LES PREMIERS CALIFES
C'est depuis celte époque que la Terre- Sainte est devenue Tune des possessions des musulmans, auxquels, pendant plu'siieurs siècles , les peuples chrétiens tentèrent vainement de l'arracher^ ainsi que vous le verrez dans des histoires que je vous raconterai plus tard.
Othman , qui avait été le secrétaire de Mahomet ^ fut élevé , après la mort d'Omar, à la dignité de câlifè : c'était un vieillard simple et dénué* d'annfbitiôii, qui , le jour même où il reçut cette dignité, se rehdit à pied à la mosquée de Médine, appuyé sur son arc , qui lui servait de bâton, pour y faire la prière publique. L'avénement de ce nouveau commandeur des croyans ne ralentit point les progrès de l'islamisme, et ce fut même sous son règne que les Sarrasins commencèrent la conquête de l'Afrique , qui devint par la suite une de leurs principales possessions. Cependant , comme j'aurais peu de chose à vous raconter sur ce calife , vous sauroÀ seulement <jLie sa grattàe vieïAfc'à^^ ^^ ^'^
i38 LES PJEŒMIERS CALIFES.
ayant pas permis de se faire craindre de»
Sarrasins , dont la turbulence augmentait avec leur puissance , le pauvre Othman fut égorgé par quelques Arabes , qu'il ne connaissait pas même de nom , et qui le surprirent dans sa maison , où il était coucbé ayant le Koran sur sa poitrine. Ce meurtre , qui laissa tout à coup Tempire des musulmans sans chef, excita dans Médine une violente sédition, dont le choix d'un nouveau calife fut l'occasion ^ et l'oB ne peut prévoir ce qui serait arrivé , s'il ne se fût trouvé là un homme qui voulut bien accepter la place périlleuse que le meurtre d'Othman laissait vacante.
En effet, après cinq jours entiers de massacres et de désordres , Ali , que nous connaissons déjà, et que les plus sages musulmans avaient vainement supplié jusqu'alors de recevoir le califat , consentit enân.à se rendre à leurs instances. Ce n'était plus ce jeune homme ardent et enthousiaste qui, à quatorze ans, avait em- Jbrassé les genoux du çroipYvbX^ ^\ Y\\4 >3Ave
LES PREMIERS CALIFES. i^
guerre à mort à tous ceux qui refuseraient de croire à sa parole , l'âge et la raison avaient modéré ce caractère pas* sionné ; mais son règne fut encore troublé par des événemens qui mirent l'empire de Mahomet sur le penchant de sa ruine.
Atesha , fille d'Âbu-Beker et veuve de Mahomet, avait toujours détesté le mari de Fatime : c'était une femme altière et ambitieuse, qui ne put voir sans indignation l'élévation d'Ali. Elle rassembla contre lui une nombreuse armée d'Arabes, auxquels se réunirent les meurtriers d'Othman , qu'Ali avait chassés de Médine , et une bataille parut devoir décider du sort du nouveau calife. C'était la première fois que l'on voyait alors de&musulmans s'armer les uns contre les autres -, Ali en fut pénétré de douleur, mais il céda à la nécessité , et marcha contre les rebelles.
Ayesha elle-même, montée sur un chameau qu'entouraient soixante -dix guerriers renommés par leur courage , parcourut les rangs de son armée , afu\ à! ^«Sx««
i4o LES PREMIERS CALIFES.
la valeur des soldats, et se plaça au milieu d'eux pour partager leurs périls. Alors s'engagea une terrible bataille , dans laquelle la victoire se déclara pour Ali; les défenseurs d'^Ayéshà furent tous tués oa mis en fuite, et la veuve du prophète, tirée de sa litière , sorte de voiture fermée dans laquelle voyagent encore à présent les femmes dans l'Orient , fut conduite devant le calife vainqueur , qui lui adressa de justes reproches; puis, après avoir ordonné qu'elle fût traitée avec tous les égards dus à son rang , il la fit conduire auprès du tombeau de Mahomet , où elle finit ses jours dans une profonde retraite.
Cette victoire reçut le nom de journée du Chameau, parce que le chameau de Ayesha avait été le but de tout le combat, et elle parut consolider sur le trône la famille des Hasbemites.
Mais un ennemi plus redoutable s'était
élevé contre Ali : c'était Mojlvyaèi , fils
d'Abu-Sophian , celui-là même qui avait
éèé le persécuteuT du çto^VAxe, Ca^^».-