‹ L'histoire des Provinces-Unies, des Pais-Bas. PublChapitre 46 sur 61 · II · texte numérisé non relu

II

306 La Hollande justifie $on procédé.

*lcur pust donner, comme à ses meilleurs amis, c'estoit devins #cn bonne amitié et bonne intelligence avec la Hollande."

Cette Province estoit fort résolue de maintenir ee qu'elle «oit fait; tellement que se voient extrêmement pressée par les aatm alliés, clic trouvu à propos de justifier son procédé dans m Apologie, qu'elle lit imprimer sous le titre de Déduction, et dk la fit distribuer dans toutes les Provinces (1). Elle y discâi: 0 Qu'il n'y a voit point de devoirs que les deux Ambassadam

* n'eussent fait pour tascher de disposer le Protecteur à se dt- » sister de demander l'Exclusion ; et que la Hollande n'y sfdt 'consentv qu'après avoir reconnu que tous les efforts qu'elle cot-

* tinueroit de faire pour cela seroient inutiles ; de sorte que e'«-

* toit par une dernière nécessite qu'elle avoit pris ee party, sis *de se dégager d'une guerre dont la dépense estoit insupporta- 0 ble, et la continuation impossible. Que les Ëstats de Hollaadt» 0 comme Souverains et indépendants, avoient un pouvoir absoh 0Ùc disposer des affaires de leur Province, sans faire tort à km 0 alliés; et ainsi qu'à l'égard du Gouvernement ils avoient st 0 prendre une Résolution négative, puis que les autres Profite» 0 eu avoient bien pris une affirmative sur le raesme sujet sut 'leur participation. Que les Estats de Hollande qui possedost 0 les mesincs droits dont les Comtes de la Province avoient joiy 0 autrefois, et au inesme degré, pouvoient donner un Gouvanesr 0 ii leur Province, ou ne luy en point donner, et cela ssai ■

* communication de leurs alliés et à l'exemple de ceux de Fri* *ct de Groningue. Qu'au mois de Janvier 1581 la Hollasde m avoit seule abjure le Roy d'Espagne, sans la Zcelande, et sut *(]uc les mitres Provinces eussent seulement songé à luy faire k 0 moindre reproche à cause de cela, bien que par ce moyen ék 0 s'engagea st, nussy bien que ses alliés, à une guerre éteroefe

(1) Le 17 Juin les Etats de Hollande résolurent de justifier I* conduite par un arit détaillé: trois villes, ilaerlem, Lcide et Esckhuysen, voti'tent contre (Voir: Résol. secret, des dits Etats). Cette justification qui eut le nom de Déduction, fut présentée le 25 Juillet suivant par la Commission qui avait été chargée de la conposer et fut le même jour arrêtée par l'Assemblée. l)e Witt en état l'auteur; on la trouve au lonç dans le livre des Résolutions des Etats de Hollande ainsi que dans Aitzema, S. van Staff, III. & p. i> 13— 10:27. Le résumé de le Clerc dans son Iliffoûr de* Montât l\ir$y II. p. 345— 34 S, donne au lecteur un aperçu plus svstémotiq* et par-là plus clair, que celui de Wicquefort.

La Hollande justifie son procédé. 307

espérance de reconciliation. Qu'au mois d'Aoast 1583 les Estats de Hollande déclarèrent à Guillaume, Prince ff) range, qu'ils ne reconnoissoient plus l'autorité du Duc i'Aleneon, après qu'il eust voulu surprendre Anvers; encore pe plusieurs autres Provinces fussent d'avis qu'on se réconcilias! avec luy; et neantmoins qu'on ne leur avoit jamais reproché {ails eussent violé V Union pour cela. Qu'ils n'avoient rien dit, ïï*J fiât pendant la Grande Assemblée, qui les en gagea s t envers la Prince d'Orange, ou qui luy donnast la moindre espérance WvBucement. Que les Députés de Zeelande qui le vouloient Eure accroire, devroient avoir une très parfaite connoissance du aontraire, pais que c'estoit avec eux principalement que ceux de Hollande a voient eu plusieurs conférences sur ce sujet. Que ifatoit une chose assés surprenante de voir ceux de Zeelande Wmstenir dans un mesme Escrit, que par le moyen do Y ExcluhVr les Estats de Hollande s'ostent la liberté de dire leur avis dans l'Assemblée des Estats Généraux, et dire en mesme temps, fte tontes les Provinces ne l'ont plus depuis la Grande Assemblée (1). Qu'ils avouent bien que l'estroitte alliance qui est entre jks deux Provinces les devroit obliger à n'agir que de concert H&nu les choses qui regardent l'interest commun de l'une et de 'l'autre; mais que la Zeelande avoit fait voir la première de 'faelle façon on en peut user, puis que dés le 21 Septembre '1652 elle avoit arresté dans sa Province, et tasché en suitte de 'persuader aux Estats Généraux, qu'il falloit nommer le Prince r d'Orange aux charges de Capitaine General et d'Admiral de lYUnion. Que la Hollande au contraire demeure dans les termes r d'une simple négative, et à l'égard de la Province seulement. lQâ'33 n'avoient pas communiqué leur intention aux Estats de 'Çedande, tant parce que l'empressement avec lequel Beverr lin g h et Nieupoort a voient demandé leur Résolution, ne pJeur en avoit pas donné le loisir, que parce qu'ils jugeoient *4l*il auroit esté inutile de conférer avec ceux qui avoient désja rjris une Resolution contraire sur ce mesme sujet, sans la parfefiripation de la Hollande. Que c'estoit de la mesme façon que *h Zeelande avoit résolu, en 1584, d'offrir la Souveraineté de

(1) #.... Ende wic hoorden oyt soodanigcu argumentât ie, dat men •lie tôt eonservatic van ycts te persuaderen, voor een fondament il leggen ende voor reden gebruyken dat 't sclve albereydts is veraxwen? ...."

308 La Hollande justifie ton procède.

'leur Province nu ltoy de France, sans en dire un seul mot m

* Estât s de Hollande, quoiqu'elle secut que ceux-cy RToient pfau

* d'inclination pour la Reine d'Angleterre, à cause de la cotfor- 'mité de leur Religion. Qu'ils n'a voient rien fait contre le I 'article de Y Union, puis qu'il ne parle que d'alliances et decoa- 0 fédérations qui peuvent engager les alliés indirectement, et 101 *de traittés ny de contracts qui n'obligent que ceux qui les fort. 'Que les Estats des Provinces peuvent faire négocier leurs aftÙRi

* particulières par leurs Ministres. Qu'incontinent après quelTwia

* fut formée ceux de Hollande envoyèrent des Députés en Danne» 'marc pour leurs affaires particulières; que dés l'année smraate 'presque toutes les Provinces prirent des partis différents; qR #lc Brabant, la Flandre, Malines, la Frise, et les Ommelando» 'donnèrent au Duc d'Àlençon; que la Gueldre, Toonaj, 'Utrccht, et Ovcrysscl refusèrent de le reconnoistre; et qoe kf 'provinces de Hollande et de Zeclande ne le reconnurent qiî ' des conditions qui leur promettoient la conservation de leur fi- ' berté. Et ncantmoins que ces Provinces n'ont jamais reproché 'les unes aux autres d'avoir violé Y Union; an contraire que k ' Gueldre revint bientost, et prit pour cela une Resolution parti- ' culierc et provinciale, et qu'à son exemple quelques autres Pis- 'vinecs traitterent aussy avec le Duc, de leur chef, et sans II

* participation des autres. Que les Estats de Hollande auront ' esté bien imprudents s'ils eussent porté à l'Assemblée des Estais ' Généraux une affaire purement provinciale et domestique doat 'il?* n'eurent la première connoissanec que par les lettres qri ' acrninpagtinicnt le traitté, et qui en pressoient la ratification» ' puis qu'ils ne voy oient que trop dés ce temps-la et n'expoi- » mentoient que trop présentement que c'eust esté le vray moyfi 'de replonger l'Etat dans la guerre dont ils vouloient sortira ' toutes les façons. Que bien loin de se repentir d'en avoir a» Tomme ils avoient t'ait, ils loiioient Dieu de ce qu'il leur aw& 'inspiré une pensée qui leur avoit conservé la paix; que Bc- ' ver n in g h et Nieupoort bien qu'Ambassadeurs de l'Estat . 'en gênerai, avoient pu faire des affaires particulières pour cette 'Province; veu qu'il n'y a ny loy, ny coustume qui le dâa- 'de, et que Ton en a tout plein d'exemples. Que Ton n'aToà » pas défendu aux Ambassadeurs de pareilles négociations, ooa *pas mesme depuis la conclusion de la Paix, ny îuesme à l'èpri ' de Y Exclusion. Une les Estats de Zeclande le posoient bia 'dans leur escrit; mais que cela estoit contraire à la vérité; d

La Hollande justifie son procédé. 309

tqu'Os a?oient d'ailleurs mauvaise grâce de condamner en ceux de 'Hollande ce qu'ils avoient approuvé en un Ministre de leur Protrince (1), qui estant Ambassadeur Plénipotentiaire à Munster, ne 'bissa pas de faire un traitté particulier pour les interests du » Prince d'Orange avec l'cnnemy déclaré de l'Estat: quoique >pur son Instruction on luy eust défendu bien expressément, aussy pliai qu'à ses collègues, de se mesler d'autres affaires que de froalles de l'Estat. Que c'estoit hors de propos qu'on leur repro- «éhoit d'avoir contrevenu au IX article de r Union , qui défend Mnut alliés de traitter de paix les uns sans les autres; veu qu'il *B*empesche pas chaque Province en particulier de la faciliter, rtpres que tous les alliés ont résolu ensemble de la faire nego- Mier. Qu'il ne se trouveroit point que les Ëstats de Hollande Niassent ordonné aux Ambassadeurs de rien faire au préjudice jpde la Besolution du 19 Février au sujet du Tempérament; au ^frou traire qu'il se trouvoit inséré de mot à mot au traitté, et frque mesme après avoir résolu et fait expédier l'Acte ^ Exclu- Y*»?*, ils n 'avoient pas laissé de leur ordonner continuellement, àéb tascher de divertir le Protecteur de cette pensée. Que la b Besolution qu'ils avoient prise sur ce sujet les remettoit en possession de la liberté du commerce, et n'estoit pas plus preju- •didable à la liberté de l'Estat que Y Union mesme, qui empesche Mien [les Provinces dont elle est composée de disposer de plu- Vtfeors choses dont elles auroient une disposition libre et absolue •sans cela; sans que l'on puisse dire neantmoins, que l'Union dqmi a esté faite pour la conservation de la liberté de l'Estat, ftla ruine. Que ceux qui parloient avec tant d'ostentation de la ftGberté de l'Estat estoient ceux qui forgeroient les fers de son ^esclavage, en soustenant: Que c'est la naissance qui donne les Priantes charges au Prince d'Orange. Que les rendre herediifetaires n'estoit autre chose que mettre la Souveraineté entre les fcfeains de ceux qui les possèdent par droit de succession. Que ■aVestoit par miracle que ces Provinces sont encore libres après * avoir confié si longtemps le commandement de leurs armes à f*des Princes d'une mesme Maison. Que Ton en estoit obligé à ■fFaccident qui en arracha l'occasion à Guillaume, Prince WO range, en l'an 1584 (2), et à l'obscurité extraordinaire et

(1) De Knuyt.

{2) ,.... Ende alhoewel door 't voorsz. moorddadig feit, desc Lanka Tan haer voornaemste stcunsel berooft synde, het teer gebouw

#le sele qu'ils ont pour la liberté, en dévoient

* véritables preuves, lors qu'un sujet et Mini 'de la Province de Hollande arresta, en 1650, ' l'Assemblée, et emploia les armes de ses liais rmesmes, et contre la plus puissante ville de la #que ces prétendus zélés ne firent alors que t 'les fondements de In servitude, non seulement

* avouant, et louant les attentats du Prince d' *aussy en l'animant à les continuer. Que ce i

* marque de faiblesse, mais plustost de couragf ^avec laquelle l'Estat agissoit pour la conservatic 'Que les llois de France, d'Espagne, et de Dai 'dire les plus proches piircnts du Boy d'Anglet ^puissants Monarques de la Chresticnté, recher 'du Protecteur, et scroient peut estre obligés c 'plus cher qu'au prix d'une exclusion. Que lei 'on les menaçoit ne leur faisoieut pas peur; 'n'eust pas manque de gens, qui a voient fait 'imaginables pour faire souslevcr les peuples c 'Strats; et que si les Provinces se divisoient 'il faudroit s'en prendre à ceux qui en seraient 'mauvaises impressions qu'ils taschent de doni 'de la méchante conduite (1) de leurs Superieu 'Estats de Hollande qui n'avoient pour objet #de l'Estat et la bonne intelligence qui doit unii

van den nicuw-pcboorpu Stact cvidcntalyck scheen te ende de Inwoondereu van dien wederomme onder de i slavernyc te sullon gerocken, soo hecft nogtans Go< 8oo dicke (luvstcmis.se een heldcr liirt eescheot. eiu

La Hollande justifie son procédé. 311

'•^ûdissolublement. Que pour ce qui est de l'ingratitude pour la

'•■tison d'Orange, et pour la personne du Prince, qu'ils avoient

"•• quoi se justifier, et qu'ils pouvoicnt faire voir, que depuis

** decés de Guillaume, qui fut tué en 1584, jusques à la

**to*t du Prince Frédéric Henry, la Maison d'Orange

*•*&& tiré de l'Estat près de vingt-millions de livres, sans les

**tofc8 avantages qui ont fait la grandeur de ces Princes, et qui

** ibnt considérer par toute l'Europe. Mais que ceux qui char-

^fent la Province de Hollande de cette calomnie donnoient

**•*• des contradictions, en ce qu'ils pretendoient recompenser

8,1 h personne du Prince d'aujourd'huy les services de ses pre-

'ccesseurs d'un employ qui leur ayant esté à charge, à ce qu'on

*tf faire accroire, le sera bien plus à celui-cy à l'aage où il

' (!..> ; et si c'est une récompense ou une gratuité en sorte

©11^ doive servir en effet au successeur de recompense des

vics^ m que ses prédécesseurs ont rendus, il faut nécessairement

3 cs^la ait aussy son rapport à eux; et ainsi qu'on ne pou-

t f^aes demander à l'Estat la recompense d'une chose que les

nc^» d'Orange ont possédée comme un bienfait et comme

a K"r-atitude dont on bonoroit leur mérite, et dont on recon-

is^c^^t leurs services (2). Qu'ils ne pouvoient pas assés s'eston-

r à ^ l'imprudence avec laquelle les Estats de Frise et de Gro-

ngO.^ parloient de Y Exclusion, veu que les uns au lieu de

yïïB&w le Gouvernement de leur Province incontinent, après la

lOï* c3u Prince Guillaume, qui avoit jette les fondements

te ^ liberté, et qui venoit de les arroser de son sang, à

|l*û- r ice, son fils, qui estoit capable de servir, le donnèrent

% IjO uis Guillaume de Nassau, son parent; pour faire

Q) #.... Wie hoorden oyt van soodanige manieren* van recompensen? Vfie aag oyt sorge met surcharge van nieuwe sorge, moeyte met accablement van nieuwe moeyte, bekommeriugc met opladinge van nieuwe bekommeruisse beloonen? Ende voorwaer al *t gène selfs belooninge ▼wrdig is, kan niemandt tôt voldoeuiuge van belooninge werden toegereekent.

(2) *.... 8ynde notoir dat al *t gène voor belooninge kan worden GWnputeert, nootsaekelyk een weldaet raoct zijn; Ende wie hoorden °jt soodanige sustenue, dat over eeu bewesene weldaet cen tweede teldaet, selfs nog voor de nakomeliDgen, tôt recompense soude moeteu *erden gegeven? Jae, nog verder, dat diegene, die om praegnante rede- Ben niet soude mogen goedtvindcu alsulke tweede weldaet te bewijsen, àterover van ongehoorde ondanckbaerheydt soude werden beschuldigt?"

312 Acis de la Gueldre.

0 voir de quelle façon les Provinces en peuvent user quand db ^veulent, non seulement en donnant l'exclusion au Prince Maigri ce, mais mesme en luy ostaut effectivement et à sa postérité ^le Gouvernement et la charge de Capitaine General de tau Ra»

# vinec. Que sur cet exemple les Estats de Groningue, qui de» 0 clamoient aujourd'huy si fort contre Y Exclusion* avoient efa> *tivcment osté au Prince d'Orange d'aujourd'huy le Goure» #ment de leur Province, pour le donner au Comte Gaillaaae,

# Gouverneur de Frise, et cependant qu'ils ne pouvoient passodrir #quc les Estats de Hollande pour donner la paix à rEstat,pro- ' testent qu'ils ne donneront pas le Gouvernement de leur Prt-

# vin ce au mesme Prince'* (1).

C'est ainsi que les Estats de Hollande justifièrent l'exclu*!, se contentant de faire voir ce qu'ils pouvoient faire comme Sot* verains, et ce qu'ils dévoient faire comme pères de la patrie» latcurs du repos, et protecteurs de la liberté de l'Estat. D*« voulurent pas parler de l'assassinat commis en la personne 4 Doreslas, ny des outrages que l'on avoit faits aux Ambua> deurs du Parlement d'Angleterre en 1651, dont les auteurs avcàat trouvé leur impunité dans l'autorité du Prince et des Prince** d'Orange: non plus que de l'opiniastrcté avec laquelle k Protecteur persecutoit toute la Maison de Stuart, jusques-l& que II Roy de France fut oblige de faire retirer le Boy d'Àngletent, et les Princes, ses frères, mesme devant qu'il en fust pressé, A de n'avoir pas le déplaisir de s'y voir contraint par un trame formel. Les Estat-s de Hollande ayant résolu de communiquer cet escrit à leurs alliés, furent pour cet effet en corps à lasces- Idée de* Estats Généraux, où ils le tirent lire (2). En suiltc Ûs le firent imprimer, et renvoyèrent aux Estats des autres Provincfl» mais il y trouva des esprits si préoccupés qu'il n'y fit point d'iaipression du tout.

Au contraire les Estats de Gueldre après avoir approuvé toot ce que leurs Députés avoient fait sur ce sujet, déclarèrent (S): » Une l'acte d'exclusion estoit contraire à l' Union faite en 15ft *et h la Résolution du 10 Février, et qu'au lieu de dégousterle a jeune Prince par une exclusion, il falloit que dés à présent 3

(1 H va s:m> dire que la déiluetion des Etats de Hollande uc m»* pas sans réplique. Aitzema, 111. 34. p. 1027 sv.

(2) Le fi Août.

(3) Aitzema, S. ran Staet, 111. 34. p. 1083, 10S4.

Les Estai* de Frise répondent à ta justification de la Hollande. 318

net designé Capitaine et <T Admirai General, du consentement des aires Provinces, pour en faire les fonctions lors qu'il seroit en ege; et que cependant on mist auprès de luy des personnes apables de rélever dans la profession de la Religion Reformée, t de luy inspirer des sentiments dignes de sa naissance." Toupie les trois villes du quartier de Niraegue se contentèrent de e: 'Que l'acte du 4 May estoit contraire au Tempérament ont il avoit esté parlé; et qu'en tout cas il ne pouvoit pas bliger la Gueldre à consentir à l'exclusion." Les Députés de

ville d'Arnheim dirent: 'Qu'ils jugeoient que le Prince PO range devoit estre préféré dans l'eraploy de Capitaine et l'Admirai General, si lors qu'il seroit en aage il estoit capable le servir l'Estat, et si on jugeoit alors que pour le bien et le Nrvioe de la Republique il en fallust faire un. Les Estais de Frise bien loin d'acquiescer au raisonnement de su de Hollande, ordonnèrent qu'aux prières publiques on feroit ssiy mention nommément du Prince d'Orange, au lieu que ■sques alors on n'avoit prié Dieu dans leurs temples que pour 6 Gouverneur de la Province. Nous aurons cy- après (1) occasion ls parler plus amplement de cette matière; ainsi nous nous consolerons de dire icy, qu'il n'y avoit point de Province qui eust sk tant de bruit au sujet de l'exclusion; mais quand elle vit ■rolstre la Déduction des Estats de Hollande, elle revint bien le sa fierté.

Cir les Estats de cette Provincc-là ne craignirent point d'atier, quoique ce fust bien tard, au mois de Mars de l'année •ifante, *que c'estoit avec douleur et déplaisir qu'ils voyoient 'dans cette Déduction la foiblesse de l'Estat exposée aux yeux de 'tout le monde. Qu'ils n'avoient garde de suivre cet exemple, 'By d'entreprendre d'y répondre mot à mot, pour ne pas tomber dans la mesme faute. Toutefois qu'afin que leur silence ne fist point de préjudice à la vérité, et que l'on ne crust point qu'en •s taisant ils voulussent acquiescer aux raisons et aux sentiments des Estats de Hollande, ils vouloient bien la désavouer, comme un escrit remply d'inductions dangereuses, de ttUximes contraires aux loix fondamentales de l'Estat, qui en *eroit appréhender sa ruine, de contradictions fréquentes, et ''injures outrageantes, dont les alliés, et particulièrement les

[1) Livre XIV.

314 La ville iTAmUrdam pourrait à m «rareté.

'Estats de Frise se sentoient fort offensés, due Ton y doumt

* un faux jour aux actions illustres de ceux qui avoient jette' ki

* premiers fondements de cette République, et que Ton expliquit

* mal leurs bonnes intentions, afin de donner et de trouver quêkpe

* couleur à ce que Ton avoit fait touchant l'exclusion, une l'on #y allcguoit plusieurs exemples hors de propos, et qu'on les appbsquoit contre leur véritable intention; mais que l'on ne pouiwt

* jMis sans horreur y remarquer l'ingratitude inoûie que Toi j » avoit pour la mémoire de Guillaume, Prince d'Orange,qii

* estoit celuy qui avoit délivré la République de l'insupportable

* servitude dont clic estoit inévitablement menacée, et qui pour » sauver l'Est at avoit dissipé ses biens, hasardé son honneur, et # perdu la vie."

Les protecteurs de l'exclusion disoient, que tous ces disoom grneraux ne signifioient rien, et ne détrui soient pas nne seule des raisons dont toute la Déduction estoit une suitte continuelle. Que leur force ne cedoit point à de si foibles attaques, et qall falloit quelque chose de plus que des sophisme» pour combattre des arguments si solides et si concluants.

Lu Déduction dos Estât s de Hollande n'empescha pas non pin qu'il ne se fist des intrigues et des cabales pour troubler le repos de l'Estat, et particulièrement celuy de la Hollande, dont on menaçoit les Ministres et les principaux Membres d'une violence qu'ils auroient bien de In peine à prévenir. Le peuple qui estoit dans le transport de la joye que les premières nouvelles de la paix luv donnèrent, et qui esperoit de jouir bientost d'osé entière liberté du commerce, n'estoit pas fort susceptible iln mauvaises impressions qu'on luy vouloit donner contre ses Supérieurs, particulièrement en Hollande ou il n'estoit pas trop crédule. Xeantmnins la ville (l'Amsterdam se souvenant de « qui sVstoit passe en lttSO, et voulant éviter les surprises qu'dk croyoit avoir sujet de craindre, ne laissa pas de prendre les mesures nécessaires pour sa soureté. Elle renforça les quatre compa?irirt de sa garnison ordinaire (le quatre- vingts hommes chacune (U et le Magistrat lit faire des corps de garde et poser des sentinelles ■ à des postes avancés hors de la ville, et tenir des vaisseaox de pierre du costé du havre, et des barques armées sur la rivière. Les esliits de Hollande firent sortir de la ville de Dordrecht la corn-

(lj lV,i::ciiiuir K.i.nsh'fdam in zîJkc uj>kum*t cnz. 1. p. 5>ïh K parle que de trois compagnies.

Quelque* Provinces foui instances pour le rappel des Ambassadeurs. 315

pagnie da Prince (1) Guillaume de Nassau, dautant qu'elle bar estoit suspecte. Ils se dénoient aussy de celle des gardes, étant les officiers avoient donné trop de preuves en 1650 de l'attachement qu'ils avoient à la Maison d'Orange. C'est pourquoy ils en firent quatre compagnies, en y meslant des soldats tirés d'autres troupes, et en osterent les officiers et les soldats que l'on sjeavoit avoir de la dépendance du Prince, pour leur donner des personnes dont les Estats se pouvoient asseurer (2). Les Députés de Frise jugeant que l'on poussoit trop loin cette défiance, en firent reproche à ceux de Hollande, qui avouèrent qu'ils en avoient, et qu'ils avoient sujet d'en avoir. lis disoient qu'ils ne vouloient peint donner d'ombrage; mais que l'on ne pouvoit pas trouver mauvais qu'ils prissent toutes les précautions nécessaires contre tout ce qui leur en pouvoit donner, et qu'ils prissent leurs mesures pour leur seureté et pour leur conservation (3).

Us avertirent aussy le Magistrat d'Utrccht de la Resolution ejoe les cinq autres Provinces avoient prise, en l'absence du Député cVUtrecbt, de renforcer la garnison de la ville, afin de l'obliger d'entrer dans les sentiments que les Elus et les Nobles de la mesme Province témoignoient pour la Maison d'Orange (4).

Mais ils eurent un soin tout particulier de faire ordonner aux Prédicateurs, par les Commissaires politiques qui se trouvaient de la part des Estats de la Province aux Sinodcs, de recommander aux peuples l'obeïssancc indispensable qu'ils doivent eux-mesnies aux Estats, leurs Souverains, et de faire comprendre à leurs auditeurs la sincérité de la conduite des Magistrats, qui n 'avoient pour objet de toutes leurs délibérations que le bien de l'Estat et de tes habitants (5).

La revocation des Ambassadeurs qui estoient en Angleterre estoit use des choses pour lesquelles quelques Provinces avoient fait le plus d'instances. On leur représenta que les Ambassadeurs estoient encore nécessaires à Londres pour achever d'y ajuster le trait té

(1) Edit. impr.: Comte Guillaume de Nassau. Voir ci-après, p. 322.

(S) Résol. secrète des Etats de Hollande du 7 Août 1654.

(3) V. Wagenaar, Vaderl Historié XII. p. 362. C3.

(4) V. la lettre de de Witt à van der Hoolck, député de la province d'Utrecht à l'assemblée des Etats Généraux du 17 Août: et celle à vanBeverningh du 21 Août 1054 (Archives du Royaume),

(5) Résol. des Etats de Hollande du 18 Juin et du 16 Dec. 1654.

316 Dédommagement des AmglaU.

de Marine, pour faire régler les prétentions de la Compagnie des Indes Orientales, avec le dédommagement de ceux qui estokat intéressés aux navires arrestés dans le Sund, et particnliereneit pour aider à conelurre le traitté entre la France et l'Angleterre. Ccluy que cet Estât venoit de faire ne servoit de rien sa» l'autre, parce que les Anglois en arrestant et visitant les nariro marchands, sous prétexte de la recherche des marchandises de contrebande, ne laissoient pas de troubler le commerce tout de mesme qu'ils faisoient devant la Faix. Ces raisons furent trouvés si justes et si fortes par ceux là mesmes qui pressoient le plus h revocation des Ambassadeurs, qu'ils demeurèrent d'accord, qu'il ailoi t qu'il y en cust. Mais ils vouloient ou qu'on y en envoyast d'antres, ou que ceux qui y estoient dépendissent absolument de la volonté des Estats Généraux, et fussent obligés de leur rendre compte de leur conduite. Mais ce n'estoit pas l'intention des Estats de Hollande, qui soustenoient: Que les Ministres que les Estats de quelque Province présentent aux Estats Généraux pour estre employés au service de l'Estat en gênerai, ne doivent estre responsables de leurs actions qu'à leurs Souverains, c'est à dire au Estats de la Province qui les présentent, et non aux Estats Généraux, qui n'ont ny territoire, ny jurisdiction qu'aux païs et snr les habitants immédiatement sujets à l'Estat en général. Cest une question qui a esté longtemps agitée, et souvent débattu entre les Provinces. Mais la Hollande a en fin fait passer soi sentiment, et en donna une fnrte preuve dans une autre affaire (1) dont il sera parlé dans ce inesine Livre.

Pour ce qui reperde les vingt deux navires que le Roi de Diinnemarc avoit fait arrêter au Sund, en l'an 1652, il a (■«ité dit que le Protecteur avoit promis de faire comprendre ce Prince au traitté, à condition qu'ils scroient restitués, avec les marchandises qui y estnieut chargées. Les Ambassadeurs de cet Kstnt en estoient demeurés d'accord, et avoient consent)" que l'article fust couché en ces termes là, afin que le Roy pust joiiir de l'effet du traitté incontinent apres la signature. Mais ce n'estoit pas ee que les Anglois demandoient. Leur intention estoit de continuer les hostilités contre les Dannois jusques à b restitution effective, ou du moins jusques à ce qu'ils fussent a sseurw de leur dédommagement, et qu'on leur cust donné de bonnes cautions bourgeoises dans Londres.

(1) Celle de Srhonciibourg et llaccx; v. p. 325 st.

Différends des Compagnies des Indes, 317

Les intéressés faisoient monter la valeur de leurs marchandises, y compris leur dédommagement, jusques à un million et six cens mille livres (1), et les Ambassadeurs, pour achever de conclurre, souffrirent que Ton en fist le XXVIII article du traitté, et disposèrent quelques marchands Hollandois, establis à Londres, à •'engager pour cela, sous la garantie des Estats et des Ambassadeurs. Ils nommèrent en suitte deux arbitres, et les Anglois en nommèrent autant de leur costé pour régler le différend, et pour faire une juste estimation des navires, de leurs cargaisons, et du dédommagement. Les arbitres après avoir examiné l'affaire, réglèrent en fin les prétentions des Anglois intéressés à quatre vingts dix sept mille neuf cens soixante et treize livres Sterlings et dix deniers, faisant environ neuf cens soixante et dix neuf mille sept cens trente livres, monnoye de Hollande (2). Le Roy de Dannemarc avoit promis de restituer les navires avec leurs cargaisons, et de payer le provenu des marchandises qui avoient este vendues ou distraites. Mais lors que les Estats l'en pressèrent, il répondit (3) : Qu'il pretendoit estre satisfait touchant les navires que les Anglois avoient pris sur ses sujets, et estre dédommagé de ses pertes. On ne s'en contenta pas, mais on luy fit dire, que les Estats qui ne s'estoient obligés qu'à le défendre et à le protéger contre les violences que les Anglois luy pourroient faire à cause de la saisie de ces navires, s'estoient aussy obligés avec le Protecteur, sur la parole que le Roy leur avoit donnée qu'il restitueroit ce qui se trouvoit encore en nature, avec la valeur des marchandises qui auroient esté aliénées, et que sur cette parole ils s'estoient engagés au dédommagement des intéressés. Tellement qu'ils s'en promettoient l'effet et l'exécution: mais ils n*en tirèrent rien, et ne purent se dispenser de contenter les Anglois.

Les prétentions que les Anglois avoient à demesler avec les Compagnies des deux Indes de ce pais estoient moins liquides et plus vastes. C'est pourquoy il fut convenu par le XXX article du traitté: Que de part et d'autre on nommeroit quatre commissaires qui les examineraient et les reglcroient toutes: à condition qne si cela ne se faisoit dans trois mois, on sousmettroit ces

(1) Ou 140.000 Livres Stcrl.

(2) L'arrêt des arbitres se lit dans Aitzema, S. tan Staef, ÎIÎ. 34. p. 1030—1082. Du m ont, VI. 2. p. 85 sv.

(3) V. Résol. des Etats Généraux du 22 Mai 1654.

318 />* Anglais preietâent (fcutrir tE*ea*L

différends à l'arbitrage et à la décision des Cantons Suisses Protestants.

Les Commissaires les réglèrent (l) eu ordonnant, qne la Compagnie des Indes Orientales de ces puis restituerait à celle d'Àagletcrrc Tislc de Pouleron en Testât où elle estoit, à la resena de l'artillerie, des munitions, des marchandises et des meubles, et luy payeroit encore la somme de quatre vingts mille lirra Stcrlings (2), la moitié au 1 Janvier (3) de Tannée suivante, et Tuutrc moitié au dernier jour de Mars de la mesrae année. Moyennant quoy la Compagnie Angloise renoncerait à toutes ses prétentions, et ne pourrait à 1 avenir rien exiger de In Compagnie Hollaudoisc, sous prétexte des droits d'entrée et de sortie d'Onnus, ou autrement. Ils adjugèrent aussy aux héritiers de quelques-su du ceux (pii nvoient este exécutés à Aniboïne, en 1622, une somme de trois nulle six cens et quinze livres Stcrlîngs. Et par « moyeu toutes les autres prétentions furent compensées, annotées* et éteintes, sans qu'on les pust faire revivre pour quelque cause, ou sous quelque prétexte que ce fust. Il n'y eut que queJqso affaires dont la Justice avoit desja pris conuoissanœ, et dont on permettent de continuer la pour suit te, qui en furent exceptée!.

Le traitté de la marine, et l'alliance qui se negocioit entre Ift France et l'Angleterre estoient d'une autre nature, et des ouvngn plus grands et plus difficiles. C'est pourquoy les Ambassadeur! qai n'y îivançoient rien, commençant à s'ennuyer à Londres, demi* derent et obtinrent permission de revenir. «longues t al disoitqaï faisoit le voyage pour ses affaires particulières, et Bcverningk, à, qui on le permit en suitte, avoit esté nommé à la charge d* Trésorier General, du consentement des Députés de toutes ta Provinces, après la mort de Godefroi Brasser, qui n'y av«t pas acquis une fort grande réputation. La Paix estoit l'ouïrtgB de Bevcrningh, et cette belle charge en devoit est rc la récompense; mais l'exclusion du Prince d'Orange luy avoit fait M* atTaire. Car dés que Ton sceut à la Haye ce qui s'estoit ptf* à Londres sur ce sujet, les Provinces les plus animées s'en »" dirent, et s'opposèrent à l'expédition de sa commission. De tort* cpic voyant qu'il estoit inutile en Angleterre, où il n'y avoit pb»

(1) L'arrêt des arbitres dans Aitzeina, S. tan Statt. III. p. lW — 1USU. Du mont, VI. 2. p. bS sv.

(2) Lisez: hj.OOO Livres Sterl.

(3; Lis-ez: au dernier jour de Janvier. V. S.

Le* Estais s'y opposent. 310

ieo à faire avec le Protecteur, et que ses affaires ne se faisoient oint en Hollande, il y revint du consentement de ses Supérieurs.

Il estoit encore en Angleterre lors que quelques marchands è Londres qui estoient persuadés que le XVII article du raitté leur permettoit de trafiquer indistinctement par tout, forgèrent deux navires, à dessein de les envoyer droit par l'Esant à Anvers (1). La guerre que l'Espagne et les Provinces Tries avoient faite avec grande animosité, avoit fait fermer ce ■■sage; en sorte que ceux qui vouloient porter des marchandises

Anvers par eau, ce qui ne se faisoit qu'avjec des passeports, stoîent obligés de s'arrester au Fort de Lillo, et d'y changer de arques pour le transporter de là à Anvers. Apres la paix de fnnster ceux de Zeelande qui pretendoient faire un grand trafic m ees quartiers-là, obtinrent de TEstat l'ouverture de ce passage. Hait voyant que les Anglois vouloient s'en servir, ils firent infonce auprès des Estats Généraux à ce qu'il fust refermé. Les llfaMs de Hollande s'opposèrent à cette nouvelle demande des Rnabndois, et se contentèrent de se joindre aux autres Provinces, fn trouvèrent bon de faire représenter au Protecteur: due les Bivires estrangers estoient obligés d'aborder dans les ports de Hollande et de Zeelande, d'y rompre leurs charges, d'y payer les dntti d'entrée, et de faire charger leurs marchandises sur d'autres JMtiments. due les Commissaires Anglois en expliquant l'article qû parle de la liberté du commerce, y avoient fait ajouster: due tBtte liberté estoit reserrée dans les limites des loix, coustumes et •fdonnances de l'un et de l'autre Estât. Que la Zeelande estoit de but temps en possession du droit d'étapes pour toutes sortes de marchandises, raesme à l'égard des autres Provinces-Unies, tellement que tous les alliés qui font comme un mesme corps avec i* Zeelande, sont obligés d'y payer les droits d'entrée et de sor- ■*. Que ce droit dont la conservation fait un si notable interest fe TEstat, luy avoit esté confirmé par une Résolution formelle, lise du consentement de toutes les Provinces dés le 13 Janvier •09. Qu'au traitté de trefve conclu la mesme année avec le U>y d'Espagne et avec les Archiducs il n'en fut point du &Ut parlé, parce que ce droit n'avoit jamais esté disputé à la Vovince; mais que depuis que l'on eut résolu d'escouter les tovertures que les Espagnols faisoient pour une paix perpétuelle,

(1) Aitzema, S. van Staet, III. M. p. 936, 937, 943.

320 Dif'wJs de rOrerytsel.

il fut juge nécessaire par toutes les Provinces d'ordonner dm l'instruction, que Ton arresta le £8 Octobre 1645, pour les An* bassa (leurs Plénipotentiaires qui dévoient aller à Munster, qtt Ton stipulast, comme une chose très importante à l'Estat: (kH luy seroit permis de tenir les passages de l'Escaut, du Su de Garni, et de la Soute, en Flandre, fermés, et que cela avoit eeté converty en un article exprès au traitté qui fut fait avec le Boy d'Espagne à Munster. Tellement qu'il n'y avoit point d'apjarenec d'exemter les Anglois seuls de cette sujettion.

Le Protecteur y acquiesça, et des deux navires que les ÀngWi pretendoient envoyer à Anvers, l'un fut déchargé, et Tube prit une autre route. A cette occasion les Députés de Zeekade firent de grandes instances à ce que le passage de l'Escaut fut encore bouché, et que Ton fist arrester les marchandises à Uk pour les faire changer de barques. Les autres Provinces y avant fort peu d'interest, et la pluspart n'y en avoient point du toit; c'est pourquoy elles y consentirent, et il y eut une Besolutûi prise pour cela. Mais lors qu'il la fallut faire exécuter les Estati de Hollande s'y opposèrent; quoique ceux de Zeelande iedo* blasscnt de temps en temps leurs instances.

Il a esté dit cy-dessus un mot, en passant, des divisions de b Province d'Overysscl (1). Les Estât s de cette Province avoient esté convoqués à Devcnter au mois d'Avril 1654. Plusieurs ifu* res très importantes y dévoient faire le sujet de leurs délibérations, tant à l'égard de T Estât en gênerai, que de leur Province en particulier. Elle n'avoit pas encore dit son sentiment «r Testât de la guerre, ny touchant les deux millions que le Coned d'Kstat avoit demandés, outre les six millions que les Province! avoient desja accordés, tant pour l'armement et la subsistance de Tannée navale, que pour la construction de trente vaisseaux nflA» Elle devoit nussy donner ordre nu payement des subsides q« estnient deus au Koy de Dnnnemarc; nommer un Députe qui ff* présentait la Province dans la Chambre My-partie; délibérer s* le rapport fait par les Ministres qui avoient esté en Portugal; touchant les considérations qui empesehoient le Conseil d'Estat de recevoir la nouvelle instruction que la Grande Assemblée aveit arrestée en 1051, et en fin sur les suittes de lu Paix d'Angleterre. Ces Messieurs, dis-jr, au lieu de faire leur occupation &

Différends de POtfetyMel. 321

m affaires pour lesquelles ils estaient assemblés, se divisèrent or un interest particulier qui faillit de perdre toute la Province. [* charge de Drossart ou Bailly de Twente estait vacante ; Rutger de Ha r sol te, créature de la Maison d'Orange, et m serviteur particulier comme son Bailly à Lingue, la brifuii pour luy, et comme il a voit quantité de parents et d'amis j)m l'Assemblée il ne pouvoit pas douter que la pluralité des rTflix ne la luy donnast s'il pouvoit s'asseurer de celles des villes. Jfoir se les acquérir il laissa la disposition de sa charge de Kcfleveor du Quartier de Sallant aux villes de Campe et Swolle, Clément qu'il n'eut pas beaucoup de peine à obtenir ce baillia- :P» qui luy donnoit une grande autorité dans la Province. Mais •jhaeurs gentilshommes se joignant à la ville de De venter, s'opfprent à sa réception, et avec tant de chaleur que ses partisans dlWnt entreprendre de l'establir par la force, sortirent de Deiptor, parce que le Magistrat disposoit de la garnison qui estait 4ps la ville, et se retirèrent à Campe. Ils s'assemblèrent depuis &8*olle, pendant que ceux du party contraire continuoient de feksemblcr à Deventer, où les Estats avoient esté légitimement ptfoquéa, et où, suivant Tordre, l'Assemblée se devoit tenir Iptte année.

-, Les animosités estaient si grandes de part et d'autre que l'on Munença à battre le tambour pour faire des levées de gens de perre, et on voutoit se servir de ceux qui estoient en garnison bis les villes à l'exécution de la passion de quelques particuliers. *s Estats de Hollande les prévinrent, en faisant des défeuses ipteaucu aux officiers des troupes qu'ils payoieut, de se mesler (a eet querelles domestiques, et d'obeïr aux commandements que I» uns ou les autres pourraient faire pour les porter à des Mutions violentes, jusques à ce que les Estats de la Province • fassent réunis dans un mesme corps (1). Les Estats Généraux étirent cet exemple, en faisant faire les mesmes défenses a tous ■»■ autres officiers ; déclarant en inesme temps aux deux partis, I^S Ton n'aurait point d'égard à leurs lettres particulières, et Ip'on les supprimerait. Il y avoit en cela quelque chose de bien ^fetordiiiaire, et tout à fait contraire à ce qui avoit esté réglé fcjr k Grande Assemblée, qui donne aux Estats des Provinces ■l disposition des gens de guerre qui y sont en garnison : ce que fel Députés de Zeelande, de Frise et de Groningue ne manquèrent

(1) Resol. des Etats de Hollande du 18 Septembre 1654. U, 21

pouvoient se couper la gorge. En conséquence uns et les autres de licentier leurs nouvelles le leur entremise pour raccommodement de ces fisse Mais elle fut rejettée, et les Députés qui se tir se ser?ant de cette occasion comme si les Estati n'estoient divisés que pnree qu'il n'y a voit person d'autorité pour l'cmpeschcr, et faisant accroire qu de rendre la paix à la Province est oit de faire nommèrent, 1c 14 Octobre, le Prince d'Orange Toutefois pour ne pas se rendre tout h fait ridic la décision de leurs différends entre les mains s avisèrent de luy donner un Lieutenant pour en fi pendant sa minorité, et d'honorer de cette qi Guillaume de Nassau, Gouverneur de Pria hommes, et les Députés des villes qui estoient assi avoient convié le Magistrat de Hasselt et de S voyer aussy leurs Députés, afin d'autoriser cetti de leur présence. Mais lors que ccux-cy y an estoit faite, de sorte qu'il? s'en retournèrent e satisfaits qu'ils protestèrent contre cette élection, qu tost d'assés mauvais effets, et fit tort au Comte d Jusqucs icy je ne luy ay donné que cette qualité; il paroistra en celte Histoire sous celle de Prii ce temps-là il l'obtint de l'Empereur, qui voulut les Comtes de Nassau des Branches de Dillenbe et de Hadcmar (2).

(1) Aitxeina, S. r. Sttvt. 111. 34. p. 1109—1 Wagenaar, Vad. HUlorie. XJ1. p. 401, 405, Su

Jf aires du Brésil. 323

nouveau Prince de Nassau fit son entrée solemnelle à Campe, t possession du Gouvernement de la Province sous le Prince inge. MaÎ9 la ville de De venter, et une partie de la ssse appuyées de l'autorité des Estats de Hollande, s'y opmt avec tant de vigueur, que quelque temps après il fut t de renoncer au Gouvernement, de la manière qu'il sera (-dessous.

• des mauvaises suittes de la funeste guerre d'Angleterre n malheureuse perte du Récif, de ïernambouc et de tout ce la Compagnie des Indes Occidentales possedoit encore au 1. U y avort longtemps que la Compagnie ne subsistoit plus par le moyen des subsides dont l'Estat la souslageoit de i en temps; mais ces subsides estoient si foiblcs, si languis-

et si tardifs qu'ils estoient incapables de la sauver. Il % impossible de les continuer pendant la guerre d'Angleterre, l offres spécieuses que l'Ambassadeur de Portugal faisoit, et l ne croyoit que trop, estoient cause que Ton negligeoit les nées pressantes de la Compagnie, à laquelle on ne donnoit de subsides du tout, ou on luy en donnoit de si chetifs le n'en pouvoit pas retirer la moindre utilité. Le nombre des . de guerre qu'elle entretenoit au Brésil ne suftisoit pas pour la e de la moitié des places qu'elle y conservoit encore, et ceux F estaient restés estoient extrêmement mécontents, et presque kperés à cause du peu d'ordre que Ton donnoit pour leur •riture et pour leur payement. Il n'y avoit point de vaisseaux la coste, point de munitions dans les magasins, les fortifims des places estaient ruinées, et la pluspart des forts maneet d'eau fraische. Si bien que comme les chefs ne pourront point à la subsistance des soldats, les soldats n'a voient pour les commandements des chefs le respect ny l'obéissance s s'en dévoient promettre. On n'en estoit que trop bien insb* en Portugal, où on consideroit le Brésil comme un des eipaux fleurons de la Couronne, lequel le Roy taschoit d'y tir par toutes sortes de moyens: comme il auroit fait un plus importants commerces des Provinces-Unies si ce riche eusi esté entre les mains de gens qui eussent eu assés d'esprit 1 le considérer, et assés de conduite et de probité pour se onserver.

a esté dit ailleurs (l) de quelle façon les Portugois s'y

) Tome I. p. 57 sv.

324 Affaires du ÈrétiL

estoicnt pris pour en faire souslever les habitants, e* ^ faciliter la réduction de la ville de Fernambouc. F f •* Barctto, qui faisoit la charge de Mestre de Camp Brésil pour le Koy de Portugal, parut vers la fin de Ta sur ce» costes-là, avec une armée navale composée d huit voiles, et capable d'exécuter les ordres qu'il avoit cette illustre conqueste par celle du Récif. Cette pla< une assiette si avantageuse que Ton peut dire que c\ forle de toutes celles des deux Indes, comme elle est san plus importante de tout le Brésil. Elle est située à huit delà de la Ligne Equinoctialc, ayant la mer vers le vers le Ponant la terre ferme; O lin de, Guayana, vers le Nord; et le Cap de 8. Augustin, avec la S. Francisco vers le Midy. Toute la costc du Brésil ceinte d'une chaîne de rochers, que Ton ne voit point L marée est haute, mais le reflux les découvre, avec quelque* <t turcs qui donnent entrée aux navires, et les conduisent à\ desp* et à des bayes que la nature y a formés à de certaines distance* & ltécif inesine a esté basti sur la pointe d'une péninsule, ou hogmè terre, que Ton n'appelleroit pas improprement une digne, fctÀ» chaussée naturelle, d'une lieue de longueur sur deux cenipif A large, et s'est end depuis la terre-ferme entre deux eaux jiwp** pied de la montagne d'Olindc à laquelle elle est attachai** pont de bois. À la teste de cette digue du costé d'Olinde kl H* landois avoient fait faire une redoute, que les Portugois prirent!* la trahison de ceux qui la gardoient. Apres cela voulant o* aux llollandois l'eau fraische, et afin d'incommoder Jes dcox W* et l'hôpital fortifié qui rouvroient le Kécif, ils firent deuimW forts sur la digue. Le liérif est à l'autre bout de la W* digue, sur la pointe, où un autre pont de bois le joint à * isle, que la mer y forme d'une lieue de tour ou environ, &* laquelle Jean Maurice, Comte de Nassau, estant GoaW neur et Capitaine General du Brésil, avoit fait bastir une w des ruines de celle d'Olindc, et luy avoit donné son nom. *■ e*-toit fort bien fortifiée, et accompagnée d'un fort à cinq •* tions, que Ton appcllnit le Cloistre, parce que ç'avoit esté ni* fois un couvent de Cordcliers. Il y avoit outre cela un M* trois bastions, deux autres, dont l'un estoit à cinq, et l'antit» quatre bastions, encore un autre fort nommé los Affogados,* six bastions, et en fin le fort de Barctto à quatre.

Walter ou Gaultier Schonenbourg, et Henrj

« arreste les deux Conseillers et le Lieutenant Général. 325

y avoient la direction des affaires générales, avec la le Conseillers, et Sigismond Schoppe commandoit

les armes de la Compagnie comme Lieutenant General, iers qui estoient en garnison dans les forts voyant paarmée Portugoise, firent instance à ce que Ton repara s t îent ce qui manquoit aux fortifications de leur postes, et ent de l'argent, des vivres, des munitions et des habits rs soldats qui estoient presque nuds, et comme je viens fort mécontents, parce qu'on les avoit retenus malgré t ce fnscheux climat plusieurs années au delà de leur »t; mais ils n'obtinrent que des reproches et des injures, uvaise disposition donna un si mauvais ply aux affaires, Portugois qui u'avoient rien fait depuis le 20 Décembre oient arrivés, résolurent, le 5 Janvier 1654, de faire un

leurs armes. Ils prirent le premier fort à la première et presque sans résistance, parce que les assiégés furent s de se rendre faute d'eau fraische. La facilité de queste confirma Francisco Baretto dans l'opinion t desja du mauvais estât où les affaires de la Compagnie dans le Brésil. Il n'en fut que trop asseuré, et il plus douter du succès de son entreprise après que le ut fait mettre le feu au fort qui défendoit le havre. La

du fort d'Altena se mutina, et se rendit aux Portugois, e dans cette extrémité Schonenbourg et Haecx

encore diminuer ou retrancher les rations aux soldats,

les magasin», où il n'y avoit point d'autres munitions, iniplis de vivres. La perte de ces deux forts, et le siège me que les Portugois attaquèrent en mesme temps, acheva

le courage des deux Directeurs, qui ne pouvant pas disu'ils se vouloient bien rendre, demandèrent une suspension K>ur trois jours, pendant laquelle ils firent leur capitula- Ils promirent de rendre non seulement le Récif avec tous voisins, mais aussy l'isle de Ferdinand Norogua, Tamalïba, Rio Grande, où le Colonel Haultin qui pouvoit défendre le fort S. Marguerite, abandonna tout pour se x Indes de l'obéissance du Roy d'Espagne. C'est ainsi la foiblesse, l'incapacité, et lu lascheté de deux ou trois et par le peu de soin et de moyen que l'on avoit en

•: Aitzema, S, v. Staet, III. 34. p. 1120 sv.

326 On arreste les deux Conseillers et le ÏÀrulemaui GestréL

Hollande de les secourir, l'Estat et la Compagnie des Indes Ot* cidcntales perdirent ce grand et beau pais, qui estoii de a à* nicre importance pour le commerce que l'on y faisoit desjt, i qui nuroit esté bien plus considérable à l'avenir.

Schn nenbourg, Haccx et Schoppe estant arme» ■ Hollande s'y trouvèrent exposés aux cris et aux plainte è quantité de personnes qui n voient perdu leurs parents, leurs ris, ou leurs biens en ces quartiers-là, et plusieurs fewreicttfphelin* qui avoient tout perdu, firent tant de bruit que b Es* Généraux renvoyèrent la connoissance de l'affaire sa Cari d'Estnt, et donnèrent ordre au Fiscal d'informer, et de faire p ceder criminellement contre les auteurs de cette perte.

Le Conseiller Pensionnaire de Hollande qui est le consernt» des libertés et dos privilèges de la province, an lieu que Gaspsr Faguel, qui se trouve présentement dans ce poste en «tksV struetcur et l'oppresseur (1), n 'estoit pas dans l'Assemblée lonfB cette Résolution fut prise. Considérant que les antres Prorio» pourroient tirer avantage de cet exemple, il fit connoistre, q«* nVstoit ny l'intorest, ny l'intention de ses Maistres, quelesEtf* Généraux se donnassent cette autorité. 11 est vray qu'en ceci i n'y a voit rien de semblable à ce qui s'estoit fait en Tan NU lors que les Estât s Généraux qui n'ont ny territoire, nyjariife tion en Hollande, donneront des juges délégués à des MiniiW qui estaient sujets, et au sonnent particulier des Estats de et* Province. Mais en cette occasion les Estats Généraux pnfe*dnient pouvoir donner des ju<jcs à des personucs politiques q* estoient au service particulier de l'Estat eu général, et qui atoifltf pris commission des Estats Généraux. Cela avoit quelque &" flexion sur B c v c r n i n g h et Nicupoort, que les Estât* à Hollande ne vouloient pas abandonner aux Estats Généraux, B*1 ils entendoient au contraire qu'ils ne rendissent compte de ta"5 actions qu'à leur Province. De sorte que le Conseiller PenM»" naire pour faire réussir l'intention de ses Maistres fit d'iW comprendre, que pour juger les criminels il falloit neccssaircB*1

(1) Dans l'édit. inipr. cette phrase se lit de la mnuito suim»': »Lr Conseiller pensionnaire d'Hollande qui est le conservateur** Libertés et des Privilèges de la Province, (selon son Instruction^* lui recommande bien expressément, et sur laquelle il fait senne**1 son Installation) nVloit pas dans l'Assemblée lorsque cette M**1' tion fut prise."

Conflit de Juridiction. 327

entre les Magistrats politiques et les officiers militaires, faisant juger les uns par les juges ordinaires, et les autres par Conseil de guerre. A quoy il ne trouva point de répugnance du t; de sorte que les Estats Généraux ayant prié les Conseillers ptés de Hollande de leur prester un officier et quelques soli de leurs gardes, ils firent arrester le Lieutenant General koppe dans la maison où il estoit logé. Ils voulurent s'asrar de la mesme manière des deux Conseillers. Mais les Dell de Hollande leur représentèrent que Schonenbourg lut sujet des Estats de Groningue, ils ne souffriroient pas > Ton entreprist dans leur Province sur la jurisdiction de t là, sans le consentement des Députés qui estoient de sa t à l'Assemblée des Estats Généraux, et qu'après cela ils ne broient qu'en vertu du droit de territoire, et dans l'intention hnent de remettre le prisonnier entre les mains de ceux qui demanderoient de la part des Estats de Groningue, et à conbn que les Alliés ne leur reprocheroient jamais d'avoir entre i ou attenté sur le droit des autres Provinces par cette cape. Ils disoient à l'égard de Haecx, que pas une des autres >rinces ne le pouvoit reclamer, et que se trouvant présente* it en Hollande, ils s'en saisiroient.

tas Députés de Groningue qui ne penetroient pas la véritable BBtion des Estats de Hollande, et qui ne fa i soient point de exion sur l'interest de leurs Committents, ny sur la conseace de l'action qu'ils alloient faire, ne s'y opposèrent pas (1), les autres Provinces souffrirent que les Estats de Hollande

l) V. la lettre de de Witt à van Bevemingh et Nieupoort 4 Septembre 1654 {Archives du Boyaumc). Voir aussi Résol. des b Généraux du 18 Septembre 1654: ,.... De hh. Gedeputeerden van •ndt, Vrieslandt en Overyssel hebben de hh. van Hollandt versocht, roorschreve saecke te willen houden in state, ter tyt ende wylen dat haer E. daerop by de hecren hare principal en sullen wesen st. De hecren Gedeputeerden van de provintie van Stadt endc ic hebben by expressen last van de hh. Gcdcputeerde Staten van Ive provintie hierop laten aanteeckenen, dat aile pcrsooncn, soo tycq als railitair met Commissie van haer Ho. Mo. uytgesonden, ^ ter wedercomstc nacr gehoort rapport ende bericht van haer doen i laten ter dispositic van haer Ho. Mo. behoorcn ende mocten gca worden, sonder dat eenige provintie in 't reguard van d'eene d'andere pretensic sich dienaangaande in 't bysonder yets heeft aen uatigen." Voir Résol. des Etats Généraux du 10 Octobre et Ait-

plus scavants il y en euat qui soustenoient, que c UU Généraux à juger Scbonen bourg et H ai donner les jugea qu'il leur plairoit.

Ceux qui estoient de cet avis fondoient leur n le supposé, que les Estais Généraux ont une Se tinetc et sep tir ce de celle qui réside aux Provii qu'ils ont comme représentant les Souverains et communs des pais conquis et associés» et que coi peuvent pas estre sun9 jurisdiction et sans territoi effectivement faire justice par le Conseil de guer seil d'Estat, et p«r les Collèges de l'Amirauté, el struction qu'ils ont fuite pour le Conseil d'Estat, toutes les affaires, dont ils n'attribuent pas la c Conseil. Que ceux qui se mettent au service et a Souverain, s'assujettissent aussy à sa justice et à particulière ment pour ce qui regarde le fait de le et sur tout quand le crime a esté commis dans 1 jurisdiction du Souverain. Qu'estant de retour ont esté employés, ils sont dans le mesme esta qu'ils ayent fait leur rapport, et qu'ils ayent est leur commission. Que la Haye n'est pas une tîII mais du ressort de la Généralité pour les affaires l'Katat en gênerai. Sur ces principes ils diaoiei veruineté sans jurisdiction estoit un corps sans

sema, S. r. Siaei. III. 34. p. 1120. Les Etats dé raient que ceux de Groningue consentiraient à ce que fût traduit devant leur Cour de Justice. Résol. di 16 Septembre 1G51.

Il y a des exemples pour les Estais des Provinces, 329

IpMi estre séparée sans la destruction de l'un et de l'autre, et f fll t'aidoient pour cela d'exemples qui en effet sont si fréquents l'histoire, mais aussy dans la mémoire des hommes qui vivent d'huy, que la pratique ne justifie que trop, sinon le droit, i moins la possession des Estats Généraux. -f .11» en marquaient plusieurs du dernier siècle, mais qui ne fai- ^«taint pas tous pour l'intention de ceux qui vouloient s'en éifa. En 1607 ils avoient condamné Gaspar Goutvelt, Jkputé au Collège de l'Amirauté d'Amsterdam. En 1608 ils "Amerent sentence contre Sebastien Cornelisson, qui «voit dit avoir veu Mr. de Barnevelt à la mesme. En 1611 9m avoient esté juges entre les villes d'Anvers et de Goude. En 1011 ils avoient donné des juges délégués àMom,Botbergue : 4t Einhouts, accusés de trahison, et en 1624 à Jean Car* pMltier et Gervais Uellincx, habitants de Dordrecht. En

• 1636 et 1626 ils avoient fait procéder contre quelques Députés ; A» l'Amirauté de Rotterdam. En 1626 le Conseil d'Estat avoit

fPûcedé contre ceux qui ne s'estoient pas acquittés de leur devoir dans la Bahia de Todos los Santos. Eu 1627 le Fiscal avoit .iataté procès contre le Receveur du mesme Collège, et en la [ fftNtte année ils nommèrent des juges pour l'affaire d'Amboine. ■fc 1683 ils jugèrent les capitaines qui avoient servy sous l'Ami- *** Pater, et en 1635 ceux qui avoient manqué à leur devoir •**»nt Dunquerque, en 1639 sous l'Amiral Jol dans les Indes ^orientales, et en 1636 le Conseil d'Estat avoit condamné le *^ffHeur de R en esse. Ils marquaient encore plusieurs grâces

• Pardons que les Estats Généraux avoient fait expédier, et ils ""^SHoient particulièrement les Resolutions des 4 et 29 Juin, *• 4, 8, 16, 20, 30 et 31 Juillet, et des 12 et 14 Aoust ™7» comme aussy quelques lettres de l'Amirauté d'Amsterdam, ** Xstats de Zeelande et du Prince d'Orange, de la mesme

*-*0> ne manquoit point d'exemples de l'autre costé, mesmes en

• Rencontres toutes semblables, où les Estats Généraux n'a- Mfc**t point fait de difficulté d'abandonner leurs officiers et Miutaes à la judicature du Magistrat du lieu, et les Estats de »0"ï*nde disoient, que si quelquefois la Généralité en avoit usé Wfr^ment, que c'a voit esté du consentement des Estats des Provin-

4*t et moyennant un acte de ne point préjudiciel* ; et que s'ils ne faroient pas fait, ils avoient péché contre la forme du Gouvernement, et contre le Souveraineté de la Province où ils avoient

330 On remet les prùontiers e» liberté.

exercé leur jurisdiction. Mais les Estats de Hollande qui » reconnoissent point d'autre Souveraineté dans l'Estat, que «De cpii réside nux Estats particuliers de chacune des Provinces Uni», soustenoient que lis Estats Généraux n'ont point de jurisdictkn, si ce n'est sur les gens de guerre, et ce par prévention sealcmot dans Tcstendue des Provinces Unies, à qui 1* Union n'oste pu la Souveraineté, et par conséquent non plus la jurisdiction quTb ont naturellement sur leurs sujets ; comme elle n'oste pu t ceux cy l'avantage de n'est rc obligés de répondre que devant k juge compétent et ordinaire du Heu, surtout quand ils se trouvent dans un lieu où un autre Souverain n'a ny droit de capturc, ny aucune mitre jurisdiction. Tellement que détruisant par ce moyen les principes contraires, ils renversoient tout le butiment que les autres a voient élevé sur ces fondements.

Toutefois ny le Conseil de guerre (1), ny la Cour Prorincitle ne firent rien d'éclatant dans une affaire de cette importance, et pour laquelle on a voit fait tant de bruit. Les prisonniers qu Ton ne pouvoit pas convaincre de lascheté ny de trahison, et qui nussy ne pouvoient pas se justifier entièrement, furent remis en liberté nu bout de quelques mois. Tout ce qu'ils purent dire pour leur innocence, ce fut de vérifier, que dés l'année passée ils a voient fuit partir un des Conseillers d'Estat de ces pais là (ty pour remontrer aux Estats Généraux le déplorable estât des affaires, et la nécessité du secours, sans lequel il estoit impossible de sauver le païs. Tl est vray que les subsides et les secours qoe Ton donnoit depuis quelques années à la Compagnie, n'estoient pas capables de conserver le Brésil. Mais il est vray anssy que des gens qui eussent eu plus de conduite, et peutestre plus de probité et de désintéressement, que ceux que la mcsroe Compagnie employoit, l'auroient sinon sauvé, du moins empesche qu'il ne se fust perdu avec tant de précipitation et avec tint d'infamie (3).

(I I/anï't du Conseil de guerre contre le Licutenant-Génàal Sclmppc se lit dans Aitzeina, S. ru* Sfaef. III. 35. p. 1532; il fut privé de ses appointements depuis le jour de la capitulation d* Récif, et condamné a paver les frais du procès.

(i?) Michel van (îo«rh. Voir ci-devant p. 270.

(3) 0 L'opinion publique les a toujours condamnés et a même A* par trop sévère à leur égard." P. M. Nctseher, Les IfollaM** Brésil, La Haye 1S53. p. lfil.

Exécution du frère de V Ambassadeur de Portugal. 331

lie Boy de Portugal faisant son profit de la guerre dont

l'Angleterre incommodoit cet Estât, entreprenoit cependant la

tonqueste du Brésil contre la foy des traittés, et faisoit négocier

i Londres avec le Protecteur, pour tascher de se mettre à cou-

W du ressentiment que les Estât s témoigneroient après qu'ils

«orient fait la paix. Le Comte de Penaguyon, de la Maison

4 Sa, y conclut un traitté le 10 Juillet de cette année 1654 (1).

H do u noit aux Anglois entr 'autres avantages, la faculté de trafiquer

& toutes sortes de marchandises de Portugal au Brésil, et du

Brésil en Portugal, sinon d'huile de poisson, de farine, de vin et

fe bois de Brésil, et en tous les ports, havres, rades et places

ue les Portugois possedoient aux Indes Orientales et en la Copte

8 &uinée, sans reserve: la liberté de l'exercice de la religion

rote séante dans les maisons, et dans les vuisscaux des Anglois;

1 lieu particulier pour l'enterrement de leurs morts, et sur tout

i franchise des marchandises que les Anglois chargeroient dans

surs navires, quand mes me elles appartiendroient aux ennemis du

Loy cic Portugal. Ce traitté fut signé et conclu presqu'au mesme

emp* que le Protecteur fit trancher la teste à Don Pantaleon

le Sa, frère de l'Ambassadeur.

Ce jeune gentilhomme, qui estoit Chevalier de Malte, transporté ATune colère furieuse estoit allé, au mois de Novembre de l'année purée, à dessein, et sans sujet dans un lieu qui sert de jour aux ••semblées des marchands, et sur le soir à la promenade des toowgeois de Londres, que l'on y appelle le Nouveau Change, où il tttaqua et outragea plusieurs personnes de différentes qualités. C°ttiroe on l'empescha ce jour-là d'exécuter tout le mal qu'il •Foit envie de faire, il y retourna le lendemain, suivy d'une partie *u train de son frere, et d'un carosse remply de pistolets, de P^ftades et d'autres armes à feu, attaquant indistinctement toutes 58 personnes, et blessant et tuant plusieurs innocents avec lesu^ls il n'avoit point eu de dcmeslé. Toute la ville en fut telai*^iit ail armée que le Protecteur fut contraint d'y envoyer ses **"*les, qui eurent de la peine à faire cesser le tumulte, et à faire 5t*i*«r les Portugois. Mais ils ne furent pas sitost rentrés dans bo^tel de l'Ambassadeur que Cromwcll le fit investir, et en **» tirer entre les autres auteurs de ces violences le frere de

(1) Le traité dans Aitzema, S. v Staël, III. 34. p. 938—942. pUmont, VI. 2. p. 82 sv.

339 0» propote de déclarer la guerre aux Portugois.

l'Ambassadeur, à qui il fit faire le procès. Douze Pairs (l)moiD^ François, moitié Anglois, le jugèrent, et le condamnèrent à avoir la teste tranchée. Lie Protecteur fit exécuter la sentence nonobstant les puissantes intercessions de tons les Ministres estrugen, qui furent bien scandalisés de la violence que Ton avril faite à Thostcl de l'Ambassadeur, que tout autre Prince que cet nsnrptteur auroit respecté. L'Ambassadeur d'Espagne quoiqu'il n'eut point du commerce du tout avec celuy de Portugal, et qw le Roy, son Maistrc, considerast les Portugois comme des itbellei, ne bissa pas de joindre ses offices à ceux des autres Ministres, parce qu'il jugeoit que le Droit des Gens y estoit intéressé. Mia luy et eux avoient tort de croire que le Protecteur y voulust avoir égard, après avoir mis la main sur l'Oinct du Seigneur, et fait mourir publiquement son Souverain (2). Le Comte de Penig u y o n se hasta de signer le traitté, afin de pouvoir se retirer et d'achever cette comédie devant que Ton commençast la tragédie de son frerc.

On n'avoit pas encore eu avis de la perte du Brésil lors qte les Estats de Zeclandc firent ouverture à ceux de Hollande des moyens qu'ils jugeoient propres pour le rétablissement des affaira de la Compagnie des Indes Occidentales (S). Ceux de Zeelaide croy oient pouvoir y intéresser le Protecteur contre les Portngois, et ceux de Hollande estoient bien persuadés qu'il n'y avoit nta de raisonnable à e?|>ercr du Koy de Portugal; mats ils ne ponvoient pas trouver lion qu'on en parlast au Protecteur, tant parce que le traitte d'Angleterre n'avoit pas encore sa dernière perfection, que parce que l'on scavoit qu'on estoit sur le point de conclu rre avec l'Ambassadeur de Portugal à Londres. On propos* dés ce temps-là d'envoyer une armée navale de vingt-cinq » trente vaisseaux sur la rivière de Lisbonne, et d'en donner le commandement à une personne de qualité, avec ordre d'offrir 11 paix au Roy de Portugal à des conditions équitables, et de luy déclarer la guerre s'il les rejettoit. On destiuoit à cet emplojk

(1) Pair Manille juré: Le jury composé de cette mauu-re s'appelle en terme de droit: de meâielate linguac ; v. JUackstone, Commcattrkt oh the laïc* uj Emjluml, 111. p. 3G0 (cd. New York, 1S5CJ).

(2) Dans t Ambassadeur et ses fonctions, 1. p. 419, 420 Wicquefort s'exprime de la manière suivante: .... après avoir cumin \s uu parricide» il ne craignoit point de commettre un sacrilège.

(ji; Késol. secr. des Etats de Hollande du 7 et du 9 Mai 1654.

La Reine Christine résigne sa couronne. 333

fe. d'Obdam, lieutenant Admirai de Hollande; mais il falloit tau*er à l'Ëstat le loisir de se remettre des incommodités de la ptrre d'Angleterre, dont il luy estoit resté une foiblesse qui ne

% permettait pas de s'appliquer à une si forte entreprise, et

Fohtigea à en différer l'exécution à un autre temps, dont il sera parié ci-apres (1).

Le Roy de Portugal avoit aussy un Ministre à Stocolm, où Mi l'a voit admis depuis quelques années, pendant que la Heine Christine souffroit encore la France et les François, qui troknt favorisé le soulèvement de ce Royaume. Ce Ministre, qui «toit du second ordre, y negocioit avec beaucoup d'apparence b succès, lors que la Heine possédée par Don Antonio de 'imentel, Ministre d'Espagne, et voulant luy donner des marnes de l'estime qu'elle faisoit de l'amitié du Hoy Catholique, du Maistre, et de la sienne, fit dire au Résident de Portugal: In'elle ne connoissoit point d'autre Roy de Portugal que Phiippe IV, Roy d'Espagne; que le Duc de Bragance avoit inistement usurpé cette couronne-là, et que le Prince Palatin, acceaseur présomptif de celle de Suéde, ayant les mesmes seniments qu'elle sur ce sujet, ne souffriroit point de Ministre Poriigois à sa Cour; de sorte qu'il n 'avoit qu'à se retirer, quoin'elle pust Tasseurer qu'il estoit en seureté en Suéde, puis qu'il

estoit venu sur la foi publique.

La Reine avoit résolu de resigner sa couronne, comme elle la ssigna en effet peu de temps après; et ayant traversé le Dan ne lare, et une partie de l'Allemagne incognito et travestie, elle s rendit à Bruxelles, où elle ne dissimula plus ses véritables sniiments, et fit éclater des interests personnels bien opposés à eux que le Roy, son pere, luy avoit laissés, et que le grand lxcI Oxenstiern avoit tasché de luy inspirer dans sa prédire jeunesse. Je me suis un peu étendu, quoique dans une igression de fort peu de lignes, sur une affaire qui semble 'avoir rien de commun avec l'Histoire de ce Pais. Mais outre ne Ton verra dans la suitte qu'elle y a beaucoup de rapport, on e peut pas nier que ce ne soit un si bel endroit qu'il ne définie rien, quelque place qu'il occupe.

IjS Reine Christine arriva en Brabant presqu'au mesme snps que l'on y eut des nouvelles de la défaite des Espagnols,

(1) Voir Livre X.

334 Mort rf* Roy de* Bornai**.

qui nvoient esté contraints de lever le siège d'Arrns. IUI'âfoiai assiégé le 29 Juillet, et ne croyoient pas que le Koy de ïraiee, dont les armes estoient occupées devant Stenny, fust en estât de secourir cette importante ville, capitale de l'Artois, qui serroit comme de cittadclle à toutes les conquestes que la France avoit faites en Flandre. L'Archiduc Lcopold, le Prince de Condé, le Duc François de Lorrninc, et Don Francisco de 3o- 1 i s , Chef de réputation, avoient la conduite du siège, et ne dootoient point du succès, puis qu'on leur donna le loisir de fuie leur circonvnllation, et de pousser leurs attaques jusque* dans le fossé du corps de In place. Mais le zele et la vigueur du Prince de Coudé n 'estaient pas bien secondés par les autres chefs. Les Espagnol* ninnquoicnt de munitions et de canons de batterie et les vivres commençoient à y estre rares, surtout depuis que le Mareschal de Tu renne s'est oit venu poster entre le camp des ai* siégeants et Douay, dont l'armée Espagnole tirait toute sa subsistance. De sorte que Ton donna à la garnison le temps qu'il luy fnlloit pour se défeudre, et à l'armée Françoise le moyen de la secourir après la réduction de Stenny. Chamilly qui corn* mandoit dans In cittadclle pour le Prince de Condé, et Colbran t qui gnrdoit la ville pour le Koy d'Espagne, capitulèrent, et rendirent In place le 6 Aoust ; et le 25 du mesme mois la François attaquèrent et forcèrent les lignes devant Arras. Le Prince de Condé y acquit bien autant de gloire qu'il aurait pu faire dans l'avantage d'une bataille, parce qu'en faisant la retraite avec les troupes que la première attaque n'a voit pas muo eu déroute, il sauva les débris de l'armée Espagnole, qui estait entièrement perdue suns cela. Apres cet avantage le Maresckil de T u r e n n e et celuy de la F e r t é - S c n e t c r r c qui avoit eu k plus de part à cette action, se séparèrent pour d'autres dessein*. Le premier alla assiéger le Qucsnoy, en Artois (1), et l'auut Clermont, en Argonnc ; tous deux avec le succès qu'ils pouroient désirer.

Toutes ees disgrâces redoublèrent le ressentiment que les Elpngimls dévoient avoir de la perte que la Maison d'Austrichewnoit île faire en la personne de Ferdinand, Roy des Romains, fils aisne de l'Empereur Ferdinand III. Ce Prince mourut le 9 Juillet, à l'ange de vingt ans, et la nouvelle que la

(1) En Haynuut. Note du M S. Cï rot lie.

Le Parlement de Paris condamne te Prince de Condé. 335

Une Christine en eut luy fut une estrange mortification. Hk estoit desja Espagnole déclarée et elle avoit une estime très particulière pour le Prince de Condé, tant à cause de son mérite personnel, dont on ne peut pas assés dignement parler, que pane qu'elle le trouva dans un pariy qu'elle venoit de prendre. Ucantmoins elle se brouilla bientost avec luy sur les civilités qu'elle refusoit de luy faire, et que le Prince croyoit luy estrc data, parce qu'elle les avoit desja accordées à l'Archiduc, Gouverneur des Pals -fias pour le Roy d'Espagne. Elle n'en auroit pas Cnt de difficulté à Stocolra estant encore Heine; mais elle croyoit qu'elle ne devoit rien faire à Bruxelles qui pust faire connoistre qi'elle ne l'estoit plus. Le Prince la vit incognito^ et n'eut point de peine à se défaire de la grande opinion qu'il avoit eue d'abord de ion esprit et de sa conduite.

Il estoit à la teste d'une armée disgraciée et ruinée, de sorte qu'on pouvoit dire que sa seule réputation sauva cette année les Fait-Bas au Roy d'Espagne, qui en doit la conservation à la va- Il** du Prince, et au crédit qu'il avoit auprès des gens de guerre.

Cependant le Roy de France, son Souverain, le déclara crimi- ■d, et le Parlement de Paris le condamna comme tel. On y remarqua que le Duc de Guise qui à la reserve de ce qu'il y •voit de roman (1) dans sa vie, estoit certainement un véritable kros, et qui ne pretendoit céder en générosité et en honnesteté â personne, fut des plus échauffés à opiner à la mort. Le Duc q i i avoit soustenu la révolte de Naples, y avoit esté fait prisonlier, et emmené en Espagne, et couroit risque d'y mourir en prison, ou du moins de n'en sortir qu'à la paix générale, lors que le Prince de Condé qui l'estimoit, et qui s'en vouloit faire un amy, m trouvant dans un poste où il rendoit des services très considéra de* au Roy d'Espagne, obtint sa liberté, et luy donna des moyens le revenir à la Cour. La première reconnoissance qu'il en tira ai le mauvais office que le Duc luy rendit au Parlement; bien [ne comme parent il eust pu se défendre de se trouver au jugenent du procès. En suitte de cet arrest les armes du Prince le Condé furent biffées de dessus la porte de son hostel, et es gouvernements donnés à des personnes dépendantes du Prelier Ministre. Thomas de Savoye, Prince de Carignan, eut i charge de Grand Maistre de la Maison du Roy, et son bien

(1) Edit. impr.: de romanesque.

Il se fia tt oit d'y avoir de grandes intelligences, c eust point du tout. Castehnare, roeschant chaste* conqueste, qu'il fut contraint d'abandonner en n de se retirer dans les ports de Provence avec l'ai devoit servir à l'exécution de son dessein.

Je ne sortiray point de la sphère de mon sujet causes qui obligèrent la Reine Christine à p ronne de Sucde, puis qu'elles le furent aussy de ; lutions, où cet Estât eut si bounc part qu'elles ren quelques-uns des Livres suivants. Il y en a q croire que cette action fut une des irrégularités on avoit remarque une infinité dans sa conduit règne. D'autres croyent qu'elle s'ennuyoit de rej les finances du Roi a urne qu'elle avoit épuisées, ne fournir de matière à sa prodigualité, et à la vanil elle affectoit de paroistre le plus ce qu'elle estoi est certain que depuis qu'elle s'estoit dégoustée di Gardic elle ne pouvoit plus souffrir les Suédois, et la conversation estoient son aversion, et n'avoil que des idées que Don Pi m en tel et les autn avoient imprimées. La religion et la manière de en estoient le seul objet, et la véritable cause c qu'elle prit de faire passer la Couronne de Suéde Charles Gustave de Bavière (1), son cousin fera bien parler de luy dan s la suitte de cette Hi

Conrad van Beuninguen qui avoit esté Reine, premièrement comme Ministre du secon< suitte avec le caractère d'Ambassadeur Extraoi Estât, avoit pris congé d'elle devant son abdii

La Reine Christine tasche de surprendre Chanut, 337

remporta que des protestations inutiles et presque ridicules de réfection qu'elle disoit avoir pour le bien de ces Provinces, bien pVUe n'en eust point du tout. Au contraire elle avoit conclu m traitté avec Whiteloc, Ministre du Parlement, qui estoit vrive* à Stocolm au commencement de cette année. Le Proteceur luy continua la qualité d'Ambassadeur que le Parlement luy trait donnée, avoua sa négociation, et ratifia le traitté qui avoit ■té «igné à Stocolm l'il Avril (1), devant que la Reine pust iroir avis de celuy qui avoit esté conclu avec les Provinces - Put*

Christine estant à Anvers fit témoigner à Chanut, Ambassadeur de France à la Haye, qu'elle scroit bien aise de le reir (2). 11 estoit un des premiers à qui elle avoit découvert M sentiments qu'elle avoit pour la Religion, et luy avoit fait «ofideoce de la pensée qu'elle avoit de resigner sa Couronne; k sorte qu'en le conviant de se venir aboucher avec elle ou MHUroit croire que c'estoit un effet de l'estime qu'elle avoit pour V* Mais comme il ne pouvoit pas quitter son poste sans la mission du Roy, ny aller trouver une Princesse qui n'avoit pe trop fait éclater l'inclination qu'elle avoit pour l'Espagne, il «■smuniqua les lettres de la Reine à sa Cour, qui luy permit de Ufer voir. Il se preparoit pour le voyage, et les Estats avoient Iftja donné ordre pour la réception de la Reine, parce que l'en- WTeûe se devoit faire à Breda, si elle eust voulu y paroistre avec l qualité qu'elle venoit de resigner, lors que les fascheuses nondles de la levée du siège d'Arras l'obligèrent de prendre d'aunes mesures. Elle fit courir le bruit que Chanut l'a voit priée B se rendre à Breda afin de la pouvoir entretenir de la paix la le Roy Tres-Chretien vouloit faire négocier avec le Roy Espagne par son entremise; mais qu'elle n'avoit garde de s'en tsler, que l'affront que les armes du Roy Catholique venoient i recevoir devant Arras ne fust suffisamment reparé par des antages qui pussent convier les Espagnols à faire la paix sans agrin et sans répugnance. Elle désavoua le bruit qu'elle faisoit

[1) Le traite se trouve dans Aitzema, S. t. Staet, III. 34. p.

S6 — 1088. Dumont, VI. 2. p. 80 sv.

[î) Aitzema, S. v. Staël, III. 34. p. 891, 902, 903. Dans tes

"moires de ce qui s'est passé eu Suède, etc. tirez des despesches de

>nsie*r Chanut, III. p. 495 — 498, il est question d'une entrevue

invers.

Page 1