‹ L'histoire du Canada en 200 leçons [microforme]Chapitre 51 sur 88 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA QUEsrIoy DE RÉroRye DANS Les DIFFÉRENTES PROVINOES,

140 Leon. — Dans Je Bes-Canada,

Au Bas-Canada, l'agitation, en vue d’un Souverne. ment responsable, eut Je Caractère d’une lutte entre Français et Anglais. Les Canadiens- i

que l’autre cinquième, qui était composé d’Anglais,

Souvernait Je Pays. Ces derniers OCCupaient Presque

tous les sièges dans les deux conseils du gouverne. ent. : |

corps législatif, l’évêque catholique de Québec et le président de la chambre. Ces deux fonctionnaires sembleraient y représenter la province.

L’Exécutif acquiesça à cette demande. Durant l’administration de Sherbrooke, la grande question des subsides agita beaucoup l'esprit public. La chambre d’assemblée, autrement dite la chambre basse, voulait avoir, comme en Angleterre, l’initiative de toutes les mesures touchant l’emploi des deniers publics. La constitution anglaise lui en donnait le droit. De leur côté, les conseils exécutif et législatif désiraient disposer des subsides ‘à leur gré, comme ils l'avaient fait depuis la conquête. Sir John Sherbrooke, dégoûté de la tâche difficile qui lui incombait, demanda son rappel en Angleterre. On lui donna pour successeur le duc de Richmond, un grand personnage qui, par son luxe, avait déjà dissipé une grande fortune. Il fit son arrivée à Québec, en 1818, accompagné de son gendre, sir Peregrine Maitland, nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada.

Dès la première session, le duc de Richmond se vit refuser le vote de la “liste civile”, parce que lui, gouverneur, avait élevé cette liste d’un cinquième audessus de celles des années précédentes. Mécontent, le duc prorogea le parlement en adressant à la chambre de sévères reproches contre lesquels celle-ci protesta énergiquement, à la session suivante. Peu de temps après, le duc de Richmond fut mordu, dans une auberge, par un renard qu’il s'était amusé à caresser, et il en mourut.

QUESTION DE RÉFORME 258 1350 Lecon, — Les Souverneurs Monk, Maitland et Dalhousie, Le colonie fut ensuite administrée t

monde, parce que l’on savait que les élections ne ré-

pondaient pas aux vœux du Souvernement. = Sur ces entrefaites, le pouvoir Passa, pour quelques

mois, aux mains de sir Peregrine Maitland. La nou-

dait la dernière dissolution comme non constitution. nelle, Le situation devenait très embarrassante, lorsque la nouvelle officielle de la mort de George TT entraîna encore la dissolution de la législature,

débarqua à Québec, à l’époque même des nouvelles élegtions. Ce Souverneur, qui remplaçait Maitland, convoqua la chambre législa.

tive pour le mois de dé.

cembre,

Au cours de cette session, rm la chambre vota un bill de (HR subsides qui fut rejeté par NR le conseil. Le mécontente. COMTE DE DALHOUSIR, ment des représentants du peuple augmentait de jour en jour. De son côté, le

comte de Dalhousie travaillait de toutes ses forces à l’union des deux Canadas, l'unique moyen pour avoir raison des Canadiens-Français.

Après avoir visité le Haut-Canada dans ce but, il convoqus les chambres. Il essuya un nouveau refus au sujet des finances et il n’obtint que cinq votes en sa faveur, dans la chambre d’assemblée, Pendant que cette question des subsides agitait le pays, la minorité anglaise du Bas-Canada ne se gênait pas de dire que la faute en revenait aux Canadiens-Français qui, en général, étaient hostiles à l’immigration anglaise et même aux, relations commerciales avec l’Angleterre. Cette minorité anglaise ne rêvait rien tant que l’union avec les Anglais du Haut-Canada. A ces fins, en 1822, un bill ayant pour objet l’union des deux Canadas, fut présenté clandestinement, paraît-il, au parlement impérial; mais il fut rejeté, à sa seconde lecture. Ce projet de loi donnait une représentation beaucoup plus nombreuse au Haut qu’au Bas-Canada, proscrivait la langue française et restreignait la liberté du culte et les droits des représentants sur la distribution des deniers publics. En apprenant cette nouvelle, toute la population du Bas-Canada s’empressa de protester énergiquement.

Dans la session de 1826, l’assemblée législative du

-Canada vota des subsides, mais par chapitres non détaillés. Le lendemain, le comté @s-Duthoüsie en appela au peuple par des élections générales, Encore cette fois, la dissolution de la chambre produisit une agitation extraordinaire.

À la réunion de la législature, dans l'automne de 1827, le gouverneur refusa de confirmer l'élection de M. Papineau, nommé président de la chambre. Le lendemain, cette dernière était prorogée. De nouvel. 4 les requêtes revêtues de plus NN de 80,000 signatures et dans lesquelles le peuple demandait le rappel du comte de Dalhousie, furent portées en Angleterre, en 1828. PAPINEAU,

ne 136e Leçon. — Les Zouverneurs Kempt et Aylmer.

= Pour faciliter le rétablissement de la concorde, le

libre d'employer tout Pargent mis à la disposition dé la Couronne par le parlement impérial, sauf le traitement du Bouverneur et des juges.

“ ‘Sous son administration, la législature vota la somme dé 200,000 louis sterling pour bâtir des hôpi. fui ‘améliorer lès rontés publiques et développer

l'instruction primaire. Avant de commencer lexercice de ses fonctions, sir James Kempt avait reçu des instructions particulières. 11 lui avait été fortement conseillé de dissimuler son rôle sous l’apparence de l’impartialité, sans toutefois laisser abattre le conseil, qui servait de barrière contre les préten. tions des représentants du peuple. Il s’acquitta de cette tâche avec beaucoup de dextérité et se retira dès qu’il vit arriver le moment où de vaines paroles ne seraient plus suffisantes. 11 fut remplacé par lord Aylmer, qui débarqna à Québec, en octobre 1830.

Au commencement de son administration, lord Aylmer sefforça de éoncilier les esprits, mais il se trouva en face d’une chambre d’assemblée plus nombreuse que la précédente et très difficile à contenter. Les élections générales, qui av

immédiate de ces droits, Un compromis ne put s’é- Rx entre la chambre et le gouverneur; aussi les

difficultés existantes, au lieu de s’apaiser, rèrent bientôt en révolte ouverte contre lautorité éta. blie,

À Mon pendant l'élection d’un député, en 1832, il == bagarre sérieuse au cours de laquelle trois Canadiens-Français furent tués par les troupes anglaises.

Dans la session de 1834, la chambre législative adopta, non sans de longs et violents débats, une série de 92 résolutions qui renfermaient la plupart des griefs de la colonie contre la métropole.

la chambre. Sur ces entrefaites, il est rappelé, et remplacé par lord Gosford, qui arrive à Québec au

*97e Lagon. — Lord Gosford, gouverneur ot. commissaire royal.

principes libéraux, Deux Personnages à peu près inconnus lui furent adjoints à titre de commissaires, Charles. Grey et sir George Gipps. Selon Jes ins.

‘tructions données aux trois commissaires, le con. seil législatif ne pouvait être changé. La couronne

missaires étaient chargés de faire une enquête sur la tenure des terres, sur les biens du séminaire de Saint.

une égale attention, Partis, examiner les étudier les relations écrits politiques de la presse, s’instruire de tout et garder le plus grand secret sur les conclusions qu’ils tireraient de cet examen.

Deux mois après son arrivée, lord Gosford con« voqua la chambre. Cette dernière refusa formelle. ment de reconnaître la comm

U gouvernement, c’est-à-dire qui était en union d'idées avec lassociation constitutionnelle anglaise, Le N Ouveau-Brunswick avait ‘aussi accepté les propositions de l’Angleterre : même la Nouvelle-Ecosse venait de révoquer certaines résolutions qu’elle avait précédemment adoptées contre

est ainsi que la comvaux, se crut autorisée conseiller aux ministres

de traiter sans ménagement la seule chambre restée jusque-là inébranlable. Le ï sion fut déposé au parlement impérial, au mois de

Le 20 juin de la même année, Guillaume IV, roi d'Angleterre, mourut et Victoria, sa nièce, lui succéda.

Commandations des Commissaires et les résolutions du

1, le gouverneur se hâta de dissou.

dre la législature : l'insurrection allait éclater.

ns

138e Leçon, — Rébellion de 1837-38. Louis-Joseph Papineau.

Au Bas-Canada, dès 1834, les chefs français du

parti de la réforme étaient Louis-Joseph Papineau, Morin, Bourdages, Bédard, Cuvillier, Neilson et Quesnel. Les quatre derniers se séparèrent de Papi en 1834 et en 1836. D’autres

Co-canadienne organisée sur le système américain, et "que ses 92 résolutions—document célèbre qui sera résumé dans la leçon suivante—réitéraient plusieurs accusations non fondées de Corruption, de fraude et de tyrannie de la part des gouverneurs et des conseillers anglais. Quoi qu’il en soit, durant plusieurs années, il posséda la confiance des Canadiens-Français. En 1823, il avait porté, à Londres, une requête signée par des'milliers de ses compatriotes contre le projet d'Union ; en 1834, il inspira les 92 résolutions. Le refus de l'Angleterre d’y faire justice provoqua, dans Plusieurs parties des deux Canadas, de sourds mécontentements qui dégénérèrent bientôt en insurrection. Papineau s’aperçut que, sous son ardente impulsion, les masses étaiént devenues trop échauffées. A l’éssemblée des six comtés, à Saint-Charles, le 23 octobre 1837, il voulut réagir contre le mouvement qu’il avait organisé et qu’il voyait aller trop loin: il ne put réussir. Alors il fit des efforts pour détourner le peuple de prendre les armes. ‘“ Punissez l’Angleterre, leur dit-il, en n’achedises et vous serez suffisam-

“Il est trop tard, répondit Wolfred Nelson. Ce n’est plus le temps de faire la guerre à l'Angleterre avec des marchands ambulants: il faut lui faire la leçon avec des baïonnettes et de la poudre”

jeunes on emportait bien loin, au delà des limites Fe

commencèrent à Montréal, le 7 no- “Fils de la liberté ” et leg ls,” puis ils s dirent successive ment à Chambly, à Saint-Denis et à Sai int-

autres, comme les

Vendéens de 1793, conve leurs

aratoires

Après aix heures de combat, le colonel Gore fut contraint d’abandonner la victoire aux rebelles, qui le poursuivirent et lui enlevèrent son canon, des bles- 963 et une partie de son bagage et do ses munitions

une autre colonne venait de Chambly. Elle était composée de 320 hommes d’in-

Gore pour attaquer le village de Saint-Charles, où les insurgés s'étaient retranchés, Wetherall ne trouva point Gore au lieu il continua sa route et les retranchements fai

mes, Comme à Saint-Denis, et Brown, leur chef, avait pris la fuite avant l’attaque, Cependant, ils répondirent avec vigueur au feu d

poignée d’homm éparpillés parmi des arbres, sur la droite, obligea le

proclamée dans le ford refusa de Convaquer le parlement.

- Malgré tous les efforts du clergé, uhe autre insurrection éclata à Sai

‘Chénier et Amury Girod, Suisse de naissance, étaient à la tête du mouvement. Sir John Colborne sy

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