IL
Cela ayant esté réglé, et les Députés de Hollam un point de délibération touchant le uombre des po cette Deputation serait composée, ceux de Gudd rent aussytost à la nomination, et en avisant à len nièrent van Bcverningh, Mauregnault et ! le premier de Hollande, le second de Zeelande, siéiue de Frise, qui sont les trois provinces les pla au commerce. Mais les Députés de Hollande qui s les deux derniers ne seraient pas agréables en Angle de rattachement qu'ils avoient à la Maison d'Or a désiraient que Ton n'y envoynst qu'un Député (1), < procédant dans les formes il falloit que les Estats d nommassent eux-mesmes les Députés, et que ee n'esto semblée des Estats Généraux à les nommer. Ce fut ] qu'ils rompirent cette délibération, mesme du consc Députés de Zcclandc, qui en des affaires de cette i doient volontiers les sentiments et les ordres exprès d mittents (2).
Quelque temps après la Hollande nomma Jer Bcvcrningh et Guillaume Nieupoort. La joignit Paul van de Perre, et la Frise qui devant opposée avec obstination à toutes les négociai autres Provinces vouloient faire faire avec le Parle n'uvoit pas voulu faire trouver ses Députés aux con l'on eut en 1G51 avec St. John et Strikland, noi Pierre Jongucstal, premier Conseiller de la Cou de sa Province. Elle a voit changé d'avis par le consc Comte de Nassau, son Gouverneur, pas tant parce mençoit à croire que la paix estoit nécessaire, que j
Instruction des Députés. $11
estre particulièrement informée de ce qui se pnsseroit en fÉHa négociation, où il y avoit apparence qu'il seroit aussy parlé ÎJMmterests du Prince d'Orange.
\ e~Let Députés avoient un ordre gênerai, de demeurer dans les F^mes de l'instruction que l'on avoit donnée à ceux qui avoient ppté* envoyés à Londres en 1651. On leur ordonna aussy de vivre £fe bonne amitié, et de faire confidence avec le Sr. Ne u ville - ^Binrdeaux, qui estoit en Angleterre de la part du Roy de ^Jhuce, et mesme de luy faire ouverture d'une triple alliance -'fàn le Boy son Maistre, l'Angleterre, et cet Estât. La Zee- .jnde insistait fort sur ce dernier point, et les autres Provinces ;jftecoramoderent à ce sentiment. Mais elles firent oster du pro- \M qne l'on avoit fait pour cela, les articles qui engageoient cet [jfrtat à une guerre offensive contre l'Angleterre, si on ne pouvoit jJfH convenir avec elle. La Hollande jugeoit qu'il n'estoit pas à ipopos qne l'on en vinst à ces extrémités, ou que l'on découvrist m intentions de l'Estat sur ce sujet que l'on ne sceut celles des jLftgkûs, et que l'on ne desesperast de pouvoir conclurre avec eux. pt afin que le Boy de Dannemarc qui, comme nous avons veu ailjbvs avoit rompu avec les Anglois, ne prist point d'ombrage de Mlle négociation, on luy communiqua l'instruction des Députés. Devant que de parler de la suitte et du succès de cette nego- 11, il sera nécessaire de dire les particularités de la revoludes affaires d'Angleterre, dont nous venons de toucher un Olivier Cromwell dont les pensées ambitieuses avoient objet la Souveraineté, ne pouvant s'asseurer de l'affection de {uelques Députés du Parlement, qui n'avoient consenty à l'aboliion de la Monarchie que dans le dessein de former un Estât popdaire; et sca chant d'ailleurs qu'il y en avoit qui continûoient bm correspondences avec le lloy, et avec ses Ministres, tant en tance qu'en Hollande, résolut de convoquer un Parlement à sa Mode et de le remplir de personnes de son humeur, faites à ses Itaiines, et dévouées à ses interests. Pour cet effet il avoit suborné quelques officiers de l'armée, qui mirent à leur teste le Bergent de Bataille ou General Major Harrisson, et eurent ^■eurance de faire séparer de leur autorité le Parlement (1). Il ■t sortir l'Orateur de sa place, et après avoir fait emporter la
(1) On sait que ce fut Cromwell en personne qui chassa le Parement.
212 Ti-oMp ne commande qu'arec chagrin.
masse d'argent par le Lieutenant Colonel Worshley, atee ta Registres, il fit fermer la porte de la salle de l'Assemblée.
Ce changement de théâtre n'empescha pas les acteurs d'acheitt de jouer leur roslc, et ne retarda point l'armement de leur armée navale, qui mit à la voile au commencement de May. Elleestoit composée de plus de quatrevingts vaisseaux de guerre, et de quinze brûlots, montés de plus de seize mille hommes, tant soldait que matelots, et de près de quatre mille pièces de canon, sooik commandement de M o n c k et de Dcanc. T r o m p coramandoit l'armée navale des Provinces Unies, et fît voile le 14 du raesme mois. Elle est oit aussy de quatrevingts vaisseaux de guerre, sani les cinq que la Compagnie des Indes Orientales y a voit joints. Devant que de s'embarquer il escrivit aux Estats Généraux et à ceux de Hollande eu particulier : » Qu'il ne pouvoit pas dissi- #mulcr que c'estoit avec regret qu'il alloit partir; que les meil-
* leurs vaisseaux avoient esté brûlés, ou coulés & fond dans les
* précédents combats, et que Ton avoit négligé de reparer cenx «qui estoient en estât de servir; qu'on auroit p il prévenir ces 'desordres si on y cust fait travailler dés lors qu'il rentra dans #les ports au mois de Mars; et qu'il n'uvoit tenu qu'aux Estais 'de prendre de l'avantage sur les Anglois; qu'il ne laisserait pu » d'obeïr à leurs ordres; mais que ce n'est oit qu'avec chagrin et re-
* pugnance qu'il se chargeoit du commandement de l'armée navale,
* et que ce seroit avec joyc qu'il verroit passer ce commandement
* dans d'autres mains. Il ajousta, qu'après ces remontrances on ne rpourroit pas s'en prendre à luy des malheurs et des disgrâces ^auxquelles il s'attendoit infailliblement." On ne luy fit point de réponse au sujet de son déplaisir, qui estoit dautant plus pardonnable qu'il alloit à. la teste d'un grand nombre de méchants bastiments, commandés la pluspart par des gens lasches et ignorant s, bazarder avec sa vie la gloire et la réputation que ses grandis actions luy avoient acquises; mais on luy ordonna d'aller escorter vers le Nord environ cent quatrevingts navires marchands, qui en pnnant leur roule par derrière l'Angleterre et l'Irlande, dévoient aller en France et en Espagne, et de ramener dans le» ports de ces païs la flotte marchande qu'on atî en doit de ces quartiers-là. Le> Généraux Anglois qui estoient avertis du dessein de Troinji, et de la route qu'il devoit prendre, le suivirent, et passèrent le 13 et le 14 May le long des costes de Zcclandc; de sorte (jue le 15 les deux années navales se trouvèrent comme rt présence, à la distance de cinq lieues. Mais elles ne se rencon-
Combat des armées navale*. 213
fimni point, et par une semblable ou pour le moins aussy heupe erreur, la flotte marchande manqua de rencontrer Tune et mbt, et arriva à bon port, composée de plus de trois cens na- JPN, lors qu'on l'attendoit le moins.
ttViwis que Tromp en eut le fit revenir sur les costes vers la |. du mois, et il alla après cela aux Dunes, à dessein d'y surrâdre A s eue. Mais n'y ayant pas reûssy, il ramena l'armée ■nie de l'Estat sur les costes de Flandre, où il rencontra celle rÀigleterre, à travers d'Ostende. Il avoit alors sous son pavillon ràftrcvingts dixhuit vaisseaux de guerre, et six brûlots, avec b|ads il s'engagea, le 12 Juin, sur les 2 heures après midy. M combat dura jusques à la nuict, et cousta aux Hollandois deux ninetox, dont l'un périt par son propre feu, et l'autre fut coulé jffcnd. Pendant la nuict Blake renforça l'armée navale de
relies vaisseaux, et le lendemain sur les 8 heures du matin Anglois se servant de l'avantage du vent, recommencèrent le £*bat, mais de loin, et à coups de canon. D'abord toutes les gpprences promettoient la victoire aux Hollandais, quand le M cessant presque tout à coup, la fit pancher du costé des Anpoil, qui remarquant la foiblesse de leurs ennemis, s'engagèrent Mt de bon sur les unze heures, et les attaquèrent avec plus de rigueur qu'ils n'a voient encore fait; ce qui obligea Tromp de
f. tenir serré et sur la défensive, à dessein de se retirer, comme. . it, jusques devant Ostende. Le lendemain il se mit sur les fcn devant Flessingue, ayant perdu dans ce combat, qui avoit pré deux jours, neuf vaisseaux. Celuy sur lequel il estoit monté MmH eau de tous costes ; de sorte que ne pouvant plus tenir la Mr, il fut contraint de rentrer dans les ports. Cette perte fut en pdque façon compensée par celle des Anglois, qui ne prirent pas P seul vaisseaux Hollandois, et perdirent plusieurs chefs de repu- ■tion, et entr'autres Richard Deane qui y commandoit après Admirai, et avoit esté un des juges du Hoy defunct (1). On ne laissa pas de parler à Londres de cette rencontre comme
■ la plus forte action qui s'estoit faite depuis longtemps, et comme
■ pins glorieux avantage que la Republique eust acquis depuis ** establishment. Aussy y fit- on resonner les rues de chants
• triomphes, et les temples d'actions de grâces. On y fit aussy
* feux de joye, entre lesquels on remarqua celuy de TAmbassa-
(1) Les détails du combat dans de Jonge, 1. c IL 1. p. 114—119.
214 TroHjrs de Fri*e en Northoilande.
deux de Portugal, qui fut le seul de tous les ministres estrangm qui témoignait publiquement qu'il estoit enneray de la prospérité de cet Estât. L avantage que les Anglois en remportèrent pardi particulièrement eu ce qu'ils demeurèrent inaistres de la mer, et se vinrent poster à lu vciie du Toxel, qu'ils tenoient par ce moyen comme investy, et empeschoient l'Escadre que Ton a cfae voit d'armer, de joindre le* forces de l'Estat, qui estoient aux Wielinguen.
Cependant les .Ministres qui estoient de la part de l'Estat en Angleterre es cri virent, que Ton a voit embarqué quinze cens soldats à Yarmouth, qui faisoient un corps considérable avec ceoi qui estoient desja sur lu flotte, et inenaçoient d'une descente les isles (pli couvrent In Hollande, comme le Texel et Vlie, ou mesme la terre-ferme (1). Ils ajoustoient que les Anglois estoient persuades qu'il leur seroit facile de prendre poste à Gocrede, ou à Helvoet, et mesme de surprendre l'Escluse, en Flandre. Le Seigneur de Noortwyck, du Corps de la Noblesse de Hollande, et Colonel du ltcgimcut de Northoilande, qui commandoit dans l'isle de Texcl, eut ordre de pourvoir à la seurcté de cette place, pendant que le Major Dorp vcillcroit à la conservation de Bride et de la Meuse. Mais les Conseillers Députés de Northoilande allarmés des avis qui venoient d'Angleterre, prièrent les Estât* (te Fri*c, et le Comte de Nassau, Gouverneur de la mesme Province, d'envoyer quelques-unes de leurs troupes au Texel; quoiqu'il n'y cu*t personne si capable de défendre un poste que le Seigneur de Noortwyck. Ceux de Frise y envoyèrent cent hommes des gardes du Comte, deux autres compagnies d'infanterie, vingt cinq mousquetaires commandés, et une cornette de cavalerie.
Les Estats de Hollande qui estoient assembles en ce temps-lt, en furent bien surpris, et ayant un déplaisir tres-sensible de voir entrer îles tmupes estraugercs, quoique de leurs alliés, dans leur province, sans leur consentement, et contre l'ordre de l'Estat, ili ordonnèrent aux Conseilh-rs Députés de Northoilande de les renvoyer, à moins qu'elles ne fussent si nécessaires que sans ce secours l'islc de Texel eourrust risque de se perdre (1).
Le Comte de Nassau, qui ne scavoit rien du mécontentement des Estats de Hollande, ny des ordres qu'ils venoient de donner, passa en personne dans l'i.-le; quoiqu'il jugeast bien luv-mesine q^ ce n'estoit pas le danger, qui l'y appelloit, puis qu'il y mena sa femme comme à un voyage de divertissement. Il n'avoit point de caractère,
(1) Résol. des Etat* de Hollande du 25 Juin et du 5 Juillet 1653.
Sédition à la Raye. 215
9f4» qualité en Hollande, et neantraoins les habitants de l'isle, b plupart pescbeurs, ou matelots, idolastres et infatués du nom COrange et de Nassau, ne laissèrent pas de recevoir le Comte HP* seulement avec les bonneurs que Ton a accoustumé de rendre Pi Gouverneur de la Province, mais avec des respects et des sous- ■Wons qui ne se rendent qu'au Souverain. Ils se mirent sous Jn aimes, malgré les défenses expresses des Conseillers Députés de Jfatfiise et de Nortbollande qui s'y trouvoient présents, et saluefat le Comte de leurs drapeaux. Les femmes furent au devant de J9 et de la Comtesse, ayant la teste couverte de chapeaux de Im, et les cheveux flottants sur le dos et sur les épaules, les feues et les femmes criant, qu'il falloit qu'il fust leur Prince, It parlant en termes fort scandaleux du Gouvernement des Ëstats ji Jb k province. On fit informer de ce desordre comme d'une de tres-pernicieux exemple; mais, comme là où tout le monde on ne punit personne, on jugea qu'il valoit mieux dissile mal que de l'aigrir en y appliquant le remède hors de
i U sembloit que le mal fust contagieux, et mesme qu'il eust
ifafccté plusieurs villes de Hollande, où le peuple se sousleva
4Mttre le Magistrat (2). Le desordre commença à la Haye à
i Jtacasion de la parade que les bourgeois y font tous les ans
fmdant la foire ou dédicace de leur église (3). Les Ëstats de la
Atovince avoient fait oster des drapeaux les armes du Prince
«'Orange, que l'on y avoit souffertes pendant que ses prede-
flBfteeurs avoient esté Gouverneurs de Hollande, aussy bien que
«ils les drapeaux des gardes, 'et en la cornette de la grande
compagnie de cavalerie, que Chrestien, Comte de Dohna,
CQ&imandoit en ce temps-là. Les bourgeois qui croyent la plus-
F**t qu'il n'y a point de différence entre la liberté et la brutalité,
Soient aux drapeaux, qui furent déchirés à coups de mousquet,
Ttinoipaleinent devant l'hostcl du Comte de Nassau, où ils
apitoient échauffés à boire, et en marchant en suitte par la Cour
^U Palais ils remplissoient l'air de leurs cris: Vive Orange,
\Vùn Nassau.
. (1) Résol. secret, des Etats de Hollande du 25 Juillet 1653.
(2) Des communications intéressantes concernant ces troubles se lisent dans les State Papers de Thurloe.
(3) Interprétation assez mal placée du mot kermi*, dont en Hollandais on désigne la foire*
216 Seditom à DordncèL
A la foire de Dordrecht il arriva quelque chose de sembUk Mais le Magistrat le dissimula, et Ton se contenta à la Haye k s'opposer à l'insolence de quelques jeunes garçons, qui canots} les vitres de la prison, et attaquoient par ce moyen udiitctoaei la Justice. Le 7 et le 8 Aoust la sédition y fut bien plus grufc La Princesse Roiale ayant ramené le jeune Prince d'Orange, soi fils, de Breda, ou les habitants, qui sont ses vassaux, luy troiesk fait hommage, et ayant (1) quelque dessein d'animer le peuple contre le Magistrat et contre les Estats, cust l'imprudence de k présenter à une fenestre, pour le faire voir à un grand nombre h petits garçons qui s'estoient assemblés dans la cour du psJsk L'Avocat Fiscal , qui fait aussy la fonction de Prévost, les < d'abord; mais quelques* uns de la dernière lie du peuple s'a mcslés avec cette jeunesse, ils firent un effort pour piller sa maiaos; et en cassèrent les vitres, comme aussy celles de son Substitut, dt - Bailly, et d'un des Bourguemaistres de la Haye, de MIL d'Amsterdam, et de Jacob de Witt, Député de la ville de Dordrecht. On donna ordre aux bourgeois de se mettre sous kl armes; mais ils estoient mal intentionnés, et fomentoient menai: la sédition sous main. De sorte que l'on fut obligé de se servir , de la cavalerie qui y estoit en garnison, pour dissiper la canaille. ': Le lendemain on fit venir quelques compagnies d'infanterie, qui : estoient logées dans les villages voisins, et par ce moyen l'autorité de la Justice se trouvant appuyée des forces de l'Estat, os fit prendre et punir quelques-uns des plus mutins, et on coatrnignit les autres de s'enfuir. A Rotterdam, Alcmar, Hors, Mcdcnblick, et Vlaerdingue le peuple contraignit le tambour qui battoit pour faire lever des matelots, de faire les criées au nom du Prince d'Orange, en rompant la caisse de ceux qui itfisoient de le faire, les outrageant, et les menaçant de les jetter dans l'eau.
Ce n'estoit que des emportements; mais à Ënckbuysen il y eut une rébellion formelle (2). Le menu peuple qui n'y vit que de la navigation et de la peschc du haran, se voyant comme assiégé pendant que l'armée navale d'Angleterre tenoit les ports de Hollande fermes, et estant animé par des gens qui ne trouvoient pu leur compte dans le repos de la Province, se mutina, et pilla la
(1) Edit. impr.: et ayant apparemment quelque dessein, etc.
(2) Voir Résolut. Secrètes des Etats de Hollande du 23, 27 J* 1, 2, 4, 11, 17 Juillet, 2, 4, 28 Septembre 1653.
SeâUitm à Enckkvyten. 217
d'un conseiller de la ville, qu'il accusoit d'avoir fourny et de contrebande aux ennemis. Il se saisit de l'arsenal, psins et des munitions, traisna le canon sur les remparts, sur les barques chargées de soldats que Ton y envoyoit,
le Magistrat, et empescha le Seigr. de Brederode, al de Camp, d'entrer dans la ville avec les commissaires dut de Justice (1), qui alloient informer contre les auteurs lesordres, et tascher de les faire cesser. La ville demeura stat jusques à ce qu'au bout de quelques mois on trouva d'y faire entrer des gens de guerre, par l'addresse d'un r des Estats, qui estant allé à l'hostel de ville à l'heure , et ayant fait sonner le tocsin, tout le peuple y accourut tendre ce qu'on alloit publier de la part des Estats, et
qu'il y marmottoit quelques paroles en lisant un pail tenoit à la main, on lit débarquer neuf compagnies arie, qui s'estant rendues maistres des portes, du canon, parts, et des plus importants postes de la ville, firent 3 peuple, et envoyèrent quelques-uns des pins mutins pri-
à la Haye. Les plus criminels s'estoient sauvés; c'est f on se contenta de condamner quelques-uns de ceux que oit, à des amendes pécuniaires, et on renvoya les autres, s avoir exhortés d'estre plus sages à l'avenir. C'est de aniere que l'on en a souvent usé en ces païs, et avec parce que les esprits s'y ramènent plus facilement par or et par une correction fort médiocre que par une trop «vérité.
y appliquer un remède plus fort et plus capable de pre- \ maux de cette nature, on fit exhorter les Pasteurs, qui
très-grande autorité sur le peuple, de luy représenter ice qu'il doit à ses Magistrats et à son Souverain (2), et ma aux Officiers de Justice d'informer des discours sedi- [ se font ordinairement dans les chariots et dans les bar- *c plus de licence qu'en aucun autre lieu du monde (3). sterité aura de la peine à le croire, et neantmoins il est
que le Magistrat d'une des premières villes de Hollande
des Etats.
sol des Etats de Hollande du 3 Juillet 1653. Résol. du 3 Juillet 1653 contre les discours séditieux était leur excessive. Voir les observations de Kluit, UUtorie der h'e Staatsregcling, III. p. 266, 267.
Ni
218 La tille de Haerlem a envie de parler pemr le iVtac* /Orsiffc
se pust persuader que le seul nom du Prince d'Orange fanl cesser toutes ces séditions, et estoit capable de ramener M h peuple à sou devoir. Il estoit d'ivis qu'il fallait donner oit satisfaction au peuple, et jugeoit que ai la Hollande en nùnita première ouverture, elle aurait cet avantage que le Prince bj m auroit toute l'obligation, et que si elle ne le faisoit pas de grâce elle auroit le déplaisir de se voir extorquer par ls ou par les autres Provinces ce qu'on ne luy pouvoit pas refcnt Le mesme Ministre de Haerlem qui avoit esté arresté par ls Pria* defunct, en 1650, avec les autres Députés, et qui s'estoit fort remis avec luy, s'il estoit bien vrai qu'il y estoit mal lors qui M arresté, en devoit faire la proposition dans les Estais de quand un autre ministre plus réservé, et moins intéressé, Tenir tourna, et l'obligea par des raisons convainquantes à represeatr* Magistrat: Que ce remède pour n'estre pas de saison, serait Isf dangereux, et ne ferait qu'aigrir le mal, en jettent dans lt As> vince des semences de divisions dont le temps ne la pourroë guérir. La ville mesme en revint, et jugea qu'il n'en falloiï parler que l'on ne sceut le succès de la négociation qui se en Angleterre: faisant bien connoistre qu'elle n 'estoit pis du timent de ceux, qui en appellant le Prince d'Orange aux ges de ses prédécesseurs, vouloient qu'on en fist faire les f< par un Lieutenant.
C'estoit le sentiment des Estats de Zeelande, qui avoient en Septembre 1652, qu'il serait ordonné à leurs Député* s*W faire la proposition dans l'assemblée des Estats Généraux, et tj représenter la nécessité en laquelle l' Estât se trouvoit de faire» Capitaine, Admirai et General et de nommer à cette chars» a Prince d'Orange; à condition que le Comte de Nassau, G* verneur de Prise, en feroit les fonctions pendant la minorité» qualité de Lieutenant General. Ils u'en firent pourtant l'ouiert* que le 28 Juillet 1653, pendant que cette Province y presidoit(tt
Les Députés de Frise et de Groningue qui avoient leur Capitaine General, et qui ne dévoient pas s'intéresser dans m affaires domestiques des autres Provinces, les en remercier»* Mais la Hollande prévoyant le mal qui arriverait iafaillfl)** ment si la Zeelande faisoit encore entrer quelqu autre proià* dans ses sentiments, et voulant, en conservant la SouFenia*
(1) Aitzcnia, S. v. S tact, 11 L. 33. p. 826.
'^Ueiamde propote de nommer h Prince <POra ng e Copit,- Ge*. et Jdmir. 219
h k Province, empescher la division des autres, pria l'Assemblée |* trouver bon que Ton differast pendant quelques jours de délivrer de cette affaire: ce qu'elle n'eut pas beaucoup de peine à lÉenir de ceux de Gueldre, d'Utrecht, et d'Overyssel. »EUe craignoit aussy que les Estats de Zeclande n'envoyassent H Députés aux villes de Hollande, afin d'y faire des cabales |pr l'élection d'un Capitaine General. C'est pourquoy elle défedit aux Magistrats d'admettre aucune deputation, et de don- W audience en leurs Conseils aux Députés des Estats Généraux, aucune autre Province, ny pour cette affaire, ny pour aucune itre: de peur de renouveller la mémoire des scandales de Tan |M, dont on ressentait encore les suittes et les effets. Les Deiftés de Leyde ne voulurent pas d'abord y consentir; mais quel- Mi jours après ils déclarèrent que leur ville corn pren oit bien qu'en ntat où estoient les affaires on ne pouvoit pas parler de l'âec- Éll d'un Capitaine General sans altérer en quelque façon le repos g FKstat, et que pour la mesme raison on ne devoit pas permet b que les Députés de Zeclande prissent audience dans les Con- ■0 des villes de cette Province; mais que l'on ne pouvoit pas ht un Règlement gênerai sur ce sujet, et qui pust servir de Jf à revenir, parce qu'il estoit nécessaire de le faire du con- Memeut unanime de tous les membres; et qu'ainsi elle se re- ■roit la liberté d'en user à 1 avenir ainsi qu'elle le juge roi t à JBpos. Les autres villes soutinrent au contraire : que c'estoit une bire d'ordre, que l'Assemblée pouvoit régler à la pluralité des Ru, à laquelle toutes les autres villes estoient obligées de défrw (1). Et de fait les Estats de Hollande ne laissèrent pas Èserire aux Nobles et aux Magistrats des villes de la Province, ivr les exhorter de n'admettre plus dans leurs Conseils les Dettes que les Estats Généraux ou les autres Provinces y pourêukt envoyer pour des affaires qui regardent le public (2), directttent ou indirectement, * parce que, disoient ils, ces Deputations lie peuvent servir qu'à diviser les Provinces, à faire violence à. la liberté des suffrages dans les assemblées générales, et à blesser l'autorité et la souveraineté de la Province." les mesmes Estats de Hollande indignés de voir que ceux deZeefede décrioient leur conduite, et que leur Resolution fortifioit les
(1) Resol. des Etats de Hollande du 27 Août 1653. (8) Edit. impr.: le Bien public.
220 Lêê Entais de Hollande j> opposent.
calomnies de ceux qui la condamnaient par des in? actives et pi des libelles imprimés, firent voir de leur coati que ee proeeèJ estoit dautant plus dangereux et injuste, qu'en mettant su h tapis une affaire de cette nature, on travailloit à diviser les Jh> vinces, et à déchirer F Estât sans retour et sans espérance de» conciliation, et dans un temps ou Ton estoit aux mains avec II plus incommode et le plus redoutable ennemy que l'Estat eut jamais eu. Ils disoient qu'il n'y avoit point de nécessité du ta* de faire un Capitaine General, puis que le Capitaine General n'ajai point de fonctions que lors que Tannée est en campagne bon 11 territoire des Provinces Unies, ils ne pou voient pas compressa à quoy il pourroit servir dans un temps ou il n'y avoit point si guerre qui pust obliger l'Estat à mettre une armée en campagst Que d'ailleurs il n'y avoit rien qui les nécessitait de faire m Admirai en Chef, puis qu'on ne l'a voit jamais veu commandera personne, et qu'il y avoit un Lieutenant- Admirai qui avoit reaè de si grands services, et qui estoit encore si capable d'en rendu que l'on n'en pouvoit pas employer un autre sans luy faire tort, et sans faire le dernier préjudice à l'Estat
Ils firent mettre ces raisons par escrit (1), et les envoyé»! aux Provinces que la Zeclande taschoit de faire entrer dans s* sentiments. Ils y ajoutèrent, que la conduite que le Comte Gnil* la urne avoit tenue, laquelle avoit failly de perdre toute la ftovince de Groningue, faisoit bien connoistre que les ministre! si travaillent pas avec tant de succès à raccommodement des dnV rends qui brouillent et qui divisent les Provinces, que les Eststs eux-mesmes quand ils veulent s'en donner la peine; et que ceox-a se trompoient qui pretendroient pouvoir persuader à des gev d'une médiocre capacité, qu'en supprimant les charges de qsd* ques Ministres, ou en faisant cesser leurs fonctions, on changes! la forme du gouvernement de l'Estat. Ils les firent prier de tt souvenir de la proposition qu'elles avoient faite sur ce sujet dm la Grande Assemblée, le 30 Janvier 1651, et conjurèrent les Provinces de se rendre à ces raisons, ou du moins de ne rien résoudre à cet égard qu'après en avoir communiqué avec les D* putes de leur Province, et après avoir bien examiné les nrijon dont ils s'estoient dcsja servy, ou qu'ils pourroient encore en* ployer à l'avenir.
(1) Cette déduction se lit dans les Résol. desditsEtatsdu7Aotttl6&
Ormdngne travaille inutilement pour le Prince <P Or ange. 221
Cet Escrit fit l'effet que l'on s'en estoit promis. Les plus sages n consideroient que les Anglois profitaient de ces contestations, )d faisoient tort à la négociation de Londres, condamnoient la induite de ceux de Zeelande; et les plus échauffés eurent le dé- Itirir de voir qu'ayant trop tost et mal à propos découvert leurs Entions, ils a voient aisdé à détruire les espérances du Prince ftrange, en achevant d'irriter la Hollande, de laquelle seule il evoii apparemment attendre tout son avancement. Par ce moyen il villes de Yere et de Flessingue qui s'y estoient le plus opilutrées, furent obligées de céder aux autres, et de souffrir que M ne parlast plus de l'affaire.
Lès Estats de Groningue es cri virent à ceux de Gueldre au jjet de l'avancement du Prince d'O range à la charge de Capiine General. Mais l'opposition et les devoirs que la Hollande ■ faire dans la susdite province arresterent les délibérations que m J avoit commencées.
Beprenons maintenant le narré des expéditions qui se firent en I temps-là sur mer (1). Tromp qui avoit eu de la peine à se nrger du commandement d'un grand nombre de vaisseaux mal utis et mal montés, eust bien plus de sujet de se plaindre ■es le dernier combat. Les autres officiers généraux et chefs ttcadre faisoient les mesmes plaintes, parce que la pluspart M vaisseaux n'ayant esté construits que pour la marchandise,
n'estant pas fort propres pour la guerre, le meilleur de tous I pouvoit pas affronter avec avantage le plus mauvais des vaisnnx Anglois. De sorte qu'ils faisoient difficulté de servir si on I leur en donnoit d'autres où leur vie et leur honneur ne cour* lient pas tant de risques. Ils demand oient aussy que deux ■vires chargés de trois mille quintaux de poudre, et d'un bon Ombre de boulets, suivissent l'armée navale, avec quelques autres listeaux chargés d'eau douce, de bierre et d'autres rafraischissc- «nta; et que Ton donnast un mois de gages aux matelots devant ne de les faire embarquer, comme aussy que tous les collèges de Admirauté réglassent leurs gages sur le mesme pied pour lever » jalousie qui les commet toit entre eux.
L'equippage de l'armée navale d'Angleterre estoit travaillé de laladies et d'autres incommodités, et ses vaisseaux furent fort ittas de la tempeste pendant qu'elle demeura aux costes de
(1) Voir de Jonge, 1. c. II. 1. p. 175 sv.
282 Combat de* deux armée* navale*.
Hollande. Mais elle ne les quitta point parce qu'on loy envoya tous les jours les ra frais classement s nécessaires d'Àngldmi et qu'on reparoit do temps en temps les pertes qu'elle faiioà L'armée navale de cet Estât estoit toujours aux costes de fa* lande, où elle se radouboit, et se dispospit à un autre enbut. Apres y avoir séjourne six semaines elle en partit le mirdj, 5 Aoust, et le 8 elle passa à la vue de Scheveningue, au nom* bre de quatre* ingts vaisseaux de guerre, fort résolue d'ik chercher les Anglois, et de les faire s'éloigner de Texel, ail de donner passage à l'escadre du Vice-Ad mirai Witte, lai les Anglois vinrent au devant de Tromp, et le combsttirent le mesme jour sur les 5 heures du soir. La bataiBi » donna les deux armées se trouvant à travers du village de JbV teu, et dura jusques à 10 heures. Les Anglois n'y point d'avantage du tout, et les Hollandois n'y en eurent pot* d'autre si non que ce combat fit sortir Witte, Car le bnà du canon se faisant aisément entendre au Texel il ne pot* voit pas douter que les deux armées ne fussent aux C'est pourquoy s'aidant de lanternes et de falots dont les mm* ncurs furent contraints de se servir durant l'obscurité de fc nuict qui estoit fort noire, il fît remorquer ses vaisseaux j à la pleine mer; de sorte que le lendemain sur les 5 apres midy il joignit l'Admirai avec vingt sept vaisseau 4 quatre brûlots, presqua la vciic des Anglois, qui ne purent f* einpcscher cette jonction. Ce jour-là, 9 Aoust, le vent Nord-Ouest, les deux années avoieut esté obligées de s'ébigW de la eoste, et ne purent pas se battre. Mais le 10 s'eitflft rencontrées presqu'au mesme lieu où nous avons dit que les frscheurs de Macslandsluys a voient veu dans l'air un combat Hval vers la fin de Tan 1651, après avoir partagé le vent efl* recommencèrent à se charger sur les cinq heures du mit» Mais le malheur voulut que Tromp, qui, à son ordinal* s'estoit avancé jusques au milieu des escadres ennemies ip* avoir essuyé le feu du Contr'Admiral Anglois, et des deux ln> gattes qui le serondnieiit, voulant desrendre de la Dunette po* donner ordre au canon, un coup de mousquet tiré de la deroMM fregatte l'nttaignit au dessous de la mammclle gauche, et hf perça le coeur. Il employa le moment qui luy resta de vie» exhorter les matelots à combattre avec courage, et à prier H* d'avoir pitié de son aine, et de ceux qui dependoient de s» commandement. Le capitaine qui conunandoit le vaisseau Àdnji»
Tromp est tué. 223
M Tromp (1), donna aussytost le signal pour faire venir les Hère généraux à son bord. Ils ne témoignèrent point de contifmtion du tout de cet accident, et après avoir donné ordre au ykaine de combattre vaillamment, et de continuer de porter ftvillon afin de cacher la mort de l'Admirai aux ennemis, et Hmt aux autres officiers de l'armée, ils retournèrent chacun à Ir poste. Les chefs de cette armée, qui méritent bien d'estre tannes îcy, Jean Evertsson, Vice Admirai de Zeelandc, 'ttte Cornclisson Witte, Michel Adrien de Ruyter, Pierre Florisson, donnèrent après cela les dernières preu- Éf de valeur, et du ressentiment qu'ils avoient de la perte qu'ils ■oient de faire de leur Admirai, dont la mémoire est encore ? Vénération, non-seulement à ceux de sa profession, mais en- Vè i tous ceux qui ont un véritable zèle pour la gloire et le ta du païs. Le malheur voulut encore que le vaisseau d'Evertsfa qui succéda au commandement gênerai après la mort de fomp, fust mis hors de combat. De sorte que pour ne le pas inr tomber au pouvoir des ennemis, il le fit remorquer jusques lires de Goerede à l'entrée de la Meuse, et celuy du Commanïït de Ruyter entra au mesme estât dans l'autre emboucheure ;tette rivière. Le combat dura jusques au lendemain, et dautant b le vent s'estoit mis au Sud-Ouest, les deux armées avoient esté KMblement portées vers le Nord à travers du Texel, où elles [•eparerent.
Dîna la lettre que Monck escrivit au Parlement au sujet de Se bataille, il dit, entr'autres particularités, que des cinq pâlot» généraux Hollandois il en a voit abbatu trois; qu'il avoit ftaeé l'eunemy, qu'il l'avoit poursuivy jusques aux costes de SDande, et jusques à ce qu'il eust veu entrer la flotte Hollanlle su Texel, à la clarté de plusieurs lanternes que les lamaneurs tient posées sur le derrière de leurs chaloupes. Il est vray que ■ remarqua dans le combat, ce que Ton avoit aussi veu dans toque tous les précédents, que plusieurs capitaines avoient manqué leur devoir. Witte dit dans son rapport: Qu'il y en avoit ' trentesix qui avoient esté spectateurs du combat, et qui se Mut éloignés des coups, avoient esté cause de la perte de pluan honnestes gens, qui s'exposent tousjours les premiers. Mais
[1) Ce fut. Egbert Meussen Kortenaer, élève plus tard au tg de Lieutenant-Amiral.
884 S*itte* du combat.
il est vrny aussy, que Tromp devant mesme que deptrifctY rendez-vous, avoit jugé que parmy une si grande quantilé vaisseaux il y en avoit qui estoient inutiles, et neantmoin f% estoit à propos de les mesler avec les autres pour faire et pour donner dans la veûe ; mais qu'ils ne dévoient psi battre, afin de ne point augmenter la honte et lapertedeFEit aussy bien que la victoire des ennemis. Les Ânglois dent encore y avoir eu cet avantage qu'ils estoient maistres de la mer, parce que Monck se retira le denier. I dit bien dans la lettre qu'il escrivit au Parlement, qu'A contraint l'armée Hollandoise de rentrer au Texel de la ni que l'escadre de Witte en estoit sortie; mais il y ajoute estoit à 18 lieues du Texel, où il estoit plus éloigné dei c de Hollande que de celles d'Angleterre, de sorte qu'il n'a p» voit rien scavoir, que ce que les conducteurs des galiotes h} ■ avoient rapporté; et dés qu'il sceut qu'elle estoit rentrée, 1 retira en Angleterre.
La lettre que Witte escrivit aux Estais marque, qu'il y» perdu quatorze vaisseaux. Hais il est certain que l'Eitsti en perdit que neuf, tant pris, que brûlés, ou coulés à fond; ques-uns de ceux que Witte croyoit perdus, ayant esté par Evertsson et Buy ter dans la Meuse, quoique et en asses mauvais estât. La pluspart des officiers et da si telots qui estoient sur les navires qui périrent, furent nmkp les Anglois, qui par ce moyen firent plus de sept ceai niers. Pour ce qui est du reste, la perte fut à peu presé^i Il y eut environ six cens hommes de tués d'un costé, et de l'autre. Mais les Anglois y perdirent plus de vaisseaux;** s'il faut croire ce que l'on en asseuroit en ce temps-là, le Vi» Admirai Witte auroit pu défaire toute l'armée Angloises'fle^ fait seulement bonne mine, et auroit fait retirer Monck fi^T mesme ne se fust retiré le premier. L'Estat y trouva cet in&fi que l'armée navale d'Angleterre ne pouvant plus tenir la merij* ce combat, fut contrainte de s'éloigner des costes de HoDtffc et des ports qu'elle tenoit auparavant comme assiégés. En ** que l'on peut dire en quelque manière, que les Anglois furent c* traints de lever le piquet, et n'avoient presqu'autre sujet de jqi que ecluy qu'ils trouvoient dans la mort de Tromp, Lieutetflfr Admirai des Provinces Unies, qui firent en sa personne une p** inestimable, laquelle le temps et l'admirable conduite de MicW (le liuytcr ont eu de la yeiue à faire oublier.
Caractère et fortune de Tromp. ; 825
Pd peut dire de ce grand personnage, qu'il s'estoit fait luyfine, et qu'il s'estoit élevé jusqucs à cette émiacntc charge par
tertu et par son mérite, qui luy avoicnt tellement soumis la rftuae, qu'elle ne l'osa jamais abandonner, sinon au dernier muant de sa vie: quoique Ton puisse dire que ce fut un de l plu* heureux moments, puis qu'il ne la pouvoit pas finir plus rieusement. Il n'cstoit aagé que de 8 ans lors qu'il commença servir l'Estat sous Uarpcrt Martensson Tromp, son m, qui commando it une frcgatte dans le combat de Gibraltar,
Jacob de Ueemskerk qui commandoit l'armée navale, fut L II n'a? oit qu'unze ans lors que son père perdit la vie dans
eombat qui se donna en la coste de Guinée; et luy mesme » pris par un fameux corsaire Ànglois qui avoit sa rctraitte à lé. Apres avoir servy deux ans et demy cet écumeur de mer, trouva le moyen de sortir de l'esclavage, et servit de (duartieristre dans un vaisseau de guerre de son pais. Depuis ce temps-là,
durant la trefvc de 1609, il fit plusieurs voyages servant de ntremaistre dans un navire marchand, jusques à ce qu'en 1622 Fit fait Lieutenant d'un vaisseau de guerre. Au mois de Juin M, le Prince Maurice de Nassau luy donna le commandent d'une petite frcgatte montée de quarente hommes; et Mis ce temps-là il n'y a presque point eu de rencontre sur r où Tromp ne se soit trouvé, et ne se soit signalé par quelque nbat» Ses belles actions ne sont pas du sujet de cette histoire,
méritent bien qu'on en fasse une particulière de sa vie et de i miracles (i). Mais j'estime que l'on ne peut passer sous silence,
parler trop souvent de l'illustre victoire qu'il remporta en l'an 19 sur l'armée navale d'Espagne, commandée par Don Antonio Oquendo. Elle estoit composée de soixante sept vaisseaux,
pluspart fort, grands, et parfaitement bien montés, et avoit die de débarquer à Dunqucrque ou ailleurs vingt cinq mille •mes de guerre; de sorte qu'elle approchoit de celle que l'on fdloit V Invincible, et que l'on vit venir et perir sur ces costes I 1588. Tromp n'avoit d'abord que dix6cpt vaisseaux; mais 1 voyant renforcé de treize autres quoique fort médiocres, il bqaa Don Antonio, la nuict du 13 au 19 Septembre, et le •trtignit de se retirer aux Dunes, où il l'assiégea, le canon na,
le défit, au mois d'Octobre; de sorte que de toute cette puis-
1) Edit. impr.: merveilles.
226 Resol. des Estât* de Hollande touchant la charge de LientenëntJémnL
santé année il n'arriva à Dunquerque que treice Taissetnx. Dj en eut quarcnte pris, brûlés, ou coulés à fond, et le ratett dissipé. Apres cette défuite des Espagnols le Prince Heirj d'Orange qui comme Admirai en Chef disposoit de Urinai charges qui dépendent de celle-là, fit expédier pour Troap ■ brevet pour In charge de Lieutenant- Admirai, laquelle il exerçai dcsja depuis deux ans par commission. II faut avouer qwjnâ homme n'acquit une si haute réputation dans cet employ ij m la mérita avec tant de justice. De sorte qu'on peut dircqiTijnt esté reveré pendant sa vie pour sa vertu, aimé à cause de «b«*t estimé pour sa prudence, et redouté pour sa valeur, il ne eeM de vivre dans la mémoire de la postérité jusques à la cot*s> mation des siècles.
Les Estats tirent enterrer le corps à Dclft dans le mes* temple où Ton voit le mausolée des quatre Princes (TUraaga de la Maison de Nassau, derniers décèdes, et raccompagna*1 en corps jusques au batteau qui le devoit porter de U Hije à Delft, où quatre compagnies de bourgeois qui s'estoients* sous les armes, le reeeurent, et le conduisirent jusques an de sa sépulture. Ils luy firent faire aussy une belle tombe dopons du Public.
11 avoit esté proprement au service des Estât* de Hollande, A ne commandoit les forces maritimes de l1 Estât qu'en vertu d'à* commission particulière, et comme par emprunt. Néants** comme il avoit esté tué dans le service des Estats Generanx,4 que c'est oit eux qui f ai soient les frais de ses funérailles, ceni k Hollande ne firent point de difficulté de céder en cette cerefflos* la préséance aux Estats Généraux, ainsy qu'ils a voient fart* d'autres rencontres semblables et particulièrement aux entai* nients des l'rinccs d'Orange, Capitaines Généraux de rEstatfft II» voulurent aussy rcconiioistre les services du defunct dani*personne d'un de ses fils, à qui ils donnèrent uue compara* d'infanterie.
Les Estats de Hollande ne scavoient pas comment ils res}*" roient un poste qui venoit de vaquer par la mort d'un si pO* homme. Le mérite des chefs qui uvoient commandé l'armée»1. Vide sous luy est oient bien loin au dessous de oeluy du defin*» et celuy des Vicc-Admiraux qui pouvoit avec le plus de jnw*
ije
(1) Rcsol. des Etats de Hollande du 29 Août 1653.
Obdam Lieutenant- Admirai, 237
te charge, estoit d'une humeur si incommode et si
ses commandements que Ton n'osoit la luy confier: autre costé on ne luy pouvoit pas préférer un autre
qualité sans luy faire le dernier outrage, et sans le \ desespoir. C'est pourqnoy ils résolurent de le donersonne dont la naissance accompagnée de valeur et îes qualités, pouvoit suppléer à ce qui luy manquoit l'expérience. Pour cet effet ils jetterent les yeux sur Nassau, Seigneur de la Leck, de Beverweert, etc., Bataille des armées de ces Provinces, dont le frère u siège de Grolle en 1628, avoit eu la mesmc charge, b de Wassenaer, Seigneur d'Obdam, Colonel de Gouverneur de Heusde.
emier témoignant peu d'inclination pour cet employ, rent le 22 Septembre 1653 à l'autre. Il fit d'abord ; demanda la qualité ou du moins le titre d' Admirai sant aux Estats tout le pouvoir et l'autorité supresme.
aussy qu'on luy laissast la disposition des charges du moins dans les occasions et lors que les armées ent en mer; que l'on augmentast les gages et appoinle defunct avoit eus, parce qu'il seroit obligé de vivre
lustre; qu'on luy conservast ses charges et son Gouet qu'on ne le rendist point responsable des fautes t commettre par ignorance, du moins ailleurs que depes compétents et naturels de la justice ordinaire; et
eust quelque considération pour sa femme et pour ses cas qu'il fust tué dans le combat. On estoit si fort onner un chef à l'armée navale que la pluspart des it d'avis qu'il falloit luy accorder ce qu'il demandoit, lloit passer si on n'eust mis en délibération : # Si elle i nature de celles qui peuvent estre résolues à la pluvoix?" Toute l'assemblée demeura d'accord, que la mirai en Chef estant dévolue aux Estats de Hollande, il les avec la noblesse qui forment la souveraineté de
y a voient part, et droit d'en disposer, ce dont les voient pas estre dépossédées par les autres si elles ne volontairement. Et ainsy l'opposition de celles qui ne >int que cette dignité sortit de la Maison d'Orange ue d'O b d a m ne put obtenir la qualité d'Admiral en disposition des charges. En suitte de cette promotion Généraux luy donnèrent le commandement des forces
298 Ta Rog # Angleterre veut tenir à In Hnwt.
navales de l'Estat pour toute Tannée 1653, et par profita M» leinent.
Les Estât s de Hollande considérant l'exécution ( l) que lepai nombre d'officiers généraux peut faire dans une bataille, firata Vice- Admirai, et un Contr'Admiral ou Chef d'Escadre pour «s* cun des trois collets de l' Ad m ira ut é de leur province (2).
Le Koy d'Angleterre s'iraaginant que les offres qu'il avoh cy-devant, de joindre ses intérêts à ceux de l'Ëstat, et de les* vir en personne contre le Parlement, seroient mieux receûei lestât ou les affaires estoient réduites, es cri vit à la Princesse Mil sa soeur, que son intention estoit de venir à la Haye. Les Ertrii de Hollande qui vouloieut traitter avec le Parlement firent atendre à la Princesse : 'Que le voyage que le Koy ferait 'ces puis ne seroit pas seulement préjudiciable à S. M. maiii 0 tres-prejudiciablc à l'Estat, à la Princesse, à sa famille, et M ÏSJ #iticsmc. Qu'elle feroit bien de le disposer à ne le pas faire f» 'scntcincnt, et mesine à ne le point faire du tout sans en à «les Estats Généraux, aussy bien que ceux de Hollande «que d'entrer dan9 cette province, afin que les uns et les » pussent juger s'il pourroit y séjourner sans faire tort au m de l'Estat." Et dautant que le Boy d'Angleterre avoit témopf en parlant de ce voyage, qu'il ne laisserait pas de le faire a m' traitté ne se concluent poiut entre les deux Republiques, les I* tats de Hollande jugèrent à propos de faire exécuter enleorpt» vince leur résolution du 4 Octobre 1651, par laquelle les prima et grands seigneurs est rangers estoient avertis de ne point atiff dans le puis qu'ils n'eu eussent donné avis à l'Estat; et il» ca firent part aux Ministres Etrangers qui se trou voient à la Hi*.
Les armées navales des deux Estats estoient cependant rentré» en mer, au commencement de Septembre, avec des forces pre*}* égales, au moins ù l'égard du nombre des vaisseaux. Le Vi* Admirai VYittc qui commandoit la flotte des Estats, compoifr de qua rente neuf vaisseaux, devoit escorter trois cens cinqofl* navires marchands vers le Sund, et y réussit a ssés bien, puis f" les conduisit, et ramena depuis la pointe de la Jutlande la ** vires qui revenoient des Tndes Orientales, avec quelques rtW
(1) L'auteur semble avoir voulu dire » l'effet."
(2) De Kuytcr et Picter Florisz obtinrent le brevet de T* Amiral: Yerliacf, C. Tromp et de Boer celui de Contre-Asà* Ltésol. des Etats de Hollande du 11 Novembre 1653.
Négociation pour la paix. 229
pMtûsents qui s'estoicnt retirés en Norvegue, et à qui on avoit Inné rendez-vous en ces quartiers-là. Mais à peine avoit*il |ft cet exploit, qu'estant sur les fers à la veûe du Tcxel, en at- ÉÊÈut la marée qui pou voit luy en faciliter l'entrée, que le jpt du Nord-Ouest qui s'éleva la nuict du 9 au 10 Octobre k échouer plusieurs de ses vaisseaux sur la coste, et en fit périr 1*1 ou trois. Les autres furent dissipés, et si maltraittés de h teupeste que dés qu'elle cessa il les fit entrer dans les ports |ttr leur donner le radoub. Les Anglois ne furent pas mieux ^fttét de Forage. Leur flotte composée de cinquente vaisseaux, ^•it pria sur ces costes quelques navires marchands qui reve- Ëint de France et de Portugal. Mais quelques jours après elle Il tellement battue des vents qu'elle fut contrainte de les quitter fm se retirer dans la Baye de Soutel, après avoir eu le déplaisir Ifc foir engloutir par les vagues quelques-uns de ses vaisseaux. f/m cette disgrâce le Parlement envoya ordre de désarmer les |m grands, et Monck alla à Londres, où Cromwell avoit desja fcqjetté le changement dont nous parlerons incontinent. Ainsy h toi la dernière hostilité ouverte qui se fit entre les deux na- ÏHU; Tune et l'autre s'appliquant à la paix à laquelle on trairiDoit fortement, et de la manière que nous allons dire.
Dés le commencement de Juin les Estats a voient résolu d'enfler quatre Députés en Angleterre (1). Mais après le mauvais poeés du second combat on resolut de faire partir en diligence 01 des Députés, en attendant que les autres fissent leurs cquipqps, pour sonder l'intention du Parlement touchant les trois ««positions qu'on avoit faites au Sr. de Heemstede (2). On fcoirit pour cet effet Jerosme de Bcverningh, Conseiller bla ville de Goude (3), qui arriva à Londres devant que le faiement en fust averty (4)/ Trois jours après (5) il eut
(1) Voir ci-dessus, p. 210.
P) Cest à dire : de sonder si le Gouvernement Anplais serait eni* de se désister des trois propositions faites à M. de Ilcemstedc.
0) Sur la proposition que les Etats de Hollande en firent, voir: ■ÂaL secrètes des dits Etats du 19 et du 20 Juin 1653.
(4) Les détails de la négociation se lisent dans Aitzema, S. van ***, III, livres 33 et 34 passim: et en outre dans le Rapport des Iftfaaisadeurs, publié sous le titre de: Verbael gehouden door de Heeren 'tan Beverningk en:, als Gedeputeerden en extraordinaris Ambasf*ar# van de Heeren Staeten Gmerael der Vcrccnigde Nederlanden aen • JtepMÔijfci- tan Engelaud. 's Gravenhage. 1725.
(5) Le 30 Juin.
dont 1rs Auibas-ndrur.s Anjjlois s'cstoicnt servi? à leur représenta que la religion vt la liberté faisant 1' m un des doux initions, cl 1rs estoient obligées de s'u blcment pour lit raiiii«crv;itioii de l'un et de l'autre cl para blés îLviiulap^. 11 présenta eu suitte un înemoir contenant quelque* principes >ur lesquels il jugeoit i d'alliance et. dr commerce se pouvoit et se devoit f eu moine temps remarquer qu'il n'y a voit point il' le licencier sur l«s propositions que le Parlement a' tSr. «1 1- lier m *\ ede.
JVvant que le Con*cil eut achevé de délibérer si qu'il di'voii faire, les Mitres Députés arrivèrent; et q après on leur donna un e-erit dans lequel les An«i encre de* plaint» ■* de l'inculte qu'ils disaient avoir Tromp ù leur armée navale, et redoubloient leur* i la satisfaction rt l'j.sseuraiiee qu' ils avoient desja deina lesquelles iN j»n.ti->:ciini qu'il seroit inutile de parle d'alliance. Les pi ..niés sou^teiiniciit au contraire, q inteîli^niee avoh jdus e-niMo aux Provinces Unies Irrrr. il qu'elle*, y ai'ieiit plu»- perdu et dépensé qu Cl..- l'aruieuieitl qu'elle* avoii ut fait enntre les pir f-'i-'irnl par t«.:,:, it p;;rî iealinvuieni ru la Mit ir.;-' e-te* m. (■■ -- i i-: i-: j'i'i! c- > "t ■ - î » ■ i t pas eue «re v serîr i!i» ri'Hi'-u'ï!"' - lr» -'ii\ria*ii< m* donnassent s: demandaient du déduiiiuia^i-iiu nt. Pour ce qui e*rc nme<\ que e.-t l>î.'t n'en pouinii point donner d'aï (pli s,- jr, ti\ i r« .'; d:'u- ht fermeté d'une alliance per ili-^'luM;-. L ■- A iii.1 i- faisaient entendre que 1 qu'ils ilfiunndiiii ut. f j ■ i**î« j lit* iris-juste, seroit si mec l>r|»ulé- u'nuroi-'Ut pa< mi jet. d«- m- plaindre, et ou
Cromwêll parle de la coalition 331
t déclarés, contre lesquels on ne se pouvoit pas asseurer par une impie alliance, quelqu'estroitte qu'elle pust estre. . Les Estats qui consideroient qu'en accordant ces deux points VI Anglois ils mettaient tout Je tlroit du costé du Parlement, qi chargeoient de l'agression, et faisoiont une espèce d'amende toiorable, n'y voulurent point consentir, et ordonnèrent aux Décriés de déclarer: Que pour continuer la négociation avec quelgrtpparence de succès il ne falloit plus parler de ce qui s'estoit ptté le 29 May 1652, ny de satisfaction, parce que si le Conseil (Estât continuoit d'y insister, ils ne pnurroient pas continuer de iqgocier, mais seroient obligés d'aller rendre compte de la dispotion en laquelle ils avoient trouvé et laissé les esprits en fcigieterre.
Deux jours après deux des Députés (1) estant en conférence peo Cromwell au Parc St. James, il ne leur dissimula point, tqne la mauvaise intelligence que Ton voyoit entre les deux nattions procedoit principalement de l'avantage que les Hollandois 'ponedoient et avoient au commerce. Il leur dit, qu'il ne portoit 'point d'envie à leur industrie; mais qu'il estoit juste aussy que J» Anglois tirassent quelque profit de l'assiote avantageuse, du rjambre de leurs ports et do leurs rades. Que les deux nations îpouvoient y trouver leur compte, et donner la loy à toutes les ? Mitres." Ces termes généraux cachoient un grand mystère, bat les Députés ne voulurent pas s'éclaircir alors; mais ayant tarais pressé les Commissaires de s'en expliquer, le Conseil l'Estat leur déclara en fin : * Que la Ecpublique n'insisteroit plus tant sur la satisfaction pourveu que Ton reglast le point de l'asscurance; qu'elle jugeoit qu'il estoit impossible de la trouver ailleurs que dans une tres-estroitte union des deux nations; qu'il scroit nécessaire de n'eu faire qu'un peuple et qu'une Republique sous une seule souveraineté, représentée par un certain nombre de personnes de part et d'autre; chacune des deux nations continuant de jouir de ses propres droits, privilèges, immunités, prérogatives, et prééminences, et de vivre iclon les loix et les cous tûmes de son pais." Cette déclaration faite par des gens de guerre qui après avoir oly la Monarchie en Angleterre, donnoient dans la vision, et magi noient que rien ne leur estoit impossible, surprit extreme-
1) Nieupoort et van de Perre.
282 Les Députés s'en défendent.
ment les Députés qui ne s'estoient jamais imagines qu'oiw-^" leur faire une proposition de cette nature, tout à fait extrait flr^1 et ehînieriqiie. Neantmoins faisant mine de n'avoir pia-ifi» * compris l'intention des Anglois, ils dirent: • Que celle de^^3*
* Committents otoit de faire une alliance, union et confede^^M #si entrait te avec la llcpubliquc d'Angleterre que tontes ^B* 0 forces unies estant employées à la conservation de la 'et de la liberté de l'un et de l'autre Estât, les deui n:
* ne feroient en effet qu'un seul et mesme peuple et une 9 République: 1rs deux Estuts ne laissant pas de demeui 'verains et séparés par leur forme de Gouvernement diffc=^^. 0 bien qu'unis d'interests. Que c'estoit là l'ordre qu'ils aw— a^ i et qu'ils côtoient dans l'impatience d'apprendre des Commia&^ttyu 0 Anglois, ee qu'ils jugeoient qu'il faudrait faire pour conc/om
* une si forte et si estroitte alliance." Les Anglois repartirai: 'Qu'il n'y avoit point d'alliance ny de co u fédération qui ptf 'entièrement guérir leurs inquiétudes, si on ne reuaissoh kl -rdeux Républiques en un seul Corps d 'Estât; et que c'cstoHE 'leur intention."
Les Députes répliquèrent: 'Que leurs Supérieurs n'avoient et 'garde de les instruire sur une chose dont les siècles panés ' n'avoient jamais oiiy parler, et qu'il n'y avoit point d'apparence ' non plus de faire réussir, parce que les délibérations sur cette 'affaire seraient d'une longue haleine. Ainsi que les Anglois ' feraient bien de se contenter d'un tntitté d'alliance, d'amW, ' .ie confédération, et d'union, à l'exemple de ceux qui avoifflt *cMiî faits ey-devnnt entre les d?u\ nations; ou bien d'une pi» 'forte rt plu« c-troitte, si eela se pouvoit, pour la conservation
* eî défende eommuue de l'une et de l'autre. Ils remontrèrent 'au*sy, que la souveraineté des Provinces n'estant pas unie d»os ' un îiicsme corps ou confondue en sorte qu'il n'y ait qu'une 'Seule lîfpubliquc à proprement parler, il ne serait pas sculenu ri 'extravagant, mai»* îuesnie impossible d'en faire une seule àc «s 'deux Estats, peuplés d'habitants de différentes humeurs, sn- * vernés par des loix, et par des eoustumes presque contraires *el (pli ont ;ne«mc plusieurs intérêts qui ne le sont pas moins.
Toutefois voyant (pie les Anglois ne se rendoient point à «s raisons niais «pie leur opiniastnté estoit invincible, et jugeant d'ailleurs qu'il M-roit bien difficile de renouer la négociation si on l'nvoit une fois rompue, ils résolurent entr'eux, de 1 avis dn Ministre de France, de reinoyer Nieupoort et Jongucstal I
Les Estais rejettent cette proposition. 233
3aye, pour y faire rapport de Testât des affaires, et sca- Lntention de leurs Supérieurs sur cette importante propo- La raison qui obligeoit les Anglois, et particulièrement dépendante, à insister si fort sur l'union, ou, comme ils oient, la Coalition des deux Estats, estoit parce que tous ni dans les Provinces Unies estoient amis, ou partisans de Laon d'Orange estoient ennemis déclares de la nouvelle ique; et ils s'imaginoient qu'il n'y auroit jamais d'amitié confiance entre les deux nations, n 'estoit que des deux l'on at qu'une. Il y en a voit mesme qui se persuadoient que • une grâce que l'on faisoit aux Provinces Unies en leur
ces offres, et firent bien connoistre que c'estoit là cet inrable avantage que St. John et Strikland avoient tant i à la Haye, et dont ils avoient fait un si grand mystère lors y furent Ambassadeurs. Cependant les Estats ayant oûy port des Députés, rejetterent cette impertinente proposition, Dvoyerent Nieupoort et Jonguestal avec des ordres sxpres, de ne point souffrir que l'on parlast encore de la ion, non plus que des deux points de satisfaction et d'asseu-
mais de conclurre, ou de rompre sur les 36 Articles (1). Députés estant retournés à Londres, au commencement de ibre, avec ces ordres, employèrent le reste de l'année 1653 ittre les propositions des Anglois. Ils y trouvèrent le des Indépendants ou Anabaptistes qui pretendoient establir >rme de Gouvernement approchante de l'anarchie, bien r; tellement que les autres Anglois qui estoient Républicains, noins zélés, voyant qu'il n'y avoit point d'apparence de les deux Estats en un seul corps, n'en firent plus d'instances, well mesme leur dit de la part du Conseil: #Que bien les Anglois eussent sujet de demander la satisfaction et «rance dont il avoit esté si souvent parlé, et encore que reconnust que l'ouverture qu'ils avoient faite, quoiqu'à bonne tion de reunir les deux Estats en un seul corps, n'avoit «té agréable, ils vouloient bien passer par dessus ces construis, et continuer la négociation; et qu'il y avoit grande renec qu'on reiissiroit si on regloit auparavant les droits
La Zélande désirait rompre les négociations, si vers un terme ivanec elles u'aboutiraxnt aucun résultat ; la majorité des autres ïcs ne fut pas de cet avis. Voir: Aitzema, S. oan Stact. III. 8, 859.
234 ISexcltuio* dm Fritte fOrmuge.
m de l'un et de l'autre Estât, et si on asseuroit à PAngJetant
• celuy de lu pesche, et de la seigneurie de la mer.* Yen lu fin de Novembre les Commissaires Anglois communiquerai aux Députes un projet de traitte (1), et offrirent de k conduit sur ce pied-là. parce qu'ils croyoient y pouvoir trouver lear «• rcté contre tout ce qu'ils pou voient craindre des parents et es amis du Roy defunct. Le XII Article de ce projet portait entr'iilni choses: 'Que le Prince d'Orange, petit fils du feu Roy d'An*
• glctcrrc, et ses descendants scroient à perpétuité exclu* do
• charges de Capitaine, d'Admiral General, et de Gouverneur*
• Province, que ses prédécesseurs a voient possédées dans la ftt-
• vinecs Unies, et que tant l'Estat en gênerai que les Proiinea 'en particulier s'y obligeraient. " Ce projet parloit encore k k satisfaction qui avoit este si souvent demandée, débattue, et Hjctti'c; de leur prétendu droit sur la pesche; de visiter les narini; et de régler le nombre des vaisseaux que les Estats poarroiest armer et mettre en mer. et lequel ils ne pourroient pas exeefe sans le consentement exprès de la Republique d'Angleterre.
Les Députés répondirent: «Que In disposition de la chargea «Capitaine General, ou de Gouverneur de Province estoit 'affaire domestique, et dépendait absolument de la volonté fc 'Estats, à l'exclusion des autres souverains; et que comme ■ m 'estoit pas leur intention de se mesler des affaires dorocsdqw
• de l'Angleterre, aussy jugeoient-ils que la Republique nedeffli
• pas s'ingérer en celles de leur pais. Qu'il n'y avoit ny ni**!
• ny justice à. deinnndcr satisfaction; que les Estats ne sonfii- » rcùent pas que l'on visitnst les navires, ny qu'on reglast k
• nombre des vaisseaux qu'ils jugeroient nécessaire de mettre»
• nwr pour leur seuivto, parce que cela marqueroit une supcn>
• rite qu'ils m» pouvaient pas nconnoistre. Qu'en prétendus »1''\it un droit sur la pesehe du haran, on vouloit déposséderai
• Estât de ecluy dont il joiiis*oit depuis plusieurs siècles; m**
• qu'il n'y avoit rien de m insupportable que de les vouloir as*
• jettir à une servitude, en luy imposant la nécessité de dentasder
• au L'arlemeiit la permission d'armer au delà du nombre dfl
• vaisseaux que l'on ]ireteiidoit taire régler par le traitte. Ta*
• lement que si eYsInit là la dernière, intention du Parlement »
(1) Le projet composé de 27 articles, se lit dans le r«iW.p»W
Les Députés restent à la prière de Cromwell. 235
Rutile de continuer les conférences, veu qu'ils n'avoient clarer, qu'il n'y avoit rien à faire du tout; qu'ils n'apoint d'instructions pour cria, et qu'ils scavoient bien 'en reoevroient point. De sorte que si le Conseil d* Estât pliquoit pas autrement, ils n auroient qu'à prendre leur 8 de congé, pour aller rendre compte de leur négociation Supérieurs" (1). Les Anglois estoient opinastres de leur
principalement sur le point du Prince d'Orange. Ils que de tous les ennemis de la République d'Angleterre ince d'Orange, Uenry estoit celuy qui lui avoit fait e mal. Que la grandeur à Inquelle on éleveroit celui-cy
son ambition, et reveilleroit en luy le souvenir et la de son aycul. Au reste que cette proposition ne pouvoit ter un Estât qui en se ressouvenant des attentats de l'année pouvoit pas ignorer qu'en Angleterre on ne pouvoit pas le trop grandes précautions contre ces Provinces, eputés, et particulièrement ceux que la Zeelande et la aient nommés, ne pouvant donc pas demeurer d'accord , sur ce point, ny sur la seigneurie de la mer, non plus lant la pesche, ils résolurent, vers la my-Septembre (2), ider leur audience de congé, et de partir. Et ils alloient
effet lors que Cromwell les fit prier de différer leur c quelques jours, dans lesquels il faisoit espérer que l'on t moyen de conclurre le traitté avec satisfaction. fait sept ou huit jours après il arriva à Londres une rcqui changea toute la face du Gouvernement de la noumblique. Cromwell n'estant point satisfait du Parleri se donnoit une trop grande autorité, trouvoit, ou faisire qu'il y avoit tant de confusion dans les délibérations
Assemblée, tant de contrariété en ses avis, et tant de
en ses concerts, qu'il ressembloit à un monstre à plustes plustost qu'à un corps composé de parties proporet raisonnables; de sorte qu'il résolut avec ses créatures siper.
resolution ayant esté prise, et le Parlement estant asî 22 Décembre (3), un des Députés se leva, et dit: "Que
réponse se lit dans le Ferbael, p. 215 — 21 S. ez: mi- Décembre.
Décembre V. S.
IN
2 36 Révolution de* affairée en Angleterre,
» Le présent Parlement n'estant pas nécessaire pour le tenue à
* la Republique en Testât où elle se trouvoit, il estoit d'àtii (■ rl'on remist entre les mains du General Cromwell l'iotaM #que le Parlement avoit receùc de luy." Une partie de l'aaablce suivit cet avis, et cutr'autres l'Orateur, lequel s'estutM avec ceux de sa cabale, alla avec eux à Whiteball, ouilnat l'autorité du Purlement à Cromwell. Ceux qui n'appnraroietf pas que Ton donnast cette grande puissance au General, et ta neantmoins n'est oient pas assés forts pour rempescher, se reth rerent pour ne point ratifier par leur présence ce qu'ils aroietf condamné par leur protestation. Les autres au contraire Inj n» présentèrent : * Que les irrégularités continuelles que l'on ani
* remarquées dans toute la conduite du Parlement ayant faite» #noistrc que ces sortes d'assemblées n'estoient pas capable* à
* digérer et de résoudre les affaires les plus importantes, il fkDfli *y remédier devant que les est rangers reconnussent la faible* 'du Gouvernement présent; dont ils le prièrent de se charger! «regard de l'Angleterre, de PEscosse. et de l'Irlande." Et ail de luy sauver la peine de chercher de mauvais prétextes pour a défendre en apparence d'une chose qu'il desiroit arec passion, ea geus employèrent plusieurs passages de rEscriture pour prowff que c estoit Dieu qui l'appelloit ù cette dignité, et qui ne luy per» mettoit pas de s'en dispenser. Comme si l'esprit de ceux qm'ort escrit il y a tant de siècles eust songé à Olivier CromvelU ("est ainsi qu'une poignée de gens détermines fit cet home Souverain des trois Koiaunies par un Acte signé de leur mail. Et luy. codant à cette agréable violence, souffrit que sous la qa*" lité de Protecteur des trois Koiaunies on le fit dépositaire de b puissance souveraine que les Rois de la Grande Bretagne y a voient eue, et que l'on fit de cette nouvelle République o* Monarchie, que Ton avoit décriée comme tyrannique et quel'» avoit abolie sous un autre nom après la mort de Charles L Les Cérémonies dont cette action fut accompagnée sont prûpï* ment de l'histoire d'Angleterre. Je dirai seulement, que lors qo'<* le proclama Protecteur on luy mit entre les mains une bourse,u sceau, et une cpée, pour fit ire voir qu'on luy laissoit la tlispo*" tion des Finance s, de la Justice, et des Armes. Il est vrai q* ee prétendu Parlement ordonna que le Protecteur seroit ass?te d'un Con><-il perpétuel. Une cette dignité ne seroit pas* heredi* taire, et intime qu'après sa incrt elle ^eroit incnuipiiliMf avec * commandement de l'armée, et qu'il seroit tenu de convoquer n
Cromwell Protecteur. 837
t tous les trois au s. Mais il a bien fait connoistre de- 1 estoit le inaistre absolu des affaires; comme le seront ceux qui seront les Ministres et les Maistres des armes publique.
» premières choses que fit Cromwell fut d'avertir les leurs et les Ministres des Princes Estrangers, et particules Députés des Estats Généraux: Qu'à l'avenir ils eus idresser à luy pour les affaires qu'ils auroient à négocier. xia les officiers politiques et militaires dans les charges ssedoient, et forma un Conseil d' Estât composé de perui estoient entièrement à sa dévotion. Il éloigna de sa 3 George Monck, qui a bien sceu s'en ressentir depuis, >nel Harisson, Chef des Anabaptistes et des Indepeni estoit celuy de toute Tannée qui preschoit le plus la ntre les Provinces Unies: ce qui fit juger que le nouveau r qui s'estoit fait assés d'ennemis dans le Boiaume, comà songer sérieusement à en diminuer le nombre au dehors, nistres de cet Estât, dont l'un estoit decedé à Londres (1), troient de grandes difficultés, et voyoient si peu d'appareûssir qu'ils alloient demander leur audience de congé Cromwell les fit prier de ne la pas demander avec emt, ainsi que nous venons de dire. Ils voulurent bien e complaisance pour luy, et trouvèrent en effet le moyen Bver les plus grands obstacles touchant la seigneurie de la i pesche, en couchant les articles qui en parloient en des i sati&faisoient les uns, et n'offensoient point les autres (2). jue dés les premières conférences on auroit pu uchever si les Anglois avoient voulu y comprendre le Roy de c Ils estoient extrêmement animés contre ce Prince, ment à cause des vingt deux navires arrestés au Sund Droit des Gens, a ce qu'ils disoient, mais aussy à cause T8 autres demeslés qu'ils avoient eus avec les Danois, et limuloient point qu'ils s'en vengeroient quaud l'occasion nteroit.
pûtes de cet Estât qui en estoient bien avertis, et qui ent pas abandonner le Eoy de Danneinarc, que les Es- Duloient pas exposer à l'indignation de ces gens-la, vo-
i de Perre, décède le 14 Décembre 1653. modifications se trouvent dans le Ferbael, p. 270—292,
238 Les Anglais i-e furent de comprendre le Rcy de DaMuemure a MU.
yant le Protecteur inflexible sur ce point, résolurent de prit Ils luy firent pourtant dire que leur négociation rencontmta si puissant obstacle, ils estoient obligés d'en aller rendre couple aux Estats; toutefois qu'ils en useraient ainsi qu'il jogotrid propos, et qu'ils partiraient tous, ou bien que l'un d'eux de«Bremit h Londres afin de ne pas rompre entièrement le fil de k négociation. C'romwell ne voulut pas s'en expliquer ; de wte que le* Député* jugeant que cela luy estoit indiffèrent, et fopà trouvé si entier dans la dernière Conférence qu'ils n'eïperoiol plus rien du succès de leur négociation, ils partirent tout HA ri ] km ne estoient -ils arrivés à Gruvcsend que Doleman, Lwte" na ut- Colonel crun Itcgi tuent Anglois en Hollande, y orrin dek part du Protecteur. (V ne fut en apparence que pour leur lut civilité *ur leur voyage, et il leur voulut faire croire que ce n'eMflà que de son pmpre mouvement qu'il leur dit que le grand onnigp pour lequel ils estoient venus en Angleterre, estoit trop a*™ pour le laisser imparfait ; qu'il n'en falloit pas demeurer là, ma achever promtement ce qu'ils a voient si heureusement commewt Les Député* répondirent que les Estats a voient plus fuit o/oi ne pou voit légitimement désirer d'eux. Pour ce qui «toit ■ lcur9 personnes, qu'ils estoient encore sur les lieux et presti fc conelurre à des conditions que les Anglois uiesmes estoient ottgés d'avouer estre fort raisonnables; mais qu'il falloit considatl qu'il ne seroit pas tousjours en leur pouvoir de revenir quiadii seraient une fois arrivés nu pais. Qu'il y a voit lieu de craind* que de pari et (l'autre on ne se portast h de* extrémités dont» ne pourn-it pas revenir, et que les Estats voyant qu'il* ne potvoient pa- faire la paix, ne tissent la guerre avec plus de vigti*i et n 'employaient, des moyens dont ils n'nvoient pas voulu sesefr vir ju«ques icy. Doleman qui coinprcuoit bien que si le* A»hnssadeurs partoient mécontents, les Estats pourroient presterl* reilltï aux propositions que le Jtoy d'Angleterre leur avoit M faire, et qui seavnit bien que c'est oit là le sentiment du M** teur. tira île sa porhe un billet (lî, signé de ï 11 u rloê. Se* taire d'Estat. portant: (lue si le Jioy de Du niumurc restituonto navires qui avoient esté détenus au Sund. et s'il remboursoii ■ valeur des marchandises qui eu avoient esté distraites, ou estoit» deperies, on le c.omprcudroit avec ses Koinumcs cl Estats di*
(l) P'erbael, p. 290. Thurloc, titmie Pvpen. II. 5.
U exclusion du Prince #0 range fait toucher la difficulté. $39
iee et confédération, comme amy commun, et que les Amleurs qa'il voudroit envoyer en Angleterre pour l'ajustement fferends, y seroient reccus avec tous les honneurs et toutes ilîtés que Ton pouvoit rendre aux Ministres d'un Boy amy i fédéré. Le inesme Doleman convia les Députés de rer à Londres avec luy, afin de ménager une si belle occaet signer le traitté pendant que Cromwell estoit en hude conclurre. Ils y seroient retournés en effet sans une difficulté qui les empeschoit de signer sans ordre exprès de Oommittents.
itoit l'exclusion du Prince d'Orange de toutes les charges àm ancestres a voient possédées dans la République des Pro-
Unies. C'a esté une opinion commune icy, aussy bien cure, que la première ouverture de cette proposition avoit faite par quelques-uns des Députés, et l'on en soupçonnoit irningh et Nieupoort, et cette opinion avoit esté si réellement receùe qu'il sera très nécessaire de s'étendre un ir les particularités de cet affaire, après que j'auray dit que
marqueray rien que je n'aye tiré des originaux et des mides lettres que feu Mr. de Witt a laissées dans les Archw les Estats de Hollande, d'où je les ai extraites avec toute la te* que je dois à la Posterité,^et dont on trouve des preuves libles dans la suitte de cette Histoire. est certain que ce fut Cromwell qui en fit la première pro- <m, et mesme de très grandes instances à ce que l'on en fit 1icle du traitté. Mais dautant que les Députés la rejetterent rd comme une chose dont sans doute on ne voudroit pas parler en Hollande, et à laquelle les autres Provinces ne ntiroient jamais, il leur fit dire qu'on en pourroit faire un e secret. Comme si l'on auroit pu faire un secret d'une afqui devoit estre communiqué non seulement à toutes les nces, mais aussy à toutes les villes des mesmes Provinces, le l'auroient jamais ratifié! Le Protecteur mesme le considefans cette veûe; de sorte que dans lu conférence particulière lever n in g h eut seul avec luy, de l'aveu et mesme du connent de ses deux collègues, Cromwell luy dit, qu'il jugeoit que Ton auroit de la peine à faire consentir toutes les Proj à l'exclusion, ou du moins qu'il faudroit employer bien mps pour les y disposer ; et que cela estant contraire à l'inn qu'il avoit de presser la conclusion du traitté, il se conoit de l'acquiescement particulier des Estats de Hollande,
240 CroMKell e* fait la première propoùtùm.
Il y ajousta que les raesraes Estats de Hollande atoient àefà quelque temps pris une vigoureuse Résolution sur ce mq4 • faveur de la liberté. Que s'ils vouloient l'asseurer qu'ils 11 na» tien dr oient constamment, il ne feroit point de difficulté de épa le traitté; et que c'est oit là le seul et unique moyen de tanin toutes les affaires. Mais Beverningh luy repartit: Orfl * croyoit pas qu'une seule Province voulust se charger de la Mb de cette exclusion. Et ce fut là toute la difficulté qui oblipi les Députés à s'embarquer le 6 Janvier 1654 (1), contre k» tintent de Beverningh et de Nieupoort, qui estaient d'à» qu'ils retournassent à Londres, et qu'ils signassent le traM Ol leur nvoit fait espérer qu'au lieu de l'exclusion formelle dn Pm» d'Orange le Protecteur se contentrroit qu'on fist un Article, p lequel les Estât s promettroient de faire jurer celuy à qui use» fereroient à Pd venir le commandement de leurs armes, tut p mer, que par terre, d'observer ponctuellement et religîeoMMtf le traitté qui se negocioit. C'est ce que les Députés ne fûM point de diiliculté d'accorder, et de signer le traitté sur ce ptf Mais Jonguestal qui estoit employé de la part d une Prorin #qui haïssoit le Gouvernement prescut de l'Angleterre, aossy ta que celuy de la Hollande, refusa de retourner à Londres.
En arrivant à la Haye ils trouvèrent l'Assemblée des Estai assés disposée à agréer ce qu'ils avoient fait, et persuadée de k nécessité où on estoit de ménager la bonne humeur du Protcdtf pendant qu'il nvoit de l'inclination à signer le traitté. H* diiutant qu'il ne pouvoit pas estre ratifié sans le consentent exprés dis Provinces, dont les Estats n 'estaient pas pourkfl assemblés, ceux île Hollande qui y estaient le plus inieressM qui en consideroient mieux l'importance, renvoyèrent BcvcrniiJ* eu Angleterre sur la incarne frétât te qui l'avoit amené (2). M* diligence que les autres Provinces disoient estre une précipitai» ne servit qu'à les allarmer davantage; dautant plus que dé* Tain* passée elles n'a voient pas approuvé que les Estats de Holltf* eussent eserit de leur chef et do leur propre mouvement an ftf lcmcnt et au Conseil d'Estat d'Angleterre, pour faire la preni* ouverture de raccommodement qu'ils alloient faire sans le* alliés. La Frise qui avoit crié dés ce temps-là, désavouai
(2) 11 partit de la Haye le 30 Jauvicr 1654.
Lee BtUUâ de Hollande renvoyant Beverning à Londres. 241
procédé en cette rencontre, et ne voulut point que l'Estat onott Beverning pour son Ministre, parce qu'il estoit y sur Tordre d'une seule Province (1).
b l'autre costé Beverning en arrivant en Angleterre, n'y iva pins les mesmes dispositions qu'il y avoit laissées. Crom- II ettoit indigné de ce que les Députés s'estoient embarqués obatant les civilités qu'il leur avoit fait faire, et les asseurances 1 leur avoit fait donner de la signature du traitté. Il ne l'estoit moins de voir Beverning, qui avoit pris son audiance de gé* avec les autres Députés, revenir sans de nouvelles lettres milice, c'est à dire, sans caractère et sans pouvoir, et mesmes i ordre de luy faire compliment sur sa nouvelle qualité de tocteur. Plusieurs prédicateurs séditieux, et particulièrement
Indépendants preschoient la continuation de la guerre; une ne partie du Conseil d'Estat la vouloit, et Don Al on se de rdenas, Ambassadeur d'Espagne, pour obliger Cromwell chever de perdre les Provinces Unies, s'il pouvoit, et à rompre a la France, luy faisoit des offres capables d'engager tout re politique que cet habille usurpateur. Tantost il luy faisoit arer que le Boy, son Maistre, mettroit entre les mains des {lois Gravelines et Dunquerque; tantost il le flattoit de la queste de Calais, que les Anglois ont cru pendant quelque ps estre la clef de la France, et il luy promettait que le f Catholique employeroit à cela toutes les forces qu'il avoit
Pais Bas, s'il vouloit se déclarer contre le Roy Très Chrcsi. H y àjoustoit des offres d'un million d'or en argent iptant, ou bien un subside de cent mille escus par mois, de deux cens mille par avance, s'il vouloit continuer de •e la guerre aux Provinces Unies. Le Protecteur escoutoit a Al on se; mais ce n'estoit qu'à dessein de donner de lajasie à la France, et plus d'envie aux Estât s de conclurre c luy.
1 scavoit que le Roy d'Angleterre avoit des amis dans les ifinces Unies, et que de tous les voisins les Estats estoient X qui pouvoient le plus fortifier le party qui luy estoit opposé*,
qui estoit encore fort considérable dans le Roinumc. Et tutmoins il couvroit si bien ses intentions, que le Roy de
[i) Voir la lettre de de Witt à van Beuningen du 24 Février 64 (de Witt Brienen V. p. 302 svv).
n. îe
243 Chanut Ambassadeur de France à la Bofe.
France, ne pouvant pas scavoir ce que ses Ministres ferment a Angleterre, s avisa de renouer avec cet Estât, et envoyi à k Haye, vers la fin de l'année 1653, Pierre Chanut avcclaqufitf d'Ambassadeur Ordinaire (1). On n'y avoit point feu d'Antonsadeur de France depuis la paix de Munster, sinon le Plaident de Bellievrc, qui y vint en Tan 1651, à l'occa»» de la mort du Prince d'Orange, et de la Grande Assemblée;»» il n'y demeura que fort peu de semaines, et n'y negotia ria. Mcsmes devant le traitté de Munster, le Roy n'y avoit envoyé pondant quelques années que des Ambassadeurs Extraordinâf» et un Kesidcnt. C'cstoit Brassct, qui avoit très utilement Knj le Koy sous les Ambassadeurs, et dans les intervalles où Q n'y a avoit point eu, premièrement en qualité de Secrétaire de M. de Baugy, pendant sa Résidence de Bruxelles et son Ambifflrii à la Haye, et ensuitte en celle de Secrétaire de l'Ambassade, et ■ fin comme Kesidcnt de France. 11 estoit consommé dans lent» faires, et particulièrement dans celles de Hollande, dont il t tt de très beaux Mémoires. De sorte que ne croyant pas poster faire avec réputation sous un Ministre Ordinaire, les mesmafosctions qu'il avoit faites sous des Extraordinaires, il se servit du pntexte de ses incommodités, et de Testât de ses affaires domestiqua pour demander son congé. Il l'obtint d'autant plus aûeaeri qu'outre son âge, qui estoit fort avancé, il avoit tout à M perdu la veùe ; quoyquc d'ailleurs il eust des lumières plus q* suffisantes pour la conduite des affaires du Boy, son Maistrc (ty
(1) 11 fit son entrée le 21 Novembre 1653. Voir: Aitxcma, S. e» Mari. III. 33. p. 808.
(*2) , L'auteur auroit dû ajouter: 1°. que la Hollande s'oppo» d'aliord à ce que l'Etat fit à Brassct qui part oit, le présent qu'on la deMinoit, pur la raison que la République ayant défendu à ses Aob» ««leurs d'en recevoir, elle ne devoit plus en douner ; 2°. que Brissct s'en plaignit par un mémoire, qu'il présenta le 19 Avril 1653 (ta 1C51, voir: Aitscma, S. van Staet. III. 34. p. 1112], et prétend que le déshonneur de ce refus rcjaillissoit sur le Roi de France, <J* traitant avec distinction les Ministres des Etats, devoit atteuditb mciuc chose d'eux dans la personne des siens; 3°. enfin que la Hollande trouva que Brasse t avoit raison, et les Etats [e. s d.: lo Etat*-(icncraux] lui accordèrent le présent avec d'autant plus & ju.stice qu'il avoit prudemment ménagé les intérêts de la Républq* pendant un grand nombre d'années sans préjudice de ceux de «s Maître." Ksiai de Critique, p. 328, 329.
// demande que la France soit comprise au traitté. 243
ît avoit d'abord des ordres exprés de s'employer pour sts du Prince d'Orange, et de servir de son conseil Princesses Douairières. Pour y réussir il falloit faire
In guerre, qui pouvoit perdre le Protecteur, et diviser nces Unies; et c'est à quoy il ne manqua pas de tras qu'il fut arrivé. Mais comme c'estoit un homme fort le et très entendu, il comprit fort bien et bientost, que Lt pas l'intcrest de la France, et qu'il ne feroit pas le a Boy, son Maistre, en fortifiant les autres Provinces \ interests de la Hollande, t pas de peine à faire comprendre au Cardinal Mazarin,
celuy qui Ta voit avancé sur le rapport avantageux que t, Surintendant des Finances, luy en avoit fait, que nûoit d'agir conformément aux ordres qu'il avoit em-
feroit infailliblement faire la paix entre l'Angleterre et , à l'exclusion de la France; ce qui estoit une des choses irdinal apprehendoit le plus. De sorte qu'on luy ordonna de changer de conduite, de se mettre bien avec les Mie la Province de Hollande, et de faire en sorte que la ist comprise au traitté (1).
de grandes instances pour cela, lors qu'il apprit que les qui avoient négocié en Angleterre, y retournoient avec ichever le traitté. Il représenta aux Estats: *Q.ue la 'ils feraient sans la France leur seroit inutile, parce que toy ne la faisoit pas en mesme temps avec Cromwell, ||
n'y estoit point compris, le commerce ne laissèrent pas troublé et incommodé, et l'Est» t seroit obligé de dearmé, puis que la France et l'Angleterre scroient armées, • croient la guerre. Que la France seroit perdue sans se si après avoir soustenu seule pendant tant d'années
faix de la guerre contre l'Espagne, elle estoit encore , au sortir d'une guerre civile, d'entrer dans une plus se, et de se voir attaquée par l'Angleterre d'un costé, ; qu'elle estoit aux mains avec l'Espagne de l'autre. îs de si grandes animosités qui avoient paru en tous les
j détails intéressants sur la conduite que l'Ambassadeur devait tenir vis-à-vis des partisans et des antagonistes de la le Nassau, se lisent dans une instruction, datée le 10 Dé- 353 et publiée par M. Groen van Prinstcrer, Archives, V. p. 118—121.
244 Je Espagne fusckr tfe te faire comprendre an trait/c.
m combats de mer, la signature d'un traitté ne guérirait pu a » qu'il y avoit de malin dans les humeurs des deux Nations, «M
* cela nssés contraires, et assés iu compatibles. Que la paix M
* serait pas capable de les purger, parce que l'une serait toasjom
* j ii 1 ou se du commerce et de la prospérité de l'autre, et qn'dk » ne réglerait pas le différend qui diviserait tousjours les fa m Estats au sujet de la seigneurie de la mer, que les Angbii
* preteudoient avec la mesme opininstreté avec laquelle on rrfiksflt #icy de la reconnoistre. Qu'après les puissantes obligations (fi 'l'Eslnt avoit à la France, il ne pouvoit pas négliger les intenta 0 du Koy T. C. quand mes me la constitution présente de 11 1c-
* publique d'Angleterre, dont la subsistance ne dependoit qae k #la vie d'un seul homme, ne scroit pas menacée de révolutions,
* contre lesquelles toute la prudence humaine ne pourrait pis si
* precautionner : comme de l'autre costé il serait impossible à rs'asseurcr de l'exécution du traitté si on ne rendoit les intenso
* de la France et de cet Estât communs et inséparables.** (Testai nussy le sentiment de quelques-unes des Provinces, et particafâa> rement des Estats de Frise, qui ne vouloient point consentir i la paix d'Angleterre si la France n'y estoit comprise.
L'Espagne qui faisoit faire instance à Londres pour la co nuation de- la guerre, voyant que le traitté estoit bien anaoi taschoit de s'y faire comprendre, et l'aurait fait avec succès si k Protecteur en eust voulu faire lu première ouverture. Jl nestf pas encore mal avec l'Espagne; mais il considérait qu'il ne pot* voit pas demander son inclusion, que cet Estât ne fist lésines»» devoirs pour la France, avec laquelle il avoit des dcmeslés o/1" vouloit faire régler devant que de déterminer auquel des fa Kois il donneroit son amitié.
Les affaires que le Koy d'Espagne faisoit négocier à la Hay* avoient esté maniées jusqties alors par Antoine Brun. G*' estant Ambassadeur à la Haye, y estoit décédé le 2 Jiin* 1054. Quelques jours auparavant il avoit fait un voyage à ft* selles, où il avoit pris possession de la charge de Chef des Finances, dont h; Koy, sou Maistre, avoit récompensé ses servie* Pendant qu'il y estoit il luy estoit échappé quelques paroles Q* inarquoieut qu'il ne dissimulerait point les malversations deceH qui avoient eu l'administration des Finances du Koy dans» Païs-Bas; et comme pariny ceux qui pouvoient craindre l'effet" ces menaces il y avoit des personnes de grande qualité, on aert qu'on avoit aisdé à avancer ses jour*. 11 est certain qu'il ne*
Antoine Brun, Ambimadiur (F Espagne t meurt. 245
) bien depuis ce voyage; quoique Ton ne puisse pas nier que de son épouse, qui estoit décedée quelque temps aupara-
luy eust esté dautunt plus sensible que dans le nombre et i leurs enfants communs il ne trouvoit que matière d'aft de tristesse. Les importants services qu'il avoit rendus l'Espagne, premièrement comme Procureur General au Pare Dole, dans le Comté de Bourgogne, sa patrie, et en suitte er, et à la Haye, n'avoient pas esté trop bien considérés ipensés. On pouvoit bien dire que la Paix de Hollande m ouvrage, quoique le Comte de Pegneranda s'en toute la gloire, et qu'il n'avoit pas eu moins de soin de rver et de la fortifier qu'il avoit eu de peine à la pro- 1 estoit fort éloquent, habile, d'une humeur ouverte, au l apparence, et d'un accès et d'une conversation facile et eablc. Il estoit d'ailleurs aussy jaloux d'entretenir la itelligcnce entre l'Espagne et les Estats des Provinces ue du propre interest du Roy, son Maistre, et il avoit
autres bonnes qualités qui le faisoient aimer et consiiussy avoit -il eu l'adresse de chasser bientost de l'esprit uspart des habitants de ces Provinces l'horreur que l'on encore du souvenir de la domination Espagnole, et bien ord il ne pust pas faire aimer avec tendresse une Nation uellc on avoit dans le Païs une aversion presque naturelle,
dire neantmoins qu'il avoit fait en sorte qu'on ne la plus. Il avoit mesme acquis au Roy, son Maistre, des îs créatures, et des habitudes, mesme parmy ceux qui part au Gouvernement de l' Estât, qui ne luy ont pas esté dans les occasions. Ce qui aida le plus à l'cstablir ce
les François faisoient de leur costé tout ce qu'ils pouour achever de détruire ce que l'on avoit encore d'affection x, en continuant leurs déprédations sur les navires marie ces païs, au préjudice du commerce et particulièrement
de la Mer Méditerranée.
le decés de Brun la Cour de Madrid chargea du soin affaires Vincent Richard, Secrétaire du feu Ambasà qui le Roy d'Espagne donna la qualité de son Court de Secrétaire de l'Ambassade, en laquelle il a servy 38 sous Don Estevan dcGamarra, successeur de l'émis non du mérite de Brun. Richard faisoit à la Haye ics offices que don A Ion se faisoit à Londres, pour l'inlu Roy d'Espagne dans le traitté entre l'Angleterre et les
246 Les Estats résolvent dt traitter avec la France et r AtgleterreenmemimfL
Estats Généraux; mais l'un et l'autre fort inutilement. Fours rendre agréable il communiqua un Acte de Neutralité, qaek Koy d'Espagne avoit promis au traitté de Munster d'obtenir do Estats de l'Empire, qui estoient ee temps-là assemblés à Bit» bonne; mais on jugea qu'il n 'avoit pas toutes les formalités kcessa ires. C'est pourquoy on désira qu'il le fit changer sur le modelé de celuy que l 'Empereur avoit fourny en 1648 (1).
Devant que la négociation de Londres fust bien avancée, In Estats n voient connue résolu, que l'on traitteroit avec la te et avec l'Angleterre en mesme temps, et qu'à mesure du progrès que Ton fernit dans l'une, on avanceront aussy l'autre. OniftA fait pour cela des propositions et des projets en France, cà Foi ne put pas réussir, parce que sous prétexte de la guerre d'EspgM on y faisoit visiter les navires Hollandois, pour les erapesekerk porter des marchandises de contrebande aux Espagnols, et sfl autres ennemis de cette Couronne-là, et pour faire subsisteras ancienne maxime, tirée des Ordonnances du Boy Françoiil. portant, 411e Robe tïennemy confisque Robe (Tamy. Les Frucv disoient, que ce n'estoit qu'à cause des dcmcslés qu'ils artria* avec les Anglois, et que des qu'ils scroient ajustés on n'en ptf* leroit plus, ou dés que le Koy scroit compris au traitté, pu* qu'il n'est oit pas juste que les habitants de ces Provinces tirasseat tout luvantagc du traitté que Ton pretendoit faire à Paris. « jouissant dans une profonde paix de toutes les commodités de U navigation et du commerce, pendant que la France auroit l'Espagne et l'Angleterre sur les bras. C'est ce que l'on ne pont* p«s nier; mais il est vray aussy que les François se trouvoiflt fort bien de leurs déprédations. Quelques-uns des Ministres y avoient bonne part, et par ce moyen la France armoit aai dépe» de cet Estât : comme en effet elles ont commencé à y faire naisire les premières pensées des puissants armements que l'on y a HH depuin ee temps-là.
Il y avoit de l'apparence que le Protecteur ne feroit point» difficulté de traitter avec la France et avec cet Estât conjointement ; veu qu'il n'y avoit point de rupture entre la France < l'Angleterre, mais seulement une mauvaise intelligence qui • faisoit qu'incommoder le commerce des particuliers, et empesckff le Cardinal de prendre des mesures bien concertées. Le ProtectW
(1) Vi.ir: Aitzcma, A\ van Staet, 111. 34. p. 1130, 1131.
i Btialt ordonnent à leurs Minitiret de eonelurre tant la France. 247
iffroit que le Boy de France entretinst un Ministre auprès de fv et l'on ne doutoit pas qu'il ne souffrist aussy que cette Coume fust comprise au traitté, puis qu'il permit bien en fin que m. y fist entrer le Boy de Dannemarc, qui estoit son aversion. » neantmoins le Protecteur s'opiniastra, et voulut traitter avec
France et avec les Provinces Unies séparément. Ccst pourquoy les Ëstats qui vouloient sortir d'affaire, ordonnai à leurs Ministres, de continuer à rendre toutes sortes de nu offices à ceux de France ; de travailler incessamment à l'acmmodement de leurs différends, et de faire des devoirs pour oemaion de la France; mais de n'en pas faire une nécessité itspensable, ny une condition sans laquelle ils ne pussent pas aemrre. Chanut qui voyoit bien qu'après ces ordres les loes des Ministres de cet Estât seroient languissants, inutiles,
capables peut-estre de prostituer la réputation de la France, nagea de langage, et dit: *Que ce que le Boy, son Maistre, m avoit fait jusques alors n'avoit eu pour but que le bien et tffantage des Provinces Unies, la seureté de la paix, la liberté In commerce, et la réputation de cet Estât, dont le Boy seroit 9D quelque façon demeuré garant, s'il avoit esté compris au traitté. Mais que, puis que les Estât s jugeoient qu'ils auroient pins de facilité à conclurre avec l'Angleterre s'ils témoignoient ifoir moins d'attachement pour la France, le Boy qui n'y avoit MMisideré que l'interest de ses alliés, ne vouloit pas les empescher de chercher, et de prendre leurs avantages. Qu'il ne vouloit pas pénétrer jusques au plus profond des secrets de ses amis ; St mesme qu'il seroit bien aise qu'ils ostassent de l'instruction de leurs Ministres quelques périodes qu'ils avoient crû devoir donner à la bienséance et à l'honncsteté, puis qu'elles ne pouvoient servir qu'à retarder la conclusion du traitté. Que S. M. Stthnoit qu'en ces sortes d'affaires les offices de compliment sont dangereux, et que sa réputation ne pennettoit pas qu'on cmployast des prières et des intercessions pour luy. Qu'il estoit en estât d'obliger ses ennemis à luy demander la paix, et de se taire craindre de tous ses voisins. Qu'il continuèrent tousjours 'de faire la guerre avec avantage, et qu'il ne pouvoit pas de- 'feander la paix sans faire tort à sa dignité et à sa grandeur." (1) 3es raisons qui estoient accompagnées d'une raillerie assés forte,
(1) Aitaema, tf. vau Staël, 111. 34. p. 914, 915.
248 La qualité d'Ambassadeurs donnée aux Députés des Prmbus-lmi.
ne firent point d'impression, non plus que les aueunnœi qti l'Ambassadeur donna au Président de semaine des Estats Geoenu, et au Conseiller Pensionnaire des Estats de Hollande: «Ou II *Hoy, son Maistre, estoit satisfait de la conduite des EstiU,et * qu'il ne trouvoit pas mauvais qu'ils donnassent ordre à km m affaires ainsi qu'ils le jugeraient à propos.*1 La résolution a estoit prise, et c'est' ce qui inquiétait beaucoup la France, aai apprehendoit fort le grand armement du Protecteur, qui iraH auprès de l'islc de Wight cent grands vaisseaux, chargés de ea> nitions et de vivres pour six mois.
On vouloit faire honneur à Cromwell, et dautant qae, h pluspart dos articles du traitté estant ajustés, on ne craignoii pto de recevoir un affront en Angleterre, on avoit donné le caneton représentant, c'est à dire la qualité d'Ambassadeurs aux trw Députés des Provinces Unies. Mais Nieupoort et Jongocitil voyant, en arrivant à Londres, que le Protecteur refusoit de consentir à la suspension d'armes pour laquelle on avoit fait de à grandes instances, et qu'il avoit encore de la répugnance à ftin comprendre le Roy de Danncmarc au traitté, ne faisoient qu'ug* menter les ombrages que l'on avoit icy du puissant armement do Anglois, et eurent tres-mauvaisc opinion du succès de la négociation. Le Protecteur avoit bien fait porter parole aux Ministre de cet Estât, qu'il souffrirait que le Boy de Dannemarc M compris nu traitté, mais que ce ne serait qu'à condition qtfl restituerait les navires Anglois qui avoient esté arrestés au Soad; que cette restitution fust effective et présente, et qu'elle precedist l'inclusion, de sorte qu'il entendoit, que le Roy ne joûist point de l'effet de l'inclusion, que les intéressés ne fussent dédommage et satisfaits. Os difficultés ne faisoient que fortifier le soupçon dont on estoit bien fort prévenu en Hollande, que l'année nav«k d'Angleterre qui avoit négligé de profiter du vent d'est, qui ai» régné pendant quelque temps, n'en vouloit point à la Fnnfti mais que l'intention du Protecteur estoit de faire insulte au Boy de Danncmarc, qu'il haïssoit plus, et qu'il ne craignoit pas tant que le Roy de France et les Estats des Provinces Unies.
Les Ambassadeurs croyant ne devoir pas exposer l'Estat s crt hazard, et voulant guérir l'esprit de leurs Principaux de ces in* quiétudes, firent une chose bien hardie. Car bien qu'ils n'eussent point d'ordre ils chargèrent l'Estat du dédommagement des marchands Anglois intéresses aux vingt deux navires qui avoient esté arrestés an Suud, et donnèrent caution bourgeoise dans
L'exclusion du Prince d'Orange est le fondement du trait té. 249
mdres jusque* à la concurrence d'un million et quatre cens Ule livres ; les Anglois y comprenant non seulement les interests i leur argent, mais aussy la perte qu'ils pretendoient avoir faite, me qu'ils n'avoient point gagné (1).
Ce différend ayant esté ainsi réglé il en restoit un qui estoit ratant plus difficile que Beverningh et Nieupoort n'en nient parler à leur collègue, qui a voit des ordres directement intraires à ce que le Protecteur desiroit, parce que si on luy en t*t communiqué la moindre chose, on rompoit sans doute la gociation, et on rejettoit l' Estât dans une guerre dont il auroit l de la peine à sortir. Parmy les vingt sept articles que les ttmiasaires Anglois avoient proposés aux Ministres des Provinces net, il y en avoit un qui excluoit le Prince d'Orange et sa •tenté, des hautes charges que ses ancestres avoient possédées ee pais. Cet Article avoit esté contesté devant le voyage que \ Députés avoient fait en Hollande; on leur avoit fait espérer e le Protecteur y apporteroit quelque tempérament, et qu'il se ntenteroit d'une promesse formelle par laquelle les Estats s'obliroient de faire jurer soleranellement ceux qu'ils appelleroient à i hauts emplois: Qu'ils executeroient à leur égard ponctuelle- Mit et religieusement le traitté qui se feroit entre les deux ttats. On avoit agréé ce tempérament, et les Estats avoient donné à leurs Députés de demeurer dans ces termes, et de n'en int sortir (2). Mais dés que Beverningh arriva en Angle- Te il apprit de Thurloc, Secrétaire d'Estat, que ceux qui luy oient parlé de ce tempérament n'estoient pas bien informés de fttention du Protecteur, et que Beverningh se trompoit s'il oyoit de pouvoir conclurre le traitté sans l'exclusion formelle i Prince d'Orange, parce que ce devoit estre le fondement r lequel Cromwcll pretendoit bastir la bonne intelligence d devoit estre perpétuelle entre les deux Nations. Il àjousta asme que sans cet Article arresté on n'entreroit point en contente avec luy. Que le Protecteur estoit persuadé, que ces nuuls emplois seroient capables de donner un jour assés de
0) Verbael, p. 345 sv.
(2) Résol. secrètes des Etats Généraux du 19 Février 1654. Voir : *6*el, p. 290. Ce tempérament fut inséré dans le 32* article du nté: les Estats Généraux auraient désiré que le serment prescrit r cet article fût réciproque.
250 Bctcr*i*gk et Nieupoort se trouvent
crédit à im Prince, petit-fils du Boy defunct, pour pouvoir des ombrages et des jalousies qui dégénéreraient avec le en des inimitiés déclarées; que son intention estait d'il le repos de l'Angleterre, et la bonne intelligence avec les Unies, et qu'il ne pou voit pas se la promettre sans l'exclasot,
Cromwell et ses Ministres, qui ne pouvoient pas ignores» s'en expliquer de cette manière avec les Provinces Unies, et roes* la négociation estoit la incarne chose, en firent une intrigteftfticulierc avec Beverningh et Mieupoort, les deux Amb— deurs que la Province de Hollande avoit nommés, para fil consideroit que la mesme Province n'avoit pas beaucoup dMnation pour l'avancement du Prince d'Orange. C'est po«v*J on leur fit entendre: Que le Protecteur considérant la prise fi Ton auroit à faire consentir toutes les Provinces à l'eichuioca contenteroit de celle des Estats de Hollande seuls, etdebpenfc que les deux Ambassadeurs donneraient pour cela.
Mais ces Ambassadeurs qui n'avoient pas preveo, à ce <jA disoient, qu'npres le tempérament dont on leur avoit perle'* leur dust faire encore une proposition de cette nature, ne s'< pas fait donner un pouvoir particulier pour cela, et prerojaÉ d'ailleurs qu'une exclusion quoique particulière, donnerait ■ grand mécontentement aux autres Provinces, n'y voulurent poài consentir. Toutefois comme ils scavoient que la paix estoit Ut nécessaire à leur Province, qui avoit desja donné l'exclu»»» quelque façon au Prince d'Orange, et qu'ils voyoient délia* costé qu'il n'y uvoit point d'apparence de conclurre le traitsl sans l'exclusion formelle, ils en escrivirent en confidence àqudqs» uns de ceux qui avoient le plus de part à la direction desafiH* dans la Province de Hollande, et sur la disposition qu'ils tèt»* verent ils engagèrent leur purolc et promirent à Cromwell, qa« feroient toutes les diligences possibles pour disposer les Estats» Hollande à promettre au plustost, tant pour eux, que pour 1* Province, de n'en donner jamais le Gouvernement, ny la csflp d' Admirai nu Prince d'Orange, et de ne point consentir q«l» autres Provinces luy donnassent le Commandement Général 4* armes de l'Estat par mer ou par terre.
Apres que le Protecteur eut tiré cette asseuranec des Aob** sadeurs, ceux-cy demeurèrent d'accord avec luy, que le tïW" serait conclu et signé, et que l'article de l'exclusion du Prô* d'Orange y serait inséré avec le tempérament dont nous vss* de parler, conformément ù leur dernière Instruction, et quVp*
Signature du traiité. • 251
i il aeroit ratifié et publié: Cromwell protestant bien exprèsmi, que sans cette asseurance, et sans l'exécution effective de parole que les deux Ambassadeurs venoient de luy donner, il feroit point la paix, quelqu'envie qu'il eust de la faire ; et que tnd mesme il l'auroit ratifié et fait publier, il ne l'observeroit l A on luy manquoit de parole, parce que ce n'estoit que dans te asseurance qu'il trouvoit celle de la conservation du repos l'Angleterre, et la seureté de sa personne. Les Commissaires gkria y ajoutèrent ce que Ton avoit si souvent dit aux Mi- Aras de ce Païs: Que le Protecteur avoit sujet d'appréhender revenir de la part du Prince d'Orange d'à présent, les mes incommodités et les mesmes traverses que ses predecesirs luy avoient données; que ses desseins n'avoient point eu plus fortes oppositions que celles qu'on luy avoit faites de r part ; que c'estoit eux qui avoient fait répandre tant de sang Angleterre, et qui avoient le plus travaillé à empescher l'estaisement de la Republique.
de traitté ayant donc esté signé le 15 Avril 1654, les Ambasènrs l'envoyèrent aussy tost aux Estats Généraux. Beverningh Nieupoort y joignirent des lettres particulières pour les Mis de Hollande, comme c'est la coustume, et leur firent part rengagement particulier qu'ils avoient esté contraints de prendre e le Protecteur pour l'exclusion du Prince d'Orange et de sa (tenté des charges de Capitaine General et de Gouverneur de rànce. Ils y âjousterent, qu'ils n'avoient pas jugé à propos (i parler plustost à l'Assemblée, parce qu'ils avoient tousjours eré\ mesme jusques au moment de la signature du traitté, que omwell se laisserait vaincre, et se relascberoit de ses prêtions; mais qu'ils l'avoient trouvé inflexible sur ce point, et 0 avoit esté impossible de rien obtenir de luy. Presque toute l'Assemblée des Estats de Hollande estoit suadée que Cromwell se contenteroit du tempérament, ou une qu'il ne feroit point de difficulté de laisser aux Estats faculté de disposer des hautes charges en faveur du Prince )range, en se reservant à luy mesme la liberté de se disiser de l'exécution du traitté lors qu'il verroit ces emplois ïe les mains d'un Prince qui luy seroit suspect; mais les ftbassadeurs l'en détrompèrent bien fort. Ils escrivirent qu'ils ivoient pu vaincre l'opiniastreté du Protecteur, et mesme qu'ils ïîent esté avertis par leurs amis, que si présentement ils perient l'occasion de signer le traitté ils auraient de la peine à
252 Artifice de quelque* Députés Je* EsttiU de Hollande,
la recouvrer à l'avenir, parce que Croinwcll condurroit iw doute avec 1* Ambassadeur d'Espagne, et ne renouerait arec en qu'à des conditions bien plus dures et pins fascheoses; etqK c'estoit là lu raison pourquoy ils n'a voient pas osé différer k signer. La paix estoit nécessaire aux interests de Cromvell, et c'est oient des artifices de ses Ministres qui faisaient rourirk bruit de l'apparente conclusion du traitté d'Espagqc: et du cwtf de la Hollande il y en a voit qui n'auraient pas esté marris k se voir violenter de la sorte s'ils eussent pu faire approuver k* procédé à leurs Maistrcs.
Il y avoit desja quelque temps que les Estats de Hollande estent assemblés pour délibérer, de ce qu'il faudrait faire au cas qoe i négociation de Londres n'eust pas le succès que Ton s'en pu* inettoit, et pour donner ordre à l'armement d'un boa nombre k vaisseaux, et à la scurcté des costes de la Province. Cette Assemblfc incommodoit ceux qui estoient d'intelligence avec les deux A* bassadeurs Hollandois, et qui avoient esté avertis de la demi» resolution que le Protecteur avoit prise sur ce sujet, parce qrîb savoient qu'il y aurait plus d'une ville qui ne conaentiroit poirt à l'exclusion du Prince d'Orange, et qui ne ratifierait pool le traitté à cette condition. Ils considéraient aussy qu'il serti impossible de tenir l'affaire secret te si les lettres estoient lus pi* bliquement dans l' Assemblée, tellement que dés que les artm Provinces en auraient connoissanec, elles s'opposeraient iofiHfi* blement ù la ratification. C'est pourquoy ils se servirent de tort ce qu'ils avoient de crédit et d'adresse pour faire séparer l'Assemblée, en luv représentant, qu'il n'estoit pas nécessaire que I» Estats fissent la dépense de la continuer après les asseuraitf» que les Ambassadeurs donnoient, qu'il n'y avoit plus rien q* pust enipeschcr la signature du traitté (l). Et par ce moyen 3* séparèrent l'Assemblée, et firent retirer les Députés le mess* jour que le traitté fut signe à Londres (2).
Ce traitté establissoit une ferme union, amitié et alliance eatie les deux Nations; faisoit oublier et compenser les pertes et doa*
(1) Voir les détails dans les lettres MSS. de de Witt à ran Be \rriiiugh (Arc h ires dit Royaume).
y-l) Ce traité, daté de Westminster, se trouve c. a. dans: Aitiea»i .Y. r,/« Stnet, III 34. p. Ulw 923; Du mont, Cor]* l'nictntl D&
MU/itjHC, VI. 2. p. 7l M'.
Traitté Je Londres, 253
;es; faisoit cesser les hostilités dans ces mers présentement, lans les autres quartiers dans un certain temps; rendoit la rté aux prisonniers de guerre de part et d'autre; obligeoitlcs I Nations à défendre réciproquement la liberté Tune de l'autre tre tous ceux qui la voudroient violer; les empeschoit de ner rctraitte aux ennemis de Tune ou de l'autre, ou de serir les rebelles de l'une des deux Republiques, d'armes, muons, vivres, etc. ; establissoit la liberté du commerce, et donnoit
vaisseaux de guerre la permission d'entrer dans les ports et res de l'une et de l'autre; regloit le salut que l'on vouloit e rendre au pavillon d'Angleterre; ostoit la retraitte aux pi- « et armateurs; les obligeoit à se faire comprendre reciproroent dans les traittés que l'une ou l'autre Republique feroit 5 des Princes Estrangers. Il portoit encore: que les violences des iculiers ne feroient point rompre le traitté gênerai, mais qu'on demanderait justice. 11 ordonnent que les navires marchands
la nécessité contraindroit d'entrer dans un des ports de l'une deux Républiques, ne seraient point tenus de payer les droits itrée, s'ils ne rompoient leurs charges; que les navires ne noient pas estre saisis ou arrestés en vertu d'un ordre gênerai, s seulement par les voyes ordinaires de la Justice. Il pertoit l'usage des armes offensives et défensives aux marchands, nro commissionaircs, facteurs, et serviteurs. Il obligeoit les seaux de guerre d'escorter et de protéger les navires marchands Tune et de l'autre Republique. 11 portoit aussy: Que les (mis à la recette des droits n'exigeroient que ce qui est porté
le tarif; que l'on ne donneroit point de lettres de repreles sinon après un déni manifeste de justice, ou après un ly qui en approche; que ceux qui armeroient en vertu d'une émission de l'une des Republiques, donneroient caution sulfite de ne point offenser les sujets de l'autre. Il regloit le ibre des vaisseaux de guerre qui en cas de nécessité entrent dans les ports de Tune ou de l'autre, aussy bien que le >ur qu'ils y pourroient faire. Il obligeoit les Estats Généraux lire justice de l'affaire d'Amboïne; à faire restituer les navires ïstés dans le Sund, avec les marchandises qui y estoient chars, et à dédommager les propriétaires et les intéressés, au julent de quatre arbitres que le traitté nommoit: moyennant y le Roy de Danncmarc seroit compris au traitté. Il disoit fin que l'on nommeroit aussy des commissaires de part ei utre, qui reglcroicnt les autres différends nés depuis Tau 1611
254 Remarque* sur ce traitte.
jusque» nu 28 May 1652, qui n'a voient pu estre ajustés par ce traitte.
Ceux qui en partaient sans interest y remarquoient, que le phi grand avantage que cet Estât en retirast estait la cessatioita hostilités qui interrompoient le coure du commerce, et que proqee tous les autres avantages demeuroient à Cromwell et anxAiglois. Le Protecteur ne s'asseuroit pas seulement que le iflf Charles II ne trouverait point de secours ny d'assistance dm les Provinces Unies, mais aussy que Ton n'y donnerai point de retraitte au Prince Palatin Robert, ny aux antres ennemis de a République. Il permettent bien le trafic de toutes sortes deasrchandises et de denrées; mais, en y faisant aj ouater la clause, qie ce scroit sans préjudice des /oi-r, ordonnances, et coustvmts (TA* glefeire, il fuisoit aussy subsister Pacte fait pour l'augmentât!» de la navigation et du commerce, du 9 Octobre 1651. Il se réservai en quelque façon et avec beaucoup d'apparence la seigneurie et h supériorité de la mer, tant parce que par un article exprès il oUh geoit les vaisseaux Hollandois à saluer le pavillon d'Angleterre, et ne s'obligeoit pas à rendre le salut, que parce qu'il ne roaUt pas renoncer au prétendu droit de pouvoir visiter les narine Hollandois, et qu'il refusoit de faire un règlement pour la gnade peschc. D'ailleurs le traitte parloit de l'affaire d'Amboine conuee d'un meurtre et comme d'un assassinat. Et pour tout dire es un mot, il obtint en effet, quoique en d'autres termes, tout ee qu'on avoit demande nu Sr. de llceinsteede, en l'an 1651, incontinent après la première rencontre de Tromp et de Blake, c'est à dire, satisfaction pour le passé, et asscurance pour l'avenir. IJ trouvoit sa seurcté (du moins le vouloit-il faire croire) due l'exclusion du Prince d'Orange, et sa satisfaction dans la restitution des vingt deux navires nrrestés au Sund, au dédommagement des intéressés, et aux. sommes considérables qui furent quelq* temps après payées à la Compagnie des Indes Orientales d'Angleterre, et aux parents de ceux que la Justice avoit fait mourir à Amboïne. Ces sommes se payèrent en exécution du jugerai des quatre commissaires qui s'estoient de part et d'autre assemble* ii Londres pour régler tous les différends et toutes les pertes qtf les Anglois pretendoient avoir faites depuis l'an 1611 jusque* H 28 May 1652. Cependant il n'y avoit rien de réglé pour le commerce, pour lequel on devoit faire un traitte particulier k marine. Il est vray que la pluspart des articles dont le traitte* rstoit composé a voient esté tirés des trente six articles que te
Negotiaiion avec U Dannemare. 255
avoient fait communiquer à St. John et Striclant u ans auparavant. Mais les Anglois en avoient retranché les ■s importants, et entre autres l'XI, et le XII, qui parloient de fVberté de la navigation et du commerce des Caraïbes, et de la ^pntion des limites dans l'Amérique ; le XIII touchant l'abord FTVntrée de tous les ports, havres et rades, pour y charger, fcitfeharger des marchandises sans empeschement ; le XVII qui
eit des libertés et des exemptions que Ton desiroit de faire er aux familles qui veulent changer de demeure d'Angleterre lises pais, ou de ces pais en Angleterre; et les XVIII, XXI, tilXII articles qui traittoieut de la Liberté de la pesche, et de aent d'une flotte pour la seureté de la navigation. Telque tout le profit qui en revint à cet Estât, ce fut qu'il plus de guerre.
cette paix furent compris avec le' Roy de Dannemare, qui ^quelque temps après un traitté particulier avec le Protecteur, Cantons Protestants Suisses, le Duc de Holstein Gottorp, le d'Ànhalt, le Duc de Courlande, le Comte d'Oldembourg, Villes Anseatiques, et nommément celles de Lubeck, Brème, nbourg.
Livre huitième de cette Histoire dira les suittes de cette et de l'exclusion du Prince d'Orange, et je continueray P marquer icy, que les Estats, dont les armes n 'avoient point eu avantage au dernier combat, où la mort de l'Amiral avoit fcftescbé, à ce que l'on disoit, et avec grande apparence, l'entière "" " des Anglois, ne pouvant pas s'asseurer de l'intention de irell, taschoient cependant de se fortifier d'alliances, et ent travailler continuellement à de nouveaux bastiments, dont fejretendoient couvrir la mer au printemps. fte Boy de Dannemare ne pouvoit plus séparer ses interests de fc des Provinces Unies; tant parce qu'il en tiroit de très grands fikUges, en se faisant payer des sommes considérables pour le ■fe du Sond, que parce qu'il avoit irrecoociliablement offensé ïferotecteur par la saisie des navires Anglois, qui avoit retardé T&nnements, et par le mépris que l'on avoit fait à Coppenhaguc giMinistre de la Republique (1). On avoit persuadé d'ailleurs au yt qu'il s'estoit fait un très grand préjudice par le traitté de l'an I pour le forfait des droits du Sond, parce qu'ils rendoient bien
jl) Voir p. 185.
256 Annulation du traiiié de Redemtion.
plus qu'il n'en tiroit en vertu du traitté. Il a voit de la peine a • faire payer pur avance, et il desobligeoit tous les jours hSttè, dont l'amitié luy estoit nécessaire dans un temps où il ifioit ■ déclarer contre l'Angleterre. C'est pourquoy il aimoît nûeu m passer d'un profit qu'il ne croyoit pas estre fort considérable, qa de desobliger la Heine de Suéde, qui se plaignant sans cesse di préjudice (qu'elle recevoit de ce traitté de forfait ou de icfar lion, nuroit pu en prendre sujet ou prétexte de s'allier plus ân# tement avec l'Angleterre, qui faisoit rechercher son amitié. Lb Estats avoient la mcsrae considération pour la Suéde, et ne tauvoient pas leur compte en ce traitté, particulièrement depâf que la guerre avoit si fort ruiné le commerce, que le page àt Sond ne rendoit presque plus rien; tellement qu'ils ne poaroieaf pas se rembourser de la moitié de la somme qu'ils estoient ohliflfc de payer au Koy de Dannemarc, en vertu du traitté de ÎM Pierre Charisius, Résident de Dannemarc, fit la premiewj ouverture pour la revocation de ce traitté de redemtion, Taudiance qu'il prit pour cet effet le 15 Janvier 1653. Les de Hollande, qui estoient alors assemblés, le prirent an mot, résolurent dés le lendemain, qu'il falloit recevoir ses ofro, prier en mesrae temps le Roy de Dannemarc de ne point du péage de l'Orisont à forfait avec qui que ce soit, et que i avoit dessciu de le faire, de préférer cet Estât ; comme sossy régler le remboursement de l'argent qu'on luy avoit avancé sa traitté de redemtion, et de faire en sorte que les navires fussent pas longtemps détenus au Sond quand ils y passeraieat Les autres Provinces qui n'y ont presque point d'interest, y s* quiesecrent facilement. Mais le Roy s'esta nt ravisé quelque après, eserivit du 16 Avril, qu'il scroit bien aise de faire sabsil le traitté de 1(519. Les Estats firent réponse: Que l'affaire n'erf^ plus en sou entier ; que c'estoit sur la proposition de CkarV si us, qu'ils avoient pris d'autres mesures; de sorte qu'il n'afow pas levé sur les navires qui estoieut partis pour aller à la « Baltique, les droits qu'ils sont obligés de payer au passage I Sond, parée qu'ils pretendoient les leur faire payer sur k du traitté de Bromsebro, puisque celuy de 1649 ue subi plus (1); et l'on en demeura là.
Tandis que cela se traittoit avec le Résident de Dannemaft
(1) Résol. des Etats de Hollande du 23 Mai 1653.
Le traitté de Daanemarc. 257
ig Keyser, dont il a esté parlé ailleurs, negocioit un mt plus fort à Coppen bague, parce que l' Estât voueurer du Roy par un traitté plus particulier. IL se fit le sr (1), et portoit: Que le Roy de Danuemarc qui estoit n vertu du traitté d'Alliance de 1649, de secourir les i-Unies puis qu'elles estoient attaquées par les Anglois, ées en leur commerce, se trouvoit aussy offensé en son r de la manière d'agir du Parlement d'Angleterre. Que )is envoyoient tous les jours dans la Mer Baltique des marchands montés de plusieurs pièces de canon; qu'ils nvoyé depuis quelque temps jusques à dix huit vaisseaux i sous le canon de ses forts sans l'en avertir; en avoient r dans leurs ports et havres, et continuaient de faire ;n mer les navires et les marchandises de ses sujets. oit jugé devoir donner une plus grande estendue au > 1649, et promettre pour cet effet qu'incontinent après tre de celui- cy il feroit publier une Déclaration par ladéfeu droit à tous les vaisseaux Anglois, montés en guerre ands, d'entrer par l'Oresund, ou par le Bclt dans la Mer pendant la présente guerre. Que pour l'exécution de ces et pour la conservation du commerce des alliés dans la que et aux environs, il mettroit en mer, et entretienuis m Avril jusques à 1*11 Novembre, c'est à dire ept mois, vingt bons vaisseaux de guerre, du port et de ur marquée dans un Mémoire qui avoit été communiadit Député des Provinces Unies. Qu'il employeroit à t, à la monture, et à la subsistance de ces vingt vaissubsides qu'il estoit obligé de payer aux Estât s en traitté d'alliance de 1649, qui montoient à cent quatreize mille escus par an. Et que les mesmes Estats luy . en trois termes, scavoir les 11 Avril, 26 Juillet, et >re, pareille somme de cent quatrevingts douze mille quatre cents quatrevingts mille florins, tous les ans, tant lerre dureroit. Que les alliés se garantiroient reciprosvec toutes leurs forces par mer et par terre, de tout tirroit leur arriver dans l'Europe à l'occasion de la pre- 're, et ne pourroient traitter séparément avec le Parle-
. Voir: Aitzema, S. van Staet> III. 33. p. 790—794; Du- •ps Univenel Diplomatique, VI. 2. p. 40 — 46.
Le Roy de Du nnemarc ne s'obligeoit pas par le agir les vingt vaisseaux qu'il estoit tenu d'cqnîpj tenir, ailleurs que sur ses costes, et dans le vi Koiaumcs. De sorte que tout l'avantage que l'Es traitté ne consistait proprement qu'à empescher s'approcher du Sund, et eu la retruitte que les i noient des Indes, d 'Espagne, et de France, trou port s et havres du Da nnemarc et de Norvegue, i pas passer seurcment par la Manche, faisoient le ] tour de rirlandc, de l'Escossc, et de rAngleterre. vouloient tirer quelque chose de plus, et obliger le une partie de ses vaisseaux à leur armée navale: son costé qui ne trouvoit pas sa seureté en ce qu1 par le dernier trnitté, desiroit que non seulemen trait tassent j>oiut sans luy, mais aussy qu'ils se c dédommagement que les Anglois demander oient jour à cause de tant de navires qui avoient esté Sund, avec la restitution de ce qui se trou? estre (1), et le provenu des marchandises qui avoient ou que le Roy s'estoit approprié. On luy accordi on ne doutoit point que ce Prince n'eust aussy u plaisance pour cet Estât. Au moi de Juillet 01 Kcyscr, qui estoit venu faire un voyage en 1 la signature du trnitté, et on luy donna ordre d'à avec le Ministre ordinaire, et de tascher d'obkf Dannemarc à joindre quelques-uns de ses granc l'armée navale de l'Estat, qui luy envoyeroit quelq plus petits, s'il en avoit besoin pour la garde des ncmarc et de Norvegue (2). Le Roy n 'estoit pas i
Disposition de la Suéde. 269
que Keyser y arriva; mais dés qu'il y fui revenu les Comnires déclarèrent: Que le Roy n'éloigneroit pas ses meilleurs «eaux de ses costes, parce que la saison estoit trop avancée. fut le prétexte du refus; mais ce qui en empescha le Roy effet, c'estoit la crainte qu'il avoit des Anglois. De sorte que y ter voyant qu'il travaillent inutilement à se faire accorder m jonction, commença à parler du second point de son instruci* et fit le 26 Septembre ( L) le traitté qui achevoit de casser l'annuler ecluy qui avoit esté fait pour le forfait du péage du id en 1649, et remettoit les affaires au mesme estât où elles Kent esté mises par les traittés des 13 Aoust 1645, et 12 Fetr 1647. Tout ce que Keyser put obtenir du Roy de Dan- HK ce fut qu'il permit que quelques-uns de ses vaisseaux guerre escortassent les navires marchands qui s'estoient mis ouvert dans les ports de ce Roiaume et de celuy de Norvegue. •t pourquoy Keyser voyant qu'il n'y avoit plus rien à ne- 1er, prit congé de la Cour de Coppenhague, et s'en retourna Hollande, où il arriva vers la fin d'Octobre, ^tt parlé cy-devant de la disposition que Van Beuninguen Ifc trouvée en Suéde. La Reine consideroit sa personne; mais lut qu'il y fut arrivé, la Cour de Stocolm avoit résolu, de ris nnanime de tous les Sénateurs : Que cette Couronne-là ne Sweleroit point de la querelle qui avoit armé les deux Repufoes. La Reine mesme ne fit point de difficulté de faire conhtre, qu'elle et les Princes voisins dévoient estre bien aises de 'voir toutes deux s'affoiblir en se faisant la guerre: ce qu'elle Mt non seulement à cause de l'envie que les Princes ont ordi- Iftnent de la prospérité des Republiques, mais aussy par une thion particulière qu'elle avoit pour Tuue et pour l'autre. w Roy de Dannemarc qui estoit résolu de s'engager avec les KU, luy envoya ses Ambassadeurs pour la prier de secourir | Provinces-Unies, et de défendre le transport des marchandises F contrebande, ou du moins d'asseurcr les Estats de la neutralité. f Reine répondit: Qu'elle ne pou voit pas se résoudre à se com- ■tre arec les Anglois; que l'Angleterre estoit peuplée d'un ■Éd nombre d'hommes de courage, et qu'elle avoit des vivres, I munitions, et des vaisseaux en grande quantité; que les finan-
[1) Le traité se trouve dans Aitzema, S. van Staël, III. 33. t 845; Du mont, Corps Universel Diplomatique, VI. 2. p. 08— 70.
260 Pimentel çowerne Im Reine de Beeie.
ces des Hollandois estaient épuisées; que leur pals estant pesjK de nations estrangeres, qui se trouvant surchargées d'imposte se revoltcroient, ou se retireroient bientost ailleurs, et ptr • moyen y fcroient cesser le commerce. Qu'ils avoient pes k vaisseaux, et la pluspart bastis pour la marchandise plutôt f*v pour la pierre, de sorte qu'une seule bataille, ou une seule peste pourroient achever de ruiner toutes leurs forces; qu'Ai à propos de laisser les deux Nations se consumer entr'Jeiiif qu'elles vouloient toutes deux usurper seules tout le co et en frustrer toutes les autres ; qu'il falloit songer aux d'exclurre les Anglois et les Hollandois de la Mer Battique;tt en un mot, qu'elle ne prendrait point de party si elle n'y tas* voit des avantages capables de la rembourser de la dépense qri feroit, et de compenser le péril où elle s'exposeroit Ûn'dh vouloit point de mal aux Hollandois ; mais aussy qu'elle se feroit point de bien; et qu'elle ne les pouvoit pas • aimer qi ce ne serait qu'à cause de l'ordonnance par laquelle ils défendu depuis peu à ses sujets le commerce d'Angleterre, moins indirectement (l). Ses Ministres non contents de dans ces termes, ta seb oient d'empescher les Danois de se pour les Estais. Le Comte Eric d'O x e n s t i e r n, fils du et le Chancelier luy-mesme ne craignoient point de dire, qui. trnittés n'obligcoicnt point sinon pendant que la bienséance et ft des affaires le permettaient; et ce avec des expressions que n'attendoit pas de Ministres qui couvraient leur politique <f si grande apparence de pieté.
La Keinc estait alors possédée par Don Antonio Pimenti Envoyé Extraordinaire d'Espagne, qui après l'avoir tirée des de quelques gens de lettres qui la gouvernoient absolument, corrompu son esprit qui ne s'estoit pas encore bien formé, et T jette clans des sentiments directement contraires à ceux que le n***) Chancelier et les Ministres du Koy, son père, avoient tascàe m luy inspirer en sa première jeunesse. Elle commençoit mes*» avoir du dégoust pour les Bonnes Lettres (2), et pour ceux q»1 faisoient profession. La Suéde mesine, ses moeurs, sarcligios»! jusques à sa couronne luy dcplaisoient et luy faisoient tant S
(1) Voir l'ordonnance des Esitats Généraux du 5 Décembre MB» 1 Du ni ont: (orps Unira sri Diplomatique, VI. 2. p. 35—39.
(2) Belles-lettres. I
Pourquoi/ les Estais rejettent sa médiation. $61
X qu'elle résolut de tout quitter pour s'abandonner à la conte de certaines gens, qui ne se pouvoient pas mieux venger I maux que le grand Gustave Adolphe a voit fait à la Mail d'Autriche qu'en faisant prendre à sa fille des resolutions si Niées à sa dignité et à sa naissance. Elle meditoit dés lors I abdication, et se mesloit fort peu des affaires de son Roiaume, it elle laissoit toute la direction aux Sénateurs, qui estoient i^ottrs jaloux du Roy de Dannemarc, et des alliances dont il tit obligé de se fortifier de temps en temps contre de si dan- «U voisins.
lia traitté qu'il venoit de conelurre avec les Provinces-Unies tovoit d'aigrir les Suédois, desja mécontents de ceux qu'Uled avoit fait en Hollande en 1649, et leur donnoit une forte filiation à préférer l'amitié du Parlement d'Angleterre à celle cet Estât autant qu'ils en estoient capables. La Reine avoit dés l'année passée à Van Beuninguen, qu'elle ne voupaa pénétrer les véritables causes des hostilités qui s'exer- »at entre les deux Nations; mais qu'elle s'en trouvoit incom- Me, aussy bien que tout le reste de l'Europe, et que si son remise estoit agréable, elle s'employeroit volontiers à rajuste it de leurs différends. Les médiateurs ne sont pas arbitres; • cela n'empesebe pas que les Princes intéressés ne soyent igés d'avoir quelque déférence pour eux. C'est pourquoy on e b peine à les admettre quand on s'en peut passer; et on pouvoit pas approuver que la Reine de Suéde fist cet office se qu'il luy ostoit la liberté de donner à TEstat les secours Ton pretendoit qu'elle luy de voit en vertu des traittés de
0 et 1645. Il y avoit encore d'autres raisons qui empeschoien t Estats d'agréer la médiation non seulement de la Reine de
de, mais aussi celle de tous les autres Princes qui auroient la s'en mesler. Afin de refuser de bonne grâce et avec justice offres que Christine leur fit faire par Harald Appelant, son Résident, ils luy firent dire: Qu'ils estoient obiii à la Reine de sa bonne volonté; mais qu'ils ne pouvoient i s'expliquer au sujet de la médiation qu'ils ne scussent corafet elle seroit recette en Angleterre, où elle avoit fait faire les taies offres par Laguerfeld, qui ne réussit pas mieux Londres qu'Appel boom à la Haye. Les Ministres de Suéde ioient aussy d'une suspension d'armes; mais elle ne plaisoit
1 aux Estats des Provincies Unies, parce qu'en faisant cesser hostilités pour un temps on ne faisoit pas cesser la dépense
9M La Reine prend plaitir à mortifier le» Ettëto.
qu'il falloit continuer de faire, non plus que les Idée* de deniers, qui auroient trouvé de ires-grands obstacles pendant «4 Tannée navale ne seroit pas en mer.
La Cour de Stocolin avoit d'autres petits sujets de mécontatement du procède des Estats. On s'y plaignoit que les HoQndois empeschoient les Suédois de faire leur commerce non aeaV ment en Angleterre, en Es cosse, et en Irlande, mais ausay à (ttende, laquelle estant une pince neutre, les denrées que ka Soedà . y porto ient, et qui n'estant que des productions de leur Une, ne pou voient pas estre regardées comme des marchandiaa dt contrebande. Les Estats soustenoient de leur costé: Qnelilàe estoit obligée, en vertu du VI Article du traitté de 1645. «a seulement de ne pas permettre le transport des marchandises d des denrées qui peuvent servir à l'equippage, à la monture, etl l'armement des vaisseaux, mais nussy de défendre à ses sujets II commerce avec ceux de la République d'Angleterre, et Oa hy i> rent dire, que le seul moyen de travailler avec succès à la pi c'estoit de faire agir ses armes de la mesme manière que cet Et* tat avoit fait en Tan 1B44 lors qu'il fit mettre une puissante anafc navale en mer, et qu'il permit aux habitants de ces Pronuttl d'armer en faveur de la Suéde, pendant qu'il s'employoit à W réussir l'accommodement qui se negocioit entre les deui Cour» nés (1). Mais ce n 'estoit ny l'intention, ny l'interest des SoedÀ Ils pretendoient demeurer neutres, et comme tels establir, et tinurr leur commerce par tout, aux dépens de ecluy des Anghi (t des llollandois.
La Heine voulant augmenter la jalousie qu'elle prenoit pw* de donner aux llollandois, envoya Shcring Rosenhan enq* lité d'Ambassadeur à Hambourg, pour y noiler une plusestroitt* correspondent avec les villes Anscatiqucs. Elle défendi transport des canons et des boulets hors du roiaume, soos p«" texte du besoin qu'elle en avoit elle mesme pour l'armement» ses vaisseaux, quoiqu'elle ne fust pas d'humeur ny en estât dei faire. .Mesme elle s'avisa un jour, de son propre mouvement.** sans la communication de son conseil, de faire saisir les lin* et les effets des marchands llollandois, et mesme d'en faire D*" tre deux en prison. Ce fut par une espèce de représailles, p»*" qu'on avoit arrotc à, Amsterdam par les formes ordinaires Je »
(1) De fturde et de Dam mare.
Elle ne traitte pas mieux les Angloi*. 263
n marchand Suédois (1), pour le différent qu'il avoit autre particulier, pour lequel il y avoit conflict de ju-
entre la justice de Suéde et celle de Hollande. L'on fait une affaire d'Estat à Stocolm, et ce fut en effet us grands obstacles que Beuninguen rencontra en sa n, ou du moins un grand prétexte dont on se servit, jmpescher la conclusion.
ît pas que les Anglois y trouvassent plus de faveur, i tel oc qui y arriva au commencement de Tannée sui- ), n'y fit rien, non plus que Beuninguen (3). y apporta il rien qui pust plaire à la Heine, ny ausfaction touchant les navires Suédois que les Anglois iris, et qu'ils continuoient de prendre à toutes les renet le Parlement rejettoit la médiation de la Reine, que les Suédois, ne pouvant pas se résoudre à s'engager Estât, dont ils estoient jaloux, ils ne vouloient pas non
avec le Parlement d'Angleterre qu'ils n'aimoient point, nsideroient ils bien, que la nouvelle République n'estoit e si fort establie, que l'on pust s'en promettre une Ione, et ne point craindre une révolution, qui la pust exla discrétion de ceux contre lesquels la Suéde se seroit
A quoy il faut ajouster, que l'on n'y pouvoit pas grand armement, sans que l'on leur donnast des subsis n'en pou voient point espérer de Cromwell. v de Danneinarc, qui vivoit dans une défiance continuelle ►isins, particulièrement depuis l'invasion surprenante que Dis firent dans son pais en l'an 1644, voulant s'asscurcr (té là, taschoit de les faire entrer dans les interests qu'il s. Mais on fit comprendre à ses Ministres qu'ils par- >p tard, parce que les Danois ayant desja pris party, s et leurs conseils n'estoient plus désintéressés, et que iger la Suéde il ne falloit pas que le Roy de Danneinarc st sans elle. Que devant cet engagement singulier (4),
\t l'affaire de Groot-Johan. Van Beuningen en parle
snt dans sa correspondance avec Jean de Witt.
îiteloc partit pour Stockholm vers la fin de 1653.
st à dire: qu'il ne put pas engager la Reine Christine à
uvertement parti pour l'Angleterre. 11 réussit néanmoins à
raité. Voir livre VIII.
ticulier.