LIVRE NEUVIEME
SOMMAIRE
votions du Roy de Suéde pour la guerre de Pologne. L'interesi que Provinces Unies y ont. Le Roy de Suéde a dessein sur la Prusse, r Estais prennent ombrage de son armement, et font un projet de mer deux corps farinée. V estât des affaires des deux Roiaumes de uh et de Pologne. L'histoire de Radzieusky. Les Estais font traitté avec V Electeur de Brandebourg. Le Roy de Suéde en prend trage. Il entre avec son année en Pologne, et la conquiert toute, êimir en sort, et fait voeu <F abdiquer. Le Roy de Suéde se fait re le serment de fidélité en Pologne, et s'applique à la conqueste de Prusse, où il trouve de ^opposition, particulièrement de la part de ville de Dantsig. L'Electeur entre dans les interests du Roy de •de. Les sentiments de ? Empereur, du Moscovite, du Roy de Dantare et du Pape mesme, touchant cette invasion. Le Clergé et la Messe de Pologne reviennent de leur premier estourdissement. Les aques n'aiment point les Suédois. Les Provinces Unies taschent rresler le progrés des armes du Roy de Suéde: résolvent de faire un umsent considérable, qu'elles différent jusques au printemps. L'Electeur fait payer les subsides par avance, et veut qu'on luy preste de Var» $\ Les Estais luy en offrent sous des seuretés nécessaires. L'Electeur \gage tout à fait avec le Roy de Suéde, au préjudice du traitté U venait de faire à la Haye. Les Estais envoyent C. van Beutguen en Danucmarc, et quatre Ambassadeurs au Roy de Suéde, flement pour la dépense des Ambassadeurs. Instruction pour la conte du Lieutenant Amiral. Deputation de Zeelande à la Haye. Couoison pour le rang. Les deux Provinces nomment un Président au tnd Conseil. Sa réception. Ceux de Zeelande se veulent mesler de
Celnratiou du Primée d'Orange. Ceux de HzUamée ri.ïfi de Zeelande me sent pat faetord entre e&a. Iî y a ueuièumûm don* >* cutr's Provins**, hts Députés de Frite font rentre lufmn '> ?*s'lu*\',i*. Becruing se justifie, et ett depmté à ?Jmmmu* 'f't E't'ii' Généraux. La Hdlanie ne vent pet permettre fer m* mjds "yn( jvg** K'jt» de la Provinre. Dititiom eu Gnelêrez em la tourna fft.irerkt, em Oierysmt et em Grouiague, où le Gemuerueur ammmmmle détordre. Let E>tat* Gênerons y remeiiemi. En Ckuymxt m te pjrit a de grande* citrmnté*. La mcrt de Mr. de Bredertde. La mut Ifrinr*s de S a* tau tcllieitent la charge de Maretekal die Camp. Lu E>tat* de Hollande z+vlent qu'on la opprime, et tctutienneut fur ht /'foriur'i nen peurent pat dépoter par la pluralité des voix. Frcpomtm f*kr Jaire entrer Ut Provins et dan* uu menue sentiment; mais dk n*ext fia* agtéie et on ne fait point de Maretekal de Camp. Le Prime de Xa»*au9 Goncrn+ur de Frise, corrompt le premier commit h Conseiller Pentionaire, qui eu ett reprit pur U justice et pan mm **s cf,mplicet. Les Estais Généraux disputent des gouvernements h IWnleduc et de C Eteinte. Ceux de Hollande, et à leur exemple les Eumu Généraux, réduisent les interetts et let reniât det tomme* fi Ht tfoiwd an dénier 25. Ceux de Hollande resolrent de me payer plut la §p pointe ment t det hauts offidert qui seront Jaits à F avenir, et aetmdat une ex'mticn considérable à la ville de Delfl. Le* Ettatt Generum intercèdent auprès du Duc de Savoye pour le* Vaudoi*; premeut h Protecteur de te joindre à eux; fout faire mue colleeie, et g euvmjmX un. Député, qui n'y Jait rien. Ambattade au Ckam ou Roy de la Cmm. Im Compagnie acheté de conquérir Vule de Ceilom par la tidncum de Colombo. Snitte det affaire» de Suéde. Procédé de fSUxkmr à Brandebourg et ta justification. Let Ambastadeurt de* Ettatt partent Leur ordre et instruction. Ht arrivent eu Prune ou en PomereUe, m le Gouverneur Suédois let arrette. Le Roy de Suéde rentre eu Fouj*utt f>it il défait Czarnettky. Ses affaires changent en Pologne, et dj xfttt rétablies que par r Electeur de Brandebourg, qui ne trouvant pu m srurefé dans r alliance de Suéde, tatche de t'en dégager: mais U m laisse pas de rendre de mauvais office* à Coppenkayue, où Ut EsUh faisoient negotier une alliance, qui ett enfin conclue. Il* signent mm* le t raillé d'Elbiug avec le Roy de Suéde. La ville de Danttig dgted pas r*lre comprise et let Estait réfutent de le ratifier, et remirent te secourir la ville contre le Roy de Suéde, et y font débarquer quinze cm hommes. Z> Roy de Pologne rentre dans ton Roiaume (1). Sentiments m ( "re, mire II. Let Anglais différent de faire un traitlé de commerce. lu renient tmmener R ni ter. Plaintes de* Angloit. On ordonne de mkm le pavillon tV Angleterre, cl on défend de souffrir la visite. JkmrtU arec la France. Le Gouverneur de Calait arme par mer. La Fmtt n'a point a? affection pour let Vrovincet Uniet. Offre* du Roy de PorttfA
(1) Le Sommaire, finit ici; suivent les apostilles marginales qui » trouvent dans les MSS.
'Lionne en Espagne; sa négociation; elle se rompt; Pinterest du
jjbinee de Condé en est la cause. Siège de Valenciennes. D. Jean
l Gottwerueur des Pats -Bas. Sa naissance. Il fait lever le siège
4* Valenciennes. Il prend Condé et attaque St. Guislain sans suc-
* eh. Turenne prend la Capelle. Le Duc de Modene prend Faïence. '■'Déprédations des François. Nécessité de P alliance de France: P étendue
• ftfnn luy veut donner. L'intention des Estais: celle des Estais de Hol- .Imsde. La Conseil de France distingue les Hollandois. Leurs navires
Mtiii à Toulon, La Cour en donne main levée. V Ambassadeur d'Espagne s'allartne. Il offre une alliance défensive. Les Estais demandent [échange du haut quartier de Oueldre. On défend en Espagne le corn- ' tierce (f Angleterre. Le Prince Maurice de Nassau donne de faux éni$ ans Estais. L'Electeur de Cologne offre de faire alliance.
Le lirre précèdent a fait sortir l'Estat d'une fascheuse guerre; cftlui-cy le fera entrer dans une autre, où il fut obligé de prendre part pour les raisons que nous venons de toucher, et que ■mis marquerons à la suitte de cette relation.
Nous avons veu quelle estoit la conjoncture des affaires dans le Toisinage. Les Provinces-Unies n'estoient point du tout asscuitiès de l'amitié de la France, et elles n'avoient point de reglcpour le commerce avec l'Angleterre, lors qu'elles eurent avis préparations que Ton faisoit en Suéde pour une nouvelle Il ne se pouvoit qu'elle ne leur fust extrêmement incom- IBode, parce que le commerce qui se fait dans le Nord et dans h Mer Baltique est l'ame et le fondement de celuy qui se fait en toutes les autres parties du monde, pas tant à cause de la quantité des marchandises qui s'y débitent, que parce que Ton jmpporte de ces quartiers-là, outre une très grande quantité de Med, les matériaux dont on bastit, et dont on entretient les navires; de sorte que sans cela il n'y auroit point de navigation. lie Boy de Suéde faisoit faire des levées en son Roiaume, et armer des vaisseaux pour le transport de ses troupes; pendant que "Witteberg en assembloit en Pomcranic, et Konigs- Aarc en la Principauté de Brème. On reconnut bientost qu'il en voaloit à la Pologne, et particulièrement à la Prusse, qui achevoit de le rendre maistre de toute la Mer Baltique. - C'est pourquoy les Estats pour ne point manquer à la maxime qui ne permet pas à un Prince de demeurer désarmé pendant que son voisin arme, résolurent de mettre deux petits corps d'armée en campagne, l'un de trente cornettes de cavalleric, et de cinquante huit compagnies d'infanterie, sous le commandement du Seigneur de Brederode, Mareschnl de Camp, et l'autre
premières guerres de Pologne et de Suéde. Au comm ce Siècle le différend cstoit personnel entre les deux que le Neveu se plaignoit d'avoir este déthroné pa avec injustice et violence; mais comme il n'estoit de recouvrer la Couronne de Suéde par la force au de ses nouveaux sujets, la guerre qui n'eatoit d'at Roy à Boy, se fit bientost de Couronne à Couronne* Adolfe qui avoit succédé aux sentiments et aux Charles, son Pcrc, non content d'avoir détaché toi nie de la Couronne de Pologne, en vouloit aussy Prusse, et former par ce moyen un très puissant « dans le Nort. Mais les oppositions qu'il y rencontr pareil ce? qu'il voyoit de réussir mieux en Allemagne, part des Pi in ces Protestants, et les offres âvantag France l'appclloicnt, l'obligèrent à accorder en l'a trêve à la Pologne. Devant que de passer en à avoit fait reconnoistre pour héritière presomtive de de Suéde la Princesse, sa fille unique, qui n'avoit < lors qu'il fut tué en l'an 1632. Les affaires de Su vereut en asscs mauvais estât après cette mort, et e après la Bataille de Xorlinguc, que Bernard Dut Weymar hasarda avec un peu trop de précipitation C'est pourquoy les Sénateurs qui avoicnl la directioi pendant la minorité de la ltcinc, jugèrent nécessaire la trêve avec la Pologne pour vingt six ans. Ce d se fit en Tan 1635 avec Vladislas, qui avoit clef années succédé à Sigismond, son pere. Les Ce ries qui demeurent deçà et delà le Boristhene. et a
Cause de la guerre de Pologne et de Suéde. 361
gne de Vladislas, qui estant décédé en 1648, le Moscovite ri «voit respecté la valeur de ce Prince pendant sa vie, et qui
•voit senti les effets, se servant de l'occasion de ce sousleve- Bft, engagea à son service un grand nombre d'officiers estranv, la plnspart François et Allemans, qui rendirent les soldats Moovites aucunement capables de discipline, et firent quelques doits, que Chmielnisky, General des Cosaques, favorisoit jliquement; l'Empereur n'estant pas marry des disgrâces d'un tairne où une Reine Françoise avoit fait changer l'affection I l'on y avoit autrefois pour la Maison d'Àustriche. Ce fut
Ut mesme année que la Beine Christine resigna la Couone de Suéde à Charles Gustave de Bavière, dont le père oit épousé la soeur de Gustave Adolfe. Devant que de m place à son cousin elle avoit tellement aliéné le revenu, ; mesme le Domaine de la Couronne, qu'en se reservant une saune de deux cens mille escus de revenu sur le plus beau et s plus clair Domaine de la Pomeranie, qu'elle devoit recevoir Hff ses mains, à peine laissoit elle à son successeur de quoy ■fa subsister sa Cour et sa cuisine. Cette nécessité, et l'huter fiere et hautaine de ce Prince, accompagnée d'une am- Ktion déréglée, qui fait la première vertu de quelques Princes,
• luy permirent pas de demeurer longtemps en repos. La Nofease de Suéde accoustumée au luxe par l'argent qu'elle avoit *6 de l'Allemagne et qu'elle avoit dissipé, entra facilement du les sentiments du Boy, et approuva le dessein qu'il avoit
* faire la guerre. Il avoit auprès de luy Hierome Badins ky. Vice- Chancelier de Pologne, qui ayant esté contraint 1 sortir du Boiaume, vouloit se ressentir contre sa patrie de sa Bfgrace, quoique la Cour en fust seule la cause.
I^eu de personnes la sçavcnt; c'est pourquoy je me persuade te Ton me permettra bien de faire icy une petite digression *" ce sujet, où l'on verra que les fautes personnelles des Princes ■&t bien souvent cause des malheurs et des bouleversements tiers des Estats et des Boiaumes. En l'an 1651 Casimir, *y de Pologne, en allant commander en personne l'armée te Ton employoit contre les Tartares et les Cosaques, passa par te des maisons de Badzieusky, et comme on sçavoit qu'il 1 haîssoit point le beau sexe il y eut un Gentilhomme qui &*llant se rendre agréable au Boy, fit en sorte que la femme de *dzieusky luy permit de la voir dans le particulier. Ce premier engagement obligea le Boy à y faire quelque séjour, tant en
362 Vhùtmre de Raâzieutky.
allant à l'armée, qu'en revenant de son expédition. La Beueqn découvrit bicntost cette nouvelle intrigue, ayant appris que h Dame qui croyoit desja posséder le Roy et sa faveur, avoit ùit des discours qui l'offcnsoient cnicllcment, en fit des reprodw sanglants nu Koy, son inary, et fit avertir adroitement le Vke- Chancelier de la mauvaise conduite de sa femme. Badzieusky qui estoit d'une hiuncur bizarre et impérieuse, fit A bien observer sa femme qu'en ayant appris plus qu'il n'en vonloift savoir, il la fit enfermer dans une maison de campagne, et et témoigna un si cruel ressentiment contre le courtier de ces amotrettes, que le Boy résolut de le perdre. H le voulut obliger es résigner la charge de Vice-Chancelier, et promit de luy douer celle de Chastclain de Crocovie, qui est la première Dignité séculière, avec la Starostie de Lublin, qui vaut cinquante mille lirm de revenu. Badzieusky rejet ta cet avantage, et protesta qu'A ne recevroit point de recompense qui pust faire croire qu'il eut merité une disgrâce qui l'éloignast de la Cour. Quelque tempt après deux Gentilshommes de la Maison de Slusga, frères de la femme de Badzieusky, se voulant ressentir du maunb traittement que l'on faisoit à leur soeur, ou croyant faire plaisir au Boy, attaquèrent leur beaufrerc dans un chasteau ou 3 s estoit retiré à la Champagne. Badzieusky vivoit en grand Seigneur, et comme il avoit sujet de se défier du Roy. il se faisoit bien accompagner; de sorte qu'il repoussa ses beaux frères, qui y perdirent mesuie quelques-uns de leurs gens. C'est un crine capital en Pologne que de faire des violences dans le voisinage de la Cour, c'est a, dire dans la distance de trois lieues. Et (Imitant qu'il n'y eut personne de tué du costé de Badzieusky, on voulut faire passer cette défense nécessaire pour une aggrcssion, et le rendre criminel. Le Boy qui vouloit se défaire d'un homme qu'il avoit offensé irrcconciliablement, donna ordre « Comte Opalin sk y, Marcschnl de la Cour, de luy faire faire son procès par des commissaires, à qui on promit son bien avant qu'il fust condamné. Les aggresseurs furent con damné? à tenir prison un an et six semaines au fond d'une toar des» tinéo à cela, et Badzieusky fut condamné à avoir la testf tranchée. Le Boy fit grâce aux premiers; mais l'autre ne pouvant pas l'obtenir, et n'osant demeurer dans un Boiauroe où il n'estoit pas aimé à cause de son orgueil insupportable, et où Je premier venu peut tuer impunément un condamné à la mort, « retira à Vienne, emportant avec luy le sceau du Boiamne. D
Badzieusky porte le Roy de Suéde à la guerre de Pologne. 363
iToit bien brouiller les affaires par ce moyen; et d'autant on le craignoit, et que la Reine luy conservoit tousjonrs sa faction, on luy fit offrir la mesme recompense qu'on luy lit offerte autrefois. Mais Badzieusky au lieu de l'acier, prit des Engagements avec tous les ennemis de la Couac, d'abord avec les Cosaques et avec les Tartares, et en tée avec les Moscovites et avec les Suédois. Il devint enfin pect anx derniers, qui le firent arrester, et quelque temps et la conclusion de la paix, qui se fit en 1661, la Reine dni son abolition. En 1663 il se fit séparer de sa femme nr se faire d'Eglise; au commencement de l'an 1667 il rut royé Ambassadeur à la Forte, et au mois d'Aoust de la ■ne année il mourut à Andrinople, ou il avoit suivy le and Seigneur. Le Roy de Pologne a senty des remords de tacience de l'injustice qu'il luy avoit faite, et en a fait peenee, aussy bien qu'Opalins ky, qui devant que de mou* luy a restitué la partie de la confiscation qu'on luy avoit
Badzieusky estant à Stocolm, sceut si bien représenter au j de Suéde les desordres du Roiaume de Pologne, l'importée de la révolte des Cosaques, celle de la guerre de Mosm qui occupoit seule toutes les forces du Roiaume, et la dis* ntion au soulèvement qu'il rencontreroit en toutes les Protêts, dont il faisoit la conqueste infallible et si facile, que le y, qui avoit desja un grand penchant de ce costé là, prit ind plaisir à l'entendre. C'est le langage ordinaire des exi-
et des disgraciés; mais parmy les exaggerations de Radeusky il y avoit tant de vérités, que le Roy n'eut point de ne à se résoudre, quoyqu'il tasebast de cacher son véritable Main, pendant qu'il faisoit ses préparations par mer et par Te. La trêve n'expiroit qu'en l'an 1661; mais elle n'asseu* it point l'esprit du Roy de Pologne, qui scavoit bien que adiieusky ne manqueroit pas de luy rendre de très mesaata offices. C'est pourquoy il y envoya un Ambassadeur, o de tascher de détourner l'orage dont il se voyoit me* cé« Ce Ministre fut fort bien receu à Stocolm; mais le >y s'excusant sur la nécessité de son embarquement, dont il
disoit estre pressé, ne voulut pas entrer en matière avec luy; lis luy donna jour pour se trouver à Stettin, où il disoit qu'il Ktendroit.
Les premières démarches du Roy de Suéde estoient également
364 Le Roy donne FaUarme à te» wmme.
suspectes aux Estats dos Provinces Unies, et à l'Electeur de Brandebourg, qui ne devoit pas seulement appréhender fin?*sion, mais mesmes le voisinage de ce Prince entreprenant et ambitieux. Les interests communs de cet Estât et de l'Electeur firent remettre sur le tapis les propositions qui avoient esté faites de temps en temps d'une alliance défensive. H y aroit des Provinces qui n 'avoient pas témoignd grande inclination posr cela; tant pour d'autres considérations qui regardaient l'interestds Prince d'Orange, que parce que Ton ne vouloit comprendre dan l'alliance que les Provinces de la succession de Juîlkra, on avoient fait la première liaison entre cet Estât et l'KleetBir; mais présentement d'autres raisons faisoient prendre d'antres assures. Le Roy de Suéde en se rendant maistre de la Frasai l'estoit de toute la Mer Baltique, et les Estats avoient iatsrest de l'euipcschcr ; mais ils ne le pouvoient pas frire atat violer les traittés qu'ils avoient avec la Couronne de Suéde, et ils n'avoient garde d'y songer, devant qu'ils fassent asseoies da Boy de Danncmarc, quoyqu'ils (1) n'eussent pas esté execatéi pendant la guerre d'Angleterre de la part de Suéde. Il kat importait aussy de scavoir l'intention du Boy de France, osi depuis quelques années estoit fort étroitement nny à la Suéde) et on ne pouvoit pas négliger le Protecteur, qui avoit de la considération pour elle. C'est pourquoy ils Iny voulurent opposer l'Electeur de Brandebourg, qui estant obligé d'agir pour sa propre conservation, devoit estre bien aise de trouva pour cela sa puissant secours estranger.
On n'eut pas grand peine à demeurer d'accord de ce que les uns et les autres désiraient; de sorte que le traîtté fut sigaé le 27 Juillet 1655 : quoiqu'il y en cust qui estoient persuade*, et avec grand fondement, qu'il se faisoit entre le Boy de Suéde et l'Electeur des intrigues fort contraires à cette nouvelle alliance. Elle portoit (2): Que les Estats Généraux défendraient l'Electeur non seulement dans ses provinces de la succession de Jaullers qu'il possedoit alors, ou pourrait acquérir à l'avenir, cos* tre ceux qui l'attaqueraient, ou qui entreprendraient d'y troubler par la force l'exercice de la Beligion Beformée; mais aussy <
(1) C. à d. les traités.
(2) Voir le traité dans Aitzcma, *S\ ta* Staet, III. 35. p. 1200- 1204. Du m ont, Corps wttivewl diphm. VI. 2. p. 108—113.
Lee Estais traittent avec l'Electeur de Brandebourg, 366
us ka ports, havres, et en toutes les places qu'il avoit en la «te de la Mer Baltique; et que l'Electeur de son costé déndroit les Estats contre tous ceux qui les attaqueraient dans i Provinces Unies, pais associés, ou conquis, et dans les aeea occupées par leurs garnisons, et mesme contre ceux qui MtUeroient, ou incommoderaient la navigation et le commerce i la Mer Baltique. Il y fut particulièrement convenu qu'en cas attaque ou de trouble l'Electeur assisterait les Estats de deux ille hommes de pied, et que les Estats secoureroient l'Electeur t trois mille, ou en hommes effectifs, ou bien en armes, en ■mitions, ou aussy en argent (1) : mille hommes estimés à quatre Die escus par mois; n'estoit que l'Electeur fut attaqué dans la er Baltique, auquel cas les Estats seroient obligés de le secourir i quatre mille hommes, et mesme d'un plus grand nombre si Ini-là ne suffisoit pas; mais à des conditions dont on convienoît de part et d'autre.
Cette alliance ne se fit que pour huit ans, et les alliés dévoient Ire des devoirs pour y faire entrer le Protecteur, et quelques inces du Cercle de Westfalie. Pendant la négociation qui atoit faite pour ce traitté, on avoit fort contesté pour le rang
[1) L'article IX du traité fixait le secours de la part de l'Electeur Brandebourg à 3000 hommes, de la part des Provinces Unies à 4000. i article secret modifia cet article de la manière suivante: * .... Neanins il est plus expressément convenu entre les Parties et accordé ietalement par ces présentes, qu'en ce cas et pendant la conjoncture susdit Traité, L. H. P. ne seront tenues et obligées à plus qu'à subside de trois mil hommes de pied, à estimer et fournir comme e est déduite dans le susdit article neuvième; bien entendu nean- «na que si sa S. E. dans cette présente constitution de tems et d'afrca venait à être attaquée à guerre ouverte dans quelques unes I Places ou Havres qu'elle a situées sur la mer d'Est, en ce cas, pour le tems que pourrait durer la dite attaque ou invasion, L. P. se sont obligez, comme ils s'obligent par ces présentes à l'effece prestation des susdits subsides de quatre mil hommes de pied, mue il est exprimé ci-dessus par le susdit article neuvième, soms tte expresse condition et stipulation qu'au cas que Leurs H. P. le tirassent sa S. E. devra envoyer une partie du quatrième mil desd. atre mil hommes pour» la deffence de telles Villes ou Places, à la nervation desquelles les deux Parties pourraient être intéressées; eetseront le dit secours extraordinaire, et l'augmentation de mil unes de pied ci-dessus exprimés, quand le besoin, l'invasion ou l'at* lue viendront à cesser." (Traduction Du mont).
366 Comtettaiio** pour le r**§.
que les Ministres prendraient en signant Anciennement kl Députés des Estats le cedoient à ceux de l'Electeur; miis la Estais pretendoient depuis quelque temps que la préséance lev nppartenoit, taut parce que cet Estât suit immédiatement la Bepubliquc de Venise, qui ne la cède qu'aux Couronnes, que parai que depuis la Paix de Munster il n'y a voit plus personne q« luy contestast la Souveraineté. Les Estats s'y vouloieat mailtenir; mais considérant l'utilité, ou plustost la nécessité de fain cette alliance, ils voulurent bien permettre que les Ministres de l'Electeur signassent les premiers, et au lieu dvhonneur, rinstnment qu'ils fourniroient, et que leurs Députés en useraient de b mesme manière dans leur copie: sans préjudice toutefois de knr droit, et en protestant, que ce n'estoit pas leur intention de recoanoistre aucune égalité ou compétence entre eux et l'Electeur.
Le Roy de Suéde qui estoit bien averty de cette alliance, aaaf bien que de l'armement qui se fa i soit en ces Provinces, et q» ne pou voit pas ignorer que l'un et l'autre se faisoit contre luj, ordonna ù son Résident de dire aux Estats, qu'il en prenait ombrage, et qu'il ne pouvoit pas comprendre pourquoy on ri vouloit à luy, puis qu'il exécutait fidellement les traittes ojril a voit avec ect Estât, et qu'il ne faisoit rien dont on eust sujd de se pluindrc, comme les Estats ne s'en plaignoient pas en effet. Il envoya encore expressément à la Haye (1), Gustave S p n r. Baron de Caronberg, seulement pour asseurer les Eftatt de l'affection qu'il avoit pour le bien de leurs interests, et pour leur demander la continuation de la leur. Ce ne fut qu'un compliment qui ne fit pas grande impression.
La marche de l'année Suédoise en fit bien une plus forte. Le Roy estant arrivé en Pomcranic fit avancer et entrer et Pologne le Comte de Wittcberg, son Mares chai de Camp. Vf i r t z et M u 1 1 c r commandoisnt sous luy en qualité de Sergents de Bataille, le premier de cavallerie, et l'autre de l'infanterie. H ne trouva point de résistance dans sa marche, sinon qu'estant avancé jusque* à la rivière de Nostitz il y rencontra les Palatin
(•>) Au mois de Juin 1C55. Au mois d'Août suivant, après la exclusion du Traité avec le Brandebourg et lorsque les Provinces Cnia curent pris la résolution d'envoyer une flotte, Ha raid Appelbooa présenta le mémoire dont parle Wicquefort, et qui se lit dans A itzema, S. r. Staet, III. 35. p. 1315. Au mois de Septembre il p* senta un second mémoire.
Progrès des armes du Boy de Suéde en Pologné.\ 367
l Calis et de Posnanie, qui tirent mine de se vouloir opposer à A passage. Mais Badzicusky qui estoit avec luy, ayant delande à parler à eux, les sceut si bien haranguer qu'ils se délaieront aussytost pour le Boy de Suéde, et firent aussy déclarer nia Palatinats. Witteberg charmé de ces grands commencements, et ne doutant plus de la conqueste de tout le Boiaume s Pologne, envoya Wirtz au Boy pour le conjurer de ne manger pas à une si belle occasion, mais de le venir joindre afin 'aeherer ce grand ouvrage. Ce n'cstoit pas l'intention du Boy a Suéde, qui a voit pris la Prusse pour l'objet de ses armes. !*est pourquoy il ne se rendit pas aux premières instances de iTitteberg; mais il ne put pas résister aux espérances presque ifaillibles dont ses officiers nattoient son ambition. H souffrit u'on le détournast du dessein qu'il avoit sur la Prusse, parce n'il croyoit qu'il luy seroit bien plus facile de la conquérir après a'il seroit maistre du Boiaume de Pologne. Quelque facile il'on luy eust fait cette conqueste il la trouva encore plus facile a'il ne se l'estoit imaginé; on peut dire qu'il n'y employa pas lus de temps qu'il ne luy en auroit fallu pour traverser le taianme en voyageant à des journées réglées. Warsavie et Cra- Ovie se rendirent d'abord, et après la prise de ces deux villes, ai sont les premières du Boiaume, le Boy et la Beine de 'ologne se retirèrent par les montagnes d'Hongrie en Silesie, à la Beine possedoit les Duchés d'Oppeln et de Batibor par ogagement.
Je diray icy en passant que ce fut en ce lieu, et en ce smps-là que ces deux illustres personnes faisant une reflexion ezieuse sur les révolutions des affaires du monde, firent une apece de voeu en se promettant réciproquement, qu'après le deéa de l'un des deux, le survivant sortiroit du monde et se délierait le reste de ses jours à Dieu dans un couvent, ou dans nelque autre retraitte. Nous en avons veu l'accomplissement lapais quelques années en la résignation que le Boy à faite de a Couronne après le decés de la Beine, nonobstant les efforts pie les Bois et les Princes, ses amis, ont fait pour l'en dissuider. Si dans sa retraitte il a entièrement renoncé au inonde, et i*il s'y est tout à fait adonné à la pieté, c'est ce dont on ne peut îen dire, non plus que de son règne, où l'on ne peut pas faire {«marquer une seule grande action.
Le Boy de Pologne ne fut pas sitost sorty du Boiaume que % piuspart des provinces se déclarèrent pour le Boy de Suéde,
368 La tille de Lantzig foppone aux deueins dm Bfljf de Setit.
qui envoya des lettres circulaires aux Palatins et à la Noble*, pour les exhorter de venir à Warsavie luy prester le sermeside fidélité, puis que ses armes l'avoient fait devenir leur Bcy kp* timc. Mais comme il ne luy estoit pas facile de conserver k Pologne sans la Prusse, et que d'ailleurs il luy importoit tia plus de conquérir Tune que de conserver l'autre, il resolotfc ramener son armée de ce costé-là, afin de taacher de vaincre k fermeté de la ville de Dantzig, qui refusoit avec fierté les an* tages qu'il luy faisoit offrir. L'interest de cette ville ne hrj pe> mettoit pas de se donner à un Boy qui estant plus puissant* mer que celuy de Pologne, pourroit entreprendre sur sa libcrif; d'ailleurs en acceptant la neutralité elle ne pouvoit plan espav de secours de ses amis, et elle abandonnait la Pologne qai k faisoit subsister, et dont elle est un Membre inséparable.
Il importoit aux Estât s des Provinces -Unies qu'elle demeuMt dans ces bons sentiments, et ils avoient beaucoup d'inclinatioB à la secourir; mais ils vouloient qu'elle fist quelque Savanes posr cela, afin de se pouvoir asscurer de ses intentions. De L'aube eotf l'Electeur de Brandebourg qui venoit de faire alliance avec «t Estât, avoit trouvé le moyen de lever un bon corps d'amas, travailloit à faire une ligue entre les villes de la Prusse RoUb, et taschoit de leur persuader qu'il estoit nécessaire qu'elles recensent les garnisons qu'il leur vouloit envoyer. La pluspart de e» villes estoient gouvernées par des Magistrats Luthériens, qui at voulant pas se mettre entre les mains d'un Prince Calviniste, ifr ecurent garnison Suédoise par le mouvement d'un zèle déréglé; eomme si la Religion pouvoit autoriser l'infidélité, et dispenser les sujets de l'obéissance qu'ils doivent à leur Souverain. Elbist;. Tliorn et Graudeutz servirent d'exemple aux autres. Dés qnek Koy fut arrivé en Prusse, l'Electeur se retira à Konigsberg, ci il se laissa bientost aller aux conseils de ceux qui le firent changer de party, et entrer dans les interests du Koy de Suéde. Il en estoit principalement obligé à George Frédéric Comf1 de Woldcc, qui Ta voit fait sortir, avec desavantage de k guerre de Neubourg, et qui le fit entrer avec peu de repuUooi dan h ces nouveaux interests.
La ville de Dantzig téinoignoit cependant une fermeté inébranlable nonobstant les efforts continuels que le Roy de Sœde faisoit pour la gagner, ou pour la réduire. Trente deux vaisseus de guerre Suédois qui estoient à sa rade, empes choient son cobmer ce, et elle n'a voit point de communication avec la Volopk
Le$ Bstatë en prennent ombrage. 369
r «tee les autres villes de la Prusse, à cause des garnisons que
Boy de Suéde y tenoit. Le Roy fit nussy attaquer Ma rien- Mrf et Patsko; mais ces deux places se défendirent, et firent ht ce que les autres auroient pu faire, si elles eussent eu le Mae courage et la mesme fidélité.
Obi merveilleux succès des armes de Suéde estonnerent tout le L'Empereur qui n'estoit pas marry de voir la Pologne et qui neantmoins ne pouvoit pas consentir à sa perte, t faire de nouvelles levées, renforça les garnisons des places matières de la Pologne, et fit tout ce que doit faire un Prince jri voit dans son voisinage un conquérant qui ne fonde la justice Il ses armes que sur son ambition et sur leur prospérité. Le fateovite jaloux de ces progrés et de la protection que les Suesb donnoient à quelques places de Lituanie, où il s'estoit rendu sistre de la ville de Vilna, résolut de rompre avec eux, et de les tbqoer en Livonie. Le Boy de Danncmarc qui avoit esté malaitté des Suédois en Tan 1644, et qui esperoit pouvoir profiter l cette conjoncture, escoutoit les propositions qu'on luy faisoit \ k part de ceux qui avoient interest de s'opposer au progrés ■ armes de Suéde. Le Pape en escrivant sur ce sujet aux Rois aux Princes Catholiques Romains, leur représentait le péril où lis invasion exposoit toute la Chresticnté, et la conséquence de ir entre les mains d'un Prince, ennemy de la Religion Romaine,
Roiaume, qui depuis plusieurs siècles servoit de boulevard contre
infidelles.
Presque dans le mesme temps le Clergé et la Noblesse de Pope faisant réflexion sur cette monstrueuse révolution qui alloit tager Testât de la Religion dans le Roiaume, laquelle demeuret à la disposition d'un Roy, qui les gouverneroit avec une verge
lier, et qui se feroit bien rendre le respect qu'ils n 'avoient i toujours eu pour le Roy Casimir, ny pour ses predeecsirs« rentrèrent dans leurs premiers sentiments et dans leurs deirs naturels. Les Cosaques mesmes ne pouvoient pas iguo- ? qu'ils ne pouvoient espérer de Gustave qu'une sujettion ss et perpétuelle, et une punition proportionnée aux désobéisaces et aux rebellions, dont ils troubloient continuellement le pot du Roiaume.
Les £8tats des Provinces-Unies, à qui il importoit de faire base» les forces des deux Rois du Nort, qui partagent en quel- » fsçon entre eux l'Empire de la Mer Baltique, furent ceux ri s'appliquèrent avec le plus de chaleur à arrester le cours des
370 VEledfHf se fait payer 1rs subtide» par avantt.
armes \ ictoricuàt» tics Suédois. Ils ne se contentèrent pu de former deux petits corps d armée pour la seureté de kart {ratières, ninsy que nous avons dit ailleurs, de faire une allas» défensive avec l'Electeur de Brandebourg, et de rechercher dk du Koy de Dannemarc; niais ils armèrent aussy quelques iiitseaux, qu'ils envoyèrent au Sond, et résolurent de faire an armement fort considérable, sous la conduite du Seigneur d'Opdtm, leur Lieutcnaut-Adiiiiral. Toutefois, la saison se trouvant trop avancée, on résolut de le différer jusque* au printemps de lanée suivante 1656. On fît mesincs revenir quelques vaisseaux qâ estaient dans le Sond sous le commandement de Tromp; et pour la mesme raison on contremauda, vers la fin de lanaée* k Yicc-Admiral Kuiter, que Ton avoit envoyé avec une escaèe vers le destroit de Gibraltar, et auprès de Salé, où ilrenoaieBt le traitté avec Abdalla Bcn-Muhummed Ben-Ababe* quer, Seigneur du lieu.
On travaillent cependant à entretenir l'Electeur de Brandtboug dans les bons sentiments, tandis que de son costé il taschoa de profiter de la conjoncture des affaires, et de souslager ses finances, qui ont toujours este incommodées, et qui léseront tonsjonrsde la manière qu'elles sont administrées par des Ministres ignorant! os intéresses et par le grand nombre de Princes, de Généraux dlvmée, et par les autres ofliciers de guerre, ou domestiques inutîks, dont sa cour est remplie (l). En effet, ses Ministres n'eurent pu sitost signé le traitté de la Haye, qu'ils demandèrent rexecatiw de l'article qui luy promettent des subsides, puis qu'il atoit le choix de prendre le secours en hommes, ou en argent, l'Electeur prétendant que le Roy de Suéde l'avoit attaqué en s'approchant avec son année de Konigsbcrg et voulut mesmes qu'ea luy prestast une somme de deux cous mille escus par dessa» l'ordinaire. On ne fit point de difficulté de luy faire compte qua rente huit mille escus par avance, et on entra en negoewti01 avec ses Ministre* pour le prest de deux cens mille. Cet EsW avoit en l'an 1C16, fait prester cent mille escus à Jean Si gis mont aycul de l'Electeur, et cette dette qui montoit avec les intcresti.
(1) Edit. impr.: .... qui ont souvent été incommodées et qsi * seront toujours tant qu'elles seront gouvernées par des MinùW trop peu versés dans les affaires, et consumées par le grand tffl&t de Princes, de Généraux d'armée, et d'autres Officiers de guenr, * de domestiques inutiles, dont les Cours bout remplies.
Infidélité de r Electeur. 371
t les interests des interests, à une somme immense, n'avoit pas neore esté acquittée, lors qu'il demanda à en emprunter encore eux cens mille. C'est pourquoy les Estats de Hollande, qui of- (otent d'en faire l'avance, demandoient les cautions nécessaires oor la seureté* du remboursement, et que pour cet effet l'Electmr eifgageast à l'Estat les droits d'entrée et de sortie de Memel t du Pilan, avec le Domaine et la Souveraineté des villes' de Set es ; qu'il permist que les Estats missent garnison dans Memel t dans le Pilau, et qu'elle y demeurast jusques à l'entier rem- «armement, avec ses interests au denier seize; que ces garnisons Broient payées par les Estats pendant tout le temps qu'ils seobligés à secourir l'Electeur, en vertu du traitté, et que garnisons feroient partie du secours, et qu'après cela elles y entretenues aux dépens de l'Electeur, qni seroit tenu Remployer une partie de cette somme à la levée de deux mille «unes, qui seraient joints aux quatre mille hommes du secours, oor aider à faciliter leur passage (1).
H y avoit apparence que l'Electeur qui avoit besoin d'argent, et ai en vouloit avoir, aurait agréé la pluspart de ces conditions, *Q m fust donné le loisir de les examiner. Mais il précipita son ooommodement avec le Boy de Suéde (2), plustost par une inlination au changement ou il a tousjours esté fort sujet, et (B) er le conseil de ceux qui avoient sa confidence, que par choix, m par la disposition de ses affaires. Daniel Weiman et Jean topes faisoient en ce temps là les affaires de l'Electeur à la snye. C'estoient eux qui avoient conclu et signé le traitté d'aliénée, qui en avoient eschangé les ratifications, et qui avoient onehé le premier terme des subsides, au moins en partie; de orte qu'ils estoient contraints d'essuyer les reproches qu'on leur lisoit à tout'heure de l'infidélité de leur Maistrc, et de répondre > l'empressement avec lequel les Estats faisoient demander la retitation de la somme qu'ils avoient touchée mal à propos, et de MOraise foy (4), dans le temps où ils scavoient que l'Electeur mittoit avec le Boy de Suéde. Weiman. qui estoit avocat, et
(1) Bésoi: secret, des Etats de Hollande du 22 Décembre, et des Hâta Génér. du 24 Décembre 1655. Voir Aitzema, S. van Staei. DL 36. p. 1245.
(2) Au mois de Janvier 1656.
(5) Par une inclination .... et ne se trouvent pas dans l'édit. impr. (4) Les mots : et de mauvaise Joy manquent dans l'édition, impr.
372 Les Estais envoient va* Beuningne* am Danmmnrr.
qui estoit capable d'entreprendre de justifier les actions les plat injustes (1), eut l'asseurance de soustenir, que cette somme estait dcûe à son Maistre, et qu'il l'avoit bien méritée. On n'a voit &eji qu'une trop meschante opinion des intentions de l'Ekctenè Brandebourg. Il y en avoit plusieurs, à qni on n'avoit pu fi persuader que son alliance fust utile à l'Estat, parce qu'ils erojoierf, qu'il s'en servirait à fortifier les interests du Prince d'Or sage. son neveu (2), et la Princesse Royale, avec ses amis, apprckfr doit que le crédit de l'Electeur n'appuya st eeluy de la Princes» Doûariere, au prejudiee du droit ci des pretensions de la Mas; de sorte qu'ils avoient tasché d'en empescher la conclusion, et le traitté* qu'il fit avec le Boy de Suéde confirma le prognotie qu'ils en avoient fait auparavant. Les Provinces avoient resoli k luy envoyer une Ambassade, et avoient nommé lea Ambassadearsflfc après le changement de l'Electeur, elles changèrent aassy de lesolution, et se contenteront de régler celles que Ton devait st» voyer en Dnnucmnrc et en Suéde.
Le Boy de Suéde faisoit prier et presser eelny de Danneaun, de ne point permettre que des vaisseaux de guerre estrangen pissassent dans la Mer Baltique, d'imposer de nouveaux droite m les marchandises en tous les ports et havres de ces quartiers là, et de faire une alliance, où Ton convierait le Protecteur et ta Provinces Unies d'entrer. Et dautant qu'il importoit à l'Estat di s'asseurcr du Boy de Dannemarc, que celuy de Snede faisoit pw ser, on luy envoya le mesmo Conrad Tan Beunînguei, Pensionairc d'Amsterdam, qui avoit desja negotié à la Cour fe Suéde dans la iiicsme qualité de Député Extraordinaire, que l'on luy donna, nonobstant la rencontre qu'il avoit eue avec Boseï* ha ne (4). On luy ordonna de représenter à la Cour de Coppeshague: Qu'il y alloit de la réputation, et mesmes de la séante* du Boy de Dannemarc d'estre armé, parce qu'il luy seroit ia-
(1) Dans le MS. Delft infâmes est corrigé par injustes.
(2) Edit. impr.: Mais Wcyman qui étoii Avocat, et par la eajaito d'entreprendre de justifier même des actions plus injustes, eut l'un* rance île soutenir que eette somme tftoit duc à son Maître, et qnfl l'avoit bien inéritéV. On n'avoit déjà que t rès- mauvaise opiaion <k Ja négociation avant ec changement. 11 y en avoit plusieurs s o« ou n avoit jamais pu perhuader que eette alliance fût utile s I'JStat parce qu'ils troyoient, qu'on s'en servirait à fortifier les intérêts to Prince d'Orange, Neveu de l'Electeur.
(3) Van Yssclmuidcn et Vogclsangh.
(4) V. ci-devant p. 340.
le» EëtaU envoyant des Ambasiadeurs an Roy de Suéde. 373
mmWc d'empescbcr que ccluy qui scroit le maistre de presque ÎÉItt la coste de la Mer Baltique, comme le Koy de Suéde le mit après la conqueste de la Prusse, qui joindrait la Poroeranic fcla Livonie, ne fust aussy maistre de son Roiaume. Il eut ordre WÊmy de luj offrir les forces maritimes de ces Provinces; de l'as- Mnr qu'elles agiraient pour sa conservation avec la mesme vi- |Mr que ai on les employoit pour le service et pour le saint de ■É Estât. Surquoy il estoit nécessaire de sonder son intention, stse sçavoir ce qu'il voudrait faire pour Tinterest commun de ft» et de l'autre (1).
'On nomma à l'Ambassade de Suéde Godefroy van Slinfteland, Pensionaire de Dordrccht, Frédéric van Dorp, h de Masdam, Conseiller en la Cour de Justice, Pierre de febert etJeanlsbrants, qui furent pour cet effet députés ■è les Provinces de Hollande, de Zeelande et de Groningue à sMmblée des Estats Généraux. A l'occasion do cette nomi- ■Uon, la Noblesse de Hollande prétendit (2) que le Sr. de las dam, qui n 'estoit pas de leur corps, mais estoit pourtant Ssitflauuiuie, et avoit esté nommé par leur ordre à la charge de bnseiller de la Cour Provinciale, devoit précéder S lingue lld. Mais toutes les villes s'y opposèrent, et dirent qu'il | s'esioit jamais veu qu'un Conseiller de la Cour eust précédé a des Députés de l'assemblée des Estats de Hollande, qui ressente la Souveraineté, sous laquelle la Cour Provinciale n'est fat Collège subalterne; et qu'il avoit esté ainsy réglé par te Résolution du 9 Novembre 1618; de sorte qu'il ne s'y fit âot de changement, et le rang fut conservé à Slinguetad.
Il se fit en ce temps-là un Règlement pour la dépense des Am- Msadeurs Extraordinaires, et bien qu'il n*ait pas esté ponctuelmot observé, et qu'au contraire il ait esté altéré en plusieurs stations, je ne laisseray pas de marquer icy ce qu'on voulut faire msv alors comme pour une Règle perpétuelle (3). Il accordoit
(1) Voir: Résol. secret, des Etats de Hollande du 12 Août 1655.
*fc Ben ni n g en ne partit que plus tard, accompagné du Seigneur
^tterongen et du Conseiller van Yierssen. Ils eurent la qua-
5 d'Ambassadeur. Voyez ci -après.
?) Résol. des Etats de Hollande du 16 Décembre 1655.
3) Voir: Résol. des Etats de Hollande du 21, et Résol. des Etats
técaux du 29 Décembre 1655.
374 Régiment pour la dépens? de» Awba**ùdei.
aux Ambassadeurs, en cas que l'Ambassade fust composée de deux personnes, quatre-vingts livres par jour pour leur «Ne, quatre-vingts quinze livres s'ils estaient trois, et cent dix Itm pour quatre; douze livres pour le logement; vingt deux pov l'cscnric, c'est à dire pour deux carosses, l'un & six et l'utat à quatre chevaux; dix-sept livres dix sols par jour pour le» domystiques, où Ton ne comprenoit ny le Maistie d'hotte! nj k Soc retain.', à qui on donnoit quatre cens livres à chacun pov tout le voyage, pourveu que l'Ambassade ne durast que six mou, et on pnycit pour chaque Ambassade quatre vallcts de pied, a qnnrente livre* pour chaque vallet; cent livres par mots» Pasteur, et à chaque Auitatssndeur huit cens une fois p»w pour son equippage. Avec cela on leur permettoit de prcaàc dans la Garde- meubles de l' Estât, ou bien d'achetter la Tiissdk d'argent, les meubles, les chevaux et les ca rosses dont ils uroient besoin. Les Estât s de Hollande résolurent en acsM temps, que lors qu'un Noble de leur Province seroit employé i quelque Ambassade ou en Commission, ils ne a'arresteroient pont à ce Keglcmcnt, mais le traitteroient avec une plus grande Kbe* nilitc.
Toutefois cette Ambassade n eut son effet que l'année suivait!; comme on fit aussy cesser l'armement, et il fui résolu, qu'Os* dam n'iroit point en mer dans cette saison avancée. Son instruction, qui a voit esté faite dés le mois d'Aoust, portait (1): ^qu'îl se tiendroit avec l'année navale de l 'Estât auprès desida #ct des porto du Koy de Dannciuarc, et qu'il lu feroit agir sorla » ordres du Koy et de son Conseil; qu'il entretien droit bonne cor- * redondance avec les Ministres qui seroieut de la part desEïUU «ni ces quartiers-là; qu'il veilleroit à la seureté de la navigant «des habitants de ces Provinces, et du commerce qu'ils feroient « *la Mer Baltique, et que pour cet effet il ne s'en éloignerait pa* « s'il n'y est oit obligé pour la seuretc des navires inarchaad!. «On luy dnnnoit ordre d'attaquer ceux qui entre prendraient k - troubler le commerce, et de défendre les places et havres da 0 Jloy de Dannemarc contre les violences est rangeres, sans qu'il 0 fu^t besoin <pi'il attendist d'autres commandements pour edi
Vers la fin du mois d'Avril arrivèrent à la Haye quelque* Impute*» de Zeelande, en a^cs grand nombre pour représenter fc
il) Voir: Kc>ol. secret, des Etats de Hollande du M Août 16«
Députés de Zeelande à la Haye. 375
3erp« des Bstats de leur Province. Ils nvoient ordre de régler faneurs affaires qui regardoient les interests communs de Tune ft: de l'autre, et particulièrement pour remplir la pince de Presifcnt du Grand Conseil, vacante par le decés de Corneille Efega, que Ton avoit recompensé de cette charge au retour de les Ambassade de Constantinoplc, où il avoit esté plusieurs anléfas en qualité d'Orateur. Les Députés de Zeelande avant que ftmtffer [dans l'Assemblée des Estats de Hollande pretendoient vendre place devant ceux de Wcstfrisc; mais ils y rencontrèrent
010 très forte opposition. Ceux de Hollande disoient, qu'outre fmt l'on en avoit autrement usé en Tan 1598, ils ne pouvoient cbnettre oe changement sans troubler tout Tordre de leuT séance, •tae qu'en ce cas les villes d'Edam, de Monnikedam, et de Purlofent, qui eedent aux trois villes de Westfrise, les precederoient. ifttoment que pour prévenir de plus grandes contestations on contât* que sans préjudice des droits et des prétentions des Estats t>' Zeelande, on mettroit dans la salle ordinaire de l'Assemblée M Estats de Hollande une table pour les Députés de Zeelande ftfprés de celle des Nobles; que les deux Pcnsionaires recueil- ■noient chacun dans un plat ou dans une escucllc les suffrages on- Députés de sa Province, qui les escriroient dans un billet au dm de chaque membre de l'Assemblée; que ces billets ayant lié mis dans nn chapeau, et meslés ensemble, seroient mis en tefhakm sur la table des Nobles, où le Pensionaire de Zce- Mde les prendrait pour les présenter à celuy de Hollande, qui
11 liroît, et que sur la lecture le Secrétaire marqueroit et comptent les suffrages. Ce qui ayant esté ainsy ponctuellement exécuté, "te trouva que la pluralité (1) avoit nommé à la charge de Prctrfettt Régnier Pauw, Seigneur van der Horst, Doyen des Mrteiners. L'un des Nobles de Hollande, accompagné d'un des Imputés de Dordrecht, de Harlem, dcLcidc, d'Alcmar, et de llorn, il ira devant des Députés de Zeelande, et les reconduisit de la ftsnie manière.
rWons avons parlé cy-devant (2) de ce qui se passa deux ans lipaM avant à la réception du Président de la Cour Provinciale,
n(l) Le Conseiller Pauw fut nommé à l'unanimité. Tlésol. des Etats lé Hollande du 11 Mai 1655. Les détails de son installation se lisent Itids les Résolutions des dits Etats du 27 Juillet suivant. *<•) Tome IL p. 282—284.
376 Cérémonie» de la Réception du FreàdmU du Grand ComwU.
et l'histoire seroit estropiée si nous ne marquions icy les partir cularités de celle- cy, qui furent bien différentes de celles-là.
Apres que les Estât s de Hollande eurent nommé six Députés pou cette cérémonie, ceux de Zeelnnde nommèrent pour le inesme ciet les Députés ordinaires qui estoient de la part de leur Province dan» rassemblée des Estats Généraux, qui estoient en ce temp*4& Vcth, Stavcnissc et Vrybcrgue. On prit jour pour h cérémonie. Les Députés de Hollande, qui s'estoient rendus dés kl huit heures du matin dans une des antichambres de leur appartement d'en haut, en attendant ceux de Zeclande, les firent recevoir et complimenter au bas de l'escalier par trois Députes de Hollande, qui les conduisirent à la chambre, où ceux de Zeclande entrèrent les premiers. Apres que le Seigneur de Norlw y c , qui estoit à la teste de la Dcputation de Hollande, ai pris sa place au haut bout de la table, et que les autres Députes se furent placés du costé de la cheminée, qui eatoit la place d'honneur, les Députés de Zeelande occupèrent l'autre costé de la table. Dés qu'ils furent d'accord de la forme du serment que le nouveau Président devoit faire, on le fit entrer, et asseoir mit un siège à dos, derrière les Députés de Zeclande, Le Conseiller Fcnsionairc de Hollande luy fit faire le serment, qui fit en suitte couché au dos des Commissions des deux Provinces, par le Secrétaire des Estats de Hollande, que l'on a voit fait Tenir exprés pour cela. Apres cette action, le Président sortit k premier et seul, pour aller attendre les Députés dans la chambre du Conseil. Les Députes de Zeelande le suivirent, reconduits de la inesme façon qu'ils avoient esté receus, et enfin ceux de Hollande partirent les derniers. Il y a des deux costés de la chambre du Conseil une antichambre, où les Députés des deux Province* s'est iint rendus separemment, ils en sortirent en inesme tempe, ri, îu-i-nt conduits à. leur.* place*, auprès de la table, par de* Con-eilL-rs qui ks i>toient allés prendre. Apres que les uns et les n utres furent assis, ceux de Hollande du costé droit, et ceax de Zeclande du eosté gauche, et les Conseillers après eux des deux costés, le Greffier lut les Commissions des deux Provinces, et cette lecture fut suivie d'un petit discours que le Conseiller Pcnsionaire lit, et convia le Président de prendre sa place dans la chaise presidialc, que Ton avoit laissée vuide au bout de In table. (Via fait, et de Witt y ayant âjousté un antre petit discours, par lequel il exhortoit les Conseillers de respecter en la personne du Président la qualité que les deux Provinces
Lm HoUandenepemeipa* que les autre» Prov. se mêlent de Veine, eu Prince. 377
de luy donner, et le Doyen des Conseillera y ayant repomdu, les Députes se retirèrent de la mesme manière qu'ils eatoicnt venus, et se séparèrent dans les deux antichambres pour m retirer chez eux.
Les Députés Extraordinaites de Zeelande proposèrent en ce tanpe-là (l), qu'il serait nécessaire de mettre auprès du Prince d'Orange un Ministre Prédicateur, ou Théologien, qui luy enletgmast les principes de la Beligion Chrestienne Reformée, et tae autre personne entendue qui luy apprist la langue, et ka affaires du pais. Ils en parloient de temps en temps aux Députés des autres Provinces, qu'ils taschoient de faire entrer leurs sentiments. Mais les Estats de Hollande leur firent noistre, qu'ils ne souffriraient point que les autres alliés se de l'éducation du Prince, leur vassal et leur sujet; pnb que mesmes en qualité de parains, ils ne se dévoient point ahaiger de ce soin, sinon en cas que ses tuteurs le négligeassent; et lors que les tuteurs manqueraient à leur devoir, les parains poavoient s'en plaindre au Souverain, ou au Magistrat, tuteur naturel de tous les orphelins.
Il y avoit en Zeelande des gens qui avoient rendu des services tTCfConsiderables aux deux derniers Princes d'Orange, et qui ooniinucîent d'y faire des cabales pour les interests de la Maison. Elles produisirent leur effet, principalement en la ville de Goes* où le Magistrat insistent à ce que dans la première assemblée des Estats de la Province, on resolust de faire le Prince d'Orange Gouverneur et Capitaine General de Zeelande quand il serait en aage de discrétion. Mais les Conseillers-Députés firent difficulté d'en faire la proposition aux villes; et on remarqua mB+yn^i que celles de Middelbourg, de Ziriczee et de Tolen, dont la première en avoit fait l'ouverture, il n'y avoit pas longtemps, avoient des sentiments bien éloignés de ceux de trois autres villas qui se déclaraient pour Je Prince d'Orange.
L'affaire de l'Exclusion tenoit encore au coeur à quelques-uns. lies Députés de Frise firent le 7 Janvier 1655 instance à ce qu'on fist revenir Nicuport de l'Ambassade d'Angleterre, et qae Ton envoyast ordre à Jonguestal de se rendre à la Haye, pour faire rapport conjointement avec Beverning, de ce qui s'estait passé dans l'affaire de l'Exclusion, qu'ils disoient estre pièce faite à plaisir, et une production du terroir de Hol-
(1) Voir: Eésol. des Etats de Hollande du 17 Juillet 1655.
37S Beverninp $f jmsiijie.
lande. Bcverning voyant que Ton soupçonnent sa fidélité, demanda h estre ouy dans l'assemblée des Estât s de su Province; où s 'estant rendu le 20 Janvier, il déclara, et confirma u déclaration par un serment solemncl, que ny luy, ny aucun antre qu'il sceut, n'a voit jamais fait ouverture, ny directement ny indirectement, ny communiqué, ou donné occasion au Protecteur de demander l'Exclusion du Prince d'Orange, ny rien fait qui lut en pust faire venir la pensée; mais que tout ce qu'il en sevrait, e*t< it procédé du seul et pur mouvement du Protecteur, ou de ce luy de son Conseil. Les Estats de Hollande jugeoient qie cette déclaration justifiait suffisamment Bcvcrning, et araty qu'on devoît tirer des Registres du Greffe les Résolutions qoe l'on avoit prises depuis quelque temps au préjudice de celle qn luy a voit donné la charge de Tresoricr-General, du consentement unanime de toute rassemblée. Mais c'est à quoy les autres Provinces no voulurent point consentir; de sorte que Bevcrning eu qui on n'a jninnis remarqué ny fermeté ny courage, ennuyé de toutes ces persécutions et de l'opposition que Ton formoit contre son establishment, nlloit abandonner ses sollicitations, « le Conseiller Pension «ire de Witt, et ses autres amis, qu'il a depuis abandonnés et payés d'une dernière ingratitude, ne l'es rti s sent empesché, et n 'eussent oblige les Estât s de Hollande à déclarer (1), qu'il y alloit de leur réputation et de leur interest de le maintenir: Pour luy donner le courage qu'il n 'avoit point (3) et pour le mettre dans un poste où il pust morguer ses ennemis, et nller de juiir avec eux, en observant leurs actions et leur conduite, iU luy tirent expédier une Commission, pour en qualité de leur Députe, comparoistre dans rassemblée des Estât s Généraux j niques à ce qu'il cust esté effectivement estably en la fonction de sa charge de Trésorier General. Les Députés de Leide qui ne s'estoient point rendus non plus au serment de Bevernin?. -'m]>P< xtuiI mu. «-y à. cette Résolut iou. comme à une chose contraire à l'intention de leur ville, et à la constitution deTEstut^).
(]) Kdit. impr.: l>c sorte que van Hrvi-rnînsk, au lieu dr marquer de la fcniiCté pour apuyer ce qu'il venoit de déclarer, aliott abandonner ses sollicitations, si le Conseiller Pensionnaire de Witt, et ses autiib amis, uc l'en eussent empêche, et u'cumciiI obligé ta Eut* «le Hollande à iléelarcr....
i2) Kdit. impr. : le courage qu'il n'avoit point voulu montrer.
(:\) Résol. des Etats de Hollande du 21 Janvier 1655.
DivmoMi dans les Provinces. 379
urcj* que suivant l'ordre du Gouvernement les villes n'y peuvent spater qu'à leur tour, et le nombre des Députés est réglé. Mais à ne laissa pas de passer outre. Apres cela les Estats de Holinde escri virent (1) aux Estats de Zeelande, de Frise et de troriingue au sujet de Beverning, que leur constante intenon ci ferme resolution estoit de ne point souffrir que leurs suite fussent jugés par des juges délégués, ou par des Cours de astice d'une autre Province, ny qu'ils fussent responsables de mm aetiona à d'autres qu'à leurs Souverains, c'est à dire aux ■tais de Hollande. Les Députés de Leide n'estoient pas les nia en Hollande qui n'approu voient pas la conduite que Ton mit tenue à l'égard de l'Exclusion; il y en avoit encore d'aut» (£), mais lors que ceux des autres Provinces vouloient s'en lissier ils se joignoient tous contre ceux qui vouloient s'ingérer ma nue affaire domestique.
Les autres Provinces estoient travaillées de très fascfaeuses aillions (8). En Gueldre, la ville d'Arnhera pretendoit avoir seule ikte'nt de pouvoir et d'autorité en la disposition des charges et Btoes que toutes les petites villes du quartier de Veluwe ensemk; mais celles-cy n'en demeuroient pas d'accord. La Cour de èétice qui en l'absence des Estats a la mesme autorité que les enseiller s -Dépotés ont dans les autres Provinces, craignant qu'il 'en arrirast du desordre, ordonna, en suitte d'une Résolution presdente des Estats, que l'on prendroit deux Conseillers dans channe des Cours de Justice de Hollande, d'Utrecht et de Frise, ui régleraient le différend, avec quelques-uns de la Cour de Justice a Gueldre qui ne seraient point suspects anx parties. Mais les etites villes refusèrent de se sousmettro, et ne voulurent point loonnoistre d'autres juges que les Estats de la Province. Le itsme demeslé divisoit les villes du quartier de Zutphen.
Le Magistrat de la ville d'Utrecht avoit enjoint aux Chapitres e contribuer une somme considérable pour aider à la subntatice des Pasteurs, comme d'un bien affecté à des oeuvres de ttte nature, et leur fit dire qu'il les ferait exécuter. Les Elcus
(1) Késol. des Etats de Hollande du 11 et du 13 Mars 1G55.
(8) Les députés d'Enckliuyscii et dTSdam protestèrent conte la licol, du 13 Mars.
(3) Voir la lettre de de Witt à l'Ambassadeur Nieupoort du ft Avril 1655 (Briewn ma J. de Witt, III. p. 41, 42).
350 Dirùicn* eu Grouùiffm.
que Ton y prend dans les Chapitres, y représentent le Clergé, ci tout le premier des trois ordres des Estats de la Province; de sorte qu'il y eut de tres grande* contestations entre eux et la ville. Toutes les villes de Frise dépendoient des volontés di Gouverneur, et suivoient ses sentiments en tout, qnoy qu'il y t'iist des gentilshommes, et des plus considérables de la Province, qui ne les approuvoient point, et qui se déclaraient pour la liberté.
Mais les deux Provinces d'Overyssel et de Groningae estoiat dans un estât très pitoyable. Il y avoit dans la première deax assemblées d'Estats qui faisoient toutes deux le Souverain de la Province, et dans l'autre on voyoit une pure anarchie. Les divisions de la Noblesse et des autres Députés du plat pals empeschant mesme les délibérations de la ville, laquelle ne fusant qu'un des deux Membres des Estats de la Province, ne pouvoit pas agir seule. On appelle le plat païs Omtnelandei. c'est à dire PaU circonroiiin^ et il s' est end entre les Bivieres d'Eus et de Lauwcrs. Il s'y estoit formé deux parties à cause de l'exclusion que Ton avoit donnée à deux gentilshommes que Ton empeschoit d'entrer dans l'Assemblée des Estats du quartier. Ib avoient esté interdits dés l'année passée 1654, dans une assemblée que leurs partisans disoient n'avoir pas esté légitime; de sorte que lors qu'on voulut les faire sortir de celle qui avoit esté convoquée cette année, ils ne bougèrent de leurs places, et sur leur refus l'assemblée se sépara en confusion.
Le Prince Gouverneur s'estoit employé à leur accommodement ; mais ils disoicut qu'il avoit pris pnrty contre ceux qui estant auparavant de se? amis, l'a voient prié de les protéger contre leurs ennemis, qu'il leur avoit manqué, et aussy qu'ils avoient esté obliges de prendre d'autres mesures. Le Prince de son costé se déclara pour le pnrty contraire, et luy presta le Capitaine de «es Gardes, et son Secrétaire, qui s'estant postés avec quelques soldats ù In porte de la maison où les Estats ont accoustumé de s'assembler, se mirent en estât de faire violence à ceux qui y voudroient entrer malgré eux, ou y faire entrer Aldringa et Itcngucrs, qui estoient ceux à qui on avoit interdit l'assemblée: les soldats présentant In pointe de leurs demy-piqoes. composant leur inesche, et portant le bout de leurs mousquets dans l'est omach de ceux qui faisoient mine de vouloir entrer. Les Députés en firent leurs plaintes, et dirent que ceux qui avoient employé les armes de l'Estat contre PEstat mesme, avoient
Divisions en Groningue. 381
riolé la paix publique, et commis crime de lèse Majesté. Cette liviaion estait d'une très fascheuse suitte, dans un temps où le roiainage des armes de Suéde, et le sujet que Ton avoit de les appréhender, rendoit l'union très nécessaire.
C'est pourquoy les Estats Généraux en ayant esté avertis par a Prince de Nassau, Gouverneur de la Province, par les Conciliera Députés, et par le Magistrat de la ville de Groningue, y navoyerent huit Députés, avec ordre de travailler à rajustement le ces différents, conjointement avec le Prince, parce qu'ils recardoient et déconcertaient toutes les Résolutions de l'Estat, et mpeschoient l'administration de la Justice. Ils arrivèrent à Qroaingue le 19 May (1), et le 4 Juin ils firent un accord entre les parties, que Ton convertit le 8 Juillet en un Règlement, accompagné d'une amnistie de tout ta passé. Ce Beglement se fi à la Haye, et par un accommodement à l'amiable, parce que par la capitulation qui fut faite lors que la ville de Groningue fat réduite, et reunie au corps des autres Alliés, on soumit bien an jugement des Estats Généraux la connoissance des différents que la ville auroit avec le Plat pais, parce que ce sont deux Membres d'une mesine Province, indépendants l'un de l'autre, qtd ont chacun la direction et la disposition absolue de leurs inances, de leurs loix, et de leur ordre politique; mais les Esne se peuvent pas mesler des différents d'un des membres, estant une affaire domestique, si ce n'est de son consentement. On ne peut nier que de Witt, Conseiller Pensionaire de Hollande, le plus jeune de tous les Députés qui travaillèrent à cet accommodement, ne fust celuy qui y eust le plus de part, et qu'il n'ait fait voir en cette rencontre, que les Alliés sont pour le moins aussy propres que les Gouverneurs des Provinces, à accommoder cette sorte de différents*
On en estait venu à de si grandes extrémités eu Overyssel, que les esprits y estoient devenus presque irréconciliables. Le perty qui avoit nommé le Prince d'Orange au Gouvernemeut de la Province, ne s'en pouvoit pas honnestement dédire, et le perty contraire ne vouloit pas seulement oùir parler d'accommodement» que les affaires ne fussent remises en Testât, où elles estaient «devant cette nomination. Ceux qui l'avoient faite envoyèrent, au mois de May, représenter aux Estats de Hollan-
(1) Le 23 Mai. Voir Aitzema, S. van Staël, 111. 35. p. 1175.
tion de quarante sept gentilshommes à une seule n'y avoit que dixsept ou dixhuit gentilshommes qui avec la ville de Deventer, à la réception du Sr. de et que les Ëstats de Hollande leur feraient justice, soit déclarer par une Resolution formelle, que s'esl non la ville de Dcventcr, qui representoient la Se la Province, jusques à ce qu'ils fussent tous réunis 1)9 demandèrent aussy. qu'on les restablist en la In Jurisdiction du quartier de Twentc, et que pou Ëstats de Hollande s'employassent auprès des Est à ce qu'on se servist des moyens nécessaires pour ce] liercment que Ton supprimast les Resolutions que ce prises le 18 Septembre, et ceux cy le 5 Octobre de sée, par lesquelles les uns et les autres déTendoieni d'obeïr aux ordres que ceux de Deventer, ou bien o leur pourraient donner, à dessein de s'en servir à J leurs volontés. Ces devoirs avoient esté prévenus Deventer, qui avoient, dés le mois de Mars (2), Ëstats de Hollande du secours contre le prétendu que le party contraire leur vouloit donner, nonoba position, qui estoit d'autaut plus légitime, que les I entendu par leur Resolution du 19 Septembre 16ï ne se devoit, ny ne se pouvoit faire, sinon du unanime de toute In Noblesse et des villes. Le les deux premières villes de Dordrecht et de H rent d'abord: Qu'il falloit secourir ceux de Devi qu'on les vouiust forcer de recevoir le Gouverneu jours après, Amsterdam, Goudc, Schidam, la Brile Monnikendam et Purmerent s'y joignirent (3); mi
Le Seigneur de Brederode meurt. 388
ea ràîtte quHl valoit mieux porter l'affaire à un accommodement. L'assemblée de Deventer accusoit celle de Svolle d'avoir fait schisme, et de s'estre séparée en procédant seule, et sans leur participation à l'élection d'un Gouverneur de Province, nonobitant l'opposition des villes de Hasselt et de Steenwyc, qui y ivoïent bien esté appellées; mais on n'avoit pas laissé de pas- 1er outre sans attendre ou demander leurs avis. Tellement que 'élection mesme estoit informe, illégitime et irreguliere, puis ju'il y a des droits attachés à la charge du Gouverneur qui ne activent estre cédés que du consentement volontaire et unanime le tous les Estats de la Province. Ceux de Svolle disoient: Que 'assemblée de Deventer formoit un Estât dans l' Estât, en faisant mire un Sceau nouveau, en nommant un Greffier pour leur as- «mblée, et en licentiant quelques officiers et gens de guerre de our autorité privée. Les Estats de Hollande furent d'avis: Que
°n remist les affaires en leur premier estât (1). Mais les Estats teneraux résolurent vers la fin de Septembre: Qu'il falloit faire mrtir des Députés qui ajustassent le différend sur le lieu. Ceux te Hollande qui ne pou voient pas douter que cette Deputation ■e servist à fortifier le party du Prince d'Orange, s'y opposent (2), et rassemblée de Deventer protesta qu'elle ne l'admetroit point, et que l'on n'entreroit point en conférence avec ceux [ui y iroient de la part des Estats Généraux; et ce pour la ae»nie raison pour laquelle les Estats de Hollande avoient autre- 0,8 défendu aux villes de leur Province de leur donner audiance. IjCs Députés de Svolle qui estoient appuyés du crédit du
p|nce Guillaume de Nassau, et qui luy avoient fait donner a Lieutenance Générale de leur Province, taschoient aussy de luy M*e donner la charge de Mareschai de Camp de i'Estat. Elle vel01* de vaquer par le decés de Jean Wolfhard Seigneur de Irederode qui l'avoit exercée depuis quelques années, et qui dc- 01* on cette qualité commander l'un des deux petits corps d'armée ae les Estats avoient mis sur pied contre les Suédois; mais sa **adie l'ayant obligé à quitter cet employ, pour aller chercher du 3uslagement dans les eaux medecinales, au lieu d'y trouver du Mïiecie il y rencontra la mort. Car à peine estoit il arrivé à Spa, 00 sentant que les eaux faisoient un effet contraire à ses espe-
W) Voir leur Résolution du 23 Juillet 1655. &) Résol. du 17 et du 29 Septembre 1655.
384 Prétention* pour la charge de Maretekal de Camp.
rances, il se fit porter au cbasteau de Petcrahem, aapr&s) Mastricht, où il mourut le 3e jour de Septembre. Cette Hilton ne commence qu'avec la Paix de Munster; c'est pourquojiliunk hors de propos de parler icy des actions militaires qui oit relevé le lustre de la naissance du defunct. Mais nous ne pont* nous dispenser sans luy faire injustice de remarquer, que cowst il estoit le premier du Corps de la Noblesse de Hollande, 3 1 esté aussy le premier à servir d'exemple d'obéissance ponrki ordres des Estats de la Province, et de zèle pour la liberté de l'Estat, mesmes sans aucune considération de la Maison dX)raifB et de la Princesse Doûariere, qui estoit soeur de si femme. O y en avoit qui croyoient que ce fut de concert avec la Priicett qu'il en usa ainsy, afin d'avoir plus de moyens de servir le jeasi Prince en s'establissnnt dans une fausse confidence. Maison qui en faisoient ce jugement ne connoissoient ny luy, nj & La Princesse estoit trop fiere pour consentir à une si fine dâ* mulation, et le Seigneur de Brederode en n estoit pas apiUe non plus ; ayant au reste nssés d'esprit pour considérer qu'il se se pouvoit pas maintenir, ny resta blir les affaires de sa lui**» qui estaient en très mnuvois estât, qu'en se conservant l'utf de ceux qui avoient en quelque façon succédé à l'autorité q* les Princes d'O range avoient autrefois dans la Province,
En l'an 1651 les Députés de Hollande s'opposèrent avec vigne* dans la Grande Assemblée, à la nomination que quelques Profitces vouloient faire d'un Capitaine General, et marquèrent poar une des plu? fortes raisons de leur opposition, que l'Estat estent en paix, et que les gens de guerre avoient un Chef, c'est à <fo* un Mareschal de Camp, capable de les commander en temps de guerre. Depuis le decés du Seigneur de Brederode ils n'a avoient plus ; la plu spart des Provinces croyoient qu'il en MM un, et vouloient faire croire qu'il estoit très nécessaire de |H** céder à sa nomination. Les deux Princes de Nassau, G ailla urne - Frédéric Gouverneur de Frise, et Jean-Maurie« pretendoient tous deux à cette charge, et r econi ma nd oient Jeun personnes et leur mérite, en sollicitant avec grande animositlJ*1 contre l'autre; jusques là que Maurice ayant demandé et o»tenu audianec dans rassemblée des Estats Généraux, y represeati les services qu'il avoit rendus à l'Estat depuis l'an 1618 en toatt» les fonctions militaires par où il avoit passé, devant que de P*** venir à l'employ dans lequel il se trouvoit alors. Il croyoit sbsÇ que Ton devoit considérer d'un costé son aage plus évmcé g*
La Hollande n'en veut point. 385
e son compétiteur, et de l'autre l'avantage d'estre sorty ranche ainée de la Maison. Toutefois comme ce Prince urs esté bon et facile, il céda en fin à Guillaume, et 1 ne feroit point de difficulté d'obeïr à ses ordres si on
à luy la charge de General de la cavallerie: encore que jours auparavant il eust escrit des lettres aux Estats de i unes des Provinces où il exageroit fort l'affaire de Tan u'il reprochoit à son compétiteur, qu'il disoit en avoir principal architecte. Mais les Estats de Hollande qui snt point le Priuce Guillaume, tant à cause de l'entrc- 'Amstcrdam dont il avoit eu toute la conduite en effect, 3 qu'il s'estoit déclaré avec trop de chaleur contre l'Ex-
que parce qu'il avoit souffert qu'on luy eust donné la mee Générale sous le Prince d'Orange, au Gouverne- 'Overyssel, y avoient pourveu. Ils sçavoient qu'il Temt s'ils permettoient qu'il en fust disposé par la pluralité t des Provinces; c'est pourquoy ils avoient arresté (1) du-
malndie de M. de Brcderode, que l'on ne pouvoit uter estre mortelle, parce que c'estoit une hydropisic
que l'on supprimer oit la charge de Mareschal de Camp >on decés. Ils juge oient que non seulement il n'estoit ïessaire, mais qu'il estoit mesmes dangereux, et preju-
à la liberté, de donner un Chef perpétuel aux trouncipalement lors que la paix le rendoit inutile; et qu'en de guerre il sufiïsoit de faire un General pour l'occasion 3 seulement, ou pour une seule expédition. Ils estoient olus de faire connoistre aux autres Provinces, que si elles loient pas de passer outre à la nomination d'un Maree Camp, ils ne souffriroient point qu'il commandast les 3 guerre que cette Province payoit. Cette vigoureuse resoet la fermeté des Estats de Hollande ruinèrent toutes les ;s et toutes les cabales qui se faisoient dans les Provinces, îstoient pas toutes également favorables aux deux cantlile sorte que les Estats Généraux voulant tascher de les r toutes à un mesme sentiment, y firent travailler par » Députés, qui formèrent, le 3 Octobre (2), un avis très
-ésol. secret, des Etats de Hollande du 11 Août 1655. e 3 Décembre. Voir les Résol. secret, des Etats de Hollande date. Aitzcma, S. van Staël, III. 35. p. 1190, 1191. Cet !té nommé projet de Harmonie.
380 Atù de* Député»: h HoUende fappromê.
important, qu'ils croyoicnt ne devoir pas estre désagréable aox Allies.
Cet avis portoit : » Que pour restablir la confidence entre la
* Provinces, il faudrait, en suittc de l'amnistie de l'année 1651,
* oster des Kegistres des Estats Généraux, et de ceux des Eatti
* particuliers des Provinces, tout ce qui s'estoit passé en Tan 1660,
* et particulièrement la Hesolution du 18 Aonst, que k FriKt 0 d'Or a nge, dernier decedé, avoit extorquée des Estats Gênerai m touchant le licentiement des troupes; comme aussy ce que Toi
* y avoit fait mettre depuis quelque temps nu sujet de l'Eicloriot. » Qu'il estoit à propos d'en demeurer à ce qui avoit esté fait poar
* cela, et qu'il n'en falloit plus parler à l'avenir, parce que c'atoit
* une affaire domestique de la Hollande, pour laquelle les sttw m Provinces ne témoigneraient point de ressentiment parce qa'dlei «n'y avoient point d'interest. Que les Estats Généraux priera* »le Prince de Nassau de renoncer à la Lieutenance Gênent m d'Ovcrysscl, et deelareroient, que les charges de Marescbild* #Camp, de Capitaine General, et de Gouverneur de Provinces* croient incompatibles en une mesme personne, en dispensant pov m cette seule fois le Prince de Nassau de la rigueur de cette m Hesolution, parce qu'on ne luy pouvoit pas oster les gouverae-
* monts de Frise et de Groninguc qu'il possedoit desja. Ûoek
* Mnrcschal de Camp ferait serment d'observer punctucllctnest i » son égard tous les traittés que l' Estât avoit faits avec ses voiàn »et particulièrement celuy qui avoit esté conclu l'année pwfc 0 avec le Protecteur. Qu'il falloit laisser les affaires de la guerre 0 et ee qui eu dependoit en Testât où les Kcsolutions de la Grand* 0 Assemblée les avoient mises; et qu'après que tout ce qui M "dVstre dit seroit nrresté par les Allies, on procéderait à la no- 0 mutation d'un Marcschal de Camp, et on ferait pour luy m* 0 nouvelle instruction."
Les Estats de Hollande acquiescèrent ù cet avis, et les Depotei des autres Provinces en demandèrent copie pour le communique1, a leurs Conimittents; mais ceux de Zeelande le rejetteront al«olument, comme peu conforme aux sentiments des Estats de leur Province. Toutes les autres firent les difficiles, et cependant I» Hollande ne laissa pas de faire réussir ses intentions. On ne fit point de Marcschal de Camp, et il ne fut plus parlé de l'Exclu* mou ; de sorte quelle obtint en effect ce qu'on aurait pu luy tf" corder de la bonne manière.
Je ne puis m'empescher de faire icy une espèce de digrctfJO»!
Sentiments différents des Estais de Hollande. 387
l'admirer la diversité et mesmes l'opposition qui se rencontre t les sentiments de l'assemblée des Ëstats de Hollande, qui oient tousjours estre uniformes, puis qu'elle agit, on du moins oit agir tousjours sur les mesmes principes. Cependant on y
quelque chose de semblable à ces troupeaux qui obéissent . %oix du pastre qui les gouverne, ou suivent les vestiges de este qui les précède (1). Dans le temps dont il est parlé icy, jugent que l'on ne peut donner un Chef perpétuel aux gens çuerre sans faire un préjudice irréparable à la liberté. Ils iderent aveo les plus sages politiques, que celuy qui dispose
armes d'un Estât est aussy maistre de la liberté, et est le reroin en effect. C'est en cette veue qu'eux, et les Estât s des es Provinces jugent, qu'il ne faut donner le commandement Tannée au Prince d'O range que pour une seule expédition, la luy donnent des Députés pour régler la conduite qu'il ne voit pas avoir, faute d'ange et d'expérience. L'assemblée des its de Hollande avoit alors mis à la teste des affaires Jean Witt, qui n'a péché que parce qu'il avoit un zelc trop desressé pour la liberté de la Province, qui estoit le seul object
délibérations et des resolutions de l'Assemblée. Mais le soument de la canaille et un tas de meurtriers et d'assassins luy
fait substituer Gaspard Faguel, et elle a aussytost changé maxime, et a esté la première à fouler aux pieds la précieuse «lé que l'on a sacrifiée avec la vie de ce grand Ministre ù •olence d'une populace cmcùe, à l'insensibilité de la justice, et l laschc connivence d'un nombre de Députés (2), qui ont fait i plu s de mal à la Province que les ennemis déclarés, qui en
bien menacé les frontières, mais qui n'ont osé. ou n'ont
voulu y entrer pour pousser leurs conquestes. La première se que les Estats de Hollande firent, ce fut de se dispenser du oent solemnel qu'ils avoient fait tous, de ne point souffrir que
donnast à une mesme personne les deux charges de Gouverr de Province et de Capitaine General de l'Estat. Le Prince
.) Cependant .... qui les precele. Cette plirasc ne se trouve pas dans tion impr.
I) Edit. impr.: Mais le soulèvement de la canaille a fait fouler aux s cette précieuse Liberté, que Ton a presque sacrifiée avec la vie ce Grand Ministre, à l'insolence de cette populace émue, à l'imsance de la Justice, et à la lasche connivence d'un nombre de I)éis, qui etc.
388 Sentiments différents des Estât» de Hollande.
d'Orange nvoit fait le mesme serment, et a voit prorais qu'il n'accepterait point les deux charges, quand mesmes on les Ibj offrirait. On l'en dispense encore, parce que Faguel, quiot grand casuistc, juge que les Estât s do Hollande peuvent absoudre d'un serinent solemnel, que Ton a fait sous l'invocation du non de l'Eternel. Le mesme Fngucl, non content d'avoir bit supprimer un Edict qu'il avoit basty lui- mesme, porte TAsscbbloc à un attentat qui outrage toute lu postérité (1). Si les Kois et les Souverains, quelque absolus qu'ils soyent, ne sost qu'usufruitiers de leurs Estats, en sorte qu'ils n'en peuvent pas aliéner les droits ou le domaine au préjudice de leurs successeur*; qu'est ce que Ton doit dire de quelques Bourguemaistres, qui n'estant qu'administrateur*, et ce pour le temps de leur service seulement, sont obligés de rendre compte de leur administration, et de résigner à leurs successeurs la liberté aussy entière qu'ils Toit recciïe de leurs prédécesseurs? Quel jugement doit on faire dis je, de gens qui disposent d'un bien qui ne leur appartient point, et qui convertissent en hérédité le Gouvernement de la Prorince, dont la postérité peut, et doit disposer, aussy bien que des autres droits que la liberté leur avoit laissés, et que la violence et l'injustice leur a ratis(2)? Ils déclarent le Prince d'Orange Gouraneur bereditaire, ou plustost sous un autre nom, Souverain de 11 Province, et prennent sur leurs sujets, c'est-à-dire, dans In bourse de leur pupilles de quoy assouvir l'ambition et l'avarice $& grand nombre de courtisans et de personnes sans vertu et »w mérite. La postérité en aura honte et horreur ; mais clic aufl aussy asscs do générosité pour rentrer en la possession d'un «^
(1) Kdit. impr.: Du l'en dispense, parce que l'on jupe que les Eû,J d'Hollande peuvent absoudre d'un serment solemnel; "on a vuduj^ puis dans d'autres rencontres, qu'ils en ont incontestablement If à&-. Ensuite, on porte l'Assemblée à un attentat qui doit faire murnmtf la postérité.
«2) Dans l'edit. impr. les deux phrases qui suivent, sont conç* de cette manière: Tour tout dire, ils déclarent le Prince d'Or»»?6 (iouveriKiir héréditaire, ou plutôt, Souverain de la Province. %** nous maintenant à la suite des affaires, que j'ai cru pouvoir un* rompre par cette digression, pour faire sentir au Lecteur, qu'un*"0" pulaec etl'rénée peut extorquer de ses Magistrats, les choses ter* extra \ ayantes et les plus à son désavantage, quand elle se mrt e tête de remédier aux iiieonvéuieus qu'elle s'iinaffine voir dans le"03* verncinent.
Infidélité d'un Commis punie. 389
t la tlrannie Ta dépouillde, et pour se faire faire la justice in pernicieux Ministre a voulu opprimer et opprime en toutes occasions.
devenons maintenant à la suitte des affaires. Le Prince de ssau, qui en vouloit particulièrement au Conseiller Penaire, parce que c'estoit luy principalement qui se declaroit dus fortement pour la liberté, et qui s'opposoit avec vigueur ma les attentats que Ton faisoit à son préjudice, avoit trouvé noyen de corrompre la fidélité du premier Clerc ou Conique les Estats de Hollande employoient sous ce Ministre, s'appelloit Jean van Mes se n, et d'autant que Ton ne toit point de sa fidélité, on luy avoit confié le chiffre, et ne faisoit point de difficulté de luy communiquer les affaires plus secrètes et les plus importantes. Le Prince se servoit r cette intrigue, de l'entremise de Théodore van Ruyven, faisoit ses affaires à la Haye, et sa curiosité alloit principasnt à découvrir ce qui se passoit en Tan 1654 en Angleterre, i la negotiation qui s'y faisoit pour l'Exclusion du Prince range. Ces gens-là ne se contentèrent pas de communiquer Prince de Nassau les extraits des lettres que le Premier istre escrivoit et recevoit; mais ils forgèrent aussy plusieurs notoirement faux, et en publioient des choses, qui le dent faire périr si elles eussent esté véritables. Ils disoient ï autres choses: -'Que de Witt avoit voulu disposer le Proteur, par le moyen de Beverning et de Nicuport, à royer ses forces navales sur les costes de Zeelande, pour conindre cette Province d'acquiescer à ce que la Hollande avoit : touchant l'Exclusion ; qu'après cela on feroit entrer des trouestrangeres dans la Hollande inesme, sous un General Anis; que l'on feroit défendre en Angleterre le fil qui se fait iarlem ; et plusieurs autres choses aussy odieuses que celles-là." deux compagnons formèrent des desseins fort dangereux; de intercepter les lettres du Premier Ministre; de faire enlever hez luy un coffre de tres-grandc importance, à cause des paet des mémoires qui y estoient enfermés; et il y avoit ne quelque dessein formé contre sa vie. La Cour Provindeclara l'un perfide et infâme, le condamnant à un bannisint perpétuel; et se contenta de bannir l'autre des Provinces son ressort pour dix ans (1). On ne trouva pas cette peine
) Voir sur cette affaire l'article intéressant de M. Neder meyer
Ministre public, qui ne pou voit pas reconnoistre leui et qui a si bien justifié toutes ses actions, que l'on douter de son innocence, non plus que de l'injustice incompétents et ignorants ; c'est 'pourquoy on ne doit surpris de ses irrégularités (1).
La mort de M. de Brcderode, fit aussy vaque] nciucnt de Boisleduc, un des plus importants de tou Hollande avoit interest d'y voir establir une personn tant parce que cette place la couvre, et luy sert d de cittadclle de ce costé-là, que parce qu'elle luy frontière, que le Fort d'Enguelen, qui fait partie des de la ville, est au territoire de cette Province. Elle d en donnast le Gouvernement au Scigr. de No rtw y cl son de van der Doc s, et taschoit de gagner pour Députes de Zcclande; mais elle n'en obtint rien, i les Députés de Zcclande le firent donner à Jean d gue, Seigneur d'Oldenallcr (2), Colonel d'un Rq fa nterie, et Gouverneur de TEscluse, dont le Gouvt donné à Mnns. de Nortwyck. La Hollande en fut satisfaite, tant parce (pie Winberguenc promettoit pi vie, à cause de son aage avancé et de Testât de sa i
v a 11 Rus e n 1 h a 1 , dans N y h o f f , Bijdragc* toor Vadt tckirHeni* en Ondheidlcmule, X. p. 11)5—239, 285—215. S. tan Staet, 111. 35. p. 1191—1197.
(1) Im Cour Provincial? eut comporte de gens .... de et* Ce passade ne se trouve pas dans Péilition impr. Le Mi c'est W i e q u c f o r t lui-même.
(2) Trois provinces votèrent pour Wynbergcn, trois Noorlwyck. La /«'lande ne pouvoit émettre son vote,
Le Seigneur de Brederode n'estoit pas Comte, 391
a'asseuroit qu'après sa mort on y feroit succéder une personne qui luy seroit agréable (1). Comme en effect Louis de Nassau, Seigneur de la Lccque et de Beverweert, l'obtint au bout de quelques années; et après sa mort, la Hollande le fit donner au Prince de Ta rente, qui estoit fort attaché aux in ter est s de cette Province, lors qu'elle luy procura cet avantage (2).
Je me trouve obligé de dire icy en passant, que les Seigneurs de Brederode, dont le dernier mourut en 1679, pretendoient «être descendus des anciens Comtes de Hollande. Les Histoires le disent, et cette opinion commune seroit assés bien establie si Fauteur qui en a fait un traitté particulier ne l'affoiblissoit luymeeme. En faisant profession de donner cette extraction comme une chose certaine, il ne produit pas une seule preuve, c'est à dire pas un seul passage d'auteur contemporain, ny un seul contract de mariage, ou testament qui puisse servir à son intention. Àussy les Estats de Hollande n'ont jamais donné la qualité de Comtes aux Seigneurs de Brederode. Au contraire lors que la veuve ou les fils du defunct l'ont voulu prendre, ils leur ont fait dire, que Brederode n'estoit pas Comté, et qu'ils ne rcconnoissoient point les Seigneurs de Brederode pour Comtes (3). Ils en pourraient bien dire autant de quelques autres qui n'ont pas la naissance si illustre que les Seigneurs de Brederode, et qui se donnent la qualité de Comtes parce qu'ils n'en ont point d'autre.
Ce fut quelques jours devant le decés du Marcschal de Camp que les Estats de Hollande résolurent de réduire les rentes, et les interests des sommes que la Province devoit, du denier vingt au denier vingt cinq. Le Ministre qui avoit alors la principale direction des affaires, considérant que le ménage et la bonne administration des finances est une des premières parties du Gouvernement, et qu'il fait principalement subsister les Estats, jugea qu'il n'y avoit rien qui pust donner plus de réputation à celuy-cy que la réduction des interests dans un temps où l'on avoit résolu un armement extraordinaire, qui ne se pouvant faire sans des contributions extraordinaires, il sembloit que l'on n'y pourroit pas
(1) C'est l'opinion de de Witt lui-même. Voir sa lettre àNieupoort du 19 Novembre 1655 (Brieven, III. p. 142).
(9) Le Prince de Tarente changea plus tard de parti. Voir ci-apres. L XVI.
(3) Késol. du 7 et 8 Octobre 1655.
302 Réduction des interetts au deuxer vingt cinq, en Hollande.
obliger ceux dont on si 11 oit retrancher le revenu d'un cinquième par le moyen de cette réduction. On en fit la première ouverture le 10 Murs (1), niais avec peu d'apparence de succès, para que les Députés de Lcide, de Gornighcin, de Schonhove, d'Akmar, d'Enckhusc, et d'Ëdnin (2) s y opposèrent, et ceux deDelft, de Goudc, de Kottcrdam, de Horu, et de Purmcrcnt estoicat dïns, que Ton reduisist les rentes au denier vingt-deux et demy, ou à quatre et demy pour cent. Mais à la reserve des Dépotés de Lcidc et d'Alcmar (3), qui jugeoient que les dettes de la Province «croient bien plus facilement acquittées si on faisoit ponctuellement exécuter les Kcglcmcnts qui n voient esté faits pour la levée des droits qui estoient desja imposés, que par la réduction, qui, ii ce qu'ils disoient, faisoit tort à l'Estat indirectement, parce que ceux qui vivent de leur revenu le voyant si notablement diminuer par le moyen de cette réduction, diminueraient aoaj leur dépense, toutes les villes revinrent à un mesine 4vis, et résolurent en fin, que la réduction commencerait à avoir lieu le 1 jour d'Octobre 1055 (4). Ce fut après qu'on leur eust remonstré que la Prownce y profitoit d'un million et quatre ces* mille livres tous les ans, c'est à dire en effect d'un fonds de vingt huit millions de livres; outre qu'elle se dechargeoil tons les ans des interests d'une somme si considérable qui serviraient à l'acquit de la somme principale. De fait les villes de Leided d'Alcmar ne laissèrent pas d'eu profiter; et les Estats Généraux inesmes, prenant avantage de cet exemple, réduisirent aussy leur? interests au denier vingt-cinq (5): quoy qu'ils n'eussent pas k mesine crédit que ceux de Hollande, qui pou voient rembourser ceux qui eussent voulu retirer leur fonds.
Les mesmes Estais de Hollande qui font une si considérable paru* de tout l'Estat, voulant ménager les finances de la GencrJiw aussy bien que celles de leur Province, avoient fait proposer plu* sieurs fois dans l'assemblée des Estats Généraux la mesnic re-
(1) Voir Résol. des Etats de Hollande du 11 Mars 1655. Le premier tour d'avis eut lieu le 25 Mars suivant.
(2) Ajoutez: les Dcputés de Monuickcndam.
(.'*) Voir la lettre de de Witt à l'Ambassadeur NieupoorNn i:i Août 1635 ijirircr,,, 111. p. 102).
('I) Vuir les Késol. des Etats de Hollande du 27 Juillet, du 7 et du 11 Août 1055.
(5) ltésol. des Etats Généraux du 8 Juin 165G.
Origine des Vaudois. 393
i des intcrcsts nu denier vingt- cinq, jusqu' à ce qu'il y fust résolu sur leurs instances, qu'à 1 avenir, à commencer du 1 5 Septembre 1656, le Receveur General, et ceux de lainiet de tous les bureaux du ressort de la Généralité, ne ent les rentes et les interests que sur ce pied-là; et on rdonna d'employer les deniers de la réduction au rachast ites, ou à l'acquit des sommes principales, afin que l'Estat it profiter, et que ses finances en fussent soulagées. On
de l'autre costé aux propriétaires des rentes, et à ceux qui . fait des prests de retirer leur fonds, s'ils croyoient le : mieux fuire valoir ailleurs.
iollande devint encore ménagère en d'autres choses. Elle a que les Colonels, tant d'infanterie que de cavalle- , comme aussy les autres hauts officiers des régiments qui t faits à l'avenir, scroient tenus de se contenter des gages
appointements dont ils joûissoient alors, et qu'ils ne preent point ceux qu'on leur paye en temps de guerre. Cette ; ménagère ne les empescha pas d'accorder à la ville de en considération de l'embrasement qui en avoit ruiné une l'année passée, l'exemtion des droits qui se lèvent sur les maisons de la Province. Cette exemtion estoit gêneur quatre ans, mais particulière pour quatorze ans à l'égard es qui avoient esté détruites en sorte qu'elles n'estoient tbitables. On leur remit aussy le quarenticme denier qui
sur les immeubles qu'on aliène, ou engage, comme encore its que payent les matériaux propres à bastir (2). Estât n'engagea pour les Yaudois que son intercession; 'autant qu'il prit bonne part à leurs malheurs, le massacre fit au mois d'Avril de cette année des habitants des Vallées dmont, nous oblige à faire connoistre ces gens, et à dire t des persécutions qu'ils ont souffertes de la part de leurs Ce fut environ l'an 1170, du temps de St. Bernard, elques personnes dévotes et zélées se mirent à décrier les
les superstitions de la Cour de Borne, aussy bien que la les moeurs des gens d'Eglise. Sous le règne de Louis VII, Jeune, Boy de France, Pierre de Brués, et en suitte ine nommé Henry, et après eux V a 1 d o , riche bourgeois
oir les Bcsol. des Etats de Hollande du 17 et du 24 Mars 1655. lésol. des Etats de Hollande du 24 Mars 1655.
394 Oh leur ordonne de chauffer de religion.
de Lion, commencèrent à fit ire des disciples, et à faire «couler leur doctrine. C'est de ce Val do qu'ils ont encore aujourdity le nom de Validais, et d'autant qu'ils parurent premièrement u diocèse d'Alby, en Languedoc, sous la protection de Roger, Seigneur du lieu, on les uppcllu aussy Albigeois, bien qu'en efett il y nit quelque différence entre les Vaudois et les Albigeois. Ai commencement du treizième Siècle, sous le règne de Philippe le Conquérant, à qui Paul Emile, qui a escrit l'Hiftoire de France avec plus de politesse et avec plus de fidélité qu'aucun de ceux qui s'en sont nicslés devant luy, a donné le suraoa d'A u g u s t c , le Pape Innocent III fil preseber la croisade contre les Albigeois, et contre Haimond, Comte de Toulouse, qui les protegeoit. Il se trouve des auteurs qui disent, qooj qu'avec peu d'apparence, que le nombre de ces croisés punit ecluy de cinq cens mille hommes, pnrmy lesquels il y en «roit quinze mille qui tiroient solde du Koy de France Kaimond eu fut tellement estonné qu'il alla trouver le Légat qui ertoit à Valence, en Daultinc, mit entre ses mains cinq de ses meilleures pinces, et souffrit qu'on le fustigea s t publiquement à la porte de l'Eglise Cathédrale. Cette armée cffroiable de croises prit d'abord la ville de Bczicrs, où on dit qu'il fut tué plus de soixante mille personnes, sans distinction d'aage, ou de sexe. Simon, Conte de Mont fort, qui s'estoit mis à leur teste, prit après cdi Carcassonne, avec plus de cent chnstcaux fortifiés, et acheta de réduire tout le Languedoc.
Ce fut pendant ces persécutions que les Vaudois se retirèrent dans les Vallées du Daultinc et de Piedmont, où on les a soufferts pendant quelques siècles, parce qu'ils avoient pour leur Souverain tout le resjMîct et toute l'obéissance qu'on pouvoit désirer d'eux; jusqu'à ce que vers la fin de l'an 1654 la Cour de Turin s'avisa d'ordonner à ces gens là de changer de religion dans via2t jours, ou de vuider le pais. Il n'estoit pas bien facile de les ? forcer, parce que le pais n'est pas fort accessible, tant à cause des montagnes escarpées qui les enferment, qu'à cause des forte qu'ils avoient faits sur les avenues. Mais le Duc de Saroye qui estoit armé à l'occasion de la guerre qui se faisoit entre le deux couronnes de France et d'Espagne, et qui avoit dans soi armée quelques troupes Francoises auxiliaires, ou gagées, en* ploya les unes et les autres à l'exécution de l'ordre qu'il **"* fuit publier au mois de Décembre de la mes me année. Le Mit* quis de Pianczzc, Premier Ministre de la Cour de Turin.
Les Estât* intercèdent pour eux. 395
considérant la peine qu'il nuroit à forcer les passages des Alpes, envoya dire aux habitants des Valides, que le Duc, son Maistre, leur conservèrent la liberté de conscience dont ils avoient joiïy jusqu'alors; mais qu'il desiroit d'eux une marque de leur obéissance, et qu'ils donnassent des quartiers à quelques régiments pour s'y raffraischir; et pour luy, qu'il engageoit sa parole, et celle du Duc, qu'il ne leur seroit point fuit de déplaisir. Hais dés qu'il fut entré dans le païs avec six régiments François, deux Savoyards et un Irlandois, il abandonna ces pauvres gens à toutes les cruautés et à toutes les insolences dont la barbarie mesme se pourroit aviser dans une place prise de force. Les riolcraents, les meurtres, et les incendies, qui sont des maux communs et des suittes inséparables de la guerre, estoient accompagnés de circonstances qui relcvoient l'horreur de la brutalité de ces gens, qui fut si grande, qu'elle ne doit pas trouver place dans l' histoire. Les Bcligionaires de Daulfiné, de Languedoc, et de Vivaretz, touchés de l'affliction de leurs frères, en avertirent les Cantons Suisses Protestants, qui en firent part au Protecteur d'Angleterre et aux Estât s des Provinces Unies, comme faisant profession d'une mesme religion avec ces misérables, dont les restes qui s'estoient retirés hors du païs, ou en des rochers et des cavernes tout à fait inaccessibles, y mou rr oient de faim et de misère.
Les Estats de ces Provinces qui en avoient eu avis d'ailleurs, escrivirent au Duc de Savoye, pour le prier de faire cesser ces cruelles persécutions, de prendre luy -mesme comtoissance des plaintes de ses sujets, et de ne les point renvoyer à ceux de la Congrégation de Propaganda Fide% leurs ennemis déclarés; mais de permettre qu'ils retournassent dans leurs maisons, pour y vivre en repos sous la protection de leur Souverain. Ils eu escrivirent aussy au Protecteur d'Angleterre et aux Cantons Protestants, mais particulièrement au Boy de France, afin qu'il fist instance auprès du Duc pour le rappel des exilés, et pour la liberté des Pasteurs et des Anciens que l'ou detenoit prisonniers à Turin. Ils insistèrent particulièrement à ce qu'il donnast sa protection à ces pau- Très gens, et qu'il fist punir les officiers de guerre, ses sujets, qui s'estoient laissé employer à ce massacre, sans ordre de Sa Majesté et sans doute contre son intention. Mais ces lettres ne produisant rien, parce que c'estoit une affaire domestique et de religion, dont le lioy de France ne se vouloit point mcsler, les Estats résolurent d'envoyer un Député de leur Assemblée sur le
396 La Cour de Turin oblige le* Vauàois a accepter une Dedanfa,
lieu, convièrent le Protecteur d'en faire autant de son oosté, et firent faire une collecte fort considérable pour le soulagement de ces Keformés persécutes.
Les Cantons Suisses Catholiques et Protestants estoient diriau entre eux à cause de quelques babitauts du Canton de Svitz, qu Ton a voit mis en prison pour avoir changé de religion. Le Noua fomentoit ces divisions, et faisoit espérer du secours aux Canton Catholiques, ce qui faisoit craindre que Ton ne fist de cette que relie une affaire de religion. On se défi oit aussy du Duc de Sa vnyc, et on apprchetidoit qu'il ne se servist de cette occuioi pour achever de détruire les Vaudois, tandis que les Canton Protestants estant aux mains avec les Catholiques, ne seroia pas en estât de les secourir. Le Duc avoit accordé à se sujets une espèce d'amnistie; mais on rcinarquoit qu'il continuoit cependant de fortifier les postes qu'il avoit occupés, et le avenues dont il s 'estoit saisy, et qu'il ne laissoit pas de faire di nouvelles levées. Les Estât s eompatissoient bien à leur affliction, mais c'est tout ce qu'ils pouvoient faire ; de secourir le Cantons de subsides, ou de prendre les armes en leur faveur c'est qui estoit impossible. Ils y vouloient bien contribua leurs bons ollices, et exercer leur charité envers les Vaudois, i qui ils firent remettre à Genève le provenu de la collecte qu'il avoient fait faire pour eux, mais ils ne vouloient rien faire qo les nust engager, ou qui pust déplaire à la France, où on ftisoi mine de n'approuver point l'action; et on ordonna à Servie! Ambassadeur de cette Couronne là à Turin, de tascher de porU les esprits à la douceur; mais on ne laissa pas de défendre e mesme temps au Duc de Les digui ères, Gouverneur de Daul fine, de permettre que les Keligionaires de son gouvernemci allaient au secours dos habitants des Vallées. On en voulu particulièrement à ceux des Vallées de Pcrouse et de St. Marti qui estant rebutes des violences que Ton contimioît d'y faire, eon mençoient à se laisser aller aux mouvements que la nature inspi à tous les animaux pour leur conservation, ou pour la toi geance, et ils s'en prenoient non seulement aux soldats, ma aussy aux gens d'Eglise, et à tous les Catholiques ltomains ti voisinage.
L'intention des Estats estoit d'envoyer quelqu'un sur le lie et ils y employèrent pour cet effect Rudolf c van O ni mer et Député de la part de la Province de Gucldrc à l'Assemblée o\
0 miner en député pour ? affaire des Vaudois. 397
Ertats Généraux (1). Il avoit ordre de passer en Suisse, et de tt en Savoye, afin d'y travailler de concert avec les Ministres que c Protecteur et les Cantons y avoient envoyés, au restablissement es .Protestants des Vallées de Piedmont.
liais devant qu'il y arrivast, les quatre Cantons Protestants, irich, Berne, Basic, et Schaf house, avoient desja envoyé leurs îputés à Turin, où ils souffrirent que Servien, Ambassadeur
JFrance, fist un accommodement avec beaucoup de precipitan, afin de prévenir les Ministres d'Angleterre et des Provincesûes que Ton y attendoit. Servien avoit tellement intimidé
Vaudois, et mesmes les Ambassadeurs Suisses, qu'ils consensnt au traitté sans l'examiner. Ce n'estoit en effect qu'une cla ration du Duc, qui leur accordoit une amnistie, mais à des agitions dures et insupportables. On les obligea mesmes à signer s lettres, dont le Secrétaire de Servien avoit fait la minute, \x laquelle ils rcmercioient le Protecteur et les Estats des gra- » que le Duc leur avoir accordées à cause de l'intercession de » tleux Puissances, quoy qu'en effect ces grâces ne fussent p'îïxiaginaires.
0 tu mer en estant arrivé en Suisse, y apprit aussytost ce <pî s'estoit fait à Turin (2), que ce qu'on avoit accordé aux ^wdois estoit leur ruine, et que le Cardinal Mazarin estoit fcluy qUi avoit le plus aidé à les tromper. Il avoit ordre, comme je vieus de dire, d'aller à Turin avec le Ministre du Protecteur, d'y faire des plaintes des cruautés que l'on avoit exercées contre ces innocents, de demander que l'on en punist les auteurs et les complices, qu'on les rétablit en la possession de leurs terres et de leurs maisons, et qu'on leur conservast les libertés et les privilèges dont ils joiiissoient depuis plusieurs siècles. Mais ces deux Ministres ayant appris ce qui s'estoit passé à la Cour :1e Savoye, jugèrent bien que le voyage qu'ils y pourroient faire, jeroit inutile. George Downing, qui estoit auprès des Cantons de la part du Protecteur, en fut mesmes empesché par l'or- Jre qu'on luy envoya de revenir en Angleterre, pour y faire rapport de bouebe de Testât des affaires. On soupçonna d'abord les Ambassadeurs Suisses d'avoir manqué non seulement de zèle,
(1) .... een Heer van goede studien, in de taelen wel ervaren, et |Uod caput est, vau goede maximes endc iuclinatien." De Witt à Kieupoort, lettre du 23 Juillet 1655 {£rieven, III. p. 85).
(2) Le traite fut sigué à Pignerol le 18 Août 1655.
398 ha eutut de la guerre de Suisse.
mais aussy de fidélité en cette rencontre; mais ils s'en jartifièrent si bien dans l'Assemblée do Payerne, où Ommerei se trouva, qu'ils furent remerciés des bons offices qu'ils iront rendus aux Vaudois. Ces Ambassadeurs chargèrent du marna succès de leur négociation un des Barbes, c'est ainsy que la Vaudois appellent leurs Pasteurs, nommé Jean Léger, qmi par ses discours passionnés et emportés avoit fait grand torts ceux de son pais. On l'a veu depuis Ministre de l'Eglise Wallonne à Lcidc, et c'est luy à qui ou est obligé de la meschinte Histoire des Vaudois (1), qu'il a escrite sans jugement et uni esprit (2). La Résolution que les Cantons Protestants prireat à Payerne, n'alloit qu'à une intercession qu'ils cmployeroient aapréi du Koy de France, et ne parloit point du tout de ce qu'ils feroieut pour les Vaudois, si le Koy ne fuisoit rien pour eux. Ce qui morfondit aussy le zelc du Protecteur, qui n'en avoit ow r«pparcucc, et qui ne vouloit pas intercéder auprès du Duc de Savoyc, qu'il ne secust ce que les Cantons feroient en cas oie son intercession ne produisist pas l'cffcct qu'il s'en pouvoit promettre. Ils ne s'en expliquèrent point à Payerne, et devant qafk pussent prendre une plus forte resolution, ils se trouvèrent tellement brouillés avec les Cantons Catholiques, que bien loin d'estie en estât de secourir les Vaudois, ils se virent obligés de demander du secours ailleurs.
Trente cinq personnes du Canton de Siritz, qui est tout à fait Catholique Romain, avoient fait profession de la Keligioi Protestante à Zurich, et avoient demandé la protection de ce Canton. Ceux de Switz demandèrent qu'on les leur renvoyai et mirent quelques autres personnes en prison, parce qu'on le* soupçonnoit d'estie dans les incsmes sentiments. Les autres Can* tons tascherent bien d'accommoder ccux-cy; mais comme la rdi* gion qui ne devroit inspirer que des mouvements de charité, remplit souvent l'aine d'animosités et de haines irréconciliables, leur destin les porta à la rupture. Berne se déclara pour Zurich, et la vilk de Genève promit de s'y joindre; de l'autre costé, les cinq petits Cantons qui de tout temps sont particulièrement ligués eiucinMci
( 1 ) Histoire générale dex Eglises Etangeliques (1rs Fallies de fit- ■mont ut J'ifudohes. Lcydc. 1009.
(m2) tlj'luVtoirc des Vaudois de Léger qui j>our u'être pas m ouvrage parfait, est bien éloigné de l'imperfection que Tautueur l« attribue" (Essai de Critique, p. 35S).
ÎU joni la paix entre ettx. 399
iront entre eux une liaison plus étroitte. Basic, Fribourg, Soleurre, Scbaf bouse et Glaris refusèrent de prendre party. Les Catholiques tronroient des amis dans le voisinage; le Nonce les animoit pir des asseurances d'un puissant secours d'hommes et d'argent; le Duc de Savoye avoit fait avancer quelques escadrons jusques sir la frontière; le Marquis de Caracene, Gouverneur de Mita, les favorisoit; on disoit aussy que la Barde, Ambassadeur de France, travaillent pour leurs interests contre ceux du Roy son Maistre, et ils firent revenir les troupes qui estoient au service des autres Princes.
Les Cantons Protestants demandèrent du secours à ceux de
leur religion. Mais cet Estât estoit lui-mesme fort incommodé
M tes finances; tous les fonds, tant ordinaires qu'extraordinaires,
ayant esté absorbés par les dépenses nécessaires, tellement que
"on avoit de la peine à acquitter les dettes les plus pressantes,
°otre que les Estats ne vouloicut pas s'engager à des secours
ÎB* l'on auroit esté obligé de continuer à des amis éloignés, et
QUI jusqu'alors n'avoient secouru l' Estât que de voeux inutiles,
•* de leurs offices indifférents. Le Protecteur ne répondoit à leurs
"■•tances qu'en des termes généraux, qui ne disoient rien, et ils
KHiBideroient que les subsides, qu'ils donneroient à l'un des partis
"***f$eroient l'autre à rejetter leur médiation qui deviendroit sus-
■**!« et partiale. Tellement que les Cantons Protestants voyant
u *1 n'y avoit point de secours estranger à espérer pour eux,
^•«ntirent d'abord à une suspension d'armes, et en suitte à
a°Oommodement. Vertmuller qui commandoit les troupes deZu-
°**» ayant au mois de Janvier (1), assiégé sans succès Kappcrswicl,
û*Q située sur le lac de Zurich, et appartenante aux quatre Can-
Mfcss d'Ury, Switz, Undenvald et Glaris, et le secours de Berne qui
> devoit joindre, s'estant rebuté de la première mauvaise rencon-
f*» les Cantons neutres eurent le loisir de disposer les intéressés
• *a paix. Le traitté qui fut conclu le 7 Mars 1656, abolissoit
* mémoire du passé, renvoyoit aux arbitres que les Cantons •entres nommeroient, la connoissanec des pertes dont on pourroit ta&ander la compensation ou le dédommagement; ordonnoit que fce places seroient restituées, et les nouvelles fortifications démoli* de part et d'autre; conservoit la Souveraineté à chaque Canton; luy laissoit la disposition absolue de la religion; et permet-
■1UU Ommere* à Pastmùlre de Bade.
toit à ceux qui voudroient sortir d'un Canton pour aller datai* autre, d'en user comme l'on avoit fuit jusqu'alors.
Apres cela Ommcren se trouva à rassemblée que toutes (-unions avoient convoquée à Bade; mais il n'y récent paft grande satisfaction, parce que de tous les Cantons Catholiques, il n'y eut que celuy d'Ury qui luy fist faire compliment; et mon» il ne \isita point les Ambassadeurs de France et de Savoye, qai ne voulurent 'point luy céder la main et le pas dans leur nuison, parce qu'ils ne croy oient pas devoir faire cet honneur à ni Ministre du second Ordre. Eu quoy il y avoit d'autant plaide justice, qu'Oui mer en, en passant depuis à Paris, l'Ambassadeur île Hollande prit chez luy les mcsines avantages sur a Député, d'une manière dont tout autre aurait esté extrêmement r# lie n se.
La paix estant faite entre les Cantons, et le Duc de Sarqye ayant remis les iuterests qu'il avoit à déincsler avec les Vaudoiip entre les mains du Koy de France, qui en demeura le maûtie par ce moyen. Ommcren voyant qu'il n'y avoit plus rien à mjroticr, demanda et obtînt son conpé. Sur le rapport qu'il fit des civilité* que le- Cantons Protestants luy avoient fuites, et particalierement de celles qu'il avoit recettes à Genève, les EstaU accorde rent à cette petite République un subside de trente mille lintf, ou douze mille e>cu?, pour aider à lu réparation des fortification tle la \ille(l). L'intention des Estât s estoit d'y entretenir u Ministre Ordinaire, à cause de l'étroitte alliance qu'elle a avec In L'auiMi* île. Zurich et de Heine; mais ils désiraient que ce fnst quelqu'un du Maiii-trut de la \illo, ou de ses habitants, qui ait cette fniicti'iii: et la ville ayant tait représenter, qu'elle ne pourroit p:i> rendre à un de *es citoyens le respect qui seroit deu su Mi' ni.Mrc d'une -i puisante Kepubliquc, et les Kstats ne voulantp* taire de la dépende pour une chose qui ne donnerait pas grand* réputation à m-» j.î-aîres. et qui rapporterait encore moins tl'utilhé, on n'en parla plus, et il n'en a pas esté parlé depuis.
La dill. culte qu'( ) uimcri u rencontra auprès des Ambassade de Frainv et te S;i\«:vr. ne me permet pas* de passer snns sik-fitt ii'K- que rAmbii—i.iïiiir i.e Yenir-e lit eu te Uiups-là. de donnff
!■ Au>.»:î-'î iiue la S ii'i.n.rie de (ici.èii tut reçu ce subatlf, o*
ii. !'*. i:. ...■■'.•:"!.? -/i.l'j.i - :.x:ïri > du.!»:». i-i>i:siruirc un JîaMÎuU «■
e..'.' du I.m-, ijw\,n :k ,.i1.s!> i.i-ii.ii.r le K-.^tiuu d'Hollande Xf-lf  M .S. tiruthe.
?uâm!*m.ùreniMrtfusè<b<km*erktitire<tËx^ 40l
r tiKre à% Excellence à l'Ambassadeur qui estoit de la part des Mata à Paris. Tl n'y a point de Ministres qui soyent si punclels, ou pour mieux dire si superstitieux sur cet article que NU de Venise. Ils ont cette coustume eutre eux, que celuy qui mcbev é les années de son Ambassade, ne sort point de son em- ©y qu'il n'ait donné à son successeur les instructions necesim pour sa conduite, et particulièrement au sujet des ceremo- Bm, qui font bien souvent la principale partie des Ambassades » Tenise. Sagredo après avoir achevé la sienne, dit à Jusniani, son successeur, qu'il n'avoit jamais traitté l'Ambassamr des Provinces-Unies d1 Excellence ; de sorte que le dernier, iMtnt sur ce faux principe, en usoit de la mesme manière. L'Am- Madeur de Hollande s'en plaignit, et refusa de voir Justi-
• wi; qui ayant appris de ceux qui avoieut esté longtemps em- *yés à la Cour de France sous les Ambassadeurs de Venise, que tgredo en avoit usé tout autrement, et que son prédécesseur f «voit donné cette meschante information, à dessein de luy faire te une bcveûe, la repara, en fit des excuses (1), et suivit l'exemple
• «es prédécesseurs, qui n'avoient point fait de difficulté après les *Umsadeurs de France et d'Espagne, de répondre aux civilités
• Ministres de cet Estât dans les mesmes termes, particuliere- *M depuis la paix de Munster (2). On n'est pas si difficile dans 1 Vort, où les Ministres de cet Estât qui n'estoient que Dettes, se sont fait rendre les honneurs, qui ne sont deus qu'au ttietere représentant: quoy qu'ils y ayent quelquefois rencontré fet Ministres, qui ayant appris les cérémonies dans les Cours tftux réglées, et qui sçachant leur mestier, l'ont bien appris à ta qui ne le sçavoient pas, ou qui ne le vouloient pas sçavoir.
Devant que de sortir de cette matière, nous y âjousterons que
• Eitats de Hollande qui s'employoient continuellement et avec tpGcition à la conservation de leurs droits et des prééminences rf sont défies à la Souveraineté de leur Province, ne pouvoient m souffrir que les Princes Estrangers négligeassent par mépris t par ignorance, de leur donner les qualités qu'on ne peut pas
(1) Voir Journal d'un Voyage à Paris en 1657—1658, publié par
P. Faugère. (Paris 1862.) p. 145—147.
(S) Dès 1624 les Ambassadeurs Extraordinaires des Etats à Londres tant traités d'Excellences par les Seigneurs Commissaires du Roi de Chaude Bretagne. Voir le Rapport de ces Ambassadeurs. (Archives
Royaume).