‹ L'histoire du moyen âge racontée aux enfansChapitre 6 sur 22 · LES PREMIERS CALIFES · texte numérisé non relu

LES PREMIERS CALIFES

vyah , qui était le chef des Ommiades , c'est-à-dire des descendans d'Ommiab , avait pris à Damas le titre de calife , sous lequel il conduisit une armëe contre Ali , qu'il accusait d'être un usurpateur.

Les mahométans se divisèrent entre ces deux chefs ennemis , qui se livrèrent des combats acharnés; et le sang des cropns coulait avec abondance dans ces guerres désastreuses, lorsqu'un événement imprévu vint mettre un terme à ces funestes dissensions.

Trois zélés musulmans, après une Ion* gue contemplation qui , avec la prière , forme la principale pratique de la religion du Koran , s'entretenaient ensemble dans le temple de la Mecque des maux qui semblaient prêts à fondre sur l'empire des Sarrasins, lorsque l'un d'eux s'avisa de dire que le seul moyen de mettre fin à tant de misérables querelles, était de tuer à la fois Ali , Moavyah et Amrou, le conquérant de rÉgyple, qui s'élait déclaré en faveur de ce dernier. Les àexix ^>\\x^%

i4a LES PREMIERS CALIFES.

applaudirent à ce discours , et chacun des trois fanatiques, après avoir choisi sa victime et trempé son poignard dans une liqueur empoisonnée, se mit en raute pour accomplir le meurtre qu'il jugeait nécessaire au salut de l'Islamisme.

Les deux premiers, qui s étaient dirigés contre Amrou et Moavyah , échouèrent dans leur entreprise , et y trouvèrent la mort. Mais le troisième , étant parvenu à s'approcher d'Ali, dans une mosquée où il faisait sa prière , le frappa d'tin coup mortel auquel il ne survécut que quelques heures. Quoique sentant sa fin prochaine^ le généreux Ali fit promettre à ses enfans, avant d'expirer, qu'ils n'infligeraient pas à son meurtrier de trop longs tourmens , et qu'un seul coup trancherait la vie de ce misérable, mais je ne saurais vous dire si son dernier vœu fut exaucé.

Le corps du calife fut déposé le plus se* erètement possible dans un lieu écarté > dont ses fils seuls eurent la connaissance , 1^ Àlaûs la crainte que ses eiii\€\»\% w'^^v^jl-^

LES PREMIERS CALIFES. i43

Tissent sur son cadavre la haine furieuse qu'ils lui avaient portée de son vivant,

La mort d'Ali , le dernier des. compagnons de Mahomet , qui fit passer la puissance des califes dans la famille des Ommiades, est un événement trop remarquable pour que je ne vous engage point à vous en souvenir; depuis cette époque le califat, qui jusqu'alors avait appartenu aux souverains de Médine ^ devint le partage des princes de Syrie , qui transportèrent à Damas le siège de l'empire des Arabes; et la Mecque, où l'islamisme avait pris naissance , ne fut plus que le but où de nombreux pèlerins et d'immenses caravanes viennent encore aujourd'hui échanger les produits de l'Europe et de l'Asie contre les parfums de l'Yémcn et les perles du golfe Persique, . .'V

i4'i LES DOUZE IHAItS.

LES DOUZE IIViANS.

Depuis l'an 660 jiiu|crii l'an 6i

L'élévation des Ommiades au Irôn Damas, mes enfans, n'arrêta potnl vicloiies des mahométans; el ce fut contraire, sous les premiers princet <;elte dynaslieque leurs conquêtes s'é dirent en Afrique jusqu'au détroit sépare l'Espagne de cette partie du mo et en Asie jusqu'à l'Inous, ce grand fli qui fut le terme des marches d'Alexan le-Grand , ainsi que tous pouvez rappeler de i'aroir lu dans l'histoire g que.

Or, le calife AU, en mourant, 1 laissé plusieurs Gis, auxquels on di ordi/] ai rem enl le tiom deFdTiMiTES, p

LES DOUZE IMANS. i45

qu'ils étaient nés de Fatime , la fille chérie de Mahomet : Hassa» , Tainé de ces princes, après la mort de son pire Ali, dédaigna de disputer le trône augL Ommia* des , et se retira auprès du tombeau du prophète, pour y achever ses jours en paix. Un seul trait de ce petit-fils de Ma* homet vous, donnera une idée de sa patience, en même temps que du respect qu'il professait pour les préceptes du Koran.

Un esclave qui le servait à table ayant , par maladresse, laissé tomber sur ce prince une écuelle remplie de bouillon brûlant, crut voir dans l'expression de son regard la certitude d'un châtiment terrible , car les coutumes de l'Orient donnaient au maître sur son esclave le droit de vie et de mort. Ce malheureux , saisi d'effroi, se jeta aux pied» d'Hassan, et embrassant ses genoux, il murmura à voix basse un passage du Koran , où il est dit : « Le paradis est pour ceux qui commandent à leur colère. » Hassan l'entendit, et'réprimantson resseuVvKv^tiV^*^^^

146 LES I>OUZE ÏMANS.

pondit avec douceur : <( Je ne suis point en colère. — Et pour ceux qui pardonnent les offenses, ajouta J'esiclave encore tout tremblant. — ^Je pardonne ton offense, reprit le prince. — ^^Et pour ceux qui rendent le bien pour le mal, continua Tesclave entièrement rassuré. — Je te donne la liberté et quatre cents pièces d'argent » , repartit le petit- fils du prophète. Le pauvre esclave faillit mourir de bonheur en apprenant une si heureuse nouvelle^ mais je doute que la joie qu'il ressentit de cette grâce inattendue fût plus grande que la satisfaction que dut faire éprouver à Hassan la victoire qu'il venait de remporter sur lui-même.

Un autre fils d'Ali, nommé Hoseiiï , aus vertus de son frère aine joignait un courage indomptable et une haine profonde eontre les ennemis de sa race ] néanmoins, après avoir combattu les chrétiens pour la gloire de l'islamisme, il «vivait paisiblement à Médine entouré de sa nombreuse JhmUlOf lorsqu'un jowv ow Wv ternit se-

Page 1