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«•ivoit toutes les inclinations guerrières, et ne parvi la Couronne qu'il ne fist connoistre, que le repos clément. Tout le voisinage s'en allanna, et surtout I Estât* qui s'estoient assemblés à Ratisbone, re» cercles urmcroiciit, et se mettroient en estât de dé tour de Rrandebourg qui n'a presque point de frontières ne soyent continues à celles des Sued liaucc défensive avec l'Electeur de Cologne, et a de la Maison de Hrunsvic et de Lunebourg, et turc d'un trait té avec les Provinces-Unies, qui i conclu que l'a 11 née suivante.
Pcs devant l'abdication de la Reine Cbristin incnccmciit do cette année 1054, Kon igsmarc, q les armes de Suéde en Allemagne, fit des prepar siège de la ville de llrciuc (l). Elle estoit deme ronne de Suéde par le traitté de Westfalie, à cornl conserveroit les inesincs privilèges, libertés et es elle joiiissoit lors qu'elle avoit encore son Arch avoit long-temps que la ville soustenoit qu'elle dépi pire immédiatement, et qu'elle ne devoit au Seign autres honneurs, ny autres avantages que ceux que accoustumé de rendre aux. Princes qui ont le d tion ou d'à voirie dans les villes impériales. La Suéde pretendoit que la ville de Brème estoit sujette, et qu'elle devoit reconnoistre le Roy en Souverain, comme les autres villes de l'Archevesch n'esloit pas re»lé, et les Suédois ne vouloient pas 1 ou l'Empire le decidast, jmrcc qu'ils considéraient comme leurs parties. Cependant Kon igsmarc
Les assiégés demandent du secours à P Empereur et aux Estais. 339
torinces-Unies, en entreprit le siège, et ce avec dautant plus [•freinte que la ville avoit esté proscrite et mise au ban de Impire quelque temps auparavant, parce qu'elle s'opposoit avec ameté au péage que le Comte d'O Idembourg vouloit establir v le Weser.
Let Suédois s'estoient saisis dans le voisinage de la ville de Meurs postes qui l'incommodoient extrêmement. Les assiégés Broyèrent demander du secours à l'Empereur, aux autres villes lunatiques, et aux Estats des Provinces-Unies. L'Empereur èi renvoya aux Princes Directeurs des Cercles de Westfalie et b k Basse Saxe. Les villes Anseatiques qui craiirnoient la bede, s'en excusèrent sur leur impuissance, et les Estats qui faftoient pas fort disposés à recommencer la guerre pour les «tercets d'autruy, quoyquc la conservation de cette ville ne leur M pas estre indifférente, et que mesmes les Provinces voisines tttme la Gueldre, l'Overyssel, la Erise et Groningue fussent ffcîs qu'il ne falloit pas abandonner la ville de Brème, se contotarent de résoudre, que Ton travaillèrent à porter les parties
un accommodement. Le sentiment de la Hollande prévalut, *ee que ceux-là mesmes qui jugeoient que l'interest obligeoit btat à la secourir, ne vouloient pas qu'en la secourant on of- Dtatt les Princes dont l'amitié estoit nécessaire à cette Repu- Ique (1). On consideroit qu'en Suéde un Roy vigoureux et ffiqueux avoit succédé à la foiblessc d'une femme ; que la Holttde se trouvoit embarassée du dcmeslé qu'elle avoit avec les très Provinces pour l'Exclusion, de sorte qu'il ne luy falloit £ot d'autres affaires; que l'Empereur abandonnent Brème, et que
Province d'Overyssel divisée en elle-inesme n'estoit pas en Ut de la secourir. Outre que l'on estoit bien asseuré que l'on feroit entrer du secours si Konigsmarc, dont l'armée n'estoit Wposée que de neuf mille hommes, ou environ, et qui ne l'avoit ■iegée que d'un costé, faisoit le difficile ; la rivière rendant le sc- «rs infaillible. Ils y (2) employèrent Conrad van Bcuninguen,
(1) , Het wiert bykans," dit Aitzema, , een materie of sacck van stie: de ses Provintien warcn wel geresolveert : maer Hollandt nain l alsof deselve niet sochten als om den Staet in oorlogh te brengen, de Hollandt te benouwcn, ende stelde haer te meer tegen bet verfeek van Bremen, oradat de andere Proviucies soo heet daervoor warcn."
v. Staet, III. 34. p. 891.
(2) Cad.: à travailler de porter les parties à un accommodement.
ASUpULCS UC3 JUSULbS UUUiCllt JCU1 I1ICUIOUU1I, 1U4
dit, qu'il n'avoit point d'ordre de l'accepter, et pas à leurs personnes les civilités qu'ils pretei dcûcs.
On leur avoit donne la qualité de Députes qui» l'on ne connoissoit qu'en Hollande, où T la liberté de donner aux Ministres un caractère c noissoit pas dans les autres Cours de l'Europe, le respecta point du tout, prit la main et le pas et se fit donner une ebaise à bras, pendant i présenter des sièges à\ dos. Ils s'en plaignirent, tant du Corps de l'Assemblée des Estats Gênera considérer et traitter tout autrement, puis qu'c tous les Ambassadeurs avoient fait à van Beu les civilités entières, et l'a voient traitté presque Ko s en h une repartit, qu'il n'y avoit que le bassadeur qu'il fust obligé de considérer chez les autres qualités luy dévoient ceder la place d'I et ([lie lors que les Députés auraient obtenu de 1 le. caractère représentant, il ne manquerait pas aux Ministres d'une si puissante Kcpublique (1).
Autrefois on donnoit la qualité d'Ambassadi qu'un Souverain envoyoit pour ses affaires à un Celle de Kesidcnt est fort moderne. Suri an o q
^1) Les Députés des Etats Généraux répliquèrent qi ne se laissaient pas prescrire les titres qu'ils voulait qu'ils employaient dans leurs négociations; d'ailleurs pour la première fois qu'ils en usaient de la sorte. iinmlit nue la nualilu Jition de Démîtes Extraordinaires
ÙspUc Extraordinaire, qualité nouvelle, comme aussy celle de Résident. 341
le Venise employoit en Hollande il y a environ cinquante ans, a Àté le premier; et ce n'est que depuis fort peu d'années que Ton |ttte d'Envoyés Extraordinaires. L'Allemagne, où les Princes ne \ terrent point d'Ambassadeurs, a trouvé le mot d'J6gesanter(l), ant de celuy qui signifie Ambassadeur en leur langue, mais \ en effet a une signification qui en est bien éloignée. Leurs ont esté les premiers qui ont voulu s'ériger en Ambasurs, parce qu'ils ne distinguoient point entre les représentants P ceux du second ordre. Ils voy oient que leurs Princes, je n'en ISttpte pas mesraes les Electeurs, trailtoient tous les Ministres estrantéft, et particulièrement ceux des Testes Couronnées, également, htt faisant des honneurs qui ne sonfdeus qu'au caractère, à l'cx- Amon de toutes les autres qualités, et cédant mesmes la place £lonneur chez eux à de simples porteurs de lettres; ce qui a potné* à quelques uns de ces Ministres l'audace de prétendre la 0thi sur des Princes en lieu tiers. J'ay veu depuis quelques jours JR Comte Allcman (2), qui d'ailleurs n'a que trop de vanité et |np bonne opinion de sa personne, céder sans contestation à un philtre du second ordre en lieu tiers ; quoy que le Maistre de ce philtre traitte ce Comte de Cousin en toutes ses lettres, et qu'on i Itty puisse pas refuser le tiltre d1 Excellence, qui est deu à sa ane et à son employ. La foiblesse des Princes qui le souf- , n'est pas pardonnable. Toutes les actions du Koy Louis XIV \ extrêmement judicieuses, et c'est avec grande ruison qu'il a taré, qu'il n'entend point qu'on fasse distinction entre les Mi- Ifates du second ordre, quelque qualité qu'ils ayent. Je ne parle Wnt des Agents, qui ne sont proprement que des procureurs ou oDieiteurs d'affaires, et il ne permet point que ses Envoyés Extratdinaires prétendent d'autres honneurs que ceux que l'on rend iz Besidents; défendant à ses Ambassadeurs de les distinguer fcnt les Cours où ils résident. Les Ambassadeurs de Venise n'en tkt jamais usé autrement, et si ceux des Couronnes ont fait quelqe- 4$ des honneurs extraordinaires à des Envoyés, ils l'ont fait ou lar des considérations personnelles, ou parce qu'ils ne scavoient U bien leurs mestier. Il est vray que depuis quelque temps les frustres de la Cour de France, qui ne considèrent pas beaucoup
(1) Wicquefort. P Ambassadeur etc. I. p. 48, et ci- devant I. p. 194. (9) Comte de W(aldeck). Note du MS. Grothe.
342 Les Sue/lois lèvent le siège de Brème.
les Frinccs du Sang, ont, dans leur insolence, tant de mépris pou les estrangers, qu'ils veulent que les Envoyés du Roy précèdent en lieu tiers les Princes puînés d'Allemagne ; pendant que nu de la Maison de Savoyc ne font pas honneur chez eux aux Ambassadeurs de France (1).
J'uy este obligé de faire icy cette petite digression, parce que h faiblesse des Princes, ou de ceux qui negotient sous leur autorité, d'un coste, et l'insolence de quelques Ministres ignorants etpresomtueux de l'autre, leur fait commettre tant de fautes en ces rencontres, qu'il sera nécessaire qu'un jour on règle ces cérémonies et civilités, du consentement de tous les Princes et Potentats de 11 Chresticnté, puisqu'elles font aujourd'huy une des principales purtics de la fonction et de l'craploy des Ministres Publics. Les Estats des Provinces Unies ont souvent eu la pensée de faire un Règlement pour cette sorte de cérémonies, comme aussy pour les civilités que l'on fait dans les lettres que Ton escrit aux Rais, aux Princes et aux Estats estrangers, et ils ont souvent nommé des Commissaires pour cela ; mais jusques icy ils n'y ont pas reussj, parce que ce n'est pas le fait de tout le monde, et à la reserra de quelque peu de personnes qui s'y sont appliquées dans leuri Ambassades, ils n'en ont point qui l'eutendent.
Il y a voit dans la ville de Brème plus de cinq mille hommes de combat; on y en pouvoit encore faire entrer à toute heure par la rivière, aussy bien que du costé de la terre. Et dantut que Konigsmarc ne tiroit point de secours, ny d'hommes ny d'argent de Suéde, tout ce qu'il pouvoit faire c'estoit d'incommoder la ville; mais il luy estoit impossible de la forcer ou de la réduire à la nécessité de capituler. Tellement que Roscnbane et luy consentirent en fui à un accommodement, qui fit éloigner les troupe* Suédoises de la ville, et remettre la décision do différent à une autre occasion. Le traitte* se fit vers la fin du mois de Novembre (2), et la Couronne de Suéde se contenta de la promesse que la ville lit, de luy faire hommage en la mesme manière qu'elle l'avoit fait en l'an 1637 à son dernier Archevcsqw, sans préjudice des droits des parties.
(1) Il est rray .... Ambassadeur* de France, On trouve cette phm» ajoutée à la marge dans le MS. Delft ; dans les autres MSS. et dans l'édit. iinpr. elle est insrn'e dans le corps de l'ouvrage.
2) V, S. Le traité fait à Stade, se trouve dans Aitzema, S. r- Staël. III. 31. p. 897—001. Du moût, Corps unie. dipl. VI. 2. p. 94sv.
La France envoyé des troupes au pah de Liège. 343
Nous avons parlé ailleurs du Duc Charles de Lorraine et des quartiers d'hyver qu'il cherchoit par tout où il en trouvoit à sa bienséance. U en prenoit souvent au paîs de Liège, et ineommodoit si fort l'Electeur de Cologne, Seigneur temporel et .spirituel du diocèse, que celui-cy, quoy qu'il n'aimast point l' Estât des Provinces Unies avoit souvent fait faire instance à la Haye pour une ligue défensive, qui le pust mettre à couvert de ces persécutions. On avoit fait plusieurs propositions pour cela, et on estoit mesmes convenu de la qualité du secours que les alliés se donneroient réciproquement; mais les Estats vouloient faire entrer dans cette alliance l'Electeur de Brandebourg, et quelques autres Princes du voisinage. Mais de vaut que l'on pust prendre toutes les mesures nécessaires pour cela, il arriva un incident, qui en fit prendre d'autres à l'Electeur de Cologne.
l#e Koy de France se servant du prétexte de l'observation de la Paix de Munster, à l'exécution de laquelle il disoit estre particulièrement obligé, ordonna à Fabert, Gouverneur de Sedan, de marcher avec un bon corps de cavallerie et d'infanterie, pour faire déloger les troupes du Duc de Lorraine et du Prince de Condé, qui en prenant leurs quartiers au pais de Xôege, troubloient la paix de l'Empire. L'Electeur de Cologne qui n 'avoit pas demandé ce secours, en fut estonné, parce qu'il apprebendoit qu'au lieu de nourrir une armée, il ne fust obligé de mettre la nappe pour deux, et le Comte de Fucnsal daigne qui entretenoit correspondent avec la Cour de France, et qui avoit seul la confidence de celle de Madrid, communiqua à l'Archiduc les ordres secrets qu'il avoit de se saisir de la personne du Duc de Lorraine. Il y avoit longtemps que les Espagnols n'estaient point satisfaits de sa conduite, et depuis le traitté qu'il avoit fait en France, en l'an 1652, toutes ses actions leur estoient suspectes.
Liuy, de son costé, ne dissimuloit point le mécontentement qu'il avoit des avantages que le Prince de Condé avoit stipulés du Roy d'Espagne, qui luy laissoit en propre toutes les conquestes que ses armes feroient en France, et le Duc vouloit que le Prince luy cedast une des trois places de Stenay, de Dun, ou de Clcrmont, ou qu'on luy tist part des conquestes que ses armes aideroient à faire. Et de fait il empescha le Chevalier de Guise d'assiéger Guise, et au siège de Kocroy il logea ses troupes en des quartiers où elles estoient absolument inutiles. L'Empereur
341 I*e Dur de Lorraine est arreètr.
en prenoit ombrage, et le Prince François, frère du Dit fasché de le voir engagé avec la Comtesse de Cantecroix,tf craignant que la passion qu'il avoit pour cette dame et pour le» enfants qu'il en avoit procrées, ne remporta st jusques à respouier. comme il fit depuis, nonobstant les défenses du Pape, consentit à» son emprisonnement. Le Duc faisoit tous les jours de nouvdkf affaires aux Espagnols, qui soupçonnoient, ou croyoient en efa qu'il estoit d'accord avec la Cojir de France, et qu'il avoit promit de joindre son armée à celle de Fabert, pour ruiner les troupe* du Prince de Gond é. Le Comte deGarcies, Gouverneur de Cimbray, l'a rr est a le 28 Février, sur les six heures du soir, dans l'antichambre de l'Archiduc. Le lendemain on le conduisit à la dttadelle d'Anvers, et quelque temps après on le fit embarquer à Ostende, pour le faire passer en Espagne, où il demeura enfermé au chasten de Tolède, jusque?* à ce qu'il fut remis' en liberté, la veille de la conclusion du traitté des Pyrénées, en l'an 1659. On arrestt et inesnic temps son secrétaire et son argentier. On se saisît de son argent et de ses pierreries, et on tascha de s'asseurer des troupes, dont on laissa le commandement au Comte de Ligneville, sous l'autorité du Prince François de Lorraine, que Ton fit venir exprés de Vienne à Bruxelles. Mais le Roy d'Espagne n'en tira pas grand service, parce que ces troupes indignées de voir leur gênerai prisonnier, et qui estant mal payées, et ne joûissoient plus des bons quartiers que le Duc leur donnoit, se dégouste» rent si bien, que le Cardinal Mazarin n'eut pas beaucoup de peine à les débaucher au bout de l'année, et mesmes de frire passer le Prince François au service de la France. H est certain que le Prince de ('onde sçavoit le dessein que les Espagnols ïivoient d'arrêter le Duc, et il y en avoit mesmw qui croyoient avec beaucoup d'apparence, qu'il l'avoit conseillé, et (juc cY^toit luy qui par les habitudes qu'il avoit à la Cour de France avoit découvert les intrigues que le Due y faisoit faire, fl e*l vray au «-«y que le Due jj.loux de la considération que k* Ministres d'K>pai!iie a\ oient pour le Prince, luy rendoit de très mauvais offices, et que Ton estoit persuadé qu'il avoit promis à la Cour de France de se saisir de sa personne.
Quoy qu'il en soit. l'Archiduc en voulant justifier cette action par une c-pece de manifeste qu'il publia, aecusoit le Duc non seulement d'avoir permis i\ ses otiieiers et soldats de voler, de commettre toutes sortes de violences, jusques aux incendies, aux
L'Archiduc en publie la raison. 345
, werileges, et d'autres crimes atroces, mais aussy d'en avoir profité i ky-mesme; d'avoir eu des intelligences secrètes avec les ennemis ; I iVîoir formé des desseins très préjudiciables au service du Boy S .-CbthoKque, et d'avoir offensé toutes les Princes et Estât s voisins, r 9Êk de luy susciter de nouveaux ennemis; tellement que S. M. : iVroit pu. différer de se saisir de sa personne. Les soupçons ! qift Ton avoit de luy n 'estaient pas sans fondement, puis que Il France prit trop de part à son malheur pour n'en avoir point - «t à ses conseils.
8a disgrâce ne déplut pas aux Estats, parce qu'à son occasion l'oa n'avoit que trop souvent des demeslés avec les Ministres, qii estoient de la part du Roy d'Espagne aux Pais -bas, avec qui oa vouloit estre bien, et avec qui on estoit assés bien en effet. Ifteontincnt après l'emprisonnement du Duc de Lorraine l'Electeur de Cologne et l'Archiduc, qui apprehendoient tous àau également la marche des troupes de France, n'eurent point àt peine à faire leur accommodement, puis que la considération dtt Duc de Lorraine ne le pouvoit plus empescher. Leur traitté se fit à Tillemont, moyennant deux cens mille escus fie l'Archiduc promit à l'Electeur, pour le dédommager des quartiers que les Lorrains avoient pris au Pais de Liège; et four l'asseurance du payement il le mit en possession de la terre de Kerpcn et de Lommerskeim, que le Roy d'Espagne avoit engagées à la Duchesse de Chevreuse, pendant que dans sa disgrâce elle fut obligée de se retirer à Bruxelles, sous le Ministère du Cardinal de Richelieu, d'où elle estoit retournée On France après le decés de ce Ministre, et à cause de cette rctnitte on la déposséda de cette terre qui luy estoit hypothéquée. Ipres que l'Electeur de Cologne eut conclu ce traitté il ne parla lias de l'alliance, qu'il avoit fait proposer à la Haye ; mais vers la in de l'année ses Ministres en signèrent un avec ceux de l'Electeur le Trêves, de l'Evesque de Munster, et du Duc de Neubourg (1). fette alliance- n'estoit que pour deux ans, et estoit purement défenître, contre ceux qui incommoderoient les alliés de passages, ou de igements de gens de guerre; et pour cet effet ils dévoient mettre ur pied mille neuf cens soixante et dix chevaux, et sept mille uit cens cinquente neuf fantassins.
(1) Du mont, VI. 2. p. 97 sv.
uons qu'on my proposcroit. un en nt un projet de mit entre les mains du Résident, mois avec cette i que ce n 'estoit qu'un projet pur lequel PEstat ne s'engager. Neantinoins le Résident voulut bien eu luy-mesinc, et faire le voyage pour le faire agrée Koiaumc. Il n'y Ht rien pourtant, et à son retc toute excuse, qu'il estoit arrivé trop tard en Pol< les Députés dont rassemblée des Estats du Koian jwséc, n'a voient pas esté instruits sur cette affaire pas esté parlé lors qu'elle fut convoquée; mais parce que eu projet de traitté (2), qui mettait tou du costé des Estats, et n'en laissoit presque | iogne, n'y pouvoit pas estre agréable. Aussy en d Les Estats qui voyoicut que les affaires se dispo: commodément avec l'Angleterre, ne s'en mettoie peine, et la Pologne qui estoit travaillée de div que*, estoit obligée d'appliquer tous ses moyens à sorvation. Les Cosaques s'estoient révoltés, et 1rs troupes Polonaises que l'on ilevoit employer rébellion. Le Moscovite luy uvoit déclaré la gui de Suéde qui vouloit cstablir sa réputation au coi sou règne, l'en uienaçoit visiblement; de sorte point d'apparence que cet Estât entrast dans ses inte ne pouvoit rien contribuer au soulagement des Provinces.
Le Cznr, ou Grand Duc de Moscovic, voulant
(1) Voir llrsol. secri'tc des Estats de Hollande du 11 et du û(\ Février 1051.
/0\ I /» Pr.»î*»t ili» Trîiili» nviv» l:i l'nlnnmn fut fir
Manifeste du Czar. 347
■m, avoit fuit faire un Manifeste en langue Polonoise, qu'il en- Wjra à presque tous les Rois et Estats de la Chrestienté*. On • rit deux à la Haye, que les Estats firent traduire, à la reflisition du gentilhomme qui les présenta dans une audiance pfticuliere. 11 estoit accompagné d'un autre Ministre du Czar, pri demanda qu'on luy permist d'achetter, et de faire sortir du tb vingt mille mousquets, et six mille six. cens soixante six tinta ux de poudre à canon et de plomb. Pour obliger les Esta & luy accorder cette fa-veur, il dit: Qu'en Tan 1629 et 1630 fc Estât estant encore en guerre avec le Roy d'Espagne, avoit mandé* permission au Czar, son Maistre, de faire achetter une tainc quantité de salpettre en Moscovie, et que l'on n'en pert peu seulement le transport, mais aussy que le Czar fit un sflâEit, aux Estats de deux mille quintaux, dont la valeur monii Si cent quatre vingt dix mille livres, due dans le raesrae DXO» il leur avoit permis de tirer du païs une certaine quantité A bled, qu'ils avoient demandée, et le commerce par le Nort à krcbangel. L'Assemblée fut surprise de ce que cet homme diicft de la grande libéralité du Czar, et en fit faire recherche dans les Registres (1); mais il n'y en fut pas trouvé le moindre vestige. Aussy ne fut ce pas en cette considération qu'on luy accorda ce qu'il demandoit, mais on vouloit bien favoriser le commerce, et décharger le païs d'une quantité de marchandises dont on n'avait plus besoin; puis on navoit garde d'avoir de la Complaisance pour un Prince, qui venoit de chasser les marchands flollandois de la ville de Moscou. Il estoit venu en la com- |MgniG de ces deux Ministres, un troisième, qui ne s'arresta point à la Haye, sinon pour se faire expédier un passeport, qui le pust seurement conduire en France (2).
Je ne crois pas devoir parler de l'origine et du progrés de tttte guerre de Moscovie et de Pologne, parce que cet Estât n'y i point eu de part. Je ne diray rien non plus de la réception ine Ton fit à ces Ministres, parce qu'on fait à ceux du Gran- >uc les mesmes honneurs et les mesracs civilités que Ton fait à eux des autres Testes Couronnées, et mesmes quelque chose de
(1) Voir Résol. des Etats Généraux du 21 Mai 1654.
(S) Trois années de suite, eu 1653, 1654 et 1655, le Czar envoya ne ambassade à la Haye. Voir: Scheltcma, Rusland en de Nedermdem. I. p. 237 sv.,
"ncore bien avec f Angleterre. 349
nnes, renversa et accabla piliers, coupa les plus gros ar- Miantité d'autres, ruina fresque point dans '^es ne fussent ^ presque aet de cet jent de terre ; . c le magasin où are à canon dans la la garde y estoit entré . gibier; mais de dire comcc qui est impossible, puis que particularités y périt le premier, aïs pu recouvrer la moindre partie de jx ceignoit le magasin devant l'embrasej'eau; mais au lieu de cela on n'y trouva ndroit où estoient auparavant les fondements s Estats de Hollande ont depuis fait faire un ■s de la mesme ville, et à la portée du canon canal qui conduit à Rotterdam, enfermé d'un la garde d'une escouade de soldats, qui se re- «mps. Ceux qui disent que ces accidents sont alheurs, parlent fort improprement, à mon avis ; } présages mais des malheurs et des plus grands : et les autres fléaux de cette nature ayent quelque ;ste en leurs suittes et en leur durée, îterre estoit bien quelque chose. Elle donnoit un é au commerce; l'Estat n'estoit plus obligé de nts de taxes continuelles pour fournir à la dents extraordinaires, et on ne voyoit plus l'Océan formidables, ny ses eaux teintes du sang d'un î Chrestiens qui y perissoient tous les jours, joùissoit pas d'un profond repos pour cela. Il rien de réglé pour le fait de la marine, et la ssoit pas d'estre troublée et incommodée. Les oient pas encore conclu leur traitté avec la
re 1654.
par tout, mais aussy en attirant à son service nombre d'officiers est rangers, qui faisoient faire Moscovites, et les accoustuinoicnt si bien aux foi rcs, qu'il s'en pouvoit promettre de grands service! Il en fit une armée de -deux cens mille combat quelle il attaqua les Polonois, assiégea et prit Se Boristhenc (l), eourut jusques aux portes de Vilm Lituanie, et entra si avant dans le pais, que le craignant qu'il n'entrast aussy en Livonie, y fit pi pes, et donna ordre à ce que les fortifications de H fussent mises en estât de pouvoir résister à ces lut là le commencement de la guerre du Nort, do rons dans quelques uns des Livres suivants. J nous y engager nous dirons encore un mot de tronvoient les affaires de la République vers la 1654, et nu commencement de la suivante 1655.
Nous marquerons auparavant deux incendies ho rivèrent cette année en Hollande. L'un prit son dans un moulin à chanvre, au village de Kyp, le le plus riche de toute la Northollandc (2). Le fe heures devant minuict, et comme la pluspart des i basties de planches gouldronnées et poissées, et coui me, le feu estant pousse par un vent furieux, et nourriture, consuma, en moins de trois heures, pi maisons, qui faisoient environ les deux tiers de c La perte fut estimée à plus de deux millions de 1
L'autre embrasement tua tout d'un coup en un la ville de Delft, en plciu jour, entre dix et v
On n'est pas encore bien avec V Angleterre. 349
i (1), ci nquen te- quatre personnes, renversa et accabla plubastiments publics et particuliers, coupa les plus gros arfos à fleur de terre, en arracha une quantité d'autres, ruïna fhs de deux cens maisons, et il n'y en eut presque point dans Il ville dont le toit ne fust enlevé, et dont les vitres ne fussent curées. Les maisons de lu Haye furent ébranlées, et presque Outes les villes de la Province oûirent ou sentirent l'effet de cet mrrible coup. On le prit d'abord pour un tremblement de terre; lus Ton sceut bientost que le feu avoit enlevé le magasin où • Estats de Hollande enfermoient leur poudre à canon dans la Ue de Delft. Le Commis qui en avoit la garde y estoit entré rar prendre de la poudre à tirer au gibier; mais de dire cornent l'accident soit arrivé, c'est ce qui est impossible, puis que luy qui en pouvoif dire les particularités y périt le premier, i aorte que Ton n'a jamais pu recouvrer la moindre partie de m corps. Le fossé qui ceignoit le magasin devant l'embraseeut estoit remply d'eau; mais au lieu de cela on n'y trouva l'aïae mare à l'endroit où estoient auparavant les fondements i bnstiment. Les Estats de Hollande ont depuis fait faire un itre magasin bors de la mesme ville, et à la portée du canon 5 I^dft, sur le canal qui conduit à Rotterdam, enfermé d'un raUe fossé, sous la garde d'une escouade de soldats, qui se re- *e de temps en temps. Ceux qui disent que ces accidents sont es présages de malheurs, parlent fort improprement, à mon avis ; e ne sont pas des présages mais des malheurs et des plus grands: «oy que la guerre et les autres fléaux de cette nature ayent quelque ibose de plus funeste en leurs suittes et en leur durée.
1a paix d'Angleterre estoit bien quelque chose. Elle donnoit un
peu plus de liberté au commerce ; l'Estat n'estoit plus obligé de
charger ses habitants de taxes continuelles pour fournir à la dé-
peaae des armements extraordinaires, et on ne voyoit plus l'Océan
«ouvert de flottes formidables, ny ses eaux teintes du sang d'un
«ombre infiny de Chrestiens qui y perissoient tous les jours.
Mais cet Estât ne joûissoit pas d'un profond repos pour cela. Il
•y avoit encore rien de réglé pour le fait de la marine, et la
w*igation ne laissoit pas d'estre troublée et incommodée. Les
^ûglois qui n'avoient pas encore conclu leur traitté avec la
(1) Le 12 Octobre 1654.
avantages qu'ils refusoient aux habitants de ces F vaisseaux Suédois et Danois qui viendraient éschou tes d'Angleterre, d'Escossc et d'Irlande, dévoient aux propriétaires, on payant le droit de sau veinent fisoit de monstrer leurs passeports ou lettres de me ter d'est re visiter, et mcsines l'Ambassadeur de Por pulé: Que le navire franc affranchirait toute sa cj différends que les deux Compagnies des Indes Ori< entr elles n'avoient esté réglés qu'en partie, et T< peine à demeurer d'accord des termes de la qui Compagnie Angloise donnerait des sommes qu'elle et qui luy avoient esté adjugées par les arbitres, l'on put obtenir, ce fut de faire consentir le Protei les différends qui n'avoient pu estre ajustés n L( commissaires dans le temps porté par le trnitté, les inesmes commissaires, qui se rendroient pour c sterdam, dans le 20 Juillet, et seroient obligés t dans trois mois. Mais cela n'eut point de sui les commissaires Anglois ne voulant pas se met qu'ils ne secussent, qui payerait les fraix de leur séjour qu'ils feraient en Hollande, et les marchant fournir, il fallut amortir toutes ces vieilles pretenli pas parlé non plus du règlement qui se devoit fai de la marine, pour lequel Ni eu port qui est Londres pour cela, faisoit de temps en temps des pressantes, mais inutiles. Le Protecteur n'es toit establissements que les Danois et les Suédois p parce qu'ils ne pouvoient pas estre fort e on sic
Le Proieeteur attaque le Roy <? Espagne dans Us rudes. 351
raignoit point que les Portugois secoureussent les Espagnols, qui liment estre ses ennemis déclarés, et il sçavoit que les Hollank>U voudraient profiter de cette mésintelligence; qu'ils ne man- [ueroient pas de continuer leur commerce en Espagne pendant pe cehy des Anglois en seroit banni, et mesmes que les Espa- (mIi et les Flamans continueraient de se servir des navires Hollandois pour le transport de leurs marchandises. C'est pour- Jttoy il différait d'accorder aux habitants de ces Provinces les ivontages dont il estoit si prodigue envers les autres nations. D'ailleurs ses finances estoient épuisées, et il estoit obligé de demeurer armé dans les trois Roiaumes, et la dernière guerre maitime avoit achevé de consumer, avec les biens d'Eglise, et le lomaine du Roy, tout ce qu'il avoit pu tirer de la confiscation b biens des partisans de la Maison Roi a le, que Ton appclloit Vah'gnants. Ce qui le fit résoudre d'aller jusques à la source de o* et de l'argent, et d'attaquer le Roy d'Espagne dans les Indes occidentales. Il disoit: Que les Espagnols les avoient usurpées ■ï les Seigneurs naturels et légitimes du pais; que le droit .l'y» prétendent y avoir, et qu'ils fondent sur le titre que le '•pe leur a donné, estoit ridicule et puisqu'ils empeschoient les *tas nations d'y trafiquer, elles les dévoient considérer comme sw* ennemis communs, et s'y establir par force. Au reste que
* Anglois le pouvoient faire avec dautant plus de justice qu'ils
* pouvoient pas ne se point ressentir d'une infinité de cruautés t d'outrages que les Espagnols leur avoient faits en ces quarep8-là, où par ce moyen on ne ferait que continuer les hostiles que les Espagnols y avoient commencées sous les règnes de
fieinc Elisabeth, et sous les deux derniers Rois d'Anglcffe. 11 confia l'exécution de ce grand dessein à Pen et à VelMes, et le dernier ayant fait descente dans l'islc d'Espa- °le, il y attaqua la ville de St. Domingo, capitale de l'isle; l*8 en ayant esté repoussé, il alla à l'isle de Jamaïca distante de fctre de vingt lieues, et il s'en rendit le maistre. Les Anglois Soient cy-devant prise, en l'an 1596, sous la conduite de An- *ne Sherley; mais ils l'abandonnèrent presqu'en mesme *P't quoyque l'air y soit fort sain, et que ce soit la plus ferde toutes les isles de ces quartiers-là. Ils en sçavent bien ^ leur profit présentement, parce qu'ils en ont fait comme une Qe d'armes, d'où ils font souvent des courses et des descentes ' les. terres du Roy d'Espagne, et incommodent fort les Espa- *ls, qui sont obligés à passer à leur veûe, par manière de dire,
ronncs; quoy que les espagnols ne le fissent qi représailles.
Nous avons parlé ailleurs des grands âvan A ion se de Cardenas avoit offerts au Protecti ger à se déclarer contre la France. Au commei 1055 le Roy d'Esjmgne avoit fait passer en An* quis de Le de. Admirai de Flandre, et Gouve querque, pour appuyer et seconder la négociation d Mais son voyage ne servit qu'à faire haster la traitté de France, parce que Bourdcaux, M Tres-Chrcstien, voyant les diligences que les Espj pour faire entrer les Anglois dans leurs interesl siennes, et y réussit. Le Protecteur de son co tentoit pas de la p.irt que le Roy d'Espagne l de ses trésors; il avoit envie de les avoir tous, o moyen de les aller prendre sur le lieu, et d'en 1 le partage. Et d autant que les Espagnols téiïi assés sensibles a ces hostilités, qui se faisoicut s; le Protecteur se faseïia de leur ressentiment, et l'Ambassadeur d'Espagne de sortir du Koiauuic, r de l'admettre à. la dernière audiance: quoyque Do esté le premier de tous les Ministres Est rangers q la nouvelle République après la mort du Roy. Le envoya un passeport; mais Don A Ion se ne le tr< ché dans les termes qu'il desiroit, voulut qu'on le Protecteur le fit changer, et luy fit dire en mes: esperoit que dans quatre jours l'Ambassadeur m Londres.
Erreur d'Aitzema. 353
Dmwell, qui agissoit sur d'autres principes, que parce qu'en nce on consideroit si peu les interests du Boy d'Angleterre )n ne fit pas de scrupule de le faire sortir du Koiaume, avec Princes, ses frères, et avec les Seigneurs de leur suitte qui faut 1 aversion du Protecteur. Avec cela le Cardinal Mazaluy faisoit espérer dés ce temps-là la conqueste de Dunrque; et Cromwell consideroit qu'en faisant la paix avec tance il n'y avoit rien qui le pust empescher d'aller cherr jusques dans les Indes l'argent d'Espagne, dont il avoit xn, parce que toutes les sources qui luy en avoient fourny àngleterre, estoient taries.
t traitté que la France fit avec le Protecteur, fut signé le fovembre 1655 (1), avec quelque égalité pour les civilités, puis dans l'instrument que l'Ambassadeur fournit, et signa seul, fonce precedoit bien ; mais dans l'autre que les Commissaires [lois signèrent seuls, l'Angleterre estoit tousjours nommée mt la France. Ce traitté se fit entre l'Ambassadeur de nce et les commissaires Anglois que Cromwell avoit nom- , et qui avoient leur pouvoir de luy; de sorte qu'on pouvoit en quelque façon, qu'il se fit entre le Boy et le Protecteur, t on remarque dans tout le traitté qu'il n'y est parlé que du Mime et de la République, à laquelle on voulut bien faire un fteur que Ton ne pouvoit pas faire au Protecteur. Aitzema dans 80 n Histoire, que le Boy de France en escrivant à >mwell luy donnoit la qualité de Frère ; mais c'est ce qu'il tjouster à ce qu'il y a d'apocryphe en ce grand ouvrage, at certain qu'il ne se trouvera point que le Boy luy ait donné tre qualité que celle de Monsieur le Protecteur (2). 88 Provinces-Unies furent comprises en ce traitté (3), et leur ftssadeur y avoit beaucoup contribué; mais ce qui l'avoit oonclurre, ce fut le succès des armes de France, et la foi blesse elles d'Espagne, qui avoit particulièrement paru en Flandre, iege d'Arras que les François avoient fait lever l'année pasavoit fort relevé la réputation de leurs armes, et avoit au faire fort décrié la conduite des Espagnols, qui n'avoient pas profiter des desordres de la guerre civile, qui devoit apnent abismer la France, et qui l'auroit abismée en effet,
Àitj&ema, S. v. Staet, III. 35. p. 1165 sv. Voir: Thurloe, State Paper*, IL p. 159, 228. Duxnont, VI. 2. p. 123 et 136.
impuissance In satisfaction qu'ils luy avoient fait languir des troupes qui avoient fait la fortune cl pondant quelque temps, et qui dévoient faire la d'un service où il n'y avoit rien à gagner pour déserter ses soldats, escouta les propositions q fit f.iirc, et fit passer la pluspart des regimer cette Couronne-là. Le Cardinal promit un me aux olliciers et aux soldats, mais son intcntioi périr ces troupes mal disciplinées, et trop attacbi Duc Charles.
Cependant l'a nuée de France s'en trouvant rei campagne en Flandre par le siège de Landrecfa duitc des Maresehaux de Turenn c et de la Fert qui âpre?* la réduction de cette place, prirent St. Guislain, postes fort avancés dans le Hninai tants: tandis que le Prince de Conty prit le C quelques autres petites places en Catalogne. Il es mas de Savoye, Prince de C a ri g un n, qui dessein plus vaste, et qui assiégea Pavie, dans le nois, fut contraint de lever le siège, de peur d Iui-mesme dans son camp. Mais la France n'cinj en ces quartiers-là que pour occuper et pou d'Espagne; de sorte que la Cour ne fut pas fort disgrâce, non plus que de la perte qu'elle fit d qui mourut quelque temps après à Turin, ou de vais succès de tous ses desseins, ou des fatigues fortes pendant la campagne.
Chanut révoqué. 355
lanre avec Cromwell, ou du moins de faire comprendre le Key au traitté, non comme amy commun, mais comme partie le, et il avoit fait connoistre qu'après cela on n'auroit de répugnance à rcnouveller l'ancienne amitié, et mesme à feiro une bonne alliance avec cet Estât; mais ne trouvant pas prude disposition à l'un ny à l'autre, on jugeoit en France que \p séjour qu'il feroit à la Haye seroit fort inutile, sur tout depuis pe l'Estat n'avoit plus rien à craindre du costé d'Angleterre.
En prenant son audiance de congé (1) il y employa des terjsjsj offensants, accusant l'Estat d'ingratitude, et ne dissimu- Ifet point que le Roy, son Maistre, en auroit du ressentiment: Knoignant au reste d'estre fort satisfait des civilités que l'on avoit faites à sa personne. Il ne le fut pas moins de sa revocation, piwc qu'il sçavoit que Fouquct, Surintendant des Finances, ^ k plus confident Ministre sous le Premier, le vouloit appro- '^fccr de luy. Il y avoit près de vingt ans qu'ils se connoissoient, parce qu'ils avoient esté associés au commerce des Indes Occidentales. Fouquet s'estoit aussy servy de luy pour s'informer en -Hollande comment on s'y gouvernoit pour le trafic, qui estoit Ven la passion de Fouquet, mais ce n'estoit pas son talent.
Chanut partit de la Haye, le 22 Novembre, chargé d'une infinité de plaintes que les Estats Généraux luy avoient fait porte. Les armateurs de la Rochelle et de la Rivière de Charante taftbloient la navigation de la Manche, et ceux de Calais estoient en mer avec des chaloupes renforcées, avec lesquelles ils empe- •ckoient le commerce qui se faisoit de Zcelande en Flandre. On •ni aussy avis qu'à Rouen et ailleurs on levoit de nouveaux dioits sur le haran, et sur l'autre poisson salé, et ce fut en ce tatopa là que le Conseil du Roy, sous prétexte de favoriser le •OfcUnerce des sujets du Roy, proposa d'imposer un escu par ton- ■■■tU sur tous les navires estrangers qui chargent, ou déchargent "tu* ^ ports du Roiaume. Et dautant que les habitants de *• Provinces estoient ceux qui en seroient le plus incommodés, "• Xstats ordonnèrent à leur Ambassadeur de s'opposer à l'esta- ■"^Mement de ce droit, que l'on appclla depuis le Droit de fret* **U* les Ministres de cette Cour, qui dés ce temps-là formoient * grand dessein pour le commerce, qu'ils ne croyoient pas pouvoir ••t^blir sinon sur les ruines de celuy de ces pais, n'a voient garde
(l) Le 3 Novembre 1655. Aitzema, S. v. Staei, III. 35. p. 1232.
356 Plaintes de* excès des François.
d'abolir une vexation qui chagrinoit les négociants HbOandonJct qui faisoit venir de l'argent à l'Espargne (1): quoique eeex-q ne soyent en effet que les facteurs et les commissionnaire» é» autres nations, dont ils portent, et débitent les denrées dtns butes les autres parties du monde, sans autre profit que celoy qali tirent du grand nombre de leurs navires, et sans autre indriK que celle qu'ils trouvent dans leur humeur ménagère, et duu n travail infatigable.
(1) C'est le nom qu'on dornie en France an Trésor BojtL Nod du MS. Grothe.
DES
ROVINCES UNIES.