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CHAPITRE VI. SOMMAIRE HISTORIQUE. — DE 1873 A

Dans les leçon, que renferme ce chapitre, nous ne faisons que mentionner les principaux faits d'histoire qui se déroulent, dans la Puissance du Canada, durant la dernière partie du dix-neuvième siècle, Ces événements récents sont trop liés, pour la plupart, à la politique des partis pour que l’histoire en examine maintenant les causes et les effets.

Le 1er avril 1873, le paquebot « Atlantic », de la ligne « White Star », frappe un rocher près d'Halifax et il sombre, en entraînant 547 pertes de vie. Le 20 mai suivant, sir Georges-Étienne Cartier, un des pères

. de la Confédération, meurt à Londres. Ses restes sont transportés à

Montréal, aux frais de l'État.

Depuis un quart de siècle, Georges-Étienne Cartier était devenu très populaire dans le Bas-Canada. Son alliance avec John-A. Macdonald contribua largement aux succès du chef conservateur. Comme La- Fontaine, il avait mont:é, dans sa jeunesse, des sympathies pour le mouvement agitateur ; mais, plus tard, il devint conservateur modéré, avec un fort penchant britannique. S'il n'eut pas l'éloquence, le magnétisme, l'astuce politique de sir John, sir Georges Cartier fut cependant un véritable homme d'État, grâce à son caractère persévérant . et énergique, à son esprit profond et convaincant : il fut, à son époque, un chef d’une grande puissance.

Dans l'été de 1873, un collège français, qui a vécu neuf ans, fut fondé à Saint-Louis, Nouveau-Brunswick, par le révérend Marcel-F. Richard, curé du lieu.

La première session du deuxième parlement fédéral, ouverte à Ottawa, le 5 mars, et ajournée en mai, est prorogée le 13 août 1873. Une deuxième session a lieu l’automne de la même année et dure quinze jours. Des accusations portées contre le pouvoir exécutif, au sujet de la Construction du chemin de fer du Pacifique, contribuent tellement à affaiblir le ministère que celui-ci démissionne, le 6 novembre 1873. Ce deuxième parlement, le plus court depuis la Confédération, n'avait eu, en tout, que dix semaines de session.

Alexander MacKenzie est ensuite nommé premier ministre du Canada. Le 2 janvier 1874, il proclame la dissolution du parlement, et, quelques semaines plus tard, de nouvelles élertions générales ont lieu.

La première session du troisième parlement fédéral s'ouvre le 26 mars 1874, avec un cabinet libéral soutenu par une forte majorité. Alexander MacKenzie gardera les rênes de l'administration durant quatre ans et demi. Cette même année, Antoine-Aimé Dorion, ministre de la justice dans le cabinet MacKenzie, est nommé juge en chef de la cour du banc de la reine, dans la province de Québec.

d'entrée sur l'importation des produits étra

rene SUR

La terre de Rupert et les territoires du Nord-Ouest, à l'exception du Manitoba, sont placés, en 1875, sous la juridiction d’un lieutenant- Souverneur distinct. De son côté, l'île du Prince-Édouard inaugure

L'année suivante, le chemin de fer Intercolonial, de Québec à Halifax, est terminé. En cette année 1876, la législature de Manitoba abolit son conseil législatif : un acte du parlement fédéral crée le district de Kéwatin situé à l’ouest de la baie d’Hudson.

Le 20 juin 1877, une grande partie de la ville de Saint-Jean, Nouveau- Brunswick, est détruite par les flammes. Le feu s'étend sur une superficie de deux cents acres : au delà de deux mille résidences sont réduites

ph -Ed. Cauchon est nom-

en cendres. Le 2 décembre 1877, l’hon. Jose mé lieutenant-gouverneur du Manitoba.

Au partement fédéral, le parti politique de sir John quel avait été se

-A. Macdonald le-

nsiblement désorganisé par les révélations faites à l’en-

Joseph CAUCHON

quête tenue au sujet du « chemin de fer du Pacifi ressaisir. Sous l’habile direction de son chef, il une vigoureuse opposition à l'administration MacKenzie. Depuis quelques années, le monde entier souffrait d’une grande dépression comvoyait son commerce languir et ses

manufactures peu encouragées. De lourds déficits étaient signalés dans presque toutes les branches du revenu public. Sir John-A. Macemanier le tarif aux fins de mieux

protéger les industries naissantes du pays, en imposant de forts droits ngers. A ce tarif de proitique Nationale » Les tte question. Le cabinet teur revenant au pouvoir e MacKenzie donna sa dé- Macdonald reprit son siège de

que », ne tarda pas à se fut bientôt prêt à faire

avec une très grande majorité. Le ministér mission le 16 octobre 1878, et sir John-A.

premier ministre du Canada.

Au même automne, le très honorable marquis de Lorne, époux de la

princesse Louise et gendre de la reine Victoria, fut nommé gouverneur général du Canada, en remplacement du comte Dufferin.

Au cours de la première année du nouveau ministère Macdonald, il s’éleva, dans la province de Québec, une question très sérieuse relativement aux droits provinciaux ct fédéraux. En mars 1878, le lieutenant gouverneur de la province de Québec, l'honorable Luc Letellier de Saint-Just, renvoya le cabinet de Boucherville, sous l'accusation que le premier ministre avait publié des proclamations non encore revêtues de la signature du lieutenant-gouverneur.

Il appela au pouvoir Henri-Gustave Joly, qui assuma la responsabilité de l'acte de renvoi et réussit à se maintenir au pouvoir pendant plus d’un an. 11 se fit incontinent une grande agitation politique.

Les conservateurs, lésés par le renvoi du ministère de Boucherville, disaient qu'il y avait eu là ur.e grave infraction aux principes du gouvernement responsable, en vertu duquel un gouverneur est censé être lié par ses conseillers, aussi longtemps que

Marquis de LORNE ceux-ci ont pour eux la majorité parlementaire. De leur côté, les libéraux affirmaient que le principe constitutionnel avait été complètement sauvegardé, parce que le lieutenant-gouverneur s'était trouvé relevé de toute res. ponsabilité par son nouveau premier ministre, M. Joly. Le débat devint acrimonieux ; M. Letellier fut maintenu à son poste, et sa politique approuvée. Cependant, en 1879, lorsque les conservateurs arrivèrent au pouvoir à Ottawa, Letellier fut destitué.

De 1880 à 1885

En 1880, une grande personnalité disparut, dans l'Ontario, par la : mort de l'honorable George Brown. Dans l’histoire du Canada, il figure peu d'hommes qui aient eu un caractère plus solide et vigoureux. Homme très sincère, il manquait de tact, était aveuglé par le préjugé et n'embrassait qu'une faible étendue des questions politiques. Ilavait des convictions trop profondes pour n'être pas intolérant : c’est ce qui explique, en politique, sa faiblesse et sa force, comme l’a dit un historien.

Le 1er septembre de la même année, en vertu d’un arrêté du conseil impérial, les possessions britanniques de l'Amérique du Nord, y compris l'archipel arctique, sont annexées au Canada : Terre-Neuve seule fait exception. .

Au mois d'avril 1881, la Société Royale du Canada est fondée. Au mois de juillet, la première convention générale des Acadiens a lieu, à Memramcook, N.-B. Le même été, à Québec, est fondé le journal __ Vérilé, défenseur énergique de la doctrine et des droits de la sainte

‘glise.

En 1882, l'Assiniboïa, la Saskatchewan, l'Alberta et Athabasca, quatre districts qui comprennent plus de 500,000 milles carrés, sont constitués sous un lieutenant-gouverneur. Régina est choisie comme capi-

tale et leurs institutions se développorent si bien que, en 1898, ces districts auront leur gouvernement responsable ct les pouvoirs provinciaux complets, sauf la faculté d'emprunter de l'argent ct de contrôler l'exploitation ou la vente des terres de la Couronne.

Le 22 juin, l'acte de Tempérance du Canada, déjà adopté par le gouvernement fédéral en 1878, est confirmé par le Conseil privé. La même année, la dissolution du 4e parlement fédéral est proclamée, et les élections générales subséquentes se déclarent en faveur du même ministère,

En 1883, le marquis de Lansdowne est nommé Bouverneur général du Canada.

En 1885, Pascal Poirier, avocat acadien, entre au sénat du Canada. C'est le premier Acadien nommé à la chambre haute d'Ottawa.

En 1885, il éclate une seconde insurrection parmi les Métis du Nord- Ouest. Ce sont les colons de la Saskatchewan qui s'insurgent à cause du réarpentage de leurs terres par Ges :gents du gouvernement fédéral, Ils font des réclamations semblables à celles faites par les Métis de la Rivière-Ro:.ge, en 1869 et 1870. Leurs terres ont été divisées en lots de grève à fronts étroits — 10 ou 20 chaînes de largeur sur 2 milles de profondeur, — mais le gouvernement veut les faire mesurer de nouveau par le mode rectangulaire, par sections de carrés mesurant quarante chaînes sur toutes les faces. De plus, depuis sept ans, les Métis de la Saskatchewan demandent un octroi spécial de terre en considération de ce qu'on est convenu d'appeler « l’extinction du titre sauvage » — octroi gratuit accordé, dès le 15 juillet 1870, aux Métis du Manitoba. Pour mieux comprendre cette dernière réclamation, il faut se rappeler que le gouvernement, en prenant possession des Territoires, reconnaissait des droits aux sauvages et aux Métis. Les sauvages, en extinction de leurs prérogatives, devaient avoir une compensation collective, en forme de réserves. Les Métis, qui avaient droit, tout autant que les sauvages, à l'extinction dutitre indien, demandaient, Pascal POIRIER comme blancs, une compensation individuelle. Quinze ans auparavant, les anciens colons et les Métis du Manitoba avaient reçu cette indemnité, sous forme de certificats (scrips) donnés en échange de leur titre et rachetables en terres fédérales. Les colons et les Métis du Nord-Ouest demandaient une allocation analogue.

Pendant six ans, le peuple des régions de la Saskatchewan revendiqua ainsi ses droits au moyen de pétitions. Il se réunit souvent en assemblées publiques, passa des résolutions, envoya des délégations à Ottawa. Leurs réclamations ne se réglèrent pas. Dans l'automne 1884, ils allèrent chercher, aux États-Unis, Louis Riel, le seul homme instruit de la race métisse. C’est alors que commença une agitation, assez paisible et constitutionnelle dans les premiers six mois, mais qui se termina par une révolte ouverte et séditieuse.

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De 1885 à 1887 — Rébellion du Nord-Ouest

Les hostilités commencent au Lac-au-Canard. Les Métis repoussent un détachement de police à cheval et de volontaires accourus de Prince-Albert. Une semaine plus tard, les Indiens, sous le commandement de Gros-Ours, chef cree, massacrent les blancs, entre autres, deux

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