‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 38 sur 61 · II · texte numérisé non relu

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130 ls* A/Hfniuwlr*r* jësUjieui titlemtio* des Estais.

les lettres de Blnke, il résolut d'armer, de mettre en ner, 4 mesme de remorquer pour cet effet tout ce qu'il y avoit de vas- , seaux dans les ports du Boinume. Blake eut ordre de en mer, et Cromwcll alla avec une partie des troupes dan k province de Kent pour l'asseurer contre les descentes. Le Fuit ment envoya en incarne temps quelques-uns de ses gardes à GUt sey, sous prétexte de la scureté des Ambassadeurs Hollandois,*» le peuple menaçoit d'un affront, et leur hostel du pillage. H« vouloit, disoit-il, conserver les personnes, et les préserver de ri» lcnce; mais sa véritable intention estoit de faire observer démarches, et de les empescher d'avoir aucun commerce avec m ennemis, puis que lors que le Maistrc des Cérémonies les conduire à l'audience après cette action, l'officier qui coi la garde, fist difficulté de les* laisser passer, et en effet ne tes aritt qu'après qu'on luy cust fait voir un ordre du Conseil d*£stsL

Cependant les Anglois saisissoient tous les navires HoOudsî qui se trouvoicut duns leurs ports, et prenoient tous ceux o/fe rencontraient sur mer; ils fa i soient travailler jour et nuidèfl*» memeut de leurs vaisseaux, et disposoient toutes choses i rupture formelle. Les Ambassadeurs voulant la prévenir, derent dans leur audience copie de l'information que Blikf avoit envoyée, avec permission de la communiquer aox afin de la pouvoir confronter aveo celle de Tromp. Ils rent de justifier son procède, et priereut le Parlement de en attendant les affaires en Testât où elles estoient, et de continuer les conférences et la négociation, lis ne voulurent p* d'abord justifier l'action de Tromp, mais seulement l'inteausi de leurs Maistres. Pour cet effet ils communiquèrent les ordrt qu'on luy a\oit donnés de ne point approcher des costes d'Aspfr terre, et de se tenir auprès d'Ostende et de Nieuwport II» présentèrent qu'il ne s'estoit éloigné des costes de Hollande et • Flandre que par nécessité, et pour prévenir la perte d'uue initf de ses vaisseaux qui alloient échouer; qu'il falloit confronte?» examiner les deux relations, qui se trouvoient bien différentes» « que si on pouvoit vérifier que Tromp fust l'aggrcsscur, l'W satisferoit le Parlement, non seulement en désavouant l'idi* mais aussy en punissant sévèrement l'auteur de l'aggressioa.

Mais il n'y avoit plus de mesures à prendre pour cmpescVar rupture formelle entre les deux Estats. Le Parlement qui Fiiil resoliie depuis le refus que les Estats avoient fait d'entrer w* glement dans tous les interests de la nouvelle République, et è

Le Parlement fen mocque. 131

îr inséparablement avec elle, ne cherchoit phi9 qu'an prétexte r la colorer. Il répondit: # Qu'il vouloit bien croire chari- Uement ce que les Ambassadeurs disoient des bonnes intenma de leurs Maistres; mais que leurs actions ne repondoient tt aux. protestations de leurs Ministres, due cette aggression ite dans le temps rocsine que les Ambassadeurs de cet Estât «•soient leur négociation avec chaleur, et l'armement extravKnaire qu'on avoit fait en ces pais en temps de paix et sans ité, faisoient assés juger que dés ce temps-là on avoit de faire à la nouvelle République l'insulte qu'elle venoit ï recevoir. Qu'il estoit persuadé que l'intention des Estats Coït de ravir à l'Angleterre les droits et les prérogatives qu'elle Msedoit depuis plusieurs siècles, et de ruiner en suitte une ■publique que Ton venoit à peine de former. Ainsy qu'elle Mrvoit avec justice demander réparation pour le passé, et taenrance que cela ne se feroit plus à l'avenir." !*bs nouvelles de la rencontre qui estoit arrivée le 29 May ne Blake et Trorap, ne furent portées à la Haye que le Juin à 10 heures du soir. En mes me temps les Estats Genc- K envoyèrent ordre à tous les collèges de l' Ad mirante, de m sehever l'armement des 150 vaisseaux extraordinaires. Ils

jxro voient pas douter que les Anglois, qui mesme devant ce ilwt avoient commis plusieurs violences, ne se déclarassent, et a\ prissent occasion de se ressentir du mauvais succès de la ^dation de leurs Ambassadeurs. Les Conseillers Députés de Holde convoquèrent aussytost les Estats de la Province, et les Dcft Ordinaires des autres Provinces prièrent leurs Committents,

les fortifier de quelques Députés Extraordinaires, munis de lu-pouvoirs et d'autorité pour résoudre les plus importantes lies, et pour exécuter les resolutions que l'on ne pouvoit pas Brer de prendre selon les conjonctures présentes, •«es trois Ambassadeurs qui estoient de la part de l' Estât à ftdres n'y avoient pas acquis beaucoup de crédit ny de reputa- H, à cause de leurs divisions, et Nicupoort qui n 'estoit l désagréable à quelques membres du Parlement, n'a voit point

caractère, n'y ayant esté envoyé que pour porter les dernières tentions des Estats touchant les trentesix Articles. De sorte a sur l'ouverture que les Estats de Hollande firent d'une Am- Hade extraordinaire au Parlement de la République d'Angleterre, i Estats Généraux résolurent de donner cet cmploy à Adrien w9 Seigneur de Heemstede, Conseiller Pensionaire de cette Pro-

132 Les Estais résolvent d'envoyer à Londres un Jmàemrdemr erfaur&tft

vince, qui l'avoit nommé. C'estoît sans doute un personnage fart propre pour cette négociation, tant à cause de ses qualités nanv relies, que de celles qu'il avoit acquises par une expérience o» sommée dans plusieurs autres députât ions et ambassades. Cent resolution fut prise le 13 Juin, et on employa la nuict à faire les depesehes de l'Ambassadeur, afin de le pouvoir partir dés le lendemain.

Afin de ne pas aigrir d avantage les Anglois, les Estais i virent à Troinp: i (lu a l'égard du salut du pavillon dont» 's'estoit rapporté à sa discrétion, et qui avoit donné

* au scandale, il fist ù ecluy de la Republique les mesmes as*

* neurs que Ton avoit faits cy-devant à celuy du Boy d'Angkbdftj *et qu'il la traitust de la niesiue manière." On luy ordonna*, core, de ne point chercher, ny attaquer la flotte Angloîse; i que si elle l'attaquoit il cust à se défendre, et mesme en ee qu'il de voit sortir des termes d'une défense nécessaire pour Tir fenscr et la détruire, s'il pouvoit; d'envoyer les vaisseaux ail prendroit, aux collèges de 1* Admira uté, et de traitter les prisoni avec discret ion et civilité.

U e c m s t e d e en arrivant le 18 Juin à Gravesende, y rencoato Nicupoort, qui après avoir exécuté sa commission, vopaf qu'il n'y avoit rien ù faire avec les Anglois, rctournoit en HaV lande. Mais l'Ambassadeur le ramena à Londres, à dessein è' se servir de ses conseils et de ses habitudes dans la suitte de k négociation. 11 eut sa première audience au Parlement le 11 fc înesme moi*», et le lendemain nu Conseil d'£stat (1). Il y (bu

* (lue les Kstats, se* maistres, n'avoient rien fait, ny fait hA

* dont le Parlement se pust raisonnablement offenser. Qu'iiaf « il jugeoit qu'il n'y avoit rien qui deust, ou pust altérer !'»■» *qu'ils prétendaient entretenir avec la République d'Angklfl* #avec toute la sincérité et la fidélité imaginables. Que les Ed* 0 bien loin d'avoir empesché Tromp de rendre ou pavillon iPAfr 'gleterre le salut qu'ils recoiuioissoient estre deu à la prendae

(1) Los détails de la négociation se lisent dans Aitzema, S. ** Start. 111. 32. p. 711—721; le Clerc, Histoire des Prori*i*l:f dr* VoyslUis. 11. p. 318 — 320. Le résumé de Wicquefort, inféri* » celui île le Clerc, est très inexact. 11 ne distingue pas les da» rentes phases de la i.é.'ofiation, de sorte que le lecteur est hors $• d'appié.:icr toutes les peines que M. de Hccmstcdc a prises Ç0* prévenir une rupture formelle.

Heemitede à Londres. 183

République de l'Europe, ou que Tromp eust refusé d'obeïr à CM ordres, Ton pouvoit vérifier qu'il s'estoit effectivement mis Ml devoir d'abattre sou pavillon, et qu'il envoyoit ses gens au tord de Blake, pour luy faire les civilités qu'il croyoit luy «Ire deûes, quand celuy cy le chargea de toute sa batterie. JQa*ils ne manqueroient pas cependant de donner satisfaction au Xvkinent, soit en justifiant l'action de leur Lieutenant Amiral, #*S estoit innocent, ou bien en la punissant avec tant de sevejDfié, si on le pouvoit convaincre de l'aggression, qu'il serviroit (jamais d'exemple à ceux, qui à l'avenir voudr oient entreprendre de troubler le repos public, et d'altérer la bonne intelligence entre les deux Estats; jugeant que c'est oit là tout ce que lu Bepublique d'Angleterre pouvoit légitimement désirer de taluy cy."

Xb Sr. de Heemstede avoit esté obligé de précipiter telle- Bai son voyage, qu'il avoit oublié ou négligé de se charger d'un •juroir pour negotier. De sorte que dés la première conférence fil eut avec les Commissaires du Conseil d'Estat, on fit difficulté i negotier avec luy, parce qu'il ne pouvoit pas produire son Htfoir, et ils refusèrent de continuer les conférences avec luy aqnes à ce que les trois Ambassadeurs eussent promis au Parlepat, et se fussent obligés par escrit, de faire exécuter punctuelat tout ce dont on conviendroit avec luy. Sur cette asscuon continua les conférences ; mais sans espérance, ou appa- Ne de succès.

Xn celle qu'il eut le 24 du mesme mois, il représenta aux Hnmissaires : #Quc puisque l'on if estoit pas d'accord des particularités, veu que la relation de Blake se trouvoit direcfcament opposée à la déclaration de Tromp et des officiers do la flotte, il seroit à propos, pour le repos des deux Nations, ga'on ne parlast plus du passé; et neantmoins, si le Parlement IQgeoit qu'il estoit nécessaire d'éclaircir le fait, il faudroit hire examiner les relations par des amis communs et par des personnes désintéressés (1). Que cela estoit d'autant plus juste,

(i) Voir p. 140: #Soo heeft dan de voorsz. Ambassadeur (M. de aemstede) goet gedacht voor te stellcn, dat de ghepasseerde beken nader behoorde ondersocht onde noodige informatieu door 4er paxtij in H bysonder ofte door beyde gcsamentlyck genomen te trden, opdat na seecker keunisse der saecke, de waarheyt door Nunissarissen van beyde zyde specialycken daar toe gecomniitteert,

134 Sa negotiatUm.

» que comme les Estais ne voûtaient pas estre juges de km » propres interests, ils esperoient aussy que le Parlement m k

* voudroit pas estre des siens ; et que dans deux depotilMW

* directement contraires, il faudroit avoir recours à un tien par » l'éclaircissement de cette vérité. Que tout ce que Ton pouvait 'désirer des Estats, ses Maistrcs, c'estoit de désavouer T rompt #s'il estoit l'aggresseur, et de le faire punir avec connoustncedi #causc. Que quand mesmes il scroit criminel, les Estats qui m » luy avoient point donné d'ordre, et qui desâ voûoient l'aggresMa, »n'cn pouvoient pas estre responsables; et ainsy que leurs ttjA t n'en pouvant pas souffrir, il estoit juste et nécessaire de un

* cesser les violences et les déprédations que Ton contioûoità 'faire sur les habitants de ces Provinces; de faire restitua kl ^navires qui avoient esté pris sur eux en mer, ou qui av oie* *csté saisis dans les ports d'Angleterre, avec les marchands»

* dont ils estoient chargés ; et de continuer cependant les e» 'ferenecs et la negotiation, pour rétablissement d'une boni

* amitié, et pour la seureté du commerce."

Cinq jours après le Conscl d'Estat fit réponse: 'Qu'il ne* ' pouvoit que le Sr. de llccmstcde n'eust veu celle que le r^ 'lenicnt avoit cy devant faite aux autres Ambassadeurs rark »mesinc sujet. Que depuis ce temps là il n 'estoit rien arrive' fi

* pust l'obliger à changer de sentiment. Que le Parlement o* » Ton avoit voulu surprendre en attaquant sa flotte par Troap

* ne pouvoit pas se résoudre à s'exposer au hazard d'une pdti 'inévitable; mais qu'il cmploycroit les remèdes qu'il jugent 'nécessaires pour la prévenir. Qu'il ne pouvoit pas oubliera ' qui venoit d'arriver, ny s'amuser à examiner et à épluscber k» 'informations qui avoient este faites de part et d'autre, ny awj ' reprendre le iil d'une negotiation, dont on ne pouvoit pas se pn> 'mettre uuc bonne alliance; parce que la plaie que Ton venoit de

* recevoir, estant encore toute sanglante, Ton n'y pouvoit pas port* 'la main, sans aigrir le mal. Qu'il falloit donc que les Est* 'réparassent la faute que Tromp avoit faite; qu'ils remboursa ' sent le Parlement des frais qu'il avoit esté contraint de fri*

* à cause du formidable armement que l'on avoit fait en HoV

ontdct-kt moge worden, oin te weten wie van beyde den eersten «* val gcdacn en oorsicck tôt deseu desordre gegeven hebbe." Ailre»» S. vwt Stact. 111. 32. p. 717.

Les Estât* rappellent leurs Ambassadeurs, 135

'lande, et qu'ils l'asseurassent qu'il n'auroit rien de semblable à 'Craindre pour 1 avenir; que cette asscurancc se trouvcroit dans •ue ires estroite union qui rendroit les interests de l'un et de 'l'antre Estât communs, et que dés que Ton scroit d'accord des deux premiers points, c'est à dire de la réparation de l'affront, •fi de la somme pour le dédommagement et le remboursement, le Parlement feroit cesser les hostilités."

Il est vray que l'animosité estoit encore si grande, qu'il n'y ■oit point de disposition à la reconciliation ; mais elle estoit sans Nsparaison plus grande du costé des Anglois, qui en donnèrent m preuves dans la rencontre d'un combat particulier de deux aisseaux Anglois avec autant des Hollandois; car l'un de ceux-cy yant esté coulé à fond, les Anglois assommèrent et massacrèrent ■ sang froid ceux qui taschoient de se sauver à la nage.

Les Estats en avoient usé avec une grande modération pendant alla esperoient que le Parlement se satisferoit des preuves que ours Ambassadeurs s'efforçoient de luy donner de la sincérité de «rs intentions, et avoient en conséquence donné à leur Admirai ; à ses officiers les ordres dont nous venons de parler. Mais qfint que leur modération, et la recherche qu'ils faisoient de initié des Anglois produisoient un effet tout contraire, et ne isoient que redoubler leur fierté, ils ordonnèrent, vers la fin de ■in, à leurs Ambassadeurs, 'de tirer une réponse positive et sathegorique du Parlement; de le sommer de faire cesser les hostilités; et que si en effet il ne les faisoit cesser dans trois jours, et s'il ne remettoit les prisonniers en liberté, s'il ne rcatituoit les navires pris sur mer, ou saisis dans les ports et bâfres d'Angleterre, particulièrement depuis la rencontre du M May, ils eussent à prendre leur audience de congé, et à s'en venir (1) aussytost."

Us commandèrent en mesme temps à Tromp, d'attaquer la Btte Angloise dans les Dunes, et par tout ailleurs où il le pourlit faire avec avantage. On redoubla ces ordres au commensnent de Juillet par trois couriers exprès que l'on envoya aux ambassadeurs, en leur enjoignant de partir incessamment, quelles espérances que le Parlement leur fist donner si elles se trouvent destituées de leurs effets réels et présents, et devant que i recevoir ces derniers ordres on ne leur «voit effectivement rien

(1) S'en retourner

130 Le» Ambauaâmtn rmennent

accorde de tout ce qu'on leur Rvoit ordonné de demander tk nouvelle République. Les Estais s'y portèrent avec tant do* presscinent parce qu'ils nvoient eu avis que le Parlement afdt donne ordre à Blnkc, d'aller ruiner la peachc du haran, de dnsiper et de prendre les vaisseaux qui y estoient employa, on pi les escortoient; et d'aller au devant de ceux qu'on attendoit dm cette saison des Indes Orientales (1).

De sorte que les Ambassadeurs estant obligés d'obeîr s d* ordres si précis, et considérant d'ailleurs qu'après ces exploitih guerre scroit infaillible, ils prirent leur audience de congé kl Juillet (2). Le Parlement leur fit la civilité de leur accorder p« le transport de leurs personnes et de leurs bagages deux vaisMB de guerre qui nvoient esté pris sur cet Estât, et autant des kn de ceux (3) qui avoient esté saisis dans les ports d'Angleterre.

Les Anglois estoient persuades, ou vouloient faire croire qaï Festoient, qu'il y avoit eu un dessein formé de faire insulte ak République, et que c'estoit de l'ordre de l'Estat que Troni avoit attaqué Blakc, en sorte que l'honneur delà national obligeoit à en témoigner du ressentiment. Ils le témoignèrent a ciïct, et contin noient leurs déprédations pendant que les AmbMdeurs continiioient de négocier. George Ascuë dissipa diM la Manche près de soixante navires marchands avec les fanseaux de guerre qui les escortoient, et quelque temps après l'Admirai Blakc ruina, ninsy que nous le dirons dans un

(1) ïlésol. secrètes des Etats Généraux du 30 Juin et du 1 et i Juillet 1052.

(2) Le 10 Juillet (Aitzcma, S. ran S tact. III. 32. p. 720).

(3) Lisez: # et autant de leurs navires marchands, qui avaient crf saisis." M. de Ncemstcdc, vivement affligé du cours que les été* neinents avaient pris (Aitzcma, 1. c. p. 786), s'efforça de feùre «•• limier les négociations même après son départ. Ayant essuyé un refis» il demanda à l'historien Aitzcma qui se trouvait alors à Londres fc la part des \illes Jlanséatiqucs, de vouloir entretenir correspond»» avec lui, atiu de voir s'il n'y aurait encore moyen de renouer les i£ irociations (Aitzcma, 1. c. p. 720,721). W icquefort, quiscpM toujours à critiquer Aitzcma, passe cette circonstance sous silcwi L'auteur de /VJVw// ilr Critique, relève cette omission et ajoute: fMr. d« W icquefort a trop fait païaître la jalousie qui n'est que trop ordinaire entre les Ecrivains contemporains qui traitent la même natStt Faut-il s'étonner s'il n'a fait mention dans cet ouvrage et dans* Trait*' tfr rjitihrtswIeHr, du Sr. Aitzcma que pour le critiquer d'il* manière peu savante et peu polie." p. 325.

Là manifeste des Estais. 137

Mte la pesche do haran sur les costes d'Escosse, en sorte qnc • douze vaisseaux de guerre qui gardoient les pescheurs il en fit anse, le douzième ayant bien eu de la peine de se sauver lus la Meuse.

Neantmoins toutes ces hostilités ne purent pas encore obliger M Ettats à déclarer la guerre à l'Angleterre. Ils se contenaient la permettre, et mesme d'ordonner aux habitants de ces Provin- M, d'attaquer et de prendre les vaisseaux Anglois, marchands et

par forme de représailles, ou, comme on l'appelle icy, par

de retorsion. Mais comme sous le nom de représailles on

oit des hostilités formelles qui ne differoient en rien d'une

déclarée, les Estats pour faire voir que c'estoit avec vioqu'on les y entrainoit, et pour justifier leur procédé, tant Wfté* des peuples de ces Provinces, leurs sujets, afin de les obli- ■r à contribuer sans répugnance aux dépenses nécessaires à hftat, qu'auprès des alliés que les traittés obligeoient de les Mourir contre les aggresseurs, et particulièrement auprès de ceux ■i fusant profession d'une mesme religion, exhortoient les uns ; les antres d'éviter la rupture, comme un écucil capable de les im périr tous deux, ils publièrent dans une espèce de manifeste ■ raisons suivantes (1). » Qu'il ne suffit pas que les Souverains Appliquent à conserver la paix et le repos chez eux ; mais qu'ils doivent aussi s'efforcer de vivre en amitié et en bonne intelligence avec leurs voisins. Neantmoins que si ccux-cy n'y veulent pas consentir, et sont trop difficiles, ils doivent employer lts moyens que Dieu leur a mis entre les mains pour faire réparer l'injustice et la violence que l'on a faites à ceux dont la conservation leur est confiée, et à qui ils sont obligés de donner leur protection. Pour eux, que leurs sujets leur donnoient des marques continuelles de la satisfaction qu'ils avoient de la «enduite de leurs supérieurs; et que pour ce qui regardoit les Anglois, leurs voisins, ils avoient fait tout ce qu'on pou voit légitimement désirer d'eux pour acquérir et conserver l'amitié de Qette nation, due non contents d'estre demeurés dans les termes d'une parfaite neutralité pendant que ces peuples avoient esté affligés d'une très cruelle guerre civile, et de travailler avec soin

(1) Le Manifeste des Etats Généraux du l Août 1G52 se lit dans titaema, S. van Statt. III. 32. p. 7*5—730; Dumont, Corps mmnel diplomatique. VI. 2. p. 31—35.

138 U muai/cite det BUaU.

#il In réunion des esprits aigris et divisés en plusieurs 'ils avoient bien voulu aider d'un secours considérable qodqs» #uns d'entr'eux, que ces guerres fatales avoient parti* 'incommodes. Que leur intention avoit esté d'envoyer une A» * bnssndc Extraordinaire en Angleterre après la Révolution (1), 'pour tnscher de prévenir les différends qui pouvaient ' entre les deux nations à cause du commerce, lors que lePanV »mciit les voulut bien prévenir en faisant passer à la Havek 'Lord St. John et le Sr. Strikland. Que ces deux Ausn> 'sndeurs avoient esté reccus et trait tés avec des honneurs et lu ' civilités qui mnrquoient bien la passion que Ton avoit iey k 'tmitter avec la nouvelle Republique; qu'on estoit en effet 'en négociation, et qu'on l'avoit pressée et Avancée autant qae a 'constitution de cet Estât pouvoit le permettre; mais qn'àpanl '«voit-elle esté commencée que les deux Ambassadeurs firent e» 'Doistrc qu'ils avoient ordre de se retirer, à dessein de ' la négociation (2) ; et que quelque temps après ils se retirerai

(1) Le resuiné de Wicquefort est incomplet et inexact: #1 Dieu, dont les jugemens sont incompréhensibles, n'ayant peransanl: ces émotions prissent fin pour lors par le moyen d'un bon accord, i plustôt mis les affaires en tel état que le Gouvernement de l'Anghafli a pris toute uuc autre forme que la précédente, en suitte de quoi ai même Gouvernement nous ayant sous des belles et spécieuses appant» ces présenté de faire avec nous un Traité de mutuelle et plus étroit» alliance, croyant à la bonne foi, qu'ils y procedoient en sincérité i droiture, ayant même cette considération que ce seroit un trb su moyeu pour procurer la tranquillité et la sécurité de la navigation 4 du commerce non seulement pour nous, mais aussi pour tous les IV y au mes et autre» Pays qui s'entretiennent ]tar le trafic et la ninat lion, et surtout pour ceux qui sont nos voisins, lesquels autres*! ne pourraient recevoir que des troubles et des confusions, d*ott é Muteraient des mcs-intcllijrcnccs montantes entre nous et le dit m* veau Gouvernement à l'occasion de la concurrence des mêmes inteitjn, nous leurs tismes voir non seulement que l'offre qu'ils nous faisaient ne nous était pas désagréable, mais même comme ils nous eurent envoyé les sieurs Olivier îSt. John et Gaultier Stricklsndt- (Irndurtiou l> um ont).

(2) ».... îSurquny ayant attendu une déclaration plus expresse éc dit.s Sieurs Ambassadeurs, ils s'en sont eximés, îi cause deleurdejai précipité, et qui avait pour prétexte que le temps qui leur avoit a» accordé pour leur séjour en ces Provinces était expiré, et partant q" leur était impossible d'entrer plus avant en l'examen des chose*** nous leur avions proposées pour les fins susdites; or qucyquecesi'

Le manifeste des Estait. 139

Qu'incontinent après qu'ils furent retournés en Ansterre, on y avoit publié un Règlement pour V augmentation

la navigation et du commerce, qui détruisoit celuy des habiîts de ces Provinces. Que nonobstant ce remède incommode, Sstat n'avoit pas laissé d'y envoyer une Ambassade solem- He; pareequ'ils vouloient faire continuer et achever la negoition que les Ambassadeurs Anglois avoient commencée à la ije. Que ceux de l'Estat avoient eu orde de demander au trkment la restitution des navires que les vaisseaux de terre et les armateurs Anglois avoient pris, et continûoient i prendre en vertu de certaines lettres de représailles, que m fatsoit servir de prétexte aux déprédations dont ils tronoient et ruinoient tout le commerce. Que tous les devoirs et ■les les instances des Ambassadeurs n'av oient pu faire cesser a desordres, et avoient esté inutiles, n'ayant pu obtenir ny

restitution des navires, ny aucune autre satisfaction. Que a fexations continuelles n'avoient pu obliger les Estats à >corder des lettres de représailles à leurs sujets, que les Anois avoient si maltraittés ; mais au contraire qu'ils avoient bien cp ressèment ordonné à ceux qui commandent leurs armées nattes, de se tenir sur la défensive, et de ne point faire d'hostiiés, s'ils n'y estoient provoqués et contraints. Qu'ayant esté £gés de faire un armement extraordinaire pour la seureté de

navigation de leurs sujets, afin de s'opposer aux pirateries Mit elle estoit incommodée, et pour faire escorter les flottes archandes, ils avoient bien voulu en avertir le Parlement d'Aneterre, et qu'ils l'avoient fait asseurer de la sincérité de nr intention. Mais que le Parlement, au lieu d'approuver nr procédé, en avoit pris prétexte pour rompre, et avoit fait laquer les forces maritimes de cet Estât, parce que celuy qui a oommandoit, n'avoit pas baissé son pavillon dans une diassés éloignée, selon le caprice de l'Amiral Anglois (1).

i de procéder nous peussent donner matière de quelques arriéres sées touchant les inclinations que le dit Gouvernement pouvait avoir

rie Traité susdit, considérant cependant etc " (traduction D u m o n t).

1) #Et voyant que le dit Trornp ne baissoit pas asscs tôt le tikm à sa fantaisie, quoique de bonne part et par divers témoins aimes, mêmes de personnes neutres, et dutout désintéressées nous dons qu'il était en action de caler ses voiles...." (traduction Dunt). Voir p. 129.

140 Le manifeste des Estai».

'Que Trorap a?oit en des forces capables d'humilier l'orgueièi 'Blake, en ruinant son Escadre, devant que celle de Boni 'l'cust joint; mnis qu'il s'estoit contenté de se défendre, et k *sc retirer du combat, qu'il pouvoit continuer et finir avec ira»

* tage. Que les Anglois u voient bien voulu se servir de cette » occasion, pour faire accroire au monde que l'Amiral HolliadM »lcs avoit attaqués le premier, afin de donner quelque «aux hostilités qu'ils avoient dessein de faire, et afin d'tvoir

* prétexte de rompre brusquement la negotiation qui se faisait

* à Londres, devant que de demauder réparation du prrtetè

* outrage qu'ils disoient avoir reccu. Que les Estats avoient fan 'voulu envoyer le Sr. de Heeinstede en Angleterre, quoyqiHi ' y eussent dcsja quatre Ministres, exprés poux justifier l'i 'de Tromp par des preuves authentiques et convaincante, et 'pour réitérer les offres qu'ils avoient fait faire, tant à 1a Haja ' qu'à Londres, d'une plus étroite alliance qu'ils estoient preftl ' de faire avec la nouvelle Kepubliqua, Mais que les Anglois kl 'avoint rejettées, et avoient continué d'insister à ce qu'oui* 'iist réparation d'une injure qu'ils avoient faite eux inesme$,conun 's'ils l'eussent receiie, et que nonobstant les sincères protesta» étions qu'on leur nvoit faites, que ce n'avoit pas esté rintenu» 'de r Estât de refuser nu pavillon d'Angleterre l'honneur que m. ' Parlement vouloit qu'on luy reudist, comme à la première !*• 'publique de l'Europe (1), ils demandoient des asseurauces qn'« ' ne leur pouvoit pus donner, et que l'on n'a pas accoustuat 'd'exiger d'un Estât Souverain. Que 1* Estât croyoit aroir 'satisfait h ce qu'on pouvoit désirer de luy, en faisant offrir, ' comme il PotlVoit encore, de faire examiner par des Commis » sa ires désintéresses, qui scroient nommés de part et d'autre, 'les cireonstii uces de la rencontre du 29 May; mais que F» 'auroit cru qu'il estoit juste auasy, que la negotiation fust » »tinucc, que les Anglois restituassent les vaisseaux qu'ils avokat 'pris sur les mnrcbniids de ces pais, et sur l'Estat niesnA 'et qu'ils remissent en liberté les Capitaines et les matelot» 'dont ils avoient esté montes, et que l'on ne lassoit pas &

(l) r .... Avec protestation que notre Estât n'avait jamais en» pensée de disputer à lu nation Anglaise l'honneur et la dignité q* jusques icy nous lui avions déférée...." (traduction Duraont). M. 4* II ce m s te de avoit, dans le cours de sa négociation à Londres, noaUP l'Angleterre, #la première République de l'Europe."

Le manifeste des Anglois. 141

•retenir prisonniers, quoy qu'il n'y eust point de rupture, puis «{rït n'y avoit point de déclaration de guerre, due toutes les ••tances que les Ëstats avoient faites- a voient esté inutiles auprès «de gens, qui convenant en leur conscience de l'injustice de leur •procédé, ne vouloient pas que le Public decouvrist la vérité de •SB qui s'estoit passé dans la rencontre du 29 May, afin de pou- •voir continuer leurs déprédations et leurs hostilités sous un pre-

* texte si plausible. Au reste que les Anglois faisant des proporstioDS qui n'estoient ny justes ny raisonnables en elles-mesines, »ny compatibles avec la grandeur et la réputation de cet Estât, rfl avoit esté enfin contraint de revoquer ses Ambassadeurs; que me pouvant plus souffrir, n'y dissimuler les excès des Anglois, qui p continûoient de prendre sur mer, et d'arrester dans leurs ports et » rades les vaisseaux des habitants de ces provinces, il avoit esté ^contraint, pour ne point manquer à la protection qu'il devoit à ries sujets, et s'acquitter de cette obligation naturelle à tous les » souverains, d'armer, et de se servir des moyens que Dieu luy avoit rsûs entre les mains; et qu'il les employeroit dans la suitte pour pin seureté de la navigation et du commerce, puis que les Anpgkits ennivrés de la prospérité qui avoit tousjours accompagné pleurs armes en leur pais, estoient incapables de prester l'oreille

* à la raison, due cette nécessité luy avoit mis les armes à la S1 Main pour asseurer le commerce, et pour se faire faire la repa- & ration qu'on n'esperoit plus d'obtenir des Anglois par un mouve- •ment de justice (1); sans pourtant qu'on pretendist icy sortir pour » cela de ce qu'on croyoit pouvoir faire par forme de représailles."

Les Anglois ne manquèrent pas de leur costé de justifier leurs nations, et de publier les raisons qui les avoient obligés d'en venir à ces extrémités. Ils disoient à l'entrée de leur Manifeste (2): »Que cet Estât ayant depuis le commencement de son establis- ■> sèment tiré des secours si considérables de l'Angleterre, il ne se

* pou voit que sa raéconnoissance ne surprist tout le monde ; qu'au »n)as fort des mouvements de l'Angleterre, les Estats y avoient •envoyé les Sieurs Boreel et Kenswoudc avec Joachimi,

(1) #Afm de reprendre sur eux à main armée et par voye de rétorsion, ce que nous n'avons pu en obtenir par raison et par amitié" [traduction Du m ont).

(S) Le Manifeste du Parlement, antérieur à celui des Etats Généraux est du 31 Juillet 1052. Aitzema, S. ran Staef. III. 32. p. r*82 — 724. Dumont, Corps universel diplomatique. VI. 2. p. 28—30,

143? Lr ma*ifexte de* Àugloi*.

'qui nu lieu d'iiitîcr à jetter les fondements delà République, qi'n *érigeoit alors, et qu'on nvoit cstiiblic depuis, s 'estaient comme iktk* w rcs pour le Roy, leur ennemy, a voient porté ses in ter esta, et wfcà ' inesine entretenu correspondence nvec luy ; ce dont ils ovoientulé 'récompenses nvec libéralité (1). Qu'après que les armes vide- 0 rieuses d'une poignée de gens curent achevé d'esUblir h De* ^publique, les Provinces Unies avoient tasché d'y semer la di-

* vision, en laissant passer en Escossc Penncuiy déclaré de ker 0 repos et de leur liberté ; qu'elles Pa voient secouru d'armes ci ' de munitions, à la considération et pour l'interest do Prince 'd'Orange, pendant que le mesme Prince travailloit à ruiner 'la liberté des susdites Provinces, et à les rejetter dans leur pet- 'tnier esclavage par la surprise de la ville d'Amsterdam. Que k ' Parlement d'Angleterre nonobstant le juste ressentiment qsU

# pou voit avoir de la sanglante et cruelle éxecution que Ton swil 'faite de plusieurs Anglois à Amboïne, en considération de h ' bonne disposition qu'il avoit rencontrée dans quelques-uns de ' ceux qui ont part au Gouvernement de ces Provinces, et s cune ' de l'interest commun de la religion et de la liberté des detf ' Estats, n'avoit pas laissé d'envoyer un Résident à la Haye; 'mais que les Estats Généraux ne l'a voient pas voulu admettre, 'n'y reconnoistre ; que ecluy qui y avoit esté envoyé quekpe ' temps après (2), avoit esté inhumainement massacré aux jesi ' des mesmes Estats. Que le Parlement après avoir donné le ' paix et le repos aux trois Ko in u m es en sorte qu'il pouvoit s) ' passer du secours et de l'amitié de ses voisins, n'avoit pu 'changé de principes, et avoit bien voulu donner des marques de

♦ son urï'retiou aux susdites Provinecs-Unics, en envoyant auxEsUH ' une Ambassade soleitmellc, avec des offres de faire une alliance 'si estroite qu'elle pust servir de preuve à la sincérité de ses ffl" 'tentions; mais que les personnes de ses Ambassadeurs n'avoieft ' pas este en seurcté à la Haye; qu'on leur avoit fait des outre*

(1) Et hoc qu'idem (Uni eoiiUuueliis insuper quas in Parlamciitu» ipsum jn'-erc non dnhituhunl, lrgatorum illorum uegotium crat, qe* oh rcs uteuiiquc m* ex juie gcntiuiu reddendac rationi obnoxios (tfifr seul, nulhnn taincn liinc \ici>Min aut fuel um, aut dictum asperitteifr tulerunt, tlnntaxat ad primores connu delatum est, qucmaduiodnn ie gesscrint, et sitisfactio uti darctur, pnstulatuin, vcruin nulla Itactcuas iinpertitur. Du m on t. 1. e.

(2) Dorislas.

IjC manifeste des Amjloh. 143

»gM insupportables; et que leur négociation ayant esté rendue riafructueuse et inutile par des longueurs affectées, le Parlement rftfoit pu souffrir plus longtemps les indignités qu'on luy fai- »ioit en leurs personnes, et les avoit rappelles. Que ce n'avoit »«sté qu'après la bataille de Worccster, c'est à dire, après la devante entière du party du Roy, que les Estats avoient résolu d'enrroyer des Ambassadeurs en Angleterre; mais avec un pouvoir si limité qu'il avoit esté impossible d'ajuster avec eux les points Jet plus essentiels du traitté. Que cependant ils avoient tellesent affecté de traisner la négociation, sous prétexte d'attendre des ordres plus particuliers de leurs Supérieurs, que les Estats ayant eu le loisir de résoudre l'armement de cent cinquante fusseaux de guerre, sans ceux qu'ils avoient desja en mer, les Ambassadeurs au lieu de conclurre le traitté, déclarèrent au -Parlement: que leurs Committents alloient couvrir la mer d'un 'jH effroyable nombre de vaisseaux. Que ce procédé n'avoit pas emposché le Parlement de faire ce qui estoit juste et raisonnable; résolu de se tenir sur la défensive pendant que les Estats continûoient de faire travailler à leur armement; qu'un de leurs Chefs avoit opiuiastrement refusé de rendre à la jBepublique l'honneur qui luy est deu, non seulement par respect et par déférence, mais aussy comme à une supériorité qu'elle a dans les mers voisines, mesme de l'aveu et du consentement des autres Princes. Que les affaires estoient en cet estât lors que Blake et Tromp se rencontrèrent; que l'on devoit considérer cette rencontre comme une preuve infaillible de la fierté et de l'injustice des Hollandois, qui non contents de refuser à la République un droit qu'on ne peut luy disputer, l'a voient provoquée en l'attaquant et eu poursuivant les vaisseaux jusques dans les mers et rades d'Angleterre. Que leur Ambassadeur Extraordinaire en avoit parlé comme d*une rencontre arrivée sans dessein et par Lazard, et qu'il desavouoit l'action en apparence, tandis que ses Maistres ne kissoient pas de mettre à la teste de leurs forces navales ecluy qui l'avoit faite. Que bien qu'il fust indubitable que c 'estoit un dessein formé, puis que Tromp estoit venu chercher l'armée tin Parlement jusques aux Costes d'Angleterre, et que l'on ne »p*st douter qu'il estoit l'nggresscur, l'Ambassadeur n'avoit pas klnssé* de faire instance, à ce que l'on s'engageast en d'autres •recherches et en de nouvelles informations, à dessein d'embarrasser l'affaire, et de donner aux Estats le loisir d'achever les

144 L'anse* de la menmteUigeièee de» deux EUaU.

* armements dont ils menaçoient la République. Et menue p *cc dernier Ambassadeur estoit venu sans pouvoir de traxtttt,d #dc conclurrc avec le Parlement; que nonobstant cela onn'ani #pas laisse de continuer de traitter avec luy; que Ton avril » réduit toute la négociation à ces deux pointa, de sausfactiai

* pour le passe, et d'asseuranec pour l'avenir; et que Ton ml

* offert do faire cesser les hostilités des qu'on aeroit d'accord h » premier. Que les Ambassadeurs au lieu de conclurre sur m ^offres, avoient demandé leur audience de congé, dans laqatal 0 bien loin de dire un seul mot de la satisfaction que la Beffr 'blique prétend luy estre dcûc, ils avoient fait instance à cet*

* le Parlement leur fist rendre les navires qu'il a voit fait prendÉ «en mer, ou saisir dans ses ports; mais que le Parlement a]f

* avoit point fait d'autre réponse que celle que le Conseil d'Est* 'leur avoit dcsja faite. En un mot que puis que la rupture awi ^commencé de la part des Estats, qui avoient fait attaquer l'anal

* Angloisc, et que dans le combat plusieurs personnes avoient têt

* tuées, ou blessées, la raison, l'honneur et l'interest obligeointb 'Parlement à demander satisfaction pour le passé, et asseurancepo» ' l'avenir, et à se faire donner l'une et l'autre par les armes, pniiq* ' les autres moyens n'estoient pas capables de les luy faire obtenir.*

C'est ainsy que de part et d'autre on taschoit de justifier M armes, et de charger son ennemy de la haine de la ruptam Mais les Estats qui n'estoient pas d'accord du prétendu «api» que les Anglois s'attribiioient sur la mer, qui s'y estoient opposés, mesme du temps des Hois d'Angleterre, et qui se vookrieJl conserver la liberté de la navigation et de la pesche, ne n> eonnoissoient point du tout cette supériorité. Ils se défendoksî aussy de l'nggrcssion dont les Anglois les accusoient, et en ctir* geoient 1)1 a ko et les autres Officiers de l'armée navale d'Ange terre, qui inesme devant la rencontre du 29 May avoient itttqai et arresté les navires marchands de ces païs. De sorte que j* géant que c'estoit à. eux à demander réparation des violences q* les Anglois avoient faites aux habitants de ces Provinces, le» Ambassadeurs n 'avoient garde de promettre la satisfaction, *) l'assurance- qu'on leur demandoit. La nouvelle Republique q« ne faillit que de naistre, et qui n'avoit point d'engagement irt* ses voisins, vouloit que les Estats entrassent aveuglement dtfl tous ses intérêts, et qu'ils se déclarassent pour elle contre toit le reste de l'Europe, au préjudice des traittés et des allumes qu'ils avoient faites avec les autres Princes, et qu'ils préférassent

L'affaire iïAmhoïae. 145

Nb nouvelle amitié à toutes les anciennes. La répugnance fertile y trouva fut donc sinon la seule, du moins la principale Qpn de tous les desordres dont cette rupture, sans guerre de- $tféo, fut une suitte continuelle.

] ïunr ce qui est de l'affaire d'Amboïnc, que les Ànglois ont fA entrer dans tous les démeslés qu'ils ont eus avec cet Estât, et bat ils ont fait un de leurs prétextes quand ils luy ont voulu Ijfo la guerre, il est nécessaire d'en dire icy quelques partieutritét, tirées des Procès Verbaux faits sur les lieux, parce qu'elles bineront beaucoup de lumière à ce qu'il faudra dire sur ce sujet Ijtas la suitte de cette histoire. Vers la fin du dernier siècle jNloues marchands Hollandois et Zeelandois, la pluspart origijpbes de Brabant et de Flandre, ne pouvant pas faire leur comjjnree en Espagne et en Portugal à cause des guerres civiles qui p en exclûoient, résolurent d'aller chercher jusques dans les Indes Igieutales les richesses dont les Espagnols et les Portugais rem- Bsaoknt tous les magasins de la Chrestienté. Ce fut là la ve- Itable intention de ces marchands, plustost que le dessein d'aller biblir les forces du Roy d'Espagne, ou de travailler à la pro- Bgation de la Religion Reformée, quand ils formèrent une Comfgnie pour les Indes Orientales, sous les auspices et la protecfaft des Estats Généraux, qui furent bien aises d'y trouver une beasion de faire une puissante diversion aux armes du Roy d'Esigne dans les autres parties du monde. Ce ne fut pourtant É*an commencement de ce siècle, et après plusieurs voyages, que 'Admirai Etienne van der Hagcn prit, le 21 Frevier 1605, l ebasteau d'Amboïne.

La Compagnie souffrit d'abord que les Anglois y fissent aussy *V commerce, et qu'ils y eussent leur magasin et leur bureau. kt mesme les deux nations firent, en 1619, un traitté entre elles *ur Tentiere expulsion des Espagnols et des Portugois de ces Ptartîers-IÂ. Par ce traitté les Anglois s'obligèrent d'entretenir (Minnellement dans les Indes dix vaisseaux de guerre, et de ^apposer au commerce que les Castillans faisoient aux Manilles k aux Moluques. Mais ils y manquèrent d'abord, et ne se mi- Qfct pas mesme en estât d'exécuter le traitté. De sorte que les pma des Hollandois, qui av oient compté sur le secours des ^jaglois, n'estant pas assés considérables en ces quartiers-là, fttat de Ternate qui avoient traitté avec la Compagnie dés l'an (00, eurent du mépris pour son alliance, y renoncèrent hauteient, traitterent avec le Roy de Tidore, et firent une suspen-

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