‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 45 sur 61 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

SOMMAIRE

Esiais Généraux ratifient le trailté de Londres. On fait ouverture m t Assemblée des Estais de Hollande de ce que l'on a promis tonmi t exclusion du Prince d'Orange. Cinq villes s'y opposent, mais e m laisse pas de passer. A cette occasion quelques autres villes et

Nobles de Hollande demandent quelques avantages; les uns et les très inutilement. Le Député de Frise proteste contre V exclusion. Les fUments des Députés des autres Provinces. Les deux Princesses Doua wts s'en plaignent. Les Députés de Frise redoublent leur protestation I des termes si aigres, que les Estais de Hollande prient ceux de Use de la faire tirer des registres, et ne le pouvant pas obtenir, ils

répondent. Ils informent les autres Provinces de Pestai de Parfaire, niqu'ils la jugent provinciale et domestique; faisant cependant faire k» en Angleterre pour y faire agréeer le tempérament. Se voyant **£• par Us Estais Généraux, ils donnent aux Ambassadeurs pouvoir

—ettre Pacte d'exclusion entre les mains du Protecteur. Ils s'en ***mi auprès des deux Princesses. Le Comte de Nassau arrive à ?**ye; rend de mauvais offices aux Estais de Hollande. Les Députe* Provinces de son gouvernement secondent sa passion. Les Estais ^û^ite font une déclaration très forte contre la Hollande. Ceux de ***de enchérissent par dessus. Le Protecteur le leur reproche; leur ***. Réplique de Cromicell et duplique des Zeelandois. Les trois *^ces: la Zeelande, la Frise et la Oroningue publient un escrit ^cMleux, et laschent de faire soulever le peuple. Queldre, Utrechl et 3f*scl hont plus modérées. Justification de la Hollande, qui est très et très importante. On la lit dans P Assemblée des Estais Gène-

* mais elle n'y fait point d'impression. Les sentiments de la Pro- 9 de Gueldre. La Frise fait prier Dieu pour le Prince ePOrange9 ëpond à la justification des Estais de Hollande, qui donnent ordre *» conservation de leur Province; ce que fait aussy la ville d'Jmtâa«. Ils changent les gardes du Prince, et en font quatre corn* 9*ies. On a dessein de faire entrer garnison dans Utrechl. Les Es-

et le Protecteur juge quelle a raison. Divisions (TOre, fait des levées de gens de guerre. On g rejette 1rs offt\ des Entait Généraux. L'une des factions nomme le /H au Gr$urernement de la Fntinre, et lug donne le Comi pour Lieutenant. 1* Comte de Nassau est fait Primée j Mauvais entât du Brésil. I*s Porlugois se rendent uuris sa situation. Les Officiers Hollandois tCg font pas leur a r reste en Hollande. Différent j/our la jurisdietioH et Généraux et les Estai* de Hollande. Ou remet les pr herté. Tiaitté d* Angleterre et de Portugal. 1* frère deur de Portugal est exécuté à Londres. La Heine a Mal le Ministre de la Cour de Lubonne ; resigne la retire à Bruxelles. M aurais su cet s du siège d'Air as. Sfenag, de Que.<ntg, de Cl entant en Argonne. Mort d mains, ls Parlement de Paris prononce sentence contr Coudé. Exploits de peu d'importance en Catalogne, cfjucerfée du Dur de Guise sur le Roùiume de Xapi Gustave, Rog de Suéde, donne de la jalousie à tous U fereut de la Couronne de Suéde arec la tille de Brem les Procineex Pûtes g prennent . La Imputation q*9el Qualité de Député Extraordinaire. Le Due de Lorra conduit en Espagne, la Pologne fait proposer wne alliai où le Moscovite fait au**g negotter. Deux incendies t Hollande.

L'exclusion du Prince d'Orange faisant une i conditions du traitté de Londres, et ayant esté n remment par lirs deux Ambassadeurs Hollandois, sa pation de ecluy «pie la Frise avoit nommé à l'Ami v c r n i n g et N i c u p o rt se trouvèrent fort en pei voient que les autres Provinces n'y consentiraient ji ce ne serait pas sans grande difficulté qu'ils just: procédé dans l'Assemblée de Hollande. Cette I

ouverture de V exclusion dans F Assemblée des Estais de Hollande. 289

ie aux intentions et aux sentiments de tous, l'Assemblée i grandes instances auprès des Estats Généraux, qu'ils le nt dés le lendemain qu'il leur fut communiqué, justement irs après qu'il eust esté signé à Londres (1). Il avoit esté lés le mois de Février (2), que sur l'avis que les Ambasdonneroient par un exprès de la signature du traitté, les Généraux le ratifieroient incontinent, sans qu'on le cornist aux Provinces, ïonseillers Députés de Hollande avoient convoqué les Estats

Province exprès pour cela, et ceux-cy estant partis de i à lettre veûe, ratifièrent le traitté dés qu'ils furent arrivés ye, et eurent soin d'envoyer leur ratification en Angleterre

mesme diligence, avant que le secret de l'exclusion pust snté. Dés qu'ils furent assemblés il fallut parler de l'affaire ite pour laquelle on les avoit convoqués extraordinairei,

l'ouverture le Conseiller Pensionnaire convia tous les

de faire un serment exprès et solemnel, non seulement Dint révéler le secret qu'il avoit à leur communiquer, mais le ne point dire à personne qu'on les cust obligés à faire ent particulier, à cause de l'importance de l'affaire. Le

estant fait, de Witt dit, que l'on avoit la paix, mais condition expresse de l'exclusion du Prince d'Orange et i sa postérité des hautes charges que ses prédécesseurs possédées dans l'Estat. Toute l'Assemblée témoigna d'en prise, et ceux qui y avoient eu le plus de part firent le estonnés. Lors qu'on vint à opiner, ceux qui scavoient n de leurs Committens, ou qui ne pouvoient pas douter

les disposassent à ce qu'ils desiroient, opinèrent résoluir l'exclusion. Mais dautant que le nombre de ceux-cy ien petit, et que la pluspart des autres Députés ne pouls répondre de la volonté et de l'intention de leurs Supéîr cette affaire, il fut trouvé bon qu'ils feroient un tour

soi des Estats Généraux du 22 Avril 1654. sol. secret, des Estat3 Généraux du 3 Mars, solution secrète des Etats de Hollande du 28 Avril 1654. détaillé se trouve dans une lettre du Conseiller Pensionnaire t à van Beuningen (Brieven tan J. de Witi, V. p. 338 nais en particulier dans ses lettres à l'Ambassadeur van Be- ;h (Archives du Royaume). Voir: Aitzema, S, tan Staelt p. 925 sv.

290 0* envoyé Cacte tTexclution en Angleterre.

dans leurs villes, pour y aller prendre les derniers ordres, et <pe | devant que de partir ils promettroient de garder le secret, m sorte que l'ouverture ne fust communiquée qu'aux Bourguewb- | très, et n ceux sans qui on ne pouvoit pas prendre une à ia- j portante résolution. ]

Les Députes revinrent au bout de quelques jours, mais tvee des sentiments bien différents. Les uns approuvèrent absolumoft tout ce que les deux Ambassadeurs a voient fait, et consentirez à l'exclusion; les autres au contraire s'y opposèrent directement, et il y en eut qui déclarèrent qu'ils ne feraient point à difficulté d acquiescer à l'exclusion, pourveu que la Besolatm en fust prise du consentement unanime des Nobles et de tontei les villes, sans en excepter une seule. Ces contestations occap» rent et consumèrent plusieurs séances, et al loient détruire le grai ouvrage de la paix, si ceux qui avoient le plus de zèle ponr il liberté n'eussent fuit résoudre, à la pluralité des voix, quitoat estant pour l'exclusion, et cinq s'y opposant: Que l'Acte d'Exclusion scroit expédié. Il le fut eu mesme temps, et avant {■ l'Assemblée fut levée, en des termes qui dévoient appa remisai contenter le Protecteur, et ne faisoient point de préjudices» Souveraineté, ny a la liberté de la Province de Hollande et WetV frise. Cet Acte pnrtoit (1): 'Que les Estats de Hollande d # Westfriso excluoient pour jamais et à perpétuité le Prince (TO- # range de la charge de Gouverneur de cette Province, et prou* *toicnt qu'ils ne l'aiduroicnt, et ne l'appuy croient point de 1* m suffrage pour obtenir celle de Capitaine General des armées ds 0 Provinces Unio, ou d'Admiral de la Mer/' On l'envoya au* tost en Angleterre; mais on ordonna aux deux Ambassadeurs de n'en parler à personne, de ne pas faire connoistre qu'ils l'ew sent, et île s'employer auprès de Cromwcll à ce qu'il se cobtentast du tempérament qui faisoit le dernier article du twitti

Les Députés de Harlem qui s'estoient faits chefs du put? contre l'exclusion, se servirent de la bouche d'Albert Buy** leur Pensionnaire, l'un des six Députés qui avoient esté aire*** en 1650, et déclarèrent, * Que les deux Ambassadeurs arotf 0 affecté de faire un secret de cette affaire aux Estats de la ft* h vince, bien qu'incontinent après qu'ils furent retournés en A* #gli*tcrrc il* ne purent plus ignorer l'intention du Protecfc*

(1) ltcsol. société des Etats de Hollande du 4 Mai 1654. Aitsema, S. van Muet, III. 34. p. 931.

Sentiment des villes qui s'opposent à ^exclusion. 291

ta'il falioit leur faire rendre compte de cette action après qu'ils voient revenus. Four eux, qu'ils jugeoient que bien loin 'eatre obligés par le serment qu'ils a voient fait, ils ne pou- Qtent pas se dispenser d'en faire part aux Provinces alliées; ae l'Acte d'Exclusion qu'on alloit faire partir, blessoit la lierté de l'Estat et la mémoire des Princes d'Orange, predessaears de celui-cy; qu'il estoit injurieux à l'Estat, et qu'il voit sans doute considéré et condamné comme tel de tout le tonde; que leur ville n'y consentiroit point, mais qu'elle preendoit aviser avec les autres membres de la Province et de Union à ce qu'ils auroient à faire dans cette conjoncture; et [U*ils ne croyoient pas estre tenus de garder le secret pour iquel on leur avoit fait faire le serment; au reste qu'il valoit lien mieux sans comparaison continuer de faire la guerre, que l'acheter la paix à ce prix-là, et à des conditions si honteuses." Le Magistrat de Leyde avoit résolu tout d'une voix, que ses tapâtes auroient ordre de s'opposer à la Eesolution que les Este de Hollande pourroient prendre pour l'exclusion, parce qu'il Igtoit, qu'elle estoit préjudiciable à la liberté et à la grandeur i l'Estat en gênerai et à celles de la Province de Hollande en irticulier.

Sa toute la Hollande méridionale ou Zuydhollande il n'y eut fÊt ces deux villes qui se déclarèrent formellement contre l'ex- Énon.

Dans la Northollamîe les Députés d'Alcmar dirent, que l'acte Ifadusion estant couché dans les termes que l'on pretendoit y Bore entrer, pourroit produire de grands desordres dans la Profilée et dans l'Estat, et estoit préjudiciable à la liberté de l'une Il de l'autre.

Ceux d'Enckhuse protestèrent, qu'ils ne consentiroient point » l'exclusion, mais qu'ils se tenoient au tempérament.

les Députés d'Edam déclarèrent, qu'ils ne feroient point de Hfeolté d'acquiescer à ce qu'on resoudroit pour, ou contre l'exfcaion, et de suivre l'exemple et le sentiment des autres mein- ***• de l'Assemblée s'ils y voyoient un consentement gênerai et ■^ime. Mais que puis qu'il n'y estoit pas, et que les villes ^•toient pas d'accord entre elles, ils n'y pouvoient pas consen- * Hon plus. On remarqua dans l'avis de cette petite ville, que **a une affaire qu'elle jugeoit elle-mcsmc estre indifférente, elle **&* mieux entrer dans les sentiments de quatre villes, que de •tivre ceux du reste de la Province.

restreindre au Prince d'Orange, et de faire un i à cette Illustre Maison (1). Comme si on ne fais* grand préjudice à la Province de Hollande en luy clusion, qu'en la donnant à la Maison d'Orange I{

Les Députés de Harlem et de Leyde soustenoi cette affaire ne pou voit pas estre réglée à la plu et que le Conseiller Pensionnaire ne la pouroit sans le consentement unanime de tous les raembn absolument nécessaire, à moins que de manquer à à son instruction. Ils se fondoient pourtant les u sur des principes bien différents, parce que ceux soient qu'il estoit question icy de changer la fon ncmeiit de l'Estat, et ceux de Leyde alleguoiei l'Union tTUtrechti qui porte que la pluralité des lieu quand on délibère de faire la paix ou la gne deux avis mal fondes ne furent point suivis dn laissa pas de conelurre.

Je crois devoir toucher icy en passant une enc quablc. Quelques-unes des villes qui consentirez prétendant que leur complaisance devoit tenir lieu voulurent tirer de l'avantage. Celles de Schiedam, < et de 13rile qui n'ont toutes trois ensemble qu'un De] des Conseillers-Députés qui font le Conseil d'Esta en sorte que ce Député roule, c'est à dire que n'y en envoyent qu'un, de deux en deux ans, et ] instance à ce qu'on leur permist d'y envoyer chaci

(1) Voir les lettres de de Witt à van Bevern du Royaume).

(2) C'est le texte des MSS. ; celui de l'edit. impr. : * en lui

Prétentions de la Noblesse. 293

Sgà y enst séance pendant trois ans, comme ceux des autres vil- JH de Hollande Font dans ce Collège, et que par provision celuy

ilBrile qui avoit achevé ses deux années, fust encore continué e.jnr la troisième avec les Députés des deux autres villes, à qui 1 4» permettroit d'y prendre séance.

Êf;-La Noblesse pretendoit aussy une place perpétuelle dans la [ jjDbmbre des Comptes des Provinces Unies, comme elle en a une [jku l'Assemblée des Estats Généraux, et au Conseil d'Estat. '.;Jfc la ville de Gornighem demandoit qu'on luy permist de depu- -ffm à l'Assemblée des Estats Généraux, à l'exemple des villes qui Jk précèdent dans la mesme Province. Mais on n'y voulut pas

tacher, et l'Assemblée remit cette délibération à une autre fois: £Anoignant par là que son intention estoit de n'accorder aux Jpjfes d'autres avantages que ceux qu'elles avoient desja (1). 4- On ne pouvoit donc plus espérer après l'opposition formelle jjb cinq villes dont je viens de parler, que l'affaire pust demeu- Jffft aecrette. H y eut mesme des avis différents parmy la No- £kne, quoique le Seigneur de Brederode qui avoit épousé une Êptm de la Princesse Douairière, et que par ce moyen il fust .grand-oncle du Prince d'Orange, fust le premier à opiner pour fto exclusion. Ceux qui avoient eu assés de crédit dans les cinq jriUes pour y faire prendre des resolutions directement opposées £nx sentiments des autres, et qui avoient protesté qu'ils n'es- JpMat plus obligés au secret, avoient leurs intrigues et leurs intwests avec les deux Princesses Douairières, qui sceurent aussitôt tout ce qui s 'estoit fait dans l'Assemblée. Les partisans de Tttcluion apprehendoient que les bourgeois de la Haye, qui au fHnmencement du mois de May se mettent sous les armes à l'oc- •■on de la foire, ne fissent quclqti 'insolence ou desordre. C'est poorquoy les Estats de Hollande avoient résolu d'y faire entrer lûdques compagnies de cavalerie et d'infanterie. Mais elles fu- P*t contremandées sur l'asseurance que les capitaines, et autres pfciers de la bourgeoisie donnèrent, que l'on demeureroit dans h respect et l'obéissance, et qu'il ne se passeroit rien qui pust •^tabler le repos public.

■ H est vray que le peuple ne sceut presque rien de toute cette intrigue pendant les trois ou quatre premiers jours, et qu'il n'en ftofoit que par conjecture, et confusément, faisant courir le bruit

0) ResoL des Etats de Hollande du 5 Mai 1654.

294 Le Député de Frise proteste contre Feiclarion.

qu'on alloit faire sortir le Prince d'Orange du pais; jaaqnai ce que Hautbois, Bourguemaistre de la petite ville de Sort en Frise, Député à Y Assemblée des Estats Généraux de h put de cette Province-la, et esclave (1) de la Maison d'Orange,* trouvant sans collègue, et n'ayant point d'ordre de ses Sopèncm, s'avisnst de protester au nom de ses Committents, de tout ce quel» deux. Ambassadeurs Iiollandois avoient négocié séparément avait Protecteur, et fit insérer sa Protestation aux Registres du Greffe(î). Il y disoit: "Une l'exclusion estoit une chose contraire à k 0 liberté et à Y Triton d'un costé, et de l'autre très préjudiciable 1 'la personne du Prince d'Orange, et à l'honneur de l'Estit,! 0 qui la postérité et tous les autres Princes de l'Europe anrokst *uu jour sujet de reprocher l'injustice de ce procédé. Qu'il de* 'claroit nulle et de nulle valeur toute la négociation particnlin #dcs deux Ambassadeurs Iiollandois, et qu'il ne pretendoit pas 'qu'ils y eussent engagé, ou intéressé le droit, l'autorité, ou k 'Souveraineté de sa Province; mais qu'elle se reservoit de DUR 'pour le maintien et pour la conservation de VC'nion ce qu'elle #jiigernit ù propos et nécessaire de faire. Qu'il importoit de 'faire revenir les Ambassadeurs pour leur faire rendre compte 'de leurs actions/'

Hautbois n'avoit point d'ordres pour cela. C'estoit un eïfrt violent, qui n'ayant point de naissance n'avoit pas eu le moi» d'étudier ny de voyager; de sorte qu'en toute sa conduite il ni* voit toujours son instinct, et jamais la raison qu'il n'avoit point (3)> Il dépendnit entièrement du (.'mute de Nassau, Gouverneur & Frise, et il s'attachoit aux conseils et aux sentiments d'une ptf" sonne de qualité (4), qui ayant couru risque de la vie, en l'a* 1031, pour avoir eu trop de part à. ce qui avoit peusé perdre 1* Hollande Tannée précédente, \ouloit se venger de ceux qui avoiflrt esté d'avis qu'on le mist entre les mains de la Justice, et qo'w

(1) Edit. impr.: Créature.

(2) Le S Mai. Les Klats de Hollande résolurent d'abord de « donner aux députés des autres provinces aucuns éclaircissement & une affaire, qui, à ce qu'ils prétendaient, ne concernait que leur Pi* vinec. Ils résolurent eu outre de donner une pareille réponse & députés de. Zélandc qui desiraient savoir au juste ce qui en ett^ ltesol. secrète des Klats de Hollande du 9 Mai.

(3) Edit. impr.: C'étoit un esprit si violent qu'il suivoit toujoaH pour ainsi dire, son instinct, sains jamais se captiver à consulter la rais*

(4) Le Seigneur de Sommclsdyck.

Remontrances des deux Princesses doumrières. 295

f fit ton procès. Il en témoignent son ressentiment aasés ouverneak II prestoit son logis aux partisans de la Maison d'O range, mt quelques-uns s'y assembloient pour y faire leurs cabales, et mr délibérer des moyens de renverser la Resolution des Estats \ Hollande, et le Gouvernement présent de la Province. H y avoit des Députés dans rassemblée des Estats Généraux d en nsoient avec plus de modération. Ceux de Gueldre et Utrocht dirent : * Qu'ils se reservoient de dire leur avis lors ju'ils scauroient l'intention de leurs Maistres, qui s'expliqueraient après que la Hollande auroit fait connoistre la sienne." (1) » Députés de Zeelando dirent, «Qu'ils juge oient bien que ce |ni s'estoit passé dans cette affaire n'estoit pas conforme aux tentiments des Estats de leur Province; mais qu'ils s'en expliperoient plus amplement lors qu'ils auroient receu les ordres le leurs Committents sur ce sujet.'1 Il n'y eut que les Députés

Qroninguc, Province du Gouvernement du Comte de Nassau, i déclarèrent, à l'exemple de Hautbois: * Que l'exclusion du Prince d'Orange ayant esté proposée, et en suitte rejettée manimement par toutes les Provinces, il s'ensuivoit que la négociation particulière que les deux Ambassadeurs Hollandois iraient faite pour cela, sans nécessité, au desecu et sans le ODsentement des autres Provinces, estoit nulle, comme contraire i Y Union y et opposée aux ordres exprés que l'on avoit donnés ux Ambassadeurs.'1

Apres cela les deux Princesses Douairières représentèrent (2), it aux Estats Généraux, qu'à ceux de Hollande: # Qu'elles roient de la peine à se persuader que le bruit qui couroit de i Kesolution que ceux-cy avoient prise touchant l'exclusion du rince d'Orange, fust véritable. Que les services des Princes e cette Maison, l'aage tendre et innocent de ccluy qui en estoit îul resté, l'affection que les Estats avoient tousjours eue pour ïs prédécesseurs, et l'interest que le Prince d'à présent avoit à

conservation de l'Estat en gênerai, et à celle de la Hollande i particulier, les empeschoient de croire que cellc-cy fust caible de prendre une si étrange Resolution: priant les Estats

l) L'avis d'Utrecht était encore plus modéré; les députés de cette fince ne demandaient des explications que pour autant que les its de Hollande eussent pris une résolution concernant l'état en éral. Aitzema, S. van Staet% III. 34. p. 927. *) Le 9 Mai.

896 V opinion que Pou a de ceux qui ont négocié PnxdwmmL

*de Hollande, en cas qu'ils l'eussent prise en effet» de la nvoqper, *et d'en empeschcr l'exécution. Elles prioient aussy les Eattta 0 Généraux de y 'employer pour cela auprès des Estais de Hol» m lande." (1) Mais ny les remontrances des Princesse*, ny kl Déclarations dc9 Provinces ne produisirent antre chose, sinon qift les Estats de Hollande redoublèrent les ordres qu'ils avoient âcaja donnes aux deux Ambassadeurs, de continuer leurs instances anprfi du Protecteur, et de tascher de luy persuader de se contenter di Tempérament.

Il y en avoit qui croyoient, et il y en a encore qui font semblant de croire, que l'exclusion estoit l'ouvrage de quelques Députés et Ministres de Hollande, qui avoient sujet de n'estrt pis fort satisfaits do la conduite du dernier Prince d'Orange, et que le Protecteur qui ne pouvoit pas craindre celui-cy de plat de vingt ans, n'y avoit consenty et insisté que pour faire plaisir à ceux qui pouvoient le servir en cette Province. Le Gouvernée de Prise ne craignoit pas de le dire hautement; et sur ceprinqps les partisans de la Maison d'Orange produisirent encore d'aatRi Députés de la mesme Province, qui bien que sans ordre de tan Coiuiuittcnts, s'asscurunt de l'aveu et de la protection du Gouverne», qui estoit tout-puissant, firent enregistrer une seconde Declift* tion (2), sans comparaison plus aigre et plus offensante que b première. Ils y disoient , * Que les Estats de Hollande aroioA * viole l'Union, et qu'ils avoient attenté à la Souveraineté et 1 *la liberté des délibérations des autres Provinces. Qu'elle agissait 9 directement contre le traitté particulier qu'elle avoit avec 11 » Zccluude, contre les déclarations qu'elle avoit faites dans h "Grande Assemblée, en 1651, et contre la Resolution qu'elle avoit éprise avec les autres alliés le 19 Février dernier. Quel» m Eclats «le Hollande eux-mesmes n'avoient point eu de connoif* jrsance de cette affaire, mais que c'estoit la production de l'esprit #de quelques-uns, qui s'estoient servis de Beverningh et A *Nieupoort, et avoient pris pour prétexte une illusion * » une nécessité imaginaire. Que c'estoit une marque de la der- *nièrc ingratitude qui1 Ton avoit pour la Maison d'Orange, d

(1) L'électeur de .Brandebourg écrivit de même aux Etats de lU" lande eu faveur du Prince d'Or auge. Aitzeina, S, r. Statt,1& 31. p. D2S.

(2) Le 1S Mai.

mEtUUscUHoll.veuUnt obliger les Dêput. de Frise àrelirer leur Déclarât. 297

d'une grande infidélité à " l'égard du jeune Prince, à qui la Hollande devoit sa protection comme à son pupile, à son sujet, au premier de ses habitants et au filleul de l'Estat. Que ceux qui avoient eu cette basse complaisance pour le Protecteur, seroient wssy capables de luy céder la souveraineté de l'Estat, et d'en trahir la liberté. Que c'êstoit aux Estats Généraux à disposer le la charge de Capitaine General, et non à ceux de Hollande. Bn fin qu'ils esperoient que les autres Provinces seconderoient ta sele que la Frise avoit pour la conservation de V Union. Les Estats de Hollande qui scavoient que cette pièce avoit esté igèe dans la boutique qui avoit fourny de si dangereux conta en 1650, ne voulurent pas s'arrester aux incongruités dont tfte protestation estoit remplie, et se contentèrent de prier les gantés de Frise de la retirer du Greffe, afin qu'il n'y en restast rfai de mémoire dans les Registres. Mais ils n'en remportèrent l'un refus, qui les obligea à y répondre. Ils disoient dans leur ^onse: * Que ce n'estoit pas leur dessein d'entrer en contestation ■ree les Députés de Frise, après la manière desobligeante et intdfile dont ils en avoient usé en remplissant leur escrit d'injures, d'invectives, de faussetés, et de calomnies impudentes, mais 'faetpables de faire impression dans l'esprit des personnes raisonnables. Que pour donner quelque satisfaction aux autres 'alliés, ils se contenteroient de protester, qu'ils ne scavoient pas, '6t ne croyoient pas non plus que les Estats de Hollande eussent 1 frit négocier en Angleterre quoi que ce soit où l'Estat en gênerai 'tttrouvoit intéressé" (1).

Les mesmes Estats de Hollande non contents d'avoir témoigné aar ressentiment sur ce sujet dans l'assemblée des Estats Généraux, atrivirent à ceux de Frise (2), et se plaignirent de leurs Députés, ■Hy bien que des termes qu'ils avoient employés en leur escrit, tfiïj disoient estre indignes de personnes de cette qualité, et de ■Onstre assemblée où ils avoient esté prononcés. Qu'on les ac- ■•oit d'avoir violé V Union, et de vouloir empiéter sur la soudaineté des autres Provinces; mais que leur intention estoit

(X) Les députés de Frise se plaignirent que les Etats de Hollande ''liaient faire croire qu'ils protestaient de leur propre chef et non *Mne représentant la province de Frise. Résol. secrète des Etatshfcéraux du 18 Mai.

(2) Késol. secrète des Etats de Hollande du 22 Mai; le 9 Juin 1 résolurent d'écrire une seconde lettre à M.M. de Frise.

298 On m vent à de Witt.

d'observer religieusement Tune, et d'aider de toutes leurs forai h conserver l'autre (1).

Hautbois estant allé en Frise n'y pat pas faire approra In précipitation avec laquelle il avoit prostitué sa Profiter avant qu'il fust asscuré de la jonction et des sentiments du autres. Il n'y réussit pas non plus aux devoirs qu'il j II pour faire revivre la proposition que les Estats de Frise trôat fait faire autrefois, et particulièrement à la Grande Assemblée, pour la nomination d'un Capitaine General. Ce n'est pas qili approuvassent l'exclusion du Prince d'Orange, ou la muim d'agir des Ministres de Hollande. Au contraire ils loûoieitb sentiments de leur Député, et ne blasmoient que ce qu'il y ircà d'étourdy (2) et d'irregulier dans sa conduite.

Car ils avoient fuit dire dans rassemblée des Estats General» qu'il falloit obliger ceux de Hollande à y faire ouverture de a qu'ils avoient fait négocier en Angleterre, et faire revenir la Ambassadeurs afin qu'ils en rendissent compte. Et eu escrinat aux Estats de (îueldre pour les convier d'appuyer ces sentinofe do lavis de leur Province, ils avouèrent leur Député, et ne en* gnirent pas de dire, qu'il n'y avoit point de nécessité nyd'extremite si grande qui pust forcer l'Estat de faire un Traittfqa fist le moindre préjudice à la Maison d'Orange.

Jls en vouloient principalement à De Witt, Conseiller Pa* s ion nuire de Hollande, parce qu'il n'y avoit personne qui parkat et agist avec plus de vigueur pour les interests de sa Proriitf, et qui lit entrer plus de probité et d'honnesteté en toutes* actions. C'est luy qu'ils soupçon noient d'avoir le plus contribue à l'exclusion; c'e>t pnurquoy ils luy reprochèrent d'avoir *• menacé et maltraitté un de leurs Députés en pleine assemblée, d d'avoir en suitte tacitement désavoué par escrit ce qu'il aï» auparavant dit de bouche. Mais il se justilia si bien de l'un et de l'autre par la disposition uniforme de tous ceux qui y avoica*

(1) Les deux dernières phrases sont empruntées à une decîai»ti* qui; le* Etat .s de Hollande tirent présenter à l'assemblée de* £W* (îéueraux le -?'» Mai pour enVer la niau\aise opinion que quelque* province?» paraissaient avoir de leur conduite. Le députe de ïfl* Wyekel, ne laissa pas cette déclaration sans réponse, contre laqad* les Etats de Hollande de leur coté se crurent obligés de coucher i* protestation dans les actes.

(2) Edit. impr. : que ce qu'il y avoit eu de précipité.

Estait de Hollande jugent P affaire de ï exclusion une affaire domestique. 99

6 présents (1), que ses ennemis n'en remportèrent que de la ftfiuion.

Les Estats de Hollande ne faisoient point de difficulté d'infor-; or les Députés des autres provinces de tout Testât de l'affaire. lis comme ils la jugeoicnt provinciale, particulière et domestique, I ae la vouloient pas porter à l'assemblée des Estats Généraux, > peur que Ton ne creust que c'estoit par obligation et qu'on Mfoit les obliger d'en rendre compte. Les autres Provinces au (■traire, à la réserve de celle d'Utrecht, continuoient leurs ininces pour faire revenir les Ambassadeurs, et firent en fin rendre (2), qu'on leur escriroit, qu'ils eussent à envoyer à la Ge- Brttité une copie de l'acte d'exclusion, avec les particularités l tout ce qui s'estoit passé en cette intrigue (3); et cela sans tfftne considération de ce que la Hollande disoit, que les Am- IMtdeurs n'estoient obligés de rendre compte aux Estats Geneux que de ce qu'ils avoient négocié pour l'Estat en gênerai, et ta point de ce qu'ils avoient fait pour l'intercst particulier des tonnées qui les avoient nommés.

l'icte estoit entre les mains de Beverningh et de Nieu- •ort, à qui les Estats de Hollande recommandoient conti- Wkment le secret, et de redoubler leurs devoirs pour tascher » disposer le Protecteur à se contenter du Tempérament. Mais I mesmes Estats de Hollande se sentant pressés par les autres orinces, voyoient bien qu'ils n'en seroient pas longtemps les liâtres, et que les Ambassadeurs ne pourroient plus refuser de ttne grâce de remettre entre les mains du Protecteur un acte & Ton scavoit estre entre les leurs depuis quelque temps : ce que & ne pouvoit pas ignorer en Angleterre. Ils consideroient aussy & Ton scavoit à Londres toutes ces contestations et les animo- £& qui divisoient les Provinces, et qu'on pouvoit s'y ressouvenir s les mesmes Provinces qui s'opposoient présentement à l'exaion du Prince d'Orange, estoient celles qui s'estoient autre- • opposées avec tant de passion à la négociation des Ministres Parlement, et qui avoient empesché qu'on ne leur donnast itience. C'est pourquoy ceux de Hollande firent encore dire et présenter aux Estats Généraux, qu'ils n'avoient fait difficulté de

IX) C. à d. des députés de Hollande à rassemblée des Etats Gêné-

U. Voir: Résol. secrète des Etats de Hollande du 4 Juin.

(S) Le 6 Juin.

(3) Edit. impr.: négotiation.

viuce, et sans que pour cela Us prétendissent soui au jugement d'autruy.

C'estoit là le sentiment de toute la Province c on en excepte la seule ville de Leyde (1). Mai les quatre Provinces, la Zcelande, la Frise, l'Overy cette partie de la Province, qui s'estoit séparée de venter) et Groningue persistaient à demander Fou' la Gueldre, qui presidoit, conclut: Qu'on escriroit deurs pour cela, les Députés de Hollande declaj m n'avoient plus de mesures à garder puis que TAsm *loit pas se donner lu patience d'attendre l'effet *tion qu'elle continuoit de faire faire." Et ne von mettre les deux Ambassadeurs avec tout l'Estat pai pourroient faire d'envoyer la copie, l'Assemblée de ordonna de sortir de cette affaire, après qu'ils av dernier effort pour tascher de faire agréer le Te Protecteur, et que s'ils n'y pouvoient pas réussir, l'acte d'exclusion entre les mains, afin de pouvoir voyer une copie aux Estats Généraux. Il y avoit qui jugeoieut que les Ambassadeurs auraient pu i et qu'il n'y avoit point d'apparence que le Prote voulust rompre un traitté signé, ratifié et publié, ] rend qu'il avoit avec une seule Province, parce qu'i pu justifier la rupture auprès de tous les autn l'Europe. Mais les Estats de Hollande qui scavoien well ne s'arrestoit point à ces petites considérât loient rien bazarder. La paix leur est oit trop px

(1) llcsol. secrète des Etats de Hollande du 5 Juin: i- ..;n« ,i« t «:,i„ «.«;„ .>„*»; TTo«»L.«> ..* Tr«rtbk. ....«„

Intrigues du Comte de Nassau. 301

eroyoient pas estre fort obligés de s'exposer pour les interests Prince d'Orange. Cromwell n'avoit signé et ratifié le Btté que sur les asseurances que les deux Ambassadeurs luy oient données de l'exclusion du Prince. Il estoit homme à se nentir d'un manquement de parole, et il avoit fait voir qu'il i te mettoit pas fort en peine du jugement que le Monde pourk faire de ses actions, pourveu qu'elles fussent grandes et estantes.

Dès que Ton sceut que l'acte d'exclusion ou de Seeclusion, •une on l'appelle en ces pais, avoit esté effectivement délivré l Protecteur, il n'y eust presque personne qui ne se donnast la ae&ee de déclamer contre la Hollande. Elle envoya une deputim solemnelle aux deux Princesses, dont le Seigneur d'O bdam toit chef. Le Conseiller Pensionnaire qui porta la parole, leur tt «Que l'exclusion du Prince d'Orange n'estoit pas une ■arque de l'aversion que les Estats de Hollande eussent pour M personne, ou pour sa Maison, mais que c'estoit un effet de k nécessité indispensable de Testât des affaires présentes. Qu'il Mioit s'en prendre en partie à l'empressement importun des Mitres Provinces, qui avoient violenté celle de Hollande à faire Mettre l'Acte entre les mains du Protecteur lors qu'on ne désespérait pas encore entièrement du succès de la négociation qu'elle kisoit faire pour tascher de l'obliger à demeurer dans les ternes du Tempérament; et que ces Provinces en continuant d'intteter de la sorte, achèveraient de ruiner la Maison d'Orange." * Princesses demeurèrent persuadées de la sincérité des inten- H8 des Estats de Hollande, ou du moins elles firent semblant l'estre, parce qu'il n'y avoit point de remède (1). Mais le Comte Guillaume de Nassau estant arrivé à la ije quelque temps après, luy et ses émissaires remuèrent tout *r obliger les autres Provinces à se déclarer pour le Prince ) range. Il n'estoit pas fort difficile. Celle de Frise et de Oningue s'en estoient desja expliquées. Les Elus, et la Noblesse, •t à dire les deux premiers Ordres des Estats de la Province Jtrecht, estoient d'avis que l'on desavoûast, et qu'on fit revenir Ambassadeurs; mais la ville capitale, qui fait le troisième labre de la Province, s'y opposa, et empescha que la Reso-

il) Voir les lettres de de Witt à van Beverningh (Archives Royaume).

les autres Provinces n'estoit gueres particulière qu* profitoit de l'opposition des cinq villes de Holland occasion de blasmer toute la Province, condamn comme une chose directement contraire k l'Union. #Quc le traitté que Ton venoit de conclurre ave » estoit un ouvrage de l'Estat en gênera L, qui esto #de traitter de la paix, à l'exclusion des Provin

# compose. Elle y ajoustoit, que l'exclusion estoit 9 Déclaration que les Estats de Hollande avoien a Grande Assemblée pour la promotion du Prince *la charge de Capitaine General; qu'elle estoit ei *ù l'Instruction que l'on avoit donné aux Ai #19 Février dernier; qu'elle marquoit une grande *Ia conduite des affaires, et une iugratitude inexc 0 Maison d'Orange, en ce que l'on ostoit au Pr stages qui estoient en quelque façon deus à sa ni m toutes les Provinces estoient obligées de luy

t cette exclusion ostoit aux Estats de Hollande la s dans l'Assemblée pour le bien et pour le sert #que Bcvcrningh et Nicupoort estoient a

# Estats Généraux, et ne dévoient pas obeïr aux jr liera des Estats de Hollande; que l'on ne poui 0 dire qu'il y eust eu aucune nécessité en cela, pui g avoit esté signé et ratifié devant que l'exclusion ei jr ai ce n'est qu'il y eust quelque engagement secri *tectcur et les Estats de Hollande devant ce tel a estoit d'une conséquence dautant plus dangereu *well en pourroit prendre occasion de demandei *de plus fort au desavantage do quelques au

# Qu'elle offensoit tous les llois et tous les Prin

Déclaration des Estait de Frise. 303

3 liaison de sang ou d'alliance avec la Maison d'Orange: estoit expressément défendu par le XVII Article de i d'Utrcclit; que cela causoit une grande division dans , et qu'on avoit trompé les Allies en les amusant du lu Tempérament, comme s'il avoit esté proposé par les s; en 'quoy la Hollande avoit violé le traitté d'alliance stroitc, fait entre les deux Provinces en l'an 1576, par elles s'obligent de ne rien faire en ces sortes d'affaires a participation l'une de l'autre; ninsy qu'ils desaprouce que les Ambassadeurs Hollandois avoient fait en cette tre."

[ues jours après (1) on lut dans l'Assemblée des Estais ix la Déclaration formelle par laquelle «les Estats de desavoûoient, desaprouvoient, et dcclaroient nul et de valeur tout ce que la Hollande avoit fait négocier separcet au desceu des alliés, et particulièrement l'acte du 4 May, onnoient à leurs Députés de concerter avec ceux des autres ices les moyens qu'ils jugeroient les plus propres pour r la Hollande à réparer le passé, et de faire en sorte que reils attentats, capables de diviser les Provinces, ne fus- )lus commis à l'avenir. Qu'ils entendoient que le Prince inge fust dés à présent nommé aux charges de Capitaine (Vdmiral Général; que Bevcrningh et Nicupoort t exclus de toutes les assemblées, et de tous les Collèges Généralité, jusques à ce qu'ils se fussent justifiés. Ils les y ient de criminels, et suspendoient le suffrage qu'ils avoient pour Tâvan cernent de B e v c r n i n g h a la charge de Tre- General; et prioient les Estats Généraux de se charger Ju cation du jeune Prince d'Orange, conjointement avec ux Princesses."

Députés de Gueldrc, d'Utrccht et de ceux des Estats ssel qui estoient assemblés à Deventer, estoient d'avis, que ;ast des Registres, et que de part et d'autre on suppriraast rits aigres et offensants. Mais ceux des Provinces de Zecde Frise, et de Groningue qui avoient entrepris de faire la Hollande, et qui esperoient d'y réussir, bien loin de les leurs, firent courir une feuille volante, sous le titre iction pour la conduite des Provinces intéressées à Végard

e 13 Juillet.

304 Lettre de Cromwell ma Ettmh de ZeeUmde.

de r Exclusion (1). On y disoit: # Qu'il falloit désavouer toÉtca jrque Bevcrningh et Nieupoort avoient fait, et k fan 0 déclarer nul, comme estant contraire à Tordre et à llnstndhi m de l'Estat, à la Résolution du 19 Février, et au traitté mam\ # comme nussy à plusieurs articles de V Union; qu'il forini 0 que les Députés des Provinces se rendissent en grand wm\* #à l'Assemblée des Estats de Hollande; qu'ils y témoigM» *sent leur mécontentement, pt qu'ils en demandassent «portion; que chaque Province le fist en particulier, et qu'en nte » elles demandassent toutes ensemble audience pour cela, Qb m ces diligences ne produisant pas l'effet que Ton avoit sujet k *s'cn promettre, il fuudroit aviser avec les autres Provinces, sors *que Ton uuroit à faire, et voir si l'on ne pourrait pas les dispos *à nommer dés à present le Prince d'Orange aux chargaè *scs prédécesseurs, en luy donnant un Lieutenant; qu'il fines) *en faire part au Protecteur par une Ambassade ExtraordiitH *ct l'asscurer que les Estats tiendroient la main à ce qies

* Prince executast ponctuellement les trente-six articles d a tnitt^ m pendant qu'on desuvoûeroit les autres Ambassadeurs (2), etqi'ai #lcs feroit revenir.

Tous ces Escrits qui estoient la pluspart copiés les nsi fa autres, s'imprimoient, et se debitoient à dessein de faire soulier* le peuple; car ils ne pouvoient servir qu'à cela, Cepeadutb bruit de ces contestations, estant parvenu jusques aux oreifleifc Cromwell, il escrivit aux Estats de Zeelande (S): 'Qn'iJ** » appris qu'il y avoit des personnes dans leur Province qui dm- » noient une mauvaise explication aux bonnes intentions desfr #tats de Hollande, et aux devoirs qu'ils nvoient faits pour mettt 9 les affaires des deux Républiques en Testât où la paix les »n*

# mises, il se trouvoit obligé de leur représenter les mauf ais e§* rque cette division pouvoit produire. Qu'une nouvelle rop&fl jracbeveroit de ruiner le commerce, et scroit du dernier prejiMti* 9 à la religion et à la liberté de Tune et de l'autre Nation, û>* 9 seroit bien aise qu'ils suivissent des conseils capables de nu*1 9 tenir la paix, qui ne pourroit pas subsister longtemps si dk *n'estoit religieusement observée et fidellcmcnt exécutée."

(1) Cet écrit se lit dans Aitzcma, S. tan Staet, III. 34. p, 930, #•

(2) Excepté Jongcbtal.

(3) Voir: Aitzema, S. van Staet, III. 34. p. 935, 936.

Réponse des Estais de Zeelande. 306

Lu Estats de Zeelande qui estoient persuadés, ou qui vouloient tke accroire qu'ils Festoient, que ceux de Hollande après avoir btigé lo Protecteur à demander l'exclusion du Prince d'Orange, ■voient aussy convié d'escrire cette lettre, y répondirent: • Qu'ils atnnoissoient fort bien la nécessité, et les avantages de la paix. *Qae comme pour l'obtenir ils avoient acquiescé à tout ce que tVBatat a voit jugé nécessaire pour cela, aussy feroient-ils tout ce frtm pourroit légitimement désirer d'eux pour se conserver un ti précieux don du Ciel. Que ceux qui avoient voulu luy faire ••ecroire le contraire, ou ne scavoient pas Pestât des affaires du *pds, ou les luy déguisoient malicieusement. Que les demeslés frii estoient entre les Provinces n'interessoicnt point les estran- •fpBrs, et que leurs différends ne feroient jamais rien qui pust tkoer Pamitié qui venoit d'estre renouvellée entre les deux ttrtions."

'Les Estats de Zeelande en faisant communiquer ces lettres à Assemblée des Estats Généraux, leur firent dire: *Que comme ta tout leur procédé on remarqueroit tousjours une très grande tincerité, ainsi ne vouloient-ils point avoir de commerce séparé ny particulier hors de PEstat sans en faire part aux Alliés." lais les Députés de Hollande qui voyoient fort bien que c'estoit «oc que ce discours s'adressoit, repartirent (1): «Que les Estats h Zeelande n 'avoient pas beaucoup de sujet de se faire honneur i\me action qui n'avoit pas grand mérite, puis qu'ils ne com- ■ttmiquoient qu'au mois d'Aoust la lettre du Protecteur qu'ils strient recette dés le mois de Juin, et dont ils ne produisoient h réponse que lors qu'ils scavoient qu'elle avoit esté effectivement rendue entre les mains de Cromwell." Le Protecteur répliqua à cette Réponse, quoiqu'un peu tard, et k: «Qu'il n'avoit eu autre intention dans sa première lettre lue de se plaindre de l'escrit que les Estats de Zeelande avoient mbUé contre la Hollande, quoique celle- cy n'eut eu en tout son nrocedé d'autre objet que l'avancement et la conservation de la faix. Que la liberté et le repos des deux Estats avoient des tanemis communs, qui ne manqueroient pas d'inspirer des con- «ils capables de troubler l'un, et de faire perdre l'autre si on 08 escoutoit. Mais qu'il se promettoit toute autre chose de leur itudence et de leur conduite; et que le meilleur conseil qu'il

(1) Résol. des Etats Géuéraux du 17 Août 1654.

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