DESCRIPTION
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MANUSt:Rlï DE LA BIBUOTHÉQUE DU ROI
QUI COHTIIHT
Il a paru nécessaire de faire une description complète de ce manuscrit pour rectifier les indications inexactes ou superficieUes que plusieurs auteurs en ont données.
C'est un volume petit in-4*', sur vélin , de huit pouces six lignes de hauteur , sur cinq pouces trois lignes de largeur. Il contient cent cinquante-neuf feuillets , formant ti*ois cent dix-huit pages d'écriture, en grosse bâtarde; chaque page contient vingt-six lignes. Il j a des réclames de huit en huit feuillets au bas de la page , et placées au milieu de la ligne. Le mot de chaque réclame est encadré dans un double trait , avec quelques petits omemens de plume. Au huitième feuillet, deux vers restés en blanc, l'un au bas de la quinzième page , et l'autre au haut de la seizième , ont été remplis par une main moderne , et placés en tète du verso du huitième feuillet. Deux autres vers ont été ajoutés par la même main sur la marge inférieure du trente-troisième feuillet , recto. Les vers suppléés dans deux chansons du Châtelain ont été pris sur d'autres manuscrits qui existent de ces chansons ; mais les vers du texte , omis par le copiste , au nombre
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de sept , n'ont pu être restitués , parce que la Bibliothèque rojailc ne possède qu'un seul manuscrit du poëme. En général , ce manuscrit est assez incorrect , et dénote un copiste peu habile.
Il n'y a que deux miniatures dans tout le volume , et on ne découvre aucune trace qui puisse faire soupçonner qu'il j en ait jamais eu davantage , ni aucune autre espèce d'omemens que ceux qui s'y trouvent. J'ai fait exécuter le fac^simiU de ces deux miniatures, et les exemplaires peints en or (i) et en couleurs les reproduisent avec la plus parfaite ressemblance. Chacune d'elles est partagée en deux conipartimens ; elles sont délicatement peintes, mais d'un dessin bizarre et incorrect , surtout dans les figures d'hommes. Le costume et la coiffure des femmes sont bien conformes à ceux du temps où l'événement s'est passé.
La première miniature est placée en tcte de la première page du texte. L'entrevue du Châtelain et de la dame' de Fayel , tous deux assis sur un banc , qui étoit recouvert d'un tapis , dit le manuscrit, forme le sujet du premier compartiment. Dans cette entrevue , la dame de Fajel fait l'aveu de ses sentimens au Châtelain. Entre ces deux figures est placé un jeu de tables dans lequel on reconnoît le trictrac. L'autre sujet représente le Châtelain , introduit dans le château par la suivante de la dame de Fajel.
La seconde miniature se trouve au cent cinquante -septième feuillet. Elle est précédée de cinq lignes de texte. Dans le premier compartiment , le sire de Fajel montre à sa femme la lettre
(i) Et non pas en bronze y ainsi qu'on l'a employé dans diffërens ouvrages récemment publics, comme imitation des anciens manuscrits.
DU MANUSCRIT. xiij
du Châtelain ; et auprès d'une table recouverte d'une nappe , sur laqueUe est un vase et un plat, on voit le varlet du sire de Fajel qui tient un cofTret , d'où sortent les tresses de cheveux données au Châtelain par la dame de Fayel. La dame de Fajel morte et étendue sur un lit , ayant auprès d'elle ses femmes et le varlet de Fayel, forme le sujet du second compartiment. Ces miniatures, qui ont conservé tout leur éclat , sont encadrées dans une bordure de branches de lierre, dont le iéuiUage, peint en or et en couleurs, est entremêlé de diverses figures d'oiseaux et d'animaux.
Les deux premières lignes de la première page sont écrites en encre rouge. L'initiale A , très richement ornée , occupe quatre lignes du texte en hauteur, de même que la lettre S de la seconde miniature. Le dessin de ces lettres se confond dans celui de la bordure , et fait corps avec elle. Il en est de même de toutes les autres initiales qui ornent le volume. Celles-ci , d'une plus petite dimension , n'occupent que deux lignes de texte en hauteur , et la bordure ne règne que sur un seul côté des pages où se trouvent les initiales. La lettre majuscule qui commence chaque vers , légèrement teintée en jaune , se trouve séparée par un blanc du mot auquel elle appartient.
Sur la première et la dernière page du texte est marquée , en encre rouge, l'estampille de la Bibliothèque royale. Elle est ici de petite dimension ; mais elle paroitroit mieux placée dans le coin d'une marge que sur le milieu des pages. Au bas de la première page, on lit les numéros 12 et 196. Ce dernier est barré d'un trait horizontal ; et tous deux sont une offense qu'on devroit toujours épargner à ces vénérables monumens du moyen âge.
Le premier feuillet du texte est précédé de cinq autres feuillets
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blancs, en vélin. Sur le verso du second, on distingue l'empreinte bleue d'une portion du cadre du second compartiment de la première miniature ; ce qui indiqueroit que les deux autres W feuiUets de garde qui le suivent ont été ajoutés à l'époque d'une
nouvelle reliure. Sur le recto du troisième feuillet , on lit ces diverses indications ainsi disposées :
Ce Roman est enuiron de tannée 1228.