‹ L'histoire du moyen âge racontée aux enfansChapitre 10 sur 22 · DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

DE CHARLEMAGNE

Depuis Tan 814 insqu'à Fan 888.

Vous savez sansdonte déjà , mes jeunes amîs , que . ce qu'on nomme une nation est la réunion des habitanis d'un même pays , pariant la même langue , et soumis au même gouvernement ] dans la vaste étendue du second empire d'Occident vous comprendrez aisément qu'il y avait plusieurs, nations, et que les Franks, les Italiens , les Saxons , les Bavarois , les Espagnols, les Allemands , se distinguaient entre eux non seulement par la différence des pays qu'ils habitaient , mais encore par celle de leurs mœurs et de Véwt ça^t^^Nfe^^' 7. v^

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Aussi ces peuples divers que Charlemagne avait réunis pendant Hxn certain nombre d'années sous sa puissance, étaientils, malgré tout, demeurés étrangers les uns aux autres , et après là mort de ce grand prince' chacun d'eux chercha-t-il à se séparer de ceux qui n'avaient avec lui aucune ressemblance. ^

La différence du langage surtout établi»^ sait une distinction notable entre ces nations : en Germanie , c'est-à-dire sur les bords de l'Elbe , du Weser -et du Rhin , c'était l'idiome tudesque, ou langue pro* pre aux peuples d'origine teu tonique, qui était en usage \ ceux de l'Italie parlaient encore le latin, mais un latin, mêlé de beaucoup de mots barbares ; dans la plus grande partie de la Gaule enfin, ua langage nouveau , connu sous le nom de bj6- MÀSï ou de PROVENÇAL ,- s'était formé du mélange de la langue latine avec celle des Teutons. Il ne fallait pas davantage que cette diversité pour séparer tous ces peuples les uns des aulres ^ eV nows> fet^x bien

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de vous souvenir que ce fut là nçe des principales causes des événemens que je vais TOUS raçoutei^.

Louis I^', surnommé le Débonitaibe, c'est-à-dire le faible , qui ayait succédé à Gharlemagne son père, avait jugé à pro« po»de partager entre ses trois filisLoTaÀiKE, Louis etXÎHARLES-LE-CHÀuvE , Ics divcrscs provinces de son empire : au preftiier il avait donné l'Italie et la Gaule orientale , depuis l'Océan jusqu'à la Méditerranée ; au second, la Germanie, ouïe pays des Saxons , des Frisons et des Bavarois -, au troisième enfin Ic' reste de la Gaule. Lothaire, comme l'aîné de ces princes, reçut la dignité d'empereur^ tandis que Louis prit le titre de roi de Germanie, et Charles celui de roi de France.

Or, je vous ai dit il n'y a pas longtemps , que la dignité impériale, aux yeux des nations barbares , paraissait bien supérieure à celle de tous les autres rois ; et l'empereur Lothaire se cro'çant aus&v puissant que son aïeul CWrVe\ûaL^^^\ax^^^

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qu'il portait le même titre , ordonna à sei frères^ de lui obéir coaime à leur seigneur et maître. Mais ceux-e^, iadiguos qu'il osât leur commander s^vec tant de hauteur, rasseinblèrent ^es armées contre lui poi«r s'affranchir d^ cette. dominaticNy^ , qui leur paraissait une insulte , et lui fiirentt savoir en même tçmpsque, sous^u de jours, ils en appelleraient au Jugemekt deDibu, pour savoir s'il avait le droit de p^arder ses frères comme ses sugets. .

Ce que l'on nommait alors 6n appeler au jugei^ent de Dieu, mes enfans., c'était de recourir à la force des armesi, parce qu'on assurait que, dans une bataille, la Providence ne- pouvait manquer de donner la victoire à celui dont la cause ^ait la plus juste. Malheureusement il n'en était point toujours ainsi, et dans ce temps , comme dans le notre , l'avai^tage appartefiait ordinairement à celui qui avait le plus grand nombre de soldats , ou

e armée mieux aguerrie. Quoi qu'il en ii, i^otbaire ne Cul çoVxiX \u^viavîkfe 4fc\sk

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réponse de ses frères, et, marchant luimême au-devant d'eux a,vec des troupes nombreuse^ , il les rencontra auprès d'un bourg de ("rance , nommé Fontàhet , situé à peu de distance de la ville d'Auxerre, où 3'engag^a une sanglapte bataille , 4ont le résultat fut la défaite complète de Tempereur e.t sa fuite précipitée.

Ms^iotenant il faut que vous sachiez que, pour accabler leur ennemi, Louis-le-Germanique et Charles-le-Chauve avaient amené des soldats de chacune des nations sur lesquelles ils régnaient, et quç Tarmée de Lothaire , presque entièrement composée d'Italiens et de Bourguignons, 9^vait du combattre à la fois contre les peuples teutoniques et contre ceux de U France romane ; ces deux races d'hommes si différentes l'une de l'autre avaient do^c réuni ce jourrlà tous leurs efforts pour se séparer à jamais , et se soustraire définitiyement à la puissance impériale.

Cependant, I^othaire, malgré sa défaite ^ lie pouYSitit encore rei\OT>cet VX^àsywivw^-

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tion qu*tl prétendait exercer sur les royaU' mes de France et de Germanie , était résolu de tenter une seconde fois le sort des armes contre ses frères. Mais ces princes, bien décidés à ne jamais lui céder l'avantage, rassemblèrent de nouvelles armées dans un Heu situé à peu de distance du Rhin, et s'engagèrent par un serm'eut, c'est-à-dire par une promesse faite en présence de Dieu et des hommes , à se secourir mutuellementcommedebonsparens doivent le faire. Chacun d'eux jura donc publiquement de ne jjpmais conclure avec Lothaire aucun accommodement qui pût nuire à son frère ; mais comme les soldats de leurs armées parlaient des langages dififérens, puisque les uns étaient venus de la Germanie et les autres de la Gaule méridionale , et n'auraient pas compris ce serment , s'il n'eût été proclamé que dans une seule langue, Louis-le*Germanique le prononça d'abord à haute voix dans ^^ l'idiome tudesque, en se tournant du côté pfes Teutons^ et CbaTVes-WCSciwvs A^tî^içfe^b.

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