hollande, gnJ capitaine île nier, et le plus capable de tous ceux quiontoccasf ce poste devant luy, et qui l'occuperont à l'avenir. Il voulut «est* devant que de s'embarquer, comment les Estats entendoieat qi> en usnst avec les Anglois, à l'égard du salut du pavillon. On hj demanda comment il en avoit usé de temps du feu Roy d'Aï* gleterre, et sur ce qu'il répondit, que les vaisseaux de ces p» en rencontrant ceux du lloy dans la Manche, ou sur les coda d'Angleterre, nvoicnt necoustumé de les saluer de leur artillenii et aus\v en abattant le pavillon, particulièrement lors que kl Anglois se trouvoient les plus forts, on se contenta dcluydooiff
(1) Résolutions des Etats de Hollande du 3 et du 4 Mars 1651
Tromp i approche de» cottes <F Angleterre. 127
fedre gênerai, d'en user avec prudence; mais de ne rien faire m préjudice de l'honneur de l'Estat. Et afin d'éviter la rencontre Im Anglois, on luy défendit de s'approcher des costes d'Angle-
■Ml).
Vais comme l'armée navale n'estoit pas en seurcté en demeurât sur les fers à Sche?eningue à cause du vent du Nord et de lord-Est qui regnoit et chassoit contre la coste, il alla gagner die de Flandre, où il rencontra la mesme incommodité. Telle- Mnt que n'osant se fier à ses ancres et à ses cables parmy les net qui couvrent cette coste, et la tempeste dont ses vaisseaux rtoieot battus l'incommodant extrêmement, il s'en éloigna pour l mettre à l'abry de la coste d'Angleterre. En approchant des fanes il détacha deux vaisseaux, avec ordre d'aller saluer de sa ■t le Major Boum, que l'Admirai Blake y avoit laissé avec ne escadre de 8 à 10 vaisseaux, pendant qu'il estoit allé vers i Ponant de l'Angleterre. Tromp fit dire à Boum, que le BOi contraire l'ayant forcé d'éviter la coste de Flandre, où il roit perdu plusieurs ancres et cables, il venoit chercher sous Ile d'Angleterre une bonne rade où il pust radouber ses vais- Mx ; et qu'il avoit bien voulu l'en faire avertir afin de prévenir Ombrage qu'il en pourroit prendre. Les capitaines qui furent eintojée à cette commission furent receus avec civilité; mais on ne fase pas de leur faire entendre, que l'on scroit bien aise que romp s'éloignast des costes d'Angleterre. Il se retirait en effet vers celle de Calais, quand un capitaine l navire Hollandois vint luy donner dvis, que le jour précèdent
avoit laissé auprès de Firlcx sept navires marchands, que luy » un autre capitaine avoient escortés depuis la mer Mediterrannéc; Mis estoient richement chargés. Que douze vaisseaux de guerre fcaglois et quelques fregattes les visitoient, et qu'il y avoit lieu de nmdre qu'ils ne les emmenassent. Sur cet avis Tromp chantant de route à dessein d'aller promptement dégager ces navires torchands, rencontra, le 29 May, Robert Blake Admirai d'An- 0eterre, à la teste d'une escadre de quinze vaisseaux. Dans la lettre |le Tromp escrivit aux Estats Généraux, et aux Ambassadeurs |d estoient de leur part à Londres, au sujet de cette rencontre, Idisoit: # Qu'en approchant de la flotte Angloisc il se mist aus-
(1) Voir de Jonge, Oeschiedenis van het Ncderlandtche Zeewezen. L !• partie, p. 34—37 (!• édition).
roife Qifcl ibéf:
tflki
128 Rencontre des deax armée* navales.
«sytost en estât de saluer le pavillon du Parlement: qu'il « ferler le sien pour l'abattre, et qu'il alloit faire mettre m ehv> « loupe en mer pour envoyer faire civilité à l'Admirai «mais que celui-cy cherchant querelle ne luy en avoit pu «le loisir, et luy avoit fait tirer trois coupa de canon: et enfs «que luy Tromp ayant répondu au troisième, Blake luy anft ^ tiré sa batterie toute entière/*
Toutes les relations de ces païs, et la déposition uniforme da capitaines de la flotte de Tromp disent la mesrne chose, et n» jettent sur Blake la cause de la rupture. Les Anglois au extraire disent, «que Tromp refusant de saluer le pavillon de k «Republique, et d'abattre le sien, Blake luy tira trois coapsà « canon; que Tromp répondit au troisième de toute sa battent «et arbora en mesme temps l'enseigne rouge; de aorte que ce fit
* luy qui commença le combat, et occasionna la guerre entre b « deux nations/* 1) 1 a k c de son costé ajoustoit : * Que l'armée Hot « landoise ayant apperceu celle du Parlement, avoit changé de roife
* et que Tromp s'estant mis à la teste estoit venu droit à luy. QmsX « lieu de baisser pavillon, après en avoir esté averti par deux ou « coups de canon, il avoit tiré droit au vaisseau quiportoitlepafflki «de la Republique, et qu'immédiatement après il l'a voit chargée «toute sa batterie, et en arborant pavillon rouge avoit donné k «signal du combat." Il est certain que Tromp avoit ordre d'en* ter toutes les occasions qui le pourraient engager avec ki glois ; et il n'y a point d'apparence que son intention fiist de kl offenser puis qu'il luy estoit facile de ruiner l'escadre de Boiri dans les Dunes, et qu'il pouvoit combattre Blake avec {fut** avant que de donner à son autre escadre le loisir de le joindft Elle s 'estoit avancée au bruit des premières canonades; de sorti que l'avantage que Tromp avoit à cause du nombre se trot* •" bien balancé par la qualité, la grandeur, l'equippage et la monture des vaisseaux Anglois. La nuict finit le combat, et sépara kl deux armées; l'une et l'autre s'éloignant d'un lieu qui leur dewi montrer les tristes suittes de cette fascheuse journée. Les Hotta* dois y perdirent deux vaisseaux que les Anglois avoient conpéa, et dont l'un estoit en si mauvais estât qu'ils furent contraints di l'abandonner. Le vaisseau de Blake avoit esté mis hors de bat, l'artillerie de Tromp luy ayant brisé le xnast de mis ses voiles en lambeaux, et coupé la pluspart de ses conlajttV, Le lendemain l'Admirai Ilollandois se trouva à la rade de S. Jeafc auprès de Boulogne, où il comptoit de rencontrer les navires
La momveUe du combat surprend les Estais et irrite les Anglais. 120
qui venoient de la Meditcrrannée, et Blakc 9e retira aux d'Angleterre (l).
Les deux Admiraux taseberent de justifier leur action, de preftair l'esprit de leurs Maistres, et de charger chacun son ennemy
I h haine de la première aggression. Les premiers avis du cornai ayant esté portés à la Haye y causèrent de l'estonneinent. m» ils firent à Londres un effet tout contraire, parce qu'il y trit desja longtemps que les Anglois ne donnoient que trop de arques de leur mauvaise intention. Ils consideroient et traitoient i Hollandois comme des ennemis, puis qu'ils venoient de conrindre trois vaisseaux de guerre, qu'ils avoient rencontres dans
Manche, servant d'escorte à quelques navires marchands, de laser pavillon, après les avoir combattus près de trois heures.
II qoe le Parlement eut appris les particularités du combat par
[1) L'auteur de Y Essai de Critique (p. 310) ajoute cette remarque: loin les deux Amiraux avoient ordre de se chercher et d'en venir C Bfiains, mais de se conduire de telle manière qu'il parut que cha- % d'eux avoit été forcé de se défendre: malgré ce qu'en dit notre beau qui a eu ses raisons pour ne pas tout dire. Peut-être n'a- 1- ou I jagé à propos de le mettre mieux au fait." De tels ordres auraient * contraires non seulement à la politique des Etats Généraux, mais à celle des Etats de Hollaude, qui voulaient à tout prix une rupture avec l'Angleterre. Voir la lettre de l'Admirai aux Ambassadeurs en Angleterre et la déclarât ion des olli- I* du vaisseau de Tromp, publiées par de Jongc, 1. c. 11. 2. ,933— 340; cf. Aitzema, S. v. Staet. 111. 32. p. 711 suiv., et Wtudtcke Mercurins. 1652. p. 134 suiv. Blakc, sans aucun doute, aoaimencé le combat, mais on ne saurait dire avec la même certifia que Tromp ait eu l'intention de baisser le pavillon. Voir: Bij- ^§mU op Wagenaar, XII. p. 100 suiv., et de Jonge, 1. c. H. (40 suiv. Tromp l'affirme dans sa lettre aux Ambassadeurs; mais Isi son mémoire justificatif ou lit: «Tôt wcchueminge van aile pre- ■tptie van offentien (behalve om syn uiterstc schepen in te wachn innemende aile syne scylen, uytgesondert de twee marsscylen, ■fay ter halver stengh dede strycken; verder in hebbendc gcïiaelt p vîmpel en een man gcstelt aen de vlagge, met tcelcke civile beje- |^yi of %cel de voorn. Blaeck behoorde g écoute nteert te syn geveest, Été èy twee jaeren te toren schepen van desen staat ger encontre? ri lafetV, telte de* anderen met eereschoten hudden ùegroet, sonder aen BJ* p/te itandere syde vlaggen le strycken" — Une rencontre pareille ft lieu vers cette môme époque entre Du qu es ne et une escadre (glaise, qui voulut, mais en vain, lui faire baisser pavillon; Mar- 9, But. de France. X. p. 446.