MORT DU PÈRE GARNIER
Le 7 décembre 1649, tous les habitants
furent mis à mort. Ce Massacre marquait la destruction de la nation huronne, car la bourgade Saint-Jean était composée, en grande partie, de Hurons fugitifs. Le père Garnier fut tué au milieu de ses néophytes.
Le père Chabanel, autre missionnaire, tomba aussi victime de la haine d'un Huron apostat.
de la bourgade Saint-Jean
at.
Les gouverneurs Lauzon et d’Argenson
En 1651, M. de Lauzon remplaça le gouverneur général d’Ailleboust. Durant son terme d'administration, la colonie eut à essuyer plusieurs attaques des Iroquois, nommément, à la Pointe-Saint-Charles, à Ville-Marie et aux Trois-Rivières où le gouverneur, M. du Plessis- Bochart, fut tué par les ennemis. ,
En 1652, le père Buteux, jésuite, fut tué lorsqu'il remontait le Saint- Maurice.
En 1653, M. de Maisonneuve, Gu avait été obligé d'aller demander du renfort en France, revint 2 :e une recrae de cent hommes enrôlés dans l’Anjou, le Maine, le Poitou ct la Breta: 1e. Ces nouveaux émi-. grés étaient jeunes, robustes ei vorrageux, er -rcés les uns et les autres dans quelque profession nécessaire où utile au nouvel établissement. Tous étaient bons catholiques. Jusqu'ici Ville-Marie n'avait été, à proprement parler, qu'un poste militaire. Maintenant, grâce à cette
L'abbé J. OLIER MARGUERITE BOURGEOYS
nouvelle recrue, elle devenait une colonie sur laquelle il était permis de fonder des espérances et d'attendre des succès.
Ce fut en 1653 que la « Congrégation de Notre-Dame », la première communauté canadienne, fut fondée à Montréal, par la vénérable mère Marguerite Bourgeoys. Le berceau de cet institut fut une étable de 36 pieds par 18, don de M. de Maisonneuve.
M. d’Argenson fut nommé successeur de M. de Lauzon, en 1657. Charles de Lauzon-Charny avait déjà remplacé son père, par intérim, de 1656 à 1657, et M. d’Ailleboust remplaça Charles de Lauzon, au même titre, jusqu’à l’arrivée du nouveau gouverneur.
Ce fut après la nomination de M. le vicomte d’Argenson que « La Société de Notre-Dame de Montréal » céda aux messieurs de Saint- Sulpice, la propriété et la conduite de l'île, tant pour le temporel que pour le spirituel.
Toutefois la cession faite en bonne et due forme n'eut lieu pratiquement qu'en 1663. Peu de temps après, le vénérable M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice, en France, envoya à la mission de Ville- Marie quatre ecclésiastiques au nombre desquels était M. de Queylus qui y fonda le séminaire de Saint-Sulpice, en 1659. Toute la colonie
applaudit à cette 8rande œuvre bientôt suivie de la fondation d'un hôpital par M. de la Dauversière, Mmademoicelle Mance et madame de Bullion,
Mgr de Laval — Dollard des Ormeaux — Le Souverneur d’Avaugour
La même année, le 16 juin 1659, Mgr Francsis de Montmorency- Laval, sacré évêque de Pétréc, le 8 décembre 1658, et nommé en même temps vicaire apostolique de la Nouvelle-France, fit son arrivée à Québec.
La colonie dut son salut, après Dieu, à dix-sept braves Français de Montréal qui ne craignirent pas d'offrir leur vie pour sau ver leurs frères, Ces dix-sept héros avaient pour chef Dollard des Ormeaux. Avant
Promirent, en face des saints autels, de se soutenir mutuellement et de ne jamais demander Quartier à l’Iroquois. Ils allèrent se poster au pied du saut des Chaudières, sur la rivière Outaouais. C'est là, dans un petit fort de pieux à demi-pourris, qu'ils attendaient l'ennemi. Celui-ci parut bientôt, fort de sept cents guerriers. Le combat dura dix jours. Pendant ce temps, Dollard et ses Compagnons n'eurent Pas un instant de repos et, durant les quatre derniers jours, ils combattirent sans eau et sans nourriture : ils n'avaient qu’une Poignée de Hurons Pour faire
Des masses de cadavres iroquois s'étant élevées autour de la palissade, les sauvages finirent par l'escalader, Dollard et ses compagnons furent tués, ainsi que le brave Anahotaha, chef des Hurons. Les vainqueurs, stupéfaits de la résistance qui leur avait é*é faite, renoncèrent
En 1661, M. d'Argenson eut Pour successeur le baron Dubois d’'Avau- 8our. Un an après son arrivée, celui-ci reçut un renfort de 400 hommes avec plusieurs officiers de mérite, Tout allait bien. La colonie s'étendait et Prospérait lorsque M. d'Avaugour révôqua les défenses faites, tant par lui-même que Par ses prédécesseurs, au sujet de la traite de l’eau-de-vie avec les sauvages. Le désordre ne tarda Pas à augmenter au point que Mgr de Laval s'embarqua Pour la France, afin de porter lui-même ses plaintes au pied du trône.
Ce fut le mardi gras, le 5 février 1663, sur les cinq heures et demie du soir, que se produisit la première secousse. Le temps était calme et
et allant à grande vitesse sur des pavés. Un instant après, un choc d'une extrême violence se fit sentir et dura près d’une demi-heure,
Il y cut une panique générale. De tous côtés, on entendait mille bruits confus. On aurait dit une grêle de pierres tombant sur les toits. Les portes s'ouvraient d'elles-mêmes : celles qui étaient ouvertes se refermaient. Les habitants Consternés crurent d'abord à un vaste incendie ou à une irruption subite des Iroquois. Mais, quand ils sortirent de leurs maisons, ils ne tardèrent pas à reconnaître la véritable cause de ce bouleversement, ]e sol bondissait sous leurs pieds et les palissades ondulaient d'une façon incroyable. Dans les forêts, le désordre n'était pas moins grand. Les arbres se heurtaient avec fureur : les
Sur l'eau, le spectacle n'était Pas moins terrible, Les glaces du fleuve, épaisses de plusieurs pieds, étaient soulevées et brisées comme
ment de Dieu à cause des excès qu'ils avaient faits en buvant de l'eau-
à retourner au pays des âmes. Ces secousses se répétèrent ensuite plusieurs fois par jour, mais avec moins d'intensité, Elles se firent sentir de temps en temps, durant l'espace de sept mois.
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