Partie, des provinces de l’ouest et du nord-ouest de la France
Au
vouées qui voudraient aller: se iarier au Canada, On eut soin de n’accepter que des personnes de bonne réputation. En une seule fois, Mgr Harlay, archevêque de Rouen, expédia quatre-vingt-quatre filles de son diocèse. Elles se marièrent en arrivant, et devin- ‘on donnait des Pour huit mois après leur mariage.
rent les épouses des Vétérans à qui 1 terres et des vivres
Au mois d’août 1670, M. Talon revint au Canada, accompagné de M. Perrot envoyé en qualité de gouverneur de Montréal pour remplacer M. de Maisonneuve. Peu de temps après, M. de Courcelles demanda son rappel en France, pour cause de maladie, Il fut sincèrement regretté.
ns
46e Leçon. — Le système seigneurial.
Le système adopté pour contribuer à l’avancement de la colonie était basé sur les institutions féodales de la France; mais il était plus simple et moins assujétissant pour le peuple. 11 y avait des seigneurs et des censitaires. Les concessions de terrain faites aux censitaires étaient des lots longs et étroits, comprenant à peu près 90 arpents. Ces lots partaient de la rivière et se prolongeaient dans la forêt jusqu’à une distance de deux milles. (C’est ce qui explique ces établissements connus sous le nom de “ côtes ” et qui donnent aux rives du Saint-Laurent, au-dessous de Montréal, l'apparence d’un village interminable. Le censitaire payait sa redevance au seigneur, en argent, en grain ou en chapon vivant. S'il vendait sa terre, il donnait au seigneur la douzième partie du “prix reçu. Si un seigneur vendait sa seigneurie, il . était obligé, à titre d’amende, d’envoyer au roi la cinquième partie de la somme touchée par la vente: cependant le roi se contentait toujours d’une somme moindre, si la redevance était payée immédiatement.
HISTOIRE DU CANADA Il y avait lobligation d'entretenir les chemins jugés nuelle payable par le.
Un sou ou deux par Le seigneur et le
quittaient les obligations du premier.
Les droits de fo étaient imposés par la loi; mais i ujours exigés. Le
deux jours de travail Par an, ainsi qu'une partie du Poisson pêché dans les étangs, rivières ou lacs appartenant au domaine seigneurial. Durant toute cette époque, les intendants s'appliquèrent, de par les
ordres du roi, à protéger les censitaires contre la sé-
vérité et loppression des seigneurs, et ils y réussirent.
Tls contribuëèrent ainsi à rendre le système féodal
avantageux pour l'établissement des colons dans la Nouvelle-France.
mans,
47e Leçon. — Frontenac et La Salle.
A M. de Courcelles succéda Louis de Buade, comte de Frontenac, qui arriva à Québec dans l’automne de 1672. C’était un soldat très brave, un homme plein d'esprit et doué d’un
Avec ses manières hautaines, Frontenac se créa beaucoup d’ennemis. Le premier fut M. Perrot, gouverneur de Montréal et neveu de Talon. Perrot fut mis en prison, pour avoir maltraité un officier du gouverneur général. Puis vint le tour de M. l’abbé de Salignac Fénelon, frère du célèbre archevêque de Cambrai. Parce qu’il avait appuyé le parti de M. Perrot, l’abbé Fénélon fut arrêté et conduit en Europe. L’intendant Duchesneau, qui vint ici en 1675, ne fut guère mieux traité. Il fallut que le roi intervînt et indiquât le rang de chacun dans le conseil, Le gouverneur devait avoir la première place; l’évêque, la seconde ; l’intendant, la troisième, avec le droit, comme président, de demander les opinions, recueillir les svffrages — et prononcer les arrêts.
La question de la traite de l’eau-de-vie, qui revint en discussion, donna encore l’occasion à M. de Frontenac de montrer son humeur contre l’évêque, les Jésuites et le clergé.
Le gouverneur favorisa cette traite dont les Iroquois eux-mêmes deman- 6 daient à grands cris l’abolition. De leur côté, l’évêque et son clergé ne cessèrent de protester et de maintenir les défenses qui avaient été faites précédemment.