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III

264 Différents de la Pologne et de la Suéde.

les deux Couronnes du Nort eussent pu se rendre conadenkto pur leur alliance, et donner de la réputation à leurs armes, pe* dant qu'elles auroient eu la liberté de les employer là où dfa eussent voulu ; mais que la Eeine n'avoit garde de se àeduer pour l'Estat des Provinces Unies, parce qu'elle le croyoit riai et perdu.

Il importoit à cet Estât non seulement d'estre bien attela deux Courouncs du Nort, mais aussy de mettre les dcoi 0» ronnes bien ensemble, veu qu'il n'y pouvoit avoir de guerre m ces quartiers là, où l'Estat mesme, ou bien le commerce de a sujets ne fust extrêmement intéressé. C'est pourqaoy il »osM uussy travailler à l'assoupissement des différents, qui avoient défi armé la Pologne et la Suéde Tune contre l'autre, dont nous itti trouvons obligé de dire icy le sujet.

Ë8ticnue Batori, Roy de Pologne, estant décédé le 15 Décembre 1536, les Polouois se divisèrent en deux faction!, m Zamoisky et Zborousky, qui firent faire deux élection dont Tune nomma, le 9 Aoust 1587, Sigismond, fil» dt Jean, Koy de Suéde, et l'autre donna, le 12 dm mesme moi, son suffrage à Maximilian d'A ustriche, frère de l'Emparé* Kudolfc II. Ceux de la faction de Zamoisky, qui wM cleu Sigismond, avoient bien fait réflexion sur son atnctkt, qu'il rapportoit à Jagcllon, parce que Catherine, mère k Jean, Koy de Suéde, estoit fille de Sigismond I, et soev de Sigismond Auguste, Kois de Pologne. Mais ils cob»deroient ])rincipalcment que par le moyen de cette élection « pourroit régler le différent que les deux Couronnes de Pologne et de Suéde «voient pour cette partie de la Livonie, que l'on ap* pelle Esthonic. Les Ambassadeurs Suédois qui s'estoient trou»6 à l'élection avoient promis: Que Sigismond feroit bastir,** dépens, cinq forts sur ks frontières de Pologne et de Litûamtî qu'il entretiemlroit une armée navale dans la Mer Baltique* qu'il feroit rendre à la Couronne l'artillerie que le Moscor* avoit pri*c ^ur elle en Livonie, et qu'il y uniroit aussy lereretf que Catherine avoit au Koiaumc de Naplcs comme beritiflt de la Heine Honni!. Les Polonois pretendoient que la Liront dépendoit de leur Couronne, et les Suédois soustenoient qn» leur appartenoit, pour l'avoir reprise sur le Moscovite, quif**» auparavant conquise sur la Pologne.

Sigismond appuye de la faveur d'Anne, veuve d'Esticna* et soeur de Catherine, remporta enfin sur son competiiew*

De Witt et 0 et gens Médiateurs. 265

bb son élection au lieu de donner la paix à La Pologne, la jetta MU une guerre, dont on ne voyoit pas encore la fin au temps mi nous parlons. Car Sigismond s'estant fait couronner en après la mort de son père, et ayant comme abandonné ce ae là, pour se donner entièrement à la Pologne, Charles, ta de Sudermanie, son oncle paternel, se fit déclarer Boy de ude au commencement de ce siècle. Il craignoit que les Dfanois ne se saisissent de cette partie de la Livonie que nous ton dit avoir esté prise par les Suédois sur le Moscovite ; parce 10 Sigismond avoit promis de la restituer à la Couronne de stagne, lorsqu'il fit solliciter son élection. C'est pourquoy le M y conduisit luy mesme une armée considérable, et non con- Dt de se tenir sur la défensive, n'ayant pas à faire à un puis- Bt ennemy, parce que les Polonois refusoient de contribuer aux ib de la guerre, il conquit aussy toute l'autre partie de la Livonie

Pan 1605. Cette guerre pendant laquelle les Rois de Pologne ntinuoient de pendre le tiltre de Bois héréditaires de Suéde, oit esté interrompue par plusieurs traittés de trêves et de susnsion d'armes, que les autres Princes Chrestiens taschoient de n convertir en une paix perpétuelle; et n'y pouvant pas réussir

moyennerent enfin entre les deux Bois une trêve de vingt six a. Ce traitté entre les deux Boiaumcs s'estoit fait à Stumsdorff,

12 Septembre 1635, et de la part des Provinces Unies il y oit intervenu Boch van den Honcrt, Premier Conseiller

la Cour Provinciale de Hollande, avec André Bicker, wrguemaistre d'Amsterdam, et Joachim Andrée, Conseiller

la Cour de Justice de "Frise. Cette trêve devoit expirer l'il Met 1661; tellement que les amis communs appréhendant que Jtoy de Pologne, qui voyoit les armes Suédoises occupées contre

Maison d'Austriche en Allemagne, ne fist une invasion dans la vonie, et la voulant prévenir, pressoient les parties intéressées, •ay bien que les Médiateurs, de travailler à faire continuer la hre, ou bien à la faire convertir en une paix perpétuelle entre

deux Bois et leurs Couronnes.

La ville de Lubec, première des Anseatiques, située sur la ttr Baltique, fut jugée la plus prope pour le Congrès, et dés nneé passée 1652 on avoit convié les uns et les autres d'y envoyer 1rs Ambassadeurs et Plénipotentiaires ; mais quelque temps après i les pria de différer jusques à Tannée suivante, dont les affaires

266 lis font deux fautes en arrivant.

font la principale matière de ce Livre. Les Estats Genenuj envoyèrent Jacob de Witt, et Antoine d'Oetgens il Wuvercn, le premier Bourguemaistre de Dordrecht, et l'irin d*Amterdam (1), avec ordre de tuscher de faire une bonne pu, ou de faire prolonger le terme de la trêve entre les deux Cot* ronnes. L i c w i n A i t z c m a dit dans sons Histoire (2), qoe b Estats donnèrent un ordre secret à leurs Ambassadeurs de Un tout le contraire, et d'empescher Tune et l'autre, parce que Vm se ddfioit des Suédois, et que Ton craignoit qu'ils n'entruxrt dans les interests du Parlement d'Angleterre. Mais dintant q» les Registres des Estats Généraux, et mesmes ceux des EsUbè Hollande n'en disent rien, et que je ne trouve rien d'approefatf dans les dupes ches des Ministres de ce temps là, je ne vois je que cet Auteur mérite une grande créance en cet endroit. Outo qu'on ne peut pas comprendre pourquoy les Estats en aoroiest use de mauvaise foi; veu que la trêve qui n'est oit pas exspir&d qui devoit encore durer huit ans, ne pouvoit pas empesebara Suéde de se deejarer contre cet Estât, puisqu'il ne tenoit qil elle de la faire continuer, et que c'estoit une fausse allaroe fil l'on s'estoit donne des intentions du Roy de Pologne. Oit publié le contenu des dépesches de Pierre Chanut, qi estoit à Lu bec de la part du Roy de France comme Preakr Médiateur. Mais il ne dit pas un mot de ces prétendus ordn secrets, qu'il auroit sans doute pénétrés, et dont il n'aaroitp»

(1) Le Conseiller Gîualtcri, le troisième Ambassadeur, moanl axant d'aller un v ovaire; Aviva fut nommé à sa place. RésoLda Ktats (tfnéraux du 23 Janvier 1053.

(2) S. viih Sfuet. 111. 33. p. ?3l. # .... in confidentie wiert ty mé daer by irhedaen, dat onluiurs du heur Kcyscr (door inghevingh * de Uecrca Dceiisolie) in syne secrète brieven haddc te keniien gl* glievcn, dattet niet goct ware dat ecn vaste ende ecuwighc m tussrhen de opsht'iiicldc Cruoneii wierde gemaeckt; alsoo oen ** groote rcilen moest tu gkcinoct sien, dat in sulckeu cas de Swdfl (ien stact van de Verccniglide Xedcrlanden ofte derselver NiHp*1 ende Cummereie souden nuilcli^: worden. Dat dacrom de Heer» A* baladeurs desu llaiulcliiigh van Médiat ie soudeu hebbcu te mania* en te beleydcu nae ofte op de kunst (dit woort wiert jjebrujcàt)i» is niel aile dexteriteyt daerhencn tracliteu, dat gheen vaste uoen tn? wigluluvreudo vrede wurde gctrofluu."

Affaires de France. 267

le faire part à sa Cour; puis qu'il y (1) marque bien &s grossières que les niesmes Ambassadeurs firent en Au lieu de fuire avertir tous les Ministres qu'ils estoient s se contentèrent d'en faire part aux Chefs des Ainbasnegligerent les autres Ambassadeurs. Chanut leur fit •, et reparer cette première faute; mais l'autre qu'ils firent civilité estoit irréparable. En faisant scavoir aux autres leurs qu'ils estoient arrivés, ils y firent âjouster, que de jours ils ne seroient pas en estât de recevoir leur visite, .'il estoit nécessaire d'avertir les autres Ministres de ce vent aux derniers venus; au lieu de leur faire faire une ri auroit esté bien reccùe, mais dont les autres n'auroient ofiter (2).

stats avoient aussy résolu d'envoyer des Députes aux seatiques, pour leur demander l'exécution des trait tés que les Provinces Unies avoient avec elles depuis 16 13 Mais on considéra depuis qu'il n'y a voit rien à espérer qui au lieu de secourir ces Provinces taschoient de prola ruine de leur commerce. La ville de Hambourg en ;n son particulier, et envoyoit par Lubeck à Dantzig, et Pologne les draps d'Angleterre que les navires Hollandois Dustume d'y porter, et secouroit les Anglois, et mesmes ées navales de toutes sortes de munitions de guerre. De : l'on jugea qu'il scroit inutile de rechercher l'amitié de , qui seront tousjours envieuses de la prospérité de cet tousjours prestes à se déclarer pour ses ennemis, pourveu n puissent tirer de l'avantage (3).

it arrivé un grand changement aux affaires de France. ;stoit à Paris; le Duc d'Orléans estoit retiré ou exilé Apanage à Blois, et le Prince de Coudé estoit allé se

r Mémoires de te qui .*W passé eu SuPde, elc, tirez des depe- Vonsieitr Chanut, 111. p. 113, 114.

s remirent aux Ambassadeurs polonais une lettre des Etatspour leur Roi dans la suscription de laquelle etoit omis ou titre de lloi de Suéde que Sa Majesté Polonoise pretendoit t. Les Ambassadeurs Hollandois s'appercevant que cette choquoit les Polonois retirèrent cette lettre et en presene autre où les titres du Roi de Polosrne et de Suède étoient long." Essai de Critique, p. 331. Voir les mémoires de

r: Aitzema, III. 33. p. 7S5, 7SG.

et dont le nom a?oit esté en exécration aux Paris» les habitants du Koiaumc. Il n'y a voit plus que 1 de Seurre ou de Bellegarde, en Bourgogne, dont I Montmorency estoit Gouverneur sons le Prince et avec sa Commission, qui osast faire résistance. d'Epcrnon à qui on avoit donné le Gouvernera Province, la prit après un siège de treize jours.

La Province de Guyenne n 'estoit pas encore revenue Le Prince de Conty, la Princesse deCondé, et li Longuevillc, assistés du Comte de Marsin, qi mandé l'armée du Roy en Catalogne sous le Prince de Comte de Ficsquc, qui avoit négocié les affaires du drid, et de L a i n é (1), qui estoit Procureur General au Bourgogne, fomentoient à Bourdcaux l'esprit de sedi uns, et contraignoient les autres de suivre leurs dére Koy y envoya le Duc de Vendosme, Admirai de quelques vaisseaux, pour s'opposer «u secours que les vouloicut faire entrer, et pour prévenir celuy que le solliciter eu Angleterre. Le Duc de Caudale, d'Epcrnon, avoit la qualité de General et comman mais le Comte d'Estrades, un des plus habiles honnestes hommes de France, qui avoit la confiance qui venoit de luy donner le gouvernement de la R Brouugc, estoit ce que l'on appelle en France, Vhot agissoit dans l'armée, et y faisoit les mesmes fonctic fait dans le corps humain.

Aussy fut ce à luy principalement que le Roy l de la prise de Bourg (2), que lu faction avoit mi mains de Don Joseph de Vera, Capitaine Esp

JJaires de France. 869

on de Libourne, et en fin de celle de Bourdeaux mesme. ommença par une suspension d'armes, pendant laquelle le is de Sainte Croix parut dans la Rivière avec un bon s de vaisseaux de guerre Espagnols. Mais ayant appris ville capituloit, et considérant que le Duc de Yendosme rroit venir attaquer avec avantage, il s'en retourna en Es-

ville s'estant rendue, le Prince de Conty se retira à Caet pendant qu'il y séjourna il fit négocier sa reconciliation i Cour, et une estroitte alliance avec le Cardinal Mazarin, )usant Mademoiselle Martinozzi, sa nièce, l'honneur de ison et de son sexe. La Duchesse de Longue ville se dans un couvent à Moulins, où elle commença à vivre plus renient qu'elle n'avoit fait jusques alors, et la Princesse d e é obtint la permission d'aller, avec le Duc d'En g bien, 1s, trouver le Prince, son époux, à Brusselles. Mais ne t pas demeurer dans une Cour estrangere où elle ne t pas paroistre avec l'éclat d'une première Princesse du le France, elle se retira à Malines, pendant que le Prince i la teste d'une année ennemie dans le Roiaume, ravageant ardie jusques aux portes de Roye et de Noyon, et jusques iviere d'Oise. Turenne et Seneterre en défendoient Age; mais ils ne purent pas empescher la perte de Rocroy s Espagnols laissèrent au Prince, pendant que les deux ihaux de France prirent Rhetel et Mouson, et le Marcschal essis-Praslin Sainte Mcnehould en Champagne, efforts que les armes du Roy faisoient en Catalogne sous escbal d'Hocqu in court estoient languissants, aussy bien Italie sous le Marcschal de Grancey, parce que la reavoit épuisé ou dissipé les finances, et avoit obligé le . employer à la conservation du coeur ce qui auroit pu itilement employé à la conservation des parties extérieures, comme le Roiaume alloit se rétablir, et que de l'autre on ne scavoit pas à la Haye ce qu'on devoit se promettre Qglois, qui deroandoient des conditions impossibles ou fass, on voulut aussy entrer en négociation avec la France, donna ordre à l'Ambassadeur de travailler à une alliance, trouvoit la Cour disposée.

Edit. impr.: il prit le parti de remettre à la voile pour l'Espagne.

'0 V Amhawh'ur de France cette la mutin et le pas aux Députés det l*»~.

J'estime devoir faire remarquer, que ce fat en ce temps-là qie le Koy T. C. fit quelque changement en ce qui a voit esté* pratiqué jusque s alors touchant les Electeurs de l'Empire. Il ne la tniittoit auparavant que de Cousins, c'est à dire d'égal non mlemcnt avec les autres Princes, mais aussy avec les Comtes d'Allemagne, et iiiesuie a\ec les Marcschaux. de France, ses sujets. L'Electeur de ltaiiirichourg faschû de se voir en parallelle arec des personnes qui luy sont inférieures dans une si grande distance, en avoit témoigné son déplaisir dés Tan 1G46, lors qu'il envoya au Koy Fabien, Comte de Do lin a. Mais la négociation n'ayant pas bien rciissy ny pour cela, ny pour ses autres affaires, le Ministre Ordinaire (1) qui la reprit au bout de deux ans, fut assés heureux, pour obtenir de la Reine Régente et du Boy inesmc des lettres où, iU traittoient rElccteur de Frerc. Mail connue cela >V>toit fait pendant la minorité, et que ce n'estoit qu'un Secrétaire du Cabinet qui les avoit escrites et non un Secrétaire d'E«tat, l'Electeur lit si bien presser la Cour que le Roy donna cette année à tous les Electeurs la qualité de Frère , au lieu de celle de Cousin : avec cette différence pourtant que l'on ne f croit pas cet honneur aux Electeurs Ecclésiastiques qui ne seroient pas fils, frères, ou cousins germains d'Electeurs Séculiers: le tout à condition que les Electeurs donneraient an Roy 1*: titre de Majesté, au lieu de celuy de Dignité Roiale qu'ils luy don noient auparavant. 11 n'y eut que l'Electeur rie Saxe qai refusa de cliauger de style, et qui ne croyoit pas devoir mendier une nouvelle qualité. Et dautant que ce changement en pouvoit faire au rang que les Ministres de cet Estât tenoieni dans c< Ut- Cour là, nu ordonna h l'Ambassadeur de conservera cette République celuy qu'elle y tenoit depuis le règne du Koy Henry IV et île sui\re immédiatement l'Ambassadeur de Venise. Cependant cela n'a pu estre si bien réglé jusque* icy que l'on n'ait \eu l'Ambassadeur de Savoye disputer le rang à «tordes Pn^inces Unies, et remporter de force sur luy par la fùven^r" de la Ouïr, et par je ne sais quelle négligence ou lascheté i*^ l'A m baladeur Hollandais.

Ch a n ut estant arri\é à la Haye le 24 Novembre 1653". on eraignoit qu'il ne voulu st faire la nicsme ditticulté que Bel-

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■"'li A in a!i;i ni i! e W ii-qu e t'o ri lui iuni:c: voir: ^AuW-r-it-'

?t Af.« J Li-t '/'■//.*, I. p. .").")«ï.

Plaintes de ? Ambassadeur £E*pagne. 271

lèvre avoit faite touchant les civilités. Il avoit eu la mesme «dite d'Ambassadeur en Suéde, où il cstoit allé d'abord comme beret&ire de M. de la Thuilerie-Coignet, qui cstoit son ■not. Son mérite luy fit donner la qualité de Résident après pa son Maistrc fut party, et eu fin le caractère d'Ambassadeur, piïl eut aussy à l'Assemblée de Lubec. C'cstoit un homme de aatoir et de jugement, et il avoit acquis une grande réputation b probité. Le Roy l'avoit fait partir pour la Haye sur quel- [aea propositions que l'Ambassadeur de cet Estât avoit faites à Ma d'un renouvellement d'Alliance. Mais on luy ordonna parieotierement d'observer ce qu'on negocioit à Londres avec Cromrtll, et de tascher de faire comprendre le Roy au traitté plus- Mt que pour en faire un avec cet Estât, dont on n'estoit pas itisJait en France. Aussy se contenta -t-il de ne parler que de îffilités dans sa première audience, et ne toucha point du tout nx affaires. 11 se rendit d'abord agréable en faisant connoistre |rïl ne seroit point si difficile au sujet des Cérémonies que le Président de Bel lièvre l'avoit esté. Et de fait il fit scavoir 16 son entrée, qu'il avoit ordre du Roy, son Maistre, de céder a main et le pas aux Députés que les Estats envoyeroient chez >J« et après cela il receut à la portière du carossc ceux qui luy Wnt le premier compliment le jour qu'il arriva à la Haye, et °olut qu'ils entrassent les premiers dans la Salle, souffrant neanttoina qu'on luy donnast la première place à table, parce que Gatoit aux dépens de l'Estat qu'on le traittoit. Les Ambassa- **r* de France n'ont point fait de difficulté depuis ce temps-là ladre chez eux l'honneur de la maison quand les Députés de *8tat y alloient en cette qualité: et ce à l'exemple de l'Ain basieur d'Espagne, qui l'avoit desja fait quelque temps auparavant. 'feu ut ne parla point d'affaires, et on ne luy en vouloit pas 'ter non plus, parce que le Comte de Brie nue avoit fait confire, que la France ne changeroit point son ancienne maxime, * Robe dennemy confisquer oit Robe iCamy% et que pour cela on *tinueroit de visiter les navires Hollandois; ce qui fut si mal **U en Hollande, que sans la réduction de la Guyenne, et sans fetraitte du Prince de Condé on auroit fait un traitté avec ville de Bourdeaux pour la liberté du commerce. C'est ce que Cour n'ignoroit point, et elle en avoit le ressentiment qu'on -Vroit avoir d'une pensée si desobligeante. Antoine Brun, Ambassadeur d'Espagne, que nous avons dit fe décédé le 2 Janvier 1654, n'avoit point cessé depuis la Paix

272 Plainte de PJmbauademr iïBip*g*t.

de Munster de faire des plaintes de l'inexécution du trotté (ty Il avoit présenté, au commencement de Tan 1653, un Meaom, où il se plaignoit que Ton ostoit aux gens d'Eglise, rejeta h Koy d'Espagne, la liberté de venir et de séjourner en cet patt, au préjudice des II, IV et XI Articles du traitté, et qu'ut liai de les laisser jouir de la liberté qui leur devoit estre cohunbi avec tous les autres sujets du Roy Catholique, on les mettoH m prison, et on les rançonnoit comme eu temps de guerre. Il de* mandoit que l'exercice de la religion catholique romaine fast » tubly à Sevciiberguc et à Lingue, suivant les traittés frits ntt les Princes d'O range en 1582, et les lettres qu'on leur twà octroyées en 1546, 1549 et 1578. 11 disoit: due les Ptaipotatiaires qui estaient de la part de cet Estât à Munster avofaat formellement promis à ceux d'Espagne, que les habitants dupa) de Cuyk, du Marquisat de Bergucs op Zoom, et de la Banni de Breda, qui font profession de la religion catholique rontha ne seroient pus autrement traittés qu'ils l'a voient esté pendant k guerre, et que la condition des habitants de la Mairie de Bobleduc ne scroit pas pire qu'elle avoit esté auparavant. Que ph> sieurs villages des Provinces de Brabant, de Flandre et de Namur, quoique notoirement dépendants de la souveraineté du Bar d'Espagne, avoient esté usurpés par cet Estât II y ajoutai Tinterest de plusieurs particuliers [que l'on empeschoit de joof de l'effet du traitté, ou à l'égard desquels on avoit fait des hoati* lités depuis la paix; qu'on ne laissoit pas d 'exécuter des reja* sailles au pais de Limbourg; qu'on ne songeoit pas seukmot a l'exécution d-^ l'Article VII (2), qui parle de la démolit» de quelques forts de part et d'autre; qu'au lieu d'égaler b droits qui se lèvent sur les rivières, conformément au traitté, 1* Estats les avoient haussés de leur costé; que le Gouverneur dl Mastrigt donnoit retrait te aux François des garnisons de Ttiotvillc, de Koeroy et de Damvilliers, qui sur cette asseurance ft° vageoient les Provinces du Roy d'Espagne; que cet Estât ré* soit de restituer la Commanderie de Gucmert à l'Ordre Testos* que, dont le Koy d'Espagne estoit Protecteur, comme Doc di Brabant; qu'au préjudice du VI Article du mesme traitté as habitants de ces Provinces ne laiasoient paa de trafiquer an

(1) Voir ci devant, p. 61 svv.

(2) Lis. Art. LXV1II.

Lm Estais offrent de faire le partage de$ pats (TOutreneuse* 273

ém Occidentales; que Ton avoit intercepté les dépesches que I Ministres du Boy d'Espagne envoyoient de Londres à Bruxles; qu'on troubloit le commerce que les places maritimes rflandre a?oient avec les villes Anseatiques; que les Estats t fadande ne payoient point les rentes affectées aux droits et sjgss qu'ils lèvent; et particulièrement qu'au pais d'Outremcuse ^m commettoit tous les jours des desordres, où il estoit imrinble de remédier, si on n'establissoit la Chambre Mypartie, m les Plénipotentiaires de cet Estât avoient les premiers pro- Ms, et avoient voulu que ce fust un des principaux articles du hâté de Munster: dont il demandoit l'exécution avec chaleur, que PEstat fist reparer le passé.

Mais c'estoient des choses dont la discussion n'estoit pas fort feDe; et les Estats de leur costé ne manquoient point de sujet i de prétexte de plainte, et demandoient qu'on leur fist restitioo et réparation de ce qui avoit esté fait au préjudice du ■hté en plusieurs rencontres. Ils avoient pour cet effet envoyé §s l'année passée leurs Députés à Malines (1), qui après avoir (quelques conférences avec ceux de l'Archiduc pour tascher tosoommoder les différents les plus importants, avoient esté obli- Cs de rompre la negotiation, et de s'en revenir à la Haye. Neant- Ùus les Estats, pour donner quelque satisfaction à l'Ambassaeur d'Espagne, luy firent offrir par des Députés, de faire le partage il païs d'Outremeuse, et de laisser au Roy d'Espagne les quartiers

• Bolduc et de Dalhem, et l'eschange des Abbayes de Postel et © Huibergue, de la Commanderie de Gucmert, et de quelques ■Km places dont la possession ou la propriété estoient litigieuse et qu'ils garderoient Fauqueroont (2). Mais l'Ambassadeur W pretendoit que l'on ne pouvoit pas disputer la possession au fey, son Maistre, s'en excusa, et dit qu'il n'avoit point de pourfr pour cela.

Ia Chambre Mypartie estoit celle qui devoit régler la pluspart 8e différents de cette nature, et la pluspart des Provinces en •geoient l'establissement nécessaire. De sorte qu'après avoir fcheu les difficultés que les autres faisoient sur ce sujet, les Mrts résolurent enfin l'establissement de la Chambre Mypartie; *• l'ouverture s'en feroit le 1 Décembre, et qu'elle seroit composée

* seize Députés, dont le Roy d'Espagne nommeroit l'une moitié,

(1) Voir ci-devant, p. 200, 201.

(J) Valkenburg. Voir Aitzema, & mm Staet, III. 33. p. 871.

Estats de Guëldrc nommèrent Jean de G u e n t, S tcrwedc, Député de la part de la meame Province des Estats Généraux; la Hollande y députa les Sieti et lticccn, dont le premier estoit Cons«iler au < et l'autre Pcnsionaire de la ville de Purmerent. nomma Girard Crommon, Conseiller en la Coi Utrccht Antoine Purmcntier, Seigneur de M noine de l'Eglise Cathédrale de la mesme ville; la Bocritius; Overyssel Pierre Oor, Seigneur d ville de Groninguc avec le Païs circonvoisin c Clant (3). Mais tout cela fut changé depuis, cl gence que l'on pust luire de part et d'autre, il de faire l'ouverture de la Chambre au jour nom m mesme année ; ces difficultés faisent juger dés ce te; on. l'a trouvé depuis en effet, qu'elle ne servirait q Koy d'Espagne et cet Estât d'une dépense inutile, interests différents ou contruires ne manquer oient \ toujours les avis des juges.

Une des choses dont on se plaignoitlcplusicy, c'est* les Espagnols donnoient au Duc Charles de Lor;

(!) Voir la dissertation académique de M. F. K. J s t r a t e n : TWrr een*r yetrkinkki* der Chambre Jft-J IbGO. — On y trouve rectifiées quelques légères i: notre auteur.

«2) Ait/, cm a raconte niulicicusemeiit : * Die tôt M son llccreu i apport cerdeu in April, dat ailes was gh< de Chambre Mypartye; dat die van de Spaensche syi noiiiiiieerdc ltei-htcrs warcn aile secr gacuwe leden < lecnlc-ii. Dît iraf alhicr vrese cmlc traeghcyt in 't voll

h Due de Lorraine prend des quartiers dans la Mairie de Boisleduc. 275

fl du quartiers que les Estats pretendoient leur appartenir (1). $ iroit donné son affection à la Maison d'Austricbe, et suivoit fei inclinations du Duc de Bavière, son parent, dés le temps que Alita ?e Adolphe, Boy de Suéde, entra en Allemagne avec !■• armée; et comme cette invasion des Suédois se fit de concert |MS la France, elle avoit souvent exhorté le Duc à changer de ÉMchûte. Mais n'en pouvant rien obtenir, le Boy se mit en punition de toute la Lorraine. Le Duc se voyant sans pais, fk)\ h teste d'un petit corps d'armée, se donna avec ses troupes H! Boy d'Espagne. Il ne le servoit pourtant que pendant les ffrl ou six mois de campagne, et s'estoit obligé par sa capitulante de chercher ses quartiers d'hiver dans le voisinage, pour iMlior de faire subsister ses troupes aux dépens d'autruy. Il Ht te passoit point d'année qu'il ne menaçast tantost le païs de flfctUi tantost celuy de Liège, rançonnant l'un pendant qu'il prooit ses quartiers dans l'autre, ou bien prenant de l'argent de fc* et de l'autre pour aller loger dans les terres de l'Empire, ou I* quelques-unes de celles qui estoicnt litigieuses entre le Boy ÇKlpagne et les Provinces Unies. Au commencement de l'année tk avoit logé une partie de ses troupes dans la Commanderie de fhmert et dans la Mairie de Boisleduc, et dautant que sur les Rqroehes que les Estats luy en firent il désavoua l'Officier qui kl eommandoit, on luy fit scavoir que puis que ses troupes y hlsoient sans ordre on les traitteroit comme des gens sans aveu. *Et de fait le Seigneur de Brederode, Mareschal de Camp, •Jiat fait assembler mille hommes commandés, tirés des garnisons Wttiaea de Heusde, Boisleduc, Grave, et Bavestein, il fit, la nuict m 12 au 13 Février, charger le Colonel Clauw, qui estoit logé Ami le village de Liessel. 11 fut trouvé dans son lict, et fait friionnier avec deux autres Officiers, et environ cent soixante Atvaux, de sorte que tout le Régiment fut défait. On voulut Nm le faire scavoir à l'Ambassadeur d'Espagne, qui dit, que le *ty« son Maistre, ne pouvoit pas répondre des actions du Duc * Lorraine, qui estant Prince Souverain avoit la disposition ab« *îae de ses troupes. Il approuva le procédé des Estats, parce Nfan le condamnant il ne pouvoit pas le faire reparer: quoiqu'il » tust pas grand sujet de s'en réjouir, puis que c'estoit des troupes las lesquelles le Boy d'Espagne ne pouvoit pas bien conserver *t Pais- bas.

(1) Aitzema, S. van Staet, 111. 33. p. 797—802, 871.

276 V Electeur de Cologne fait proposer urne AIHamce Definme.

Le Duc envoya à la Haye Kousselot de Herival,8entaire de ses commandements, qui dit que Claaw avoit et «ta de payer sa dépense ; ci en se contredisant eu mesme temps 1 àjousta que le Duc, son Maistre, ne scavoit pas que le fiOigefe Liessel fust de la Mairie de Boisleduc. Qu'il croyait aossj «n ce n'estoit pas de Tordre des Estats, mais une chaleur muitsn qui avoit fait maltraitter ses troupes; et ainsi qu'il espérait a* Ton ne feroit point de difficulté de luy ren?oyer ses Officias, avec leurs chevaux et avec leur bagage. Il fit en mesme taaii redoubler les offres qu'il avoit dcsja faites de faire une diveian en Irlande, pourveu que les Estats voulussent raccommoder i& leurs vaisseaux pour le transport de ses troupes. On IV et on luy renvoya ses Officiers, après que Rousseloteut que le Duc les feroit chastier. Mais pour les chevaux et le bagage on jugea qu'ayant esté bien pris, et en suitte readm, on ne pou voit pas, et on ne devoit pas les rendre.

Quelque temps après Snettcr, autre Colonel Lorrain, ■ lieu de faire son profit de la disgrâce de C la uw, alla loger 11* cent trente chevaux à Mcckcle, village proche de Mastricht, A le llbingrave avoit fait bastir une maison pour la commodité k la chasse. Le Khiugruve le fit charger dans son quartier, oi après un combat fort opiniastre où Snetter fut tué, on força d on défit entièrement cette troupe. Tellement que les Côtoies Jegucr et Bassompierrc qui avoient ordre de loger a Me* guen et à Gucmcrt, ayant esté avertis que les Estats ne le trot* wroient pas bon, et qu'ils y dévoient attendre le mesme traittement, prirent d'autres quartiers, sur l'ordre que le Comte de Ligue ville, Mareschal de Camp du Duc, leur envoya.

Les allarmes continuelles que les Lorrains donnoient à l'Electcsr de Cologne, conunc Evesque et Prince de Liège, l'obligèrent! rechercher l'amitié de ses voisins par la considération de tau iuteres-ts communs. Four cet effet il fit proposer à la Haye m* alliance défensive, où il pretendoit faire entrer quelques autre» Princes et Estats du cercle de AYcstphrdic (1). 11 se fit en soi* au mois de Novembre un projet de tmitté par lequel les ilW dévoient s'obliger îi lever quinze cens chevaux, et trois ni* hommes de pied, les deux tiers aux dépens des Provinces Unies, et l'autre tiers devoit estre fourny par les Estats de Liège, p°*

(1) En OHobie 1G53. Aitzcnia, S. van Slaet, III. 33. p. S49-S5L

Différend avec ^Empereur. 277

«ta employés à la défense de cet Evcsché, et des frontières des ftorinecs Unies, particulièrement à celles de Brabant, de Gueldre, Û des pais d'Outremeuse ; et cette alliance ne détroit durer que jlqves à la fin du mois de May, après lequel on pourroit la profl^pr ou renouveller. Mais cela n'eut point d'effet, tant parce que M Ettats voûtaient y faire entrer d'autres Princes, et nommément Mkcteor de Brandebourg, que parce que les Liégeois témoignoient jrfb ne voûtaient pas se mesler dos différends que les Estats (Ment avec V Angleterre, non plus que de ceux qu'ils pourroient tt jour avoir avec l'Espagne. Ce qui fit connoistre que l'intentai des Liégeois estoit, de tascher de tirer du secours de cet fait contre le Duc de Lorraine, mais qu'ils n'avoient pas envie fclay en donner contre ses ennemis lors qu'il en auroit besoin. tUUenrs comme les affaires de cette nature ne peuvent pas se tendre tans le consentement exprés de toutes les Provinces, on M pat pas prendre une dernière resolution touchant cette alliance, pie lors qu'on reconnut qu'elle n'estoit plus nécessaire, parce que bu eommençoit à estre persuadé que le Protecteur vouloit faire l Faix, et qu'il la desiroit avec la mesme passion que l'on avoit tor cela en Hollande: comme elle fut en effet conclue, de la Kaiere qu'il a esté dit cy-dtssus.

'Four dire la vérité, il n'y avoit rien à espérer du costé de Rnpire, où les interests de l'Empereur estoient inséparables de u de l'Espagne, et plusieurs Princes Catholiques ne s'estoient M encore détachés de ceux de la France. 11 y en avoit qui rotent à demesler avec cet Estât; et on peut poser qu'il n'y en roit pas un qui ne fust indiffèrent, ou qui ne taschast de profiter S la guerre d'Angleterre. Les Princes et les autres Estats du erde de Westphalie s'assemblèrent à Essen, ville du Duché de teg, où ils résolurent de former un corps de douze cens chc- Hx et de deux mille huit cens hommes de pied; ce qui ne frivoit pas manquer de donner quelque jalousie à cet Estât. fàlleurs l'Empereur avoit donné l'investiture de l'Ameland, qui il ose des isles qui couvrent la Province de Frise, à un nommé îtnest Zuhm, et avoit envoyé à la Haye George de Pletfr liber g, pour requérir les Estats de souffrir qu'il enpristpos- Mon. Ils avoient témoigné autrefois, qu'ils ne souffriraient tint que l'Empereur étendist son pouvoir jusques dans une islc ti est si considérable, et qui fait partie d'une des plus impor- Utes des Provinces Unies. Et comme Plettcnberg n'a voit 'int de. lettres de créance, mais seulement une espèce de passe-

27 S Xegociatio* avec le Brtmdebûwrg.

port, on se servit de ce prétexte pour le renvoyer, su» fan aucune reflexion sur les instances qu'il fit pour cet effet, non pha que sur la reparution qu'il demanda, de ce que les vaisseau è cet Estât attaquoient les navires Anglois sur l'Elbe.

Le véritable interest de l'Electeur de Brandebourg rouages* à estre bien avec les Provinces Unies, qui seules sont capables de l'aider à conserver ses païs de Cleve, qu'il n'a conquis, et dont il ne se peut asseurcr la possession, que par leur Cette alliance le faisoit considérer dans l'Empire, et luy d'ailleurs très-avantageuse; mais il vouloit les engager à la ptv* tection des autres Provinces qu'il possède, mesme de celles qal a au milieu et aux dernières extrémités de 1* Allemagne. QaeV* ques-uncs des Provinces -Unies qui le considéraient comme l'oncle du Prince d'Orange, et comme ecluy qui avoit témoignait plus de zèle pour cette Maison, vouloient que le traitté comprit l'Electeur avec tout ce qu'il possedoit, ou du moins avec les Provinces de la succession de Julie rs, la Pomeranie, et la Pnuse, parce que ces deux dernières estant situées sur la Mer BaLnqia, pouvoicut avoir quelque communauté d 'interest avec cet Eàt pour le commerce. Le» autres Provinces jugeoient au contrant que leurs interest* ne permettoient pas que l'Estat portast m armes en des puis si éloignés, et refusoient de contribuer a 11 grandeur d'un Prince ennemy de leur liberté et tousjoun plm prest à rompre les traîttés qu'à les conduire (1). Aussy n'a fit-on rien pendant l'année 1653. On se contenta de gagner di temps et de l'amuser, pour l'empcscher de se jet ter dans des interest* contraires; quoiqu'on ne deust pas craindre qu'il s alliait avec le Parlement d'Angleterre, après les engagements qu'il avoit pris avec le Koy.

Il n'y avoit point de Ministre de Portugal à la Haye en a temps-là. Mais sur les ouvertures d'un accommodement q« a voient este faites à Lisbonne nu Consul Hollandois, on reolit d'y envoyer Gisbert Kudolfi de Nidek, Advocat des Compagnie des Indes Occidentales, et de comprendre dam * commission le mesme Consul Gauthier van der Honvei Ils partirent au commencement de May, et revinrent vers U fil de l'année, ayant fait un voyage inutile, parce qu'ils n'aroittl rien pu obtenir du Conseil de Portugal. L'Estat ne demanda

(1) Edit. impr.: et refusoient de contribuer à la grandeur d'il Prince qu'ils regardoient comme ennemi de leur Liberté.

Estât du Bre^L 279

fM la restitution des forts, et vouloit bien laisser tout le pais aax Portogoi8, et mesme la coste depuis Seregippe del Key jusfjBt à Rio Langlada en la Capitainie de Fernambouc, avec tous les èdti et revenus; et ce moyennant une somme dont on convientuL Le Reciffe, la ville Maurice, et les forts qui en dépen- Aat, avec les villes d'Olinda de Fernambouc demeureroient à la IStoptgnie, depuis Rio Langlada vers le Nort jusques à Certo, comprenant les Capitainies de Hamerna, Gayona, Parai bn, Sa Grande, et Siara. Que les Hollandois, qui avoient des In- H*Jm% ou moulins à sucre, dans la Capitainie de Fernambouc, À pourraient jouir et disposer, y pourroient faire leur trafic, et y* avoient liberté de conscience, comme ils l'avoient en Portugal Le Conseil de Lisbonne vouloit traitter pour les Indes 'Arisatales, aussy bien que pour le Brésil ; mais les Députés n'avoient *WJ pouvoir ny ordre, pour cela, et ainsy ils ne purent rien con- '*BTO (1).

-Il Les affaires du Brésil estoient dans un très déplorable estât. i..Iai Conseil qui y avoit la direction des affaires, et qui estoit ffenposé de gens ou ignorants ou intéressés, avoit envoyé rerfttteoter aux Estais et à la Compagnie, l'extrémité de la mi- ?M» que Ton y souffroit desja, et dont on estoit menacé pour ?Dbeoir. Michel van Gogh, que le Conseil avoit député pour ^ala, remontra en Hollande: Qu'au Brésil on ne manquoit pas (salement de tout ce qui estoit nécessaire pour repousser les efforts |ae les Portugois y alloient faire par le moyen de l'armement de hanta vaisseaux, qui se faisoit à Lisbonne, mais aussy des moyens ivdinaires, sans lesquels il estoit impossible de subsister et de ivre* La guerre d'Angleterre occupoit toutes les forces dcl'Es- *t, et la Compagnie n'en avoit point qu'elle pust opposer aux tartiigois, et ne pouvoit pas seule entreprendre le puissant secours mm lequel le Brésil alloit se perdre infalliblcment, et se perdit jentost en effet.

Noua avons parlé plus d'une fois d'Adrian Pauw, Seigneur b Heemstede, Conseiller Pensionnaire de Hollande et Westfrise. 1 mourut le 21 Février 1653, et on remarqua à son enterrement, [ne les Députés des Estats de Hollande, comme Souverains de fc Province et Seigneurs du Territoire, y prirent rang devant aa Députés des Estats Généraux dans les cérémonies, qui se faifrient pour leur Ministre, qui n'estoit pas au service de TEstat

(1) Aitzema, S. tan Staet, III. 33. p. S72— 874.

2S0 Heemgtede

en gênerai (1). Il estait fils do Kegnier Piui, qui estait Bourguemnistre d'Amsterdam, avoit eu beaucoup de part au if trigues de 1618 et de 1619, et avoit bien contribué à lt mort violente de Jean d'Oldcnbnrncvelt, Premier Ministre de ai Province. Le fils avoit passé par la plu spart des grandes ciarpa et des importants emplois de l'Estat. Il commença par celle et Pcnsionairc de la ville d' Amsterdam, laquelle luy donnant entrée dans l'Assemblée des Kstats d'Hollande, luy ouvrit aussy lt porte aux importants emplois où on se servit de luy depuis: comae à plusieurs Ambassades en France, en Angleterre, et à Munster, à la charge de Maistre en la Chambre des Comptes du Domaise de Hollande, d'où il fut tiré en Tan 1G81 pour occuper le poste de Conseiller Pension a ire. Il resigna cet employ entre les mains de ses Maistrcs en Tan 1636, estant alors Ambassadeur Extraordinaire en France. Car ayant un ordre bien précis de n'en point revenir >ans permission expresse, et croyant ne la pouvoir obtenir ose par la démission de sa charge de Conseiller Pensionaire, oà 3 avoit fait des jaloux, des d'envieux et des ennemis, il résolut de s'en défaire, et reprit sa place en la Chambre des Comptes qrïl s'estoit réservée. Mais après la résignation volontaire de Jacob Cntz, et dans l'incertitude où l'on estait de ce que deviendrai l'affaire d'Angleterre, les Estais de Hollande le prièrent, en 1651 de se charger de la direction de leur Assemblée, et l'y convient par de si grands avantages, qu'il ne crut pas devoir s'en défer lin*. 11 avoit dos qualités extraordinaires mais elles n'estaient psi toutes également bonnes, et on Ta voit trouvé tellement intéressé qu'il n'a pu cnipcscher qu'on l'ait jugé et corruptible et cornnnpOi Deux de ses tils ont esté avancés aux premières charges de 11 Province, quoy que l'un n'eust qu'un mérite fort ordinaire, et qv l'autre qui en devroit avoir le plus, n'en ait point du tant (9). Immédiatement après sou deeés, les Estats de Hollande jetèrent les yeux sur Jean de Witt, pour faire les fonctions à eette charge par provision et en attendant qu'ils en disposas- >ent du consentement unanime de toute l'Assemblée. On luy

iH (V ne fut pourtant pas sans quelques contestations de la part

ih> Etala, (îénéraux. KêVil. des Etat* de Hollande du 27 Février 165Î.

yii ) H or, ,t tir* qKuiiti* .... m9 CM uit pi tut dm Umt. Ceci ne « tTOOT*

)«;i> il;iii> l'édition imprimée. Les* deux tils dont Wicqucfort panV, Nimt liera rd. Maître en la Chambre des Comptes, et Adrien, Pit-

Milcnt île lu Cour Provinciale.

Jean de Witt, Conseiller Peusiouaire de Hollande. 281

ferait cette justice parce qu'il estoit Pensionaire de la première 13b de la Province; mais ils y consideroient bien autant le pâte de sa personne, qui n'a jamais esté plus éminent en aucun Ministre du Païs. C'est pourquoy aussy ils le jugèrent digne de cet {•portant employ, et l'y confirmèrent par une Kesolution for- Wék du 24 Juillet de la mesme année (1). Le Magistrat de Dtfdrecht le dispensa de son serment, et luy permit d'entrer au |B?ice des Estats de la Province pour cinq ans; de sorte qu'il p it le serment, et commença en mesme temps à en faire les Ipmuods. Ceux qui voudront se donner la peine de lire cette Histoire, jugeront de quelle manière il s'en est acquitté, et s'en Nfntte encore présentement que j'escris cecy, le mesme jour pu bout de quinze années de service, les Estats de Hollande il confient de le leur continuer, et l'y obligent par de plus iltartres avantages et par de plus glorieuses marques de recon- Mttance que ses prédécesseurs en cette charge ayent jamais ob- ItHs, et que ses successeurs ne mériteront jamais (2).

H est fils de Jacob de Witt, qui après avoir este arresté • 1630, et envoyé prisonnier au chastcau de Louvcstein avec hn autres Députés, contre les Privilèges du païs et au préjudice h h seureté qui est deûe aux Estats, mérita de sa ville l'illustre flsgs dont il a esté parlé ailleurs (3) et qui après avoir passé par b plus grands emplois que la ville de Dordrecht luy pouvoit feuer, tant chez elle que pour les affaires de la Province dans ^Assemblée de ces Estats, dans celle des Estats Généraux, et ■M les Ambassades, on luy a donné place dans la Chambre des Ktoptes du Domaine, qui est la rctraitte la plus honuorable H'un Ministre puisse faire en ces Païs.

Les prérogatives que l'on accorda à son fils, avec sa commission, lient que les Estats de Hollande luy donnèrent séance après ses tftq années de service, ou bien plustost, s'il vouloit estre déchargé ft ton employ devant ce temps, en qualité de Conseiller en celle 3s deux Cours de Justice qu'il voudroit choisir, et d'y prendre to rang de réception du jour de cette Kesolution (4). ils juge- Ci) Résol. du 23 Juillet 1053.

(2) Edit. impr. : et l'y obligent par de plus grands avantages et par I plus glorieuses marques de reconnoissance que ses prédécesseurs mi obtenus, et que peu de ses successeurs mériteront. (S) Voir ci-devant p. 34.

(4) On lui accorda cette faveur lors de sa réélection en 1658. Voir i Résol. des Etats de Hollande du 6 Août 1658.

convaincue. On interdit le Président de sa charge, et cust beaucoup de passion et au irrégularité une très gr de la Cour, les Estats ne laissèrent pas de maintenu nonobstant les remotistrances des Estats de Zeelande, nommé à cette charge (2). Il mourut peadant ces c et en cette année les Estats de Hollande pourveorenl Maistrc Jean Dcdcl, Doyen des Conseillera. Sa fit arec des cérémonies assés remarquables, et dautai sont pas communes et qu'il n'en sera point parlé a sera pas hors de propos d'en dire icy les particularil Après que le Conseiller Fcnsionaire les eust toi avec les Députes de Zeelande, et qu'ils eurent erra le 28 jour d'Octobre, il se rendit sur les huit à no matin avec Mr. d'Opdam et van der Myle, qui Corps de la Noblesse de la Province, dans une des i de la salle de l'Assemblée, et ayant esté Avertis que der Nisse et Lucas, Députés de Zeelande* aile van der Myle et de Witt les allèrent recevoir a montée, et leur cédèrent la main et le pas en le* Les uns et les autres estant entrés dans la chambi après avoir dit un mot ou deux de civilité à la compagi au haut bout de la table, et après luy du coaté de les Députés de Hollande, avec le Secrétaire (4), ' pour signer l'acte de serment que le Président les Députés de Zeelande s'assirent de l'autre costé Après cela de Witt demanda à ces Députés, a'i

(1) Van Wijngaardcn.

(2) Eclit impr.: Ou interdit le Président de sa charge

ir,.n«„,i« .,« i*;.VA..A..t

Sa réception. 883

qt'on lust et qu'on collationnast la commission et l'instruction; tt qui n'ayant pas esté jugé nécessaire, il demanda s'il ne seroit fM à propos de faire faire serment au Président, non seulement •v ton instruction, mais aussy sur l'ampliation faite en 1644 eemtre les présents et les corruptions. Les Députés de Zeelande dirent qu'ils ne doutoient point que l'intention de leurs Commitkate ne fust conforme à celle des Estât s de Hollande; mais que entent que cette ainpliation estoit l'ouvrage de la Hollande où la Zeelande n'avoit point eu de part, ils ne pretendoient pas en ymdra connoissance. Cela fait on fît entrer Dedel, que l'on Il asseoir sur un siège à dos derrière les Députés de Zeelande, oi on luy nt faire le serment, dont le Secrétaire fit lecture, et «l mitte il donna la main à tous les Députés, qui luy firent (Bfflité sur sa nouvelle dignité. Apres cela Obdam et van êtt Hyle ayant pris le Président au milieu d'eux, sortirent, les Nina Députés les suivant deux à deux, scavoir de Witt avec Yetfc, et van der Nisse avec Lucas. Au bas de la montée kl trois Députés de Hollande entrèrent avec le Président dans un tarone, et les Députés de Zeelande dans un autre. Estant arri- ' tel à l'escalier de la Grande Salle, tous les Députés mirent pied . à terre, et conduisirent le Président en la mesme manière jusques à li porte de la Chambré du Conseil, où tous les Députés entre- ■snt les premiers et le Président après eux. En entrant dans la •fcambre ils trouvèrent les Conseillers de la Cour assis du costé gwche de la table, afin que les Députés pussent occuper les siegei qui estoient posés du costé droit, en laissant la première fkoe du mesme costé vuide pour le Président, qui se tenoit cependant dans le respect au bout de la table, du costé de la Beuttte, sans s'asseoir. Il y demeura jusques à ce que tous les députés fussent assis, et jusques à ce que de Witt eust dit: * Que les Estats de Hollande a voient juge à propos, du consen- 'tement de ceux de Zeelande, de remplir la charge de Président, ► vacante par le decés du dernier Président, de la personne de 'Maistre Jean Dedel." Le Doyen des Conseillers repondit près que le Président eut remercié les Estats de sa nouvelle lignite, et les Députés de la peine qu'ils avoient prise. Alors rat le monde se leva, et les Députés sortirent, conduits par les natre plus anciens Conseillers jusques au degré par lequel on escend dans la salle, que les Députés traversèrent, marchant eux à deux jusques au bas du degré qui conduit à l'antichambre ea Estats de Hollande, où les Députés cédèrent encore la place

282 Jfttu lied ri, Président de la Cour rtoriurialf c^

reut aussy qu'il? ne luy pouvoient pas refuserais semblable à crluy qu'ils avaient donné au Sr. et luy permirent encore d'ouvrir et de lire ' appnrteroit pour les Estais de Hollande! roient pas assemblés.

Les mesincs Estats de Hollande avoient Cour Provinciale de Hollande procédas' que Ton accusoit de corruption, crinr convaincue. On interdit le Président eust beaucoup de passion et au irrqr de la Cour, les Estats ne laisserez nonobstant les remonstrances de^ nommé à cette charge (2). Il et en retto année les Estats cl Maistrc Jean De de], Doy lit avec des cérémonies asso* sont pas communes et qti sera pas hors de propos •

Après que le Consei' avec les Députés de / le 28 jour d'Octobre matin avec Mr. d'C Corps de la Nobles* de la salle de VA* der Nisse et 1 vun der Myl« montée, et lei Les uns et ' après avoir* au haut !)■ ^

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efusèrent de rembourser les frais occavilles de leur Province en Juin 1650.

3 Juillet 1653.

284 La Hollande réveille les afairtt de 1850.

d'honneur à ceux de Zeelande. Ils ne demeurèrent dans L'utichambrc qu'autant de temps qu'il en failoit pour se dire qu'il» s'cstoit rien passé dans cette cérémonie qui ne fust dans l'ordre, ce dont les uns et lf s autres a voient sujet d'estre satisfaite. El après que les Députés de Hollande eurent reconduit ceux de Zeelande jusques en bas, ils se séparèrent tous.

Il avoit esté arresté dans la Grande Assemblée de 1651, qu'es suitte de l'amnistie générale, sans laquelle les Députés de Frin avoient refusé de consentir à la closture de rassemblée, et tu resolutions qui y avoient esté prises, on osteroit des Registre* du Greffe des Estats Généraux non seulement les résolution! da 5 et 6 Juin 1650, par lesquelles le feu Prince d'Orange tToit voulu justifier ce qui s'estoit passé à l'égard des Députés qti furent emmenés au chasteau de Louvestein, et du siège d'Amsterdam, mais aussy toutes les autres resolutions qui avoient «ni prises en suitte de celles-là, et particulièrement celle du 18 Aostf de la mesme année. Lors que la ville d'Amsterdam fut assiégée, bloquée, ou investie, le Magistrat promit de s'accommoder n sentiment des autres Provinces à l'égard de Testât de la guerre, et du licenciement des troupes. Et après cela les Provinces ir* restercut par la resolution que je viens de marquer, prias di consentement unanime de tous les alliés : Que Pestât de la gnent ainsy qu'il avoit esté dressé par le Conseil d'Estat, de l'avis di Prince d'Orange, et du Comte de Nassau, Gouverneur àt Frise, seroit reccu, de sorte que les Estats des Provinces particulières ne pourraient pas licencier ou reformer les troupes de leur autorité particulière, ny pur une resolution provinciale, et que les différends qui naistroient à l'avenir dans, ou entre ks Provinces sur ce sujet, seraient réglés par les Gouverneurs. la Hollande pretendoit que son acquiescement luy avoit esté extor* que par lu force des armes, et que c'estoit une violence qu'os n voit faite à. sa liberté. C'est pourquoy elle v oui oit que toutes ers resolutions fussent biffées et ostées des registres. Elle faisoit faire des instances continuelles pour cela; mais elles estoient éludées par les artifices de quelques-uns des Député des mitres Provinces, qui couvraient leur refus et leurs remises d'un asscs mesebant prétexte, en faisant accroire que ces ne se pouvoit pas faire sans les ordres exprès des Estats da autres Provinces. Tellement que ceux de Hollande ennuyés de ce proerdé, protestèrent le 7 Mars: que si les autres Provinces ne sntisfaisoient à cette condition, ils pretendoient n'estre pis

La ville tPJmterdam prétend étire dédommagée. 285

obligés de demeurer dans les termes de l'Amnistie. Non contents la cette déclaration ils prirent, le 80 May, une resolution qui en rfEet n'effaçoit pas la mémoire de celles qu'ils vouloient faire oster las Registres, mais au contraire les fletrissoit d'une marque in- Uebile afin que la postérité ne pust plus douter de leurs seniments. Le Magistrat d'Amsterdam avoit souvent porté à l'Asemblée des Estats de la Province les plaintes de ce que la ville mai souffert en 1650, et comme elle soustenoit qu'elle n'estoit sirëe en contestation avec le Prince d'Orange que pour le bien «Uîo et pour 1* conservation de la liberté de la Province, elle sretaodoit estre dédommagée de la perte qu'on l'avoit contrainte la faire et qu'on la remboursast de la dépense qu'elle avoit esté ontrainte de faire pendant la siège. Et les Estats de Hollande ■géant qu'elle avoit raison, déclarèrent : » Qu'ils reconnoissoient, » qu'en effet le Magistrat d'Amsterdam en se mettant en devoir rda défendre la ville, avoit rendu un très important service à rlTKstat, et qu'il meritoit qu'on l'en remboursast; le priant par rane antre Resolution, du 26 Juin, de faire des cahiers de fraix rpour en estre remboursé après qu'on les auroit veus et qu'ils raaroient esté examinés par l'Assemblée." (1) On ne pouvoit pas plus solennellement condamner le procédé du Prince d'O- Msge et sa mémoire, ny faire voir plus évidemment aux autres famnees, que le Hollande chercheroit à se faire justice ellelassais si elle ne la pouvoit pas obtenir de ses allies (2).

11 arriva cette année une chose qui justifia bien fort ce que las Estats de Hollande avoient fait en 1650, en soustenant: Que Sa leur autorité particulière ils pouvoient discontinuer de ayer lps troupes, et décharger leurs finances. Dés Tannée passée les Kstats Généraux avoient résolu, du consentement unanime de toutes les Provinces, que toutes les compagnies d'infanterie seraient renforcées de vingt-cinq hommes. Les Estats de Frise Brent cette recrue comme les autres; mais ils les licencièrent au bout de Tan. Les autres Provinces s'en plaignirent; mais la Hollande dit, que ceux de Frise n'avoient péché que contre les

(1) Résol. des Etats de Hollande du 30 Mai: en vertu de la Résol. «* 26 Juin ces comptes furent remis entre les mains des Etats Débités de Hollande.

(2) Les Etats de Hollande refusèrent de rembourser les frais occatfMinés par la députation aux villes de leur Province en Juin 1650. Fair: Résol. des dits Etats du 3 Juillet 1653.

286 Contestations entre les deux Princesses f Orange.

formes; que s'ils n'a voient point consenty à cette noiifdk ' levée, ou s'ils n'y avoient consenty que pour quelque temps, il falloit qu'ils fissent scavoir leurs intentions aux alliés, afin q« sur leurs remontrances l'Estnt les eust déchargés; et que fwti de cela ils auroient pu cesser de payer les vingt- cinq komm. C'est ainsi que les Estât* de Frise firent en 1653 ce qu'en 1150 ils nvoient condamné en ceux de Hollande (1).

Il semblent que tout contribuast à la ruine de la Maison <f0* range. Les deux Princesses, la veufvc, et la mère du Pria» de f un et, plnidoicnt pour la tutelc du jeune Prince, l'une et l'auto aux dépens du pupille. L'Electeur de Brandebourg qui appuyât les prétentions de sa belle-mere contre celles de la Princes* Koinlc, a voit des amis en Hollande, et la fortune du Boy de h Grande Bretagne n'y en ayant point, elle ne se faisoit pas fort considérer. Mais la Princesse Roiale ne laissa pas de trouver de l'avantage dans la Cour Provinciale (2), qui faisant encore josott en ce U -uips-lii (3), luy adjugea, par sa sentence du 30 Janvier (4), j les quinze mille livres Stcrlings de revenu que le Prince loyifrit j laissées par son testament et par son codicille, pour luy tenir lin j de Douaire, affectant au payement de cette somme les terres A j les domaines qui y sont exprimés, et la Cour luy donna la déposition de tous les offices et bénéfices qui en dépendent. Ma i cette dernière clause fut reformée depuis par le Grand Conseil PI auquel la Princesse Douairière appella de la sentence de la Coai Provinciale.

(1) Résol. des Etats de Hollande du 11 et du 12 Juin 1653.

(•h Mit. inipr. : ne laissa pas de trouver de la protection à "^ Cour Provinciale.

(3) Les mots: faisant encore justice en ce temps-là, ne se lisent p* dans l'édition imprimée.

(1) 31 Janvier. Aitzcma, S. van Stact, III. 33. p, $23, S2i

(H) Arrêt du 4 Avril 1G53. Voir: Aitzcina, 1. c.

DES

'ROVINCES UNIES.

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