LA QUESTION DE RÉFORME DANS LES DIFFÉRENTES PROVINCES
Dans le Bas-Canada
Au Bas-Canada, l'agitation, en vué d'un gouvernement responsable, eut le caractère d'une lutte entre Français et Anglais. Les Canadiens- Français formaient les quatre cinquièmes de la population, tandis que l'autre cinquième, qui était composé d’Anglais, gouvernait le pays. Ces derniers occupaient presque tous les sièges dans les deux conseils du gouvernement.
Dans la 122e leçon, nous avons vu que sir Gordon Drummond fut remplacé, dans ses fonctions de gouverneur, par sir John Cope Sherbrooke, Celui-ci fut très prudent. Il conseilla de faire entrer, dans le corps législatif, l'évêque catholique de Québec et le président de la chambre. Ces deux fonctionnaires sembleraient yÿ représenter la province.
L'Exécutif acquiesça à cette demande. Durant l'administration de Sherbrooke, la grande question des subsides agita beaucoup l'esprit public. La chambre d'assemblée, autrement dite la chambre basse, voulait avoir, comme en Angleterre, l'initiative de toutes les mesures touchant l'emploi des deniers publics. La constitution anglaise lui en donnait le droit. De leur côté, les conseils exécutif et législatif désiraient disposer des subsides à leur gré, comme ils l'avaient fait depuis la conquête, Sir John Sherbrooke, dégoûté de la tâche difficile qui lui incombait, demanda son rappel en Angleterre, On lui donna pour successeur le duc de Richmond, un grand personnage qui, par son luxe, avait déjà dissipé une grande fortune. Il fit son arrivée à Québec, en 1818, accompagné de son gendre, sir Peregrine Maitland, nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada...
Dès la première session, le duc de Richmond se vit refuser le vote de la « liste civile », parce que lui, gouverneur, avait élevé cette liste d'un cinquième au-dessus de celles des années précédentes. Mécontent, le duc prorogea le parlement en adressant à la chambre de sévères
reproches contre lesquels celle-ci protesta énergiquement, à la session suivante, Peu de temps après, le duc de Richmond fut mordu, dans une auberge, par un renard qu'il s'était amusé à caresser, et il en mourut,
Les gouverneurs Monk, Maitland et Dalhousie
La colonie fut ensuite administrée temporairement par l'honorable James Monk. La dissolution de la chambre, ordonnée par ce dernier, étonna tout le monde, Parce que l'on savait qu les élections ne répondaient pas aux vœux du Souvernement,
Sur ces entrefaites, le Pouvoir passa, pour quelques mois, aux mains de sir Peregrine Maitland. La nouvelle chambre était encore plus hostile aux prétentions du conseil exécutif que l'ancienne. Elle regardait la dernière dissolution comme non constitutionnelle, La situation devenait très embarrassante, lorsque la nouvelle officielle de la mort de George III entraîna encore la dissolution de la législature,
Au printemps de 1820, le comte de Dalhousie débarqua à Québec, à l'époque même des nouvelles élections, Ce Bouverneur, qui remplaçait Maitland, Convoqua la chambre législative Pour le mois de décembre,
Au cours de cette session, la chambre vota un bill de subsides qui fut rejeté par le conseil, Le mécontentement des représentants du peuple augmentait de jour en jour, De son côté, le comte de Dalhousie travaillait de toutes ses forces à l'union des deux Canadas, l'unique moyen pour avoir raison des Canadiens-Français.
Après avoir visité le Haut-Canada dans ce but, il convoqua les cham-