CHAPITRE IV LA GUERRE ENTRE LE CANADA ET LES ÉTATS-UNIS
Blocus continental — Le droit de recherche
A l’époque où nous sommes, l'Angleterre était au plus fort de ses
luttes avec la France. Napoléon voyait presque toute l’Europe à ses
pieds. Seule, la Grande-Bretagne était debout, défiant le fier conqué-
rant. Comme celle-ci, À cause de ses manuf.ctures, entretenait de nombreuses relations commerciales avec les divers pays de l’Europe et de l'Amérique, Napoléon prit la détermination d’a
en paralysant son commerce. Il prétendait q formé contre lui des Coalitions, qu’elle lui avai
vaient être fermés aux navires anglais, et les ports britanniques fermés aux vaisseaux des nations soumises à ]
Les Anglais rétorquèrent par leurs fameux ordres du Conseil, qui déclaraient les côtes françaises en état de blocus. Dans cette lutte, la république des États-Unis avait pris l'attitude d'une nation neutre. Plusieurs de ses navires marchands furent saisis par des navires français Ou anglais, pour n'avoir pas respecté les lois de ces divers blocus. Quand ces saisies furent faites par l'Angleterre, l’indignation des Américains ne connut plus de bornes.
Ainsi, la principale cause qui contribua à la déclaration de guerre entre l'Angleterre et les États-Unis, fut l'exercice du dreit de recherche, c'est-à-dire du droit que l'Angleterre avait d'aborder les vaisseaux suspects des nations neutres et de réclamer les déserteurs de sa marine. Ce droit de recherche était reconnu par les puissances de l'Europe.
Des abordages ayant été faits fréquemment sur des frégates américaines par les vaisseaux de l’amirauté anglaise, il s'ensuivit des irritations bien trop fortes pour deux nations qui n'avaient pas encore oublié les luttes de la guerre d'Indépendance. La guerre fut déclarée le 18 juin 1812.
L'invasion du Canada allait se faire par trois armées. Le brigadier général Hull traverserait la rivière Détroit, à la tête de l'armée de l'ouest. Le général Van Rensselaer dirigerait la grande armée du centre, à la frontière de Niagara, tandis que le commandant en chef, le général Dearborn, conduirait l'armée du nord à Montréal, par la vieille route du Richelieu. Dans les deux Canadas, on prit, sans retard, des mesures pour défendre énergiquement le pays.
Événements de 1812
Le général Hull fit la première invasion, avec son armée de l’ouest, forte de 2,500 hommes. Sous le commandement du capitaine Roberts, une compagnie de réguliers anglais, aidés de 160 voltigeurs canadiens
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Auprès de Niagara. — GUERRE DE 1812-13-14
et de quelques Indiens, s’emparèrent, le 15 juillet, du poste important de Michillimakinac. Le 25 du même mois, le général anglais Brock, qui commandait 700 soldats et était aidé par le célèbre chef de la tribu
Shawanee, Tecumseh, avec ses 600 Indiens, obligea le général Huli, renfermé dans le fort de Détroit, de se rendre avec son armée,
Peu après, la grande armée du centre, composée de 6,000 hommes et commandée par Van Rensselaer apparut sur les frontières du Niagara. Les Canadiens, qui étaient en deçà de la rivière, n'avaient dans leurs divers forts que 1,500 hommes, à peu près. Déjà de forts détachements américains avaient traversé la rivière, à Lewiston, et occupaient les hauteurs de Queenstown, quand le général Isaac Brock accourut du fort George, avec les soldats de la garnison du fort Chippewa et son fidèle allié, Tecumseh, suivi d'Indiens. Quand ce commandant Brock, haut de six pieds et trois pouces, parut sur le champ de bataille, la faces des choses ne tarda pas à changer. Les troupes américaines furent mises en désordre et prirent la fuite, non, cependant, sans avoir fait payer leur déroute par la mort de Brock qu'une vingtaine de soldats américains visérent délibérément et tuèrent par une décharge de mousqueterie.
L'armée du nord, commandée par le général Dearborn et forte de
Elle n’alla pas loin. Après être entrée sur le territoire canadien, au pied du lac Cham-
plain, elle apprit que le major de Salaberry s'était fortifié à la rivière
Cette méprise détermina les troupes amélac Champlain.
Les Américains soutinrent mieux l'honneur de leur pavillon sur l'Océan que sur la terre ferme. Leurs frégates étaient basses et étaient mieux équipées que les vaisseaux de haut bord anglais ; aussi des centaines de navires portant le pavillon britannique tombérent entre les
mains des Américains, et trois mille marins anglais furent faits prisonniers, Les Américains résolurent de continuer la campagne, l'année suivante, avec une énergie nouvelle. Ils ne changèrent pas leur plan et firent l'attaque avec trois armées.
Guerre anglo-américaine — Événements de 1813
Durant cette deuxième année, les Américains eurent l'avantage dans le Haut-Canada, Les rencontres à Frenchtown, Moraviantown, York, Sackett's Harbor et la bataille navale engagée à Put-in-Bay, furent autant de victoires pour les Américains qui avaient un habile commodore du nom de Perry, et un excellent général dans la personne de Harrison. Néanmoins, à Stony Creek, les Anglais eurent la victoire, grâce à l'intrépidité du colonel Harvey, qui fut envoyé à ce poste par le général Vincent, commandant en chef de l'armée anglaise. Avec 700