CHAPITRE II DÉCOUVERTE pu CANADA
8e Leçon. — Jacques Cartier.
Quelques années après son désastre de Pavie, François Ier, doi de France, sOngea à donner suite aux propositions de Vérazzani qui avait demandé Pétablissement d’une colonie dans ces régions, “ où les terres étaient fertiles, le climat tempéré et les ports capables de contenir de grandes flottes. ” On lui recommanda un marin de Saint-Malo, Jacques voyages dans les régions des pêcheries du Nord. Celui-ci fut chargé d’une expédition.
Au printemps de 1534, Cartier traversa Océan. Arrivé en face du Labrador, il attendit quelque temps avant de pouvoir franchir le détroit de Belle. Isle bloqué par les glaces. Plus tard, il longea la côte de l’ouest de Terre-Neuve. Cette région lui parut bien aride, “Je pense, dit-il, que cette terre est celle que Dieu donna à Cain.” Le 3 juillet, il
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* Selon quelques-uns, Canada, en langue sauvage, veut dire royaume des cabanes : Kébec ou Québec signifierait rélrécissement des eaux,
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aborda dans une baie profonde qu’il nomma baie des Chaleurs.
A Gaspé, il plante une croix de trente pieds de haut et il la montre aux sauvages étonnés, pour leur faire comprendre que tous les hommes doivent attendre ie. salut de 2 signe mystéricux. Un chef aborigène, s’avança pour protester. ('artier sut, par de petits présents, l’adoucir au point que l'agouhanna lui donna deux de ses fils pour les emmener en France. L'expédition ren- JACQUES CARTIER, tra à Saint-Malo, en septembre de la même année.
François Ier fit bon accueil au navigateur et décida qu’une expédition nouvelle serait tentée l’année suivante. Cartier partit, le 19 mai 1535, pour son deuxième voyage. Le 10 août, il fit relâche dans une baie qu’il nomma Saint-Laurent, à cause de la fête du jour. Guidé par ses deux sauvages de Gaspé, il remonta le fleuve jusqu’au village de Stadaconé, aujourd’hui Québec. Le vieux chef de cette bourgade vint le voir, accompagné d’une flottille de douze canots. Donnacona—<’était son nom—remercia Cartier d’avoir bien traité les deux sauvages conduits en France.
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De là, Cartier remonta le Saint-
Hochélaga, village situé où est au) de Montréal,
Laurent jusqu’à ourd’hui la ville
ge Leçon, — Rodhelaga. Suite du 2e voyage de Cartier. L' tion du baron de Léry.
Hochelaga ‘était un petit village composé d’une cinquantaine de cabanes faites d’écorces d’arbres. t entourées d’une clôture cirrangs de pieux entrecroisés, Cantes, réunies par des liens
vingt pieds de hauteur.
Cartier fut bien
gade. Il donna le
use pour les Français.
ntre eux moururent du
bien d’autres auraient eu le ge ne fût venu leur enseigner
un remède efficace pour combattre cette terrible ma-"
ladie.
Te vrintem
Ps revenu, Cartier résolut de retourner en E
urope. Gans aucun droit de conquête et d’une
manière évidemment injuste, il s’empara Ju chef l'onnacona et de quelques autres sauvages de Stadaconé, et fit voile pour la France. 11 ne laissait derrière lui qu’un vaisseau abandonné, faute de bras pour le manœuvrer, et une grande croix aux armes de France qu’il planta sur la rive du fleuve, avant son départ. ie
Les sauvages canadiens emmenés par Cartier parurent devant le roi, après leur arrivée, Ils furent envoyés en Bretagne, où, malgré les bons traitements qu’on leur prodigua, ils moururent tous avant le troisième voyage de Cartier au Canada.
C’est ici qu’il convient de mentionner une autre tentative d’établissement faite—non en 1518, comme quelques historiens le préteudent, mais vingt ans plus tard-par le baron de Léry et de Saint-Just. Celuici partit de France, en 1538, et fit voile vers le nord de l'Amérique. La traversée fut longue et orageuse. Il avait épuisé sa provision d’eau douce, quand il arriva à l’île de Sable. Le sol de cette île ne lui parut guère propre à la culture. Aussi ahbandonna-t-il son projet et se prépara-t-il à retourner en France. Il avait amené avec lui des bestiaux qui souffrirent beaucoup de la traversée. Il les débarqua sur l’île, préférant les y laisser que de les exposer à périr en mer, durant le retour.
En Eürope, François Ier et Charles-Quint étaient en guerre, à cette époque, pour la possession du Milanais, et ce ne fut que deux ans après la trêve de Nice, c’est-à-dire en 1540, que le roi de France put répondre aux instances du capitaine
malouin et lui confier une nouvelle expédition.
François de la Roque, sieur de Roberval, fut choisi Pour fonder une colonie, tandis que Cartier devait tontinuer l’œuvre des découvertes déjà commencées,
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10e Leçon. — Troisième voyage de Cartier.
CS 1 :OBERVAL,
Comme nous l’avons vu, François Ier avait nommé le sieur de Roberval lieutenant général du pays du Canada, tandis que le cominandement de la troisième expédition était confié à Jacques Cartier. Celui-ci, ne croyant pas devoir attendre Roberval qui n’était pas prêt, partit au printemps de 1541. La traversée fut orageuse et longue de trois mois. La disette d’eau fut si grande, à bord, que l’on abreuva de cidre les bestiaux transportés pour les futurs travaux de la colonisation.
Quand les sauvages de
Stadaconé apprirent que Donnacona ainsi que les a
utres Indiens emmenés en
Europe n'étaient Pas revenus, ils en eurent du chagrin et commencèrent à se défier des Agona, le lieutenant de Donnacona, fâché, car il était sûr d’avoir désorm place.
Cartier, au lieu de rester, cette fois, 1u havre de Sainte-Cro
Français. Seul, n'en parut pas ais la première
ix, remonta le fleuve jusqu’à la rivière du
Cap-Rouge, qui lui parut être un havre plus sûr pour ses vaisseaux. Il y fit construire deux petits forts et il nomma la place Charlesbourg-Royal.
T1 se rendit une seconde fois à Hochelaga pour ‘examiner les cours d’eau, les sauts et les rapides, puis il revint à Charlesbourg-Royal. 11 y passa un hiver bien triste. La saison fut très rude; de plus, les provisions étaient peu abondantes et les sauvages étaient devenus hostiles. Aussi, dès que le printemps le lui permit, Cartier se rembarqua avec tout son monde pour la France. £
Il rencontra Roberval à Terre-Neuve. Celui-ci était parti de La Rochelle, le 16 avril 1542, avec trois navires portant deux cents personnes, hommes et femmes. Cartier se plaignit de n’avoir pu, avec sa petite troupe, résister aux sauvages qui inquiétaient les colons. Le vice-roi voulut lui faire rebrousser chemin, mais Cartier n’avait plus le moindre espoir de succès. Aussi leva-t-il l’ancre tranquillement, à la faveur des ténèbres, et il fit voile pour ia France.
Roberval atteignit Charlesbourg, au mois de juillet, et y installa des colons. 11 fit une exploration au Saguenay: une barque et huit hommes y périrent. Pendant l’hiver, le scorbut lui enleva plus de cinquante personnes. (C’en fut assez pour démoraliser la colonie. La misère était à son comble quand, l’année suivante, Cartier vint, de la part du roi, rapatrier Roberval ainsi que les débris de son expédition.
Aujourd’hui, personne ne doit régretter l’insuccès de cet ét" olissement, car, Pour le grand nombre, les
colons de Roberval avaient été tirés des prisons du roi. Les colons qui vinrent s'établir plus tard au Canada, valaient beaucoup mieux que leurs devanciers: il fallut cependant les attendre encore durant soixante ans.
11e Leçon. — Drake, Gilbert et Raleigh.
Vers l’an 1578, un habile explorateur anglais, sir Francis Drake, visita les côtes du Pacifique. Par haine des Espagnols, il s’autorisa à piller et à brûler nombre de villages dans ces régions. 11 côtoya les rives occidentales de Amérique jusqu’aux îles Charlotte qu’il nomma Nouvelle-Albion. D'autres aventuriers anglais, notamment le fameux Cavendish, vi. sitèrent ces mêmes côtes. Cependant la région appelée aujourd’hui Colombie Anglaise né fut découverte qu’au troisième voyage du capitaine Cook, en 1778, deux cents ans après l'expédition de sir Francis Drake. ;
Par suite des découvertes des Cabot, sir Humphrey Gilbert vint prendre possession de Terre- Neuve, en 1583, à titre de vice-roi ct au nom de sa souveraine, la reine Elisabeth. 11 amena une poignée d’aventuriers et d'artisans pour coloniser cette île. Certaines lois anglaises, tant ecclésiastiques que civiles, formèrent la constitution de la nouvelle colonie. Plusieurs clauses de ce code étaient bizarres et assez peu commodes. Ainsi, celui qui parlait
d’une manière irrévérencieuse de Sa Majesté la reine, était condamné à perdre les deux oreilles,
Sir Humphrey mourut sur son vaisseau faisant voile vers l’Angleterre. Comme ses amis essayaient de l’encourager, en lui disant qu’il vivrait assez longtemps pour revoir sa patrie, il leur répondit: “Ne craignez pas, le ciel est aussi près de nous sur mer que sur terre. ”
À la même époque et en raison de la même come mission royale, un frère utérin de sir Humphrey, sir Walter Raleigh, explorait les régions de la Virginie. À l'instar de son frère, il s’autorisa des découvertes des Cabot pour prendre possession de ces terres, au nom de la reine Elisabeth.
C’est sir Walter qui a introduit en Angleterre le tabac et la pomme de terre, plantes natives de l’A. mérique. On rapporte que lorsque son domestique le vit fumer pour la première fois, il s’empressa de lui jeter un seau d’eau au visage, afin d’éteindre l’incendie dont son maître, croyait-il, allait devenir l’infor. tunée victime.
12e Leçon, — De la Roche, Chauvin et de Chates.
Vers 1598, un marquis breton, de la Roche, entreprit de coloniser l'ile de Sable. Le roi de France lui avait donné le pouvoir de fonder des colonies avec le titre de lieutenant générnl et vice-roi des terres neuves.
La Roche n'eut pas plus de succès que Roberval, Arrivé à l'île de Sable, il y débarqua les cinquante repris de justice qu'on lui avait donnés comme futurs colons; de 1à, il fit voile vers les côtes connues quelques années plus tard sous le nom d’Acadie, ct chercha un endroit favorable Pour asscoir sa colonie. Au retour, il fut surpris par un vent si violent qu'en moins de douze jours, il toncha aux rives de France, Les désordres qui agitaient alors le royaume, le for. 1 cèrent d’abandonner ses projets relatifs à la colonie. Cinq ans plus tard, Henri IV entendit parler de ces malheureux abandonnés sur l’île de Sable. Il ordonna au pilote Chefdhostel, qui se rendait à Terre- Neuve, de les recucillir en passant. Douze seulement k avaient survécu: avec leurs figures hâlées et leurs ls. cheveux en désordre, ils ressemblaient à des sauva- | ges pur sang. ls furent présentés, dans leurs habits de peaux de loup marin, au roi Henri IV qui leur donna à"chacun une somme de cinquante livres, à titre de consolation.
Après la déconfiture du marquis de la Roche, Chauvin, un capitaine au long cours, fut chargé de’ conduire une colonie à Tadoussac, poste à l'embouchure de la rivière Saguenay. Il devait y établir la religion catholique, quoiqu'il fût calviniste. Son expédition n’eut aucun succès : il mourut en 1601.
Le privilège de Chavvin passa au commandeur de Chates, gouverneur de Dieppe, homme qui voulait servir Dieu et son pays. Celui-ci forma une compagnie composée de gentilshommes et de marchands, ct confia la conduite des vaisseaux au sieur de Pontgravé, navigateur de Svint-Malo.
3e Leçon. — Pontgravé et Champlain,
Pontgravé avait obtenu du roi, en même temps que M. Chauvin, le privilège du commerce des pelleteries dans les terres neuves de l'Amérique. Après la mort de Chauvin, M. de Chates le chargea de conduire une expédition faite dans le but d'examiner le cours du Saint-Laurent et de déterminer l'endroit le plus avantageux pour la fondation d'un établissement. À ces fins, Pontgravé s'adjoignit un gentilhomme de Saint-..ge nommé Samuel de Champlain. Tous deux remontèrent le grand fleuve: ils ne trou- . vèrent pas de position plus favorable que le promontoire de Stadaconé, appelé aujourd’hui Québec. Leur choix arrêté, ils repassèrent les mers dans l'automne de 1603. En arrivant en France, ils apprirent la mort du commandeur de Chates.
Samuel de Champlain est une figure trop en relief dans l’histoire du Canada Pour que nous puissions nous dispenser d’en étudier, dès maintenant, les principaux traits.
Né à Brouage, sur les bords de l'Océan, fils d’un capitaine de vaisseau, Champlain, jeune encore, aimait la mer et les aventures. D’abord il servit dans l'armée royale; devenu officier de marine au service de l’Espagne, il passa quelque temps dans les Indes uecidentales. A son retour des Indes, il voue sa vie à le colonisation de l’Amérique du Nord, où il voulait donner un empire à son pays, la France—et des enfonts à l’Eglise, sa mère. Pendant cinq ans, quoique le devoir et l’obéissance le retiennent sur les côtes de
la baie Française, en Acadie, il tourne incessamment ses regards vers le grand fleuve du Canada jusqu’à ce que la Providence l’amène pour y établir une colonie qui devint grande et prospère. Comme nous le verrons dans la suite, Champlain fut un homme constant dans ses entreprises, ferme dans les dangers el courageux dans les épreuves. Il avait un grand fonds d’honneur et de probité. Il fut un historien sincère, un voyageur qui observait tout avec attention, un bon géomètre, un habile homme de mer et surtout un chrétien doué des plus hautes vertus.
140 Leçon, — Les aborigènes de l'Amérique du Nord.
Au commencement du 17e siècle, il y avait un grand nombre de peuplades sauvages dans l’Amérique du Nord. Elles descendaient des cinq souches suivantes: 1° huronne-iroquoisr: 2° algonquine ; 3° dakotienne; 4° des Mongnlides: 5° des Esquimaux. Le tableau qui suit donne un aperçu des tribus qui se rattachent. aux cinq groupes ci-dessus mentionnés,
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