II
liront dire aux Ministres Estran^crs qui estoient e h la Haye, qu'ils pretendoîent que les Princes en Estât s de Hollande et Westfrise, leur donnassent dai la qualité de Noble* f Grands et Puissants Seigneur les souscriptions ils n'en prissent point de moins qui» relies de JUm* Ami*, Vo^sius et Alliez (1). C il y a de quoy s'estonner que lus mesnics Estât s (pli prétendent, et avec justice, une si grande ég Princes Souverains Est rangers, soulfrent que le Prin qui ne le* gouverne pas au nom d'un Souverain, leur Lieutenant, leur Oilicier, leur Vassal, et leur Si a vie tant de familiarité, et croit leur faire honnei nant la qualité de leur Amj\ pendant qu'il a hoi leur Servît fur. quny qu'il le soit en effect, ou du i doive estre (2).
Ils le témoigneront bien en ce qui arriva au tem parlons. Ils a voient soutien que dés Tan 1653 le Me sterdam dénia ndast d'est re dédommagé des in comme que le défunt Prince avoit mis devant la ville en f .i voient jiii^é que les prétendions de la ville estoient
«Il H«'mi1. de* Etat> de Hollande «lu 30 Novembre 1 r2) CYl.iît >a us doute pour obvier à cet abus qui dont nous parlii'is. les Etais de Hollande ayant reçu < !:i part du jeune Prince d'Oranire dans lequel il p d'Al'.c^e, ils» n-Milun-nt le 3 et I Mai 1G5G, voir Rfsv si<li,-utic de m* point délibérer sur cette pièce jusqu: eût réformé le titre eu substituant à Y Ai te*** le nom il Prince ipOruiiL'c li>e/: Den Heere Prince van C ileioit être à la t«"te ilu mémoire, dan:» le corps duqiu : ... i» tu ...i..«:c :. !.. i>»:.w.;««.
Différend avec la Zeelande pour la Cour de Justice. 403
n\ ordonné aux Conseillers Députés de les voir, non pour en iner la justice, mais pour les régler, et pour songer aux moyens or dédommagement. Ils en firent leur rapport presque au B temps que le Conseil du Prince d'Orange avoit obtenu Résolution des Estats Généraux, et en suitte une ordonnance îonseil d'Estat pour le payement d'une somme, d'environ & mille livres, .qui estoit deue, à ce que Ton disoit, aux voi-
* et aux charetiers, qui en Tan 1650 avoient mené le Prince i Députés des Estats Généraux en la pluspart des villes de cette ince. Mais les Estats de Hollande qui avoient protesté contre
Députa tion, et qui en parloient comme d'un attentat fait à Souveraineté, renvoyèrent l'ordonnance, ne croyant pas depeyer une dépense qui avoit esté faite pour préparer le siège xsterdam, pendant qu'ils entendoient qu'elle devoit qstre démagée, et qu'ils se chargeoient de son dédommagement (1). i jalousie que les Estats de Hollande avoient pour la conition des droits de leur Souveraineté, leur fit une affaire
ceux de Zeelande, qui se plaignoicnt du refus que la Cour iaciale faisoit de temps en temps de déférer à leurs ordres, rioient les Estats de Hollande de tenir la main à ce qu'on ejpcctast à l'avenir, et qu'on eust quelque considération pour iccords et pour les traittés que les deux Provinces avoient
entre elles pour l'administration de la justice. Les Estats lollande répondirent: «Que les accords qu'ils avoient faits
* la Zeelande ne les avoient pas dépossédés des droits ny du ""pir qu'ils ont comme Souverains de la Province sur la Cour Justice, establie dans leur territoire; de luy commander et adre tout ce qu'ils jugeront à propos, pourveu qu'en ces mandements et en ces défenses il n'y ait rien qui soit "aire aux traittés et aux accords qu'ils ont avec la Zeelande,
les habitants ne sont obligés à l'exécution des ordonnances — atats de Hollande, qu'après que ceux de Zeelande les ont >Uvées, et qu'ils s'y sont volontairement soumis. Mais aussy ^^Ux-cy n'ont pas l'autorité d'ordonner ou de défendre que ce soit qui puisse altérer le respect qui est deu à la de Justice, ou de restreindre sa jurisdictiou. Que la Hol- 1 ayant eu la bonté de souffrir que la Zeelande y joignist ^tftain nombre de Conseillers à ceux de sa Province qui ^iatrnssent aussy la justice conjointement avec les autres,
> oyez ci-devant p. 285.
■101- Lt lforarùre veut engager le* ti*tvU Je Hùttanêt,
m les Estais de Hollande ne pouvoicut pus prcster la main à ce m que tous les coin man déments des Estats de Zeelande fussent in- » distinctement exécutés par la Cour de Justice, dont k Haussée *cstoit obligée de maintenir le respect et la jurisdiction, que» » première institution, ses instruction», et les accorda que la desx 'Provinces ont faits entre elles, luy donnent." Us representercst à ceux de Zeelande : * due suivant le XXVI article de raccord tprovisioncl fait en Tan 1007, lequel à ce qu'ils disoient, Fanto- #rité du Prince Maurice de Nassau, alors Gouverneur des
* deux Provinces, a voit arruebé à la Hollande pour faire plaisir
* à la Zeelande, on estoit obligé à venir en conférence sur les
* plaintes de Tune ou de l'autre, et que si elles ne poQvoientpsi
* tomber d'accord , on remettrait les affaires dans Testât où dki
* L-stoient devant cet accord. Qu'ils avoient juste sujet de k
* plaindre, et de demander que les habitants de Zeelande faisait «sujets à la jurisdiction de la Cour en première instance, sottj «bien que ceux de Hollande; que le nombre des Conseillers fut #fixé suivant le Règlement que Marie, dernière Comtesse de ' Hollande de la Maison de Bourgogne, avoit fait, et que la no- 'ininatiou du Presideut et des autres Officiers de la Cour se fis! 'sur le Keglcmrnt fait pour le Grand Conseil le 14 May 1655." Les Estats de Hollande prirent cette Resolution le 11 Àonst(l): ce que nous avons crû devoir remarquer, parce qu'il en sera parié plus d'une fois. Les Estats de Zeelande ne furent pas fort sautfaits de cette réponse, et prirent une Resolution contraire le H Mars de l'année suivante 1656(2); mais ceux de Hollande se croyoient pus estre obligés d'avoir beaucoup de complaisance pou ceux qui, au lieu d'en avoir pour eux, s'opposoient continuellement à leurs yen liment s et à leur satisfit ction.
La Princesse Doiïariere d'Orange avoit quelque temps sapa* ra va nt prié h s Estats de Hollande de nommer quelques-uns de leur Assemblée et de la Cour de Justice, ou bien de permettre qu'elle leur prcscntsist quelques-uns, qui luy pussent donner leors a\is touchant la conduite qu'elle auroit à tenir en l'éducation à*
(1) De l'aimée 1656.
(à?) De l'aimée 1657. Le 1» Décembre 1656 les Députés de Zétale h l'Assemblée de* Etats Généraux ayant obtenu audience dans otllr de Hollande, picscutcrent leurs griefs à ce sujet. — On leur propo* d'entrer eu conférence, ee qu'ils refusèrent si la Résolution da llïoft dernier ne fût [îéalablement retirée. Voir Résol. des Etats de Hollande du 13, 15, et 16 Décembre 1656.
qui s'en défendent 405
eane Prince d'Orange, son petit-fils. Son intention estoit de m faire des amis par là, et d'engager dans les interests de sa liaison des personnes capables de la servir dans l'Estat et lans la Cour Provinciale; mais on pénétra son intention, et les Sftats luy firent répondre (l) : » Que leur Resolution du 14 Jan- 'YÎer 1651 ne permettoit pas aux Députés de leur Assemblée de 'Se mesler des affaires du Prince d'Orange; et que l'instruction
de la Cour défendoit aux Conseillers de se charger de l'admi- 'nistration du bien des orphelins.
Le récit des affaires de Hollande m 'ayant fait insensiblement ortir de celles de Pologne et de Suéde, qui doivent faire le plus m portant sujet de ce Livre, il est temps que je les reprenne. Mais levant que d'y rentrer, il sera nécessaire de parler de l'ambasade solemnelle que Ton envoya en l'an 1655 au nom des Estats, m Chain de Tartarie (2). Il n'y a que le Commerce qui fasse conîderer ou valoir les Indes Orientales, et de tout le négoce qui e fait en ces quartiers-là, celuy de la Chine est le plus riche et a plus important. C'est pourquoy la Compagnie a tousjours re- Jierché les occasions qui y pouvoient servir à son establissement ; , l'exemple des Portugois qui font un trafic admirable dans la ilfe de Macao. Jean Maatsuycker, Gouverneur- General de ont ce que la Compagnie possède dans les Indes, y avoit fort ravaillé, mais inutilement; parce que l'envie des Portugois, et la nperstition aussy bien que la jalousie des Chinois qui n'aiment oint les estrangers, et qui sont prévenus d'une opinion, que leur Empire doit estre destruit par les blancs, y formoient un puissant bstacle. Un Prince Tartare avoit depuis quelques années conuis ce vaste Boiaume de la Chine sur les Princes de la Maison eTauninga, et le Conseil des Indes croyoit que cette Revo ition y donneroit entrée à la Compagnie; dont il ne doutoit las après les asseurances que le Jésuite Martin Marti ni ua, ni y avoit demeuré plusieurs années, et qui estoit venu de Cacaasar à Batavia, en donna au General Hollandois. Sur ce qu'il it que le Cham avoit permis à tous les estrangers de faire leur ommerce dans la ville de Canton, le Chef ou Commis de Taioùn, qui estoit le [poste le plus avancé de ce costé là, y envoya uelqu'un, qui trouva les Tartares en si bonne humeur, que non
(1) Bésol. des Etats de Hollande du 4 Août 1656.
(2) Voir; Bas nage, Annales des Provinces Unies, I. p. 447 sv.
106 Ambatwâe à ? Empereur de la Chine.
ohstant les mauvais offices des Portugois et des philosophes Chinois, le Viccroy du lieu luy permit d'y ouvrir un bureau pour le commerce, qui eut un si beau commencement par ce noya, que Ton ne pou voit plus douter du succès. Mais quelque tenps après, le nicsinc Viccroy fit dire à ce Commis, que la permitina qu'il luy pourroit donner de faire son commerce, luy seroit ilutile s'il ne Pobtcnoit du Cham mesme; qu'il ferait faim de s'en retourner chez luy, et d'y faire rapport de Testât où il avoit laissé les affaires de la Chine, afin que l'on envoyas! à la Cov de Peking une Ambassade solemnellc et digne de la Majesté (Ton si grand Monarque. Suivant cet avis le Conseil estably daasla Indes, résolut d'envoyer une Ambassade au Cham, et en fit aascurcr le Viccroy de Canton par deux Députes, dont celny qai avoit fait le [premier voyage es toit l'un. Mais les Chinois kar reprochèrent, que, contre 1 avis qu'on leur avoit donné, ils estaient venus sans lettres de créance, et sans les présents qirifa dévoient faire à l'Empereur, et les renvoyèrent sans leur permettre de faire la révérence au Viccroy. Apres ce second voyage, le Collège des Directeurs qui avoit esté convoqué à Amsterdam, ordonna au Gouverneur -General d'envoyer une Ambassade Magnifique au Cham jusque» dans Peking, ville capitale de la CMae. Pierre de Goyer, et Jacob de Keyser qui en estoient 1rs chefs, partirent pour cet effect de Batavia le 4 Juin 1635, avec un train répondant aucunement à la grandeur du Prince qeJb alloicnt trouver, et à la puissance de la Compagnie à laquelle As dévoient faire honneur. Leur suitte estoit composée de deux personnes qui dévoient tenir lieu de Gentilshommes -suivants, d'an Maître d'IIostcl (1), de six gardes, et de plusieurs autres officiers et domestiques. Ils arrivèrent à Canton, ville capitale de la Province de Zuantunjr, le 4 Septembre, et furent obligés d'y attendre ?ix moi? après Tordre qui leur estoit nécessaire pour poursui\rc leur voyage jusqu'à Peking. Le Chnm leur pmfflt eu fin d\ aller avec une suitte de vingt fiersonncs. et leur accorda la liberté du commerce. Je ne crois pas me devoir amuser au récit des particularité* de leur voyage, et du séjour qu'ils
(1) Le maître d'hôtel, nommé Johau Xicukoff, f ut l'auteur de* la relation de cette Ambassade, publiée en 1065. Voir l'article de ^ - It o d e 1 N v e u h u i s , dans N y h o f f , Bijdragcn voor VgdetU&l* OescÂicdcMÙ en Oudkcidkmndc. Nieuwc Recks. 1IL p. 32— bh
Ambassade à l'Empereur de la Chine. 407
firent à Pelcing, non plus qu'à la description de cette monstrueuse (1) ville et de la superbe Cour du Chain, tant parce que Ton en a fait des volumes entiers, où Ton peut satisfaire sa curiosité, que parce que, pour dire la vérité, on n'en peut parler que comme d'un interest marchand où l'Estat n'a point de part, sinon indirectement. Je diray seulement que les Ambassadeurs estant parti* de Canton le 17 Mars 1656, arrivèrent à Pcking le 17 Juillet. Us y furent bien traittés et fort considérés, et leurs présents fuient agréablement receus. 11 y avoit de l'apparence aussy que le tuccés de leur negotiation répondroit à ces agréables commencements; mais les meschants offices d'un Jésuite, nommé Adam Scaliger, et les présents que les Portugois firent aux Mandarins, changèrent cette bonne inclination. Ce Père estoit de Cologne, et en dit tant du soulèvement des llollandois, de la manière qu'ils avoient traitté le Roy d'Espagne, leur Prince, et des artifices dont ils s'estoient aidés pour s'establir dans les Indes, Qu'il le persuada facilement aux principaux Ministres. Néant moins comme il n'y a point de civilité si fine sur laquelle les Chinois n'enchérissent, et que les Mandarins sçavoicnt qu'ils ne P°rteroient jamais le Cham à rebuter des gens qui Festoient venu chercher de l'autre extrémité du Monde, ils luy conseillèrent de les renvoyer satisfaits, et de les remercier de la peine qu'ils avoient prise de le venir saluer do si loin. Ils luy représenteront en mesme t^ops, que le respect que les llollandois venoient rendre à son thronc ne leur devoit pas tant couster; que ce leur scroit une trop grande fatigue s'ils y revenoicut tous les ans; qu'il pourroit catre satisfait s'ils y venoient de cinq en cinq ans, et que lors qu'il* feraient le voyage ils y pourroient aussy faire leur com- Mttrcc. Le Cham dit qu'il cousideroit que tout ce que les Députés» ou Ambassadeurs pourroient faire, ce scroit d'aller de Peking «m Hollande, et de venir de Hollande à Peking en cinq ***** à moins d'y employer aussy les nuits: qu'il ne vouloit pas quile s'exposassent à toutes ces incommodités, et qu'il suflisoit qu'ils fissent le voyage tous les huit ans. Je ne sçais si ce fut une «.cJdresse du Prince Tartare, ou si c'estoit effectivement son intention de faire plaisir aux llollandois; mais il est bien certain c^u'il n'en fit point à la Compagnie, et que les Ambassadeurs •Broient bien voulu détromper l'Empereur Chinois, et faire chan-
0) C. à d.: merveilleuse.
408 Conque* de Columùo.
ger cette Kesolution, si les Décrets du Cham n'eussent pas este irrévocables ; de sorte qu'il fallut se retirer et partir. Di sorti* runt de Peking le 16 Octobre, arri? erent à Canton le 38 Janvier 1657, s'embarquèrent le 21 Février, et arrivèrent à Batavia k dernier jour de Mars. Ils ne remportèrent de cette Ambassade, dont la dépense montoit à près de cent mille livres, que la permission d'y faire un voyage tous les huit ans, et l'espérance d'establir un jour le commerce dans la Chine. Four y réussir il estoit nécessaire de persuader au Cham que le secours des Hollandois ne luy scroit pas inutile s'il les employait contre Coxinga, Mandarin Chinois, qui ne pouvant pas se résoudre à démener sous la domination d'un conquérant eatranger, s'estoit rendu fort considérable sur la mer, et incommodoit extrêmement les provmces maritimes de la Chine, aussy bien que les isles voisines, dont on verra une fuscheusc preuve dans la suitte de cette Histoire.
Cette, perte, si on peut appeller ainsy celle de l'occasion de faire un puissant establissement, fut bien reparée alors par k conqueste de la ville de Columbo. C'estoit la seule place que les Portugois tenoient encore dans l'isle de Ceilon, qui est 1a plus importante isle de toutes les Indes Orientales, tant à casse de sa situation à la pointe de la péninsule qui forme les celtes de Malabar et de Coromandel, que parce qu'entre les autres marchandises, elle produit seule la canelle dont on se sert dans toutes les autres parties du monde. Girard Hulft, d'une famille patricienne d'Amsterdam, que le zèle qu'il avoit pour sa patrie avoit obligé d aller aux Indes, où les premiers emplois ne pou voient pas manquer à sa qualité et à son mérite, se chargea de l'exécution de cette entreprise. Il assiégea la fille, et fut [tué [dans une attaque qui fut si vigoureusement poussée pur ses gens après sa mort, qu'ils contraignirent la garnison Portugoisc de capituler et de se rendre.
Retournons maintenant dans les parties les plus septentrionales de nostre Europe, où les Estats se trouvèrent en fin obliges d'appuyer la negotiation de leurs Ministres de la force de leurs armes. Les progrés que celles du Koy de Suéde continuoient de faire dans la Prusse lloiale, où la ville d'Elbing s'estoit rendue des le mois de Décembre 1655, et l'appréhension que l'on avoit en Hollande que cette conqueste ne fust suivie de celle de Dantsig, oecupoient toutes les délibérations des deux Assemblées des Estats Généraux et de ceux de Hollande. Mais il n'y avoit rien qui les inquietast plus, que le peu d'asseuranec qu'ils trouvoieot
L'Electeur de Brandebourg traiile avec le Boy de Suéde. 400
Initié qu'ils avoient fait avec l'Electeur de Brandebourg au m de Juillet de Tannée précédente. Son Conseil estoit com- S de Ministre», dont les uns estoient peu résolus, et les autres âjiterressés. Le Prince mesmc qui en ce temps-là avoit plus t»onté que de fermeté, et pas toute la connoissance de ses veri- «» interests qui luy estoit nécessaire, suivoit souvent aveugleffc les avis et les conseils de ceux, qui s'estoient establis dans confidence par des services ou peu honnestes, ou de peu d'imrtauice. Les Estats reconnurent bientost que la jalousie qu'ils BRioient de sa conduite n'estoit que trop légitime. Le Boy de taflde après avoir réglé ses affaires dans la Prusse Roiale, entra itee «on armée dans la Ducale, et s'approcha de Konigsberg. L'Electeur estoit dans la ville avec une armée de vingt trois mille hommes qui estoit accompagnée d'une très- belle artillerie; le sorte que le Roy qui ne pouvoit pas faire subsister son armée u ces quartiers là, se retira à Fridland, et envoya Oxentirn, son Chancelier, à Konigsberg. Les deux Princes agis- 3iont de concert, de sorte que la rctraitte du Roy ne fit point 0 préjudice à la negotiation du Chancelier, qui conclut son •aitté avec l'Electeur.
Quelques jours devant que ce traitté fust signé, Appel oom, Résident de Suéde, ne craignit point de faire entenre aux Estats:. 'Que les affaires du Roy, son Maistre, ne pouvoient pas estre en meilleur estât qu'elles estoient. Qu'une partie de la Prusse Roiale avoit esté conquise; que l'autre alloit s'accommoder, et qu'il ne s'estoit rien passé entre le Roy et l'Electeur qui pust faire douter que ces deux Princes ne fussent en tresbonne intelligence. Qu'il y vouloit bien âjouster que sans les mauvais offices de quelques voisins, ennemis du repos de l'Estat, auasy bien que de l'Electeur, le traitté qui rendoit tous les interests communs, scroit dcsja conclu. Et afin que l'on sceut, qui estoient ces voisins et ces ennemis du repos de l'Estat dont il vouloit parler, il disoit, que c'estoient ceux qui faisoient courir le bruit, qu'on se preparoit en Hollande à envoyer une armée navale dans la Mer Baltique, et à mettre aussy une armée en campagne. Que les auteurs de ces bruits faisoient entrer l'Electeur dans nn labirinthe dont ils ne pourraient pas le faire sortir quand ils voudroient." C'estoit s'en expliquer bien nettement. )ar on ne pouvoit pas douter que son intention ne fust de dire, [oc si ceux qui faisoient courir ces bruits estoient ennemis du epos de l'Estat, on devoit nécessairement faire le inesme juge-
410 Maneaim txcwtet det Mimitm êm BraMde6tmrj.
ment de ceux, qui par leurs conseils et par leurs Besoiutiou «t rondoiont ces bruits que trop véritables. Neantmoins les fruAi qui auraient esté bien aises de s'en éclaircir par la boache dit Kesident mesmo, le voulurent faire parler, ou pour l'engager, o* bien pour pénétrer les véritables intentions de l'Ekotenr; mai» le Ministre de Suéde refusa de sortir des termes généraux dos*, il s'estoit servy, et s'en remit du surplus à l'Electeur, qui s'en. fit bientost luy mesme l'interprète.
On apprit dés le mois de Février, qu'il avoit fait son traittâ avec le Roy de Suéde (1). On n'en parloit d'abord quarcer grande incertitude, et les Ministres de Brandebourg, qui aiers toute leur impudence n'osoiunt nier une chose dont on nepoimrifcpos manquer d'estro éclaircy dans fort-peu de jours, pubhoieDt= 'Que l'Electeur leur Maistre, bien-loin d'avoir rien fiait dont l'Ei—
* tut eust sujet de s'offenser, ou qui fust contraire au traitté dosa
* 27 Juillet, croyoit au contraire luy avoir fait plaisir, en le dé—
* chargeant do l'obligation où le premier traitté l'a voit fait entrer—.
* de le secourir d'hommes et de subsides. Que c'estoit uae m»—
* que de la prudence de l'Electeur, qui avoit voulu préférer ttB0 #paix tolcruble à une guerre qui estoit incertaine en ses succès-» »ct ruineuse en ses suittes; et qu'il avoit jugé devoir mettre ses
* sujets à couvert d'une insulte dont le secoors tardif et ekâgné m des Estât» no les pouvoit pas défendre. Qu'û avoit esté contrait «d'armer lors qu'il n'a voit pfl obtenir ny Ut paix, uy la neutralité; #mais qu'il croyoit présentement que ce seroit une imprudence à «luy de rejet ter les conditions raisonnables, qui ne eonsenroient » pas seulement ses Estats, mais les fortifioient aussy, et en estai- #doient les frontières; et ce dans un temps où son année man-
* quoit de fournge, et où il n'estait pas fort asseuré de l'affection «des habitants de kouigsberg, Luthériens zélés, et passionnés pour
* le Koy de Suéde. Que puis que le Ko y de Pologne mesnie avoit #cedé aux armes victorieuses de son ennemy, c'aurait esté une
* témérité à luy de s'y opposer; et que se trouvant abandonné de
* son Seigneur d'un costé, et de ses alliés de la Prusse Eoialc tir » l'autre, on no pouvoit pas trouver mauvais qu'il chercha st soa 0 salut dnns un traitté qu'il n'avoit pu refuser aux laran» de s»
* sujets, et aux instances des Estats de sou pais/' VVeimanqui se plaisoit à traitter toutes les affaires prohlcmatiquement. tnscaoil
(1) Voir ci-devant p. 371.
L'Electeur manque à ce qu'il avott promis aux Mats. 411
» donner de la force à ces raisons; pondant qu'au plus. fort de negotiation qui se faisoit entre le Roy et l'Electeur, il près* t les Estais de payer les subsides qu'ils a voient promis par le tt;^ du 27 Juillet. Ce qu'il fit avec tant de chaleur et d'im- » u>jrité, qu'au mois de Janvier on luy paya par avance ce qu'où toit tenu de luy payer qu'en Mars.
^-Electeur avoit promis par le mesine traitté, qu'il ne feroit contre les interests de ces Provinces et contre les intentions ^Bstats. Au traitté qu'il fit avec le Roy de Suéde au mois '«fcnvier 1656, devant que les six mois après la signature du wùr traitté fussent expirés, il ne se contenta pas de faire tout contraire de ce qu'il avoit promis à cet Estât; mais il voulut » aussy se faire reprocher qu'il avoit manqué à la fidélité ni devoit au Roy de Pologne, son Souverain (1). Dans ce dertr traitté * il renonça à tous les droits de vassallage qu'il avoit **l Boy et à la République de Pologne; il promit, pour luy et Pour ses successeurs, qu'à l'avenir il ne tiendroit la Prusse que <fe la Couronne de Suéde; d'en prendre l'investiture dans un an, *Hi en personne, ou bien par procureur, et que les Princes ses Successeurs, feroient Thommage dans Pan et jour après le deoés '<4a leur prédécesseur, en payant pour tous droits à chaque relief, 'tout Ducats (2); de secourir à ses dépens le Roy de Suéde en 'tates ses guerres défensives de mille hommes de pied, et de 'cinq Cens chevaux; de donner passage aux troupes et aux vais- ^ seaux (3; du Roy de Suéde; que les vaisseaux Suédois pourraient entrer dans tous les ports de Prusse, qui seraient toujours ouverts à tes armées navales, et fermés pour celles de ses ennemis; que l'Electeur n'armeroit point de vaisseaux de guerre dans la Mer Baltique sans le consentement du Roy ; que les droits qui seraient imposés sur les marchandises dans les ports des deux Pru&ses, eeroient partagés également entre le Roy et l'Electeur; que 11E lecteur retirerait ses troupes de la Prusse Roiale ; qu'il renonceroit à tous les traittés qu'il avoit faits contre les interests, et les intentions du Roy de Suéde; qu'il payerait les soldats Poloapi» qui estoient en garnison dans la Prusse Roiale, et qu'il ne feroit rien au préjudice de la Couronne de Suéde. Moyeu -
£1) Lisez: son Suzerain. •
(2) 4000 ducats (Dumont).
(3) Lisez: vassaux. Note du MS. Grothe.
* appellations qui relevoicnt auparavant à la Cour de \
* qu'il le protegcroit contre le Roy Casimir, ci coni *qui le voudraient troubler ou inquiéter à cause ou
* de ce traitté (1)."
On n'eut d'abord qu'une connoissancc générale, et ce qui avoit este' traitté entre les deux Princes; t eu apprit assés pour juger qu'il falloit prendre d'à ut avec l'Electeur. Il avoit esté résolu dés l'année passé l'on envoyeroit une Ambassade Extraordinaire au Ko; une autre au "Roy de Daunemarc, et une troisième de Brandebourg. Mais dés que l'on sceut qu'il avoit traitté avec le Koy de Suéde, les Estats de Holland considéraient plus comme un amy en qui on pust m rent que cette dernière Ambassade serait inutile, puis voit eu pour object que l'exécution de l'alliance qu venoit de détruire; de sorte que Ton ordonna Voj Pcnsionairc d'Amsterdam, et à Isselmude, Député d l'Assemblée de la Généralité, qui a voient esté nomme de licentier leur train et de faire cesser leur cquippag que les amis que l'alliance de la Maison d'Orange à l'Electeur, purent obtenir, fut, que l'on permit au: (leurs que Ton envoyoit au Roy de Suéde, de luy f s'ils estoient obligés de passer par son pais et s'ils troient en lieu propre pour cela (2).
Les premiers ordres que l'on donna aux Ajnbaa nous avons nommés ailleurs, dont l'un est présente] taire du Conseil d'Estat(S), et l'autre Conseiller Pe
héritiers effort? des aïmès âr Svede m Pologne. 41$
tonde (l), leur enjoignoient de tascher de faire la paix entre *clogne et la Suéde, et d'offrir leur médiation pour cela; de ■nmander les interests de l'Electeur de Brandebourg; de traer à faire une forte liaison entre les Estats des deux Pruset de se plaindre des exactions que les vaisseaux Suédois ment à la rade de Dantsig. Mais dés que l'on scenst le gpment de l'Electeur de Brandebourg, on changea aussy leur r» fiction, et on leur ordonna (2), de faire civilité au Boy de l« sur son avancement à la Couronne, et sur la naissance du « son fils, et de faire avec luy un traitté pour la liberté et la seureté du commerce. Ils partirent au commencement du t de Mars, à dessein et avec ordre d'aller droit à Dantsig, parce que la conservation de cette ville estoit de la dera importance aux Provinces- Unies, que parce que le Boy de île estoit encore en Pologne. Il y estoit allé dés qu'il se fust \iré de l'Electeur de Brandebourg, et sur l'avis que le Boy simir assembloit un puissant corps d'armée. îeluy de Suéde passa la Vistule le 18 Février auprès de la e de Casimir, et rencontra auprès de Bodom Czarnetsky a teste de quatre-vingts cornettes de cavallerie, qu'il poussa et H, remportant douze estendarts de cette rencontre. La ville de iblin se rendit après cette déroute, aussy bien que Jarislau, et Noblesse du Palatinat luy fit le serment de fidélité. Ce furent les dernières conquestes que les armes de Suéde eut en Pologne. La Noblesse de Pologne qui avoit pris party îc le Boy de Suéde, devant que de se donner le loisir de se onnoistre, le quitta, et ne pouvant se résoudre à vivre sous la mination d'un Boy estranger et hétérodoxe, déclara, qu'il leur )it manqué de parole, et qu'il avoit converty sa protection tirannie; et retourna auprès de son Boy naturel et légitime •y brusquement qu'elle l'avoit quitté quelque temps auparait. Witteberg et Douglas, Généraux Suédois, furent dé- Is; le Boy mesme fut contraint de lever le siège de Samosc, pensant prendre poste à Jarislau qu'il avoit dessein de forer, il trouva que les Polonois l'avoient prévenu, et qu'ils itoient desja rendus maistres de la place. Il y apprit aussy que Marquis de Bade Dourlach, qui luy aroenoit trois mille
1) De Huybert.
2) Voir Résol. secret, des Etats de Hollande du 26 Février 1656.
414 Le* ÂMÙuumiem's des Eiiati arreUù.
hommes, a voit este défait; de sorte que ne trouvant point de retrait te, il prit poète sur la rivière de Zaen, cù il se rctrancaa, pendant que les Polo n ois le tonoient si étroittement assiégé <nl investy, que ne pouvant faire scavoir de ses nouvelles, on k croyoit mort, et son armée ruinée. Mais le 30 Mars il passa la rivière de Wiepcr, ot nyaut assemblé quelques bateaux, il y embarqua ses troupes, et arriva le 28 Avril à Waraavie, où il lais» Wittoberg, et alla avec une partie de la cavallerie en Prune, Il arriva le 1 jour de May à Thorn, et le 7 à Elbing; son armée estant dans un si mauvais estât que sans le secours de l'Electeur de Brandebourg, il auroit esté contraint d'abandonner «s conquestes dés ce temps- là.
Cependant les Ambassadeurs des £stats estant arrivés le U Avril à Louwcubourg, petite ville de Cassube, où les Suédois a voient gurnison, le Gouverneur de la place fit difficulté de la laisser passer, B'e&cusant sur un ordre gênerai qu'il disoit avoir, de ne laisser passer personne. C'estoit en effet nn ordre particulier que le Chancelier de Suéde luy a voit donné au sujet des Ambassadeurs, parce qu'il vouloit qu'ils vissent le Boy devant que d'aller ù Dantsig. Ils protestèrent de la violence qu'on faisait i leurs personnes et à leur caractère, contre le Droit du G*m. et sur les plaintes qu'ils eu firent, ils obtinrent au bout de hait jours la liberté de poursuivre leur voyage, comme ils firent, et arrivèrent à Dantsig le 24 du mesme mois. Ces Ministres qui n'a voient ]>as encore fait connoistre leur qualité au Boy de Suéde, qui n'estoit pas obligé de leur donner passage dans les places, où il avoit sa garnison, et qui estaient frontières de ses ennemis, avoient tort de se plaindre de la violence qu'ils disoient qu'oa faisoit au Droit «W Gt-n*% veu que ce droit n'e»toit blessé es aucune inuuiere, et que le lioy de Sucde u'estoit point oblige de rehpeetcr un caractère 411e Ton ne luy avoit pas fait connoistre (1)» Pendant que le Boy de Suéde estoit en Prusse, celuy de Pologne qui avoit tait un dernier ctfort pour mettre une puissante armée eu campagne, partit de Leopol, et estant entré plus-avant daos le Boiaunic, reprit le 1 Juillet la ville de Warsavie par assaat, II avait aceorde des eouditions assés honorables et avantageuses « Wittcberg qui y commandoit, et qui s'estoit retiré dans Je C lia M eau, mais la Noblesse Polonoi.se viola la capitulation, rt
(1) Voir Wicquc tort, CAuilnutMileitf el .*r* joutions. 1. p.- Jwî.
V Electeur tusrke de *e justifier. 415
irresta Wittebcrg, qui fut emmené dans une place de la Russie Blanche, où H mourut quelque temps après. Les Polonois ne jouirent pas longtemps de cet Avantage; car le Koy de Suéde (jui avoit de puissants amis dans le Conseil de l'Electeur de Brandebourg, et entre autres le Comte de Weiman(l), que Ton ne eonnoissoit pas encore si bien que Ton a appris à le connoistre depuis, trouva le moyen de le gagner, en sorte que l'Electeur noit content de luy prester son armée, voulut bien se mettre à la teste pour aller combattre les Polonois en personne. - Devant que les Esta ta des Provinces-Unies eussent une copie du traitté de ces deux Princes, les Ministres de l'Electeur tcaoient les discours que j'ay marqués cy-dessus. L'Electeur eut bien Passcurancc de leur faire dire la mesme chose par un gentilhomme qu'il leur envoya exprès pour cela. Cet Envoyé (2) ne craignit point de déclarer dans l'audiancc qu'on luy donna: 9 Qu'au traitté que l'Electeur venoit de conclu rre, il n'y avoit #rien qui fust contraire à celuy du 27 Juillet; que l'Electeur m 'avoit pas voulu permettre qu'on augmentast les droits d'entrée met de sortie à Pillau; que le Koy de Suéde l'on pressoit, mais rque l'Electeur ne le souffriroit point, et qu'il prioit les Estats rde l'assister de leurs bons conseils, aussy bien que de leur sem cours en cette rencontre." Il produisit d'abord deux articles qu'il diaoit ostre les plus importants, et en suit te une copie simple et non signée du traitté, dont on ne fut pas fort satisfait. Il offrit aussy la médiation de l'Electeur son Maistre, pour l'ac* commodément des différends que cet Estât pou voit avoir avec le Boy de Suéde, faisant espérer que l'Estat auroit sujet d'en estre content. Il y âjousta : ' Que l'Electeur croyoit avoir satisfait à r-1'obligation en laquelle il s'estoit constitue envers les Provinces, m parce qu'il pouvoit se servir de leur exemple et les imiter; puis rque nonobstant les promesses solemnelles et réitérées qu'ils f avoieut faites en ïYancc,ils n'avoiunt pas laissé de traitter avec r TËépagne sans le consentement de cette Couronne alliée, lors qu'ils m oroy oient qu'elle devoit se contenter des offres qu'on luy faisoit
(1) Lisez: le comte de Waldeck. V. Puffendorf, de Reims çestis Fretkrici Wilhflmi ma gui, Electoris Braudeuburgici, VI. § 15, 1(J. Le nouveau traité avec la Sut»dc fut signé à Mariembourg le 15 Juin 1C5C. V. Du m ont, Corps, etc. VI. 2. p. 13G— 139.
(2) Nomme Von Bon in. Aitzcma, S. ran Staet. 111. 36. p. 1263, 64.
t Électeur taicke de se juttlfa.
m de la part du Boy Catholique." Ce Ministre qui tç ne persunderoit pas ce qu'il nvoît dit, n'attendit po et partit. Les Estats firent bien voir qu'ils n'ei persuadés en effet. Ils firent dire aux deux Ministr bourg qui estoient demeurés à la Haye: * Qu'ils i
* point qu'on levast de nouveaux droits dans les p *ou qu'on augmentast les anciens; et que si l'Elec ^ou souffrait qu'un autre le fist, il ne pourrait pi 'd'avoir violé le traitté, qui ne luy perraettoit pa 'prester ses ports et ses havres au Boy de Sued »tr.ouvast une retraitte pour ses années navales. Tcnt, que ces mesmes Ministres ayant tousjoun 'l'Electeur leur Maistre, ne ferait jamais rien ai 'traitté du 27 Juillet, ils s'asseuroient qu'il ne 1
• luy pust attirer un juste reproche, puis que de 'l'avoicnt exécuté avec plus de punctualité que F ' légitimement désirer d'eux." C'est ainsy que le expliquoient ; mais au fond ils en avoient une I opinion, et il n'y avoit rien qu'ils n'appréhendasses qui venoit de manquer à deux traittés, aussy bien qu'il avoit au Boy et n la Republique de Pologne.
Et de fait l'Electeur n'en demeura pas là; il i pas de se tenir dans les termes de la neutralité, il i trouver le Boy de Suéde, prit une tres-forte amiti joignit mesmes ses forces à l'armée Suédoise, pour ai celle de Pologne. Cette jonction se fit à Nowodir crotoskin entre la rivière de Bug et la Vistule, le ! et les deux jours suivants se donna la bataille où 1 logne, qui avoit renforcé son armée d'un grand no tares, fut défait. L'Electeur qui ne pouvoit pas igi jonction scandaliserait tout le monde, et particulier Estats des Provinces-Unie9 en feraient un très mau leur escrivit quelques jours devant le combat (2j: t 'pu se dispenser de cette jonction, parce que les Pc ' fort fièrement rejette les propositions qu'il leur * 'faites touchant raccommodement qu'ils pouvoient
L'Electeur tasche de se justifier. 417
»la Suéde, de sorte que si le Roy de Suéde ne fust pas entré en 'Pologne, les Barbares s'en seroient rendus les maistres. Que luy et »«es prédécesseurs avoient este si indignement traittés par les 'Polonois, qu'il n'estoit pas obligé de hasarder sa personne et ses
* Eetcàts pour l'amour d'eux ; que passant par dessus cette con- 'sidention, il n 'avoit pas laissé de lever des troupes, qu'il avoit 'bien voulu envoyer à leur secours, maïs qu'elles avoient esté
# mal tarait tées par les Polonois; que Czarnetsky avoit eu ordre
m de ïe considérer comme ennemy, et qu'il avoit fait une ir-
^ruF^tion dans la Pomeranic; que le Roy de Pologne avoit luy
#m£9ne abandonné le Roiaume, et qu'une partie des Sénateurs
*W*>i.t suivy son exemple, et l'autre s'estoit mise en la pro-
#tectïon du B0y de Suéde; qu'à cause des Suédois, les Polo-
#qoi^ avoient conceu une haine implacable contre les Protestants,
*dorx<t ils avoient donné une sanglante preuve dans la ville de
,l#^*^ow." Ce fut par ces raisons que l'Electeur vouloit donner
de ta» couleur à une action qui en avoit pris une assés forte pour
e&c^'r toute autre teinture. Il sembloit qu'il ne fut pas luy
»«i*i€ï bien persuadé de leur force ny de leur vérité. Enjoignant
•w firmes à celles du Roy de Suéde, et en voulant bien aider
de m personne au succès de la bataille de Warsavie, il luy avoit
raidu un très signalé service, et avoit relevé la réputation et
testât de ses affaires, qui avoient receu une très fascheuse atteinte
eû Pologne, et il voyoit de l'autre costé toutes les puissances voi-
•*nes s'armer, et conspirer contre le Roy de Suéde.
I*e Moscovite estoit entré en Livonie, où il avoit pris Dune-
"0«**g, et il alloit assiéger Riga. Les Provinces-Unies avoient une
mr**k4e navale assés considérable à la rade de Dantsig. L'Em-
P^^ur ne pouvoit pas consentir à la perte de la Pologne, ny les
"*«*ces Catholiques, tant d'Allemagne, que d'Italie, à celle que
10,1 ^ Religion feroit en ces quartiers-là; et le Roy de Danne-
ln* **€, tousjours jaloux et ennemy de celuy de Suéde, surtout depuis
*** 1645, vouloit se ressentir de l'insulte que les Suédois avoient
»*t^ au nov 80n pere^ en ce temps là, et estoit dans l'impatience
*■* Rencontrer l'occasion, qui luy pust faire recouvrer les Provinces,
V* *1 avoit esté contraint de laisser à la Suéde par engagement.
"électeur qui avoit interest que le Roy de Suéde, dont le voisi-
Mft^ ne luy estoit desja que trop incommode tant dans l'Empire
V en Prusse, ne devinst pas plus puissant qu'il estoit, ne trou-
vo*t point de seureté du tout dans son alliance. Ses Ministres, et
lT on
418 Negotiatio* de Coppenkaguê.
surtout Daniel W ciinnii qui estait fort propre à jouer tontn sortes de personnages, en firent confidence à quelques uns du Gouvernement à la Haye, où ils firent connoistre que leur Miista avoit pour le inoins autant d'envie de sortir de cette société léonine, qui ne servoit qu'à fortifier l'ambition de cet importun nmy, que les Estât s avoient d'interest de l'en détacher.
Le Roy de Dunncmnrc estait celuy de tous les Princes de «s quartiers là dont l'amitié fut le plus universellement recherchée, Le Koy de Suéde, le Grand Duc de Moscovie, et rElecteor de Rrandebourg avoient leurs Ministres à Coppenhague. Le premier pressoit fort le Koy de couclurre avec luy. Le Ciar au contraire le fui soit asscurcr qu'il entreroit avec une puissante armée en Livonie, en suitte du traitte qu'il venoit de faire avec k Boy de Pologne, qui avoit son Ambassadeur en cette Cour là. Ewald Cleist, Ministre de Brandebourg, prioit le Roy de Dannemare de sViuployer pour raccoininodenieut des deux Rois de Suéde et de Pologne, et taschoit de luy persuader que son interest l'obligeoit à se joindre à l'Electeur son Maistrc, et au Roy de Suéde, plustost qu'aux Prownces- Unies. Il vouloit que le Roy de Dannemare crust, que quelque traitte qui se fist entre ks deux Boii de Pologne et de Suéde, celuy cy ne restitueroit jamais la Prusse, qui estait la chose du monde que l'Electeur mesme devoit craindre le plus, et qui devoit contribuer le plus à faire déclarer le Boy de Dannemare contre celuy de Suéde. Aussy fut ce une des plu» fortes raisons qui firent rentrer l'Electeur dans ses véritables intérêts, et qui le détachèrent de ceux de ce dangereux voisin.
Les Estats avnicnt nommé à l'Ambassade de Dannemare Conr a d v a u H e u n i n g u e u , alors Pcnsionaire, et présentement Bourguemaistrc d'Amsterdam, Godard de Keede d'Amcrongue, de l'Ordre des Nobles d'Utrceht, et M at thias Viersen, Conseiller en la Cour de Justice de Frise. Leur Instruction porloit (1): /'Qu'ils remereieroient le Roy de ce qu'il avoit fait pour * l'Estat pendant la dernière guerre d'Angleterre, parce qu'il avoit 'beaucoup contribué à la faire terminer avec quelque avantage *et quelque gloire pour cette Republique. Qu'ils representeroient rù Sa Majesté Testât des affaires du Nort, et luy feroient con-
(1) Cet le inMruelioii se lit dans Aitzciua, *S\ ram Stucf, J J I. 3fc p. \'2\Ô sv. ^ dvez ci-devant, p. o/.'i.
Inttruction des Ambassadeurs, 419
noistre le péril où ses Estats et Boiaumes se trouvoient exposes. Qu'ils luy parleroient de l'intention que l'on avoit icy, et des Résolutions que Ton y avoit prises sur ce sujet; de la considération que l'on y avoit pour ses interests, que Ton jugeoit tellement inséparables de ceux des Provinces-Unies, que c'estoit pour la conservation et pour la défense de ses places principalement que Ton avoit envoyé Tannée passée une armée navale dans la Mer Baltique. Mais ce qu'on leur recommanda le plus particulièrement, ce fut de pénétrer l'intention du Roy de Dannemarc et les sentiments de ses Ministres ; de les porter à quelque ressentiment des exactions que les vaisseaux de guerre Suédois faisoient à la rade de Dantsig, à envoyer une Ambassade solemnelle au Roy de Suéde pour l'exhorter de les faire cesser ; de le disposer à une triple alliance entre le Dannemarc, le Protecteur d'Angleterre, et cet Estât, et pour dire en un mot, à se déclarer contre le Roy de Suéde, s'il estoit besoin, en faveur de la liberté du commerce, qui se fait dans la Mer Baltique: pour cet effet, à armer par mer et par terre, et à faire alliance avec les autres Princes et Estats, que l'interest commun obligeoit à s'opposer à la puissance du Roy de Suéde." Les Ambassadeurs des Provinces Unies n'eurent pas beaucoup de eine à reconnoistre, non seulement que la Cour de Coppenhague onloit bien entrer dans les sentiments des Estats, mais aussy que ss Ministres avoient envie de se servir de cette occasion pour eadre à la Suéde ce qu'elle avoit preste au Dannemarc depuis lusieurs années (l). Apres les premières conférences un des rincipaux Ministres Danois asseura les Ambassadeurs, que le toy leur Maistre ne traitteroit point avec le Roy de Suéde sinon e Tàvis et avec la participation des Estats des Provinces Unies, lisant espérer en mesme temps, que moyennant qu'on changeast uelques articles, on pourroit renouveller le trait té du 9 Oc- >bre 1649. Les Miuistres jugeoient que le secours de quatre lille hommes que l'on avoit stipulé par ce traitté, n'estoit pas affisant, et qu'il falloit pour le moins doubler le nombre, laismt au Roy l'option de le prendre effectifs, ou bien en argent, la disoient aussy que le Roy ne trou voit pas sa scureté au 'II article du mesme traitté, qui n'obligeoit les alliés à le se-
(1) Voir: Aitzema, S. tan Slaet, I il. 36. p. 1290.
continent et sans rielay: comme aussy si le secou este stipule par le traitté ne fust pas suffisant, qu le non attaqué assisteroit l'attaqué d'un secours ci pousser la violence de l'attaquant, et ce à des coi on conviendroit par des articles séparés. Les Esta rent à tout cela; de sorte que le traitté fut conclu 1036, * contre la violence de ceux, qui à l'occasion
* qui estoit allumée entre la Pologne et la Suéde, in rou troubloient la navigation et le commerce delà \ <ret particulièrement ecluy de la ville de Dantsig; i
* contre les dangereux desseins de ceux qui estant a;
* la présente guerre, en vouloient à cette ville-là; la
* promettant de la secourir de toutes leurs forces ma 0 se garantir réciproquement de tout ce qui leur pour h cause de ce secours."
Ce traitté (1) fut conclu nonobstant les devoirs q tre de Brandebourg fit pour l'cmpcscher, et pour fai negotiation entre les deux Couronnes du Nort, qu devoir pas faire les difficiles, parce qu'il promettoit landois y trouveroient leur satisfaction. Les Minis nemarc disoient : * Que la negotiation qu'ils avoiem #avcc la Suéde, n'avoit esté interrompue, que parce » leur Maistrc ne pou voit pas trait ter sans les Pro #ct qu'après qu'on les auroit satisfaites, le Roy s'
* aussy; que les efiiecs de l'Electeur de Brandcbo «'agréablement receus, et qu'il ne pouvoit pas doul #nc considernst ses interests; que par les passe r
* Suédois donnoient à toutes sortes de personnes, ils
Opdam en Dannemarc. 421
»lea droits qui luy estoient deus au passage du Sond; et qu'ils *Iuy dévoient restituer les places et les Provinces qui estoient 'demeurées à la Suéde par forme d'engagement en vertu du 'traitté* de Bromsebro." Les mesmes Ministres Danois prièrent les Ambassadeurs des Estats, de foire en sorte que leurs Maistres le réglassent rien avec la Suéde qu'elle n'eust donné cette satisfaction au Roy leur Maistre.
L^intention du Roy de Dannemarc estoit de n'en demeurer «s là. 11 ne se contentoit pas d'un secours limité, mais il fit arler aux Ambassadeurs d'une alliance plus étroite qui rendist ous les interests des Alliés communs. Les Ambassadeurs n'aoient point d'ordres pour cela; mais ils ne laissoient pas d'écouar les ouvertures qu'on leur faisoit, de peur qu'en les rejettant s »* obligeassent les Danois à s'engager avec la Suéde et avec 'Electeur de Brandebourg, qui avoient encore leurs Ministres à Jopj>eTihague. Ce traitté n'empescha pas les Ambassadeurs Holanrîois de presser le Roy de Dannemarc de supprimer la Comjafc1*^ qui avoit esté érigée depuis quelque temps pour le commerce du sel, au préjudice du traitté de 1645, et de révoquer les Déclarations qui avoient esté faites touchant quelques droits qui ac Revoient en Norvcguc, contre le traitté de 1647. Us demandant aussy la valeur des navires Anglois chargés de chanvre, à® gouldron, et d'autres matériaux, que le Roy avoit fait saisir dau% le Sond en 1652, et les interests des sommes que les Estât* avoient payées par avance sur le traitté de Redemtion, qui avoit esté supprimé. Us se plaignoicnt encore des droits extraordinaires qui se levoient en Norveguc sous prétexte que les nariies n'avoient pas esté bien jaugés et mesurés en Hollande; comme aussy des vingt quatre deniers ou six liards par lest que l'on faisoit payer pour le fanal de Heusc, dont les Anglois estoient exemts. Mais les Ambassadeurs n'insistoient que foiblement sur tout cela, et pour faire connoistre seulement qu'on avoit droit de le demander, et que peut estre on le demanderoit an jour.
Le Roy de Dannemarc de son costé fit prier les Estats, que leur année navale hivernast dans ses ports; mais on s'en défendit. Opdam Lieutenant Amiral de Hollande la commandoit avec une Commission des Estats Généraux. Il n'avoit que trois vaisseaux lors qu'il arriva à la veiic du chasteau de Cronenbourg, le 25 Juin; mais il y trouva Ruiter, qui en avoit vingt huit, et il y eu avoit trois à la rade de Coppenhague. Il fit la rêve-
422 Traitlê cCElbing.
retire nu Roy de Dannemarc, et alla après cela à Dantsig, ou ^ fut renforcé de neuf vaisseaux Danois (1).
Le Roy de Suéde consideroit, qu'il luy est oit presque impossible de se conserver la Pologne, où il n'a voit pas une seule pUc^ forte, et où il estoit l'aversion des peuples, comme il en estoit 1*^ fleau; que le Moscovite estoit entré dans la Livonie, où il «(£'*pris Dunebourg, IVrpi, Kakenhauscn, et le Fort Terkyc, et il as — siega Riga le 16 Aoust ; qu'il n 'estoit pas as se u ré de l'Empereur ^ qu'il a voit sujet d'appréhender une puissante diversion à ses sr — mes du costé du Roy de Dannemarc, et que la flotte HolLindoiscr qui estoit à, la rade de Dantsig, rempeschoit de se rendre maisti de cette ville là, dont la eonqueste luy pou voit asseurcr seule reste de la Prusse, qu'il ne pouvoit pas garder sans cela. C*< pourquoy il earessoit fort les Ambassadeurs Hollandois, et leasssrfaisoit espérer tous les avantages qu'ils se pou voient promettre d'un bon trait té. Le Roy de Dannemarc mesme estoit d'èv»* qu'il falloit eonclurre avec luy, et en parloit aux Ambassadeur~<9 en ces termes. Cet Estât avoit interest d'asseurcr la navigitio'Kx et la liberté du commerce de la Mer Baltique, et les Ambassadeurs jugeoient que cette scureté se rencontrait dans les conditions que le Roy de Suéde leur offroit ; de sorte que voyant qu^ ses offres est oient conformes h l'intention de leurs Maistres, et que e 'estoit tout ce qu'ils pouvoii*nt désirer en vertu de leur Instruction, ils ne tirent point de difficulté de signer le traitté k Il Septembre. CY>t ce traitte d'Elbing, dont il a esté touché un mot cy devant (2i, et dont il sera encore parlé dans les Livre? suivants. Ce n 'estoit proprement qu'un renouvellement des traittes que r Estât a voit faits avec la Suéde en 1640 et 1645. Ccft pourquoy les lVputcs de< E«tats qui l'examinèrent à la Ifovc rapportèrent a l\\ --emblée <!<-s Eclats Généraux (3): * Qu'ils n'y
(1) Le r«Vit «le IViequefort laisse ici Iwaucoup à désirer; 1» remarque qu'en fait l'auteur de r/.Wi de Critique est plus fondée que celle qu'on lira ci- après p. 42 L
(2) 0 L'auteur s'est iiuasiné qu'il en avoit parlé ; mais cela n'est p»>*. Ce qui pourrait faire croire qu'il avoit mieux détaillé cette necocution sur quelques feuilles volantes et que son copiste a oublié de les tram*eriie et lui de revoir la copie" (AVw/i ffe Critique, p. 367). Le îraif se trouve dans Aitzcma, .S*, r. Staet, III. 36. p. 127$ — 1260. Dumont, Cnrj>xt etc. VI. 2. p. 147 — 14S.
(3) Le 25 Septembre.
Jkmisig comprise au traitté. 423
ro/e vit rien trouvé qui ne fust conforme à l'Instruction des n£»^s9adeurs, et aux ordres qu'on leur a voit envoyés depuis l/^s» estoient partis."
.^y avoit compris le Koy de Dannemarc, le Protecteur d'An-
kt--^3, l'Electeur de Brandebourg, et plus particulièrement la
S ^a Dantsig. Les Ambassadeurs avoient ordre d'y comprendre
r i lie, quand mesmes elle n'y voudroit pas estre comprise, parce
jyugeoit qu'il falloit la conserver en toutes les façons. Les
» croyoient qu'ils pouvoient la secourir sans faire violence
te- «bittes qu'ils avoient avec la Suéde, non seulement parce
te Eoy avoit esté assés imprudent pour déclarer qu'il n'avoit
\l ^le traitté avec cet Estât, mais aussy parce que celuy de
W «stoit purement défensif et n'obligeoit les Estats que contre
ix c^xii attaqueroient la Couronne de Suéde, ou qui troubleroient
navigation de la Mer Baltique, mais il ne les empeschoit pas
défendre ceux que la Suéde attaqueroit. Au contraire l'interest
^ïûun et la liaison que les Estats avoient avec les villes Ansea-
V*®*, dont celle de Dantsig est une des premières, just inoient
&T procédé, et la Resolution qu'ils avoient prise de la secourir.
)tfire qu'ils y estoient eu quelque façon obligés, parce qu'elle avoit
e<té comprise au tr.iitté que les deux Couronnes du Nort avoient
fert- à Bromsebro en 1645 par leur entremise. La Frise alloit plus
toito, et fit proposer dans l'Assemblée des Estats Généraux:
' Qu'il falloit asseurer la navigation de la Vistule, mesmes au
'dessus de Dantsig jusques à ïhorn." Le Prince de Nassau,
Gouverneur de la Province, employa tout son crédit pour empe-
•cher que Ton n'y prist cette Résolution, qui ne pouvoit pas plaire
s l'Electeur de Brandebourg son beaufrere, mais celuy de ses amis
et de ses créatures se trouva trop court (1). Toutefois les Estats
Généraux jugèrent, qu'il y auroit de l'imprudence et mesmes de
la témérité à porter leurs armes si avant dans la Prusse.
La ville de Dantsig refusa d'estre comprise au traitté (2), tant
(1) Lettre de de Witt à Nieupoort du 4 Juillet 1650 {Brincn, LJI. p. 248).
(2) L'inclusion de la ville de Dantzig était stipulée de la manière rui vante: Civitas quoque (iedaiicnsis comprehendatur et includatur, }uexnadmodum hisce comprelicuditur et ineluditur, cum omnibus suis lurîbus, Privilegiis, Immunitatibus, Libcrtatibus et légitime receptis Consuetudiuibus, salva atque intégra fide quain praedicta Civitas Régi Poloniae débet, et salva incorporât ione cjusdem iu Borussia, ita ut
424 Elle refuse d'y étire eomprûe.
parce qu'en s'obligeant à vivre en amitié et bonne intd&igcac* avec le Boy de Suéde, on la vouloit faire consentir à ce qu'a* préjudice de la fidélité qu'elle devoit à la Pologne on la débui~ chast des interests de cette Couronne là, que parce que le tnitt^ ne luy accordoit pas la încsine neutralité, ny les mesmes ifiat»— ges que le Koy de Suéde luy avoit offerts, lors qu'il n'y aroit qu'elle qui s'opposast au progrés de ses armes. Slingueland(l)e& de lluibcrt, deux des Ambassadeurs Hollandois, y firent nam voyage exprés pour tascher de persuader au Magistrat de souffrir qu'elle fust comprise au traitcé. Ils luy représentèrent que I» ville s'acqueroit un avantage incomparable par ce traitté où le» Estats dciiieuroicnt aucunement garands de aa seureté, au bcia qu'auparavant clic ne la pou voit chercher qu'en la seule parole du Koy de Suéde, et ils offroient d'en faire oster ces termes cloquants (Ta initia et de ton ne intelligence avec la couronne de Sudc ^ mais toutes ce* remonstranecs furent inutiles, et la ville refusa avec fermeté d'estre comprise au traitté (2). Elle avoit rejette et méprisé, par manière de dire, les offres du Koy de Suéde lors mesmes que les affaires de Pologne estoient désespérées. Et de fait il n'est oit pas bien possible qu'elle se separast de la Pologne-, parce que ce sont les rivières de ce Koiaumc qui font tout son commerce et toute sa subsistenec. Elle joûissoit sous la protection de cette Republique là d'une liberté qu'elle ne pouvoit pas espérer sous le Gouvernement despotique des Suédois; et elle dc pouvoit pas accepter la neutralité sans manquer à ce qu'elle devoit à la Cour de Pologne. Il est certain aussy que la ville de Dantsig, en perdant sa liberté perdoît uussy tout son commerce, et devenoit non seulement inutile, mais mesmes formidable à cet
ab hoc die cesset in ter î\ H. M. et Civitatcin Gcdancusem onrois hostilitas." (Texte selon Aitzcina, plus complet que celui de Dament).
(1) Dans le MS. de Delft ce nom est écrit par abréviation, Sliug.; d'autres copistes (c. a. celui du MS. (irothe) en ont fait Ring, ce qu'on trouve aussi dans l'édition imprimée. L'auteur de YEssaideCntique (p. 307) ne sait que faire de cet Ambassadeur inconnu; fSaus doute, dit-il, il faut lire d'Amerouges (qui s'appeloit Kecden). Ce qui m'einbarassc c'est que d'Amerouges était de l'Ambassade île Coppenhague et de lluybcrt de celle de Suéde. D'A me ronges scroit-il venu ii Dantsig avec; le Seigneur d'Opdam et la Flotter"
(2) Voir Késol. Secret, des Etats de Hollande du 10 Octobre 1656.
Le Boy de Suéde déclare qu'il va asiieger Dantsig, 425
t, et achevoit de rendre le Roy de Suéde maistre absolu de Eer Baltique et de toute la Prusse. C'est pourquoy celles des inces Unies qui sont le plus intéressées au commerce de ces tiers là, estoient d'avis qu'il ne la falloit pas abandonner, quoy les autres qui ont le fort de leur trafic dans la Manche et l'Ouest, voulussent qu'à l'exemple de la France et de l'Angle- , on ne se meslast point des affaires de Pologne, et qu'on ist agir le Roy de Suéde selon ses interests et son inclina- Mais les Députés de Hollande et de Frise, qui attirercut du quartier de Zutphen dans leur sentiment, firent résoudre cours de Dantsig, nonobstant la contradiction des Députés eelande; le silence des autres quartiers de Gueldre ne poupas einpescher que l'on ne prist cette Résolution dans l'ab- \ de la Province d'Overyssel, qui n'avoit point de Député à aye en ce temps là (1).
s Ministres de Suéde avoient déclaré aux Estats, comme r à la Cour de Coppenhaguc, que le Roy leur Maistre alloit <er la ville de Dantsig, et qu'il ne d ou toit point que les Estats entassent punctucllement le traitté de 1640, qui les empet de secourir la ville, et leurs sujets d'y continuer leur couiî pendant le siège. Mais cette Déclaration, que les Comires du Roy de Suéde confirmoient dans les conférences . avoient avec les Ambassadeurs Hollandois, au lieu de prol'effet que le Roy s'en .promettoit, fut cause qu'on donna au Lieutenant Amiral, d'aller avec l'armée navale à la rade antsig, et fit haster la Resolution que Ton prit à la Haye Juillet 1656, aussy bien que le traitté que Ton conclut eu 5 avec Chrestien Sch roder, Envoyé de Dantsig, et Niis de Bie, Résident de Pologne (2). On leur promit que :>y de Dannemarc et cet Estât assisteroient la ville, à coati que les sujets de ces Provinces qui voudroient s'y establir ùre leur commerce, ne seroient pas obligés d'y payer d'autres s que ceux que les habitants de la ville payoient. C'est ce les Ministres promirent, et qu'ils le feroient ratifier par le et par la Republique de Pologne, quoy que ny l'un ny
) Voir: Aitzema, S. v. Staet, 111. 36. p. 1270. L'avis des dé- \ de Zélaudc se trouve 1. c. p. 1270, 1271. I Voir: Aitzema, S. r. Staet. 111. 36. p. 1269, 1270. Dut, Corps, etc. VI. 2. p. 143.
vilcgcs et de ses libertés, tant auprès du Roy de Po près de ecluy de Suéde, et incarnes qu'il la secouren stant son intercession, le Roy de Suéde entrepreu ou de bloquer la ville, ou d'incommoder son coinmer Ilollandois estoit encore si sa rade, lors que le tra fut conclu, et on peut dire qu'il y contribua beaucoi Nous venons de dire que ce n'est oit proprement q mation des tmittés de 1640 et 1645, qui y furent firmes et renouvelles, connue s'ils y eussent esté insi mot. Et dautant qu'ils oblîgcoient les alliés à un ce limité, en cas que l'un des deux fust attaqué par 1 on prevoyoit bien que le Roy de Suéde prétendrait i le secourust contre le Moscovite, qui estoit entré en il avoit assiégé Riga, quoy que le Roy eust dcclnn que ivs deux trait tés ne regardoient que le Roy de et (jue le Moscovite cu*t rompu devant la signatu d'KIbing. Ce qui embarassoit les Estats, qui avoû les oreilles battues des plaintes et des reproches qu Dannemarc et les autres Princes intéressés leur fa précipitation avec laquelle ils avoient conclu le traitt n'y eust aucune justice en ces reproches. Les Minis ncniarc estoient ceux qui en avoient le plus pressé et présentement qu'il estoit conclu, ils en v oui oient i ratification, et faisoient accroire que ce n'est oit que des Estats que le Roy leur Maistre avoit refusé avec le Roy de Suéde. Mais il y avoit une très retire, en leur manière d'agir (1). Le traitté d'Elr
fl«» r»vïint;inro nu 1?nv t\o 1 ):miieni»i rc. » nui on nvnit
Prétexte des Estais pour ne point ratifier le trait te éPElbing. 427
eu que le Roy de Danneroarc a voit fait negotier sans la parti pat ion des Estats an traitté qui leur estoit du dernier preju- ^, et qui n'estoit pas encore conclu comme celuy d'Elbing. L-*cs Estats ne pouvoient pas désavouer leurs Ambassadeurs qui >f cnt punctuellement suivy leur Instruction et leurs ordres, et après leur employ avoient part au Gouvernement de la Réplique. Et cependant ne pouvant pas permettre que le Roy ■Suéde fist un si considérable establissement en Prusse, ils ne iv oient pas se résoudre à agréer ce qu'ils ne pouvoient pas «approuver sans condamner le procédé de leurs Ambassadeurs. Jtr véritable intention estoit de faire faire la paix entre les î» de Pologne et de Suéde, de faire renoncer le premier aux tentions qu'il avoit sur la Couronne de Suéde, de renvoyer itre dans son Roiaume, et de remettre l'Electeur de BrandelrS dans Testât où il estoit devant la guerre (1).
*0 Ce ne fut qu'à cause de l'état critique où ses affaires se trou- ***% alors (v. ci-devant p. 422), que le Roi de Suède se décida à ^ un traité avec les Provinces Unies, les antagonistes les plus puisit* et les plus zélés de sa politique, et dont il tâchait de neutraliser * efforts par tous les moyens en son pouvoir. Le Roi lui-même le t *ans détour dans une lettre, écrite environ trois semaines avant la .gû*ture du traité. ,Gott weisz wie unsere Sachen hier nun stehen, und îch glaube nicht dasz unser Vaterland in vielen Jahren in einem soîchen gefahrlichen Zustand gestanden hat, und menschlich zu salviren »dîent allein ein eiliger Ende mit den Hollanderen." (Caris on, 1. c. V. p. 161. Collection H eer e n et U k ert). Les Provinces-Unies étaient ''ailleurs bien assurées que ce n'était pas pour leur faire plaisir, que le toi de Suède s'était montré si accommodant. Elles voulaient rester en lix avec lui, mais avant tout elles desiraient la fin de ses entreprises, ai menaçaient leur commerce dans la mer Baltique; et comme justeent alors le Czar commençait à lui susciter de nouveaux embarras, la ainte de pouvoir être obligées à lui donner des secours contre ce mvel ennemi, fit qu'on écouta les réclamations de plusieurs villes Jasantes de la Hollande, qui, peu satisfaites du traité, tâchaient d'en (Férer la ratification aussi longtemps que possible. La Cour de Danewc avait le même désir, dont les Ambassadeurs des Provinces- Unies Copenhague, s'empressèrent de se rendre les interprètes (voir Résolut, crêtes des Etats de Hollande du 4 Septembre 165G). Il parait que s Witt n'approuva pas cette ardeur; on peut en juger par ce qu'il rit à l'Ambassadeur van Slingeland le 22 Septembre 1656. ,Het çewenschte gebouw dat door Uwer Ed. assiduiteyt ende directie aldacr ftgenwoordigh in zijn fondamenten vast is geleydt, heeft deese voorede daegen nogh een furieuse attacque uytgeataen, soo door den
428 La France fait faire des owerlmret*
La France fit faire d'autres ouvertures, et voulc se fist aux dépens de l'Electeur, qu'elle vouloit o
#brief van de Hceren Ambassadeurs in Denemarken ..
* wijdtloopige deductic van de Ileeren van Amstelre* #tcn sclven ryndo, als waertoe van de sijde van Den , gelaborecrt" \BrierrH, Y. p. 43S). Plus tard de Wi d'avis, qu'après avoir obtenu les éclaircissements désire pas tarder à ratifier le traité. Voir sa lettre à van 1 (J Février 1037. (Archives du Royaume). Pendant le < riations qui suivirent la signature du traité d'Elbing, toujours d'apaiser l'esprit hostile que plusieurs villes continuaient à nourrir envers la Suède. Voir les lettn à son oncle de Oraeff de Zuyd-Polsbroek, meuib influence de la régence d'Amsterdam, du 3 Janvier, 1< Août 105 S. (Archives d h Jioy ru me). Depuis, la seconde i de Suède en Dancmarc changea la face des affaires. YV desapprouvant la politique des villes maritimes de h que reproduire l'opinion particulière du Conseiller-! YVitt, et il l'avoue lui-même dans le Livre suivant, l'opposition des villes maritimes contre la ratification taut pas de si peu d'importance, que le récit de notre le faire croire. Dans un temps où la politique des div glait d'après les nécessités du commerce, on aurait 1 qu'une chicane contre un Prince, dont tous les effo restreindre le commerce des Proviuees-Uuies dans la n qui malgré ses incontestables qualités ne considérait p traités qu'il avait faits, si une occasion favorable s'oi freindre. La situation du Koi et sa politique cuver; Unies est parfaitement comprise et développée par ui dais, que nous nous permettons de citer. , Eineu besti
* stand fatid (1er Konig in Holland. Seine Kriege hal rschiede van deneii (Justa\s Adolfs dus Eigciie, dï ydariu eine so grosze Kolle spiclt. * Das giosztc Do rOstste kommt nuii Sr. Konigl. Majestiit in Schwcdt »dcr Rrichskanzhr Erik Oxcnstjerna auf dem li #Dic Eragc war keine geriugere als die, ob Schwedc w herrsehaft ganz und gar befestiiren sollte. Keine M #cin solches Vornehnieu einpfiudlieher sein als llollai w grosztc Haiidelsinacht Europas, die voin Qstscehaii * ihrer Einkùnfte zog. Die ausgezeiehnet tlmtige Holl
Les Estais demandent f explication de quelques termes dtf traitté. 489
h Tille de Même! et le fort de Pillnu au Roy de Suéde, en prenant recompense en argent ou autrement. Mais c'estoit le perdre, à quoy cet Estât ne pouvoit pas consentir. Pour sortir de cet embarras, et afin de se donner un prétexte bon ou mauvais de différer la ratification d'un traitté qui avoit esté fait par des Ministres autorisés, qui avoient communiqué leur plein pouvoir, et qui au fond n'avoient pas ajusté un seul article sans la participation et l'approbation de leurs Committents (1), on s'avisa de demander l'explication de quelques termes qui, à ce qu'on disoit, cfaprriooient quelques villes de Hollande, qui sont la pluspart intéressées au commerce du Nort (2). Elles remarquèrent particulièrement le mot de Circiter, c'est à dire à peu près, que l'on •'oit fait couler dans l'article qui parle du Règlement des droits « entrée et de sortie qui se lèvent en Suéde sur les marchandises & sur les denrées (3), et elles jugèrent que le traitté donnoit k°P cTestendue à l'cxemtion de ces droits que le Roy de Suéde iccordoit à des compagnies, et à de certaines personnes privi- Çgiées (4). Le Roy de Suéde qui n'estoit pas en estât de tirer
Crom'well sich verpflichte, so lauge es von nôthen, 20 Kriegsschiffe m#der Ostsee zur Vcrfûgung Karl s X zu stellen; und sollte er Wirbungen fur Schweden in England und Schottland erlauben/* 'arlson, 1. c. IV. p. SI, 82). On voit que les craintes des négo- *n*s Hollandais n'étaient pas sans fondement. — Pour les éclaireissmenta du traité nous renvoyons le lecteur au Livre XII de cette iatoùre.
\*J 3£dit. impr qui avoient communiqué leur plein pouvoir et
P *^lon leurs ordres.
tt "^n Par**cul'er la v^e d'Amsterdam; voir Rcsol. Secret, des Etats * ?**>llande du 10 Octobre 1656.
v3^ •... Promisimus atque hoc ipso promittimus et spondemus, quod tcrlï'**e Eoederatorum salvis Regalibus et juribus suis circa vectigajm ^ionstitutionem, et dispositionem ad parem circiter modum et taxam *lu^ tum temporis constituta Vectigalia fueruut, eadem debiuc ex suis »PCiC±%ive Reguis, Provintiis ac Ditionibus, quas nunc possidet vel in posï*11** possessurus est, aecommodabit, adeo ut quam moderatissima ^^^alia, Telonia et Onera Commerciis et Navigationi utrinque im-
°?4^tUr (Texte Dumont)'
* «* .... Quod si vero contingat certas ob causas et urgente uecessitate,
,0T^ majora, gravioraque vectigalia in alterius Foederati Dominiis iin-
J^î^^cla esse, tum eo casu majus graviusque a Focderato et ejus sub-
"v* non exigetur quam ipsi proprii incolae aut subditi pendunt:
3**a *amcn aequalitate nullatrnux intelligi dehent peculiarium Societalttm
* ^m**4diturum Perscnarum sprrialia privilégia (Texte Dumont). On
430 Le Roy de Pologne arrive à Denttig.
au bnston avec ces Messieurs, qui luy fui soient une querelle mil* propos, et qui croyoit et ne craignoit point de dire, que lepaidbenû» et la cire estoient des étoffes trop- foi blés pour pouvoir obliger k* Princes contre leurs interests, n'auroit pas fait grande difficulté de s'accommoder à l'injuste volonté des Estats, s'ils eussent voul*a\ permettre de ratifier le trait té, après qu'il luy auroit donné la fâîo>— rablc explication qu'ils pouvoient prétendre. Mais c'est ce qu'il» ne voulurent pas faire, et aimèrent mieux s'exposer au hasard ic rompre avec le Koy de Suéde, que de ne se point opposer aux progrés que ses armes pouvoient frire en Prusse et en Pologne, tellement que les affaires demeurèrent en cet estât le reste de l'année 1G50. Car les Estats qui pretendoient n'avoir point de traitté avec le Koy de Suéde, ne laissèrent pas de secourir h ville de Dantsig, en y faisant débarquer quinze cens homme), lors que F Estât jugea à propos de faire revenir la pluspart àa vaisseaux avec le Lieutenant Amiral, à cause de la saison de l'aimée, et eu suitte tous les autres sous la conduite de Tromp, Contre Amiral ou Chef d'Escadre de Hollande. Perce vil, Mires c bal des logis General des armées des Estats Généraux, eat le commandement de ces troupes, qui estant composées de soldats tirés de plusieurs différents corps, luy donnèrent au commencement bien de la peine, par le refus qu'elles firent de presto le serment de fidélité au Magistrat, à qui sans cela elles estoieat inutiles et mesmes incommodes.
Le Koy de Pologne qui estoit revenu de son premier étonrdisseineiit, et à qui la déclaration de tant de Potentats a voit fait jour et passage, estoit rentré dans son Koiaume, et le traversa sans obstacle jusques à Dantsig. Cette révolution fit venir d'antres pensées à l'Electeur de Brandebourg, qui estoit entré dans les interests du Koy de Suéde comme par force, y ayant «te eutrainé par les conseils du Comte de \Y a Idée k (1). 11 fit n flexion sur l'incommodité que luy apporteroit le voisinage d'un Prince dont la puissance ne luy estoit desja que trop redoutable, et considérant qu'il pourroit demeurer seul exposé à la discrétion de leurs ennemis, si la fortune se lassoit de suivre et de favoriser le*
prêt enduit que le commerce le plus considciable de Suède se t»M par des sociétés privilégiée*. — Les raisons mises en avant par les Tille* maritimes se lisent eu détail dans la lettre de de AVitt à van S 1 ï n- «reland du 21) Septembre 1050 (Jiwceti, V. p. 411—444).
(1) L'édition imprimée a voMte de Weifman: voir ci-devant }. 415.
Sentiments de Cromvell. 481
de Suéde, il changea de party, et prit une Resolution plus conforme à son inclination qui a tousjours beaucoup de rapport à set interesta, dont des gens passionnés ou infidelles luy ont souvent dérobé la véritable connoissance.
JL»<ïs Estats des Provinces Unies en faisant cette démarche à l'égal rd du Boy de Suéde, ménageoient cependant fort la France et 1*-Angletcrre, et taschoient sur tout de s'asseurer de l'intention du Protecteur. Tout ce que Ton en peut dire, c'est que Ton ft'tt&fcoit pas tout à fait mal avec luy; mais on n'y estoit pas h\fcT* non plus. Ses vaisseaux continuoient d 'a r rester en pleine vrr, et de visiter les navires marchands des habitants de ces Provinces. Le Roy de Suéde recherchoit son amitié, et comme Cromwell avoit cela de commun avec plusieurs autres imposteurs, qu'il vouloit faire accroire que la Religion et les Princes qui fnisoient profession de la Protestante, faisoient aussy tout son interest et toute sa gloire, il protesta à l'Ambassadeur des Estats: 'Qu'il ne conclurroit rien avec le Roy de Suéde à leur préjudice, *et qu'il ne feroit point de traitté particulier avec luy où ils ne 'fussent compris." Mais il y âjousta: 'Qu'il seroit bien aise 'que l'on n'empeschast point le Roy de Suéde de pousser ses 'conquestes en Pologne." Le Protecteur ne vouloit rien faire qui pust déplaire à la France, qui connivoit à toutes les entreprises du Roy de Suéde, quoy qu'avec quelque répugnance, parce que la conqueste d'un Roiaume où la Religion Romaine estoit la dominante, et dont on consideroit le Roy et la Reine, n'y pou voit pas estre agréable. De l'autre costé le premier Ministre de France avoit donné toute son amitié au Protecteur, qui en se déclarant contre l'Espagne, avoit rendu leurs ennemis et leurs interests communs (1).
On faisoit bien courir le bruit qu'outre le traitté que Neufville Bordeaux avoit fait à Londres, on estoit demeuré d'accord de quelques articles secrets, et bien plus importants que ceux que l'on faisoit paroistre. Mais ce ne fut qu'un bruit en effet, dont on fut détrompé par la raison aussy bien que par le temps. On disoit que la France avoit promis de payer au Protecteur douze millions en huit ans, pour le remboursement et les interests de quatre millions que la Reine Elisabeth avoit autrefois
(1) De V unité rosir .... et leurs i/tleresfs tnmmntis. Cette plu an- ne se trouve pas dans lVdition imprimée.
+32 Let Angloit différent de faire wn troitté de rcmmeict.
prestes au Roy Henry IV ; ce qui n'estoit qu'une vision, m»? bien que ce qu'on tlisoit des Anglois, qui auroient promis d'en' tretcnir six vaisseaux de guerre dans la Mer Méditerranée, et autant dans la Manche. On parloit nussy d'une ligue offensiie« et avec plus d'apparence, des desseins qu'on formoit sur les ville* maritimes de Flandre, dont la conques te se devoit faire à frai» communs. On marquoit particulièrement Gravelines, Dunqneraue, Nieuport, et Ostende, dont les deux premières dévoient demeurer à la France, et les autres à l'Angleterre. On disoit entre autre» choses, que le Protecteur avoit obtenu de très grands avantages pour les Keligionaires de France; mais on scout bientost qu'il n'en estoit rien, qu'il n'en avoit pas obtenu, ny mesmes demandé un seul, puis que ce n'estoit pas le zèle de la Maison de Dirai qui le rongeoit, et que ce n'estoit pas Tinterest de la Religion qui l'inquictoit le plus.
Nieuport, Ambassadeur de Hollande, qui estoit demeuré à Londres depuis la conclusion du traitté, et qui voyoit assés sonvent et nssés familièrement le Protecteur, le pressoit avec beaucoup de chaleur, de consentir à un Règlement de commerce (1). Mais il n'en remportoit que de grandes protestations fort générales de l'affection qu'il disoit avoir pour les Estât s, et de son inclination à asscurcr le commerce des habitants de ers Protinces, pendant que ses vaisseaux arrestoient, visitoient et emmenoieat souvent les nnwrcs marchands de ces pais, et mesmes ne re*pectoient pas tousjours les vaisseaux de guerre de l'Estat. Une de s» escadres, composée de sept vaisseaux, ayant le 29 Avril rencontre le Vice Amiral Ruitcr, qui escortoit quelques navires marchands venant de Cadix, charges d'une partie des richesses du Pérou, h voulut emmener. Kuitcr dit, qu'il ne sortircit point de sa route, et que si on se mettait en estât de l'y forcer, il se mettroit en devoir de s'en défendre. Cette civilité qui estoit un peu trop forte, obligea l'Oilicicr Anglois à s'en payer et à se retirer. Uneautït flotte marchande qui n'estoit pas si considérable, et qui n'avoit pas Ruiter pour escorte, fut emmenée. Cela fit redoubler h plaintes que l'on n'avoit que trop de sujet de faire de cette sorte
(1) Les détails de la négociation de Nieupoort se lisent dans se» lettres au Conseiller Pensionnaire de W i 1 1. £rier?*t Tome 1 II» On y trouve aussi de» détails sur les tentatives laites par tic Witt pour engager l'Angleterre dans la politique des Provinces -Unies visà-vis le Roi de fcuède.
Demandes des Entais, 438
'excès; tellement que les Anglois importunés des instance» conluelles de l'Ambassadeur, firent en fin un projet de traitté de irine, dans lequel ils croyoient avoir fait entrer tout ce que a pou voit légitimement désirer d'eux.
Os 8e plaignoient de leur costé: #Que les habitants de ces rovioces prestoient ou loûoient leurs navires aux Espagnols, memis de l'Angleterre; qu'ils les faisoient servir au transport » leurs marchandises, et mesmes à leur porter des marchandises ' contrebande." C'est dont on se défendoit d'autant plus foible- *t qae cela se faisoit publiquement, et que mesmes au plus fort k* guerre d'Espagne, les marchands et les patrons des navires llandois et Zeelandois, sans en excepter plusieurs de ceux qui l<±Ut part au Gouvernement, en faisoient mestier, et ne s'en ca- ^nt point. Les Anglois disoient encore: # Qu'on souffroit que 1 Espagnols amenassent leurs prises dans les ports de ces pais." '• il n'y avoit point d'article au traitté de 1654, qui en pust •«scher les Hollandois, et mesmes il n'y avoit point d'apparence
l*on en fist un autre traitté de Marine, qui défendist aux amis cet Estât, qui seroient en guerre avec les Anglois, d'entrer dans ports de ces Provinces, et que tout ce qu'on pourroit faire ce oit de les erapescher d'y décharger et d'y vendre leur butin. * témoignèrent bien pourtant que ce n'estoit pas leur intention
faire un Règlement qui pust asscurer le commerce des Hollan- ,l», puis qu'ils continuoient de refuser à cet Estât les avantages ■'ils avoient accordés aux François et aux Portugois, pendant
on se relnschoit icy de ceux que l'Espagne avoit accordés et © la France accorda depuis. Les Estats soustenoient: # Qu'il *Uoit qu'un navire franc affranchist aussy sa charge; que sans fela il n'y avoit point de liberté de commerce, et qu'on ne le kmvoit pas refuser aux habitants de ces Provinces, puis que cet -Stat ayant esté compris au traitté qui avoit esté fait entre la ranec et l'Angleterre au mois de Novembre dernier, il devoit >ûir de tous les avantages que les principaux traittants avoient tipuîés pour eux." On vouloit bien promettre que les navires
ces pais ne chargeaient des marchandises des ennemis de
ngleterrc; pourveu que les Anglois promissent de leur costé *îls ne visiteroient point les navires marchands, du moins ceux i se trouveroient sous l'escorte de vaisseaux de guerre de l'Estat. Ce n'estoit pas là l'intcrcst des Anglois. Ils ne pouvoieut pas ire leur commerce en Espagne pendant la guerre, et ils ne uvoient pus souffrir que les Hollandois en profitassent. C'est II. 28
434 Demande* des BêiaU.
pourquoy ils avoicnt fait un projet qtie Ton ne pouvoit pu tpprouver en Hollande, parce qu'il ne remedioit point aux doordres dont on se plaiguoit depuis tant de temps. Les Àngkm disoient: 'Qu'on nommeroit de part et d'autre des consemtan ' du commerce, qui y remedieroient." Mais c'estoit une chose qui ne pouvoit pas estre pratiquée en Hollande, où l'Aminaté est divisée en plusieurs collèges. A quoy on âjoustoit: *QnH 'estait inutile de nommer des juges devant qu'il y eust des lois, 0 sur lesquelles ils dévoient prononcer. Qu'il falloit régler su-
* paravent: si les marchandises d'un ennemy qui se trouvent dut
* le navire d'un amy, doivent estre confisquées ou non, et si les » Capitaines des vaisseaux de guerre, ou les armateurs de l'on de» 'Alliés, pourront arrester en pleine mer les navires des sujets de
* l'autre, pour les visiter, et pour forcer le patron de faire voir m Testât de toute sa cargaison? Que si on ne levoit pas cette 'difficulté on ne pourroit pas entrer en la discussion des aotrei
* articles du projet, à l'égard desquels les Estats auroient quelque
* complaisance pour le Protecteur, s'il vouloit bien qu'on passait #les autres; et que s'il ne s'y pouvoit pas résoudre, il n'y sroît 'rien qui pust empescher que l'on n'en vinat à des extrémité», #dont les suittes scroient aussy fascheuses que celles de la rupture *mesmc. Au reste qu'ils ne se pouvoient pas imaginer, que fia*
* tention des Anglois fust d'empescher que l'on ?endist à leur»
* ennemis toutes sortes de bastiments, quand mesmes ils ne ae- *roient pas propres pour la guerre; qu'il n'y avoit point d'appa-
* renée de comprendre pnrmy les marchandises de contrebande, le
* matériaux propres à bastir ou à armer les navires, non plus *quc l'argent monnoyé. Qu'en cas de confiscation on ne derroit
* l'ctcndre que sur les marchandises de contrebande seules, ei
* non aux marchandises de ceux qui les auroient chargée?, et au ' pis, à la part que le patron auroit au navire, s'il avoit cousent) #que l'on y chargeait des marchandises de contrebande.
Le traitte de Marine ne se faisoit pas cependant durant ces contestations, et le désordre continuoit tousjours, tellement que l'Amirauté d'Amsterdam ordonna en fin au Commandeur Gedeon de Wilde (1), et à tous les Capitaines de son Escadre, de faire toutes les civilités imaginables au pavillon d'Angleterre quand ils le rencontreroient, en baissant le leur, et en ame-
(1) Ainsi qu'à de Ru y ter. Voir Aitzema, S, r. Staei% III. & p. 129S, 09; Braudt, Leven van d<> Ruyier. p. 105— 10S.
On ordonne de saluer le Pavillon iP Angleterre. 435
mit leurs hunieres, mais de ne point souffrir que les Anglois visitassent les navires marchands qui se trouveroient sous leur escorte, de tascher de les en cmpescher, et en cas de violence d'opposer k force à la force. Les Estats Généraux désavouèrent cet ordre, et ▼ouloient que l'Amirauté le revoquast. Elle le fit en apparence, nais elle fit dire sous main à Ru i ter, qu'il exécuta st ce qu'elle ■voit résolu, et cependant elle fit sçavoir qu'elle ne pouvoit pas foire ce qu'on desiroit d'elle. Ce refus fut assés généralement condamné, sur tout par les Députés de Zeelande, mais ceux de Hollande l'approuvèrent, et firent exécuter leur intention.
On avoit un demeslé presque semblable avec la France. Dés le commencement du mois de Février de la présente année 1656, on avoit fait ordonner aux Chefs d'escadre et aux Capitaines de vaisseaux, de prendre, et d'amener dans les ports de ces pais, ceux qui attaqueroient, deprcderoient ou prendroient les navires des habitants de ces Provinces, et ce en vertu d'une Resolution qui avoit esté prise en l'an 1651, et qui fut renouvellée en celuy cy, à l'occasion des pirateries que les armateurs de Calais exerçoient sur les costes de Flandre. Le Comte de Cbarost, de la Maison de Bethuncs, Gouverneur de Calais, avoit pendant plusieurs années, et particulièrement durant les guerres civiles, témoigné avoir beaucoup de considération pour cet Estât, où il avoit autrefois porté les armes. Mais soit que ce fust par interest, dont pourtant il n'estoit pas fort possédé, ou par complaisance pour la Cour où quelques uns des Ministres prenoient part à ces déprédations, il se laissa bientost aller à leur exemple, et à autoriser le desordre. Car dés que la France eut achevé son traitté avec le Protecteur, elle commença non seulement à négliger, mais mesmes à offenser les Provinces Unies, et ne demandoit qu'à se lier plus étroitement avec l'Angleterre, pour l'exécution des desseins qu'elle formoit contre les Provinces des Païs Bas de l'obeïssance du Roy d'Espagne (1).
Les deux Couronnes estoient plus que jamais éloignées de la paix, quoy que les Ministres de France voulussent faire croire à tout le reste de la Chrestienté, et particulièrement à la Cour de Borne, qu'elle la desiroit avec passion. La Reine Chrestienté qui avoit dés lors la pensée de marier le Roy son fils, avec l'Infante d'Espagne sa niepee, y travailloit continuellement, et rejet ta pour
(1) V. Lettre de Borcel à de Witt du H Décembre 1655. {Brieten, I. p. 241).
-136 Lionne en Etpagnc.
cela les offres que le Roy de Portugal luy fit faire par l'Archevesqu de Goa. Ce Prélat qui estoit moine de l'Ordre des Carmes, pukit d'une dot de huit millions de livres, si le Roy pouvoit seresoadre à e'pouscr avec la Princesse les interests de Portugal, qui avec cela entretien droit pendant six ans trente vaisseaux de guerre, dont la France disposerait absolument. Mais la Reine mère de France qui a voit d'autres veûcs, ainsy qu'il vient d'estre dit, k servit en ce temps là de l'occasion de Don Gaspar de Boniface, qui en passant par Paris pour aller de Flandre en Espagne, eut la permission de luy faire la révérence, et prit la liberté de luy dire, que si clic pouvoit se résoudre à envoyer une personne confidente à Madrid, cette Cour là luy ferait faire des ouvertum qui produiraient la paix infailliblement. Le Cardinal Mazarii 4111 ne vouloit pas qu'elle se traittast a Rome, afin d'en osier la gloire au Pape qu'il n'aimoit pas, et qui d'ailleurs estoit obligé d'avoir de la complaisance pour les désirs de la Reine, fit trouver bon que l'on envoyast en Espagne Hugues de Lionne, Secrétaire des Commandements de la Reine, et qui faisoit les expéditions les plus importantes de l'Estat sous les ordres de Son Emiucnce, in es mes au préjudice du Comte de Brienne, qui estoit celuy des quatre Secrétaires d 'Estât, qui a voit le Départe* ment des Affaires Estrangeres.
Ce fut le Roy luy niesme qui escrivit et signa le plein pou* voir et qui le mit entre les mains de Lionne, en présence de Don Gaspar, à qui il dit: # Qu'il pouvoit asseurer le Roy son * Maistre, que sa plus forte passion estoit de pouvoir faire la *• paix, et qu'il estoit disposé à la eonclurre dans peu de jours.1' Lionne arriva à la Cour do Madrid devant que Ton sceust qu'il estoit party de colle de Paris. On le conduisit secrètement au Palais de llucnretiro, où il trait toit immédiatement avec Don Louis de Haro, Chef des Conseils du Roy d'Espagne, suivant les ordres exprés qu'il avoit emportées. Il y trouva d'assez bonnes dispositions en effet; Don Louis demeurant d'accord avec luy que les deux Premiers Ministres de France et d'Espagne se pourraient assembler sur le* frontières des deux Koiaumes. Mais les Espagnols insistaient à ce que cela se fist au printemps, devant que les armées fussent en campagne, et que l'on fist une suspension d'arme*. Ce n'estoit pas là rinteutiou des François, qui di soient que la dépende de l;i campagne estoit faite, que les desseins estoieut formé*, et que L s Espagnols n'en a voient point d'uutrc que d'umu»cr la Fiance, parce qu'ils ft.isoiciit ùesja naistre
Sa negotiation; elle se rompt. 437
de très grandes difficultés, qui devieudroient invincibles si la fortune se declaroit pour eux. Apres que Lionne cust esté enfermé trois jours au palais de Buenretiro, la negotiation fut rompue sur les interests du Prince de Condé, quoy que les Espagnols parlent tout autrement des causes de cette rupture. Ils disent entre antres choses, que Lionne, voyant que le mariage de l'Infante, dont il avoit esté parlé comme de la chose du monde que la Beine deairoit le plus fortement, ne se pouvoit pas conclurre, se retira, parce que ny ses raisons, ny ses artifices ne purent pas guérir le Conseil d'Espagne de la crainte qu'il avoit, que les deux Couronnes ne tombassent un jour sur la teste d'un seul Monarque. Il en a esté guery depuis, et Ton a veu, qu'en 1659 on fallit encore de rompre pour l'amour du Prince de Condé. Le Roy consentait qu'il rentrast en la possession de son bien qui avoit esté confisqué, mais les Espagnols vouloient quelque chose de plus, parce que Don Louis de Haro luy avoit promis que l'on ne traitteroit point avec la France, qu'il ne fust restably en ses dignités, en ses charges et dans ses gouvernements; de sorte que Ton peut dire, que si ce ne fut la véritable cause de la rupture de cette negotiation, ce fut du moins la plus apparente.
Les Généraux François ne furent pas plus heureux que les Ministres. Les Mareschaux de Turenne et de la Ferté qui commandoient une des plus grandes armées, que le Boy eust jamais employées en Flandre, après avoir donné par leurs fausses marches de la jalousie à plusieurs villes de ces quartiers là, parurent en fin tout à coup devant Valcucienncs. Elle n'est qu'à deux lieues de Condé, à sept de Mon s, de Tournay et de Cambray, et sa réduction coupoit en sorte Cambray et Bouchain, qu'il estoit impossible de les rejoindre au corps de ce que le Boy Catholique possedoit encore aux Fais Bas. La rivière d'Escault qui passe par la ville, obligea les François à former deux camps, qui je coramuniquoient par une petite digue ou levée si étroite, qu elle Fut en partie cause de la défaite qui les obligea à lever le siège. L'Archiduc Leopold Guillaume qui avoit pendant quelques innées gouverné les Pais Bas, et obtenu son congé, s'estoit retiré iés qu'il sceu t que Don Jean d'A u s t r i c h e , fils naturel du Boy l'Espagne, qui luy devoit succéder, estoit arrivé à Burmonde. On disoit qu'il estoit fils d'une comédienne (I); mais je sçais
(1) Le copiste du MS. Grothe maintient cette opinion, en citant 'auteur délia viia di Giovanni cT Austria.
438 Svye de VaUnriemet.
que lors qu'il passa par Paris pour s'en retourner en Espagne. lu Reine de France qui le voulut voir dans le Couvent du \il de Grâce, et qui le régala de plusieurs riches présents, luy demanda, s'il sçnvoit bien qui estoît sa mère. Il répondit qu'il ae la connoissoit pas, mais qu'on l'a voit asseuré, que c'estoit «se Dame de qualité. La Reine repartit, qu'il estoit vray, qu'elle eM oit sa parente, et qu'elle estoit morte Religieuse.
Don Jean apporta aux Païs Bas, avec l'Avantage de sa naissance, la gloire qu'il a voit acquise à la réduction de Naples et de Barcelonne, et amena avec luy le Marquis de Caracene, Capitaine de réputation, qui devoit commander l'armée sons luy. Les deux Princes se rencontrèrent entre Dieat et Montaigu, où ils conférèrent et disnerent ensemble, et après disner l'Archiduc prit le chemin d'Aix la Chapelle, et D. Jean celuy de Bruxelles, où il arriva le 11 May. Il s'appliqua aussytost à signoler le commencement de son Gouvernement par une action de grand éclat; le siège de Valencienncs luy en offrit l'occasion, et il entreprit de le faire lever. Le Prince de C o n d é* qui eut bonne part & cette résolution, aussy bien qu'à l'exécution, jugeoit que l'on ne basardoit rien, parce que les assiégés en fermant lenrs escluses a voient fait dégorger la rivière sur une partie de la campagne voisine; de sorte que les assiégeants ne pouvant pousser leur ligne de arçon vallation jusques sur le bord de la rivière, les assiégés ea rouvrant leurs escluses, et en faisant rentrer la rivière dans sou lict naturel, faisoient une ouverture par laquelle plusieurs escadrons pouvoient entrer de front dans le camp des François. I*s Espagnols y réussirent sans grand peine; ils attaquèrent le quartier du Marcschal de la Fer té, défirent son armée, et le firent prisonnier. Turcnne se retira avec le reste de ses troupes; mais toute l'artillerie, les vivres et les munitions demeurèrent aux Kspngnols. Don Estcvan de G a marra, Ambassadeur d'Espagne à la Haye, perdit son fils unique dans cette action, mai* il ne laissa pas de faire des feux de joyc, parce qu'il vouloit bien qu'on secust qu'il estoit pour le moins aussy bon Espagnol qu'il estoit bon pore.
Cette victoire n'eut poins de suittes. Les Espagnols prirent bien Condé, qui n'estoit pas grand' chose en ce temps là; mais ils attaqueront S. Ghi«lain sans succès. Tu renne au contraire ayant assemblé un petit corps d'armée reprit la Capelle en Tierasehe, dont les contributions valoient cinquente mille livres tous les ans au Prince de Coudé. Le Duc de Modcne qui veaoil de
Déprédations des Français. 439
se déclarer pour la France, et qui commandoit l'armée du Roy ni Italie, sous la confidence et la conduite du Comte De s trajet, présentement Mares chai de France, et premier Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire au Congrès de Niraegue, assiégea et prit Valence, ville forte et importante dans le Duché* de Milan. Cette conqueste compensoit bien la perte que Ton venoit le faire à Valenciennes ; et neantmoins le mauvais succès de ce dege fit un si grand effet en Espagne, que D. Louis de Haro » rendit si difficile, qu'on peut dire, que ce fut une des causes |û firent rompre la negotiation de L i o n n e. Le premier Ministre îe Toulut point qu'en traittant on parlast de l'affaire de Portugal, il demanda la restitution de toute la Lorraine, et refusa de te relascher sur les interests du Prince de Condé. Ce qui em- )eacha apparemment la paix eu ce temps là; mais Lionne ne aiata pas d'ébaucher pendant le séjour qu'il lit à Madrid, ce grand ouvrage qui receut sa dernicre perfection en l'an 1659.
C'estoit là Testât des affaires de France à l'égard de l'Espagne. Pour ce qui est des Provinces Unies, le Koy croyoit n'avoir plus le traitté avec elles depuis la Paix de Munster. Ccluy que l'on ivoit fait pour la Marine en 1646, estoit expiré il y avoit long- «mps; tellement qu'il n'y avoit point de licence que les arraa- «enrs ne se donnassent, tant dans la Manche et aux costes de Flandre, qu'en la Mer Méditerranée. Ils pren oient tous les navires Hollandois indistinctement, et ils accorapagnoient souvent leurs insolences de cruautés que Ton auroit condamnées dans une guerre leclarcc. 11 fut vérifié qu'ils avoient assassiné un maistre de navire, pendant qu'il ouvroit son coffre pour en tirer les charte parties et les connoissements, et qu'ils ne respectoient ny lettres de mer, ny passeports. Ce qui fut cause que les Amirautés ordonneront à tous les Capitaines et Officiers de la marine, de se saisir de tous les vaisseaux qui prenoient ou dépredoient les navires des Hollandois. Les Ministres de la Cour de France disoient, jii'il estoit impossible de prévenir ces desordres, ou d'y remédier, li on ne faisoit un bon traitté. L'Ambassadeur des Estât s le ttnfirmoit, et y âjoustoit que tous ces malheurs n'arri voient jue parce qu'on ne témoignoit pas assés de chaleur pour l'alliance qu'on avoit dessein de faire. La pluspart des Provinces jugeoient bien, qu'elle estoit nécessaire parce que l'Estat y trouverait son repos, et mesmes de Witt dit le 4 Juillet, dans l'Assemblée des Estats Généraux: #Quc l'on ne se pouvoit pas disr penser de rcnouveller l'amitié avec la France et avec l'Angleterre,
440 Nece»$ilê de î alliance de France; r entendue qitom Uy uni dnat),
'à la veille de la rupture où Ton alloit entrer avec la Suéde." Mais il y avoit des Députés qui soustenoient, que ce traitté u devoit pas avoir moins de rapport à la seureté du commerce qu'à Tintcrcst des deux Estats, qui ne se pouvoient pas résoudre à M si grand engagement. La France vouloit, et c'estoit aussy le sentiment du Protecteur, * que les Estats promissent qu'ils rom- "proient avec l'Espagne incontinent après la signature du trahie,
* ou du inoins après que la paix que Ton pourrait faire avec elle 'Serait violée par une nouvelle rupture. Que Ton n'y compreo*
* droit pas seulement le Roîaumc de France, mais aussy toutes fa
* conques tes que le Roy avoit fuites, ou pourrait faire encore a
* Italie et en Catalogne, aussy bien que la Lorraine. Que cette » alliance fust offensive et défensive; et que l'on ne traittast point 'avec rennemy commun, sinon du consentement de tous les alliés.*"
L'intention des Estats estoit bien éloignée de celle là. Ils Dévoient fait le traitté de Munster, et ne s'estoient séparés de li France, que pour sortir de cette sorte d'engagements. «Ils von- *loient que l'alliance fust purement défensive; que le secours que 'les Alliés s'obligeraient de se donner serait limité, sans olli- *gation de rupture; que l'alliance n'aurait son effet, que lors
* qu'un quatrième attaquerait l'un des trois Alliés, ou le trouble-
* roit en sa navigation ou en son commerce, ou en la jouissance
* de ses droits, libertés et franchises, ou bien lors que l'un de*
* Alliés donnerait cette incommodité à un autre des Alliés; que 'l'alliance ne s'étendrait que jusques au lloiaume de France, e^
* aux conquestes que le lloy avoit faites ou pourrait faire dan^ 'les Païs lîas; que les Alliés devant que de faire partir le se^ ' cours, dont le traitté parlerait, pourraient travailler à l'accoin—
* modcnu'iit des dùTcrcud* qui les auraient obligés à prendre le^
* armes; que Ton tixast un certain terme pour cela; et qu'il fus*- 'permis à l'un des Alliés de traitter sans le consentement des* 'autres, pourveu qu'il les tist comprendre au traitté."
Les Estats de Hollande prirent depuis une Résolution plus forte (1). 'Ils vouloient bien qu'au lieu de secours on consentis* 'à la rupture, et que Ton y entrast incontinent après l'attaque- ' Uuc Ton comprist au traitté indistinctement tout ce quclcKoV 'possedoit, ou posséderait (2) lors qu'il serait attaqué, et mesnir s
il) Aitzciua, S. tan Stac/, 111. 36*. p. 131.;. (2) En France ainsi que dans les Pays-Bas.
L'intention des Estais. 441
\ ne point faire la paix que l'attaqué ne fust remis dans Testât l il estait devant l'attaque; le tout à condition qu'on fist un bon egleroent pour la navigation et pour le commerce; mais qu'il Uoit, devant que de s'en expliquer, sçavoir l'intention du Roy du Protecteur." Boreel escrivit, que la Cour de France ît de l'inclination pour cela; mais Cromwell n'en parloit i son ordinaire, c'est à dire, en des termes généraux, qui ne gageoient point et qui n'estoient pas capables aussy d'ener cet Estât. La France et l'Angleterre qui estaient en rup- 5 avec l'Espagne, vouloient que les Estats y entrassent avec ; mais ce n 'estait pas leur intention, ny leur interest et ttnes la Zeelande et la Frise ne vouloient point consentir que i rompist incontinent après l'attaque. Aussy ordonna-t-on à euport de déclarer au Protecteur: #Que les Estats ne preaidoient pas rompre avec l'Espagne en vertu de l'alliance dont a parloit, mais seulement lors qu'après la paix qu'elle pourroit tire avec la France et avec l'Angleterre, elle viendroit à rompre rec l'une ou l'autre." Tellement que les pensées se trouvant s cette distance, sans apparence de pouvoir les faire rappror, les armateurs François ne laissoient pas de continuer leurs 3noes, que l'on nommoit en Hollande pirateries, non seule - ± avec permission de la Cour, mais a aussy de l'ordre fttoy et avec ses commissions; jusques là que le 30 Octobre Conseil ordonna par arrest aux Capitaines de la mer de Pros«, de ne point prétendre de confiscations sur les Anglois, ■.tiens, ou Gcnnois, ny sur les habitants des villes Anseatiques, fed mesmes leurs marchandises se trouveroient meslées avec 9 des ennemis, mais à l'égard des Hollandois (1) qu'ils excluent punctuellement et rigoureusement l'ordonnance qui fait i squer la robbe dyamy^ quand elle se rencontre dans un mesme *-e avec la robbe dennemy. Les Anglois en estaient d'acavec les François, et les Portngois, ennemis des Espagnols, ^.rerent aussy, que leur intention estait d'arrester et de visita navires Hollandois.
ta mois de Mars on avoit saisy ceux qui estaient dans le port loulon, de l'ordre du Duc de Vcndosme, Amiral de
■") Voir le texte de l'arrêt dans Aitzema, S. van Slael, III. 36. 317. Cet arrêt regardait principalement les Hollandais, quoiqu'ils étaient pas spécialement nommés.
142 Les navires des Hollamhù urtiis à Toulon.
France, parce que les marchands de la nation s'estoient emportés à quelques paroles de ressentiment contre les armateurs à qû on donnoit retraitte en cette ville-là. La Cour désavoua V procédé du Duc, et fit donner la main levée de tous les navire ', mais de l'autre costé elle imposa à Bourdeaux deux escus sur chaque tonneau de vin, que Ton feroit descendre par la Garonne. Toutes ces avanies se faisoient parce qu'on vouloit empescher les Hollandois de trafiquer en Espagne, pendant que les François mesmes ne laissoient pas d'y faire leur commerce nonobstant lt*> guerre. On ne voyoit en la Coste de Biscaye que des navires Norman 9 et Bretons, qui y debitoient leurs toiles, et qui y por— toient mesmes des toiles noyalcs(l), c'est à dire des marchandise* de contrebande, défendues par tous les traittés et par toutes les ordonnances. Les Estât 9 voulant s'opposer aux armements des François, résolurent d'armer douze vaisseaux pour la Mer Méditerranée, et six pour la Manche.
Don Estevan de Gamarra, Ambassadeur d'Espagne, qtu n'est oit pas tout à fait si réservé que son prédécesseur avoit, esté, s'imaginant qu'on alloit conelurre cette alliance offensive et défensive, dont on avoit à peine fait les premières ouverture»* prit feu, et présenta aux Estats Généraux un Mémoire, où il dm — soit : * Que cette alliance ne se pouvoit pas faire sans que l'on • violust le traitté de Munster, offrant de faire une ligue défeca— 'sive pour la conservation de toutes les Provinces de Flandre. "* 11 donna en încsmc temps avis d'un traitté, qu'il disoit avoir est « fait entre l'Angleterre et la Suéde contre le Koy de Dannenwrc-- On ne. fit pas grande reflexion sur ses avis ny sur ses renion*- — tranees. Les Estats luy firent dire, que c'estoit une fausse al — " larme, qu'on luy avoit donnée du bruit de la prétendue allianc-^^ offensive et défensive, et que bien loin d'estre en estât de la con clurre, ils pouvoient dire, qu'ils n'en avoient pas oûy parler. Il ^* ne firent point de réponse touchant les offres qu'il avoit faitr -S» d'une alliance défensive; mais an lieu de cela ils le firent prir *~ par des Députés de vouloir entrer en conférence pour l'échang1*^ du Haut Quartier de Gueldre, suivant le LU article du traiit- ^ de Munster.
La Déclaration du Protecteur emba rassoit bien le Rov d'Ex-
il.) * Toile de chanvre écru, très-forte et tres-scrrt'e, doiit ud bit des voiles."
On défend en Espagne le commerce d'Angleterre. 443
igné, qui en cstoit pour le moins aussy incommodé que des mes de France, qui n'avoient pour objet que quelque Province place de Flandre; mais les Anglois formoient des desseins aire les flottes des Indes, qui faisoient encore considérer ce ►«arque, et qui contribuoient le plus à la subsistance de la »rarchie. Dés le mois de Mars le Protecteur avoit fait partir sieurs grands vaisseaux sous le commandement de Black e, qui ut à la veûe de Cadix au commencement d'Avril; mais ceux ispagne estoient allés au devant des gallions dés le' 10 Mars, Les a voient ramenés le 21. En suitte de cette démarche ou Kndit en Espagne et en Flandre le débit de toutes les mar- Kidises d'Angleterre, et aux navires Anglois, d'y faire leur unerce. D. Jean d'Austriche fit aussy ouvrir tous les t» de Flandre aux armateurs qui estoient en mer avec les Avilissions du Roy d'Angleterre qui estoit en ce temps là à L^es, où il taschoit d'assembler quelques troupes de sa nation -X" le secours des Espagnols, et pour fortifier et encourager
correspondances qu'il avoit dans ses Roia urnes. *«idant que les Estats estoient ainsy comme aux mains avec le r de Suéde, peu asseurés du Protecteur, plustost mal que bien ^ la France, et à la veille de rompre avec le Roy de Portugal, ^« qu'ils avoient accordé des lettres de représailles à la Com- ■=*ie des Indes Occidentales contre les Portugois, on leur vou- «ncore donner ombrage des intentions de leurs autres voisins. ^Prince Maurice de Nassau, Gouverneur de Wesel, leur i- ^rit: 'Que plusieurs Princes Catholiques de ces quartiers là " orient une armée de dix-huit mille hommes; qu'ils faisoient de ^ nds magasins de vivres et de munitions à Dorsten, et qu'ils ^^oient reparer les fortifications et les pallissades de cette place." S. «mes jours après il escrivit: Que les mesmes Princes avoient *^in sur Rhinberg; et il l'avoit si bien persuadé au Prince
^3eric de Nassau, son frère, qui y commandoit, qu'il les Estats de renforcer sa garnison de quelques compagnies.
^ivis ne firent pas grande impression, parce que l'on n'avoit
.grande opinion de ceux qui les donnoient. Il est vray que ^^sque de Munster qui est l'un des Directeurs du Cercle de *tfalic, s'estoit plaint de ce que les Estats avoient fait entrer ^Xson dans le chasteau de Lith, que l'Evesque pretendoit estre -l^iocese de Liège; mais il n'en témoigna point d'autre resk*»nent. Il est vray aussy que l'Electeur de Brandebourg *°it faire quelques levées, et que le Duc de Neubourg faisoit
444 L'Electeur de Cologne offre de faire ëUiautt.
travailler aux fortifications de la ville de Dusseldorp, mais ce n'estent que parce que l'Electeur luy avoit escrit, que s'il ne lnj faisoit raison au sujet de la succession de Jui 11ers et de Ckrest il seroit oblige d'employer la force pour se faire donner satisfaction. L'Electeur estoit puissamment armé, et l'alliance qnll avoit avec le Koy de Sucdc luy donnoit une fierté, quilepouToit rendre suspect à tous les Princes Catholiques d'Allemagne.
L'Electeur de Cologne se justifia fort bien du soupçon q«e Ton avoit pris de luy mal à propos. Car au lieu d'entreprendre sur Khinbcrg, il offrit de faire alliance avec cet Estât pour la liberté de la navigation et du commerce qui se fait sur les rivières. Les Estuts luy firent dire : Qu'on y travaillerait quand 0 voudrait; et mesmes qu'ils seraient bien aises d'y faire entrer les Electeurs de Mayence et de Trêves, l'Evesque de Munster, le Duc de Neubourp:, et les Princes de la Maison de Brunsvieet Luncbourg. Mais lors que Ton voulut mettre l'affaire sur le tapis, les Députés de Zcclandc et de Frise direut, qu'ils n'a voient point d'ordre pour cela. Neantmoins on n 'aurait pas laissé d'entrer en negotiation sans le desordre qui arriva à Rhidberg, où on tira du corps du Magistrat un Eschevin et un Secrétaire qti estoient Catholiques Romains, pour mettre deux Reformes en leurs places. Les Estuts désavouèrent l'action, et la firent réparer ; mais l'Electeur ne laissa pas de s'en fnscher si fort, qrïl ne voulut point qu'on parlast encore de l'alliance, et revoqfti son Ministre (1).
(1) Les deux Envoyés de l'Electeur de Cologne partirent au mois d'Août. Quelques mois plus lard la négociation fut continuée par deux autres Envoyés des Electeurs, et ce fut alors que la ZéWc et la Krisc firent les difficiles. Voir Aitzcina, S. tan Staet, 111.36. p. 1320— 25.
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