‹ L'histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 66 sur 75 · INSURRECTION DU NORD-OUEST · texte numérisé non relu

INSURRECTION DU NORD-OUEST

prêtres. Un autre chef de la même tribu, Poundmaker, se joint aux Métis.

Le gouvernement fédéral envoya d'abord un corps de volontaires distribués en trois colonnes d'attaque.

Le général Middieton, qui fut chargé de la plus forte colonne, fit le siège de Batoche et vainquit les rebelles. Peu : NN) de jours après, Riel fut fait prison-

É-: — nier. Le colonel Otter, placé à la tête LE (à ac de la deuxième colonne, livra une ba- É taille, non loin de Battleford, et ébran- F , la tellement les forces de Poundmaker que celui-ci se rendit, le 26 mai.

La troisième colonne se mobilisa plus à l’ouest, afin d'empêcher les tribus sauvages de ces régions de se mêler aux Métis de la Saskatchewan. Au commencement du mois de juillet, le chef cree, Gros-Ours, fut capturé, à son tour, et la rébellion se trouva supprimée, Elle avait coûté la vie

Ignace BOURGET

à 38 volontaires, sans compter 115 autres soldats ou officiers qui furent

blessés. L'histoire n'a Pas encore constaté les pertes des rebelles. Tandis que l'attention publique était ainsi dirigée sur les rebelles du

Nord-Ouest, une des plus grandes figures dans l'épiscopat du Canada

titulaire de Martianopolis, mort le 8 juin 1885. Ce prélat, qui fut évéque de Montréal durant trente-six ans, fut éminent par ses œuvres et par sa sainteté,

Durant la guerre, le gouvernement fédéral fit justice aux réclamations des Mé'i , tant pour les octrois de terre en extinction du titre indien que pour le maintien du vieux mode d'arpentage. Cependant le procès de Louis Riel fut instruit à Regina, et, finalement, l'ex-président des Territoires fut condamné à mort pour avoir soulevé deux rébellions dont la première avait été compliquée de meurtre, et il monta sur l'échafaud, le 16 novembre 1885.

En 1886, l'archevêque Taschereau, de Québec, est nommé cardinal. Au mois de juin de la même année, la ville de Vancouver est entièrement

Lord LANSDOWNE Cardinal TASCHEREAU

détruite par le feu : quatre maisons seulement sont épargnées et il y a 50 pertes de vie.

A la fin du même mois, le premier train du Pacifique Canadien part de Montréal pour Vancouver. Cette voie du « Pacifique » compte, d’un océan à l’autre, 6,683 milles anglais, et réalise le rêve des premiers explorateurs de l'Amérique qui cherchaient un passage à l'Orient par le nord-ouest. A Vancouver, la compagnie du chemin de fer du Pacifique a établi plusieurs lignes de bateaux à vapeur. Deux de ces lignes font la traversée de l’océan Pacifique : une, ouverte en 1891, entre Victoria et Hong-Kong, Chine ; l’autre, inaugurée en 1893, et qui parcourt le trajet entre Victoria et Sydney, Nouvelles-Galles du Sud, en faisant escale à Honolulu. D'autres lignes font le service de Victoria à l'Alaska et à divers ports des États-Unis.

De 1887 à 1892 Au mois de novembre 1887, une commission des pêcheries se réunit

à Washington. Le Canada était représenté par sir Charles Tupper. De part et d'autre, les plénipotentiaires anglais et américains désiraient arriver à une entente aussi satisfaisante que celle qui existait sous le traité de Réciprocité de 1854, dont nous avons parlé à la 148e leçon.

Un traité fut signé, le 15 février 1888, par les membres de la commission ; mais il fut rejcté, six mois plus tard, par le sénat de Washington. En attendant de futures négociations, les denx parties ont arrêté une décision provisoire, un modus vivendi aux termes duquel les pêcheurs américains peuvent fréquenter nos ports Pour s’y approvisionner de vivres, expédier leur poisson, etc., etc.

La dissolution du 5e parlement fédéral est proclamée le 15 janvier 1887. Les élections générales qui suivent, maintiennent au pouvoir le même parti.

Le ler mai 1888, lord Stanley de Preston est nommé gouverneur général du Canada : il prête serment, le 11 juin. Le ler juillet de la même année, Joseph Royal est nommé licutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest.

Lord STANLEY Honoré MERCIER

La même année, un bill pour le règlement d'un différend très ancien entre la société de Jésus, la hiérarchie catholique de Ouébec et la province elle-même, avait été passé sans opposition aux chambres de Ja législature de Québec. En temps et lieux convenables, Honoré Mercier, le premier ministre de Québec, avait conclu des arrangements en vertu desquels les jésuites devaient recevoir $#400,001, en règlement final de leurs réclamations qui s'élevaient à #2,000,000. ;

Quelques feuilles protestantes agressives dénoncèren: cet acte concernant les biens des Jésuites et organisèrent un mouvement pour forcer le gouvernement fédéral à désavouer cette mesure de restitution. Après de longs débats en chambre fédérale et dans les journaux, lord Stanley de Preston déclara, le Z août 1889, qu’il ne pouvait pas et ne voulait pas désavouer la loi en question, contre le gré de son propre ministère.

Le 5 novembre, les 400,000 dollars furent payés de la manière suivante : $100,000 à la société de Jésus, $60,000 au comité protestant du conseil de l’Instruction publique de Québec, $40,000 à l'Université Laval, et le reste, divisé en somme de $10,000 et de $20,000, fut payé à divers diocèses.

En 1890, l'asile de le Longuc-Pointe, Montréal, est détruit par le feu ; 75 personnes périssent dans les flammes

Au Manitoba, l'Acte des école législature,

Au Nouveau-Brunswick, P.-A. Landry, de Dorchester, est nommé juge : c'est le premier Acadien appelé à monter sur le banc judiciaire,

1 Oitawa, le 6 juin 1891, le plus habile chef politique que le Canada

s non-confessionnelles est adopté à la

Pierre LANDRY Sir John ABBOTT

ait eu jusqu'à nos jours, s'éteignait dans la personne de sir John-A. Macdonald, âgé de 77 ans. Le sénateur John Abbott le remplace. En décembre, à Québec, mort de Mgr Labelle, grand apôtre de la colonisation.

La question de la mer de Behring

Depuis plusieurs années, de fréquentes contestations s'élevaient entre les États-Unis et le Canada, relativement à la pêche du phoque dans les mers de l'Alaska. Les Américains prétendaient que non seulement

Sir John THOMPSON Lord ABERDEEN

toute la mer de Behring était fermée aux pêcheurs canadiens, mais que les phoques, réfugiés sur les îles Pribyloff, venaient des eaux américaines et appartenaient à la compagnie américaine de l'Alaska. Forts de

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la Colombie Anglaise furent saisis. Après de longues correspondances diplomatiques entre les deux pays, il fut résolu que l'affaire serait soumise à un tribunal. Cette cour d'arbitrage ouvrit ses séances à Paris, France, le 4 avril 1893. La Commission avait pour arbitres le baron de Courcel (France), lord Hannen (Grande-Breta ne), sir John Thompson (Canada), John M. Harlau et J «-P. Morgan ( tats-Unis), le marquis Visconti Venosta (Italie), et M. Gram (Suède et Norvège). La décision de ce tribunal ne fut pas favorable aux réclamations des États-Unis.

Le 17 avril, la mort enlève Alexander MacKenzie, chef du deuxième ministère de la Confédération, « un des hommes les plus honnêtes et les plus francs de la politique canadienne », a dit un historien contembporain. Au Nouveau-Brunswick, le conseil législatif est aboli. Au parlement fédéral, sir John Abbott, premier ministre depuis la mort de sir John-A. Macdonald, démissionne pour cause de mauvaise santé. Il est remplacé par sir John-S-D... Thompson.

,/ En 1893, l'assemblée et le conseil législatifs de l’île du Prince-Édouard sont réunis en un seul corps. Le 18 septembre de la même anné, le comte d’Aberdeen est nommé gouverneur général du Canada, Un mois plus tard, Honoré Mercier, ex-premier ministre de la province de Québec, meurt à Montréal. Habile politicien et brillant Sir Mackenzie BOWELL orateur, il avait su gagner l'affection et la confiance du peuple,

Le 12 décembre 1894, le premier ministre du Canada, sir John-S.-D. Thompson, meurt, à son tour, subitement, au château Windsor, Londres.

préciation de la postérité, Neuf jours après sa mort, il est remplacé par sir MacKenzie Bowell qui forme le sixième ministère de la Confédé-

Comme nous venons de le voir dans l’avant-dernière leçon, la minorité catholique du Manitoba avait perdu, en 1890, le contrôle de ses écoles. A la législature provinciale, il avait été voté un biil d'écoles neutres, basé sur l’acte d’Éducation introduit à la chambre de la Nouvelle-Écosse, par le docteur Charles Tupper, en 1864, et adopté au Nouveau-Brunswick, en 1871.

Durant plusieurs années, les ca’ soliques du Manitoba refusèrent

Manitoba, passé en 1870, avait promis de sauvegarder, n'étaient plus reconnus. La question fut soumise à la plus haute autorité judiciaire

de l'Empire britannique. Le jugement du Conseil privé d'Angleterre déclara que les droits de la minorité catholique avaient été lésés et qu'il y avait pour les catholiques du Manitoba un motif suffisant d'invoquer l'intervention fédérale. De son côté, le haut clergé de la province de Québec — faisant exercice de son devoir — demanda instamment une loi fédérale réparatrice. Cette dernière ne fut pas accordée. Toutefois, sur la demande du cabinet fédéral, d'importantes concessions ont été faites aux catholiques par le gouvernement du Manitoba.

Le 2 octobre 1895, l'organisation des districts de Ungava, Franklin, Mackenzie et Yukon est proclamée.

Le 2 janvier 1896, la sixième session du 7e parlement est à peine Ouverte quand six ministres du cabinet présentent leur démission. Deux semaines plus tard, le premier ministre Bowell a reconstruit son ministère.

Le 24 avril, lord Strathcona est nommé haut commissaire du Canada, à Londres, en remplacement de sir Charles Tupper qui, quelques mois auparavant, a résigné cette position. Le même jour, la dissolution du 7e parlement fédéral est annoncée : en même temps, sir MacKenzie Bowell se retire du ministère. Le premier ministre est remplacé par sir Charles Tupper, qui forme un nouveau cabinet, le 27 avril 1896. Sir Wilfrid LAURIER

Deux mois plus tard, les élections générales ont lieu dans la Puissance du Canada : elles donnent une grande majorité au parti libéral. Le 11 juillet, Wilfrid Laurier accepte la charge de premier ministre, et, deux jours plus tard, il compose le huitième ministère de la Confédération.

De 1897 à 1900

En 1897, le premier ministre Laurier est nommé membre privé du} Conseil privé d'Angleterre. E.

Le 8 décembre de la même année, Sa Sainteté, Léon XIII, envoie une lettre encyclique « aux archevêques, évêques et aux autres Ordinaires de la Confédération canadienne » relativement à la question scolaire manitobaine. Le pape félicite les évêques du Canada d’avoir protesté contre la nouvelle loi d'écoles du Manitoba ; il déplore que les catholiques canadiens eux-mêmes n'aient pas su se concerter pour défendre les intérêts qui importent souverainement au bien commun, et dont la grandeur et la gravité doivent toujours imposer silence aux intérêts des partis politiques, lesquels sont d’un ordre bien inférieur. Il reconnaît que quelque chose a été fait pour amender la loi ; mais il n'a pas encore été pourvu suffisamment aux droits des catholiques et à l'éducation de leurs enfants au Manitoba. En attendant le jour où ils verront triompher toutes leurs revendications, les catholiques du Manitoba ne doivent pas refuser les satisfactions partielles que leur offre la iégisiature.

Ensuite le pape engage ceux qui dirigent les établissements d'éducation à élaborer, avec soin et sagesse, tout le programme des études et

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à n’admettre à l'enseignement que des hommes abondamment pourvus

de toutes les qualités requises pour cette fonction importante, Sa

Le 14 janvier 1898, le juge Jetté est nommé lieutenant-gouverneur

Au mois d'avril, W.-S. Fielding, ministre des finances au parlement fédéral, annonce la mise en vigueur d'un tarif préférentiel. A partir du ler avril 1898, dit-il, l'Angleterre, les Antilles et autres colonies ou

Sir J. A. CHAPLEAU Mgr FALCONIO

possessions anglaises, admettront les marchandises canadiennes aux mêmes conditions que le Canada leur offre pour leurs marchandises, c'est-à-dire, aux taux de 25 pour 100 du taux spécifié. Le 1er juillet 1900, le tarif privilégié, donné aux parties de l'empire ci-haut mentionnées, est élevé à 33 1/3 pour 100. Cette préférence ne s'étend pas à certains articles de commerce, tels que vins, spiritueux, tabac, cigares, etc.

À Québec, le 12 avril, S. E. le cardina!

A Taschereau, le premier cardinal du Canada, s'endort de son dernier sommeil, après une vie d'édification et de saintes œuvres.

y Le 17 mai, l'acte du cens électoral, déjà

expliqué brièvement dans quelques leçons précédentes, est adopté par la chambre des Communes du Canada. Au mois de juin, le

ritoire séparé sous le nom de « Territoire du Lord MINT O Yukon». Par arrêté du Conseil, M. W. O'Gilvie en est nommé le premier commissaire,

Le 13 juin, mort de sir Adolphe Chapleau, un homme d'État distingué, un orateur puissant qui exerça une grande influence sur son parti et sur sa race.

Le 2S septembre, un plébiscite est pris sur la question de la prohibition relativement à la vente des liqueurs. A peu près 44 pour 100 des

district du Yukon est constitué et déclaré ter- .

électeurs de la Puissance du Canada enregistrent leurs votes. Résultat 264,693 en faveur de la liberté de vente ; 278,380 pour la prohibition.

Le 4 octobre, A.-E. Forget cest nommé licutenant-gouverneur des Territoires du Nord-Ouest.

Le 12 novembre, le comte de Minto est assermenté gouverneur général du Canada.

Le 1er janvier 1899, le taux postal du Canada est réduit à deux centins.

Le 18 février, des élections générales ont lieu au Nouveau-Brunswick ; le gouvernement est soutenu. Le 27 du même mois, P.-A. Mclntyre est nommé lieutenant-gouverneur de l’île du Prince-Édouard.

Le 1er octobre, arrivée de Mgr Diomède Falconio, délégué apostolique du Pape pout le Canada.

En 1900 — Le Canada et la guerre du Transvaal

Au cours de l'été 1899, Paul Kruger, le président du Transvaal et sir Alfred Milner, le haut commissaire anglais en Afrique australe, ont une entrevue à Bloemfontein, capitale de l'État libre d'Orange, au sujet de certains droits politiques dont les uitlanders (étrangers) anglais réclament l'acquisition au Transvaal, à légal des citoyens boers.

Actuellement, les uitlanders forment les deux tiers de la population blanche dans la république sud-africaine. Ils veulent les mêmes droits politiques que les burghers (citoyens boers). Le gouvernement transvaalien exige un stage de sept ans pour qu'un étranger puisse acquérir la plénitude de ses droits politiques. Pour le droit de vote et l'éligibilité au premier Volksraad (Haute Chambre), il faut que l’uillander ait

C'est principalement à cause de cette question de suffrage et de naturalisation que la guerre a éclaté entre le Transvaal et l'Angleterre, le

Sur demande, le gouvernement canadien se décida à fournir des troupes. Le 30 octobre, le steamer « Sardinian » fit voile de Québec, ayant à bord le premier contingent canadien, 57 officiers et 1,224 hommes. Pendant l'hiver de 1900, un second contingent fut envoyé, en trois détachements. Il était composé de 41 officiers et de 976 soldats. Un corps spécial de carabiniers à cheval, offert par lord Strathcona fut organisé ct partit d’Halifax, le 16 mars 1900 pour le Cape-Town. Il était composé de 537 officiers.

Ceux qui ont survécu à la misère de cette campagne, aux balles des ennemis ou à la maladie, sont revenus dans l'hiver de 1901, et ont reçu, dans les principales villes du Canada, de magnifiques ovations.

Le 19 novembre 1899, à Montréal, la mort de sir William Dawson, célèbre géologue ct recteur de l'Université McGill.

Le 15 décembre, en France, mort de M. Rameau de Saint-Père, historien distingué et ami des Acadiens et Canadiens-Français.

Le 12 janvier 1900, deuxième centenaire de la mort de la vénérable Marguerite Bourgeois, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, à Montréal.

Le 25 avril, la ville de Hull est détruite par les flammes, ainsi que le quartier Victoria, à Ottawa.

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Le 20 juin, Th. R. Mclnnes, lieutenant-gouverneur de la Colombie- Anglaise, est remplacé par sir Henri Joly de Lotbinière.

Au Nord-Ouest, le cinquantième anniversaire de prêtrise du P. Albert Lacombe, O. M. I. l'apôtre des métis et le défenseur infatigable des intérêts catholiques et nationaux des populations de l'Ouest canadien. Tout âgé qu’il est, ce dévoué missionnaire fait un voyage à Rome et à la cour d'Autriche pour plaider la cause des Galiciens émigrés, et obtenir pour ceux-ci des prêtres de leur nation et de leur rite.

Fin d'un grand siècle — Mort d’une grande reine

Pendant que le soldat canadien verse son sang dans l'Afrique australe, pour la cause de l’uitlander anglais, le dix-neuvième siècle disparaît. L'histoire n'hésite pas à dire que le dix-neuvième siècle, malgré ses fautes et ses agitations, a produit une évolution magnifique et très féconde, au triple point de vue de la politique, de la science et du progrès matériel.

Au point de vue politique, les cent dernières années ont été un épanouissement progressif des libertés populaires. L'esclavage a été aboli ; les gouvernements constitutionnels se sont multipliés, le suffrage universel a donné aux peuples la direction de leurs gouvernements. Au point de vue scientifique, l’application générale de l'électricité, les découvertes médicales, etc., disent que le génie humain a arraché à la

Reine VICTORIA ÉDOUARD VII

nature des secrets jusqu'ici inconnus. Au point de vue mat{ : L les peuples ont fait des progrès étonrants. Les chemins de fer ‘ »oli les distances ; les immenses paquebots qui sillonnent les océans, ont réuni les continents ; les peuples, plus éclairés, se sont adonnés avec plus d'intelligence, à l'agriculture, à l’industrie, au commerce : ils vivent mieux et sont plus heureux. De son côté, l'instruction populaire, presque inconnue auparavant, dans notre pays — s’est développée merveilleusement et, aujourd’hui, l’école projette sur les foules ses rayons lumineux.

Pendant que le temps ensevelit ce grand siècle, Victoria, reine de la Grande-Bretagne et impératrice des Indes, s'éteint doucement, le 22 janvier 1901 à l’âge de 82 ans, après avoir occupé le trône durant 64 ans.

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Sous son règne, l’activité industrielle et commerciale a”pris un tel essor que la Grande-Bretagne a des comptoirs dans toutes les parties du monde et Commande aux mers par sa marine marchande. De plus, les principales colonies anglaises, pourvues d'institutions politiques larges et libérales, se sont fédérées de façon à élever dans l’Empire britannique deux confédérations vigoureuses et intéressantes par leur progrès, leur développement et par l'avenir brillant qui leur semble réservé.

La reine Victoria laisse un nom impérissable de souveraine constitutionnelle. Son fils lui succède sous le nom d'Édouard VII.

État et influence des diverses dénominations religieuses

Les catholiques romains composent à peu près les deux cinquièmes de la population du Canada. L'Église catholique a exercé une grande et salutaire influence sur tout le Canada, surtout dans la province de Québec, où elle a façonné les institutions, conservé les habitudes et les coutumes religieuses de la race française, souvent guidé la politique et sauvegardé la loyauté du peuple. Sous lord Dorchester, en 1776, elle a contribué puissa-nment à Conserver le pays à la couronne d’Angleterre ; en 1812, elle a appuyé la politique anglaise dans les guerres anglo-américaines ; en 1837, elle a enrayé le mouvement dangereux de la rébellion ; plus tard, elle a été favorable au projet de la confédération ainsi qu'à toutes les mesures d'expansion, de protection et de développement prises depuis lors pour l'intérêt général du pays. Par devoir, elle a fait entendre sa voix dans diverses questions qui menaçaient ses attributions, telles que celles des biens des Jésuites, des écoles du Nouveau-Brunswick et de la province du Manitoba.

Récemment, le Canada a reçu la visite de délégués apostoliques envoyés par le Saint- Siège pour étudier les questions politicoreligieuses du pays et pour régler diverses Dr STRACHAN matières d'administration ecclésiastique. En 1877, c'était Mgr Conroy ; en 1888, Mgr Smeulders ; en 1897, Mgr Raffaeli Merry del Val : enfin, en 1899, Mgr Diomède Falconio dont la mission semble avoir reçu un caractère plus prononcé de permanence.

Après l’Église catholique, c’est l’Église anglicane qui a exercé la plus haute in:luence sur notre pays. Surtout dans les provinces anglaises, elle a eu un pouvoir dominant ; elle a été l’église des classes dirigeantes, le soutien du vieux toryisme et a beaucoup contribué à la dissémination et à l'amour des institutions britanniques. Ses plus illustres missionnaires ont été les évêques Jacob Mountain, George J. Mountain et Charles James Stewart. Les principaux organisateurs qui ont travaillé à la furmation et au développement de ses provinces ecclésiastiques sont dans Ontario, les ministres John Strachan et John Stewart : dans les provinces maritimes, les révérends docteurs Inglis, Binney et Medley ; dans l’ouest, les évêques Horden, Anderson et Mackray.

La religion méthodiste compte à peu près un million de croyants dans

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la Puissance du Canada. Elle a exercé une bonne part d'influence sur la politique. Parmi ses principaux missionnaires de notre pays et orateurs, on cite les ministres Egerton Ryerson, Matthew Richey, George Douglas et Albert Carman.

Les membres de l'église presbytérienne sont plus nombreux que ceux de la religion anglicane. En politique, cette secte s'est appliquée à conserver les vieilles traditions et à lutter contre les innovations démocratiques. Elle a été mêlée aux différends qui se sont élevés sur la question des Réserves du clergé. Dans ses rangs, les hommes les plus en vue ont été, jadis, les docteurs James McGregor, de la Nouvelle-Écosse, John Cook, de Québec, John Black, du Nord-Ouest et, dans une époque plus rapprochée de nous, les révérends Alexander Mathieson, Robert Burns et Alexander MacKnight.

Les baptistes sont à peu près au nombre de quatre cent mille. Ils n’ont guère pris

Dr RYERSON part aux discussions politiques du pays. Dans les provinces maritimes, ils sont plus nombreux que les sujets de l'église anglicane.

Les autres dénominations religieuses les plus importantes sont les luthériens, les congrégationalistes, les disciples, les brethren, les adventistes, les quakers, les universalistes, les juifs, et l'Armée du Salut.

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