II
146 Vafaire éTAmboinê.
sion d*armcs avec les Espagnols, tous deux ennemis de la Compagnie. Cette in fidélité ayant réussi aux Ternatiens, Us Cliquèrent quelques isles dépendantes du Gouvernement Hollândoil d'Amboïne, et s'en rendirent les mnistres. En suitle ils priraft ouvertement les armes, et formèrent mesme une entreprise mr li eittadelle. Le Gouverneur fut averty qu'on eu pari oit en plosiejn endroits, non comme d'une chose qui devoit se faire, mais q« estait desja faite; et mesme que les Ànglois entretenoient os tre* secrette intelligence avec les habitants de Lochoc et de Ombelle, qui s'estaient soulevés contre la Compagnie. De sorte q« faisant scrupuleusement observer toutes leurs actions, il déararrit les particularités de la conspiration, en Février 1623.
La garnisou de la place estoit composée de plusieurs sortes de nations, et entr'autres de quelques Japonois, de l'esprit inqûet (lesquels les Anglois se servirent en cette occasion. II y afflil un soldat de eette nation qu'on avoit veu plusieurs fois sur la remparts d'Amboïne ii une heure indeùe, parler aux sentinelles et à ceux qui estaient de garde, pour s'informer de Testât de h place, et de quelle manière ou y faisoit la garde. Le Gouverne* en ayant esté averty, fit arrester cet espion, qui confessa que lij et quelques autres soldats de sa nation a voient formé une entreprise sur la eittadelle d'Ainhoïnc; que c'estoient les Anglois (pi en avoieut eu la première pensée, et que les Indiens la devoiert exécuter. Apres qu'on eust desarmé et arreslé tous les Jnponoili un chirurgien Anglois qui estoit prisonnier pour d'autres crimei, avoua truites le? circonstances de la conspiration, nomma touslei complices, et entr'autres le commis du Bureau des Anglois. Ce fut sur ces dépositions du Japonois et du chirurgien, qui noms» en suitte plusieurs autres Anglois, que le Gouverneur fit arrester tous ceux de cette nation, et garder le commis dans sa înaisoi* Tous les complices confessèrent le crime et signèrent leurs confessions, les uns volontairement, les autres après avoir esté appliques à la torture. Leurs dépositions portaient, que le connu» Anglois ayant fait assembler tous les conjurés dans sa nuis**» au eommem ement de Tannée, qui estoit celle de 1623, et le* ayant fait faire serment sur les SS. Evangiles, de ne point révéler le secret dont il vouloit leur faire part, leur avoit dit: "Qu'après avoir gagné l'affection des Japonois qui estoient il » service des lïollandois, il ne suroît pas difficile de surprendre U » garnison d'Aiiiboïne, en se servant de l'occasion de l'absence #du Gouverneur, ou bien en le faisant tuer."
5 la manière qu'il sera dit ailleurs (1). Ceux qui ont de la
faire un mauvais jugement du naturel des Hollandois, ent le leur en cette rencontre, et n'oseroient encore procontre eux, ai on ne leur pou?oit reprocher avec justice l'est depuis passé à la Haye le 20 Aoust 1672. retournons aux Ambassadeurs qui estoient de la part des m Angleterre. Ces Messieurs, en repassant la mer, ren- :nt en leur route l'armée navale de l'Estat, et le Sr. de itede, en s'a bouchant avec Troxnp, l'avertit que George
s'estant retiré aux Dunes avec vingt un vaisseaux, il y sparence que Ton n'auroit pas beaucoup de peine à le Tromp avoit ordre de suivre Blake, qui estoit allé avec s et un vaisseaux et dix brûlots (2) vers les costes d'£snaia il ne laissa pas de prendre leparty que lleemstede it proposé, tant parce que les Estats, en luy envoyant cet r a? oient àjousté la clause ordinaire : de faire ce qu'il juevoir faire pour le service de l'Estat sur les principes de sa 3n, que parce que les Amirautés a voient manqué de luy
les brûlots, qui luy estoient nécessaires pour l'exécution ordre, ne pouvant sans cela attaquer les grands vaisseaux rmée de Blake estoit composée. Pour faire réussir son on il divisa le corps de sa flotte en trois escadres, et l'alguter, lorsque le vent cessant tout à coup, le calme luy ses mesures, et fit eschoùer son dessein. Après cela le ntraire le contraignit de s'éloigner des costes d'Angleterre ; s que changeant de route, il suivit celle de Blake. Mais ■d; parce que le mesme jour que Tromp partit des Dunes,
surprit et dissipa les pescheurs de hareng, avec les vaisa guerre qui les escortoient. Exemple remarquable pour li trahissent leurs propres sentiments, pour suivre ceux
148 V orage dimpe le$ armée* navales.
Je diray icy, en passant, que l'invention de saler etd'encsqMr le hareng est fort moderne, n'ayant pas esté connue défaut le qdf zieme siècle après la Naissance de Nostre Seigneur. Ceu qsi croyent avoir une parfaite connoissance de Testât des affairts k ces paï9, posent comme une chose très certaine, que k Prom de Hollande employé plus de trois mille navires à cette pesek, et qu'elle débite tous les ans plus de trois cens mille lests, si trois millions six cens mille caques de hareng. De sorte que l'imtnge que le pais en tire estant très considérable, en ce qrïl tt subsister plus de cent cinquante mille personnes, il ne se peut qa cette perte de tant navires ne fust très sensible, pois qu'il î^f en eut qu'un seul de toute cette flotte, qui ne fust pris, brûlé', m coule à fond (1).
Ce fut vers la fin de Juillet que Tromp apprit ce dcsittw, et nu commencement d'Aoust les denx armées navales se trous* rent comme en présence, si proches l'une de l'autre, qu'il y avsi grande apparence qu'elles ne se pourroient pas séparer sans combat. Mais à Tentrée de la nuit suivante, un furieux orage ksaparn, et jet ta l'année Hollandoise au milieu des rochers et d* escucils des Islcs de Schctlande, où plusieurs de ses vaisseui cschoiïcrent et se perdirent. Tromp, après avoir formé une ft tite flotte de ce que la tempeste n'a? oit pas entièrement dissipi revint le 19 Aoust aux costes de Hollande avec environ quansai voiles, en ayant laissé plus de cinquante en divers ports de M laies, hors d'estat de tenir la mer.
Les Estats ne furent point du tout satisfaits de la conduite k Tromp, parce qu'il avoit perdu l'occasion de combattre, qooy qu'ayant un ordre gênerai, et croyant faire le service de l'Effet il avoit voulu attaquer Ascue dans les Dunes, et n'en «Toit eilf empesché que par le calme, comme la tempeste l'a voit empeacsi de combattre Blake. Neantmoins la perte de tant de vaisssux de guerre estoit sensible i\ l'Estat, et la dissipation de la pestai faisoit crier le peuple, et particulièrement les intéressés, qui * parloient pas seulement contre la désobéissance de Tromp, DM aussy contre H cem s tede, que Ton disoit avoir intimidé l'AmiiA et de Tavoir empesché de suivre Blake. La médisance qui wgsl aussy puissamment en ce païs, qu'en aucune autre partie duMoafc l'obligea à se justifier publiquement, et à se faire justifier par K Déclaration formelle des Estats de Hollande, qui le prirent en k*
(1) Voir Aitzeina, .V. \tn\ Sied. 111. 33. p. S10.
On ode le commandement à Tromp pour le donner à de Ruyter. 149
poteetkm particulière contre les calomnies dont on taschoit de sa réputation, et contre les desordres et violences dont le
meaaçoit sa personne, sa maison et sa famille (1).
• Tromp n'en sortit pas si bien, parce qu'il avoit plus de me-
É» et moins d'amis. L'Estat mesme s'en prenoit à luy, et le
£t de tons les malheurs dont on entendoit faire tous les
de nouvelles plaintes, parce qu'il n'y a?oit personne qui st aux déprédations et aux ravages qu'As eue faisoit hftt la Manche. De sorte qu'on parloit de luy faire son procès, la hry donner des juges, de confronter son instruction et ses
avec sa conduite, et on ne voulut plus luy confier le comde l'armée. Mais comme toutes ses actions avoient esté accompagnées de prudence, et qu'il avoit eu à Mnhattre le ciel et les éléments plustost que les ennemis, il kfmX point de peine à se justifier, et à nécessiter mesme ses plus (Huis ennemis de condamner le jugement qu'ils en avoient fait, v à approuver une action que le Ciel avoit empesché de réussir. Itoodant cette petite disgrâce les Estats donnèrent le comefedement de la flotte que Tromp avoit ramenée, à Michel i Buy ter, personnage que la fortune et le mérite ont tiré, tltanry l'un de l'autre, de la bassesse d'une naissance assés la (S) pour le mettre à la teste de toutes les forces maritimes i i"Bstat, après l'avoir fait passer par tous les emplois de la avise, depuis celuy de page jusques à celuy de Lieutenant- Adroite II avoit esté plusieurs années au service particulier de deux , dont le puisné (3), nommé Corneille Lampsens, a esté fois Bourguemaistre de Elessingue et Député à l'assemfc des Estats Généraux de la part de la province de Zeelande, afc il sortit pour entrer, non sans beaucoup de répugnance, à Iéj des Estats de Hollande, et au serment des Estats Généraux. |k luy commanda d'abord d'escorter une flotte marchande par 'Manche jusques dans la mer d'Espagne; et comme il a tousmi esté heureux dans toutes ses expéditions, il le fut encore la* celle-cy. Car en cinglant le long des costes d'Angleterre *3éeouvrit auprès de Plymouth cette partie de l'armée Angloise ^Ascue commandoit.
ft) Bésolutions des Etats de Hollande du 16 et du 24 Août 1652. ft) Assez obscure.
[ï) Wicquefort se trompe: Corneille Lampseus, Paîué des la frètes, fut Bourguemaitre de Flessingue.
150 Combat entre te» deux Jlottes.
Les deux flottes se trouvant en présence, le 26 Aoost,dki commencèrent sur les six (1) heures du soir à se saluer de le* artillerie, de sorte que pendant que tous les vaisseaux AnjJ» estaient occupés au combat, les navires marchands Hollsaiflii profitèrent de l'occasion pour poursuivre leur voyage. Le «ueii de ce combat fit connoistre aux Ànglois que les armes du Frit ment nVstoicnt pas invincibles. A s eue y perdit trois de M meilleurs vaisseaux qui furent coulés à fond, avec plus de tien cens hommes, tant soldats que matelots, et il eut bien de lape» à se sauver dans le port de Plymouth; pendant que de Bnyttr qui n'y perdit qu'environ cent vingt hommes, continua de lu mer dont il demeura le maistre. Le seul desavantage qu'A y eut, fut que les Anglois ayant le dessus du vent il luy fut ■ possible de leur couper la rctraitte, qui leur fut très- favorable.
L'histoire doit conserver à la postérité la mémoire d'un cqfr taine, qui se signala si fort duns cette rencontre que son a< peut estre mise en comparaison avec la plus forte et la pb illustre des grands hommes de l'antiquité. Il s'appclloit Do aie Auckcs, estoit natif de Frise, et commnndoit le vaisseau Câ* t ruche* que l'Admirante a voit emprunté de la Compagnie Al Indes Orientale?. Des le commencement du combat il se tram tellement engagé au milieu de l'armée Angloisc, que ses nutdo* ne voyant point d'espérance de secours, voulurent le contrtiidn de se rendre. Mai* ce brave homme se présentant à la porte il la gardienne, la mc«chc à la main, jura qu'il mettroit le feu m poudre > *i l'cquippagc continuait de parler de rendre le vaisseat* De sorte que l'exemple du Chef, ou plustost la crainte «i'u* mort certaine les détermina à faire une vigoureuse résistance, * il> <e servirent m heureusement de leur artillerie qu'ayant coq* à fond deux vais>eaux Anglois, dans lesquels )>erircnt plus ■ neuf cens hommes, ils traitèrent si mal un troisième qu'api* avoir e>tc contraint de se mettre en carène, il eut bien dek peine à arriver au premier port d'Angleterre.
Quelque temps après une partie des vaisseaux de l'armée (pi Tromp avoit commandée, et que nous avons dit avoir esté jet» sur les ensto des i>les de Schctlaud, ayant trouvé le moyen* s'en retirer, se rendit heureusement dans les port* des Provint* Unies. Au— vtost les Estats firent fi.ire défenses aux matelot
(1) Sur les quatre heu î es: de Jougc, 1. e. II* I. p. 52.
Imolence det matelott. 151
te sortir, à dessein de les renvoyer à la mer dés que Ton y mît porté les raffraischissements nécessaires; et ordonnèrent pte leur comptast deux mois de gages, afin qu'ils eussent de fÊOfjf s'habiller et se couvrir contre les incommodités de la saisi où on alloit entrer. Mais les matelots tousjours brutaux et Misât* (1), n'eurent point de respect pour ces défenses, descenhaat à terre, refusèrent l'argent qu'on leur offroit, demandèrent v congé avec tout ce qui leur estoit deu, et il y en eut qui I Binent en estât d'outrager les Directeurs, qui estoient assemlat pour leurs affaires et leurs décomptes. De sorte que les Mguemaistres d'Amsterdam (2), craignant que l'indulgence ne t augmenter le desordre, firent avancer un bon nombre de soldats ■pet auprès de Fhostel de la Compagnie des Indes Occidenta- I, où les Directeurs estoient assemblés, et leur ordonnèrent de ceux qui se mettraient eu estât de le forcer. La nuit fait retirer cette canaille, le Magistrat fit arrester deux que l'on avoit reconnus pour les plus mutins, et qui m avoir commis des insolences insupportables, furent condamfe an bout de deux jours à estre pendus. Le mesme Magistrat appréhendant que l'exécution ne fust trouât par un nouveau soulèvement, avoit fait tendre les chaînes, - asattffo quelques compagnies sur les avenues du lieu où elle devoit faire. Mai* quelques précautions qu'il y apportast, il i pat pas empescher que par la terreur panique de quelques ■, et par le zèle étourdy et précipité des autres, et particuliere- Bttt de deux ou trois officiers, qui firent tirer mal à propos, il f eust sept ou huit hommes de tués ; mais l'exécution ne laissa a de se faire.
Ittoontinent après cette punition exemplaire, le Magistrat fit Aller un pardon gênerai ou une espèce d'amnistie pour tous I complices, dont la pluspart avoient péché par contagion et t emportement, plustost que par inclination. Aussy en devinai ils plus dociles, et se rembarquèrent sans résistance. Mais aune le pardon gênerai ou particulier ne peut estre que l'effet aae puissance Souveraine, les Estats de Hollande jugeant que Magistrat d'Amsterdam avoit donné une atteinte à la leur par
(1) Edit. impr.: mais ces sortes de gens toujours brutaux et très «vent insolents.
(2) Cest dans cette ville que ce tumulte eut lieu.
152 R *it er joint de Witte.
cette action, demandèrent qu'il leur en fist réparation. Le Magistrat n'en fit point de difficulté et dit pour excuse: Qu'il y ne esté contraint par une nécessité indispensable, qui ne luy né pas donné le loisir d'avoir recours au remède ordinaire, proafr tant en mesme temps qua l'avenir il eu useroit autremeat,* qu'il laisseroit la dispensation de ces sortes de grâces su Sou* rain. Toutefois cette réparation ne se fit que Tannée soivaA c'est à dire en 1G53 (1).
Cependant le Parlement d'Angleterre ayant sceu le desordre et k retrailte d'As eue, en donna Avis à Blake, et ordre de le voir joindre. Mais le vent luy estant contraire, il ne put pas empesekr la jonction du Vice Amiral Witte Cornelisson de Witti et de lluitcr, qui tirent par ce moyen une armée de soini trois voiles. Celle de Blake estoit composée de soixante sept • soixante huit vaisseaux, et comme les deux Chefs secberchoiafc ils n'eurent pas de peine à se trouver. Ils se rencontrèrent kl Octobre à l'entrée de la Manche, entre Douvres et Calais, b combat commença à trois heures après midy, et se déoeskl grands coups de canon, qui fit un plus grand carnage parmjhi gens de l'armée Angloise, et un plus grand dégatt dans les !*• les et les cordages des vaisseaux Hollandois. L'obscurité* de k nuit obligea les uns et les autres à s'éloigner, dans l'inteitiei pourtant de se rapprocher, et de recommencer le combat, tt que le jour et le vent le permettraient.
Mais l'armée Angloise avoit esté cependant renforcée de visft deux, vaisseaux frais, et au contraire celle de Hollande avoit crf atfoiblic de vingt voiles, par la las ch été d'autant de capitaines (pi s'estoient retires à la faveur de la nuit. Tellement que Witte, voyant que mesmes une partie de ceux qui estoient demeuréii» tenoient à l'écart, pour estre spectateurs d'un combat où ils * vouloient pas avoir de part, et ne pouvant s'asseurer d'estre» condé que de quinze vaisseaux au plus, fut contraint de presto le seul party qui luy restoit, qui estoit celuy de la retraite (Dî enragé de dépit de se voir abandonné dans une occasion, on 1 esperoit acquérir une gloire immortelle pour luy, et un âvaatip incomparable pour sa patrie.
La réputation des armes des Estais en souffrit beaucoup,* l'infamie des fuyards fut autant plus grande, qu'en cette rencoitH
(1) Résolution des Etats de Hollande du 23 Janvier 1653.
(2) Le second jour ne se passa toutefois pas sans combat
On rend le commandement à Tromp. 153
il l'y eut pss un seul vaisseau de pris ou de perdu. Il y en mit bien un qui avoii esté assés maltraitté puis qu'il avoit perdues masts dans le combat; mais il ne laissa pas de se sauver , ans la Meuse. Ce Vice Amiral ne se faisoit pas aimer dans thmée navale, à cause de sa manière de commander rude et ' ^iNheuse, et presque brutale. Mais ce défaut, qui est très grand \m un Chef, ne doit pas excuser la lascheté de ceux qui manjfmt à leur honneur et à leur serment, en abandonnant leur («Aurai et le pavillon de l'Estat dans le combat. Et cette imperjrftotioD estoit en quelque manière reparée par le courage deter- Mbé et intrépide qui accompagnoit toutes les actions de ce grand Cbfitaine. On voulut faire rechercher les criminels, et on com- Moça à instruire leur procès; mais soit que le nombre en fust feop grand, ou que les plus coulpables trouvassent le plus de petecteurs, leur crime demeura impuny (1). Ce qui n'est que bip ordinaire en ces'païs, où il n'y a point (2) de recompense pov le mérite, ny de supplice pour le crime des partisans de la favaur. Il n'y a que l'amitié ou l'aversion, qui fasse la fortune im uns et le malheur des autres.
Après tant de mauvaises rencontres, on recommença à jetter IM jeux sur Tromp, comme sur la personne de tout le pais le )hs capable de commander en Chef une grande armée navale. 9ta n'en estoit pas satisfait; mais on avoit tort, et Ton ne se louvoit pas passer de luy. Jean Evertson, Witte Cornelisfcon de Witte (3) et Pierre Florisson dévoient commander Ittmée sous luy; les deux premiers en qualité de Vice Amiraux, * le troisième comme Contre Amiral ou Chef d'escadre. L'armée ■vile partit des costes de ces pais, auprès de Goerede, le premier Bar de Décembre, composée de soixante dix vaisseaux de guerre b l'Estat et de trois de la Compagnie des Indes Orientales, sans il brûlots et les autres petits bastiments, et elle escortoit sous Q* pavillon environ trois cens navires marchands, que Tromp Mit ordre de conduire jusques au Cap de Lézard, vers l'extrémité b l'Angleterre, du costé de l'Espagne. Le 10 du mesme mois il
Q) De même Brandt, Leuen van de Rut/ter, p. 34; de Jonge [L e. II. 1, p. 64) est d'un autre avis.
(8) Edition impr. : dans les Etats Démocratiques, ou il n'y a guelfe de recompense.
(3) Le vice-amiral Witte fut pour cause de maladie remplacé par ie Ru y ter.
154 Let Angloi* vont a» dewmt de Tromp.
rencontra Blake à l'entrée de la Manche, entre Douvres db» lais. Les deux armées navales s'affrontèrent; mais l'a ne fut pas grand, sinon que dans un combat de deux Anglois avec autant de Hollandois, les deux premiers fareatfà et emmenés (1). L'Amiral Auglois qui y commandait a?ee George Asciie, n'acquit pas grande réputation dans cette monte, parce qu'il se retira dans la Tamise, et laissa le passage libn l la flotte marchande Hollandoise, qui ne trouva plus d'obstatfc après la retraîtte des Anglois. Ceux cy avoient eu assés d'sntfli avantages pour pouvoir se consoler de ces petites disgrâces, • lieu que les habitants do ces Provinces avoient esté affligés • plusieurs grands malheurs, et avoient fait des pertes inestimaU*
Ncantmoins Tromp ayant nettoyé la mer par ce moyea,rf en estant demeuré le maistre, fit passage à la flotte marchtnfe et alla vers l'Isle de Bé, en la coste do Xaintonge, où les navîni qui venoient du Ponant, ou qui avoient chargé du vin et dn si en ces quartiers là, avoient ordre de s'assembler sous le fort « St. Martin, et de repasser la Manche sous l'escorte de Yuwk navale. On faisoit estât de la renforcer de trente vaisseaux, dat l'Amirauté d'Amsterdam en devoit fournir douze, les Directe» de la mesme ville sept, l'Amirauté de la Meuse trois, et les att» Collèges les dix restants (2), dans le dessein d'envoyer un cor* de cent vaisseaux à l'embouchure de la rivière de Londres. C» toit Tordre que Ton avoit envoyé au Lieutenant Amiral, afin d'à* pescher In sortie et la jonction des escadres d'Angleterre, quel'» avoit armées et radoubées en plusieurs endroits du Boiaame. Oi luy -avoit ordonné de detascher de temps en temps dix ou doav vaisseaux, de ceux qui auroient besoin d'estre radoubés, ctlfeitrés, ou raffraischis de vivres, et de les envoyer dans les port, havres et rades les plus proches et les plus commodes de France; mais de ne point diminuer le nombre de ses vaisseaux si eea n'estoit absolument nécessaire.
Les Estats avoient aussy résolu de former une petite escidre de six vaisseaux, qui scroit employée contre les armiteofl Anglois, qui i n co mm od oient la navigation vers le Nort, et n* autre de douze des meilleurs vaisseaux dans la Manche, pour b seurcté des navires marchands, que Ton feroit escorter jwqs»
(1) Voir de Jonge, 1. c. II. 1. p. 71— 7S. l2) Edit. impr, : les huit autres.
et le combattent. 155
à par les autres vaisseaux restant tant de l'armement extraordinaire des cent cinquante, que de ceux que l'Adrairauté arme et atottent de son revenu, dont elle disposeroit; et que cependant Tromp commaiideroit le grand corps d'armée navale. Cet ordre de •Ukr poster à l'eraboucheure de la Tamise, qui ne luy fut rendu sjm deux mois après qu'il eut esté résolu, estoit fondé sur l'avis ftt l'on avoit eu icy, que les vaisseaux Ànglois estoient en assés •tarais estât; que dans leur magasins il n'y avoit ny cordages, lj poix, ny goudron, ny chanvre ; que les matelots s'estoient muhné* à Bochester, où ils a voient tué deux de leurs capitaines, et (H leurs basteliers refusoicnt de servir dans l'armée navale. On noit aussy avis que Monck devoit faire descente dans une des •ist, qui couvrent la Hollande vers la Meuse, et dans la rivière Mme, et que l'on devoit employer à l'exécution de ce dessein U à sept mille hommes, et cinquente barques à fond plat, que ta bastissoit en Angleterre. Mais ce dernier avis ne servit en §A qu'à faire redoubler le soin avec lequel les Estats, et parti- •Jkreraent ceux de Hollande s'appliquoient désja à la garde de m iales, en faisant réparer les fortifications de Brile et en faittt faire de nouvelles à Goerede et à Helvoet, et en mettant ■r pied un petit corps de cavalerie et d'infanterie pour la conerration de la coste et de la province.
Mais les Anglois firent bientost connoistre qu'ils a voient tout ntre dessein, et que leur véritable intention estoit d'aller au de- •at de l'armée Hollandoise. Car Tromp estant party des enirons de l'isle de Ké, vers la fin de février, et se trouvant le «nier jour du mesme mois à travers de Portland, bien avant ans la Manche, il découvrit le pavillon d'Angleterre et toute son Iftée navale, sous le commandement de Blake, de Deanc, de lonk, de Penn, et de La w son. Dés que les deux Hottes Kent à la portée du canon, Tromp alla choisir Blake, et pfea avoir essuyé la première décharge de son artillerie, il luy H donna trois, coup sur coup, qui le mirent en si mauvais estât a'U n'osa plus combattre que de loin, et en rctraitte. Le combat tf furieux et opiniastre, en sorte que plusieurs vaisseaux furent ukroittés et coulés à fond, et il n'en fut pris qu'un seul.
Sur les quatre heures après midy Tromp voyant que vingtsix e ses capitaines, au moins si on doit donner ce nom à des gens ai n'ont point de sentiment d'honneur, ny la moindre affection Nir leur patrie, se servoient de l'avantage du vent pour s'éloiler de la meslée, et que quelques-unes des meilleures fregattes
156 /*« Angloi* te retirent.
Angloiscs alloient investir les navires marchands qu'il et qui auroient esté ruinés en fort peu de temps, il alla Ici df* gager, et en faisant retirer les fregattes Angloises il fit cessa k combat de la première journée.
Le lendemain, 1 jour de Mars 1653, les deux armées naval» recommencèrent à se canonner sur les dix heures du matin. La Anglois qui avoient l'avantage du vent, ne pouvoient pas cèpe* dant se résoudre à accrocher un seul vaisseau Hollandois. Tronp n'avoit fait qu'un seul corps d'armée des soixantedix vaissem qu'il coramandoit et l'ayant rangé en forme de croissant, que kl Anglois tascherent de percer jusques à six fois, à dessein «Tes couper quelque vaisseau, dont la perte eust esté infaillible; mû ils n'y réussirent point. De sorte qu'après y avoir travaillé ja#ques à quatre heures après midy et toujours inutilement, ils a retireront sur leurs costes.
En cette dernière rencontre quelques-uns des capitaines réparèrent si bien la faute qu'ils avoient faite le jour précèdent, et firent si bien leur devoir, que les Anglois n'eurent point d'sntae avantage ce jour- là sinon que la nuict suivante quelques-unes k leurs fregattes se trouvant meslécs avec les navires marcniaà Hollandois, en prirent dix ou douze. La pluspart des capitaines Hollandois commençant à manquer de poudre, Tromp leur ordonna de se tenir auprès des navires marchands, et de faire boue mine, comme s'ils y estoient pour les garder, et ne laissa pas de s'engager encore au combat le 2 Mars, quoy qu'il ne se trouftst accompagné que de vingteinq vaisseaux, à qui il restoit encore quelques munitions. Avec ce petit corps il fit front à toute l'armée navale d'Angleterre, qui après avoir fait mine sur le soir de vouloir faire encore une attaque, se retira dans les ports d'Angleterre; les deux armées se trouvant alors à travers d'E tapies, « la coste de Picardie.
Pendant ces trois jours les Anglois coulèrent à fond cinq vaisseaux de guerre Hollandois, et en prirent quatre, avec quarante* trois navires marchands. De leur costé ils en perdirent six, dont cinq furent coulés à fond, et le sixième pris par de Ruyter. D est certain aussy qu'outre cela plusieurs autres de leurs vaisseau furent tellement désemparés qu'ils ne s'en purent servir depuis, et qu'ils perdirent dans ce combat environ deux mille hommes, tant soldats que matelots, et entr'autres six capitaines: au lieu que les Hollandois y eurent huit capitaines, et cinq à six cens homme* de tué*. Ccux-cy ne laissèrent pas de mettre tout l'avantage de
Catz commande dam la Méditerranée; il est révoqué. 157
i bataille de leur costé, ou de le partager du moins avec l'enneijjpuiaque leur perte n'estoit pas fort considérable, et que T r om p mit beureusemeut exécuté les premiers ordres de l'Estat, en conkrisini la pluspart des navires marchands à bon port. Aissy en rendit on grâces solemnelles à Dieu par toutes les tonnées Unies, aussy bien qu'en Angleterre, comme d'un avantage m\ n'estoit qu'imaginaire, sinon en ce que Ton n'avoit pas tout vfa. Les Estats témoignèrent d'un costé la satisfaction qu'ils du service que les Chefs de l'armée a voient rendu en cette , et firent punir de l'autre, la lascheté de quelques uns de bu qui avoient manqué à leur devoir dans le premier combat. Le Parlement fit condamner quelques uns de ses officiers à des Modes pécuniaires; mais cela ne justifioit pas si bien les Chefs, H le peuple ne témoignast beaucoup de mécontentement de la adaite de Blake. George Ascùe, que Ton a veu prisonnier l guerre en Hollande devaut la paix de Breda, la déchoit par m\\ mais voyant que l'on n'y faisoit point de reflexion, il rem de servir sous un homme, du mérite et du courage duquel ■'estoit pas fort persuadé, et quitta son employ. Devant que l'on apprehendast icy la rupture de l'Angleterre, l du moins devant qu'on la considerast comme un mal inévitat, on sentoit les pirateries que les François exerçoient dans la ar Méditerranée comme un mal présent, et extrêmement dan- Cest pourquoy on avoit résolu d'y opposer les principales de l'Estat, et d'en donner le commandement au Lieutenant 1, comme à celuy qui en estoit le plus capable, et que le i du Levant est un des plus importants négoces du païs (1). lit dés que l'on reconnut l'intention des Anglois, qui ne trouoient pas seulement le commerce, mais qui le pouvoient mesme lier, on résolut de faire commander l'armée navale, qui seroit ipbyée contre ceux cy dans l'Océan, par le mesme Lieutenant ■irai, parce qu'on estoit obligé de les considérer comme des ■émis certains, et qui s'alloient déclarer. Après cela on mit en délibération, à qui on donnerait le cornsndement des vaisseaux, qui estoient demeurés en la Mer Medi- Rsnée, et il fut resolu qu'on le laisserait au Commandeur Catz, i y estoit desja. Mais comme sa conduite n'estoit pas fort ress, à cause de son humeur bouillante et emportée, il ne se put • longtemps conserver dans ce poste. On luy avoit donné ordre
(1) Voir ci- devant p. 72.
1(8 Ou l*y fait mtaier cam OsUm.
d'attaquer tous les vaisseaux François, qui faisoient, ou qtnanfaft fait des déprédations sur les habitants de cet Provinces, sll a rencontroit dans sa route. Et luy, au lieu de demeurer dam k termes de ce commandement, alla se présenter avec son ewèa devant le port de Toulon, où il fit le fanfaron, ou plustostlefai et l'extravagant, en envoyant menacer et défier le Chevalier il la Ferriere, qui estoit celuy de tous les Capitaines Franc* qui avoit le plus incommodé le commerce des Hollandois parai armements. Apres cela il fit quelque chose d'approchant à I* gourne, où il voulut attaquer trois vaisseaux Angloia dans le livre, et le fit déclarer au Gouverneur.
Le Granduc de Toscane s'en sentit tellement offensé, qu'A m fit porter des plaintes aux Estats Généraux, se servant en ceh à ministère d'un marchand Italien (1), qui faisoit ses affaires à A» stcrdain. Ce Ministre nouveau et neuf, ayant demandé aodiaaa\ et présenté ses lettres de créance, se contenta de se rendra eau la salle de l'Assemblée, de la saluer, et de s'asseoir dans la plsv affectée aux Ministres publics, de se couvrir, et de parler par h bouche d'une personne qui se tenoit de bout derrière sa csàaV On ne fit pas beaucoup de difficulté de satisfaire le Granduc, pas que devant qu'il eust fait ses plaintes, on avoit desja esté le ens> mandement de cette petite flotte à Csts, pour le donnera Jssi van Galcn, qui avoit acquis beaucoup de réputation en pluôsa rencontres, où il avoit donné des preuves d'un courage et dW conduite de grand Capitaine.
Catz avoit voulu obliger le Gouverneur de Ligourne àeansr cher les Anglois, d'y décharger leurs navires marchands, quiestoksl arrivés depuis quelques jours, sous l'escorte de leurs vaisseau si guerre. Mais van Galen, qui y estoit allé par terre, en im* vont à Ligourne, au mois (l'A oust, trouva au commencement ai Septembre une belle occasion d'emporter un glorieux àvantajt auprès de l'isle d'Elbe, sur huit vaisseaux Anglois, dont mpartie estoit armée en guerre, et les autres estoient marcainoV qui venoient du Levant, fort richement chargés et fort bas montés.
Y an Galen en avoit dix; mais le calme et en suitte le mont* ment de la mer eu ayant fait éloigner quatre pendant la nuit, il • put se dédire du combat, qui avoit commencé le jour preceM
(1) Fia lier. s ci) l'cruni.
[uelquc succès qu'elle eust, il les y tint bloqués, en atles ordres qu'il envoya demander aux Estats. Ils ne fafort satisfaits de cette modération, et eussent mieux aimé i la chaleur du combat Yan Galen eust poursuivy les
et que de son propre mouvement il eust rendu cet imlervice, sans engager l'Estat. Au mois d'Octobre on luy in pouvoir pour attaquer les Anglois dans la baye de gone; mais avec cette réserve expresse de ne pas offenser gnols, et de ne point tirer contre la place, quand mesme jrneur feroit tirer sur luy. Cet ordre embarrassant rendit m impossible, parce que Van Galen considérant qu'il oit pas attaquer les Anglois sous le canon de la place iquer à ce qu'il devoit aux Espagnols, et sans leur don- ; de s'offenser, il se retira.
.ngiois n'avoient pas le mesme respect pour les Princes et pour leurs places. Corneille Tromp, fils du rit- Ad mirai, se trouvant environ ce temps-là à la rade arne, où il croyoit estre en seureté, et que l'autorité et ctîon du Grand Duc estoient assés puissantes pour le
d'insulte de la part de ses ennemis, y receut un échec, piiaines Anglois qui estoient sur les fers auprès de luy, ivoieot promis de ne point faire d'hostilités, se servirent ns de l'occasion de la bonne chère que Tromp avoit » ses amis, le jour de tf. André, parce qu'il avoit pris Anglois un navire chargé de morues, embarquèrent cnnt hommes dans deux chaloupes, entrèrent à In faveur ict dans le vaisseau que Tromp commandoit, coupèrent ss, tuèrent les soldats et les matelots qui osèrent faire s, et emmenèrent le vaisseau à Naples. Tromp se dé-
upIniiA tpmna danQ «a pVinmltro • mnic vnvanf nn'il no
160 Van Oalen altmque Appleton.
cette supercherie, et en demanda réparation au Parlement d'Aï* gleterre. Mais ces nouveaux Bepubliquains qui méprisaient ton le» autres Princes et Estats, mesme leurs voisina, ne croient {H devoir avoir beaucoup de respect pour un Prince si éloigné, et qui ne pouvoit pas faire considérer ses forces maritimes feu TOcean. Les Estats et le Grand Duc avoient dautant phu fa sujet d'estre offenses de Faction des Ànglois, qu'A p pi et on qn commandoit leur escadre, se trouvant enfermé dans le port fa Ligourne par le Commandeur Catz, a voit donné an parole <pfl ne feroit point d'hostilités en ces quartiers -là, et n'y estoh fa* meure en seureté que sur cette promesse. Le Grand Due vA fuit presser le Parlement de faire restituer le vaisseau de Troap, et de faire réparer l'insulte qu'on avoit faîte aux Hollandois feu son port. Mais Van Gai en escrivit aux Estats, que tout «toi inutile, et qu'il n'y avoit pas de satisfaction à espérer Ok * se la faisoient faire eux -m es m es, en luy ordonnant d'attaquer ta Anglois dans le port, et sous le canon de Ligourne. Dès qil en cust la permission il fit connoistre au Grand Duc, qu'il •> pouvoit pas avoir de considération pour ecluy qui refusoit dehrj faire restituer un vaisseau de cet Estât, qui estant en sa protefr tion et dans sa rade, avoit ncuotmoins esté pris par les Angk* contre la parole qu'ils avoient donnée. De sorte que le Grai Duc craignant qu'on ne perdist le respect qu'il prétendait lfl rstre deu, et dont il n'estoit pas moins jaloux que de ses Eatt mesmes, fit dire à Appleton, qui depuis huit mois estoittfsiegé dans le port de Ligourne: qu'il eust à restituer le vaisetf qui avoit este pris, ou à sortir de son havre.
L'islc d'Elbe est située entre la terre-ferme et l'isle de Cor* à dix milles de la eostc de Toscane, et servoit de retraite in* autre escadre de vaisseaux Anglois, composée de huit gnafa vaisseaux et d'un brûlot, commandée par Bodley, qui prori a, Appleton de favoriser sa rctraitte à la faveur d'une direrti* qu'il feroit aux Hollandois. Dés que Bodley parut à la distntt de quatre ou cinq lieues, Van G al en fit appareiller, et mitik voile, rasant la eostc, non tant à dessein d'aller au devant fa Bodley qui estoit encore trop éloiîrné, que d'attaquer Applctoi qui sortoit du havre de Ligourne. Dés que Van G al en Papper* coût en pleine mer, il fit tourner la proûc vers luy, et engag* le combat devant que Bodley le pust renforcer. Le commence* ment en fut si heureux que le premier coup qu'il fit tirer don* dans la chambre de la S. Barbe du vaisseau nommé Bonaventore,
ley, qui avoit regardé le combat de loin, et qui au lieu t les seize vaisseaux Hollandois, prit sa route vers le de Gibraltar, et se retira eu Angleterre, ou il alla luy porter les nouvelles de cette défaite et du mauvais estât mt leurs affaires dans la Mer Méditerranée. Lés Capitailandois s'establirent fort dans l'esprit du Grand Duc par ion, et Ton ne peut nier que Corneille Trorop, qui y doit un vaisseau, ne se vengeast bien de l'insulte que les luy avoient faite quelque temps auparavant. Mais il faut que toute la gloire que le succès des armes de l'£stat n cette rencontre, estoit deûe à van Galen. une jambe emportée d'un coup de canon dés la première et se Testant fait couper en mesme temps au dessus du 1 se fit porter en cet estât sur le pont, afin d'asseurer ses • son exemple et par ses paroles, à poursuivre la victoire. si survescue, il eust pu aspirer aux premières charges de le en son païs; mais il mourut de sa blessure six jours combat, extrêmement estimé et regretté de ceux qui conit son mérite, et qui sca voient que l'Estat perdoit en sa i un des meilleurs officiers de cette profession. La perte teau Bonawnture estonna les Anglois, et fut la première î leur disgrâce; mais la lascheté de Bodley acheva de ir Apple ton, qui fit en cette occasion tout ce que Ton désirer d'un homme de coeur, jusques à vouloir mettre le poudres, s'il n'en eust pas esté empesché par ses matelots, iigerent à se rendre aux Hollandois avec son vaisseau. b de Boer qui avoit fort bien fait dans le combat, à ?an Galen au commandement de l'escadre de la diterranée. Mais quelque temps après on luy ordonna
dm» *»a nn'il v nvriit. Ha vnî««pniiY rie cruprrp &r\ n/»a nnar.
163 On *?e$l pas a$*ewré de la Fhmce.
quelques nat ires marchands que l'Amirauté avoit fait armer ai guerre, sous le co m m en de ment de Herman Fonnes,aTcek vaisseau le Léopard, qui nvoit esté pris sur les Angkris.
Pour ce qui est des Espagnols, on ne les Touloit pu ofc* ser en violant leurs ports et rades à Portolongone, tant p> ce que la Hollande avoit tousjours eu une grande avenu ]x>ur tout ce qui pou voit altérer cette nouvelle alliance, f» parce que Ton ne vouloit pas se faire de nouveaux eaM dans un temps où Ton n'en avoit que trop ailleurs, et ci foi n'estoit pas trop bien asseuré de la France, qui rnînoit le eamerce des Hollandois en la Mer Méditerranée. (Test powvwy sur les plaintes que le Brun, Ambassadeur d'Espagne, ta en ce temps là estoit allé en Flandre, fit aux Estats Gs* raux, quelques jours devant le combat de Van Galen.qiïi Zcclaude on preparoit du secours pour les places de Grwlines et de Dunquerque, que les armes du Roy, son Miirte, j tenoient assiégées ou investies, les Estats protestèrent: Uoeî en Zeclande il se faisoit quelque chose au préjudice du tuBt de Munster, ils n'y prendraient point de part, et le desiroievoient.
Ce n'estoit pas que les Estats favorisassent la France; arfr estoient si ennuyés des déprédations que les François fuiM continuellement, qu'ils ordonnèrent à leur Ambassadeur, de dechrer aux Ministres de la Cour de France, devant la rencontre* Blake et de Tromp: Que de peur que la postérité ne I* reprochast un jour d'avoir manqué à ce qu'ils dévoient à k*1 sujets et à eux mesmes, ils alloient armer un grand nombre* vaisseaux, et que leur intention estoit de les faire servir à m** rer le commerce, et à nettoyer la mer. Pour cet effet, qoe b^ olliciers avoient ordre d'attaquer indifféremment tous ceux ^ incommoderaient la navigation par leurs déprédations.
Le Roy se trouvant offense du discours de l'Ambassadeur, tf*fl bien que de l'insolence que le Commandeur Catz avoit fait»* Toulon, en fit faire des plaintes par son Résident, qui dit: »0* 0 le Roy, son Maistrc, ne pouvoit pas se persuader que l'intoti* *de cet Estât fust de faire entreprendre sur ses vaisseaux; qt" |
• ne le pourrait pas souffrir, mais qu'il serait obligé de s'en r*
# sentir. Il ajousta ; Que les prises qui se faisoient en la M*
* Méditerranée procedoient principalement des fraudes et des ml* rversations des marchands et des patrons des navires de ceps* w qui; port oient toutes sortes de munitions de guerre etdeboidrt
Les Estais se plaignent des déprédations de la France. 163
MX ennemis de la France, et prestoient leurs nom 9 aux Espapob dans le transport de leurs marchandises d'un des ports de l*Espagne à un autre; qu'il en avoit Tait souvent des plainte, mais qu'on n 'avoit pas daigné y faire attention; au lieu tjK sur les premières lettres que l'Ambassadeur d'Espagne avoit 'Mentes de Brusselles, au sujet de quelques préparatifs et embar- 'toements chimériques et imaginaires, qui, à ce qu'il prétend oit, se 'ttsoient en Zeelande, on s'estoit mis en devoir de l'cmpeschcr." 1 dit encore : * Que le Premier Ministre des Estats de Hollande •ky tvoit déclaré, que l1 Estât avoit esté contraint d'ordonner \ ni capitaines de vaisseaux d'attaquer et de tascher de pren- 'dre les vaisseaux François qui avoient fait, ou feroient des priâtes sur les habitants de ces Provinces, puis que les desordres 'di Boiaume ne permettoient pas au Roy d'empescher ces pira- 'tories, et que son autorité ne se trouvoit pas assés establie pour 'ptnir la désobéissance et la rébellion de ceux qui refusoient 'italuraent d'obeïr à ses commandements, et d'exécuter les ar- 'ttts de son Parlement et de son Grand Conseil ; et avoit ajousté, q&O les Estats en supposant aux violences des pirates, aideraient à maintenir l'autorité du Roy, que ses sujets taschoient de détruire. Mais que ce procédé es toit extrêmement offensant, et que la raison dont on l'appuyoit estoit encore plus outrageante; que c'estoit décrier les affaires du Roy, son Maistrc, et exposer à la veûe de tout le monde ce qu'il y avoit de faible dans le Roiaume." Il se plaignoit aussy de ce que Ch resta Ulric Guldcnlecuw, fils naturel du Roy de Danncirc, faisoit des levées en Hollande pour le service du Roy Espagne. Il fit en mesme temps instance à ce que l'on payast une ■Une somme d'argent qu'il disoit estre deiie à la France par l'Estat. lus la réponse que le Roy avoit fait donner à Bourdeaux à ambassadeur des Estats, en 1650, il avoit demandé avec cmtesement le payement de cette somme, bien qu'en ce temps-là terme ne fust pas encore escheu. Car le traitté qui fut fait à Ot&piegne, en 1624, entre la France et les Provinces Unies, frtoit bien expressément: que le Roy leur fourniroit dans la enoe année, par forme de prest, la somme de douze cent mille les, et pour les deux années suivantes un million, à condii& qu'elles commenceroient à l'en rembourser trois ans après •elles auroient conclu un traitté de paix ou de trefve avec les pagnols: et que ce remboursement se feroit en sorte qu'elles [uitteroient tous les ans la moitié du prest d'une année, afin
1G4 Le Roy «V* offense*
que la dette fut acquittée et este in te dans neuf ans après Itou* clusinn de la paix. Le traitté ayant donc esté conclu à Muta, le lloy de France eroyoit pouvoir demander son rembounenwi dans lu nécessite où le» guerres civiles Ta voient jette. 'Lelty *son Maistre, disoit le tiesident. ne pouvoit se persuader, qv 0 les Estats fussent assés ingrats pour luy refuser cette jutki 'dans une conjoncture où, mcsinc sans cette considération, ik M
# pouvoient pas manquer de le secourir sans se faire un tort im>
# paru hic, puis que de sa conservation et de celle de son Boimi 'drpendoit celle de cet Estât."
Ou savent bien qu'il import oit à ces Provinces de ne peat laisser périr la France. Ma 19 on ne jugeoit point qu'elle fat dans un si mauvais estât qu'on le deust appréhender. D'aillon ou ne eroyoit pas estre obligé au remboursement que le lof demandent. On disoit que l'Ëstat avoit des prétentions qi'<* pouvoit compenser avec celle que la France formoit en verta ni traitté de Compicgnc; que le traitté qui fut fait à Paris, le tt Aoust 1627, n 'avoit pus esté ratifié, et que celuy qui fut Cuti la Haye, le 17 Juin 1630, dit bien expressément: Que lesuM» d'un million par an que le Roy promet de fournir, et de coati* ! nûer tous les ans, à commencer du 1 Janvier 1627, c'est à din , depuis le jour de l'expiration du traitté de Compiegne, n'est pv | un prest, mais un subside dont le Koy faisoit un pur don à rb* tut, et dont il n'avoit demandé d'autre reconuoissance, non phi que dos autres faveurs qu'il avoit faites à l'Estat, sinon que « Provinces l'assistassent de la moitié de la somme qu'ils recevoiert tous les ans de la France, en argent, en hommes ou en vaisseiA lors qu'il scroit as.>ailly ou attaqué dans son Koiaume. Que Toi n'auroit pas refusé de secourir la France si clic avoit esté ait*" quée ; mais qu'elle ne l'estoit pas ; et que l'on n'es toit pas ty en estât de rien faire pour elle dans un temps où Tou alW rompre avec l'Angleterre. Le Kesi dent fit cette proposition déni* que la rencontre' des deux armées navales découvrist bien mifl* l'inclination que les Princes voisins avoient pour cet Estât
La France avoit fort desiré dans les desordres de ses guenti civibs, que les Estats ménageassent son accommodement avec l'Espagne; et ceux-cy a\ oient témoigné qu'ils s'y employeroiist volontiers, et qu'ils aideraient à csteiudrc le feu qui s'estoit alla* mé eu presque toutes les Provinces du Koiaume. Mais dans k temps dont nous parlons elle ne faisoit plus faire d'instances pow l'un, et rejettoit absolument l'autre. La ville de Paris s'ennuyoit
Affaires de France. 165
atomement de la guerre civile, et tout le reste du Eoiaume sou- |Mi également après la paix. La Cour estoit tout à fait dispoefa à on accommodement, et les Ministres qui avoient trouvé le moyen de diviser les Princes et la Fronde, et qui ne pouvoient ]hn douter qu'il ne fust dans la puissance de la Cour de perdre ■hê m», et les autres, ne vouloicnt plus de reconciliation avec les Mates qui de leur costé n'osoient se fier à la Heine et à son Coawl. Elle ne vouloit pas que les estrangers se meslassent de hn différends, parce que c'estoit une affaire purement do m est iqie, et du Roy à ses sujets, ou il falloit conserver l'autorité Eoiale pn et entière. D'ailleurs elle consideroit que la France ne pouni! pas espérer un grand secours de cet Estât tant qu'il seroit *êï mains avec les Ànglois; quand mesme les Espagnols ne refceroient pas d'admettre sa médiation et de faire la paix à des conditions raisonnables. On avoit icy la mesme opinion de la Itace, et l'on eroyoit qu'au sortir de la guerre civile elle ne seuil pet en estât de faire une diversion à l'Angleterre. C'est pourquf on ordonna à l'Ambassadeur: De ne parler que du traitté de marine, et qu'il continuast de le négocier afin de faire cesser kl déprédations des François. On âjousta: Qu'il pouvoit témoigner aux Ministres de la Cour de France, qu'on n'auroit f*ht de répugnance icy pour une plus estroite alliance, si ces «nistres luy en parloient dans la suitte de la négociation.
Le Boy avant que d'aller au Parlement pour se faire déclarer *Qeur, ce qui se fait en France le premier jour de la quatorftfac année du Prince, y avoit envoyé un acte qui fut enregistré ■* Greffe. S. M. y declaroit: # Qu'elle avoit éloigné le Cardinal •Hiïarin, et ses parents, parce que contre la disposition des •bit du Boiaume ce Ministre avoit fait emprisonner les officiers •du Parlement; chassé ses bons et fidels sujets d'auprès de sa 'personne; dissipé et transporté les finances pour les convertir à ••on profit; fomenté et entretenu les troubles entre les Princes •Ckrestiens, afin de se rendre nécessaire; nourry les mauvaises •dispositions des ennemis de la Couronne, et éludé les bonnes •intentions que le Boy avoit pour la paix. Que par la déprédation 'de plusieurs vaisseaux en laquelle il avoit part, et par sa mauvaise conduite il avoit excité les plaintes de ses sujets, et la haine et l'aversion des voisins et alliés contre le Roy et le Boiaume." Au mois de Décembre suivant le Parlement fit supplier le Roy, éloigner d'auprès de luy toutes les créatures du Cardinal, et de ire entendre par ses Ambassadeurs à tous les Princes estrangers
166 Affaires de Ermite.
les raisons qui l'avoicnt obligé à faire retirer ce Ministre, et ib faire sortir du Roiaume, avec tous ses parents, conformément ta susdite déclaration du mois de Septembre. Le Parlement y mit a j ouste des défenses au Cardinal, et à ses parents, et adhérât de rentrer d;ms le Roiaume, et avoit ordonné qu'on prendrai m ses biens la somme do cent cinquente mille livres, qoi satï consignée au profit de celuy qui le representeroit mort, os fit Les Parlements de Toulouse, de Bourdeaux, et de Rouen confinèrent cet arrest avec la mesme animosité. Mais le Cardinal si* prisant l'impuissance de ces foudres, et estant bien assené* di l'affection du Roy et de la Reine, ne laissa pas de retournerai France. Le Prince de Condé qui avoit pris des engagene* fort est roi ts avec l'Espagne, estoit sorty de Paris, et le Parleaei qui scavoit les mesures que ce Prince avoit prises, ne put p refuser de faire enregistrer les lettres par lesquelles le Boys declaroit criminel de lese-majesté, pour avoir traitté avec les et* mis de la Couronne. Cependant le Condjutear, Cbef de la Froide, qui avoit este gagné par la promesse d'un Chapeau de CenU ne s'opposoit plus ouvertement au retour du Premier Miniitit
Le Cardinal estoit arrivé à Sedan le jour de Noël, avant que ■ Parlement eust mis sa teste à prix, et Fa bert. Gouverneur des place, et sa créature, le reccut parfaitement bien. Les Maresckitt de la Fertc-Scnetcrre, et de la Molhe-Hocquincoart, et N a v a i 1 1 e s , M a ni c a m p , et B r o g 1 i o , Officiers Genenn le joignirent hientost avec de bonnes troupes, pour le condirirt à Poitiers où la Cour sVstoit rendue au commencement de 1'»* née L(>5i). Il s'y estoit fjiit dVstrangcs intrigues eu l'absence de M a /.a r in. Hugues* de Lionne, Secrétaire des Commaud* meut s de la Reine, et qui servoit aussy de Secrétaire au Cardia ta.>clioit dr faire éloigner Michel le Tel lier. Secrétaire d'E* tat, à ue>«»eiii d'occuper son cmploy, ef s 'estoit servy pour «• do blanc-sigué^ que le Cardinal luy avoit laissés. Mais son i»" fidélité fut découverte, et la Heine luy en témoigna son indigH' tion. D'un autre eosté Nicolas de Villeroi, Mareschal de France, qui avoit rsté Gouverneur du Roy pendant sa miiioritt. et qui à cau>c de cria parloit avec quelque autorité dans le Conseil, avoit voulu persuader la Reine, que le retour du Cardinal ruincroit l'utieremcni ses alfa ires Mais comme ce conseil estoit intenv-îé, il s>e rendit bientost suspect, et perdit la confiance de la Kcin ■'. Il avoit celle de la Duchesse de Chcvreusc, du Coadjutrur. du D.:c de Bcaufort, cl du Président de Bclliètrc,
Affaires de France. 167
il estoit proche parent de Chasteauneuf, qui s'estait mis à teste de la Fronde, et des ennemis jurés de Mazarin. Vilroi te soutint neantmoins par l'affection que le Roy avoit pour •; mais tous les autres furent éloignés de la Cour et des affai- • et le Coadjuteur, qui avoit esté fait Cardinal au commencent de Tannée, fut arresté sur la fin au Louvre, et envoyé pritnier au chasteau de Vinccnnes.
La Cour estant partie de Poitiers pour se rapprocher de Paris, rresta quelque temps à Saumur, à dessein de négocier la réction du Pont de Ce, et du chasteau d'Angers, dont Chabot, ic de Rohan à cause de sa femme, s'estoit saisy, en apparence tr le Prince de Condé, mais en effet afin de pouvoir mieux rc ses affaires en le remettant au Roy. Le Duc de Nemours, la Maison de Savoye, estoit cependant entré dans le Roiaume la part du Prince, avec une armée qu'il estoit allé prendre as les Pais-bas; de sorte que le Parlement qui n'avoit pas nos de passion pour la conservation de l'autorité Royale, et or le repos du Roiaume, qu'il en avoit témoigné pour l'éloignemX du Cardinal Mazarin, ne pouvant pas approuver la contte du Prince, ne fit point de difficulté de travailler à l'instruca de son procès, et commença à s'éloigner des sentiments du le d'Orléans, qui s'interessoit pour les Ducs de Nemours de Beau fort, dont le dernier, en qualité de Lieutenant Gérai, coin ma n doit les troupes qui s'avoûoient du Roy, et qui sérient effectivement les Princes,
Le Prince de Condé estoit encore à Bourdeaux lors que > uthillier Chavigny, Secrétaire d'Estat sous le Ministère Cardinal de Richelieu, luy représenta le péril où l'armée trouvoit de se ruiner par la division des deux beaux frères, i Ducs de Nemours et de Beau fort, pendant que les Malehaux de Turenne-et d'Hocquincourt. qui commandoient i troupes du Roy, l'incommodoient dans sa marche et dans ses trtiers, et l'obligea à quitter la Guyenne, où il avoit d'ailleurs ïn de la peine à subsister. Il prit la route de Paris, accomplie de fort peu de personnes, afin de couvrir sa marche, et 5t auprès de Gien quelques troupes de l'avantgarde de l'armée Roy, commandée par le Mareschal d'Hocquincourt. Il bien receu, mes in e du Parlement qui l'avoit déclaré criminel lèse-majesté, et y prit séance, aussy bien qu'à la Chambre des mptes, et à l'Hostel de Ville.
3ette nouvelle surprit le Roy, l'obligea à se rapprocher de Pa-
lfis Affaire* th France.
ris, et à se saisir de toutes les avenues par où cette grande 1U0 pouvoit recevoir des vivres, en mettant garnison dans Corstfl, Mclun, Lagny, et dans plusieurs autres postes sur la Seine,* sur la Marne, et il /alla loger avec toute sa Cour à 3. Germais en Luyc. Le Prince de Don de* qui défendoit contre le Boy k Capitale qu'il avoit autrefois assiégée pour luy, avoit fait abbatut les ponts de Neuilly, de S. Cloud, et de Charenton; et k Dse d'Orléans avoit fait avancer jusques à Villeneuve-S. George le Duc de Lorraine, son beaufrere, avec les troupes qu'il coamandoit en Flandre, qui vivoient par tout à discrétion, etiaeonmodoient plus le Parlement que le party contraire. Il se faisait cependant des allées et venues du Parlement à la Cour, et l'os faisoit des instances continuelles pour l'éloignement du Cardinal, dont ou t'ai soit dépendre le rétablissement du repos du Roiaane, et lu Fronde vouloit faire croire que ce seroit la fin de la guerre civile. Lu Cour disoit, que ce n'estoit qu'un prétexte, et qu'elle ne l'auroit pas sitost levé que les Princes en feraient naistre dû autres: qu'elle avoit cy-devant permis au Cardinal de se retirer hors du Koiaume; mais que sa retraitte bien loin de faire cesser les desordres, les avoit augmentés; que le Roy pourrait se résoudre à donner un cuiploy éloigné au Cardinal, mais sachant que le Prince de Condé avoit fait son trait té avec l'Etpague pendant que le Cardinal estoit en Allemagne, S. M. roulait que les Princes luy donnassent des asscuranecs réelles de Petiot des offres qu'ils faisoient de taire cesser les troubles. Que pour cet cita il talloit qu'ils renonçassent à toutes les Ligues qu'ils avoient faites avec les est rangers, et à toutes les association! qu'ils avoient dans le .Koiaume; qu'ils promissent de ne point produire de nouvelles prétentions après cela, de se rendre à 11 Cour, de remoyer les est rangers, et de les faire sortir des placée de France où ils les avoient fait entier. Les Princes s'obligèrent h tout ce que le ltov deuiandoit d'eux, pourveu qu'on éloignas! le Cardinal. Mais ils ne trouvoient plus de. seureté en France. Le Due de Lorraine tousjours changeant et infidèle, avoit pris l'argent de la Cour, et trompa à son ordinaire ceux qui Pavoient fait venir ù leur secours. Il refusa de combattre, et voyant que les esprits se disposoient à la paix, il reprit le chemin de Flandre, âpre* avoir ruiné le* qiiiiriirrs uù il avoit logé, et les avoir tellement ravagés qu'il estoit impossible d'y subsister.
Le party du Prince de Condé n'estoit plus composé que de gens attachés à sa personne par des considérations particulières.
Affaires de France. 169
Il «memis de la Cour et du Cardinal pour des mécontentements pmmnels. La plus saine partie du Parlement, et les principaux hmgcois de Paris détrompés des préjugés qui les avoient si JMftcnips retenus dans les interests du Prince, condamnoient les limons qu'il avoit prises avec les Espagnols, et ne vouloient pût avoir de part à des engagements si criminels. Son ar- ■fc eatoit campée à S. Cloud et à Surennc; mais ayant sceu pi le Mareschal de Turenne avoit fait faire un pont sur la lÉM» auprès d'Epinay, ne se croyant pas en seureté dans ses putiers, il crut en devoir décamper. La Cour qui en fut bien- (Mt avertie, fit attaquer ses troupes dans le temps qu'elles filoient B long des murailles de la ville de Paris, pour changer de quarigl, et le contraignit de combattre dans le fauxbourg S. Antoine VU desavantage, parce qu'il eut à peine le loisir de les ranger ft bataille. Ceux de Paris luy avoient refusé l'entrée de la ville m qu'il se présenta à la porte de la Conférence; de sorte qu'il ■oit pery avec toute son armée sans la resolution de la fille mit du Duc d'Orléans, appelléc ordinairement Mademoiselle X)rleans-Montpen sier , qui entra dans la Bastille, et fit Rr le canon sur l'armée du Roy. Turenne qui la corn ma n- Mtt voyant que le party qui s'estoit formé dans Paris pour la MT n'estoit pas assés fort, ou manquoit de resolution, fit sonner retraitte, presques au mesme temps que les bourgeois ouvroient porte S. Antoine, à la prière du Duc d'Orléans et de Manoiselle, pour y faire entrer le bagage, et en suitte toute Tarée du Prince, bien délabrée par la mort, ou les blessures de la ■spart de ses Chefs, et d'un grand nombre de ses soldats. Le ïnce qui avoit fait des merveilles dans tous les combats où il ■toit trouvé, en fit plus en cette journée qu'il n'en avait fait as toutes les autres. Jusques alors il n'a voit combattu que pour gloire, et pour le service du Koy, son Souverain; mais en cette eation il avoit esté contraint de combattre pour la conservation ■ ta personne et de sa fortune
JSt comme ceux qui fermèrent la porte S. Antoine à son armée, spoaerent à perdre l'une et l'autre, il forma dés lors le dessein l'en venger cruellement. 11 en vouloit non seulement à ceux i luy avoient fait cet affront; mais aussy à tous ceux qui réfutent d'épouser aveuglement ses interests, et de faire avec le Duc Drleans une union qui auroit rendu la ville de Paris irreconîable avec la Cour. 11 trouva bientost l'occasion de se venger; r ayant fait convoquer dans l'Hostel de Ville près de quatre
170 Afiairtt de Prince.
cens personnes. Présidents, Maistres des Bequestes, ConseiHen, Maistrcs aux Comptes, Curés, notables bourgeois, et marcsuè, et voyant qu'il n'y avoit point de disposition i faire réunir k prétendue Union, parce que tout le monde es toit ennuyé de h guerre civile, et des désordres que les gens de guerre codmItoient à la campagne, il dit en sortant que rassemblée n'estait composée que de Mazarins. C'estoit le nom que les Fronde» avoient donne aux partisans de la Cour, et il ne falloit pont d'autre signal pour faire attaquer l'hostel de ville La Grau (c'est la place qui est devant l'hostel de ville) estoit remplie & toutes sortes de gens, parmy lesquels se trouvoient mesléipbsieurs soldats, que le Prince de Condé et le Due de Bel* fort avoient fait venir exprés pour augmenter le desordre. Bi tirèrent aussytost aux fenestres, mirent le feu aux portes, et tare ut un Maistrc des Bequestes, un Conseiller au Parleront, a Muistre aux Comptes, un marchand de fer, et plus de riagtosj autres bourgeois qui vouloient se sauver; en sorte qu'on comneaB) à croire que le massacre scroit gênerai, et qu'on feroit monîr tous les partisans de la Cour. Ils en couraient risque, Ion fa les Princes, qui y avoient quelques-uns de leurs amis qu'ils fl** loicnt tirer de la mcslée, y firent aller Mademoiselle et le Dtf de Bcaufort sur les dix heures du soir, qui vinrent a bout A faire cesser le desordre.
Cette violence effaça toute la gloire que le Prince avoit icorâi à la journée du fauxbourg S. Antoine, et acheva de détraire dm l'esprit du peuple les bons sentiments qu'il conser voit encore po* luy. Cependant il se faisoit des négociations continuelles atee h Cour par l'entremise du Duc de la Bochefo ucault, de Cbtv i g n y , de G o u r 1 e t , de G o u r v i 1 1 c , et d'autres. Le Duc dt)** leans y procedoit de bonne foy, et pressoit i'éloignemeot dl Cardinal Mazarin; mais le Prince n'y insistoit que foiblemetti ne cherchant plus qu'à sauver les apparences, et estant mes* bien aise d'avoir un prétexte de mécontentement qui justifiait te engagements qu'il avoit pris avec les Espagnols. Il estoit obhp de demander l'éloigncmcnt du Cardinal, parce qu'en ne le de* mandant plus il se rendoit suspect el odieux à la ville de Pitt dont la pluspart des habitants estoieut prévenus d'une haine bd" talc contre Mazarin; et en l'obtenant il s'ostoit le prétexte* demeurer armé. C'est pourquoy le Koy afin de ne luy en ltw* aucun, promit de faire sortir le Cardinal hors du Roiaume «•
Affaires de France. lîl
le Prince auroit renoncé aux Ligues qu'il avoit faites devant
le Cardinal fust revenu en France.
lais de part et d'autre on s'estoit porté à des extrémités dont 'ettoit pas facile de revenir. Le Prince ne pouvoit plus trouver eoreté dans raccommodement. Avant qu'il allast en Guyenne savoit que Lionne s'estoit abouché avec les Frondeurs chez le kte de Mon trésor, où on avoit proposé de l'arrester encore; s Boy qui l'accusoit d'avoir voulu partager son Roiaume avec hic d'Orléans, vouloit bien que tout le monde sceut Je ju^et qu'il faisoit des intentions du Prince. Ces raisons obligèrent
et l'autre, résolus qu'ils estoient à la guerre civile, de faire arer par le Parlement, qui n'estoit plus en effet qu'une cohue, & on ne voyoit plus rien de cette gravité, ny de cette probité, de cet ordre digne de la première Compagnie du Roiaume, et estre de l'Europe i 'Que le Roy n'estoit plus en liberté; que
Duc d'Orléans seroit prié d'employer l'autorité Roiale, et
sienne pour faire donner une entière liberté à S. M.; de endre pour cet effet la qualité de Lieutenant General par tout
Roiaume; et que le Prince seroit prié de se charger de la nduite et du commandement des armées sous le mesme Duc."
Princes firent ce qu'ils vouloient que le Parlement desirast ix, et après cela le Duc de Beau fort accepta le Gouverneit de Paris et de l'Isle de France, dont on déposséda le Matai de l'Hospital, et on donna à Broussel, Conseiller Parlement, la charge de Prévost des marchands, qui est le nier Magistrat de police de la ville. On forma en suitte un iseil, où Pierre Seguier, Chancelier de France, devoitpref. Il n'estoit point satisfait de la Cour, parce qu'on luy avoit i les Sceaux pour les donner à Mathieu Mole, Premier rident au Parlement de Paris; mais il ne laissa pas de la bien ir sous main, jusque s à ce que voyant les affaires de la ville • la dernière confusion, et ne se trouvant pas en seureté dans liaison, il en sortit de nuict pour se retirer à S. Germain. Le >rdre augmenta encore par la taxe que le Parlement mit sur maisons pour faire une somme de huit cens mille livres, dont woit besoin pour faire subsister les gens de guerre, parce que habitants trouvèrent mauvais que le Parlement disposust de s bourses, et refusèrent de payer cette taxe, a Cour les fortifient dans ces sentiments, et afin d'oster tout sxte aux Princes de demeurer armé?, le Roy permit au Car- 1 de se retirer hors du Roiaume. Mais en y consentant il en
172 Affaires ie France*
parloit dans d'autres termes qu'en sn déclaration du 5 Sqteaks ■ de l'armée dernière. Cette retraitte de Mazarin acheva de ër \ concerter toutes les mesures des Princes. Il est vtsy qu'ils lièrent au Parlement protester qu'ils estoient prests de poser loti- ! mes; mais ils vouloient que le Roy leur accordast auparavant ui amuestic générale; et la Cour qui sentoit ses forces, et qui «ni Testât de lu ville, s'opiniastra à ne point entrer en commerce aitt les Princes qu'ils n'eussent auparavant renoncé aux trsittés qui» avoient faits avec les Espagnols, ennemis déclarés de la Coaroan, et qu'ils n'eussent renvoyé toutes les troupes estrangeres hors k Koiaume. Sans attendre leur réponse le Roy fit publier une nnestic pour la ville de Paris; mais le Parlement refusa de l'entériner parce qu'elle n 'estoit pas générale.
Le Cardinal estoit à la vérité sorty du Roiaume; mais il e'esteiL arresté à Bouillon, sur les frontières de Champagne, et dansa Diocèse de Liège. Il avoit choisy cet endroit parce que le Pria» de Condé le luy avoit marqué dans les propositions d'accommodement qu'il luy avoit envoyées. Mais de là il ne laissait pea de régner à la Cour par le Ministère de Servi en t, le Tellier et Lionne, ses créatures, qui ne faisoient rien sans son ara, et sans ses ordres. Les Princes qui ne pouvoient pas ignorer s) que tout le monde scavoit, n'a voient pas envie de désarmer. Ht! ils ne purent pas empescher que la ville de Paris, dont la patieM estoit épuisée et qui ne pouvoit plus souffrir les calamités dost elle estoit affligée depuis plusieurs années, ne resolust de secoaer le joug d'une autorité usurpée, et infiniment plus insupportable que n 'avoit esté la légitime.
Le Clergé et l'IInstel de Ville résolurent d'envoyer leurs Dépotes à la Cour, pour y faire des protestations de leur oheïssin* et de leur affection pour le service du Roy: et les personnes k qualité, comme nu-*sy les principaux bourgeois faisoient publiqee* ment des assemblées, où on dcliberoit des moyens de faire rewflT le Roy, et de chasser les estr.iiigcrs. auteurs de la rébellion. B de fait rilostel de Ville et le en rps des marchands envoyèrent des Députés à S. (îermuin, où ils firent, leurs soumissions. Le D* de Beau fort se démit du Gouvernement de Paris entre Wt mains du Duc d'Orléans, et R rousse l de sa charge (le ft** vost des marchands; de sorte que les anciens officiers estant IW très dans les fonctions de leurs charges, et la ville dans les settiments de respect et d'obéissance, le Roy résolut d'y revenir, H
Im France offre Graveliues aux Estais. 173
arriva le 24 Octobre 1652 (1). Mais devant que d'y entrer il fit sortir le Duc d'Orléans, à qui il permit de se retirer à lob, qui estoit de son appanage. Le Prince de Condéen estoit rtj huit jours auparavant, et avoit emmené ce qu'il y a voit de ps de guerre de son party, se déclarant ouvertement ennemy » la France, et s'abandonnant à toutes les rebellions et hostilités BS pouvoit produire l'ame irritée de ce Grand Prince, qui ne pavant plus trouver de scureté en France après une déclaration i criminelle, acheva de se jet ter entre les bras des Espagnols, et S retira à Brusselles, où il a rendu de très importants services ■ parti des Espagnols.
Ces guerres civiles avoient fait naistre au Roy d'Espagne l'ocde faire agir ses armes avec plus de succès qu'elles n'afait depuis quelques années. L'Archiduc Guillaume ïtoopold, Gouverneur des Païs-bns, «voit reprit Gravelines et fcsquerque, les deux plus importantes places de la coste de Fiants» avec les autres villes et forts du voisinage, comme Fumes, |rç-S. Vinox, et Dixmude. Don Juan d'Aust riche avoit relit Barcelonne, capitale de la Catalogne, avec presque toutes les Ifets places de la Province. Le Duc de Mantoue avoit fait prtùr la garnison Françoise de Casai, et des autres places du siatferrat; et le Prince de Condé, se retirant en Flandre, avoit ■M en passant Bhétel et Chasteau-Porcicn, en Champagne. -Lors qu'on faisoit en Flandre des préparatifs foibles et languissais pour le siège de Gravelines et de Dunquerque, la France taskit de les faire secourir du costé de la Zeelande, et faisoit trait- Oi pour cela avec quelques particuliers. L'Ambassadeur d'Espagne *cs plaignit aux Estats, et on y donna ordre. Mais ayant appris ptt la France désespérant de pouvoir conserver ces deux places ■itvoit offertes à cet Estât (2), il protesta, que le Roy, son Maistre, pu svoit résolu de les assiéger, et qui esperoit de venir à bout h les reunir à sa Couronne ou par la force des armes, ou par
* traitté de paix, prendroit pour une rupture formelle la con-
(1) Lisez: 21 Octobre 1652. V. de Sainte Aulaire. Histoire de
* Froide. II. p. 319. (éd. 1S43).
(1) t II courut un bruit sourd que la France avait offert de mettre •Iskerque entre les mains des Etats Généraux ; quoique les Français citassent de visionnaires ceux, qui s'imaginoient que cela était vrai." •e Clerc, Hist. des Prov. Unies, II. p. 327 ; Aitzema, S. v. Slaet, IL 32. p. 757. On sait que Cromwell fit une tentative pour acheter fankerque, qui échoua. Négociations de d'Estrades, I. p. 103 sv. far tin, Histoire de France, X. p. 433, 434.
174 B utilité* de F Admirai Amgloi* contre let Irtnçoù.
vcntion que le» Esttits en pourraient faire arec la France. L'Assemblée des Estât s Généraux estoit partagée sur cette affaire. La uns jugeoient que Ton ne devoit pas laisser échapper nne&Uk occasion de faire un establishment aussy avantageai sur kicoita de Flandre, où il seroit facile de conserver deux villes, qui seront autant de cittadelles contre les entreprises des Priuces voisina; qil falloit ménager les moments, et faire cette importante acqmalHi avant que les Ministres d'Espagne pussent découvrir les intenta de l'Estut. Mais ceux qui vouloîcnt prévenir tout ce qui pnmil le brouiller avec cette Couronne, securent si bien faire tnuw toutes les délibérations que Ton ne pouvoit plus résoudre YtBàt qu'en rompant avec elle.
Cependant Gravclincs se rendit le jour de In Pentecosfe al Dunquerquc bien qu'elle fust attaquée foiblemcnt, ne pouvant!» se défendre, parce que dans le soulèvement presqu'univend si Roi» urne, In Cour nvoit négligé de raffraischîr la place de fin* de munitions, d'hommes, et d'argent, quelques instances qw b Comte d'Estrades, qui y coinmandnit, eust faites pour «h auprès des Ministres, fut contrainte de capituler le 10 Dtam* bre (1), et se rendit le 16. Le Duc de Yendosme, Adainl de France, a voit fait mettre en mer une Escadre de huit itk> seaux de guerre, et de six brûlots, où il avoit fait embanpHrl la rade de Calais quinze cens soldats, avec quelques munit»*; et ces forces sultisoient pour faire lever le siège, parce qte ta Espagnols n'avoient point d'année navale qui s'y pust oppwff» Mais Hluke qui eommaiidoit celle d'Angleterre, ayant eu fc* que les vni>scaux François apprnehoicut à dessein de se mettrci la voile à l'entrée de la nuiet, à la faveur de laquelle ils pretetdoient entrer dans le pnrt de Dunquerquc, les attendit au pasajfr les attaqua, et les piit presque tous après une légère reâston* Il en emmena unze à Douvres, où les officiers François de** rcrent prisonniers, mais les soldats lurent renvoyés. Qoelq* marchands de Londres rflrirent de secourir la ville à leurs !*■ ques, moyennant \ingt mille eseus; mais la faiblesse de la Fm* estoit si grande qu'on ne les pust fournir, ny se ressentir de 1* suite (U'< Augluis. et la ville de Paris oeeupoit tellement l'atteotH» des Ministres, qu'il-» ne purent mettre ordre n celle de Dunquenfl*« d'où il sortit environ douze cens hommes, tant sains que maUd*
1) Lisez: le 11) Scplc.ubrc.
L'Ordre Tectonique réclame la Commanderie de ÔuemerL 175
L'Espagne faisoit faire des plaintes continuelles à la Haye des •oatrtventions et des inexécutions du traitté de Munster. En temps elle flattoit le Parlement d'Angleterre. Elle luy oit faire les dernières soumissions par Don Alonse de C a r- Ullis, son Ambassadeur, et luy faisoit offrir de plus grands fartage* qu'elle n'avoit envie de luy faire, et qu'elle ne luy jptrott faire en effet, pendant qu'elle travailloit à exciter et à latrttenir l'animosité des Anglois contre cet Estât. (Les Députés des Electeurs de l'Empire, qui estoient assemblés |P Francfort sur le Mein, croyant, à leur ordinaire, devoir profiter Il k rupture (1) de l'Angleterre, envoyèrent à la Haye une périme militaire, scavoir un Aide Major General des armées de ftapereur, pour reclamer la Commanderie de Guemert que les htets possedoient comme une dépendance de la Mairie de Bois • Duc, et que le Grand Maistre de l'Ordre Teutonique en Aile- Éagne, qui est Prince de l'Empire, pretendoit luy appartenir comme k membre de son Ordre, dépendant immédiatement de l'Empire. Isa remporta pas grande satisfaction de son voyage. C'est pour» •oy les roesmes Députés luy en firent faire un deuxième, et luy or- Huèrent de parler plus haut, ne doutant point que les disgrâces fttmnellea, qui accoinpagnoient alors les armes de cet Estât, n'en ■vent abattu le courage, et ne l'obligeassent à restituer la Comjttderie. Mais il y trouva la mesme fermeté et les Estats fort •otaa de conserver ce qu'ils croyoient leur appartenir, jusques à
que leur droit eust esté examiné par les Cours de Justice (2). Le Boy d'Angleterre (8) qui estoit en ce temps là en France,
qui croyoit devoir et pouvoir profiter du mauvais procédé du fffement à l'égard de ces Provinces, aussy bien que de la resotkm que l'on avoit prise à la Haye, d'opposer toutes les forces 1 rEatat aux violences des Anglois, fit dire à l'Ambassadeur
Hollande: Qu'il avoit plusieurs bons vaisseaux de guerre à H service et un fort bel equippage, qui a voient ordre d'in- OMioder et d'attaquer ses 9ujets rebelles. Qu'il esperoit que les •kats ne feraient point de difficulté de donner retraitte à ses
(1) Lisez: de la rupture de cet Estât avec l'Angleterre. (J) V. T. I. jp. 178 svv.
(S) Le Roi d'Angleterre offrit de s'embarquer lui-même sur la flotte » Etats. Voir ci-après Livre Vil: Aitzema, S. van S tact, III. 32. 790, 853. Clarendon, Histoty qf the Rébellion, III. 2. p. 4G2 (Ed,
176 Lt Roy d? Angleterre veut engager lee Estai*.
gens, et de permettre à ses vaisseaux de se servir de la mbmdité des ports et des rades de ces païs, pour y débiter leurs pria et leur butin ; et qu'il envoyèrent un Ambassadeur expia i k Haye, s'il scavoit qu'il leur fust agréable.
Le Duc de Lorraine, quoy qu'indigné du mauvais traittattt qu'il pretendoit avoir esté fait à quelques uns de ses officier*» Zeclande (1), que Ton avoit empesché de passer en Irlande posr le service du inesme Koy d'Angleterre, fit entendre qu'il douerai volontiers son ressentiment aux interests du Boy d'Angleient(l), et qu'il aideroit de dix mille hommes entretenus à leresublkai ses Roiaumcs, si les Estats le vouloient accommoder de leurs naseaux pour le transport de ses troupes. Mais on ne report point aux désirs du Koy, et on fit dire au Duc: Quel'oos pouvoit pas séparer l'armée navale, ny en détacher des tains» pour uu interest estranger. On ne pouvoit pas faire sa cause à celle du Eoy d'Angleterre dans Testât où estoient les choses, ij s'engager dans une guerre qui n'auroit pu finir que par une »• volution, à laquelle on ne voyoit point encore d'apparence, et (■ n'est arrivée que lors qu'il y en avoit le moins.
Les deux Couronnes du Nort se faisoient fort considérer dm cette conjoncture; tant parce qu'elles mettoient tout râraabp du costé du party pour lequel elles se déclareraient, que ffM que ny l'Angleterre, ny ces Provinces ne pouvoient bsitir, » equipper des vaisseaux sans le bois, le chanvre, la poix, et'b gouldron de ces païs lu. Les Estats pour se les acquérir toriv deux, résolurent d'abord d'y envoyer une Ambassade soIemnA et en attendant que les Provinces nommassent les personnes doit elle devoit estre composée, de faire partir Conrad van Belniuguen, Conseiller Pension a ire d'Amsterdam, et Nansiif K.eyser, Bourguciuaistrc de Horn en qualité de Député» Ext* ordinaires. Van B e u n i n g u e n qui avoit l'esprit assez bien toflW et une connoissance plus que médiocre de la philosophie et de* belles lettres, n'eut point de peine à se rendre agréable à la Bfl* Christine de Suéde, qui ne les haïssoit pas encore en ce top là, et qui s'en est dégoustée depuis (3); mais il y trouflto dispositions fort opposées aux intentions de ses Maistres.
']) Voir ci-dessus p. 63.
(%) C. h d. : qu'il sacrifierait volontiers son ressent i ment su W* de servir les intérêts du Roi d'Angleterre, fîl V. ri-apres. p. 260.
Les deux Commue* du Nori $e font considérer. 177
H gfoit ordre de représenter en Suéde: Que les Anglois en ^bant la guerre à cet Estât, la faisoient indirectement à tout le Mie de l'Europe, parce qu'il leur seroit bien facile, après avoir Htté k commerce des habitants de ces Provinces, de se rendre feristres absolus de la mer, et d'en exclurre toutes les autres Na- Iqm. Que cet interest commun devoit convier la Suéde à joinp an armes à celles de cet Estât, et que la Heine y estoit partiitisrement obligée par les traittés de 1640 et 1645, qui n'a voient ! bits que pour la conservation du commerce, que le Parlement erre taschoit de ruiner. Que Ton ne trouvoit pas mauvais i h Reine, si elle le jugeoit à propos, envoyast en Angleterre tascher de porter les esprits à un accommodement raison- , devant qu'elle se declarast; mais qu'elle ne pouvoit pas se d'assister les Estats dés à présent d'un secours de quatre hommes, ou effectifs, ou en argent, ou en munitions, parce les mesmes traittés le portoient bien expressément: ou du qu'elle ne pouvoit pas refuser de faire des défenses à ses Éjets, de porter aux ennemis de cet Estât des marchandises de latfrebande, c'est à dire toutes celles qui peuvent servir à la Instruction, à la monture et à l'armement des vaisseaux, il Van Beuninguen qui partit de la Haye au mois d'Aoust, ne pjl pu sitost arrivé à Stocolm, qu'il reconnut bien que la Reine (hâtait point satisfaite des Estats, particulièrement depuis les deux ■atttét qui avoient esté faits à la Haye avec le Roy de Dannepreen 1649, par l'entremise de Corwitz Ulefelt. Elle avoit jfclNv témoigné estre offensée du peu de satisfaction qu'elle recelés plaintes assés pressantes, qu'elle avoit fait faire touquelques affaires particulières, où elle pretendoit avoir esté maltraittée. C'est pourquoy on croyoit qu'elle alloit s'en Dtir lors que l'on apprit qu'elle avoit donné ordre qu'on quelques vaisseaux de guerre. On sceut bientost que Pi a'estoit qu'une grimace; parce que faisant de la dépense h tontes les choses où elle vouloit imiter la magnificence des fcto Cours de l'Europe, et qui absorboient tous ses fonds, Me ne pouvoit pas faire un armement fort considérable. Mais ■6 qu'elle sceut la rencontre du 29 May, elle affecta de s'y •fpliquer avec plus d'empressement qu'elle n'avoit fait jusques Hors, et elle n'eut plus tant de répugnance a escouter les proportions du Parlement d'Angleterre, qui avoit esté autrefois l'object I* son horreur et de son aversion. Les Anglois luy faisoient taperer que ses sujets seroient traittés en Angleterre de la mesme IL 12
178 La Rein« de Suéde reflue de secourir le* StUii,
manière que les Anglois naturels y estaient trait tés, et que Toi accorderoit aux Suédois les mesmes franchises et exemtiou fart les autres joiiissoicnt.
Les Ministres de Suéde, et particulièrement les deux Oie* s t i r n , père et fils, curent si peu de considération pour Vu traittes qui avoient esté faits entre la Couronne et les Etbfa, qu'ils ne craignirent point de dire, que Ton n'aurait point d'qpd si ce qui nvoit este réglé par les traittes, et que la Reine pntdroit ses mesures sur la constitution présente des affaires. Tdk> ment que tout ce que van Beuningucn y put faire, os faits faire convertir en une déclaration formelle, l'inclination appsiote et extérieure qu'on luy témoigna pour la neutralité entre Ici dea Républiques, avec des offres de la médiation de la Beine pov raccommodement de leurs différents. On ne fit point de diffiettt de luy soustenir: Que le trait té de 1640 n'oblîgeoit pas la Satfc à rompre avec l'Angleterre ny mesmes à les secourir en bvev des Provinces Unies, contre le Parlemeut. Que ce traitté n'ifrit eu pour object que la guerre de Danncmarc, et que les EitatfB lieu d'y secourir la Suéde, s'estoient contentés de mettre en w* une année navale, pour la seureté de leur commerce, et de Un partir leurs Ambassadeurs, avec ordre de travailler à It pu entre les deux Couronnes. Que les Estats ne s'estoient poM déclarés en ce temps-là; qu'ils n'avoient point défendu le tn* port des marchandises de contrebande, et qu'ils n'avoint poial secouru la Suéde. Qu'elle n'y pouvoit pas estré obligée non phi en vertu du traitté de 1645, parce qu'il avoit esté manifesterai violé par celuy qui1 les Estats avoient fait en 1649 avec le Boj de Danncmarc. Que la Keinc ne pouvoit pas défendre le trui* port des marchandises, que l'on appelloit en Hollande decontrt" bande, sans faire un tort irréparable à ses sujets, qui n'aiofcsl presque point d'autre revenu, ny d'autre commerce. Ils déclarèrent assés franchement au Ministre de France, et àtousceuiq* parloient pour les interests de la Hollande, que tout ce que tii Beuningucn pouvoit espérer, ce scroit la médiation; et il** dissimulèrent point, que la Suéde ne manqueront pas de faire *• profit de cette favorable conjoncture pour l'cstablissement de** commerce, et de favoriser les Anglois en tout ce qu'elle pourra
La Jtcine lit faire de grands efforts a Coppenbig* pour euipescher le Itoy de Danncmarc de s'engager if* cet Estât. Elle fit défendre le transport du canon de fer s*1 du Koiaume, parce qu'elle scavoit que les Estats y en aroiflt
marcnanas ae cette nation qui estoient a atocoim {L). lement d'Angleterre n'estoit point content de la France, ; pas manqué de le témoigner fort souvent, et particulie- 1 prenant les vaisseaux de guerre qui alloient au secours nerque. La Heine de Suéde avoit offert de s'employer • accommodement, et la France ayant agréé ses offres,
persuadé à Stocolm qu'on ne les oseroit plus rejetter ye. Sur ce supposé elle voulut obliger les intéressés r leurs Députés à Gottenbourg, comme au lieu le plus )ur cette assemblée, puis qu'apparemment ny les uns ny
ne voudroient pas s'assembler pour cela en France, ou' re, et les Angloîs ne voudroient pas traitter en Holf les Hollandois en Angleterre. Mais pas un des inné voulut donner cet avantage à la Suéde. Les Ëstats ient pas envie d'admettre la médiation d'une Reine, qui Is disoient, renonçoit aux traittés qu'elle avoit faits, ré-
au Ministre, qui leur en fit la proposition, qu'ils s'en )ient quand ils scauroient de quelle façon le Parlement sceue, et les Anglois la rejetterent entièrement : tant parce
pouvoient pas s'asseurer des Suédois, que parce qu'ils nt toujours de pouvoir faire réussir la prétendue union te ils partaient, la coalition des deux Republiques d'Ant des Provinces Unies.
aires estoient tout autrement disposées à Coppenhague.
Ulefelt avoit obligé le Roy, son Maistre, par le
1649, à secourir cet Estât contre tous ceux qui l'atta-
par terre, ou qui troubleroient ou incommoderoient son
r Livre VII. Les détails de la négociation de van Beu-
> la Cour de Suède se trouvent dans sa correspondance avec
oubliée dans le Tome V du Recueil : Brievcn gesekreven ende
180 Dùpotiticm eu Lmmmmrct çèiifé à
commerce par mer. Ce secours devoit estre do mes en effectifs, ou convertie en argent à nient fe* escua ou rixdalers par mois, on bien en vaieeeau, «bu tions ou antres choses dont l'attaqué attroît beaoa; ai a devoit estre fourny dans trois mois après qne le Boy m iverty de l'attaque, de la part des Eetate.
Après la rencontre du S9 May, ils ordonnerai à laar d'y représenter: One la negotiatkm dea Ambassade» Parlement d'Angleterre leur avoit envoyés, n'ayant poil ils avoient bien voulu en envoyer de leur put à Les* la faire renouer, afin de prévenir tout ee qui pouvait to commerce et la bonne correspondance entra les dans due leurs Ambassadeurs avoient eu ordre en traînant Anglois, d'avoir égard à l'interest commun de In Gofc Dannemare et de cet Estât; mais que pendant In nagefl Parlement avoit donné des lettres de représailles ooeta bitants de ces Provinces, et incarnes qu'on avoit pria km sous le prétexte de celles qu'on avoit donnéeo contas 1 cois. Qu'enfin l'armée navale de la République avait celle de cet Estât, qui aurait pu ruiner celle d'Angle* la considération que l'Amiral Hollandoia avoit en traitté qui se negotioit en Angleterre. Que nonobstef les offres qu'on y avoit fait faire, de soumettre In dseki rencontre à des juges désintéressés, on à dea unie oaon Anglois le chargeoient de la haine de l'aggreseion, ai et attaquoient indistinctement les vaisseaux de guerre c vires marchands de ce Païs. Que le Boy de Dannema considérer que les m es mes Anglois qui faisoient connoi tout leur procédé, que leur intention estoit de ruiner le c de ces Provinces, ne seroient point satisfaits quand ils 3 reûssy; mais qu'ils entreprendroient aussy sur les autres et avec d'autant plus d'avantage qu'après cela il n'y ai de puissance qui leur pust contester la Seigneurie de la 1 de tous les Princes ecluy de Dannemare estoit celoy qui plus de sujet de l'appréhender, non seulement comme B cette qualité ennemy de ceux qui avoient déclaré la gs Boiauté; mais aussy comme un Prince qui ne pouvoit pu détester l'action de ceux qui avoient fait mourir par la bourreau, leur Souverain, son cousin germain, et quiav terest commun avec tous les Bois du Monde, d'extirper qui venoient de fournir un si cruel exemple aux sujets par une voye si barbare et inoûie à la vie de leur Prin
; de le persuader de se saisir de ces marchandises, comme avoit besoin, en luy promettant les sommes nécessaires i payer, et de le garantir de ce qui luy pourroit arriver
de cette saisie. Le Roy demeuroit bien d'accord, qu'il roit pas se dispenser de secourir cet Estât, en vertu du 3 du traitté d'alliance, et il consideroit bien que les An-
pourraient pas ruiner le commerce de ces Provinces sans r et incommoder celuy que leurs habitants font en Danet en Norvegue, et sans luy rendre le passage du Sund lit inutile. Il craignoit mcsme que cet Estât ne preferast de la Suéde à la sienne, et pour luy en donner de la il le faisoit avertir par ses Ministres, que depuis la renu 29 May la Reine faisoit travailler avec plus de chaleur ment de ses vaisseaux, et à des levées de gens de guerre, tins le Roy de Dannemarc avoit de la peine à se déterfc a prendre une resolution qui pouvoit luy attirer sur les
Puissance, d'autant plus redoutable que la recherche que ieres Couronnes de la Chrestienté faisoient de son amitié, sompagnée de bassesses honteuses qui rendoient ces nouepubliquains insolents et insupportables. Il craignoit la des forces d'Espagne, d'Angleterre, et de Suéde, et la luy donnoit de grandes inquiétudes. On faisoit courir le Copenhague que Corwitz Ulefeld, qui esloit sorty du
et qui s'estoit retiré en Suéde, offroit à la Reine Chrisdépenses, et bien deux millions et quatre cens mille escus, der à soustenir les fraix de la guerre, si elle vouloit la su Roy de Dannemarc. Et quoy que Ton trouvast en effet l'estoit qu'une vision, puis qu'Ulefeld n'avoit pas une . considérable, ny mesine rien d'approchant, on ne laissa l'en allarmer à Coppenhngue, ou du moins on en fit les
189 Négociation de Keyter à Coppenkm^mê.
liaison. Le Parlement offrit de très-grands avantages, corne k faire une Alliance offensive et défensive avec le Boy, leur Mutin, et d'agréer sa médiation pour 1 ajustement des différends que 11 Republique a voit avec les Provinces Unies. Mais voyant qoe la Ambassadeurs n'a voient point d'ordre d'écouter ces proposition, et ayant sceu qu'à Coppenhajrue on ne vouloit point relascserki navires marchands que Ton y avoit arrestés depuis peu, il camps de conduite, et fit arrester quelques navires Danois, et une put» du bagage des Ambassadeurs, et aurait raesme arresté leurs ps> sonnes sans l'intervention des marchands Anglois qui «toiest intéresses aux navires arrestés à Coppenhague.
Le Ministre d'Espagne qui estoit en Dannemarc taschoit «Tiatimider le Roy, en le menaçant des armes de Suéde, s'il se nsol voit à prendre part y contre les Anglois. Mais le Roy deDar nemurc estoit compris dans lu paix de l'Empire; de sorte qi'w no pouvoit l'attaquer sans lu violer. D'ailleurs la Suéde n'inft point d'armée sur pied, point de vaisseaux en mer, ny d'aigri pour armer, et les Anglois n'estoient pas en estât de luy dota* des subsides. La Reine de Suéde inesme n'aimoit la guerre» iy les affaires, et u'estoit pas bien asseuréc de la Pologne.
Nous venons de dire que les Estats voulurent obliger le Boy de Dannemarc à faire arrester quelques vaisseaux Anglois; et 3 les lit effectivement arrester au Détroit du Sund. De sorte qu'ayaaî fuit une démarche, d'où il ne pouvoit plus retourner sur set pu, son Conseil ne pouvoit plus douter de la mauvaise intention (1) du Parlement; et ee fut une des raisons et des plus fortes qsi l'obligèrent en lin à, se rendre aux instances des Estats, qui atoient appuyée* de quelque chose de plus engageant que toutk ruisniiuciiieul de leur Minière.
l'uur l'obliger à les secourir contre les violences du Pa rleuiest il» luy avoient envoyé Xauuitig Keyscr en qualité de DepBK Extraordinaire, ainsy qu'il a esté dit cy-dessus. Leur intenlioi estoit île faire deelurer le Roy, ou du moins de se faire *ec«U* d'un bon nombre de vaisseaux de gticrre, par forme de prest,* bien de les allïeter pour deux mois, à dessein de les employer entre le* Augloia vers le Sund, avec quelques autres vaisseaux q*v y joindroient. Kryser estant arrivé à Coppenhague trouvai* vai&seaux l>anoi< hnr.«* dVstat. d'agir, et les Ministres de ctf»
(1) (,'\*t à dire : le (on>cil <iu Roi de Da ne marc ne pouvait (ta douter du retint iment du Parlement.
r pendant sept mois, des subsides qu'il devoit à l'Estat, vaisseaux de guerre, dont il ne pou voit pas se dispenser secourir, a moins que de manquer à l'alliance. Qu'après •is la resolution d'envoyer ces vaisseaux à l'Kstat, il estoit l'armer aussy pour sa propre défense, et que pour la seuses ports et rades il avoit besoin de cinq vaisseaux pour s. De sorte qu'en mettant en mer vingt vaisseaux do qui estoient tout le secours qu'on luy dcmandoit, ru «i apparence, la dépense qu'il feroit au delà des subsides voit, ne monteroit pas à cent quatre vingts mille livres. Boy en armant par mer, ce dont il ne pouvoit pas se sr après avoir fait arrester plusieurs navires Anglois dans , s'il ne vouloit renoncer à l'amitié de cet Estât, et à sa propre, il y trouveroit cet avantage, qu'il n'offenseroit pas Anglois qu'il les avoit desja offensés, ou qu'il les offenar le secours qu'il donneroit aux Estats. due cet armerendrait infiniment considérable, et qu'il employeroit dans lume l'argent et les munitions qu'il seroit obligé d'envoyer ande s'il pretendoit exécuter le traitté au pied de la lettre. offrit de faire faire l'armement en ces païs, ou de luy en les deniers, si l'estat de ses finances ne luy permettoit le faire, en déduction de ce qui luy pourrait estre deu, lir en vertu du traitté de Rédemption.
oy de Dannemarc vouloit bien exécuter le traitté d'alliance, intention estoit pure pour cet Estât. Il ne pouvoit pas i les offres qu'on luy faisoit ne fussent raisonnables, et il oit bien, qu'il estoit impossible qu'il se réconciliait avec çloîs; mais il vouloit profiter de la conjoncture. C'est y il se servoit d'un costé du prétexte de son impuissance, autre il representoit le péril où il s'exposoit en se decla-
184 Le R*$ m déclare.
une inclination naturelle qu'on y a pour le ménage, que puce que la guerre d'Espagne dont on venoit de sortir, a? oit toit i fait épuise les finances, particulièrement celles de la Promet de Hollande. El neuntiuoins comme il iinportoit d'empescher qu les Auglois ne tirassent |)oint leurs matériaux de la Mer Bsttque, et que le ltoy de Dauncmarc n'en vouloit défendre le pu* sage ou le transport qu'au mois de Février 165 S, ils ordonnerai à Keyser de taire comprendre, comme de son propre moojtment, que si le Roy vouloit faire présentement ces défenses,! tascheroit aussy de disposer ses Maistrcs à donner quelques nbsides à S. M.
Pour ce qui est des navires Anglois qui avoient esté arreste* au Détroit du Sund, les partisans du Parlement ont tousjours dit, que le procédé de la Cour de Dunncinarc avoit esté assésûrégilier et extraordinaire à cet égard. Que les Ministres Dannoâ avoient fait entendre aux patrons de ces navires, que s'ils pasaokst le Sund, ils ne pourroient pas éviter de tomber entre les du« des vaisseaux de guerre llollandois; mais que s'ils faisoient prisr le Koy de leur permettre de se retirer dans le port de Coppes* hague il ne le leur refuseroit pas, et qu'ils y seraient en seoRtl Que sur cette asscuranec, et en suit te par la permission du Boy, ils y estoient entrés; mais qu'on s'estoit servy de cent défaites (1) pour les empescher d'en sortir. Et de fait lors qne le Psrlenest y envoya vingt deux vaisseaux de guerre pour les escorter* ramener dans les ports d'Angleterre, le Roy, au lieu de leur permettre de sortir, se plaignit de ce qu'on envoyoit un si griot! nombre tic vaisseaux de guerre à ses rades, sans sa permisaos, san» l'en avertir, et rncsmc sans en avoir parlé aux Ambassadeurs qui côtoient de sa part à Londres. 11 trouva mauvais aussy q* celuy qui commandoit cette llotte ne luy apportait point de lettre* de créance, et que le Parlement ne le remercioit point du service qu'il venoit de luy rendre. De sorte que les vaisseaux de guerre estant de retour en Angleterre, et le Chef ayant fait rapport <k Testât où il avoit laisse les affaires à Coppenhague, on y saisi! les effets des Dannois, et les Ambassadeurs mesme eurent bien de la peine à, obtenir permission de partir.
Dés qu'ils furent arrivés en Dannemarc le Koy résolut de * déclarer pour les Provinces Unie'», s'il pouvoît le faire avec iva»-
(l) Excuses.
, qui pourroient un jour demander la restitution des na- ; des marchandises qu'il avoit fait saisir à l'instance des Bradshaw, parent de celuy qui avoit présidé au juge- 5 mort de Charles I, et Résident du Parlement à Hameut ordre de les aller reclamer de sa part. Mais le Boy eeu le jour qu'il devoit arriver à Coppenhague, en sortit îtexte d'une partie de chasse ; soit qu'il n'eust pas l'asseue refuser la restitution des navires qui estaient venus se à ses rades, comme dans un lieu neutre, et qui estaient . lans le port de Coppenhague sur sa parole Boiale, du moins le disoient les Anglois, soit qu'il voulust complaire à cet i traittant avec tant de mépris le Ministre de leurs enneant il y a que tout ce que Bradshaw put obtenir ce audience de cinq Sénateurs du Boiaumc, qui députèrent ûtter avec luy Othon Krague, Secrétaire d'Estat, et Roaewingue, qui avoit résidé pour le Boy en Angleleur demanda la restitution des vingt deux navires charmarchandises propres à la construction des vaisseaux ,pour te de quelques négociants Anglois. Les Commissaires ré* it, que les patrons de ces navires avoient prié le Boy de ïger contre les Hollandois; et qu'il l'avoit fait avec plais que le Parlement au lieu de reconnoistre cette faveur et remercier, avoit envoyé un grand nombre de vaisseaux de iur ses costes, comme pour luy extorquer une chose qu'il nte de son propre mouvement sans ce procédé desobligeant, itterent, que le Parlement ayant fait saisir en Angleterre i vaisseaux Dannois, le Boy ne feroit pas seulement metdélibération la main-levée des navires Anglois que l'on eatitué auparavant ceux des marchands Dannois. Ce fut e réponse qu'on renvoya Bradshaw, qui pendant le séjour
186 Mécontentement des peuple* de cet Prewinett.
Commission de B ra d s h a w , en faisant accroire an Milita Ai Estais que ce n'es toit que la considération de tes Muta ai obligeoit le Koy à retenir les navires et les marchtadisa As Anglois. Qu'il ne pourrait pas refuser eu fin de les Ratai afin d'obtenir la restitution de neuf ou dix navires Dniobaa Ton avoit arrestés en Angleterre, et pour se conserver k Dtiiav tion de l'Yslande, qui serait sans doute incommodée psrlaAa* glois. Au reste qu'il n'y avoit poiut de prétexte dont os fà couvrir le refus de la restitution de ces navires, et que le la; ne se pourrait pus justifier auprès de ses sujets, des'estreeaajai témérairement dans une guerre qu'il pouvoit facilement M* puis que les Anglois luy a voient offert la liberté de la nafigriai et du commerce. C'est ce qu'on disoit à Keyser; niaisli blc intention des Dannois estoit de se faire achetter, et de garantir le Koy de tout ce qui luy pourrait arriver pour uW pas voulu restituer les navires Anglois. Le Roy ne laissouf» de considérer, qu'il ne pouvoit pas sans reproche violer la foi p blique, ny retenir sans prétexte, et contre le Droit des Gesis» navires neutres qui s'estoient venus jette r entre ses bru posr reclamer sa protection. C'est pourquoy ce Prince qni vouloitœés* ger les apparences, disoit, qu'il ne refusoit point de restituerai navires; mais qu'il ne pouvoit pas souffrir que le Aliène* k vint braver, et qu'il envoyast une année navale pour les lof» radier. Défaite (1) dautant plus mauvaise qu'il estoit iaiposaUi aux navires Anglois de partir de Coppenhague sans escorte, \xA que 1rs vaisseaux de guerre Hollandois les obser voient, et estoiest à leur vcùc. Ils pouvoient encore moins mettre à la voile p* qu'on avoit congédié tous leurs équippages, et que l'on ne postos pas faire revenir les matelots d'Angleterre où ils estoienl tlfc que les Hollandois n'en tussent avertis, et n'eussent la facilité d'attendre les navires Anglois au passade.
Cependant les Estats asseurerent le Koy de leur garantie, et 1 n'eust pas sitost la parole de leur Ministre, qu'il vendit les ■*> ebandises à son profit: quoy que ce ne fust pas l'intention d* E^ats de les faire distraire pour en remplir les coffres du Bof» qui après cela ne fit point de difficulté de se déclarer, et de fût pour cet effet le traitté dont il sera parlé cy-apres.
Les peuples de ces Provinces ne sachant à qui s'en prendre ta incommodités que l'interruption du commerce leur apportait, et
(1) Excuse.
Avis des Estais de Gueldre. 187
lignées dont on avoit vcu une suitte continuelle depuis la are rencontre, s'imaginoient que pour y remédier tout d'un
il fuihaoit de fuire un Capitaine General et un Gouverneur rovince, pourvcu qu'on le prist dans la Maison d'Orange, a longtemps qu'ils sont infatués de cette fausse et sotte o pique tout le bonheur et le salut de l'Estat dépendent de la ittion d'un Chef, quaud il ne seroit mesme qu'imaginaire, capable d'agir. L'on a eu le loisir de s'en détromper depuis 1679 ; mais ce n'a esté qu'après que les armes de F Estât ont . mille afronts sous un Capitaine, qui n'a pas esté assés heu-
pour faire une seule action qui pust recommander ses con- 011 ses resolutions (1).
pendant l'affaire ayant esté mise en délibération dans l'asléo des Estats de Gueldre, en Septembre 1652, les Députes Minier de Nimegue furent d'avis, # qu'avant toutes choses il dt former une instruction pour celuy que l'Estat honorerait cette éra inente Charge, et ce du consentement unanime de i les Alliés, et qu'après cela on de libérer oit en la mesme iere avec les autres Provinces, et non per majora (2), si i Testât où estoient les affaires, il estoit nécessaire de pror présentement à la nomination ou désignation d'un Capi- 5 General." La Noblesse du Quartier de Zutphcn jugea: l estoit nécessaire d'en nommer un présentement, et la ville
du mesme avis: ce qui fut trouvé dautant plus adraira- (3) qne ses Députés sous te noient que l'on ne pourroit pas «lier aux desordres de l'Estat, ny guérir le mécontentement
Gens de la Marine si on n'y employoit l'autorité d'un itaine et Admirai General. Que ce seroit luy qui asseuit la liberté du commerce; qui rétablir oit la réputation que
années navales de l'Estat a voient acquise autrefois; qui seroit de la terreur aux ennemis, et qui les empescheroit de
entreprendre." Comme si le seul nom d'un enfant qui essnoore au berceau eust esté capable de reparer toutes les i que Ton venoit de faire, et de changer la face des affaires. autres villes du Comté de Zutphen s'opposèrent à ce senti-
comme la ville d'Arnheim s'opposa à ceux de la Noblesse
Mai* re n'a esté .... résolutions. Ces mots ne se trouvent paà l'édition imprimée.
Edit. impr. : et non à la pluralité.
Edit. impr.: étonnant.
188 Disposition de la Zeefande.
de son Quartier, qui travaillait fort pour les interestt di je» Prince d'Orange; quoy qu'à la Grande Assemblée de lttl fa Députés de Gucldrc eussent esté les premiers à opiner: * que psk » qu'on n'a voit pas de guerre il u 'estoit pas nécessaire non fba 'd'avoir un Capitaine Gênerai/' (1). 11 est vrai que ledémesléqae l'on a voit avec les Anglois ressembloit fort à une guerre déclarés; mais on ne mettoit point d'armée eu campagne, et celuy qm CMamandoit les forces maritimes estoit tellement aimé et révéré det Gens de la Marine, qu'on ne leur pouvoit pas donner un Ckf plus agréable, ny plus autorisé.
La mesme affaire fit plus de bruit en Zeelande. Le Magistnl de Middclbourg en envoyant ses Députés à l'assemblée des Eattfr de la Province, le 22 Aoust, leur ordonna d'y représenter: » Qm
# le seul remede capable de guérir le mal dont l'£stat se travail ^affligé, et de prévenir celuy qu'on avoit encore sujet de craindra, » estoit, à leur avis, de donner la conduite des affaires de la bbt,
# et le commandement des armes par terre à un Chef de conaide*
# ration, avec la qualité de Capitaine et Admirai General; qv 'l'on estoit si fort obligé aux services que les Princes de k 'Maison d'Orange a voient rendus, que l'on ne pouvoit pu» 'dispenser de donner l'une et l'autre charge au Prince, levas?* 'Cesseur; et qu'on le pourroit faire avec Avantage pour l'Eatst 'en luy donnant pour Lieutenant une personne sage, entendis, 'et vaillante, de la Maison de Nassau, et proche parent à 'Prince, pour eu faire les fonctions jusques à ce quelejeatf 'Prince en fust capable; et cependant qu'on le feroit instruirt' 'dans la ltelijjion Reformée, et dans la connoissance des affaira 'du pais." Le mesme Magistrat leur ordonna encore, de faire instance à ce que les Estais de la Province envoyassent dei Db* putes Extraordinaires à rassemblée des Estais Généraux, qui Uschasseut avec les Ordinaires de faire entrer les autres Proiinea dans les mesmes sentiments (sî).
Dés que les Estats de Hollande, qui estoient assemblés en * temps-là, en furent averti?, et que l'avis de Middelbourg awil esté porté à rassemblée des Estats de Zeelande, ils résolurent d'y envoyer quatre Députés, et de tascher de faire éluder l'eseci" tion des sentiments qui estoient directement opposés aux inte-
(1) Voir ci-dessus, p. 9. Notre auteur oublie d'ajouter que les Etats de (îueldre n'avaient pas été unanimes à émettre cet avis.
(2) Résolution des Etats de Zclandc du 43 Août 1652.
La Hollande envoyé de* Député* en Zeelande. 189
leur Province. Us donnèrent cette commission à Jean fct, qui estoit en ce temps là Pensionaire de la ville de lit, et fut bientost après fait Conseiller Pensionaire des e Hollande et Westfrise, àJean Huidecoper, Seigneur seveen, Bourguemaistre d'Amsterdam, à Jacob Nieuw-
JSachevin d'Alcmar, et Francq Biccen, Pensionaire erent, et depuis Conseiller au Grand Conseil de Hollande (1). ur couvrir le véritable sujet de leur voyage, on les charplusieurs autres petites commissions, comme de prier les le Zeelande de se joindre à ceux de Hollande, et de seeurs intentions pour le règlement de Testât de la guerre, 'égard du passé que pour l'avenir; de nommer une pere leur part aux Ambassades de Dannemarc et de Suéde, aussy un Député à la Chambre Mypartie, et un autre
conférence de Malines, où on devoit ajuster quelques } avec les Ministres d'Espagne.
outre Députés de Hollande estant arrivés à Middelbourg, at que les Estats de la Province s'estoient séparés, et ne tient pas de neuf ou dix jours ; de sorte qu'ils furent obliprier les Conseillers Députés de les convoquer extraordiit. Pendant qu'ils attendoient le retour des Estats, le le Middelbourg, qui estoit prévenu d'une très meschante >n tant contre la Province de Hollande mesme, que contre Mines des Députés, que Ton pouvoit dire estre des plus
partisans de la liberté, fit du bruit, s'atroupa en divers
auprès de la maison où les Députés estoient logés, et les de les tuer et de piller l'hostellerie, Le soulèvement fut 1 qu'un des Bourguemnistres de la ville vint dire aux
qu'il n 'estoit pas en la puissance du Magistrat de déît de protéger leurs personnes contre l'insolence et Ternit du peuple, et qu'il les prioit de se retirer incontinent, lauver la Province du reproche qu'on luy pourroit uu jour avoir souillé les [mains dans le sang des Ambassadeurs leilleurs et plus anciens Alliés. Les Députés en delibereil y en eut dont la fermeté auroit esté en quelque façon
sans la resolution des autres, qui représentèrent si bien
sol. des Etats de Hollande du 27 Août 1652.
L90 Cotroge dé de Witt.
à leurs Collègues le préjudice qu'ils feraient à leurs Comnittafr et la honte dont ils se chargeraient eux mesmes, en se lûnuk intimider par un Magistrat foiblc et irrésolu, et en se retirai sans exécuter leur commission, que les autres se remirent è leur première épouvante. Le peuple de la ville de Yen on il a voient débarqué, et celuy de Vlissingue ou ils avoient fait n petit voyage pendant le séjour qu'ils avoient fait à MiddeUxtug en attendant le retour des Estats, s'estoient auasy fort emporta, et Ton craignoit qu'à l'occasion du jour de marché qui s st* coustumé d'attirer quantité de gens de la campagne à la «ït, la canaille des deux autres villes, dont le domaine appartient sa Prince d'Orange, ne vinst fuire insulte aux Députés. Cert pourquoy ceux d'entre eux que la honte avoit empeschédepsrtir, représentèrent aux autres le peu d'upparence qu'il y ai d'obtenir l'effet de leur commission; que leur présence ne fera» qu'achever d'irriter le peuple, et quelques uns du Magistrat qa n 'avoient desja que trop donné de marques de leur foiMessect de leur mauvaise intention, leur déclarèrent qu'il n'y avoit pool d'autre party à prendre que celuy de la retrait te (1). Toutes* touchés par l'exemple de M. de Witt, qui protesta qu'A t» cuteroit seul les ordres des Estats de Hollande, leurs Gonafr tents, quand mesmes tous les autres l'abandonneraient, fortifc tellement leur courage, qu'ils résolurent tous de demeurer, et di prendre audiance dans l'Assemblée des Estats de la Province,
Le Magistrat de Middelbourg voyant les Députés dans cetfe resolution, leur fit dire, qu'il eroyoit pouvoir répondre de km personnes, après Tordre qu'il a\oit donné aux Ministres Prefr cants de se rendre, dans la Cour de l'Abbaye, qui est le lieu cf dinaire de l'Assemblée des Estats de Zeelande, et d'exhorter k peuple de demeurer dans le respect qui est deu au Magistrat, d à des personnes publiques que leurs Alliés y avoient enioys* Mais les Députés qui ne trouvoient point leur seureté dans une* meschante et si indigne protection que l'on mendioit de geni que l'on devoit appréhender le plus, firent venir des garnisons «à*
(1) De AVitt, Jiri'rru. V. p. 12, dit, que le eonseil de se retire! leur fut donné #.... by verselieyde Hegcerders, endc spceiaclyk mede by seecker wel gcaucctiuiiccrt Borgcrinecstcr der voorsz. Sttde,"
Le» Bttats de Zeelande pertinent. 191
m quelques Capitaines du département de la Province de Holla, accompagnés de quelques officiers, et suivis chacun de quatre lait, gens de main et d'exécution, et tous armés de pistolets poche. Fortifiés de ce secours ils allèrent à l'audiance le r qu'on leur avoit assigné. Ils donnèrent ordre aux officiers et lato de se tenir serrés auprès d'eux, de se rendre maistres des kaa de l'Abbaye, d'en laisser sortir ceux qui se voudroient rer et de s'opposer vigoureusement à la canaille qui y voudroit «r. Au sortir de l'audinnce ils passèrent avec resolution et \6 an travers du peuple, qui s'estoit assemblé clans la Gourde >baye en grand nombre, avec une très meschante intention; s personne ne bransla.
Mans leur audiance ils n'insistèrent pas fortement sur les autres ils de leur commission; mais ils représentèrent particulicreit, que les traittés de 1575 et 1579 (1) ayant uny inseparaoent les deux Provinces, leur intention estoit de le3 faire conirar toutes deux comme le corps d'une seule Republique, ou m seule ville: et que les Estats de Zeelande ayant promis en , 1651, qu'ils ne disposeraient point du Gouvernement de leur rince, sans la participation de ceux de Hollande, ils ne dévoient
résoudre un affaire de si grande importance, comme est elle la nomination d'un Capitaine et Amiral General, sans en ir fait part à leurs Alliés (2).
>n leur répondit au bout de deux jours: Que Ton communiroit leur proposition aux Magistrats des villes, et qu'après la faire de leur première Assemblée, qui devoit estre ouverte la laine suivante, ils feroient scavoir leur dernière Résolution aux ato de Hollande (3). Tellement que les Députés voyant qu'il
avoit plus rien à faire, partirent incontinent, traversèrent la e de Middelbourg à pied, et s'embarquèrent à Vere en plein r, nonobstant les avis qu'on leur avoit donnés du péril qu'ils iraient dans l'une et l'autre ville.
Les Estats de Zeelande, bien loin de faire réflexion sur les rai- « des Députés de Hollande, escouterent les propositions de ceux
Middelbourg, que les Pasteurs appuyoient dans leurs ser-
1) Lisez: 1576.
9) Résol. des Etats de Zéïande du 5 Septembre 165Ô, p. 362,
3) Résol. des Etats de Zélande du G Septembre 1652.
193 Ut B*tatM de ZetUmi* penuient.
mons (1), et dans les conversations particulières qu'il» avec leurs confidents, et déclarèrent par une Besolution Que pour sortir du desordre et de la confusion que Ton rea* quoit dans les affaires, et pour prévenir les maux dontlïstt estoit menacé inévitablement, il estoit nécessaire de nomner ik à présent le Prince d'Orange Capitaine General par ment pi terre, et de luy donner pour Lieutenant General dans rais s> l'autre charge, le Comte Guillaume de Nassau, Goûter» ncur de Frise. Que c'estoit le meilleur, et presque le «si moyen de faire réduire toutes les délibérations, sans obstacle, rf avec plus de succès, et de ménager le secret, qui est l'ame du grandes affaires. Qu'en cela ils ne considéraient pas naissance du Prince, que le mérite de ses prédécesseurs, dort la conduite et la valeur avoient tiré l' Estât d'un esclavage supportable, pour le mettre en possession de la glorieuse libfltf dont il joùissoit présentement (2). L'intention des Eiteti à Zcelande estoit de sonder celle des autres Provinces (S), et à faire travailler à l'Instruction du Capitaine General, et de sm Lieutenant, si elles y estoient disposées. Mais au lieu de p*> ter leur Kesolution à l'Assemblée des Estats Généraux, mirai l'avis de leur Province, sur une affaire sur laquelle il ftDflft former une Kesolution générale de tous les Alliés, ils se eer tentèrent de la faire imprimer, et de l'exposer en vente par to4 afin de voir quel effet elle feroit dans l'esprit du peuple. EffrssJ aveuglement, dont on n'a pu se guérir, mesmes après que Tm a veu l'Estat presque nbismé, su Souveraineté exposée à la tion, et sa pretieuse liberté prostituée à la conduite du Prince d'Orange, à qui on demandait des miracles, pendad qu'il estoit cneore au berceau, et qui n'a pu répondre in * perances (juc Ton fondoit sur l'exemple de quelques uas de s* nneestres, et sur les qualités imaginaires que l'on vouloit tt« trouver en sa personne (4).
(1) Aitzcma, S. ran Staet, III. 32. p. 7G0.
(2) Résolution des Etats de. Zélandc du 21 Septembre 1652.
(3) Et en particulier celle des Etats de Hollande. Voir W*i de la même date.
(4) Dans l'édition imprimée on a eorrigé cette phrase delamafo suivante: # Etrange aveuglement, et dont on n'a pu se guérir, îrfs* après que l'on a vu l'Estat presqu'abimé, sa SoMrrrainrt* et u p*
Opposition de la Hollande. 193
Les Estats de Hollande qui considéraient de leur costé la OMeqoence de cette proposition, et ce qu'elle pourroit produire Ht dans le pais, qu'en Angleterre, apprehendoient qu'elle ne rfatst la négociation que Ton y vouloit faire faire, parce que i Rétablissement du Prince d'Orange auroit engagé l'Estat ne Je Boy, ennemy irréconciliable du Parlement. Ils jugeoient Uty que la Zeelande contrevenoit en quelque façon à V Union, i «anquoit à ce qu'elle devoit à la Hollande en prenant une (solution de cette importance, sans luy en rien communi- Hr(l). Il est Tray que la Resolution de la Zeelande n'estoit m ai entière en toutes ses parties, que deux villes de la mesme mince ne fissent instance à ce qu'on y reformast quelques iota qui ne leur plaisoient pas (2). Aussy leurs Députés Ordiûea n'en parlèrent point du tout pendant toute la semaine m leur Province presidoit ; mais ils se contentèrent d'en entreair ceux des autres Provinces dans les discours familiers et vticuliers, et avec tant de froideur et d'indifférence, qu'il y mit sujet de croire que ceux qui parloient avec le plus d'ostenfftion pour le Prince d'Orange, n'avoient point du tout de zelc ■V ses véritables interests.
Heantmoins les Estats de Hollande ayant appris que ceux de taddre, qui estoient assemblés, avoient mis l'affaire en delibeftion, ainsy que nous venons de dire; qu'il y avoit de l'apmnee que ceux d'Overyssel, qui s'alloient assembler, en par- Krient aussy, et que les Ministres Predicants de Zeelande enétendent leurs correspondances dans les autres Provinces pour lie réussir leur intention, trouvèrent bon de faire déclarer par |n|^. 'Qu'immédiatement. après le decés du Prince d'Orange defeàt; les Estats de Zeelande avoient résolu, conjointement avec ceux de Hollande, qu'à l'égard des charges de Capitaine
tme Liberté confiées à la conduite du mesme Prince d'Orange , à qui & demandoit des miracles pendant qu'il estoit encore au berceau, et ni ne pouvait répondre aux espérances que Ton fondoit sur quelqueset de ses ancêtres, et sur les qualités imaginaires que Ton vouloit $f faire trouver dans sa personne.'1
Q) Les Etats de Hollande écrivirent dans ce sens à ceux de Zel&de. Voir les Résolutions des dits Etats du 2 et 3 Octobre 1652.
(i) Goes et Zierikzee. Voir Rcsol. des Etats de Zélande du 20 ^tertre 1652.